Le Mag Numéro 3

Le Numéro 3 est sorti !  Au sommaire:

  • Edito
  • Engadine: un Ötillö chez les Helvètes
  • Las Papayas, binôme au quotidien
  • Le swimrun à la sauce Italienne
  • Le swimrun au soleil
  • Mes chaussures coulent: mythe ou réalité?
  • Le trou d’air de l’été en France
  • Calendrier Août/Septembre

Numéros 1 et 2 disponibles ici.

Ce magazine sort tous les premiers jeudis de chaque mois et est disponible en version PDF ici en téléchargement.

Vous pourrez le retrouver également sur Facebook  et sur Instagram.

Il est écrit et édité par des swimrunners passionnés, pour des swimrunners et avec des intervenant swimrunners. À ce titre, nous sommes ouverts à vos suggestions, remarques, envies … à vous de nous dire ce que vous avez envie de lire ou d’écrire !

Aurore, Fix et Akuna

Test chaussures swimrun 2018

Les chaussures sont fondamentales en swimrun et après les combinaisons elles représentent l’équipement le plus onéreux. Peu importe la chaussure que vous choisissez, elle doit s’adapter à votre pied, vous devez vous sentir à l’aise, elle doit offrir un bon grip et correspondre à votre technique de course. Vous trouverez des chaussures pour toutes sortes d’environnements et de terrains tels que l’asphalte, sentiers, graviers, rochers glissants, abrasifs, sablonneux etc. Mais puisque presque tout le monde nage avec les chaussures aux pieds, il est également primordial que le matériau ne retienne pas trop d’eau et qu’il draine rapidement l’excès d’eau dès les premiers mètres de course à pied. En dehors de cela, il y a plusieurs autres caractéristiques importantes, mais dont la plupart sont liées à des préférences individuelles comme le poids de la chaussure, le drop, le soutien / amortissement et enfin leur prix.

En Avril 2018 Swimrun France (SR-F), World of Swimrun (WoS), Swimrun Germany (SR-G) et GoSwimrun Poland se sont associés à Hvar en Croatie pour le test annuel international d’équipement de swimrun. Pendant 3 jours, l’équipe a testé et délibéré au sujet de 7 types différents de chaussures de swimrun.

Chaque chaussure a été testée par l’équipe dans des conditions réelles de swimrun. Tous les commentaires ont été notés individuellement, et les caractéristiques de chaque chaussure ont été longuement analysées discutées.

Notre test n’est pas exhaustif car il existe d’autres chaussures qui fonctionnent très bien pour la nage, toutefois nous nous sommes concentrés sur les nouveaux modèles de chaussures sortis ces dernières années présentant un intérêt pour la communauté swimrun. Nous avons essayé d’apporter un peu plus d’objectivité dans nos test (comme la mesure du poids sec et mouillé, voir les tableaux en fin d’article), or il est évident que les opinions restent subjectives même si le nombre et l’expérience des testeurs-ses minimise ce dernier facteur. Les commentaires sont donc un résumé assez consensuel de toutes nos opinions.

VJ Sports Irock 2

VJ est une marque finlandaise fondée en 1981, axée sur le développement de chaussures pour les coureurs de haut niveau dans des conditions  exigeantes. Ils sont évidemment très bons dans ce qu’ils font puisque que l’Irock est devenue champion du monde OCR en 2014 et 2015. Nouvelles sur le marché swimrun, nous entendons de nombreux swimrunners vantant ces chaussures compte tenu de ses caractéristiques appropriées au swimrun. VJ Sports affirme avoir le meilleur grip au monde et nous avons tendance à être au moins partiellement d’accord. L’Irock 2 est une chaussure de course de trail légère avec un amorti doux au talon et à l’avant-pied. Elles offrent une prise en main stable grâce aux crampons en caoutchouc butyle et dispose du matériau Schoeller-Keprotec qui s’adapte très bien à votre pied, garantissant la légèreté des chaussures et ce même lorsqu’elles sont mouillées.

Cette chaussure est rapidement devenue l’une des favorites de l’équipe de test. Malgré son aspect « rigide » et « plastique », elle était étonnamment confortable à la fois sèche ou humide. Les chaussures offrent une adhérence presque parfaite sur les surfaces sèches et mouillées. Elles offrent une protection appréciable pieds lors de la course sur terrain accidenté. Aller vite dans ces chaussures en terrain technique difficile ainsi que surface plane n’est donc pas un problème. Malgré l’examen minutieux, l’équipe de test n’a rien trouvé qui nous déplaise. Cependant, le seul bémol pourrait être la vitesse à laquelle les chaussures drainent l’eau après avoir nagé; c’est la conséquence de la protection contre les chocs sur les coté des pieds. On peut y remédier en faisant quelques  trous pour évacuer plus vite l’eau, mais ou peut espérer une amélioration sur ce point de la part de ce fabriquant.

MERRELL All Out Crush Tough Mudder

Merrell est une marque qui existe depuis trois décennies mais peu connue en France. Ils ont lancé la Mudder All Out Crush Tough, qui est une chaussure de course trail durable et respirante. Elle comporte un film en TPU résistant à l’abrasion, une doublure en mesh respirante et des orifices de drainage. La semelle interne est fabriquée à partir d’une couche d’EVA intégrée qui est censée absorber l’impact des chocs rocheux et des obstacles, avec un tapis de protection qui protège les pieds des rochers sur le sentier techniques. La semelle extérieure est dotée de crampons qui offrent une adhérence à 360 degrés et libèrent les adhérences de boue facilement. Ces chaussures offrent une adhérence suffisante en cas de besoin. Il s’agit d’une chaussure qui s’adapte au coureur polyvalent qui n’a pas d’exigences spécifiques pour courir ou marcher avant-pied. La mousse offre une sensation de confort sur les terrains techniques et la chaussure est plutôt facile à nager avec, drainant l’eau rapidement après avoir commencé à courir. L’avant pied  est plutôt large ce qui donne plus d’espace par rapport aux chaussures de type étroit.

Salming OT Comp

Salming Running est une autre marque peu connue en France Ils ont lancé l’une des premières chaussures de swimrun au monde en 2016, et ils sont de retour avec une toute nouvelle chaussure de swimrun: l’OT Comp (Off-Trail Competition). Les crampons sont développés avec Michelin et conçus  pour une adhérence maximale, afin de permettre l’accroche maximale. Le dessus de la chaussure en maille légère permet un bon drainage de l’eau et une bonne respirabilité. Les zones latérales exposées à l’usure des terrains accidentés comportent des zones de renforcement RocShield et on se sent très protégé en terrain technique. Le caoutchouc utilisé dans la semelle extérieure OT Comp est le composé Michelins OCX, qui offre une très bonne adhérence sur les surfaces glissantes mouillées grâce à son composé adhésif spécial, mais aussi sur les surfaces sèches. Courir avec ces chaussures est très agréable et on voit que Salming a tiré des leçons de leur expérience. Elles drainent l’eau rapidement lors de la course et on se sent à l’aise pendant en nageant. La semelle de couleur vive offre également une bonne visibilité en nageant pour le second binôme. Nous aimons beaucoup cette chaussure et c’est une très amélioration de la dernière version qui était déjà d’un haut niveau.

Inov-8 X-Talon 210

Inov-8 est une des marques les plus populaires dans la communauté de swimrun depuis longtemps et nous avons vu beaucoup de différents modèles sur les courses. Nous avons testé les nouvelles X-Talon 210, une chaussure de course légère et flexible conçue pour la course à haute vitesse, sur le terrain doux comme extrême. Elles disposent d’une nouvelle semelle extérieure en caoutchouc « Sticky Grip », avec des crampons de 8 mm visant à fournir une meilleure adhérence que leurs prédécesseurs. L’an dernier, Inov-8 était l’un de nos vainqueurs de test et ils ne nous ont pas déçu cette année non plus. La chaussure offre un très bon confort, surtout sur le mouillé et épouse parfaitement le pied. Le grip est presque parfait en milieu humide et sec et est à égalité avec l’Irock 2. Le matériau retient très peu d’eau, il est très respirant et libère l’eau rapidement lors de la course après une natation. On se sent vraiment bien en natation avec ces chaussures légères et flexibles. Un autre avantage de la flexibilité est que vous pouvez facilement les plier sous la combinaison si vous voulez nager sans chaussures pendant les longues sections de natation. Si vous n’êtes pas habitué-es à courir sur un terrain technique, elles peuvent donner l’impression d’offrir peu de protection. Mais cette sensation de «liberté» que vous obtenez dans ce type de chaussure légère procure également une sensation d’être plus près du terrain lors de la course, c’est-à-dire que vous «sentez le terrain». Cette faculté améliore votre technique de course et votre capacité à courir sûr. C’est une autre favorite de l’équipe de test.

 Vibram Fivefingers V-Aqua Water

Ce fut une surprise pour l’équipe de test. Cette chaussure amphibie permet un mouvement naturel dans le terrain, et dans et hors de l’eau. Légère, mince, flexible, elle est aussi proche d’être pieds nus que possible, tout en gardant une petite protection. Il y a des perforations dans la semelle «Mega grip» durable pour permettre à l’eau de se s’évacuer rapidement. À l’intérieur, une fine couche de silicone dans la doublure empêche le glissement du pied. Ses caractéristiques pour le  swimrun sont indéniables. Elles offrent  très peu de résistance dans l’eau. Elles ne prennent et ne retiennent virtuellement pas l’eau. Il n’y a aucun laçage à s’inquiéter et aucun mouvement dans la chaussure. Si vous arrivez  à avoir un bon ajustement à votre pied, elles donnent l’impression d’avoir une paire de chaussettes. Cela peut toutefois être le défi pour beaucoup, car courir dans ce type de chaussure met une réelle pression sur votre technique de course et vous devez vraiment maîtriser l’avant-pied pour tirer le meilleur parti car elles ne fournissent aucun type d’amorti. Attention dans les rochers pointus, il vaut mieux savoir où on met son pied. Faire des courses plus longues avec ce type de chaussure en terrain technique exigera que vous vous entraîniez beaucoup, que votre tête et corps, vos pieds et vos jambes y soient habitués, que vous adaptiez votre technique de course et évitiez les blessures. Mais si vous maîtrisez tout cela, cette chaussure deviendra une très bonne option de swimrun. Elles sont les plus légères, performantes dans l’eau et sont les moins chères  de toutes les chaussures testées. Sûrement, nous verrons plus de ceux-ci dans des courses de swimrun plus courtes et moins techniques dans le futur.

VJ Sports Amas Sarva 2

C’est une autre chaussure de la société VJ Sports, qui se concentre sur la course sur sentier et la course d’orientation et de plus en plus de swimrunners ont commencé à les utiliser en compétition. La semelle extérieure est fabriquée en caoutchouc butyle à 100% et offre une très bonne adhérence bien que les crampons soient moins nombreux ou proéminents comparée à l’Irock 2. Le talon et l’avant-pied sont rembourrés et le matériau du dessus de la chaussure est non-extensible offre stabilité, confort et protection. Elles ont tendance à s’adapter à des pieds plus étroits en général (trop  étroit pour un de nos testeurs), c’est pourquoi il est devenu un peu difficile pour tous dans l’équipe de test d’avoir un bon ajustement. Si vous avez un pied fin, elles offrent de bonnes sensations lorsque vous courez en terrain humide ou sec et une très bonne adhérence. Après la natation, elles ont tendance à garder un peu plus d’eau que les autres chaussures testées et étaient aussi les plus lourdes juste après le test de natation.

Vivobarefoot Primus Trial Swimrun ÖtillÖ Edition (2019)

La Vivobarefoot ÖtillÖ Edition est une chaussure dont la sortie est prévue pour 2018 ou début 2019. C’est une évolution de la chaussure de l’an dernier. Le changement se situe autour d’une mini guêtre qui monte autour de la cheville. Ceci doit permettre d’éviter que les graviers ou le sable rentre dans la chaussure (les concurrents du swimrun Costa Brava apprécieront ! ). Cette chaussure minimaliste convient au coureur adepte de ce genre de chaussant car elle demande une bonne technique de course. Offrant une large place pour les orteils, un débutant peut prendre un certain temps pour s’habituer à ce type de chaussure et et se sentir soit glisser dans la chaussure ou soit pas assez tenu. Le laçage est simple et le dessus est hydrofuge et respire bien. En nageant, la guêtre avait une petite tendance à dépasser lorsque l’on étendait le pied, attrapant un peu d’eau (ce qui est comparable à une grande langue pour d’autres chaussures). L’adhérence était bonne dans le terrain technique sec mais en milieu humide et lisse nous devions faire attention. C’était la chaussure la plus lourde du test et parmi les plus lourdes après la natation et la course de 500 mètres. Nous pensons que cette chaussure est idéale pour les courses de swimrun non techniques  courtes et sa semelle orange vif permet à l’équipier de naviguer facilement. C’est aussi la chaussure la plus adaptée pour les courses sur sable fin.

Il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup d’autres bonnes chaussures de swimrun sur le marché, en dehors de celles que nous avons testées. Par conséquent, nous vous recommandons de lire notre test 2017, car beaucoup de ces chaussures sont également disponibles en 2018 et sont pour la plupart les mêmes chaussures, parfois avec de nouvelles couleurs.

Merci !

Nous tenons à remercier tous les fabricants qui nous ont aidés pour notre test:

 

VJ Sports Merrell Vibram fivefingers
Salming Inov-8 Vivo Barefoot

Comment choisir sa chaussure de swimrun?

Parmi les équipements essentiels au swimrun, la chaussure a un rôle prépondérant. C’est notre point de contact avec le sol, c’est ce sur quoi on passe le plus de temps et qui subit le plus de chocs. Il est donc important de choisir la chaussure idéale pour vos entraînements et votre prochaine course. La réponse est en fait assez simple : il n’y en a pas. Si vous chercher un avis péremptoire style gourou vous indiquant quelle est LA meilleure chaussure du moment, vous pouvez gagner du temps : arrêtez de lire cet article et aller voir les magazines payés par la marque x ou y pour vanter leur produit.

Si vous êtes encore en train de lire, alors nous allons essayer de définir une méthode pour s’y retrouver dans la jungle du marché de la chaussure de course à pied et leur utilisation en swimrun.

23368732555_2498015d72_z.jpgLe premier critère : votre foulée

Il faut que vos chaussures conviennent à votre foulée, à votre technique de course. C’est de loin le point le plus important. Par exemple si vous atterrissez sur le talon, alors il ne faut pas croire qu’une chaussure minimaliste sans amortie va vous convenir. Au contraire, vous risquez la blessure. Il ne sert à rien de regarder ce que tel champion ou copain (les deux ne sont pas incompatibles !) utilise si votre technique de course est complétement différente de celle de votre héros. On peut bien sûr changer sa foulée, mais c’est un autre débat et une approche à plus long terme que nous aborderons une autre fois. Donc analysez votre gestuelle actuelle (pas celle dont vous rêvez) et éliminez les chaussures incompatibles avec votre foulée. Autre point qui peut parfois avoir son importance : votre gabarit. Tout le monde ne pèse pas 40kg … tout mouillé ;). Prenez-en compte lors du choix de votre chaussure. A noter que les fabricants font des progrès sur l’amorti et la stabilité avec par exemple l’introduction des mousses TPU (polyuréthane thermoplastique). En résumé, le confort, l’efficacité du geste et la prévention des blessures sont bien plus importants que la mode. Basez-vous sur le type de chaussures qui vous conviennent en course à pied classique avant de passer aux autres critères.

22606934906_a5d391a69f_z.jpgDeuxième critère, la morphologie de votre pied

Il y a de plus en plus de recherches montrant comment la forme d’une chaussure peut déformer à la longue un pied qui est une structure complexe et dynamique. Le pied bouge à chaque foulée, mais aussi au cours de la journée et des ans. Comme Cendrillon, il est préférable de trouver une chaussure adaptée à la forme de votre pied (prince charmant non garanti !). Certains ont les pieds larges, d’autres étroits. Certains ont un coup de pied accentué, d’autres non. Donc quand on lit un commentaire du style « le chaussant est meilleure », cela ne veut rien dire dans l’absolu : tout dépend de la forme du pied, et il n’y a pas de formule miracle. Les fabricants utilisent généralement des moules correspondant leur perception du pied ‘typique’ et en changent relativement peu. Si vous avez trouvé une marque dont le chaussant vous convient, recherchez une paire dans cette marque ou dans une marque qui adopte un chaussant similaire. Avec l’arrivée des chaussures minimalistes, la tendance est un élargissement de la ‘toe box’, littéralement la boîte à orteils. Cela a beaucoup d’avantages, mais pour les pieds étroits vous risquez de manquer de contrôle sur la partie avant de la chaussure. Ceci est néfaste pour l’assurance, en particulier dans les terrains accidentés. Un petit commentaire pour les semelles orthopédiques: si vous en portez, pensez bien sûr à vérifier que les chaussures qui vous intéressent sont compatibles.

27755749941_0577bb3d09_z.jpgTroisième critère, la semelle

On a tous en tête les images mythiques des swimrunners à l’Ötillö s’entraidant pour sortir de l’eau sur des rochers hyper glissants. C’est ce qui pousse beaucoup à penser que le grip sur rochers lisses est le critère le plus important pour une chaussure de swimrun. En fait, si on analyse les courses, on s’aperçoit que même à l’Ötillö ces rochers hyper glissants représentent une toute petite partie de la course. Quelques pourcents à peine. Combien pensent aux 19 km assez plats en majorité sur rochers granitiques et routes goudronnées ? En réalité, et ce dans toutes les courses, on passe le plus clair de son temps à courir sur des terrains variés, et un pourcentage extrêmement faible à entrer et sortir de l’eau. De plus, afin de préserver la faune, la flore et le biotope du littoral et pour la sécurité des coureurs la plupart des courses doivent utiliser des accès déjà fréquentés comme des plages et pontons qui sont techniquement aisées.

30293763752_238828fd45_z.jpgDonc pour choisir la chaussure idéale il faut aussi et surtout porter son attention sur les surfaces sur lesquelles on va courir. Simple, non ? Presque. Le swimrun se déroule généralement sur des terrains variés. Il est très rare de faire une course entièrement sur la même surface. Généralement il y a une majorité de trail plus ou moins technique et plus ou moins mous ou rocailleux, des chemins, des routes, des plages, parfois des rochers en bord de mer, des près, des sentiers en forêt, etc. Clairement, il n’y pas une semelle unique qui puisse être idéale pour toutes ces conditions. On doit forcément faire des choix, des compromis. Si c’est possible, il faut analyser le type de terrain sur lequel on va évoluer, et trouver le bon compromis. Malheureusement tout le monde ne peut pas avoir 10 paires de chaussures pour tous les terrains, ni changer en course. Pour choisir une chaussure polyvalente qui convienne à l’entraînement et à plusieurs compétitions, il faut rechercher une gomme qui permette suffisamment de grip, mais avec des crampons pas trop durs ou trop gros pour permettre la course sur route ou surface lisse et dure. Tout cela bien sûr à moduler en fonction de vos terrains de jeu.


33094248836_5e1ec378ab_z.jpgQuatrième critère : aisance en natation
.

Presque tout le monde nage avec ses chaussures en swimrun (c’est obligatoire sur certaines courses pour éviter les coupures aux pieds). Cependant les chaussures ont trois défauts pour la natation : elles augmentent le volume du pied et sont ‘rugueuses, augmentant ainsi la résistance à l’avancement, elles limitent l’amplitude de la flexion plantaire, ce qui accroît aussi la traînée hydrodynamique. Gorgées d’eau, elles alourdissent le pied qui a tendance de ce fait à couler, accroissant encore plus la traînée.

22713782974_c44ddbe3ac_z.jpgLes chaussures ne sont donc pas hydrodynamiques et la chaussure idéale doit limiter ces défauts.  On va donc chercher une chaussure qui remonte peu sur le tendon d’Achille, moulante autour du pied pour limiter le volume (attention aux semelles très larges), lisses sur le dessus, et avec le moins possible de mousse surtout sur la tige. Cela correspond souvent aux chaussures minimalistes, mais elles ne conviennent pas à tout le monde. Un petit mot sur les lacets : ils augmentent la traînée et si un caillou se glisse dans votre chaussure ils sont difficiles à faire et défaire avec les doigts froids. Les lacets autobloquants ou élastiques peuvent faire gagner du temps. Autre point à vérifier : la tige et languette visent à procurer un confort en épousant la forme du pied. Dans certaines chaussures elles sont faites de mousse assez épaisse qui retient trop d’eau et trop longtemps (voir drainage plus bas), ce qui est à éviter.


32979420832_1ceb599e10_z.jpgCinquième critère, le drainage

Lorsqu’on passe de la natation à la course à pied on cherche à évacuer l’eau le plus vite possible pour réduire le poids et limiter l’exposition du pied à l’eau.  De surcroit l’eau assouplit la peau augmentant ainsi les risques d’ampoules, mais aussi refroidit les pieds. Faire des trous dans les chaussures pour faciliter le drainage fait partie du folklore (récent) du swimrun. En réalité, cela dépend des chaussures. La plupart des chaussures de trail drainent rapidement l’essentiel de l’eau et il n’est nul besoin de faire des trous. Sauf si elles ont un rebord étanche tout autour pour justement empêcher les petites entrées d’eaux et/ou protéger des chocs. Dans ce cas, effectivement on peut ajouter des trous sur le côté. Par contre les trous dans la semelle risquent toujours de laisser passer une branche ou un clou, donc attention à cette option. Un petit commentaire sur les chaussures goretex : elles fonctionnent bien si vous courez sur des terrains un peu humides. Par contre, après avoir été complétement immergées en natation, l’eau qui est entrée ne peut plus sortir. Donc pas de goretex en swimrun.

23260420152_3355fc6c72_z.jpg7, le poids

Doit-on rechercher la chaussure la plus légère ? Oui car tout poids lacé aux extrémités d’un segment pendulaire diminue l’efficacité du mouvement, mais attention : cela ne doit pas être au détriment des autres critères listés auparavant, en particulier les deux premiers.

29850586710_03714d28b2_z.jpg6, le choix de taille

Il faut faire attention à bien choisir la taille de la chaussure, mais ceci n’influence normalement pas le choix du type de chaussure. Vous connaissez sûrement la taille que vous utilisez en chaussure de course, en particulier en prenant une taille plus grande que vos chaussures de ville pour compenser le gonflement du pied lors de l’effort. Cependant n’oubliez pas qu’en nageant en eau relativement froide (la température de l’eau est presque toujours plus basse que la température de l’air) votre pied va avoir moins tendance à gonfler que pour une course à pied classique. De plus, les sections de course à pied sont relativement courtes, ce qui limite les gonflements. Enfin, le passage en position horizontale associé au port d’une combinaison va avoir tendance à favoriser le retour veineux et limiter encore les effets de gonflement des pieds. Donc il n’est pas toujours nécessaire de suivre le conseil classique en course à pied de prendre une chaussure de taille supérieure.

Par contre, pensez au type de chaussettes que vous utiliserez : pieds nus, chaussettes fines ou chaussettes en néoprène. Ces dernières sont toujours plus épaisses que des chaussettes classiques, alors il faut en tenir compte pour choisir la taille de vos chaussures. Notons que les intérieurs thermosoudé – collé et mèche cousus rendent la course pied nus dans les chaussures plus confortable, ce qui facilite l’option d’enlever les chaussures pendant les sections de natation. Pour cette dernière option, préférer des chaussures extrêmement souples afin de les glisser plus facilement dans la combinaison.

Picture1.jpgCritères 8 & 9, prix et couleurs

Principe de réalité et préoccupations essentielles pour certains, accessoire pour d’autres. Encore une fois, il n’y a pas de réponse unique ! Notons cependant qu’une paire de chaussure avec des couleurs fluo peut permettre au partenaire qui suit en natation de mieux repérer son binôme dans l’eau.

Entretien

Un petit mot sur l’entretien des chaussures : il est préférable de les rincer et les sécher après une sortie en eau de mer pour éliminer le sel, et après une sortie en eau douce pour éliminer les micro-organismes. Il vaut mieux les nettoyer à la main car les machine à laver qui peut favoriser les décollements (eau trop chaude) et abîmer le mesh. En plus, vous risquer d’encrasser votre machine. Petit truc classique pour faire sécher les chaussures, les bourrer de papier journal (à remplacer une fois mouillé), puis retirer le papier pour laisser les chaussures respirer.

Conclusion
En conclusion, la paire de chaussure de swimrun idéale n’existe pas, et n’existera jamais en raison des facteurs mutuellement incompatibles. Par contre les fabricants doivent prendre en compte les contraintes pour proposer des modèles plus adaptés au swimrun. En ce moment il n’y a vraiment que deux marques proposant un modèle développé spécifiquement pour le swimrun, mais d’autres sont en préparation. En attendant, il faut faire des choix, des compromis, et j’espère que ces quelques conseils vous aideront dans vos choix. À la prochaine course !

Comment choisir sa chaussure de swimrun ?

  1. Connaître sa foulée et éliminer ce qui ne convient pas
  2. Identifier la forme de son pied
  3. Sur quel terrain vais-je courir ?
  4. Natation : est-il facile de nager avec ces chaussures ?
  5. Drainage : évacuation rapide ?
  6. Poids
  7. Taille pour le swimrun
  8. Prix, couleur …
François-Xavier Li est enseignant-chercheur en sciences du sport, spécialisé  dans l’optimisation de la performance. Une partie de sa recherche porte sur l’analyse en 3 dimensions de la foulée. Il a aussi été consultant en biomécanique pour l’équipe Jamaïcaine d’athlétisme et pour de multiples triathlètes professionnels.

Photos © SwimrunFrance/Akuna Matata

Analyse des règlements du Swimrun 2016

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Michael Lemmel et Mats Skotts, fondateurs de l’ÖtillÖ

Bien que le swimrun prône la liberté et le passage le plus naturellement possible dans la nature, tout sport doit avoir des règles pour encadrer l’activité, la rendre sure et responsable, et aussi garantir une compétition équitable et juste. Le swimrun n’échappe donc pas à cela. Historiquement Michael Lemmel et Mats Skott ont écrit la première version de ces règles pour la course ÖtillÖ en 2006. Ils ont légèrement modifié ces règles au cours des années et la dernière version 2016 apporte quelques modifications qui méritent d’être signalées. Comme tous pionniers, Michael et Mats ont été imités et copiés, ce qui peut être considéré comme un hommage à leur travail. Leurs règles ont été la plupart du temps simplement directement copiées et collées, le plus souvent sans même que l’origine du document soit cité, ce qui est dommage. Il découle de ces imitations une sorte d’homogénéité des règles dans la majorité des épreuves. Cependant, il existe des différences parfois subtiles, parfois fondamentales, entre les règlements des courses internationales. Dans le contexte Français, la récente implication de la Fédération Française de Triathlon qui a demandé la délégation du swimrun, rend une discussion sur les règles actuelles encore plus d’actualité. En effet des Règles Techniques de Sécurité (RTS) pour le swimrun sont en élaboration, mais à ce jour il ne semble pas que des acteurs du swimrun soient impliqués dans ce processus. C’est dans ce contexte national et international que nous allons analyser les règlements du swimrun tels qu’ils sont à ce jour.

Binôme vs solo

aku_5689-largeRègles fondamentale s’il en est, la grande majorité des courses se déroule exclusivement en binômes, deux hommes, deux femmes ou un homme et une femme. C’est le format originel et pour beaucoup c’est la pierre de voûte du sport. Courir en équipe confronte chacun et chacune non seulement avec ses propres limites, mais aussi celles du partenaire. Dans une course d’endurance en binôme les niveaux en natation et en course à pied ne sont jamais identiques, et tout le monde a des hauts et des bas. Il faut donc s’accommoder des différences de technique, condition physique et de moral. La notion d’entraide devient alors essentielle. Cet aspect est perdu dans les courses solo qui se multiplient dans le monde. Les courses solo sont souvent réservées aux distances les plus courtes et rarement offertes comme format unique, en dehors de l’Italie qui a un circuit des courses exclusivement solo. Le débat binôme – solo mérite d’être posé mais dépasse le cadre de cet article. Il faut aussi souligner qu’être en binôme augmente théoriquement la sécurité. C’est un argument pour certaines épreuves, moins pour d’autres. Signalons enfin qu’une seule course (Talloires ô Féminin) est exclusivement réservée aux femmes, une ségrégation qui est rarissime dans le monde du swimrun où l’égalité des sexes a toujours été promues depuis l’origine, par exemple au niveau des prix accordés aux vainqueurs. On peut donc se demander si ce format va être répété ailleurs.

Âge

Bien que la grande majorité des courses s’adresse aux adultes de plus de 18ans, il est logique et souhaitable que les plus jeunes puissent découvrir le sport. Quelques courses, en particulier en Suède, visent les plus jeunes, voire le format ‘famille’ où les membres d’une même famille courent ensemble. La FFTri propose un cadre de distances maximales pour les enfants. Si le principe est bon, nous n’avons pas assez de recul pour juger si les valeurs proposées sont adéquates ou si elles doivent être ajustées. Débat à suivre quand plus d’expérience sera accumulée. A noter aussi qu’il n’y jamais eu de classe d’âge en swimrun. l’esprit est d’abord centrée sur l’expérience et le partage, pas la place dans un groupe d’âge particulier. Certains venant d’autres sports où un saucissonnage est de norme commencent à s’en plaindre, mais jusqu’à présent on ne voit pas de changement sur ce point.

Distance entre partenaires

On trouve généralement une distance maximum imposée entre partenaires, souvent 10m en natation et 50m en course à pied. C’est la notion de sécurité qui guide cette règle car en effet si on se trouve à 50m de son binôme en natation on a peu de chance de pouvoir l’aider en cas d’urgence. On est aussi moins visible si on est séparés. Dans sa dernière version 2016 l’Ötillö a renforcé sa règle qui est maintenant de 10m entre partenaires quelle que soit la discipline. En lisant les comptes rendus et de nos observations en course, cette règle est parfois allégrement enfreinte. Attendez-vous donc à voir cette règle plus appliquée et peut-être à des disqualifications.

Combinaison

Comment bien choisir sa combi? Photo © Akunamatata / Swimrun France

Le port d’une combinaison de néoprène est obligatoire dans beaucoup d’épreuves, mais pas sur toutes. Cela dépend évidemment de la température de l’eau, et personne ne conteste la nécessité d’une protection thermique dans les eaux froides. En fait, les risques d’hypothermie sont beaucoup plus grands que ceux d’hyperthermie car si on a chaud, on peut ouvrir sa combi et ralentir ou même s’arrêter. Si on a froid, surtout dans l’eau et en cas de fatigue, il y a peu de choses à faire. Grâce à la faible densité du néoprène les combinaisons apportent aussi un élément de sécurité en cas de problème (crampe, malaise, etc) dans l’eau. En général le port ou l’interdiction des combinaisons n’est pas imposé en fonction d’un saucissonnage des températures de l’eau au degré près, comme on le voit en triathlon. Pourtant certaines épreuves ont commencé à imposer ce genre de règlement avec des limites  très précises, avec des interdictions par exemple quand la température de l’eau est au-dessus de à 24°. Pourtant en swimrun on passe par de multiples sections de natation avec des températures forcément variables en fonction des courants, du vent, de l’exposition au soleil et de l’heure de passage. Ceci rend ce niveau de précision complètement illusoire. Il faut espérer que le swimrun évite ce genre de sur-législation.

Jusqu’à présent personne n’a limité la taille des combinaisons ou l’épaisseur des panneaux. Les règles strictes comme en natation ou triathlon n’ont pas encore envahi le sport, et il faut souhaiter que cela reste le cas.

Premier secours

gravity-scan-30Beaucoup de courses imposent aux équipes de transporter un bandage. C’est un minimum, mais on voit cependant des équipes réduire ce bandage à quelques centimètres. Le gain en poids est minime, mais les conséquences peuvent être graves. La notion d’autonomie est importante en swimrun et par conséquent on doit être capable de porter un premier secours en urgence. On est parfois un peu isolé et les organisateurs ne peuvent pas avoir un poste de secours tous les 100m. Il faut choisir : courir en ville au milieu des pots d’échappement mais avoir un poste de secours tous les 100 mètres ou courir en pleine nature mais sans ambulance derrière chaque arbre. Donc ne lésinez pas sur le bandage dont la longueur minimale pourrait être prescrite. De même, les équipes sont obligées de porter secours à une autre équipe en réelle difficulté (pas juste une petite fringale). La notion de solidarité dépasse la petite notion d’équipe et transcende la notion de course. Il faut noter que la réglementation Française est extrêmement contraignante par rapport aux règles étrangères, et ceci est probablement un frein au développement du swimrun en France, ou tout au moins un élément qui risque de façonner le format des courses dans l’hexagone.

Détritus

Dans la plupart des règlements il est stipulé qu’il est interdit de jeter des détritus dans la nature sous peine de disqualification. Est-il besoin de discuter cette règle évidente ? Si oui, alors il faut peut-être faire un autre sport.

Chaussures

© OtillO
© OtillO

Les chaussures sont souvent absentes des règlements. Il semble évident que quasiment tout le monde va porter des chaussures, mais ce n’est pas aussi simple que cela. En effet, pour nager, certains préfèrent les enlever afin de pouvoir battre des pieds et avoir une traînée plus hydrodynamique. Cependant cela comporte des risques surtout lors des sorties d’eau où on ne maîtrise pas toujours la force avec laquelle on va atterrir sur un rocher qui peut être couvert de coquillages coupants. Certains ont fait l’expérience de ce genre de mésaventure, et on peut se demander si  un jour un organisateur ou une assurance ne va pas interdire cette pratique. C’est déjà le cas en Italie. Plus surprenant le poids maximum des chaussures y est aussi indiqué. Cela semble vraiment surprenant, mais en discutant avec les organisateurs on découvre que c’est leur assurance qui a imposé cette règle. Ils pensaient peut-être que les concurrents allaient arriver avec des chaussures de ski …

Boussoles / montre, carte

Dans l’esprit du raid d’aventure savoir lire une carte est un savoir-faire de base. Bien que certaines épreuves continuent à fournir une carte et demandent aux concurrents de porter un compas ou une montre avec compas électronique intégré, le niveau de navigation requis en swimrun est généralement minimal. Beaucoup d’épreuves se dispensent déjà de cette capacité à lire une carte et le terrain. Peut-être une opportunité pour une épreuve originale.

Sifflet

Un sifflet est généralement obligatoire pour pouvoir prévenir en cas de problème. C’est élémentaire et plusieurs marques de combinaison incluent maintenant cet accessoire dans leurs combinaisons. On voit pourtant encore des sifflets qui sont inutilisables une fois pleins d’eau, ou stockés dans des parties inaccessibles de la combinaison comme par exemple une poche intérieure. Bonne chance n cas d’urgence !

Bonnet,  chasuble

Les bonnets sont systématiquement fournis par les organisateurs, un bon moyen de reconnaître les compétiteurs et de faire un peu de marketing. Les chasubles sont présentes sur la majorité des courses et doivent être toujours portées par-dessus la combinaison. Une autre source de revenus pour placer les logos des sponsors.

Marquage

Le sport devenant de plus en plus compétitif, les concurrents sont tentés de customiser leur équipement en indiquant le nom de leurs sponsors. Dans la dernière version de leur règlement les organisateurs de l’ÖtillÖ ont inclus une clause interdisant le marquage des vêtements ou équipements avec des peintures susceptibles de se dissoudre dans l’eau. C’est logique et bienvenu pour la protection de l’environnement, et on peut parier que cette règle va apparaître dans de nombres courses.

Distances

Johanna et Anders Wallesnten, heureux de finir Photo © Loch gu loch
Rester ensemble, Johanna et Anders Wallesnten
Photo © Loch gu loch

Quelle doit être la longueur d’un swimrun ? Quelle doit être la proportion de natation ? Pour le moment, aucune règle ne spécifie cela. La nature, la logique et les contraintes de sécurité, d’écologie et de l’administration influencent les choix des organisateurs. Des tendances se dessinent quant au pourcentage de natation, aux distances les plus populaires, mais cette évolution n’est pas dictée par un règlement. Espérons que cela reste ainsi.

 

Plus loin …

Les points de règlement ci-dessus sont logiques et pour la plupart ne sont pas l’objet de grands débats (à part binôme – solo). En revanche tous les points ci-dessous ont directement trait à l’équipement. Certains suggèrent que si on veut traverser la nature de la manière la plus minimaliste possible, alors aucun des équipements suivants n’est  vraiment nécessaire. D’autres au contraire suggèrent que toute restriction du règlement va à l’encontre de l’esprit de liberté et d’invention qui est sous-jacent au swimrun. Débat intéressant qui va au-delà de cet article. Voyons quels sont les équipements ‘accessoires’.

Engins de flottaison et  Pull-buoy

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Au temps des pionniers © ÖtillÖ

Historiquement les engins de flottaison tels que les planches et pull-buoy ont été utilisés en natation. L’Ötillö limite la taille à 100 cm x 60 cm, et on retrouve cette règle à peu près partout. Si on ne rencontre plus de planches de natation ou bouées gonflables comme on a pu le voir lors des premières années du sport, les pull-buoy sont par contre quasiment omniprésents. Le pull-buoy, ce morceau de mousse flottant qu’on insère entre les jambes, est devenu un des symboles du swimrun. Le pull-buoy avantage les non-nageurs en maintenant une position plus horizontale, préserve les jambes pour la course à pied et apporte un élément de sécurité de par sa flottabilité. La plupart des courses laissent les concurrents libres de les utiliser. Mais il y a des exceptions. En effet la taille des pull-buoy a tendance à grandir au fil des années et certains accolent deux pull-buoy ou un et demi pour augmenter la flottabilité tout en restant dans la limite de taille. Les doubles pull-buoy sont déjà parfois interdits (Italie) et on peut se demander si une taille ou volume maximum ne va pas être imposé sous peu. De plus, la règle stipule une taille en deux dimensions, ce qui est facile à mesurer, mais les volumes et la densité sont des notions certes plus difficiles à contrôler, mais plus judicieuses pour la flottabilité. Allons-nous voir des gabarits style compagnies low-cost apparaître au départ des courses pour contrôler le volume des flotteurs ?

Les bouées sont un autre élément de sécurité parfois imposées ou tolérées par les organisations. Gonflables à la bouche ou automatiquement par une cartouche de CO2 en cas d’urgence, elles n’augmentent pas la performance des nageurs mais permettent de mieux les voir et peuvent fournir un support précieux lors d’un accident.  A signaler qu’en entrainement c’est un équipement potentiellement très important.

Longe

La longe est un filin souple liant les deux compétiteurs. Cela permet au plus fort  d’aider le plus faible en le tirant. Ça facilite la navigation car on ne peut pas vraiment se séparer. Toutes les courses autorisent les longes sans spécifier leur longueur maximale. Par contre, quand beaucoup de gens se trouvent dans l’eau en même temps les longes peuvent s’emmêler et créer des situations déplaisantes voire dangereuses. Le règlement de l’ÖtillÖ stipule maintenant que les longes ne sont plus autorisées pendant la première section de natation. Cela désavantagera un peu les binômes avec des différences notables de vitesse en natation, mais éliminera quelques problèmes au départ. Est-ce que cette nouvelle règle va se généraliser ?

Plaquettes

whatsapp-image-2016-12-15-at-6-54-36-amLes plaquettes qui sont depuis longtemps un outil d’entraînement en natation sont aussi devenues un accessoire indispensable du swimrunner. Elles sont cependant critiquées par certains qui trouvent qu’elles dénaturent la natation ‘libre’ et certaines courses les interdisent, comme en Italie. En effet, à l’instar du pull-buoy, elles aident les nageurs les plus faibles à compenser certaines fautes techniques. Mais attention, elles peuvent aussi favoriser l’apparition de blessures aux épaules. Pour le moment aucune limite sur leur taille n’existe, probablement parce que peu de personnes peuvent tirer avantages de plaquettes démesurées.

Tuba

Aide à la respiration, le tuba n’est pas très commun en swimrun. Il est généralement toléré, sauf sur quelques courses (e.g. Côte Vermeille).

Palmes

Autre outil qui peut vraiment augmenter la vitesse en natation, les palmes sont le plus souvent tolérées sans limite de taille. Leurs désavantages sont de ralentir les transitions et de solliciter les jambes qui risquent d’être fatiguées pour la course à pied. Pour augmenter la vitesse en transition des palmes spécifiques swimrun sont apparues qui permettent de les enfiler par-dessus les chaussures. Attention, le nouveau règlement de l’Ötillö 2016 spécifie que désormais la taille maximale est de 15cm. De quoi limiter leur efficacité et rendre obsolètes certaines palmes. Est-ce que cette limitation de taille va être suivie par d’autres organisateurs ? Verdict en 2017 !

 

Sean Durkin & Andy HewittEn résumé, les règles sont amenées à évoluer, surtout dans un sport jeune. L’influence de l’Ötillö est évidente et reconnue. On trouve pourtant des variantes dans les règles, ce qui  dénote une recherche de compromis optimaux et de choix des organisateurs. Si une certaine variété entre les courses est une étape saine d’un sport en développement, une homogénéité peut aussi simplifier la compréhension du sport pour les novices et favoriser son expansion. Mais il faut que ces règles restent fidèles à l’esprit du swimrun qui est de se déplacer de la manière la plus simple et autonome possible dans un environnement naturel, tout en le respectant. Il faut espérer que les règles restent aussi simples et minimales et ne deviennent pas aussi gros qu’un dictionnaire. En fait, les règlements doivent rester suffisamment simples pour que tout swimrunner puisse les transporter en permanence sur soi ! Affaire à suivre !