Présentation du circuit ÖtillÖ 2018

Depuis que Michael Lemmel et Mats Skott ont repris le flambeau en 2006 du défi un peu fou des quatre amis (Jesper et Mats Andersson, Anders Malm, Janne Lindberg) la marque ÖtillÖ, devenue le premier circuit mondial, se confond avec l’avènement même du Swimrun dans le monde de l’outdoor. Michael revient pour nous sur l’évolution et les nouveautés du circuit ÖtillÖ 2018 tout en insistant sur les valeurs qui sous tendent le succès grandissant de ce sport.

 

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Michael Lemmel & Mats Skott

Swimrun France : Bonjour Michael, une nouvelle saison de swimrun est sur le point de commencer pour le circuit ÖtillÖ World Series. Mais avant d’en parler de suite, peux tu présenter ton championnat ÖtillÖ World Series aux nombreux français débutant dans le swimrun ?

Michael Lemmel : ÖTILLÖ est la course originelle d’où la vague Swimrun est partie en 2006. Elle est depuis 2012 considérée à juste titre comme les championnats du monde de Swimrun. Nous voulions diffuser la pratique du Swimrun dans des nouvelles communautés, sur des terrains variés et différents sur lesquels le swimrun s’adapte de manière pertinente, nous y avons crée les Swimrun World Series. Avec des courses ancrées en Suède, Croatie, Suisse, Grande Bretagne, Allemagne et d’autres à venir, ces épreuves sont à la fois mythiques et pittoresques. Elles servent également comme manches qualificatives au Championnats du monde.

SRF: Quelles sont les nouveautés en cette année 2018 pour les ÖtillÖ World Series et finale (Championnats du monde) ?

ML: En 2018, on espère ajouter au moins une date supplémentaire au World Series. On s’essaiera aussi à un nouveau format test de course à trois épreuves de cette saison. En effet, nous poussons fermement à rendre plus accessible notre sport à des nouveaux compétiteurs en vue de les fidéliser. Vraisemblablement, ce nouveau format devrait s’imposer sur toutes nos épreuves du weekend*en 2019.

La qualification à l’ÖtillÖ est devenue plus accessible avec le 7/24 format: vous aurez un slot garanti si vous, avec le même binôme, êtes finishers de 5 courses labélisée ÖtillÖ World Series et 2 courses labélisées « Merit » sur une période de 2 années. Au cours de cette expérience, vous allez être bien préparés à l’ÖtillÖ car vous accumulerez beaucoup d’expérience, découvrirez de nouveaux endroits. En effet, cela serait dommage d’aller sur la course majeure du circuit pour ne pas la terminer ?

SRF: D’après toi, anticipes tu une croissance toujours aussi soutenue du swimrun durant les années à venir ? Crois tu que les valeurs de ce sport sont la raison de ce succès ? Et enfin penses tu que le swimrun en tant que sport risque d’évoluer différemment au gré des politiques sportives de chaque pays ?

ML: La multiplicité d’épreuves bourgeonnant un peu partout signifie qu’il va y avoir une croissance continue en terme de compétiteurs. Pourtant, à l’heure actuelle, je pense qu’il y a pléthore de courses comparées au nombre de coureurs.. Nous allons avoir une consolidation à ce niveau avant un redécollage. Les sports tels la course à pied ou nage vont multiplier les standards de distance. Dans certains endroits, on va voir des formats de triathlon très courts et dans d’autres des évènements plus tournés vers l’aventure. Sur le long terme, c’est la pratique du sportif qui prévaut et fera la différence. Le swimrun grandira lorsque qu’il n’y aura pas que des compétiteurs mais aussi des personnes attirées par le seul plaisir de pratiquer. Pour ma part, je fais des très intenses et courtes séances en solitaire, il m’arrive aussi de faire de longues sorties lentes en mode exploration seul ou accompagné d’amis. Et enfin je participe à des épreuves officielles avec des amis. J’ai l’impression que c’est vers quoi le sport va s’orienter.

SRF: Quel seraient tes conseils pour les débutants en swimrun qui auraient pour objectif de participer aux championnats du monde à Stockholm ? Existe t-il un moyen (club, association) qui puisse accélérer l’apprentissage d’un pratiquant ?

ML: Enormément de gens veulent démarrer par l’ÖtillÖ d’entrée de jeu. Je pense sincèrement qu’elles passeraient à coté de l’expérience Swimrun en le prenant de cette façon. C’est super de se fixer de gros objectifs, mais il faut prendre le temps durant quelques années histoire d’explorer de nouveaux endroits, de se découvrir soi même et se faire des amis par la même occasion. C’est cela le véritable esprit swimrun. Si vous arrivez à fonctionner de telle manière à donner plus d’importance à la découverte que la performance pure alors vous allez avoir beaucoup plus plaisir à accomplir vos rêves plutôt que d’accumuler de la frustration. Nous avons tous eu besoin de savoir ramper* avant de courir 🙂
(* ndlr: ramper se dit « crawl » en anglais, jeu de mots un peu difficile à traduire en français)

SRF: En France, on pense vraiment que nous avons le pays quasi parfait pour recevoir une des World Series. Comment est il possible que cela ne soit pas le cas ?

ML: Je suis d’accord avec toi. Néanmoins la législation française est assez tatillonne. On a essayé d’implanter un ÖTILLÖ Swimrun Weekend dans trois endroits différents, et pour des raisons variables nous n’avons pas réussi à le faire. On espère y arriver un jour car on est des vrais francophiles 🙂

SRF: Il y aurait il une question que tu aurais voulu que je te pose ?

ML: Comment peut on faire grandir ensemble le swimrun en France ?

ML: Notre désir est d’être une source d’inspiration pour les coureurs, les organisateurs et aussi les personnes qui veulent juste découvrir le sport. Notre ambition est de faire du Swimrun un pont entre les cultures et gens, d’avoir une attitude environnementale responsable et d’afficher un esprit chaleureux au lieu d’agressif. S’il te plait, pourrais tu organiser une ou deux grosses rencontres où l’on pourrait se rencontrer. Notre agenda est blindé à mort, mais entre les Isles of Scilly et Engadin je suis dans le sud de la France de toute façon.

SRF: Merci Michael, pour les évènements on va y penser sérieusement 🙂

ML: Thank you/ M

crédit photo : Jakob Edholm

Ci dessous l’intervention du co-fondateur de l’ ÖtillÖ Swimrun World Series Michael Lemmel lors des rencontres du Swimrun organisées sous l’égide de la Fédération Française de Triathlon devant un parterre d’organisateurs et des représentants de la FFTri.

SwimRun 37 Community

Après une courte discussion sur le forum swimrun France un nouveau groupe SwimRun 37 Community voit le jour pour les personnes proches du département d’Indre-et-Loire. Son objectif est clair: « Bienvenue sur la toute nouvelle communauté SwimRun du 37. Ici on partage nos sorties, nos terrain de jeux, nos courses et entraînements, … On parle SWIMRUN ».  Si vous êtes dans la région n’hésitez pas à les rejoindre !

Répartition des swimrunners en France

Où trouver des swimrunners en France ? C’est la question que nous avons posé dans le forum Swimrun France afin de décrire pour la première fois  la distribution géographique des swimrunners dans l’hexagone.

La première constatation est la grande répartition des participants. En France métropolitaine 61 départements sur 96 sont représentés. Il faut y rajouter la Nouvelle Calédonie et la Réunion où des courses et des pratiquants font leur apparition. La seconde constatation est que la plus forte densité se trouve principalement sur le pourtour méditerranéen. Il est clair que la clémence du climat favorise la pratique, mais il ne faut pas oublier que le sport vient de la Suède, un pays peu renommé pour avoir des conditions tropicales. On constate enfin que si la proximité de la mer ou de l’océan semble faciliter la pratique du swimrun, pour autant les départements situés loin des côtes ne sont pas absents. Il y a donc bon espoir pour que le sport continue de se propager sur l’ensemble du pays en explorant des terrains de jeu variés. Nous continuerons à œuvrer pour faciliter cette expansion, en particulier par le biais du développement des communautés et clubs (liste ici). N’oublions pas de saluer nos amis francophones proches en Belgique et Suisse, et plus éloignés au Québec, qui ont participé à ce sondage.

Rendez-vous en 2019 pour suivre l’évolution du PSF (Paysage Swimrun Français 😉 ).

Répartition des swimrunners en France

Données et carte protégées par copyright. Veuillez citer Swimrun France pour toute citation.

Première sortie française du Swimrun inter communautaire

« Cela fait un an qu’on en parle »

Cela fait un an qu’on en parle entre nous via Facebook, entre deux coups de fils ou au gré de nos rencontres sur les épreuves de swimrun. Quand je dis « on », c’est loin d’être une équipe formalisée, c’est un jour les swimrunners de Toulouse, de Marseille, de Bordeaux ou d’ailleurs. Autrefois incarnés sous l’ère du trail par des forums internet, les réseaux sociaux ont su combler le vide de connaissance de l’hexagone face à la déferlante swimrun venue des pays nordiques.

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« échanger de vive voix leur expérience, leur parcours, leur vision »

À défaut de création de club 100% swimrun, nous avons vu fleurir ça et là des communautés sous forme de groupe sur Facebook sous l’impulsion de pionniers passionnés et avides de faire partager les tous premiers parcours swimrun de leur région à leurs ami(e)s. Dès lors, il était écrit que certains de ces pionniers devraient se rencontrer pour échanger de vive voix leur expérience, leur parcours, leur vision de l’avenir d’une discipline aux origines créées par quatre copains : une petite communauté en quelque sorte.

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Cette réunion, une première, a vu le jour les  16 et 17  décembre 2017 au sein du Parc National des calanques, grâce à l’aide de Simon Marchal (Swimrun Toulouse), Nicolas Gallot (Swimrun Bordeaux) et Swimrun Marseille (Akuna / Fix). Si Swimrun Marseille s’est occupé du tracé sur le terrain, Nicolas Gallot s’est chargé de la résa du restaurant du vieux port Le Perroquet de Cassis (négociation etc..) et d’autres surprises sympa (cf. photo bonnet) , Simon s’est lui occupé de la réservation hôtel (négociation, mise en concurrence, desiderata des uns et des autres etc.…) Inter hôtel de Cassis.

« notre pratique du swimrun est juste…non autorisée en dehors [des sentiers balisés] »

Un point très important que beaucoup de swimrunners peu habitués aux restrictions du parc national de calanques ne savent pas : notre pratique du swimrun est juste…non autorisée lorsque nous sortons des sentiers balisés. Ce qui peut arriver quelques rares fois en fonction des conditions météo quand l’on passe de l’élément liquide à terrestre (houle, vent fort, froid trop intense). Le Parc est très réglementé et nous, swimrunners, devons adapter notre pratique, les parcours prévus minimisent notre empreinte écologique. C’est pour cela que nous avons restreint le nombre de personnes invitées à 25, et nous avons prévu deux groupes, légèrement distants l’un de l’autre pour éviter l’effet « meute ».

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« Le temps est venu d’enrichir nos expériences »

D’autre part, nous avons voulu résolument mettre l’accent sur les communautés Facebook, d’où le nom de « SR Communities » figurant sur le bonnet personnalisé aux couleurs de Marseille (Merci Nicolas). Pour plus de lisibilité, on l’appelera plutôt Swimrun Communautés.GX013294.MP4_snapshot_00.15_[2017.12.20_09.35.39] (logo_SRC_Akuna)

S’il existe déjà un groupe de travail réunissant la fédération de Triathlon et les organisateurs d’épreuves régissant le volet compétition, pour notre part, en tant que leaders de communauté SR local, il manquait un lieu d’échange, une agora à ceux qui s’entrainent au jour le jour, qui apprennent à maitriser leur terrain et les risques pour leur communauté. Le temps est venu de fertiliser nos connaissances, d’enrichir nos expériences, et quoi de plus magique que de mettre en œuvre ce processus en révèlant sa région aux autres communautés ?GX013334.MP4_snapshot_00.02_[2017.12.22_13.22.06] (logo_SRC_Akuna)

« on appelle cela un « OFF »

Ce concept n’est pas nouveau, en trail on appelle cela un « OFF », pas de dossard, pas de chrono, seulement une participation au frais pour les ravitaillements. Nous pensons aussi accoler un « workshop » avec des thèmes qui restent à définir (entrainement, sécurité, matériel etc…) au(x) OFF(s) car nous parions que les experts français de ce sport viendront de nos communautés. Et maintenant après cette première réunion inter communautaire ?GX013429.MP4_snapshot_00.07_[2017.12.18_19.29.49] (logo_SRC_Akuna)

Nous réfléchissons dors et déjà à la prochaine étape, plusieurs communautés sont déjà sur les rangs à notre grand bonheur.…alors un tour de France de swimrun en Off ça vous tente ? 😊

Un remerciement appuyé à Aurore Dupont pour le montage de la journée de dimanche (prise de vue Akuna)

Les photos de la journée de samedi ici et dimanche

#WeAreSwimrun

 

Pourquoi faut-il une bouée en entraînement ?

La mer est calme et chaude. Pas de méduses à l’horizon, le binôme de swimrunners est aguerri et confiant, le parcours longe la côte, pas de traversée au large, pas de fort courant, les deux complices se jettent à l’eau sereinement. Et pourtant, ils/elles n’ont pas mis tous les atouts de leur côté pour faire une sortie en toute sécurité. En effet ils n’emportent pas de bouée. Mais pourquoi donc devraient-ils ajouter cet équipement supplémentaire ?

Vu et être vu

On n’est pas seul sur les plans d’eau, et malheureusement il est souvent difficile de distinguer un nageur évoluant au raz de l’eau. Et c’est sans parler des plaisanciers ou autre amateurs de jet ski qui ne font pas attention aux autres usagers de la mer. Une bouée tractée attire le regard, elle signale la présence d’un obstacle dans l’eau. Pour les nageurs compétents, le principal danger de nager en eau libre c’est d’être percuté par une embarcation. Un choc à la tête peut facilement entraîner une perte de conscience, et une noyade potentielle. Les coupures engendrées par les hélices et les coques peuvent être fatales ou au moins très graves. Le danger est bien réel, il faut donc essayer de le minimiser. Il faut bien sûr que le nageur choisisse soigneusement son parcours. Il faut connaître les chenaux de navigation, en particulier auprès des ports mais aussi aux abords des plages. Il faut aussi régulièrement regarder autour de soi pour faire une veille visuelle des dangers potentiels et des trajectoires et distances des embarcations autour de nous. Mais avant tout il faut se rendre visible, et une bouée est de loin la meilleure manière de se faire remarquer. Un bonnet de couleur claire et vive, rouge, vert fluo ou orange de préférence, apporte un élément supplémentaire. A noter que dans certaines courses les binômes doivent emporter une bouée lors des sections de natation les plus longues, preuve supplémentaire que même avec un dispositif de sécurité il est difficile de localiser les nageurs dans l’eau.

Flotter pour mieux récupérer

Quand un petit problème arrive dans l’eau, une balade sûre peut rapidement dégénérer en situation d’urgence. Une crampe, un souci avec l’équipement, une vague qui nous fait boire la tasse, et on se retrouve avec un alerte à gérer. Il est clair qu’avec une combinaison, souvent un pull buoy ou des jambières et des chaussures qui flottent, on ne risque pas de couler. Cependant la tête n’est pas maintenue hors de l‘eau et les risques d’inhalation d’eau existent. Une bouée permet de s’accrocher et de gérer le petit souci avec plus de confort et de sécurité. Paradoxalement, une eau chaude a tendance à augmenter les risques encourus car une température clémente autorise la nage sans combinaison néoprène et engendre une flottabilité du swimrunner amoindrie. Donc même, et surtout, quand il fait beau, une bouée est utile.

Bouée à tout faire

Selon la distance et durée d’un swimrun en entraînement il est nécessaire d’emporter un équipement de sécurité et / ou de l’alimentation. On emporte souvent aussi nos clés de voiture, téléphones, etc. Certaines bouées disposent d’un compartiment « étanche » qui est bien pratique pour transporter et garder au sec nos chers gadgets électroniques.

A quelle longueur tracter sa bouée ?

Toutes les bouées fournissent une ceinture et une longe relativement courte. Généralement on peut les régler pour qu’elles se situent en nageant entre les fesses et les genoux. On ne les sent pas à cet endroit, et le signal visuel est idéalement placé. Autre solution, avoir la longe un peu plus longue pour qu’elle soit derrière les pieds, mais celle-ci peut venir toucher les pieds à cause des vagues. On peut alors décider de tracter la bouée plus loin, par exemple à un mètre, mais attention à qu’elle ne soit pas trop loin: un plaisancier peut essayer de raser la bouée et vous percuter. Cela peut aussi devenir problématique lors des sorties d’eau. Autre décision à prendre, en cas de tractage qui prend la bouée ? J’aurai tendance à conseiller que chacun transporte une bouée. Mais si une seule est utilisée, visuellement il vaut mieux qu’elle soit au milieu, plutôt tirée par le nageur devant, dans ce cas avec une longe courte en situant la bouée fesse-genoux pour ne pas gêner le binôme tracté. Si le nageur devant préfère une longe longue, alors la seule solution est que le nageur derrière tracte la bouée, mais la visibilité du premier nageur est alors diminuée. A noter que si vous n’utilisez pas de longe, la bouée peut empêcher le premier nageur de voir son binôme derrière lui/elle. C’est vraiment le seul vrai inconvénient des bouées.

Transporter sa bouée en courant

Si la nécessité d’avoir une bouée en natation s’impose, comment la transporter en courant ? Plusieurs options sont possibles. Certaines bouées ont des bretelles pour les porter comme des sacs à dos. Toutes ont des sangles pour les tracter, et on peut les porter en bandoulière ou dans le dos au niveau des reins. Pour les distances courtes le plus simple est de les porter à la main. Enfin une dernière solution consiste à dégonfler la bouée et la caler dans la ceinture ou dans le pull buoy. Pour les longues distances sans ravitaillement une autre solution est d’avoir un sac de trail dans lequel on met la bouée en course à pied, et vice versa en eau libre. C’est plus lent pour les transitions mais on gagne en confort en courant. Bien sûr on va perdre quelques secondes lors des transitions, mais le gain de sécurité est tellement important que le choix est clair.

 

En conclusion, on peut vraiment comparer la bouée au casque en vélo : on perd une tout petit peu de temps, mais la sécurité est à ce prix pour, au final, un très faible coût. Dans un prochain article nous passerons en revue une gamme de bouées disponibles sur le marché pour vous aider dans vos choix.

Dernière préparation pour Cédric Fleureton au Swimrunman de Grenoble avant ÖtillÖ

Dans un peu plus d’une semaine, les championnats du monde de Swimrun vont se dérouler dans l’archipel de Stockholm ( lundi 4 septembre). Dans quelques jours va se dérouler pour la première fois le SwimRunMan de Grenoble (dimanche 27 septembre, Lac de Laffrey), le point commun c’est l’athlète de haut niveau le plus polyvalent du moment : Cédric Fleureton.

Swimrun France : Bonjour Cédric, d’habitude on demande aux personnes de se présenter sportivement mais dans ton cas, les activités dans lesquelles tu excelles sont pléthoriques et tu es déjà bien connu dans le monde de l’endurance. Du coup peut être en introduction, peux tu nous parler de l’année 2017 où tu t’es lancé dans plusieurs championnats du monde ?

Cédric Fleureton : Après 15 ans de triathlon à haut niveau, j’ai ressentie l’envie de couper avec la compétition et le triathlon, mon corps et mon esprit étaient fatigués. J’ai stoppé 3 ans toutes sortes de compétitions et j’ai replongé dans le trail un peu par hasard et sans prétentions. Rapidement j’ai eu de bons résultats mais surtout j’ai repris plaisir à me ré entrainer et faire des courses. J’ai été champion de France trail court 2014, 2015 et 2016, et fin 2016 j’apprenais que j’étais retenu en équipe de France pour les championnats du monde 2017 de trail. Durant l’hiver j’ai eu une blessure à l’ischio-jambier, la marque BIANCHI m’a prêté un bon vtt et j’ai donc fait quelques sorties vtt pour compenser le manque de course et jouer sur les transferts. Les sensations étant bonnes, l’idée de refaire un peu de triathlon version Xterra (nat/vtt/trail) en 2ème partie de saison a germé dans ma tête et je me suis fixé comme objectif de refaire les championnats du monde Xterra à Hawaï en octobre prochain. Course que j’ai faite 10 ans plus tôt mais qui s’est mal terminée puisque j’ai cassé ma chaine alors que j’étais en tête de course. J’ai fait l’annonce de mon retour au triathlon sur les réseaux sociaux et quelques semaines après mon ami David Hauss me proposait de prendre part à l’aventure Ötillo avec lui. Je n’ai pas réfléchi longtemps et c’est devenu mon 3ème objectif de la saison.

SRF : Comment as-tu connu le swimrun et qu’aimes tu dans ce sport ?

CF : Avec un certain Jean-Marie et François Xavier ;-). Une invitation informelle dans les calanques de Cassis un été de 2015. J’ai adoré de suite ce sport, jouer avec les éléments et être au plus près de la nature ça me fait kiffer. Ça faisait longtemps que j’imaginais dans ma tête une formule où je pouvais parcourir une distance en traversant des étendues d’eau, et là je le concrétisais c’était fantastique !

SRF : Avec David Hauss vous faites une équipe très compétitive, il reste à accumuler de l’expérience, comment vous y prenez vous ?

CF : Sur le papier en effet on a tout pour être très compétitif, après il faut rester humble par rapport au fait que ce sport requière beaucoup d’expérience. Je pense qu’il faut le prendre comme un sport à part entière et non comme l’enchainement de portions de course et de natation. Pour l’expérience c’est simple on est au niveau 0. Omis de nombreuses années de pratique en sports d’endurance et enchaînés, associé à une solide connaissance de nous-même on part de rien. ÖtillÖ sera notre baptême du feu.

SRF : Avez-vous le temps de vous entrainer ensemble malgré vos emplois du temps surchargés ?


CF : La seule chose qu’on a pu faire ensemble c’est un test matériel et quelques images en action pour France 2. David étant encore engagé dans pas mal de triathlon et trail, moi en trail et bossant en temps plein on n’a pas eu l’occasion de se tester ensemble sur la discipline.

SRF : C’est bientôt l’OtillO (4 septembre), quelle va être votre état d’esprit à l’abord de cette première participation ?

CF : On est tous deux compétiteurs dans l’âme, on prendra le départ pour représenter au mieux nos couleurs comme on l’a toujours fait mais il est vrai qu’on part un en terrain inconnu, ce sera excitant 😉

SRF : Le Swimrunman de Grenoble est pour toi un vrai test de matériel, sur quelle distance t’es tu engagé ?

CF : Je fais le format sprint, ce sera un test et une prise de repères.

SRF: merci Cédric

http://www.swimrunman.fr/grenoble/

http://otilloswimrun.com/races/otillo/

Crédit photo : Akunamatata (extraites de la traversée Cassis Luminy aout 2015)

Le swimrun s’organise sur les réseaux sociaux

Marque de notre temps, le Swimrun n’échappe pas aux réseaux sociaux. La diffusion exponentielle de l’information a permis l’essor grandissant de ce sport venu de Suède. Si la FFTRI n’a pas laissé passer l’opportunité en prenant la délégation pour une durée de quatre années, pour l’instant les éléments moteurs sont présents surtout sur internet.

Il n’existe pas encore de club 100 % Swimrun, alors les swimrunners s’organisent autrement, à l’aide de Facebook, ils se créé des groupes locaux de swimrunners. A l’instar du tout nouveau Swimrun Toulouse community qui s’est créé, son initiateur Simon Marchal, nous explique sa démarche et ses motivations.

Swimrun France: Hello Simon, peux-tu te présenter brièvement ?

Simon Marchal: Issu du monde de la course à pied sur route, la monotonie de ce sport pour ma part m’a poussé à faire varier l’effort dans la même course je me suis donc tourné vers le duathlon et le triathlon. Ces enchaînements me correspondant bien je me suis alors orienté vers la nature avec le raid multisport que je pratique maintenant depuis quelques années. Le Swimrun est nouveau pour moi je n’en fait que depuis 1 an environ.

SRF : Comment as-tu connu le Swimrun ?

SM : J’ai connu le Swimrun grâce à la vidéo d’”intérieur sport” sur ötillö (NDLR, les exilés)

SRF : Quelles sont tes motivations pour créer une communauté SR sur FB ? Pourquoi passer par la case réseau sociaux au lieu d’un club ?

SM : mon principal objectif est de rassembler les gens autour d’une passion, mon second objectif est de faire découvrir ce sport à des personnes curieuses d’y gouter sans les contraintes d’une compétition leur paraissant inaccessible car trop difficile et inquiétante. Mon dernier désir est de transmettre mes connaissances au moins connaisseurs et de me nourrir de celles des plus expérimentés.

Les réseaux sociaux sont un moyen simple et rapide de créer un événement qui peut toucher monsieur et madame tout le monde; de la personne qui cherche à pratiquer ce sport à celle qui ne savait pas que ça existait.

SRF :Qu’aimes-tu dans ce sport ?

SM :Un coup de foudre !! J’aime que l’association de 2 éléments naturels opposés nous offre la possibilité de nous déplacer plus loin plus longtemps. De plus ce moyen de déplacement permet d’explorer des endroits inaccessibles autrement.

J’aime ce sport car il force le corps et l’esprit à s’adapter à une pratique nouvelle bardée “d’inconfort” quant au matériel à transporter ainsi qu’aux moyens de s’alimenter et se nourrir, c’est un vrai défi. J’aime le fait de s’adapter à son binôme et partager avec lui les émotions qu’une épreuve sauvage, nouvelle et parfois inquiétante peut procurer.

Le Swimrun est aussi un très bon complément du trail et du vélo dans la mesure où la natation est clairement conseillée pour l’organisme, mais compter les carreaux en piscine repousse beaucoup de monde.

SRF :Du coté de Toulouse, quels sont les principaux spots d’entrainements ?

SM :Sur Toulouse la base de loisir de LA RAMEE est un spot intéressant sans difficulté majeures en termes de distances (lac de 3,5km de circonférence) et de dénivelé. A 35 min de Toulouse il y a le lac de st féréole à Revel qui présentera plus de technicité sur les parties trail et le lac de la Thésauque vers Nailloux qui accueille le triathlon du Lauraguais tous les ans. Le top pour nous serait de pouvoir nager en mer, elle nous nargue à 1h30 de chez nous…

SRF :Au niveau des athlètes, le SR est-il un peu mieux connu qu’il y a 1 an, quel est le profil de sportif qui s’intéresse au SR dans ta région ?

SM :Les sportif traileurs, triathlètes et raideurs savent maintenant ce qu’est le Swimrun contrairement à il y a 1 an ou quand je disais ce que je faisais il fallait sortir le mode d’emploi

SRF :Que conseilles tu comme équipement de base à avoir pour les débutants qui veulent se lancer dans le Swimrun du coté de Toulouse ?

SM :j’ai commencé avec une combinaison shorty de kayak, un pull boy, mon bonnet et mes lunettes de piscine. Je pense que c’est la base au moins pour gouter aux eaux des lacs de la zone quand ils commencent à frôler les 18° 19°. Ah si… important… un binôme ou un groupe de passionnés…

SRF :Dans un ou deux ans comment vois-tu cette communauté ?

SM :La famille du Swimrun s’agrandit très très vite et beaucoup de membres de celle-ci deviennent immédiatement addict. Je pense donc que la France entière verra fleurir d’ici 1 an plein de communautés locales. De mon point de vue, les plus visionnaires développeront des séjours inédits Swimrun “all inclusive” dans très peu de temps et d’autres tenteront de constituer des clubs. Jean-Christophe BASTIANI s’est lancé dans la création d’un Swimrun camp, c’est un projet extra plein d’avenir qui va se développer d’ici la fin de l’année de façon considérable une fois que le Swimrun sera démystifié et un peu plus populaire. Et la concurrence  fera son apparition. 

Aussi la réactivité des marques de matériel à réviser leurs prix et leurs gammes de produits rendra d’ici 2 ans ce sport plus accessible financièrement.

SRF : Il y a une question que tu aurais voulu que je te pose ?

SM :Oui, « pense tu que le SR puisse être pratiqué seul ou à plus de 2 ? »  Ma réponse : Le SR ne doit absolument pas être pratiqué seul pour la simple et bonne raison que les sensations ressenties doivent être partagées outre le côté sécurité et entre aide. Il serait top un jour de pouvoir faire un SR en équipe de 4 et même d’intégrer cette épreuve sur les raids.

SRF : merci Simon

https://www.facebook.com/Swimrun-Toulouse-Community-429536014078331/

De l’importance de l’entraînement en mer

Lors de la course de l’ÖTILLÖ à Hvar ce mois-ci (Avril 2017), les concurrents se sont trouvés confronté(e)s à un vent fort. Cela a levé des vagues courtes et abruptes, typiques des coups de vent localisés en Méditerranée, et un courant de surface associé. Le taux de non-finishers d’environ 50% peut être largement attribué à l’état de la mer. La progression a été plus lente ce qui a entraîné certains à arriver trop tard aux barrières horaires. D’autres ont éprouvé des problèmes de navigation ce qui a coûté du temps et de la fatigue, ou encore des mises hors-course car ils/elles dérivaient en dehors du périmètre de sécurité. Enfin la fatigue s’est installée car nager dans les vagues ce n’est pas tout à fait pareil que nager en eaux calmes.

ÖTILLÖ HVAR – 2017. Photo: Jakob Edholm.com

Quelle leçon peut-on retenir de cette course ?

La leçon principale qui ne devrait être qu’un rappel c’est que le swimrun est un sport de pleine nature, avec tout ce que cela implique. Certains organisateurs peuvent choisir ou être contraints d’annuler ou modifier un parcours pour le rendre plus ‘sûr’. Mais il est tout à fait possible et souhaitable, tant que la sécurité des compétiteurs et des volontaires est assurée, qu’une épreuve se déroule même dans des conditions climatiques difficiles. Il faut donc être prêt.

Comment se préparer ?

Il est clair qu’avoir l’habitude de nager dans des eaux agitées est un avantage. On apprend à regarder devant en haut de la vague, pas en bas où on ne voit qu’un mur d’eau. On apprend à respirer d’un seul côté, à l’opposé des vagues. On apprend aussi à modifier son mouvement pour s’adapter à un fluide turbulent, largement imprévisible. Pour certains on découvre qu’on peut avoir le mal de mer en nageant. Enfin on découvre comment prendre en compte les courants pour ajuster sa trajectoire, et une partie de cet aspect que connaissent bien les marins peut être préparé ‘à sec’.

La solution idéale est de pouvoir nager toute l’année dans toutes les conditions que l’on peut rencontrer en course. Clairement, ce n’est pas possible pour la vaste majorité des swimrunners. Alors que faire ?

Tout d’abord il faut être extrêmement conscient de ses propres capacités et celle des gens qui sont avec vous à évoluer dans un milieu naturel. Tout peut s’apprendre, mais rien ne sert de prendre des risques inconsidérés.

Deuxièmement, avant de se jeter à l’eau il faut essayer de comprendre ce qui se passe dans la nature. Y a-t-il du courant ? Si oui, dans quel sens, de quelle force, uniforme ou pas. Apprendre à ‘lire’ le milieu est un élément des sports de plein air. C’est une évidence pour tous les marins et montagnards, les swimrunners doivent aussi assimiler cette notion.

Troisièmement il faut adapter son entraînement pour rencontrer les conditions auxquelles on n’est pas habitué. Cela passe parfois par des stages ou des petits week-end pour trouver des situations différentes de celles qu’on connaît régulièrement. Et parfois rechercher des conditions un peu difficiles, mais en toute sécurité. Donc on ne va pas tout annuler au moindre souffle de vent, mais on ne va pas non plus se mettre dans des situations dangereuses. Il faut utiliser intelligemment le terrain de jeu tel qu’il est proposé, pas celui qu’on voudrait idéalement. Par exemple si on avait prévu une sortie qui passe au large d’une pointe exposée, on va peut-être rester dans la baie et faire des aller-retour. On va nager contre les vagues et le courant, peut-être sur de très courtes portions qui sont sûres car le vent va vous ramener vers une plage abritée, pas vers des rochers coupant où le ressac peut nous drosser. On va prendre une bouée avec soit pour être vu et avoir un point de support en cas de difficulté. On va faire en sorte que quelqu’un nous surveille de la côte ou dans une embarcation. Enfin, on va faire appel au savoir local. Pêcheurs et marins bien sûr, mais aussi pour quoi ne pas demander aux groupes locaux de swimrunners ? Le swimrun se développe un peu partout et les groupes / clubs connaissent leurs terrains de jeu. Pourquoi ne pas échanger avec les ‘locaux’ ? Un week-end un groupe se déplace pour aller s’entraîner en mer, et un autre week-end on renvoie l’ascenseur et on s’entraîne dans un lac plus plat et en eau douce ? S’entraider pour apprendre, c’est aussi ça l’esprit swimrun. Alors rendez-vous sur notre forum pour apprendre ensemble et être prêt pour votre prochaine aventure.

François-Xavier Li