Le Mag Swimrun France numéro 4

Le Numéro 4 est sorti ! Au sommaire:

  • Edito
  • Pages Spéciales : Ötillö un lundi au soleil
  • Course du mois : Swimrun Matemale
  • Le swimrun aventure, un parfum de liberté
  • Le swimrun au Portugal
  • Matériel : les plaquettes
  • Expertise: La longe de long en large
  • Calendrier Septembre/Octobre

Tous les autres numéros sont disponibles en téléchargement

Une année de tous les records aux championnats du monde ÖtillÖ de Swimrun 2018

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Les premières équipes ont fait preuve d’une incroyable célérité pour ces 13ème championnats du monde ÖtillÖ de Swimrun 2018, une des course d’endurance d’un jour réputée parmi les plus dures au monde. Les conditions météo furent idéales pour instaurer un rythme très rapide tout au long des 75 km de course au sein de l’archipel de Stockholm. Toutefois personne ne s’attendait à ce que les athlètes écrasent les records chronométriques de façon aussi magistrale, et ce dans chaque catégorie, homme, femme et mixte.

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Vainqueurs 2018:
Hommes: Fredrik Axegård and Alex Flores (SWE), Team Sport Office, 7:39:25
mixte: Martin Flinta (SWE) and Helena Erbenova Karaskova (CZE), Thule Crew/Wolffwear Swimrun, 8:16:15
Femmes: Kristin Larsson and Annika Ericsson (SWE), Team Outdoor Experten, 8:56:26

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La 13ème édition de l’ÖtillÖ a accueilli 150 équipes représentant pas moins de 25 nations. Sur un parcours long de 75 km comprenant 65 km de trail technique et 10 km d’eau libre, les binômes ont enchainé les portions nagées et courues sur 24 iles de l’archipel de Stockholm (l’archipel en compte environ 24 000). Les athlètes courent et nagent dans la mer Baltique, traversant les plus belles parties de l’archipel, depuis le magnifique port de plaisance de Sandham vers « l’ile de l’amour » Utö. Les équipes vont tour à tour sillonner des iles désertes et résidences pittoresques d’été, devront courir sur des rochers extrêmement glissants, suivront des singles à travers des forêts denses et nager en se méfiant des courants.

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Les prétendants étaient si nombreux sur la ligne de départ qu’il était vraiment difficile de pronostiquer les vainqueurs de ces championnats du monde 2018. Les trois premières équipes de tête se tenant en quelques secondes après plusieurs heures de course. C’est Fredrik Axegård et Alex Flores (SWE) qui finalement arrivent à s’échapper et marquent les esprit avec un temps record de 7 heures, 39 minutes et 25 secondes, soit plus de 19 minutes que le précédent record. Chez les femmes le duo, multi championnes du monde de la spécialité, Annika Ericsson et Kristin Larsson (SWE) a bataillé dur pour s’imposer aussi dans un temps record, retranchant de 36 minutes leur record précédent datant de 2016. Fanny Danckwardt et Desirée Andersson (SWE) ont failli réaliser l’exploit de battre l’invincible binôme en menant une grande partie de la course mais elles ont dû se résigner en finissant 3 minutes 49 secondes derrière leurs collègues suédoises.

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Dans la catégorie mixte Martin Flinta (SWE) et Helena Erbenova Karaskova (CZE) ont assumé avec brio leur statut de favoris. Ils finissent avec une belle marge sur les seconds. Ils finissent 8ème au scratch avec un temps canon de 8:16:15, ce qui est aussi un nouveau record. Ils écrasent la marque chronométrique précédente de près de 33 minutes. Martin et Helena ont dominé les 5 manches de ÖTILLÖ Swimrun World Series en 2018 et sont en lice pour gagner le bonus de 33 000 € promis aux vainqueurs de toutes le manches s’ils gagnent à ÖTILLÖ 1000 Lakes (Allemagne) fin septembre.

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Podiums

Hommes
1. Fredrik Axegård et Alex Flores (SWE), Team Sport Office, 7:39:25
2. Jonas Ekman Fischer et Lars Ekman (SWE), Sailfish Team Bröderna Bäver, 7:42:07
3. Oscar Olsson (SWE) et Adriel Young (AUS), Team Ark Swimrun-HUUB, 7:44:20
Mixte
1. Martin Flinta (SWE) et Helena Erbenova Karaskova (CZE), Thule Crew/Wolffwear Swimrun, 8:16:15
2. Sam Clark (NZL) et Marika Wagner (SWE), Apollo Sports, 8:30:19
3. Thomas Schreven (NED) et Jasmina Glad-Schreven (FIN), Say no! to doping, 8:36:29
Femmes
1. Kristin Larsson et Annika Ericsson (SWE), Team Outdoor Experten, 8:56:26
2. Fanny Danckwardt et Desirée Andersson (SWE), Team Envol, 9:00:15
3. Charlotte Eriksson et Renée Huuva (SWE), Yo Running Club, 9:07:11

Résultats complets:

https://otilloswimrun.com/races/otillo/results-2018/

Crédit photographers: Jakob Edholm / ÖTILLÖ et Pierre Mangez / ÖTILLÖ

Isles of Scilly Swimrun

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Silly Scillies et toute cette sorte de choses.

Analyse d’un succès en deux temps

La victoire (sur soi, je ne suis pas complètement mégalo), se juge à l’arrivée.

Contexte personnel : après avoir décidé de me donner des objectifs ambitieux désormais, pour ma première carte SNCF Senior Plus, mon abandon à Lanzarote, bien qu’assumé car imparable, donnait à cette course prévue 15 jours après, une coloration toute particulière. D’autant que j’avais prévu après le Graal de l’Ironman des objectifs de course à pieds (Championnats de France FFA de 10 km route quinze jours après l’Ötillô Scilly, et un trail de 70 km assez effrayant à Val d’Isère, quinze jours après Liévin (les France). Gestion de ce programme sous la houlette de José. Les courses Ötillö sont des courses par équipe, et vu dans quel état nous errions, Xavier et moi avions (en plaisantant), prévu de faire la course en mode « touriste ». Or, voilà t’il pas que des projets de long terme se greffent là dessus, et que l’ambiance du lieu et de la course nous prend. « No tourists here, Sir. Hold on !»

Contexte collectif : nous n’étions pas deux, mais quatre. Djedjiga et Elena sont maintenant les partenaires de nos swimruns, et leur présence nous oblige à envisager autre chose que de faire de la figuration. D’ailleurs Michael Lemmel (le bellâtre organisateur), insiste pour qu’on évite de faire le clown devant les caméras. Les autres participants sont pour la plupart des armoires à glace (du cercle polaire), et de solides Walkyries (du Walhalla). En tout cas ce sont eux que l’on reluque, vu qu’ils sont là pour ça. Il faut donc avoir l’air un peu intégré… Heureusement il y a de nombreux participants de notre niveau, et nous voilà dans le moule… Mais, du coup, comme on dit à Paris, il faut faire bonne figure. Bref, nous sommes dans la course et un peu sous la pression. La pression des drafts d’ale.

Jusqu’à l’avant veille de la course c’était la cata !

Préparation et objectif : préparation en piscine et dans le parc de Saint Cloud… Tout est dit. Mais, mais, mais ! Préparation très soignée d’un Ironman réputé difficile, entre les entraînements du club, parfaits, vraiment parfaits, et nos conseillers respectifs de l’ombre, bénis soient-ils. Donc forme excellente pour moi obligée, d’autant que je n’avais pas couru le « marathon » de Lanzarote. Donc il fallait que je courre ! Car il y a ces deux courses à venir. Et… Et aussi un chrono genre « c’est bien pour toi ! T’es content? » à la Jaco, qui me laissait supposer depuis Lanza que grâce à Greg j’ai fini par apprendre à nager. Donc : tout pour mettre la pression. Et s’il n’y avait que cela pour la faire monter !
la météo : jusqu’à l’avant veille de la course c’était la cata. Beau toute la semaine d’avant et celle d’après, et le choix entre tempête, pluie ou brouillard le dimanche. Perdus dans un chenal avec des courants réputés violents, et des creux de 90 cm annoncés, la mort rodait…

des paysages à pleurer de bonheur

Le lieu : le paradis. Pas le paradis volcanique genre Lanzarote, plutôt le genre micro climat où les plantes tropicales poussent comme du chiendent. Les algues aussi. Hélas. Un mode de vie simple préservé, permettant à de riches londoniens de se payer des semaines dans un petit cottage très très simple de plein pied entouré de fleurs pour 5000£ la semaine dans une simplicité assez minimaliste (la nouvelle tendance à la mode). Des habitants adorables et des paysages à pleurer de bonheur. Contrastes, contrastes. Ouais ouais ouais. Avec le mauvais temps, la tempête, au milieu d’une passe de 2000 mètre entre deux îles, je t’en foutrai moi, du paradis. Rien n’est donné sur cette planète. Donc pas si sereins, pas comme le vent du soir.
Le voyage : c’est une expédition. Avion genre jet privé agrandi pour Bristol, trajet en voiture « à vive allure », et, ça c’est cool, dernière partie du voyage en bateau (j’adore arriver dans une île en bateau). Et l’inverse au retour !

Tombage amoureux des îles Scilly

La journée d’avant : on a bien mangé, il faut le dire. Les Anglois ont fait d’énormes progrès en cuisine. Et leurs bières sont toujours aussi bonnes que variées. L’hôtel est sympa et assez luxueux il faut le dire. Et ! Idée de génie de Xavier : louer une jolie petite barque de pêche pour le samedi. Entre émerveillements et coups de soleil, repérage des lieux aquatiques ! Ça aide ! Et tombage amoureux des îles Scilly. Ça aussi, il faut le dire et le redire : c’est sublime !

Tiens, elle est froide. Assez froide. Vraiment froide

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La course et ses deux parties : nous étions venus pour ça et il fallut partir. Même pas « demain dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne ! » Non les GO (gentils organisateurs), on tiré le coup de pistolet à 10 heures ! Les braves gens. 
Première course à pieds, et première natation, 2000 m de sainte Mary à Tresco. Tiens, elle est froide. Assez froide. Vraiment froide. Très très froide même pour Djé. Tiens il y a des algues. Beaucoup d’algues. Mais elles sont énormes. Mais elles s’emmêlent dans les plaquettes et le leash qui nous rend solidaires. Mais elles sont de plus en plus grosses. Mais c’est juste effrayant.

Qu’est ce que je fous là ?

Argggl. Première transition. Le sable est mou. Saloperie. Et deuxième natation, 1200 m Tresco Bryher. Elle est de plus en plus froide (température ressentie). Mais je suis à la ramasse. Mais faut que j’arrête le sport. Et la troisième CàP n’en parlons pas. Je suis trop vieux, je suis foutu. Qu’est ce que je fous là. Je suis un mytho. Une merde. Bref vous l’aurez compris je ne vais pas bien dans mes jambes, ni dans ma tête, ça va de pair. Passage de Bryher à Tresco, et là, erreur qui fut un coup de génie, genre Napoléon à Austerlitz (rapport au soleil et au froid, c’est subtil écoutez bien la suite), nous ne retirons pas le haut des combinaisons alors que la CàP est longue.

La température intérieure et le baromètre moral qui lui est lié, remontent !

D’ordinaire les piètres tacticiens font comme ça. Pas nous. Transpiration. Je prends conscience, là, juste en l’écrivant pour vous, chères lectrices et chers lecteurs, que cela nous a sauvés ! la température intérieure et le baromètre moral qui lui est lié, remontent ! Course gagnée ! 
Trois petites transitions natatoires plus loin nous voilà à St Martin. La forme est là ! Longue course à pieds sur single track, et là, le bonheur la joie alléluia gloire à Dieu au fond des Océans et au plus haut des Cieux, et toute cette sorte de choses : je cours ! Comme un lapin ! Comme un Padgel sur les drailles de ses montagnes (drailles => trail ! vous saisissez le lien étymologique ?).

Il y aura donc un après. Joie joie joie. Et ce paysage splendide ! À part la mer, on se croirait sur le plateau de Chaumienne, ou vers le Ranc Calliou ! C’est beau comme l’Ardèche et je suis heureux. Restent les 2500 m de traversée St Martin St Mary (priez pour nous). L’épouvantail. Eh ben franchi comme les harengs dans la Baltique ! Genre les poissons de l’Ötillö qui nous verront peut-être un jour nager avec application. Slow is fast and fast is slow comme ils disent. Ce qui aurait pu être notre tombeau est notre consécration. Dernière CàP un peu dure mais le Gü veille ! Loué soit-il. Et étant depuis St Martin avec nos Walkyries du sud, nous décidons de finir ensemble et cette CàP finale est une promenade de santé ! À bon train je précise non mais vous nous prenez pour quoi ? Nous finissons même à six Français mains dans les mains, enfin le truc à la gloire de l’éthique du swimrun !

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L’arrivée : je viens de vous la décrire, reportez vous aux deux dernières phrases.

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L’après course : je m’offre une Guinness, lentement tirée de son fût, et bue trop vite. Dommage. Cérémonie des vainqueurs, pour une fois que j’y vais, c’est sympa. Ah ce Mike, quelle prestance, quelle classe, quelle présence, quelle éthique. L’orateur aux pieds nus. Fish and chips au Mermaid. Bref, on a nos habitudes aux Scilly !
La suite : eh ben… Où va t’on pour la prochaine ? Hvar (avec un jota devant) ? Et… Plans sur la comète et toute cette sorte de chose. La suite au prochain numéro.

Marc Fortier Beaulieu

L’Ultra Swimrun à la conquête des alpes françaises

Voici une interview de Jean Christophe Bastiani, réalisée peu après une aventure qui a mené une douzaine de swimrunners internationaux à travers lacs et montagnes dans la région d’Annecy (120 km trail, 15 km natation, 5000 m+) les 28 et 29 avril derniers.

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Swimrun France : Bonjour Jean-Christophe, tu as organisé un ultra swimrun dans les Alpes du Nord qui a eu lieu les 28 et 29 avril dernier.  Avant d’en parler peux tu nous dire en quelques phrases ce qui t’a amené au swimrun en général et à l’ultra en particulier ? 

« En 2017, je participe à 17 courses toute distance dans différents pays »

Jean Christophe Bastiani : Bonjour à vous, j’ai découvert le swimrun il y a 3 ans  d’une part avec la vidéo de canal+ pour le 10è anniversaire d’ÖtillÖ (NDLR, « les exilés » de l’émission intérieur sport diffusé en 2015) mais aussi grâce à toi Akuna et les magnifiques premières images dans les calanques.

Je viens des sports nature. Ancien membre de l’équipe de France d’escalade jeune (ça fait longtemps), j’ai été au début du trail et du raid aventure où j’ai participé à de nombreuses courses nationales et internationales. Le raid devenant contraignant financièrement je me suis tourné vers le trail avec l’appel des montagnes (mon premier amour) puis vers l’ultra. Il y a 2 ans à 50km du départ de la TDS, j’arrête brusquement et je me jure de stopper l’ultra qui ne me convenait plus sachant que je passais énormément de temps à m’entrainer en mode swimrun. En 2017, je participe à 17 courses toute distance dans différents pays.

SRF: Peux tu revenir sur la genèse de ce projet ?

JCB: L’été 2017, je cherchais un défi, une nouvelle aventure pour mettre en lien mon sport de cœur, le swimrun et mes premiers amours, la montagne. L’idée a été facile à trouver :Traverser les Alpes du Nord en mode swimrun.

« réunir 20 swimrunners du monde entier pour promouvoir le swimrun, son esprit et ses valeurs »

Initialement prévu avec ma binôme de choc Marianne pour l’automne, on a très rapidement décidé de repousser pour s’organiser différemment.

Nouvelle date pour fin avril et  l’objectif de réunir 20 swimrunners du monde entier pour promouvoir le swimrun, son esprit et ses valeurs. Un groupe d’hommes & femmes amoureux de la nature et des grands espaces. Mon réseau international a été sollicité et j’ai proposé sur FB et IG de nous rejoindre avec 2 conditions, un cv sportif (pour la sécurité, et l’objectif des 24h) et surtout une lettre de motivation. 

Le groupe des 20 réuni, j’ai lancé la communication, trouvé les partenaires techniques et financiers mais surtout rencontré le président de la Fondation Ultra Sports Sciences pour établir un lien entre Ultra Swimrun et cette structure qui a pour mission :

  • Solliciter, fonds et faciliter la recherche pertinente liée au sport ultra-endurance.
  • Diffuser de nouvelles connaissances liées au sport ultra-endurance.
  • Améliorer la santé et la sécurité de ceux qui participent à des sports ultra-endurance.

Partenaires trouvés, réseau ouvert, j’ai fait les démarches administratives et trouvé quelques bénévoles avec des connaissances montagne.

SRF: La grande crainte pour cette époque de l’année c’est la température de l’eau des lacs, la gestion de la nuit en montagne, quel fut le dispositif de sécurité mis en place pour cela ? 

« Nous avons eu une chance énorme avec les températures estivales durant les 15 jours précédents l’Event »

JCB: Oui après l’hiver interminable et les chutes de neige record, mes 2 craintes étaient la température de l’eau et la quantité de neige sur les sentiers de crêtes (5 passages à 1500 m altitude).

Nous avons eu une chance énorme avec les températures estivales durant les 15 jours précédents l’Event. La neige a fondu à vue d’oeil et le soleil a réchauffé l’eau des lacs avec presque un mois d’avance pour atteindre 13-16 °C sachant qu’en mai 2017 on avant 11°C dans le lac d’Annecy.

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Les swimrunners sont habitués et le groupe de furieux passionnés d’ultra endurance aguerris. Or vu les qualificatifs « extrêmes » cette balade (120km trail, 17km de swim, 5000m+), j’avais fait appel à la société Dokever spécialisée dans l’assistance médicale (UTMB, Marathon des Sables, Ironman, Tour de France…) pour garantir le maximum de sécurité aux membres du groupe. SUP, visuels direct durant les sections swim, radio VHF et pacer (secouriste/infirmier) sur les sections trail, jour et nuit sous surveillance mais aussi sur l’autosurveillance du groupe. N’oublions pas que ce dernier évoluait ensemble.

SRF: Dès le départ tu as coloré cet évènement d’un aspect international, comment ce dernier a t-il était perçu à l’étranger ?

JCB: Ahh vaste sujet. Je suis immergé dans le swimrun depuis le début en France à vos côtés. Ouvrir à l’international était évident pour moi. Mon réseau swimrun international m’y a aidé mais aussi mon ex compagne suédoise. Les connaissances sont un premier pas mais ma passion et mes idées ont fait le reste en attirant ces sportifs. 

Concernant la Suède, c’est un peu compliqué il y a de très nombreux compétiteurs et venir fin avril pour un ultra, un peu à l’inconnu a fait peur en  début de saison. J’ai expliqué la possibilité de stopper et couper une partie mais l’esprit de vouloir finir à tout prix était plus fort. J’ai quand même eu 2 expatriés français et danois habitant en suède qui sont venus lol.

France, Suède, Danemark, Suisse, Pologne, Portugal, Italie, Asie, UK, et US était partant jusqu’aux derniers moments.

Début de saison, veut aussi dire premières blessures, incompatibilités personnelles et professionnelles, …. ce qui a réduit le groupe à 13 (4femmes et 9 hommes).

SRF: Parmi les participants, il y avait aussi une équipe française dont tu es à l’origine de la création, peux tu nous éclairer à ce sujet ? 

JCB:  Le Team « swimrun-events » est un regroupement d’amoureux du Swimrun, de la nature et des valeurs qui en découlent. Il y a des compétiteurs de haut niveau mais aussi des amateurs. Je vais prendre le temps de structurer ce groupe pour le faire évoluer avec un seul but : Le partage.

SRF: Revenons au déroulement de l’ultra, quels ont été les challenges à surmonter, attendus et aussi inattendus ? 

JCB: Le plus dur à été la météo qui étaient annoncée tempétueuses avec pluie, vent, neige sur les sommets à 72h de l’event…

Finalement nous avons nagé dans des conditions au top, eau calme et « chaude », pas de vent, soleil très généreux, nuit avec pleine lune. Uniquement du vent et des nuages sur le lac du Bourget en fin de journée , très typique en montagne.

Eviter l’accident dans un tel environnement était ma préoccupation première …. aucun secours engagé, juste quelques petits bobos et des jambes de bois  le dimanche matin.

SRF: Vous progressiez en groupe, telle une tribu, les décisions semblaient prises à la fois par l’encadrement et les coureurs, peux tu nous décrire l’ambiance, l’expérience d’un tel état d’esprit ? 

« A cet instant, j’ai vu naitre autre chose »

JCB: La symbolique du groupe était l’essence de l’aventure. Il a fallu 10km (le lac d’Aiguebelette) pour que le groupe se forme complètement. A cet instant, j’ai vu naitre autre chose. Toujours difficile d’expliquer  cette sensation typique en expédition, en milieu isolé que j’ai connu mais là c’était encore plus fort.

Automatiquement, les moins performants en nage ou trail étaient encordés faisant évoluer le groupe ensemble et …..une chose assez folle, avec sourire constant. Une bonne bande de copains qui discutait et refaisait le monde tout en se surveillant les uns et les autres, accrochant ceux qui avaient un coup de mou…

L’esprit de partage était là et les grandes décisions étaient collégiales.

Je parle pour tous les membres, les accompagnants et les partenaires qui ont vu « mûrir » le groupe.

 SRF: En terme de « bobologie » qu’as tu rencontré, et quels conseils donnerais tu aux swimrunners tentés par l’aventure ? 

« 75% de la réussite est due au mental…. et le principal c’est d’avoir le sourire !! »

JCB: Comme j’ai dit au dessus, c’est la bobologie classique de l’ultra endurance avec ampoules, genoux qui coincent et la fatigue générale. Quand je vois Camille qui a atteint ses premiers 100km, son 1er trail en montagne, couru dans la neige de la Féclaz aussi pour la 1ère fois, c’est génial. 

C’est compliqué de donner des conseils sur un tel Event. Nous parlons plus d’un swimrun aventure, expédition ou tout est possible en terme de bonheur que de douleur. Il faut se préparer physiquement, être bien dans ses chaussures (au propre et au figuré) et avoir un mental d’acier. En ultra endurance, 75% de la réussite est due au mental…. et le principal c’est d’avoir le sourire !!

SRF: Quelle a été la plus belle récompense pour toi et les coureurs lors de cette aventure ? 

JCB: Ma plus belle récompense a été de voir tous ces sourires, cette union et le final sur la plage de Talloires.  Que dire de ces 10 minutes d’étreintes, d’accolades et de toutes ces larmes dissimulées. Rien que de me souvenir de la sortie d’eau, et voir tout le monde s’embrasser, se prendre dans les bras, 26 h après le départ, ça m’a fait monté les larmes (de bonheur).

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J’ai réussi mon pari fou de proposer un ultra swimrun aventure non stop à travers les montagnes. Quand je lis les commentaires des membres du groupes sur les réseaux sociaux ou par téléphone, je suis fier d’avoir créer cela. 

Je vais le faire version montagne mais nous pensons tous dans le groupe des 20, les partenaires, les familles présentes que nous avons passé un cap dans un nouveau swimrun typé « expédition ». Il y a  d’autres ultra comme les amis du 06 avec leur traversée des Alpes-Maritime mais surtout Niklas en Suède avec le SAUC qui est une énorme aventure sur plusieurs jours dans l’archipel de Stockholm. Respect à eux, comme l’on dit plusieurs membres c’est le côté expédition authentique qui ressortira de l’Ultra Swimrun Alps.

SRF: Quel est ton programme pour le reste de la saison swimrun 2018 ?

JCB: Je sors d’un très gros surentrainement couplé à des problèmes personnels c’est pour cela que je n’ai pas pu faire l’ensemble de l’Ultra mais le repos sera salvateur pour le corps et l’esprit. 

  • Les prochaines courses officielles seront Toulon avec Laurence MNS qui a découvert le swimrun durant un des camps l’été dernier et qui a une très grosse motivation pour faire de beaux résultats. Toulon sera en mode récup mais viendra surtout Engadin et Ötillö World Cup sous les couleurs de Vivobarefoot/Head
  • Toujours en lancement de Swimrun-Events, je suis dans l’attente de voir si je créé cette société de swimrun camps en France ou en Suède tout en gardant le programme déjà établi. (fiscalité, règlementation ….lol)
  • Je vais relancer la communication et restructurer le «groupe Swimrun-Events » qui est plus qu’une team. Terrain de test matériel, accompagnement sur les évents et performance pour certains membres. Un groupe hétéroclite tout comme l’est cette discipline.
  • Préparation de l’Ultra Swimrun Alps-Together for the future qui sera relancé fin avril 2019 sous une forme qui plaira autant aux élites que les  les amoureux de la nature prêt à tenter le défi et boucler le parcours.
  • Et enfin, une vraie expédition swimrun en Asie mineure que je devais effectuer avec ma moitié scandinave mais qui sera à 4 ou 5.

« imaginez des lacs d’altitude, une rivière qui fait le lien, le désert à perte de vue et en fond les sommets enneigés….. » 

Voilà le début de l’histoire.

merci à Swimrun France de m’avoir donné la parole sur cet événement qui se doit d’être une des nombreuses voies du swimrun et notre slogan en est le symbole.

TOGETHER FOR THE FUTURE

L’Ultra Swimrun Alps Together for the future  en chiffres :

  • 26 heures
  • 120 km en CàP, 15 km en natation, 5000 m+
  • 11 hommes / 5 femmes
  • 3 lacs alpins, 2 montagnes

Le récit complet de l’aventure sur le site de Jean Christophe:

https://www.swimrun-events.com/blog/2018/05/02/ultra-swimrun-alps—together-for-the-future

Présentation du circuit ÖtillÖ 2018

Depuis que Michael Lemmel et Mats Skott ont repris le flambeau en 2006 du défi un peu fou des quatre amis (Jesper et Mats Andersson, Anders Malm, Janne Lindberg) la marque ÖtillÖ, devenue le premier circuit mondial, se confond avec l’avènement même du Swimrun dans le monde de l’outdoor. Michael revient pour nous sur l’évolution et les nouveautés du circuit ÖtillÖ 2018 tout en insistant sur les valeurs qui sous tendent le succès grandissant de ce sport.

 

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Michael Lemmel & Mats Skott

Swimrun France : Bonjour Michael, une nouvelle saison de swimrun est sur le point de commencer pour le circuit ÖtillÖ World Series. Mais avant d’en parler de suite, peux tu présenter ton championnat ÖtillÖ World Series aux nombreux français débutant dans le swimrun ?

Michael Lemmel : ÖTILLÖ est la course originelle d’où la vague Swimrun est partie en 2006. Elle est depuis 2012 considérée à juste titre comme les championnats du monde de Swimrun. Nous voulions diffuser la pratique du Swimrun dans des nouvelles communautés, sur des terrains variés et différents sur lesquels le swimrun s’adapte de manière pertinente, nous y avons crée les Swimrun World Series. Avec des courses ancrées en Suède, Croatie, Suisse, Grande Bretagne, Allemagne et d’autres à venir, ces épreuves sont à la fois mythiques et pittoresques. Elles servent également comme manches qualificatives au Championnats du monde.

SRF: Quelles sont les nouveautés en cette année 2018 pour les ÖtillÖ World Series et finale (Championnats du monde) ?

ML: En 2018, on espère ajouter au moins une date supplémentaire au World Series. On s’essaiera aussi à un nouveau format test de course à trois épreuves de cette saison. En effet, nous poussons fermement à rendre plus accessible notre sport à des nouveaux compétiteurs en vue de les fidéliser. Vraisemblablement, ce nouveau format devrait s’imposer sur toutes nos épreuves du weekend*en 2019.

La qualification à l’ÖtillÖ est devenue plus accessible avec le 7/24 format: vous aurez un slot garanti si vous, avec le même binôme, êtes finishers de 5 courses labélisée ÖtillÖ World Series et 2 courses labélisées « Merit » sur une période de 2 années. Au cours de cette expérience, vous allez être bien préparés à l’ÖtillÖ car vous accumulerez beaucoup d’expérience, découvrirez de nouveaux endroits. En effet, cela serait dommage d’aller sur la course majeure du circuit pour ne pas la terminer ?

SRF: D’après toi, anticipes tu une croissance toujours aussi soutenue du swimrun durant les années à venir ? Crois tu que les valeurs de ce sport sont la raison de ce succès ? Et enfin penses tu que le swimrun en tant que sport risque d’évoluer différemment au gré des politiques sportives de chaque pays ?

ML: La multiplicité d’épreuves bourgeonnant un peu partout signifie qu’il va y avoir une croissance continue en terme de compétiteurs. Pourtant, à l’heure actuelle, je pense qu’il y a pléthore de courses comparées au nombre de coureurs.. Nous allons avoir une consolidation à ce niveau avant un redécollage. Les sports tels la course à pied ou nage vont multiplier les standards de distance. Dans certains endroits, on va voir des formats de swimrun très courts et dans d’autres des évènements plus tournés vers l’aventure. Sur le long terme, c’est la pratique du sportif qui prévaut et fera la différence. Le swimrun grandira lorsque qu’il n’y aura pas que des compétiteurs mais aussi des personnes attirées par le seul plaisir de pratiquer. Pour ma part, je fais des très intenses et courtes séances en solitaire, il m’arrive aussi de faire de longues sorties lentes en mode exploration seul ou accompagné d’amis. Et enfin je participe à des épreuves officielles avec des amis. J’ai l’impression que c’est vers quoi le sport va s’orienter.

SRF: Quel seraient tes conseils pour les débutants en swimrun qui auraient pour objectif de participer aux championnats du monde à Stockholm ? Existe t-il un moyen (club, association) qui puisse accélérer l’apprentissage d’un pratiquant ?

ML: Énormément de personnes veulent démarrer par l’ÖtillÖ d’entrée de jeu. Je pense sincèrement qu’elles passeraient à coté de l’expérience Swimrun en le prenant de cette façon. C’est super de se fixer de gros objectifs, mais il faut prendre le temps durant quelques années histoire d’explorer de nouveaux endroits, de se découvrir soi même et se faire des amis par la même occasion. C’est cela le véritable esprit swimrun. Si vous arrivez à fonctionner de telle manière à donner plus d’importance à la découverte que la performance pure alors vous allez avoir beaucoup plus plaisir à accomplir vos rêves plutôt que d’accumuler de la frustration. Nous avons tous eu besoin de savoir ramper* avant de courir 🙂
(* ndlr: ramper se dit « crawl » en anglais, jeu de mots un peu difficile à traduire en français)

SRF: En France, on pense vraiment que nous avons le pays quasi parfait pour recevoir une des World Series. Comment est il possible que cela ne soit pas le cas ?

ML: Je suis d’accord avec toi. Néanmoins la législation française est assez tatillonne. On a essayé d’implanter un ÖTILLÖ Swimrun Weekend dans trois endroits différents, et pour des raisons variables nous n’avons pas réussi à le faire. On espère y arriver un jour car on est des vrais francophiles 🙂

SRF: Il y aurait il une question que tu aurais voulu que je te pose ?

ML: Comment peut on faire grandir ensemble le swimrun en France ?

ML: Notre désir est d’être une source d’inspiration pour les coureurs, les organisateurs et aussi les personnes qui veulent juste découvrir le sport. Notre ambition est de faire du Swimrun un pont entre les cultures et gens, d’avoir une attitude environnementale responsable et d’afficher un esprit chaleureux au lieu d’agressif. S’il te plait, pourrais tu organiser une ou deux grosses rencontres où l’on pourrait se rencontrer. Notre agenda est blindé à mort, mais entre les Isles of Scilly et Engadin je suis dans le sud de la France de toute façon.

SRF: Merci Michael, pour les évènements on va y penser sérieusement 🙂

ML: Thank you/ M

crédit photo : Jakob Edholm

Ci dessous l’intervention du co-fondateur de l’ ÖtillÖ Swimrun World Series Michael Lemmel lors des rencontres du Swimrun organisées sous l’égide de la Fédération Française de Triathlon devant un parterre d’organisateurs et des représentants de la FFTri.

Présentation du Swimrun National Tour 2018

Après la saison 2017, le SNT revient en 2018 avec le renfort de nouvelle épreuves hexagonales et même au delà avec l’intégration du Swimrun Belgium. À ce jour les épreuves comptant pour le Swimrun National Tour sont au nombre de sept avec le Swimrun de Vassivière, de la Cote Vermeille, de l’Authieman, de l’Aquaterra, Belgium, du Juraswimrun, et The Riviera.

Sylvain Rousselat et Julien Valette ont été les chevilles ouvrières de ce circuit atypique. En effet, ce sont des organisateurs d’épreuves au caractère déjà bien établi qui s’allient afin de promouvoir une vision du swimrun. Alors que les autres circuits français sont gérés par une seul et même organisation.

Swimrun France : Bonjour Sylvain, a t-on encore besoin de te présenter ? Tu es l’un des organisateurs du Swimrun de la Cote Vermeille (qui se tiendra le 23 juin 2018) et l’un des principaux instigateurs du Swimrun National Tour, peux tu nous tirer un bilan de la saison 2017 ?

Sylvain Rousselat : Bonjour, tout d’abord et avant de tirer un bilan de la saison 2017, je pense qu’il est important de présenter la genèse de ce circuit. Il a été motivé par la volonté de quelques organisateurs d’offrir aux swimrunners amateurs et confirmés, des courses de qualités « regroupées » au sein d’un circuit national au plus proche des valeurs originelles du Swimrun. Les organisateurs membres du Swimrun National Tour vont au-delà des préoccupations environnementales stricto sensu, et s’inscrivent dans une démarche plus large de développement durable.

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Ainsi, le circuit est conçu en intégrant un certain nombre de variables : Sportives, Sociales, Environnementales, économique et de gouvernance.
L’organisation d’une telle démarche prend souvent plusieurs mois. A ce jour et après de longues périodes de réflexion, d’échange, nous sommes fiers de pouvoir proposer aux pratiquants un circuit structurer tant sur le choix des épreuves, l’articulation du règlement ou encore la gestion des résultats. Nous avons la chance au travers du SNT (comprenez le Swimrun National Tour) de pouvoir évoluer avec des personnes passionnées et impliquées dans le bon développement de cette discipline.

SRF: Le swimrun se déroule très majoritairement en binôme, et c’est une des valeurs à laquelle le SNT tient énormément, comment es tu arrivé à gérer les binômes qui se recombinent au gré des blessures et disponibilité ?

SR: Participer en binôme est l’esprit même du Swimrun. Lorsque vous terminez une course avec votre compagnon d’aventure, vous partagez des émotions, vous vous entraidez, et/ou encouragez, et/ou énervez à deux… (clin d’œil à Alex B.) L’expérience est tout autre et beaucoup plus enrichissante à mon sens. A ce titre, l’ensemble des courses labélisées se doivent de proposer l’épreuve en binôme qui fera l’objet d’un classement par équipe.

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En effet, une équipe est constituée de 2 athlètes identifiés. ils devront concourir les étapes qualificatives ensemble pour cumuler des points, si ils briguent une qualification et une victoire à la finale.
Dans le cas d’un remplacement en cours de saison d’un des deux équipiers, le changement d’équipier induira un nouveau classement d’équipe et le score par voie de conséquence, débutera à 0 point.
À noter : il n’est pas nécessaire contrairement au système fédéral d’être licencié FFTRI pour être classé sur le Swimrun National Tour. Les licenciés FFTRI, FFN, FFA…, ainsi que les non licenciés, seront tous classés et pourront tous prétendre au titre de champion national.

SRF: Le circuit a pour vocation de grandir et d’accueillir d’autres organisateurs, comment se déroule l’accès au circuit ? Il y a t-il une phase de transition où l’épreuve doit faire ses preuves ?

SR: Pour accéder au SNT, il faut bien entendu partager les valeurs que nous prônons, et nous contacter par l’intermédiaire du site officiel : http://www.swimrunnationaltour.com
Ensuite, nous prenons contact et échangeons avec l’organisateur sur ses motivations, notre cahier des charges… L’entrée d’une nouvelle épreuve dans le SNT est ensuite proposer à l’ensemble des organisateurs membres qui statuent… La démocratie !.

SRF: Le swimrun de la cote vermeille est un pionnier en terme de développement durable, va t-il y avoir un développement similaire sur le circuit ?

SR: Il est certain que le cœur que nous mettons (Olivier et moi-même : les 2 directeurs de course du Côte Vermeille) à développer, à façonner notre évènement nous inspire considérablement dans le SNT. La dimension sportive qui apparaît de prime abord comme l’élément central d’une telle manifestation ne constitue en réalité qu’un élément parmi d’autres.
C’est très intéressant et enrichissant, d’évoluer aux contacts des autres organisateurs membres qui ne sont pas en reste sur leur démarche développement durable. Le Swimrun National Tour représente entre organisateurs une plateforme d’échanges sur des bons plans, des problèmes rencontrés, des conseils, des projets…
À l’image de la discipline, on avance en équipe !

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Swimrun France : Hello Julien, de même on ne te présente plus (voir portrait ici), mais quand même je crois que ton swimrun Vassivière (16-17 juin 2018) compte presque double n’est ce pas ?

Julien Valette : Bonjour, c’est en effet avec un grand plaisir que nous accueillerons les championnats de France Universitaire sur le format S le samedi 16 juin. Le dimanche 17 juin, nous retrouverons la finale du circuit court du SNT sur le format M, et une manche du circuit long sur le format L.

SRF: Parmi les nouveautés exprimées par Sylvain, il y a l’entrée en support d’un nouvel acteur le Salamander Ranking. Quel va être son rôle dans le circuit ?

JV: Le TSR, par l’intermédiaire de Gilles (un français expatrié … en suède !) va nous permettre de gérer le classement général du SNT. En effet les calculs composés d’algorithme complexes sont relativement lourd, nous préférons donc confier la lourde tâche de les mettre en œuvre à un professionnel ! Par ailleurs il est plus sain qu’un organisme extérieur gère les classements, cela permettra d’écarter de facto tout conflit d’intérêt.

SRF: Le développement touristique d’un territoire passe aussi par les évènements sportifs, et le swimrun est un très bel exemple qui met en relief à la fois les paysages terrestres et marin. Penses-tu que faire partie d’un circuit national puisse augmenter la découverte d’une région à d’autres athlètes plus éloignés géographiquement ?

JV: L’un des leitmotiv lors de la création du circuit avec Sylvain et Loïc c’était bien l’idée de faire voyager les athlètes à la découverte de nouveaux lieux en France particulièrement propice à la pratique du swimrun. Les épreuves qui constituent le SNT attirent déjà de nombreux athlètes venant de toute la France. Le but est de fidéliser les swimrunner en leur proposant ce qui nous semble être les meilleurs courses du territoire.

SRF: il y aurait il une question que tu voudrais que je te pose ?

JV: A terme combien d’épreuve pourront constituer le SNT ?
JV: Le SNT est destiné à proposer au maximum 10 étapes par circuit (Circuit sprint 15 à 30km et Circuit Endurance 31 à 50km).

SRF: Merci à tous deux et rendez vous sur terre ou dans l’eau !

https://www.swimrunnationaltour.com/

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La première ouverture de voie en swimrun dans le grand canyon du Verdon

La descente du grand canyon du Verdon du point sublime au lac de St Croix, 25 km dans une eau à 10°.

« Expédition réalisée par des spécialistes de la montagne, de swimrun aventure et d’eau vive, ne pas tenter l’aventure sans encadrement »

Au petit matin quand nous nous sommes réveillés le thermomètre du fourgon de David indiquait 0° C, il y avait du gel sur le pare-brise. A ce moment- là, je n’avais pas trop envie de me mettre à l’eau mais l’enthousiasme de David me gardait motivé pour entreprendre cette traversée de fou.

La vue sur l’entrée des Gorges nous renvoyait un paysage des plus magnifique. Jen nous a préparé de quoi manger avant de partir. Les conditions sont réunies pour accomplir ce genre d’expédition:

  • le niveau de l’eau est bas par manque de pluie, je crois que depuis le mois de mai, il n’a pratiquement pas plu.
  • le ciel est prévu au beau jusqu’à demain
  • les lâchés de barrage sont les mardis et jeudis normalement.

Ma crainte était de s’engager dans des goulets et rester bloqué par des siphons passant sous la roche. Nous avions une sangle de 20 mètres au cas où il aurait fallu reconnaître avant de s’engager. Il fallait rester très vigilant, avec le froid les réflexes étaient un peu amoindris. La mise à l’eau me paru facile car moins froide que l’air. David criait de joie. Jen jouait la photographe depuis le sentier Martel avant de nous rejoindre au 1/3 du parcours pour finir avec nous.

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(crédit photo : Sylvain Scoccia)

Pendant 3 bonnes heures nous descendions à bonne allure. Une petite halte où le soleil faisait son apparition nous a réchauffé un court instant avant de rejoindre Jen au pont de la Malines. Nous en avons profité pour faire une halte, se préparer une soupe bien chaude et un bon café avant de repartir vers l’Imbut, un passage délicat.

Les paysages sont féériques, les couleurs automnales sont éclatantes, du rouge, orange, jaune, vert comme si l’été coloriait sa chaleur sur la végétation. Au-dessus de nos têtes des falaises de plusieurs centaines de mètres sculptées par la force de l’eau nous étourdissaient de beauté.
Le deuxième tiers est encore plus admirable: enfermés dans des couloirs très étroits donnant l’illusion d’être en sécurité. J’imagine quand période de crue cet endroit doit être un enfer. Le froid commence à nous glacer les os, il faut avoir un bon mental à ce moment là, une forme de survie se met en place. Heureusement tout est magnifique, les paysages sont unique, l’eau est d’une pureté vert émeraude.

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(crédit photo : Sylvain Scoccia)

Jen et David, habitués à vivre des aventures engagées, sont solides mentalement et physiquement et c’est très rassurant pour moi. Arrivés à l’Imbut, un moment d’hésitation me saisit avant de rentrer dans ce gouffre froid et sombre.

David, encordé, « se sacrifie » et rentre pour faire une reco. Le courant n’est pas fort, il nous crie au loin dans cette caverne que nous pouvons le suivre. Au fond du gouffre un amoncellement de rondins de bois vont nous permettre de sortir de cette cavité extraordinaire érodée par le passage immémorial de l’eau.

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(crédit photo : Sylvain Scoccia)

Il ne faut pas trop tarder les heures passent et cela serait bien mieux si on peut arriver avant la nuit . La suite est toujours aussi merveilleux, encore une petite halte pour manger afin de reprendre des forces. Il nous reste à finir par 2km de nage. L’appréhension nous gagne après avoir passé près de 9h dans une eau à 10°C.  Subir 1h sur ce final aquatique ne nous enchante pas trop. Nous arrivons au terme de cette descente qui restera gravée dans nos cœurs et mémoires.

Finalement, la dernière nage se fait dans une eau plus chaude de quelques degrés, ce qui va nous permettre de finir dans de meilleures conditions certes très fatigués et heureux d’avoir partagés cet exploit. Nous regagnons la voiture qui se trouve un peu plus haut sur la route et dans la nuit.

Merci à Jen et David d’avoir partagé cette incroyable journée.

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Sylvain Scoccia

https://www.facebook.com/SwimrunAventure/

Première sortie française du Swimrun inter communautaire

« Cela fait un an qu’on en parle »

Cela fait un an qu’on en parle entre nous via Facebook, entre deux coups de fils ou au gré de nos rencontres sur les épreuves de swimrun. Quand je dis « on », c’est loin d’être une équipe formalisée, c’est un jour les swimrunners de Toulouse, de Marseille, de Bordeaux ou d’ailleurs. Autrefois incarnés sous l’ère du trail par des forums internet, les réseaux sociaux ont su combler le vide de connaissance de l’hexagone face à la déferlante swimrun venue des pays nordiques.

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« échanger de vive voix leur expérience, leur parcours, leur vision »

À défaut de création de club 100% swimrun, nous avons vu fleurir ça et là des communautés sous forme de groupe sur Facebook sous l’impulsion de pionniers passionnés et avides de faire partager les tous premiers parcours swimrun de leur région à leurs ami(e)s. Dès lors, il était écrit que certains de ces pionniers devraient se rencontrer pour échanger de vive voix leur expérience, leur parcours, leur vision de l’avenir d’une discipline aux origines créées par quatre copains : une petite communauté en quelque sorte.

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Cette réunion, une première, a vu le jour les  16 et 17  décembre 2017 au sein du Parc National des calanques, grâce à l’aide de Simon Marchal (Swimrun Toulouse), Nicolas Gallot (Swimrun Bordeaux) et Swimrun Marseille (Akuna / Fix). Si Swimrun Marseille s’est occupé du tracé sur le terrain, Nicolas Gallot s’est chargé de la résa du restaurant du vieux port Le Perroquet de Cassis (négociation etc..) et d’autres surprises sympa (cf. photo bonnet) , Simon s’est lui occupé de la réservation hôtel (négociation, mise en concurrence, desiderata des uns et des autres etc.…) Inter hôtel de Cassis.

« notre pratique du swimrun est juste…non autorisée en dehors [des sentiers balisés] »

Un point très important que beaucoup de swimrunners peu habitués aux restrictions du parc national de calanques ne savent pas : notre pratique du swimrun est juste…non autorisée lorsque nous sortons des sentiers balisés. Ce qui peut arriver quelques rares fois en fonction des conditions météo quand l’on passe de l’élément liquide à terrestre (houle, vent fort, froid trop intense). Le Parc est très réglementé et nous, swimrunners, devons adapter notre pratique, les parcours prévus minimisent notre empreinte écologique. C’est pour cela que nous avons restreint le nombre de personnes invitées à 25, et nous avons prévu deux groupes, légèrement distants l’un de l’autre pour éviter l’effet « meute ».

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« Le temps est venu d’enrichir nos expériences »

D’autre part, nous avons voulu résolument mettre l’accent sur les communautés Facebook, d’où le nom de « SR Communities » figurant sur le bonnet personnalisé aux couleurs de Marseille (Merci Nicolas). Pour plus de lisibilité, on l’appelera plutôt Swimrun Communautés.GX013294.MP4_snapshot_00.15_[2017.12.20_09.35.39] (logo_SRC_Akuna)

S’il existe déjà un groupe de travail réunissant la fédération de Triathlon et les organisateurs d’épreuves régissant le volet compétition, pour notre part, en tant que leaders de communauté SR local, il manquait un lieu d’échange, une agora à ceux qui s’entrainent au jour le jour, qui apprennent à maitriser leur terrain et les risques pour leur communauté. Le temps est venu de fertiliser nos connaissances, d’enrichir nos expériences, et quoi de plus magique que de mettre en œuvre ce processus en révèlant sa région aux autres communautés ?GX013334.MP4_snapshot_00.02_[2017.12.22_13.22.06] (logo_SRC_Akuna)

« on appelle cela un « OFF »

Ce concept n’est pas nouveau, en trail on appelle cela un « OFF », pas de dossard, pas de chrono, seulement une participation au frais pour les ravitaillements. Nous pensons aussi accoler un « workshop » avec des thèmes qui restent à définir (entrainement, sécurité, matériel etc…) au(x) OFF(s) car nous parions que les experts français de ce sport viendront de nos communautés. Et maintenant après cette première réunion inter communautaire ?GX013429.MP4_snapshot_00.07_[2017.12.18_19.29.49] (logo_SRC_Akuna)

Nous réfléchissons dors et déjà à la prochaine étape, plusieurs communautés sont déjà sur les rangs à notre grand bonheur.…alors un tour de France de swimrun en Off ça vous tente ? 😊

Un remerciement appuyé à Aurore Dupont pour le montage de la journée de dimanche (prise de vue Akuna)

Les photos de la journée de samedi ici et dimanche

#WeAreSwimrun