Présentation du circuit ÖtillÖ 2018

Depuis que Michael Lemmel et Mats Skott ont repris le flambeau en 2006 du défi un peu fou des quatre amis (Jesper et Mats Andersson, Anders Malm, Janne Lindberg) la marque ÖtillÖ, devenue le premier circuit mondial, se confond avec l’avènement même du Swimrun dans le monde de l’outdoor. Michael revient pour nous sur l’évolution et les nouveautés du circuit ÖtillÖ 2018 tout en insistant sur les valeurs qui sous tendent le succès grandissant de ce sport.

 

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Michael Lemmel & Mats Skott

Swimrun France : Bonjour Michael, une nouvelle saison de swimrun est sur le point de commencer pour le circuit ÖtillÖ World Series. Mais avant d’en parler de suite, peux tu présenter ton championnat ÖtillÖ World Series aux nombreux français débutant dans le swimrun ?

Michael Lemmel : ÖTILLÖ est la course originelle d’où la vague Swimrun est partie en 2006. Elle est depuis 2012 considérée à juste titre comme les championnats du monde de Swimrun. Nous voulions diffuser la pratique du Swimrun dans des nouvelles communautés, sur des terrains variés et différents sur lesquels le swimrun s’adapte de manière pertinente, nous y avons crée les Swimrun World Series. Avec des courses ancrées en Suède, Croatie, Suisse, Grande Bretagne, Allemagne et d’autres à venir, ces épreuves sont à la fois mythiques et pittoresques. Elles servent également comme manches qualificatives au Championnats du monde.

SRF: Quelles sont les nouveautés en cette année 2018 pour les ÖtillÖ World Series et finale (Championnats du monde) ?

ML: En 2018, on espère ajouter au moins une date supplémentaire au World Series. On s’essaiera aussi à un nouveau format test de course à trois épreuves de cette saison. En effet, nous poussons fermement à rendre plus accessible notre sport à des nouveaux compétiteurs en vue de les fidéliser. Vraisemblablement, ce nouveau format devrait s’imposer sur toutes nos épreuves du weekend*en 2019.

La qualification à l’ÖtillÖ est devenue plus accessible avec le 7/24 format: vous aurez un slot garanti si vous, avec le même binôme, êtes finishers de 5 courses labélisée ÖtillÖ World Series et 2 courses labélisées « Merit » sur une période de 2 années. Au cours de cette expérience, vous allez être bien préparés à l’ÖtillÖ car vous accumulerez beaucoup d’expérience, découvrirez de nouveaux endroits. En effet, cela serait dommage d’aller sur la course majeure du circuit pour ne pas la terminer ?

SRF: D’après toi, anticipes tu une croissance toujours aussi soutenue du swimrun durant les années à venir ? Crois tu que les valeurs de ce sport sont la raison de ce succès ? Et enfin penses tu que le swimrun en tant que sport risque d’évoluer différemment au gré des politiques sportives de chaque pays ?

ML: La multiplicité d’épreuves bourgeonnant un peu partout signifie qu’il va y avoir une croissance continue en terme de compétiteurs. Pourtant, à l’heure actuelle, je pense qu’il y a pléthore de courses comparées au nombre de coureurs.. Nous allons avoir une consolidation à ce niveau avant un redécollage. Les sports tels la course à pied ou nage vont multiplier les standards de distance. Dans certains endroits, on va voir des formats de triathlon très courts et dans d’autres des évènements plus tournés vers l’aventure. Sur le long terme, c’est la pratique du sportif qui prévaut et fera la différence. Le swimrun grandira lorsque qu’il n’y aura pas que des compétiteurs mais aussi des personnes attirées par le seul plaisir de pratiquer. Pour ma part, je fais des très intenses et courtes séances en solitaire, il m’arrive aussi de faire de longues sorties lentes en mode exploration seul ou accompagné d’amis. Et enfin je participe à des épreuves officielles avec des amis. J’ai l’impression que c’est vers quoi le sport va s’orienter.

SRF: Quel seraient tes conseils pour les débutants en swimrun qui auraient pour objectif de participer aux championnats du monde à Stockholm ? Existe t-il un moyen (club, association) qui puisse accélérer l’apprentissage d’un pratiquant ?

ML: Enormément de gens veulent démarrer par l’ÖtillÖ d’entrée de jeu. Je pense sincèrement qu’elles passeraient à coté de l’expérience Swimrun en le prenant de cette façon. C’est super de se fixer de gros objectifs, mais il faut prendre le temps durant quelques années histoire d’explorer de nouveaux endroits, de se découvrir soi même et se faire des amis par la même occasion. C’est cela le véritable esprit swimrun. Si vous arrivez à fonctionner de telle manière à donner plus d’importance à la découverte que la performance pure alors vous allez avoir beaucoup plus plaisir à accomplir vos rêves plutôt que d’accumuler de la frustration. Nous avons tous eu besoin de savoir ramper* avant de courir 🙂
(* ndlr: ramper se dit « crawl » en anglais, jeu de mots un peu difficile à traduire en français)

SRF: En France, on pense vraiment que nous avons le pays quasi parfait pour recevoir une des World Series. Comment est il possible que cela ne soit pas le cas ?

ML: Je suis d’accord avec toi. Néanmoins la législation française est assez tatillonne. On a essayé d’implanter un ÖTILLÖ Swimrun Weekend dans trois endroits différents, et pour des raisons variables nous n’avons pas réussi à le faire. On espère y arriver un jour car on est des vrais francophiles 🙂

SRF: Il y aurait il une question que tu aurais voulu que je te pose ?

ML: Comment peut on faire grandir ensemble le swimrun en France ?

ML: Notre désir est d’être une source d’inspiration pour les coureurs, les organisateurs et aussi les personnes qui veulent juste découvrir le sport. Notre ambition est de faire du Swimrun un pont entre les cultures et gens, d’avoir une attitude environnementale responsable et d’afficher un esprit chaleureux au lieu d’agressif. S’il te plait, pourrais tu organiser une ou deux grosses rencontres où l’on pourrait se rencontrer. Notre agenda est blindé à mort, mais entre les Isles of Scilly et Engadin je suis dans le sud de la France de toute façon.

SRF: Merci Michael, pour les évènements on va y penser sérieusement 🙂

ML: Thank you/ M

crédit photo : Jakob Edholm

Ci dessous l’intervention du co-fondateur de l’ ÖtillÖ Swimrun World Series Michael Lemmel lors des rencontres du Swimrun organisées sous l’égide de la Fédération Française de Triathlon devant un parterre d’organisateurs et des représentants de la FFTri.

Présentation du Swimrun National Tour 2018

Après la saison 2017, le SNT revient en 2018 avec le renfort de nouvelle épreuves hexagonales et même au delà avec l’intégration du Swimrun Belgium. À ce jour les épreuves comptant pour le Swimrun National Tour sont au nombre de sept avec le Swimrun de Vassivière, de la Cote Vermeille, de l’Authieman, de l’Aquaterra, Belgium, du Juraswimrun, et The Riviera.

Sylvain Rousselat et Julien Valette ont été les chevilles ouvrières de ce circuit atypique. En effet, ce sont des organisateurs d’épreuves au caractère déjà bien établi qui s’allient afin de promouvoir une vision du swimrun. Alors que les autres circuits français sont gérés par une seul et même organisation.

Swimrun France : Bonjour Sylvain, a t-on encore besoin de te présenter ? Tu es l’un des organisateurs du Swimrun de la Cote Vermeille (qui se tiendra le 23 juin 2018) et l’un des principaux instigateurs du Swimrun National Tour, peux tu nous tirer un bilan de la saison 2017 ?

Sylvain Rousselat : Bonjour, tout d’abord et avant de tirer un bilan de la saison 2017, je pense qu’il est important de présenter la genèse de ce circuit. Il a été motivé par la volonté de quelques organisateurs d’offrir aux swimrunners amateurs et confirmés, des courses de qualités « regroupées » au sein d’un circuit national au plus proche des valeurs originelles du Swimrun. Les organisateurs membres du Swimrun National Tour vont au-delà des préoccupations environnementales stricto sensu, et s’inscrivent dans une démarche plus large de développement durable.

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Ainsi, le circuit est conçu en intégrant un certain nombre de variables : Sportives, Sociales, Environnementales, économique et de gouvernance.
L’organisation d’une telle démarche prend souvent plusieurs mois. A ce jour et après de longues périodes de réflexion, d’échange, nous sommes fiers de pouvoir proposer aux pratiquants un circuit structurer tant sur le choix des épreuves, l’articulation du règlement ou encore la gestion des résultats. Nous avons la chance au travers du SNT (comprenez le Swimrun National Tour) de pouvoir évoluer avec des personnes passionnées et impliquées dans le bon développement de cette discipline.

SRF: Le swimrun se déroule très majoritairement en binôme, et c’est une des valeurs à laquelle le SNT tient énormément, comment es tu arrivé à gérer les binômes qui se recombinent au gré des blessures et disponibilité ?

SR: Participer en binôme est l’esprit même du Swimrun. Lorsque vous terminez une course avec votre compagnon d’aventure, vous partagez des émotions, vous vous entraidez, et/ou encouragez, et/ou énervez à deux… (clin d’œil à Alex B.) L’expérience est tout autre et beaucoup plus enrichissante à mon sens. A ce titre, l’ensemble des courses labélisées se doivent de proposer l’épreuve en binôme qui fera l’objet d’un classement par équipe.

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En effet, une équipe est constituée de 2 athlètes identifiés. ils devront concourir les étapes qualificatives ensemble pour cumuler des points, si ils briguent une qualification et une victoire à la finale.
Dans le cas d’un remplacement en cours de saison d’un des deux équipiers, le changement d’équipier induira un nouveau classement d’équipe et le score par voie de conséquence, débutera à 0 point.
À noter : il n’est pas nécessaire contrairement au système fédéral d’être licencié FFTRI pour être classé sur le Swimrun National Tour. Les licenciés FFTRI, FFN, FFA…, ainsi que les non licenciés, seront tous classés et pourront tous prétendre au titre de champion national.

SRF: Le circuit a pour vocation de grandir et d’accueillir d’autres organisateurs, comment se déroule l’accès au circuit ? Il y a t-il une phase de transition où l’épreuve doit faire ses preuves ?

SR: Pour accéder au SNT, il faut bien entendu partager les valeurs que nous prônons, et nous contacter par l’intermédiaire du site officiel : http://www.swimrunnationaltour.com
Ensuite, nous prenons contact et échangeons avec l’organisateur sur ses motivations, notre cahier des charges… L’entrée d’une nouvelle épreuve dans le SNT est ensuite proposer à l’ensemble des organisateurs membres qui statuent… La démocratie !.

SRF: Le swimrun de la cote vermeille est un pionnier en terme de développement durable, va t-il y avoir un développement similaire sur le circuit ?

SR: Il est certain que le cœur que nous mettons (Olivier et moi-même : les 2 directeurs de course du Côte Vermeille) à développer, à façonner notre évènement nous inspire considérablement dans le SNT. La dimension sportive qui apparaît de prime abord comme l’élément central d’une telle manifestation ne constitue en réalité qu’un élément parmi d’autres.
C’est très intéressant et enrichissant, d’évoluer aux contacts des autres organisateurs membres qui ne sont pas en reste sur leur démarche développement durable. Le Swimrun National Tour représente entre organisateurs une plateforme d’échanges sur des bons plans, des problèmes rencontrés, des conseils, des projets…
À l’image de la discipline, on avance en équipe !

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Swimrun France : Hello Julien, de même on ne te présente plus (voir portrait ici), mais quand même je crois que ton swimrun Vassivière (16-17 juin 2018) compte presque double n’est ce pas ?

Julien Valette : Bonjour, c’est en effet avec un grand plaisir que nous accueillerons les championnats de France Universitaire sur le format S le samedi 16 juin. Le dimanche 17 juin, nous retrouverons la finale du circuit court du SNT sur le format M, et une manche du circuit long sur le format L.

SRF: Parmi les nouveautés exprimées par Sylvain, il y a l’entrée en support d’un nouvel acteur le Salamander Ranking. Quel va être son rôle dans le circuit ?

JV: Le TSR, par l’intermédiaire de Gilles (un français expatrié … en suède !) va nous permettre de gérer le classement général du SNT. En effet les calculs composés d’algorithme complexes sont relativement lourd, nous préférons donc confier la lourde tâche de les mettre en œuvre à un professionnel ! Par ailleurs il est plus sain qu’un organisme extérieur gère les classements, cela permettra d’écarter de facto tout conflit d’intérêt.

SRF: Le développement touristique d’un territoire passe aussi par les évènements sportifs, et le swimrun est un très bel exemple qui met en relief à la fois les paysages terrestres et marin. Penses-tu que faire partie d’un circuit national puisse augmenter la découverte d’une région à d’autres athlètes plus éloignés géographiquement ?

JV: L’un des leitmotiv lors de la création du circuit avec Sylvain et Loïc c’était bien l’idée de faire voyager les athlètes à la découverte de nouveaux lieux en France particulièrement propice à la pratique du swimrun. Les épreuves qui constituent le SNT attirent déjà de nombreux athlètes venant de toute la France. Le but est de fidéliser les swimrunner en leur proposant ce qui nous semble être les meilleurs courses du territoire.

SRF: il y aurait il une question que tu voudrais que je te pose ?

JV: A terme combien d’épreuve pourront constituer le SNT ?
JV: Le SNT est destiné à proposer au maximum 10 étapes par circuit (Circuit sprint 15 à 30km et Circuit Endurance 31 à 50km).

SRF: Merci à tous deux et rendez vous sur terre ou dans l’eau !

https://www.swimrunnationaltour.com/

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La première ouverture de voie en swimrun dans le grand canyon du Verdon

La descente du grand canyon du Verdon du point sublime au lac de St Croix, 25 km dans une eau à 10°.

« Expédition réalisée par des spécialistes de la montagne, de swimrun aventure et d’eau vive, ne pas tenter l’aventure sans encadrement »

Au petit matin quand nous nous sommes réveillés le thermomètre du fourgon de David indiquait 0° C, il y avait du gel sur le pare-brise. A ce moment- là, je n’avais pas trop envie de me mettre à l’eau mais l’enthousiasme de David me gardait motivé pour entreprendre cette traversée de fou.

La vue sur l’entrée des Gorges nous renvoyait un paysage des plus magnifique. Jen nous a préparé de quoi manger avant de partir. Les conditions sont réunies pour accomplir ce genre d’expédition:

  • le niveau de l’eau est bas par manque de pluie, je crois que depuis le mois de mai, il n’a pratiquement pas plu.
  • le ciel est prévu au beau jusqu’à demain
  • les lâchés de barrage sont les mardis et jeudis normalement.

Ma crainte était de s’engager dans des goulets et rester bloqué par des siphons passant sous la roche. Nous avions une sangle de 20 mètres au cas où il aurait fallu reconnaître avant de s’engager. Il fallait rester très vigilant, avec le froid les réflexes étaient un peu amoindris. La mise à l’eau me paru facile car moins froide que l’air. David criait de joie. Jen jouait la photographe depuis le sentier Martel avant de nous rejoindre au 1/3 du parcours pour finir avec nous.

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(crédit photo : Sylvain Scoccia)

Pendant 3 bonnes heures nous descendions à bonne allure. Une petite halte où le soleil faisait son apparition nous a réchauffé un court instant avant de rejoindre Jen au pont de la Malines. Nous en avons profité pour faire une halte, se préparer une soupe bien chaude et un bon café avant de repartir vers l’Imbut, un passage délicat.

Les paysages sont féériques, les couleurs automnales sont éclatantes, du rouge, orange, jaune, vert comme si l’été coloriait sa chaleur sur la végétation. Au-dessus de nos têtes des falaises de plusieurs centaines de mètres sculptées par la force de l’eau nous étourdissaient de beauté.
Le deuxième tiers est encore plus admirable: enfermés dans des couloirs très étroits donnant l’illusion d’être en sécurité. J’imagine quand période de crue cet endroit doit être un enfer. Le froid commence à nous glacer les os, il faut avoir un bon mental à ce moment là, une forme de survie se met en place. Heureusement tout est magnifique, les paysages sont unique, l’eau est d’une pureté vert émeraude.

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(crédit photo : Sylvain Scoccia)

Jen et David, habitués à vivre des aventures engagées, sont solides mentalement et physiquement et c’est très rassurant pour moi. Arrivés à l’Imbut, un moment d’hésitation me saisit avant de rentrer dans ce gouffre froid et sombre.

David, encordé, « se sacrifie » et rentre pour faire une reco. Le courant n’est pas fort, il nous crie au loin dans cette caverne que nous pouvons le suivre. Au fond du gouffre un amoncellement de rondins de bois vont nous permettre de sortir de cette cavité extraordinaire érodée par le passage immémorial de l’eau.

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(crédit photo : Sylvain Scoccia)

Il ne faut pas trop tarder les heures passent et cela serait bien mieux si on peut arriver avant la nuit . La suite est toujours aussi merveilleux, encore une petite halte pour manger afin de reprendre des forces. Il nous reste à finir par 2km de nage. L’appréhension nous gagne après avoir passé près de 9h dans une eau à 10°C.  Subir 1h sur ce final aquatique ne nous enchante pas trop. Nous arrivons au terme de cette descente qui restera gravée dans nos cœurs et mémoires.

Finalement, la dernière nage se fait dans une eau plus chaude de quelques degrés, ce qui va nous permettre de finir dans de meilleures conditions certes très fatigués et heureux d’avoir partagés cet exploit. Nous regagnons la voiture qui se trouve un peu plus haut sur la route et dans la nuit.

Merci à Jen et David d’avoir partagé cette incroyable journée.

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Sylvain Scoccia

https://www.facebook.com/SwimrunAventure/

Première sortie française du Swimrun inter communautaire

« Cela fait un an qu’on en parle »

Cela fait un an qu’on en parle entre nous via Facebook, entre deux coups de fils ou au gré de nos rencontres sur les épreuves de swimrun. Quand je dis « on », c’est loin d’être une équipe formalisée, c’est un jour les swimrunners de Toulouse, de Marseille, de Bordeaux ou d’ailleurs. Autrefois incarnés sous l’ère du trail par des forums internet, les réseaux sociaux ont su combler le vide de connaissance de l’hexagone face à la déferlante swimrun venue des pays nordiques.

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« échanger de vive voix leur expérience, leur parcours, leur vision »

À défaut de création de club 100% swimrun, nous avons vu fleurir ça et là des communautés sous forme de groupe sur Facebook sous l’impulsion de pionniers passionnés et avides de faire partager les tous premiers parcours swimrun de leur région à leurs ami(e)s. Dès lors, il était écrit que certains de ces pionniers devraient se rencontrer pour échanger de vive voix leur expérience, leur parcours, leur vision de l’avenir d’une discipline aux origines créées par quatre copains : une petite communauté en quelque sorte.

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Cette réunion, une première, a vu le jour les  16 et 17  décembre 2017 au sein du Parc National des calanques, grâce à l’aide de Simon Marchal (Swimrun Toulouse), Nicolas Gallot (Swimrun Bordeaux) et Swimrun Marseille (Akuna / Fix). Si Swimrun Marseille s’est occupé du tracé sur le terrain, Nicolas Gallot s’est chargé de la résa du restaurant du vieux port Le Perroquet de Cassis (négociation etc..) et d’autres surprises sympa (cf. photo bonnet) , Simon s’est lui occupé de la réservation hôtel (négociation, mise en concurrence, desiderata des uns et des autres etc.…) Inter hôtel de Cassis.

« notre pratique du swimrun est juste…non autorisée en dehors [des sentiers balisés] »

Un point très important que beaucoup de swimrunners peu habitués aux restrictions du parc national de calanques ne savent pas : notre pratique du swimrun est juste…non autorisée lorsque nous sortons des sentiers balisés. Ce qui peut arriver quelques rares fois en fonction des conditions météo quand l’on passe de l’élément liquide à terrestre (houle, vent fort, froid trop intense). Le Parc est très réglementé et nous, swimrunners, devons adapter notre pratique, les parcours prévus minimisent notre empreinte écologique. C’est pour cela que nous avons restreint le nombre de personnes invitées à 25, et nous avons prévu deux groupes, légèrement distants l’un de l’autre pour éviter l’effet « meute ».

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« Le temps est venu d’enrichir nos expériences »

D’autre part, nous avons voulu résolument mettre l’accent sur les communautés Facebook, d’où le nom de « SR Communities » figurant sur le bonnet personnalisé aux couleurs de Marseille (Merci Nicolas). Pour plus de lisibilité, on l’appelera plutôt Swimrun Communautés.GX013294.MP4_snapshot_00.15_[2017.12.20_09.35.39] (logo_SRC_Akuna)

S’il existe déjà un groupe de travail réunissant la fédération de Triathlon et les organisateurs d’épreuves régissant le volet compétition, pour notre part, en tant que leaders de communauté SR local, il manquait un lieu d’échange, une agora à ceux qui s’entrainent au jour le jour, qui apprennent à maitriser leur terrain et les risques pour leur communauté. Le temps est venu de fertiliser nos connaissances, d’enrichir nos expériences, et quoi de plus magique que de mettre en œuvre ce processus en révèlant sa région aux autres communautés ?GX013334.MP4_snapshot_00.02_[2017.12.22_13.22.06] (logo_SRC_Akuna)

« on appelle cela un « OFF »

Ce concept n’est pas nouveau, en trail on appelle cela un « OFF », pas de dossard, pas de chrono, seulement une participation au frais pour les ravitaillements. Nous pensons aussi accoler un « workshop » avec des thèmes qui restent à définir (entrainement, sécurité, matériel etc…) au(x) OFF(s) car nous parions que les experts français de ce sport viendront de nos communautés. Et maintenant après cette première réunion inter communautaire ?GX013429.MP4_snapshot_00.07_[2017.12.18_19.29.49] (logo_SRC_Akuna)

Nous réfléchissons dors et déjà à la prochaine étape, plusieurs communautés sont déjà sur les rangs à notre grand bonheur.…alors un tour de France de swimrun en Off ça vous tente ? 😊

Un remerciement appuyé à Aurore Dupont pour le montage de la journée de dimanche (prise de vue Akuna)

Les photos de la journée de samedi ici et dimanche

#WeAreSwimrun

 

Swimrun Solina la première merit race OtillO Polonaise

Eric Visentin, frenchy expatrié en Pologne, nous raconte sa folle semaine de swimrun qui l’a vu enchainé les deux premiers swimrun longue distances créés cette année: Goswimrun à Wióry et le Swimrun Poland à Solina. Le récit de course de Goswimrun est paru ici.

Présentons Solina. C’est  aussi un grand lac de retenue, à la forme complexe, multiples méandres, péninsules, et iles. Sa digue est la plus grande de Pologne. Niché dans les premières ondulations des Bieszczady, fragment de la chaine des Carpates et montagnes les plus orientales en Pologne, frontalières avec l’Ukraine et la Slovaquie. La région, touristique mais relativement secrète, est magnifique, avec son folklore local haut en couleur et son architecture en bois. Les Bieszczady, à défaut d’être les plus hautes de Pologne, entretiennent une fascination au niveau national. Mystiques et sauvages, elles abritent ours, lynx, loups, et innombrables légendes de contrebandiers. Solina et son écrin bleu, apportent une touche aquatique un peu inattendue à ce décor de basse montagne fait de prairies, feuillues et résineuse.

Les jours suivants (NDLR, le Goswimrun à Wióry ), la fatigue se fait sentir, plus pesante que le reste du Dimanche. Inquiétude: je suis légèrement enroué, et la gorge pique. Rien de méchant pour l’instant, mais restons prudent. Aucun entrainement jusqu’au prochain swimrun (NDLR, swimrun poland à Solina comptant comme « merit race » pour l’ÖtillÖ), aucune prise de risque. Je profite de ces quelques jours pour méditer sur la question de la combi, qui sera indispensable.

Mes premières recherches s’orientent vers la combi Dare2Tri courte, mais la livraison avant le weekend n’est pas garantie, et sans certitude de choisir la taille adéquate. L’autre option consiste en une combi de swimrun intégrale, qui pourra me servir aussi en triathlon: celle que je possède actuellement ne me satisfait pas car trop petite. Le stand de la marque Head sera présent à Solina avec discount: je commande en ligne le modèle Swimrun Rough. Quelle efficacité aura cette combi en mode nage simple ? Je n’en ai encore aucune idée. Je vous le dirai le 23 septembre lors d’un petit triathlon.

Jacek, mon partenaire pour Swimrun Poland à Solina, a lui aussi fait comme Tomasz, en découpant une vielle combi de tri. Cette fois ci, les rôles sont inversés: autant c’est moi qui avais aidé Sam, autant une grosse galère arrive en perspective, car Jacek, c’est du lourd: il vient de se qualifier aux championnats de 1/2IM en Afrique du Sud en 4:32. Il est lui aussi sous les dix heures en IM, et la natation, c’est son point fort. La troupe présente à Wióry n’a d’ailleurs pas loupé de me chambrer le weekend précédent : « Eric, tu vas faire du ski nautique derrière Jacek ? »

J’ai néanmoins choisi de mettre tous les atouts de mon côté. Outre la combi, je me suis bricolé un système de rectangles découpés dans un vieux matelas de camping, et fixés aux lacets de mes chaussures, à l’image des plaquettes de flottaison de la marque NU. Et depuis Wióry et les entrainements précédents, mes épaules ont à force acquis une tonicité d’enfer. Il y a juste ce satané rhume, qui traine encore, et que tout le monde a par ailleurs attrapé à Wióry…

Jacek et moi partageons transport et hébergement avec deux autres participants de Wrocław, Paweł et Dominik, de l’équipe GTRAT. Nous avons loué un bungalow en bois à proximité du lac. Outre le matériel de sport, quelques bouteilles de liqueur font aussi partie des bagages… Un autre weekend phénoménal s’annonce. Et cette fois ci, il va faire grand soleil !

A cause des bouchons sur l’autoroute, nous arrivons plus tard que prévu sur le lieu de retrait des dossards, 10mn avant la fermeture. Plus stressant encore, je devais retirer la combinaison payée d’avance… Heureusement, les vendeurs de Head m’ont attendu. Nous achevons la soirée sur une pizza, en commentant mon achat certes un peu « aveugle »: n’aurais-je pas un peu trop chaud demain dans cette combi ? L’eau, comme pour Wióry, est au-dessus des normes saisonnières, avec 19°C.

Nous faisons connaissance avec les organisateurs, Kacper et Gabriella. Ensemble, ils animent et dirigent un groupe de course à pied sur Cracovie, Runonline.pl. Ils organisent aussi, et avec un certain succès, des compétitions, dont une par étape en montagne nommée Triada, qui a lieu une fois en été et en hiver. Kacper est un excellent coureur, cela se devine de suite à son gabarit sec et tonique. Il est l’ingénieur technique et sportif de la course. Gabriella, bavarde, dynamique, aussi très charmante, est sans nul doute la tête de proue du projet. Convaincre le maire de Solina, vaincre toute la bureaucratie locale, inscrire l’épreuve dans le circuit « merit race » du championnat ÖtillÖ… le volet marketing et organisationnel lui doit beaucoup.

« Eric, b…, t’est prêt ? On y va, on arrache ! ».

Le départ est prévu à six heures du matin, l’heure du lever de soleil, toutes distances confondues, ce qui donne un parfum d’ultra-running à l’évènement. Outre la distance marathon, il y a la distance sprint, sur 25km, et une distance « first steps » de 10km. Toutes en binôme. Les chasubles, très jolis, sont fait de motifs bleus et blanc; les bonnets jaunes fluo semblent faits comme pour être assortis aux combinaisons. Le compte à rebours a lieu dans la pelouse de l’Hôtel Skalny à Polanczyk, site de l’épreuve. Le départ est donné et nous dévalons la rue principale, qui mène au lac. L’excitation du départ donne lieu à de nombreuses manœuvres telles que dépassements, positionnements, mais toute cette débauche tactique semble soudain superflue lorsque l’entrée dans l’eau se dessine, et que chacun prend son temps.

Jacek, lui est déjà pressé, il a déjà arrangé bonnet, lunettes, sangles, paddles, et se jette dans l’eau sans préambule : « Eric, b…, t’est prêt ? On y va, on arrache ! ». Nous avions fait déjà un entrainement au lac de Mietków il y a quelques semaines, qui n’avait pas été entièrement satisfaisant, car la sangle me gênait beaucoup. Le scénario se répète… Nous avançons en « flux tendu », Jacek, en traction devant, exactement de la même manière dont je tractais Sam il y a une semaine. Dans la précipitation, sans doute aussi à cause du sommeil, je réalise soudain que j’ai tout bonnement oublié de placer le pullbuoy entre les jambes… L’eau de montagne, claire, est translucide, et je vois Jacek devant même sous la surface, ce qui est un avantage. Nous achevons ce premier kilomètre de nage dans le gros du peloton.

« des vapeurs magiques émanent de la surface, baignée dans le soleil levant »

La séquence de course qui s’ensuit est déjà la plus redoutée, c’est celle qui nous fait monter au point culminant, le petit sommet de Jawor, 741m, soit trois cent au-dessus du lac. Nous montons en trottinant, trouvant déjà qu’il fait chaud dans ces combis… La descente s’ensuit, par des sentiers rendus extrêmement boueux à cause de la pluie les jours précédents. Court en jambes, je n’ai jamais été très fort dans les descentes en course à pied. Jacek passe devant, refaisant régulièrement ses chaussures: il a choisi de vielles baskets « ironman » à fermeture velcro… Les 4 portions de nage suivantes sont toutes très courtes, très proches les unes des autres, séparées par des intervalles de course à pieds sur la « plage »: entendez par là la pente pierreuse laissée par le niveau du lac un peu bas. Nous sommes plus en aval dans la retenue d’eau, là où cette dernière reçoit l’apport de quelques rivières. L’eau est sensiblement plus froide, et des vapeurs magiques émanent de la surface, baignée dans le soleil levant. L’un des moments les plus magiques de l’épreuve.

Jacek et moi décidons de faire ces fragments non attachés, en restant proche. Je suis chaud, désormais dans mon rythme de croisière, j’envoie des bouillons dans l’eau avec mes paddles larges. Le pullbuoy est correctement calé, les carrés sur mes chaussures jouent parfaitement leur rôle, mes jambes flottent visiblement plus. La portance ce cette nouvelle combi semble aussi optimale. Je vais presque à l’allure de Jacek, doublant tous les concurrents partis juste avant nous. Mon coéquipier, qui semblait jusqu’à présent un peu exaspéré de ma lenteur en silence, commence à retrouver le sourire: « Ouah Eric ! T’as envoyé ! ». Cela me fait plaisir, même si Jacek a une fâcheuse tendance à ignorer la règle des 10m de séparation…

Une autre jolie portion de course, traversant village et pâturages, nous mène plus loin. Je commence à réaliser que le soleil tape, et qu’avec quatre ravitaillements sur toute la course, ce sera difficile. J’ai heureusement été prévoyant en prenant le départ avec une bouteille de trail vide, attachée à ma ceinture: je la remplis au buffet, et juste avant d’arriver aux nages suivantes, je l’ai presque bue en entier. Deux nouvelles petites portions arrivent: nous nageons vers une ile, « Wyspa Energetyk », et regagnons la berge principale. Il a beaucoup d’algues. Je termine la première en constatant que je me trainais un bouquet de trois mètres de long… Lors de la seconde, rebelote. Mais horreur et consternation en arrivant sur la berge: ma gourde a disparu ! T’inquiètes, dit Jacek, on arrive au prochain buffet…

Quelques collines franchies, et nous redescendons vers Polanczyk, où les touristes sont de plus en plus nombreux. Beaucoup nous encouragent, mais dans leur regard, nous lisons autant d’admiration que de points d’interrogation : « Dites-moi mon brave, c’est quel genre de course que vous faites ?! ». Nous regagnons le site de l’hôtel, point de la mi-course à 23km. Paweł et Dominik, qui ont fait la distance sprint, viennent juste d’arriver, et nous encouragent : « Eh ben les gars… encore une moitié comme ça… bon courage ! ». Du courage, il nous en faudra: cette seconde moitié comporte beaucoup moins de nage, et il commence à faire chaud. Ma combi longue me pèse un peu, et je commence à accuser le coup: Wióry la semaine dernière, je le sens encore dans les jambes, et mon rhume a un peu freiné ma récupération. A vrai dire, je ne suis pas inquiet sur mon tempo: je sais que je finirai l’épreuve. Je suis surtout inquiet pour l’eau. Il y a six kilomètres avant la prochaine portion de nage, 400m. Ensuite, et jusqu’au kilomètre de nage final, il y a presque un semi-marathon entier…

J’ai l’impression de courir comme un sapin de Noel

A l’issue de cette portion de course et des 400m dans l’eau, je décide que le moment est opportun pour me dévêtir le haut, je remets uniquement le chasuble. Mes manches pendent un peu, je fais un nœud. J’ai l’impression de courir comme un sapin de Noel. Mes forces baissent, je bois quelques gels. Toutes les montées, Jacek et moi les faisons désormais en marchant… Le buffet est là, et je bois jusqu’à satiété. Les 400m sont bienvenus pour me rafraichir un peu. La portion suivante fait presque 9km, essentiellement en descendant. Nous sommes en contrebas de la digue, en dessous de laquelle git un autre lac, étroit et tout petit, alimenté par les rejets d’eau du principal. L’eau de celui-ci est à 15°C, nous avions été avertis ! Beaucoup de binômes entrent avec précaution pour éviter un choc thermique. Je remets à la hâte le haut de la combi par-dessus le chasuble, et me jette dans l’eau avec Jacek. La fraicheur est une bonne motivation pour en finir vite ! Une fois de plus, la portion de nage est rapidement négociée, avec les félicitations de Jacek. S’ensuit une longue montée par des escaliers et sentiers abrupts, qui semble aussi jouer en notre faveur: les binômes dépassés sont distancés, et nous en rattrapons un nouveau: nous sommes désormais septièmes au classement général !

Les quelques équipes dépassées, comme irritées par notre opportunisme, semblent se regrouper comme pour s’entendre, et forment un peloton à notre poursuite. Le sentier parcourt une crête en dos d’ânes. Jacek les descend vite, ce qui m’oblige à forcer le tempo pour le rattraper. Cette portion est longue et usante. Les poursuivants semblent relégués de plus en plus loin. Nous constatons sur la droite que nous sommes à nouveau en surplomb du lac principal de Solina. Nous traversons une carrière de pierres, qui amorce la descente. Dernier ravitaillement. Je croyais que nous n’étions plus trop loin du lac, mais quelques kilomètres sur asphalte nous en séparent encore… le temps passe de plus en plus lentement. Jacek comme moi marchons désormais à chaque moindre ressaut. Nous parvenons néanmoins à rejoindre un nouveau binôme Suédois-Polonais avec qui nous bavardons brièvement.

Port-Solina arrive enfin, avec le kilomètre de nage final. Le vent contre souffle fort, il y a de la houle, cela ne va pas être facile. Je dois réenfiler ma combi, ce qui agace Jacek, qui vit visiblement la couse à fond. « Magne toi, ils arrivent tous ! ». En effet, les polono-suédois, et le binôme doublé dans la montée, ont anticipé la transition et sont déjà prêts à se jeter à l’eau… La bataille finale commence. De la bataille, à vrai dire, je n’en verrai pas grand-chose, à cause de la houle; c’est Jacek qui me la racontera par la suite, car il a eu le temps d’observer. Nous avons malheureusement été dépassés par ces deux équipes, mais en avons rattrapé une. Tout cela malgré les crampes qui ont soudainement tétanisé mes jambes à mi-parcours, au point que le bateau de police vienne à ma rencontre pour demander si tout allait. Arrivée sur la berge douloureuse, je suis incapable de courir. Jacek attache la sangle et me tracte. Nous trottinons toute la rue principale de Polanczyk qui nous ramène à l’arrivée. Sept heures trente de course ! Je n’ai pas vu le temps passer. Nous sommes septièmes au général, sixièmes dans la catégorie homme.

« Wióry et Solina actent la naissance du Swimrun en Pologne »

Paweł et Dominik nous attendent à l’arrivé, Kacper et Gabriella remettent les médailles et t-shirt finisher. Les médailles s’assemblent, tels des dominos, formant une poignée de mains qui s’entre-aident, idée originale. Le binôme qui arrive après nous n’est personne d’autre que Jędrek et son fidèle compère Rafał. Un peu avant nous, Marek et Dominka, Bartek, Joanna, tous ces gens qui ont testé l’édition zéro en 2016, cette grappe de passionnés, qui comme moi n’ont pas hésité à faire Wióry et Solina l’un après l’autre. La joie est lisible sur tous les visages, les photos de groupe s’enchainent. Plus qu’avoir fini une épreuve, le sentiment qui prédomine est d’avoir bâti quelque chose, d’avoir chacun posé une pierre à cet édifice inédit. Wióry et Solina actent la naissance du Swimrun en Pologne.

Le repas est offert, nous nous changeons, allons piquer un petit somme au bungalow, et revenons pour la cérémonie de remise des prix. S’ensuit une after-party, ou les bières, elles aussi offertes, s’accumulent aussi rapidement que les heures passées autour du lac de Solina. Les sujets de conversation ne manquent pas. La piste de danse est illuminée, mais curieusement peu de finishers dansent… Le lendemain matin, le déjeuner est lui aussi offert. A l’occasion, des photos de la course sont présentées par diaporama, ce sont celles présentes plus tard sur les réseaux sociaux. Je ne me souviens pas d’une épreuve proposant autant d’hospitalité aux compétiteurs. Nous terminons la journée par la visite du barrage, un lieu touristique, et une halte sur la route au centre historique de Tarnów.

Beaucoup d’épreuves sportives de masse, de manière générale, ont toujours lieu en Pologne. Il y a fort à parier que le swimrun suivra la tendance. Solina et Wióry auront lieu à nouveau, c’est une certitude, mais cette fois-ci a deux semaines d’intervalle (01/9/2018 et 15/09/218). Au moins une autre épreuve majeure viendra s’ajouter au printemps (28/5) à Stężyca, près de Gdańsk. Elle est déjà cochée sur mon calendrier! Sumin et Bydgoszcz, les deux épreuves en format mini qui ont eu lieu plus tôt, risquent de prendre du poil de la bête et présenter un parcours plus long et attrayant.

Ainsi se termine la « semaine swimrun », riche en émotions, enseignements, nouvelles connaissances et amitiés.  Rendez-vous en 2018 !

Eric Visentin

http://swimrunpoland.com/

Pologne nouvelle nation de Swimrun ?

Ma « carrière » de sportif a bel et bien débuté dans mon pays d’expatriation. En Pologne depuis une décennie, je pratique le VTT, la course à pieds et le triathlon depuis quelques années; j’ai ma « life » et mes potes désormais ici, dans le microcosme sportif de la ville de Wrocław. Ma rencontre avec le Swimrun se fit sur Youtube au hasard de déambulations, regardant des vidéos de triathlon, début 2016, et ou le fil conducteur me mena par hasard a un swimrun Xterra du Danemark….

« Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?! »

Je « googlais » aussitôt et en appris davantage, tout en visionnant de nouvelles vidéos de swimruns, en Scandinavie et ailleurs…Le concept m’avait tapé dans l’œil. Je mis la main aussi sur ce qui était à l’époque le calendrier international, encore restreint, de ce type d’épreuve. Pologne ? Néant. France ? Quasi néant. Le plus proche ? Rheinsberg, au Nord de Berlin. Curiosité aidant, et cherchant un bon plan pour un long weekend de Juillet avec ma femme et mon fils, c’est ainsi que je pris part à mon premier swimrun l’an passé, sur distance sprint, de manière un peu « anticipée sur mon temps ». L’épreuve me plut énormément.

Cherchant toujours sue internet de manière de plus en plus ciblée, je découvrais que malgré la méconnaissance totale de ce sport en Pologne, un petit groupe de personnes y avait déjà participé comme moi, à l’étranger. Un groupe Facebook vit le jour, « Swimrun Polska« . Fin 2016, j’eus le privilège d’apprendre qu’un swimrun Polonais était en préparation à Solina, et que j’étais invité à une « édition zéro », expérimentale. A laquelle, hélas, je ne pus prendre part, ne l’apprenant que sur le tard, et aussi la distance…

2017 marqua la vraie éclosion de ce sport en Pologne, avec non moins de 4 épreuves, deux petites a Sumin et Bydgoszcz, et deux sur longue distance, à Wióry dans les monts Świętokrzyskie, l’autre étant l’épreuve reine promise à Solina. Ayant avant même sa première édition, acquis le statut de  » ÖtillÖ merit race », c’est à dire course qualificative pour le championnat près de Stockholm !

Malheureusement, pour des aléas calendaires malchanceux (saison de la pêche à Wióry au printemps), il s’avéra que ces deux épreuves avaient lieu presque au même moment, à 6 jours d’intervalle. Je me dis au départ que je ne pourrais tout faire à la fois et que puisqu’il faudrait choisir, ce serait Solina, car j’en rêvais, et qu’un coéquipier était déjà trouvé.  Je changeai mes plans lorsque Jędrek, organisateur du « Goswimrun » à Wióry et l’un des swimrunners Polonais les plus expérimentés (Rockman, Hvar, 1000 lakes) me proposa une invitation gratuite.

Deux swimruns sur longue distance à six jours d’intervalle… Cela sentait le défi, mais j’aime les défis ! Je me mis à la recherche d’un partenaire pour Wióry, et je le trouvai en la personne de Sam, un Belge francophone habitant à Nysa et pratiquant lui aussi le triathlon, rencontré il y a deux ans au hasard d’une course; on a depuis gardé contact et nous voyons régulièrement lors d’épreuves diverses. Ayant des niveaux similaires en course et nage, l’occasion était trop belle pour ne pas représenter la francophonie au premier swimrun Polonais, et mettre notre amitié à la rude épreuve de ce sport exigeant, et a vrai dire inconnu.

Jędrek, qui a été par le passé présentateur télé, désormais auteur d’un blog « Od grubasa do ultrasa » (« D’obese à ultra »), plusieurs triathlons extrêmes et courses trail à son actif, est un personnage haut en couleur et charismatique, qui fait connaissance avec tout le monde. Comme le monde est petit, il a fait connaissance avec le président de notre club de triathlon, le « Triathlon Mietków Team » (TMT), lui a parlé de son projet, et l’a convaincu de participer. Chose que j’avais moi-même tenté moi en vain auparavant : « Quoi ? Swimrun ? Kezako ? Tu sais, je ne suis pas fan des courses d’obstacles, survival races et tous ces trucs…  » Mieux encore il entraina dans son sillage, une dizaine d’autres participants de TMT ! Le ton était donné.

Ainsi, voilà Tomasz, Wojtek, Ernest, Marcin, Andrzej, Tomek, Dagmara, Alicia, Sam et moi sur la route de Wióry le Samedi 2 Septembre. Wióry est un lac artificiel dans la région des « Monts Świętokrzyskie », région vallonnée faites de montagnes anciennes et peu élevées, et très rurale. Kielce, ville d’origine de Jędrek, est la plus proche agglomération.

Il a fait très chaud durant tout le mois d’Aout, et jusqu’à Vendredi il y avait canicule. Ce samedi, le ciel est bas, un vent frisquet souffle. Nous arrivons au site de l’épreuve, une rive herbeuse du lac à proximité de la digue; tentes et bannières bariolées sont sans ambiguïté, une épreuve outdoor a bien lieu ici ! Sam et moi retrouvons le reste de la troupe, et retirons notre paquet d’inscription, qui contient bonnet, badge électronique, et divers gadgets et pubs.

« Malgré tout, Sam et moi décidons de prendre le départ en simple tenue de triathlon »

Lors du briefing, nous apprenons une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que grâce à la canicule des jours précédents, l’eau est à 20’C, un niveau bien au-dessus des prévisions. La mauvaise, c’est qu’il va pleuvoir tout le Dimanche… Qu’importe, après tout le swimrun c’est fait pour être mouillé ! Nous faisons connaissances avec d’autres participants étrangers venus du « Varsovie International Triathlon Club », le WITC, respectivement un Allemand, une Danoise, un Japonais et un Russe.

Il y a un stand de location/achat de combis Dare2Tri. Je ne suis pas certain de vouloir en acheter une, n’ayant pas l’intention du moins à court terme de participer à des épreuves nordiques. 20’C, c’est pas la mort. J’ai pris une vieille combi courte de windsurfing, au cas où. Malgré tout, Sam et moi décidons de prendre le départ en simple tenue de triathlon. Avec un haut à manches longues en plus pour moi. Pied de nez amusant face à tous les Polonais de TMT qui, craintifs, ont tous choisi de louer ! Ou, comme Tomasz, raccourci une combi de nage usagée. Ce dernier a également enfilé des chaussettes de foot avec des mousses d’isolation pour tuyauterie. Le swimrun, c’est aussi les joies du bricolage en partant dans l’inconnu…

La soirée, dans un gite agrotouristique à proximité, est très festive et animée, comme on peut l’imaginer, regorgeant d’anecdotes sur le passé, mais aussi celles qui seront sans nul doute à venir dès le lendemain !

A 8h, le départ est donné, toutes distances confondues: il y a trois catégories: longues distance (33km dont 5.5 en nage sur 10 segments), une distance sprint d’environ la moitié; cette dernière est déclinée soit en binôme soit en solo, pour la découverte. Deux de nos équipes partent sur le mini, dont la féminine. Les bonnets sont respectivement jaunes, oranges et blancs. Les chasubles arborent le logo de Goswimrun sur fond orange.

Cette foule hétéroclite, première de la sorte en Pologne, dévale la route sous les acclamations, avant de se séparer déjà, suivant la distance, dans deux directions distinctes. Nous, les longues distances, nous dirigeons vers une colline ou le plus haut point de la course se situe déjà. Tous se plaignent déjà d’étouffer de chaleur dans la combi… Excepté Sam et moi…

La descente arrive, et apparaît le lac. Moment fatidique ! Tout le monde prend le temps d’entrer dans l’eau, non sans quelques appréhensions. Il y a un kilomètre entier devant. Mais les sensations sont bonnes, l’eau est tiède. Sam et moi commençons à nager, encordés, mais mon binôme, qui teste pour la première fois la nage en chaussures et plaquettes, rencontre quelques difficultés; je suis visiblement plus à l’aise que lui, et j’assure la navigation devant. Le drapeau blanc rive opposée arrive enfin ; cet épisode de nage a clairement joué en notre défaveur, beaucoup d’équipes nous sont passées devant, mais nous nous refaisons en course à pied. Autre désarroi, je constate que les poches dans mon dos ne sont pas le meilleur endroit pour stocker mes gels, qui se sont éparpillés partout dans ma tenue…

La course à pied de ce Goswimrun est hardcore. Non seulement vallonnée, elle nous fait passer dans des endroits boueux, broussailleux, rocailleux, au milieu des roseaux… fort heureusement le balisage est irréprochable. Nous en profitons pour parler un peu de la nage; Sam me dit que la sangle l’a un peu gêné. Lors des trois sections de nage suivantes, relativement courtes, nous décidons de ne pas nous attacher, en restant à la distance règlementaire. Sam me parait crispé, je lui dis d’allonger le mouvement; visiblement, ce n’est pas son style de crawl; nager en puissance avec les plaquettes ne semble pas à son avantage.

La course à pied, qui nous fait traverser des champs, des haies, des ressauts impromptus, nous mène à l’extrémité Sud-Est du lac. Il y a là, lors du cinquième fragment de nage, un nouveau kilomètre à franchir. L’eau est plus froide, car nous sommes à l’embouchure de l’une des deux rivières qui alimentent le lac. Nous démarrons correctement, mais je sens Sam à la peine vers la mi-distance. Encordés, je passe devant, et essaie de faire traction. A la sortie du lac, je commençais à me dire que l’eau n’était quand même pas si chaude, et qu’en y sortant, sous la pluie, on a carrément froid. Sam me dit la même chose et nous commençons vite à courir pour nous réchauffer.

« You don’t look very OK, you know… »

Hélas, la sixième nage arrive rapidement; elle est moins longue mais pas courte non plus, avec 400m. Nouvel épisode laborieux. Nous sortons de l’eau un peu plus transis que le précédent. Horreur, la septième nage arrive immédiatement après, sans que nous ayons eu suffisamment de temps pour réchauffer le moteur… Episode sans aucun doute le plus difficile, et ou la solidarité du binôme en swimrun prend toute sa dimension. Sam ressort de l’eau complètement transi, grelottant. J’ai moi aussi un peu souffert du froid, mais pas autant que lui.

Le bénévole aiguillant les participants jette un œil désapprobateur : « You don’t look very OK, you know… » Il n’y a de toute manière pas grand-chose d’autre à faire : « Cours, Sam, cours, fais quelque chose, ne reste pas sans bouger ! » Nous repartons sur un trot saccadé, Sam ne dit aucun mot, la parole sans doute aussi tétanisée que les jambes.

Heureusement, la portion de course suivante est longue, ce qui nous permet de retrouver des couleurs. Sam me dit qu’il ne va pas renoncer. Je lui propose d’enfiler mon haut à manches longues, ce qu’il refuse. De vrais guerriers ces Belges ! Cette portion de course est en boucle, et nous croisons en sens opposé ceux qui sont après nous, dont Tomek et Ernest, qui se sont égarés une fois et perdu un peu de temps.

La neuvième nage est anecdotique, mais la toute dernière était redoutée, car elle alignait un nouveau kilomètre. « Tu vas y arriver Sam ? » « C’est la fin, je vais pas me dégonfler maintenant ! ». Le temps ne passe pas vite mais la sortie de l’eau rêvée arrive enfin. Plus proche de la retenue, heureusement, l’eau était moins froide. Nous courons les derniers kilomètres et rallions la ligne d’arrivée, sous les acclamations des supporters, et participants de la distance sprint, déjà chaudement rhabillés.

Sam et moi sommes dixièmes sur 13, ce n’est pas forcément un résultat de rêve, mais la satisfaction est là au vu des difficultés rencontrées. Tous sont stupéfaits de notre tour de force d’avoir fait la distance longue sans combi… Tomasz, qui a fini troisième avec Wojtek (très fort duo, chacun 10h sur IM !), me chambre un peu « Eric, alors, tu vas faire Solina la semaine prochaine aussi sans combi ? » La question est pertinente, car « Swimrun Poland », qui a lieu dans six jours, est dans une région encore davantage montagneuse…

Ainsi se termine Goswimrun, sur la cérémonie de clôture, fort sympathique. Avec les prix sont également distribués des bières locales, ainsi que des bouteilles d’un vignoble à proximité, chose suffisamment rare en Pologne pour être soulignée. De l’avis de tous, Jędrek a fait du travail de pro. Seule la météo n’a pas voulu !

Les jours suivants, la fatigue se fait sentir, plus pesante que le reste du Dimanche. Inquiétude: je suis légèrement enroué, et la gorge pique. Rien de méchant pour l’instant, mais restons prudent. Aucun entrainement jusqu’au prochain swimrun, aucune prise de risque. Je profite de ces quelques jours pour méditer sur la question de la combi, qui sera indispensable.

Eric Visentin

crédit photo : Piotr Dymus / Eric Visentin

La suite de l’aventure polonaise continue pour Eric avec le Swimrun de Solina une semaine après (récit à venir)

http://www.goswimrun.pl/

Julien Valette, une vie de swimrunner à cent à l’heure

Témoignage de Julien Valette sur cette année 2017 de tous les superlatifs : organisateur d’une des plus grandes épreuves de Swimrun hexagonal, compétiteur aux championnats du monde de L’ÖtillÖ, acteur du circuit Swimrun National Tour, tout jeune papa et encore …étudiant, il répond à nos questions dans cette interview.

Swimrun France :  Bonjour Julien, tu as eu une saison 2017 bien remplie avec en tant qu’organisateur de la seconde édition du Swimrun Sang Pour Sang Vassivière le 18 juin 2017 et aussi ta participation au Championnats du monde de Swimrun à Stockholm (Suède) : l’ÖtillÖ avec Pierre André Anizan. Peux-tu revenir pour nous sur cette aventure suédoise ?

Julien Valette : Bonjour Akuna, je sors en effet d’une saison de swimrun bien remplie mais que demander de mieux que de s’épanouir dans un sport aussi riche ?!

Revenir sur l’ÖtillÖ, c’est revenir en janvier dernier ! Avec Pierre-André nous nous fixions comme objectif d’intégrer la finale ÖtillÖ en 2017 ou 2018. Etant tous deux étudiants nos budgets sont très limités, il nous faudra donc viser la bonne course qualificative si nous souhaitons être de la partie en septembre. Pierre-André a beaucoup de chance dans tous les jeux auxquels il participe sur les réseaux sociaux (tu sais le genre de jeu où il faut partager une publication et parmi les 2000 personnes qui partagent il y en a une qui gagne … et bien souvent c’est PA qui gagne !). Nous réfléchissons donc à nous engager sur Engadin et nous inscrivons à la loterie ÖtillÖ … sur un malentendu ça peut passer !

Le 26 janvier 2017 nous sommes tirés au sort pour participer à ÖtillÖ, s’en suivra une aventure unique et incroyable ! Le récit de notre course est à retrouver sur notre page Facebook (https://www.facebook.com/teamswimrunSPSS/).

SRF : Il y avait sans doute aussi beaucoup de personnalités présentes à l’ÖtillÖ, notamment des organisateurs, as-tu pu échanger avec quelques-unes à ce sujet ?

JV : Sur ÖtillÖ j’ai finalement rencontré beaucoup plus de français que d’étrangers (cela a peut-être un rapport avec mon aisance limité à l’oral en anglais). Je discute finalement beaucoup plus avec les organisateurs étrangers par mails interposés que de vive voix !

SRF : Concernant le Swimrun de Vassivière, peux-tu nous rappeler les chiffres marquant de l’année 2017 par rapport à l’année 2016 ?

JV : Bien entendu, 373, c’est le nombre de binôme que nous avons accueilli l’année dernière, nous avons ainsi plus que doublé le nombre d’inscrit par rapport à 2016.

16 et 68, ce sont les âges extrêmes des participants au SRV en 2017. 1000, c’est le nombre de personnes présent sur le site de l’évènement en comptant les familles et amis des athlètes.

4651, C’est en euros le bénéfice du SRV et donc la valeur du don à l’association Sang Pour Sang Sport.

38 906, le budget en euros du SRV 2017

1000, c’est le nombre d’heure que j’ai passé sur le projet avec ma femme Ophélie, il faut facilement en ajouter 400 de plus réalisées par l’équipe des bénévoles pour se rendre compte de l’investissement que représente l’organisation d’un swimrun en France.

SRF : Les inscriptions pour l’édition 2018 viennent tout juste de s’ouvrir mi-octobre, quelles sont tes ambitions pour la troisième édition ?

JV : Je vois que tu as travaillé le sujet 😉 Nos ambitions reprennent en effet ces 3 topics :

Nouveauté : il y aura cette année des courses pour les jeunes athlètes nés en 2006 et avant. Augmentation du nombre de participant : nous souhaiterions cette année passer la barre des 1000 participants. Invitation de VIP : les meilleurs français seront conviés à notre épreuve. Les team « BBrocket », « Brad Shark », et « Smart athlète Zone3 » ont déjà répondu positivement à notre invitation !

SRF : Je rappelle que ton épreuve fait partie du swimrun national tour pour la seconde année (circuit regroupant plusieurs courses emblématiques de leur région), quelles sont les nouveautés sur le circuit en 2018 ?

JV : Beaucoup de nouveautés sur le SNT en 2018 à commencer par l’intégration de nouvelles épreuves ! Nous nous rapprochons du style de format que nous souhaitions proposé au lancement du projet, la mise en place du circuit se passe bien mais prend un petit peu de temps, nous espérons être pleinement opérationnel dans les mois à venir.

SRF : La FF tri commence à communiquer sur sa stratégie à moyen terme pour le swimrun (réunion de tous les organisateurs prévue début novembre). Que peut apporter d’après toi et surtout que doit apporter une fédération pour les organisateurs de swimrun en France ?

JV : On peut tout d’abord souligner les efforts que fait la fédération française de triathlon pour venir à la rencontre des organisateurs et des swimrunner. Je suis par ailleurs très heureux d’avoir été convié pour une réunion à Paris avec l’ensemble des organisateurs de swimrun.

Pour moi, mais cela reste un avis personnel, une fédération doit permettre le développement du sport dont elle a la délégation. Cela passe à minima par une aide aux organisateurs qui en ont besoin, aide qui peut être logistique, organisationnelle, pécuniaire … Un excellent exemple s’est déroulé dans le nord dans le cas de l’organisation de l’Authieman où la fédération est venue appuyer le dossier de Jean-Marc Lamblin auprès des autorités locales.

Ce que je comprends moins, ce sont les sommes demandées pour obtenir une licence organisateur, le droit d’organiser une épreuve, les pass compétition à un prix, à mon avis, exorbitant (cela devrait être prochainement revu et harmoniser sur le plan national). En effet à quoi servent par exemple les assurances permettant de rembourser les athlètes en cas de casse matériel dans le parc à vélo en swimrun ?

Organiser un swimrun coûte extrêmement cher et prend énormément de temps, quand dans mes comptes j’inscris une ligne de coût il faut qu’il y ait une vrai plus-value pour mon épreuve, je ne l’ai pour l’instant pas trouvée avec la FF tri. Peut-être la réunion du mois prochain me fera-t-elle changer d’avis ?

SRF : Revenons sur Vassivière, tous les participants ont loué le site unique du lac de Vassivière pour faire du swimrun, mais aussi beaucoup d’entre eux ne connaissaient pas cet endroit touristique du Limousin. Le swimrun est-il un facteur intéressant pour faire la promotion d’un territoire ?

JV : J’en suis en tout cas intimement convaincu ! Lorsque l’on parle avec les athlètes et qu’ils nous disent qu’ils reviendront surement en stage de triathlon, ou en famille le temps d’un weekend, on se dit forcément qu’on participe au développement touristique du territoire. Mais si le swimrun fait la promotion du lac, il ne faut pas oublier qu’au départ c’est surtout grâce au lac et à ses acteurs locaux (Syndicat Mixte du lac de Vassivière et office de tourisme du lac de Vassivière) que le swimrun Vassivière existe et prospère !

SRF : Sang pour sang Sport Vassivière, que signifie ce « sang pour sang », c’est un appel viril de Sylvester Stallone, une promotion au don de sang ?

JV : Haha alors non pour Stallone, et si l’association n’a pas été créé pour la promotion du don de sang elle en fait tous de même la publicité par son nom et c’est tant mieux !

Pour revenir sur l’association « Sang Pour Sang Sport » elle a été créée en 2008, elle a pour but l’organisation d’évènements sportifs avec un double objectif : sensibiliser le monde du sport sur la maladie du lymphome (cancer du système lymphatique) et récolter des fonds par l’organisation d’évènement sportif afin de venir en aide aux patients atteints.  En effet chaque année près de 200 000 personnes meurent d’un lymphome dans le monde. Le lymphome est le 6ème cancer le plus répandu en France et touche toutes les tranches d’âge de la population

SRF : Julien, tu es un jeune organisateur avec une grande épreuve de swimrun déjà, quel conseil donnerais-tu à un organisateur qui voudrait se lancer dans l’aventure swimrun ?

JV : Lors de l’organisation de votre événement vous allez passer par beaucoup d’état différents, excitation, dégout, fatigue, émerveillement ! Les maîtres mots sont motivation, détermination et passion pour ce sport ! (Je te remets en fichier joint le petit guide que j’avais fait, [ndlr ci dessous cliquer sur l’image pour y accéder]).

La communauté des organisateurs est pour le moment assez restreinte en France et on communique pas mal entre nous pour se refiler les bons tuyaux ! J’arrive à être en relation avec un certain nombre d’organisateurs avant leur première épreuve, nous éprouvons à peu près tous les mêmes difficultés. Toutefois quelle récompense le jour de notre manifestation de voir tous ces sourires sur les visages des swimrunners !

SRF : Merci Julien

Les inscriptions pour le swimrun de Vassivière 2018 sont ouvertes depuis mi octobre. N’attendez pas trop pour vous inscrire au vu du succès de l’édition 2017.

https://www.swimrun-sangpoursangsport.com/

https://www.facebook.com/teamswimrunSPSS/

(Interview réalisée entre le 19 et 23 octobre 2017)

Les Gravity Races, à la découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents

Swimrun France : Bonjour Marie, Raphael, on a dépassé la mi-saison sportive pour la discipline qui nous anime, vous n’avez pas chômé avec déjà les deux tiers de vos évènements réalisés. Pouvez-vous nous éclairer sur les épreuves 2017 réalisées déjà ?

Marie Croisille : Nous avons proposé deux Swimruns supplémentaires en 2017, une Gravity Race au Lac du Salagou et une Gravi’Découverte en Ile-de-France. Quasiment 900 coureurs ont été présents sur ces deux courses, ce qui est très satisfaisant pour de nouvelles épreuves !

Raphael Rieumal : L’enthousiasme et le retour des coureurs sont très gratifiant pour le travail de toute l’équipe bénévole. L’étape au Lac du Salagou sera reconduite en 2018 mais celle d’Ile-de-France est encore incertaine pour des questions financières : malheureusement la location de la base de loisirs de Jablines-Annet est très couteuse pour notre petite association (8000 euros). Nous espérons que les autorités publiques soutiendront le projet …

SRF : Vos swimruns en lac sont très différents les uns des autres (lac alpin, en région parisienne, le Salagou dans le sud), cette diversité est elle bien acceptée par les athlètes ?

MC : La découverte d’espace naturelle différent est la ligne directrice de la Gravity Race et est certainement la (notre) philosophie du Swimrun. Avant de proposer une épreuve sportive, les Gravity ce sont des découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents. Heureusement notre choix de proposer des Gravity très diversifiées est acceptée 🙂

RR : Au delà de la découverte d’environnement naturel, nous souhaitons aussi proposer d’un point de vue sportif, des niveaux de courses différents et surtout rendre accessible à TOUS la pratique du SwimRun.

SRF : Vous êtes le 1er circuit français (création en 2016) de swimrun, avez-vous vu une évolution dans le niveau, le nombre, le profil des swimrunners ?

RR : Le swimrun étant en pleine croissance, son public évolue forcément … Sur la Gravi’Découverte d’IDF nous avons vraiment ressenti cette évolution : le niveau était très élevé, l’approche et l’ambiance de la pratique très différente que sur les Gravity Race (l’IDF était une Gravi’Découverte = événement pour démocratiser le swimrun). La Gravity race du Salagou était quant à elle dans la continuité de celle d’Annecy sur le plan sportif et humain.

SRF : Le swimrun commence à être plus connu des institutions, notamment avec la délégation de ce sport à la FFTri en début d’année, avez-vous constaté moins de difficultés pour déposer un dossier à la préfecture, ou pour négocier avec les différents acteurs économiques, administratifs ?

MC : Il est vrai que de plus en plus d’acteurs publics et économiques entendent parler du swimrun, ce qui est positif pour le rayonnement de notre pratique sportive. Cette période de transition avec la délégation peut compliquer au contraire nos relations avec les préfectures …

RR : L’enjeu dans les mois à venir sera de trouver un juste milieu entre la préservation des valeurs du swimrun et la création de règles de sécurité fédérales propres au SwimRun (devant être respecter par tout organisateur).

SRF : De nombreux swimrunners se plaignent des prix pratiqués sur les courses en France et à l’étranger, que leur répondez vous en général ? (coût sécurité, ex à donner)

MC : Nous essayons de déterminer le prix le plus juste pour chaque Gravity afin d’au moins faire la balance sur chaque événement. Etant une association notre but premier est de proposer une expérience inoubliable aux swimrunners et de mettre en avant un patrimoine culturel et naturel. Si nous dégageons des bénéfices, ces derniers sont réinjectés dans l’organisation d’autres Gravity 🙂

RR : La sécurité explique en majorité le tarif de certains swimruns. Pour les Gravity nous avons voulu des cadeaux finishers très qualitatifs (Tee-shirt Compressport), ce qui a un coût … Il ne faut pas croire que les partenaires d’une course offrent tout ce que l’on peut voir sur l’événement. La difficulté de la course rentre également en compte car elle fera varier le temps de course, le nombre de secours, les ravitaillements, etc. Ce qui est compliqué aujourd’hui c’est que toutes les organisations n’ont pas les mêmes moyens humains, financiers et logistiques (et n’ont pas les mêmes intérêts et buts) ; il est donc très complexe de comparer le prix de telle ou telle course.

SRF : Ce sera la seconde édition de la gravity race Annecy le 14 octobre prochain, il y aura-t-il des nouveautés par rapport à 2016 ? 

MC : Nous essaierons toujours d’apporter quelques modifications à toutes les Gravity d’année en année. Pour nous c’est un gage de prise en considération des retours des coureurs et de qualité pour le label. Pour le 14 octobre à Annecy, nous avons rajouté des sections natation et modifié certaines zones de Trail 🙂

Petite nouveauté aussi, le « Challenge Natation 1,7 » (certains s’en rappelle je pense…). La dernière natation d’1,7km a été très difficile pour pas mal de Swimrunners, nous avons donc décidé d’en faire un challenge et d’intégrer une partie chronométrée sur cette portion : Les meilleurs nageurs seront ainsi récompensés !

RR : La structuration de nos villages d’arrivée sera vraiment différente à partir d’Annecy : nous souhaitons proposer de véritables villages culturelles, type « sieste musicale », jeunes artistes émergents toute la journée, live painting, activités familiales (initiation à l’escalade, volley, pétanques, food-truck, etc). Venant du secteur culturel, cette nouveauté me tenait à coeur pour essayer de créer un renouveau sur les villages « sportifs » … Nous espérons que cela plaira, dans tous les cas vous êtes tous les bienvenus que ce soit en tant que coureur ou bon vivant sur le village Gravity !

SRF : La saison 2018 se profile déjà, et je suppose que vous avez plein de projets, pourriez vous nous dire si la gravity race fera encore des petits ?

MC & RR : Nous doublons notre quantité de travail pour 2018, nous essaierons de pérenniser Salagou et Annecy et de rajouter d’autres destinations (pas forcement en France). Le projet est aussi d’élargir le label Gravity mais je n’en dirai pas plus, les annonces officielles se feront très rapidement. Dans tous les cas la Gravity restera synonyme de partage, dépassement, patrimoine, découverte et de fun pour 2018 🙂

SRF : Et vous en tant que swimrunner quelles courses vous font rêver ?

MC : J’aimerais franchement essayer chaque course qui existe en Europe ! Certaine sont dans des lieux fabuleux, d’autres avec une ambiance différente, je pense que chaque SwimRun est bon à faire (et fait rêver) !

RR : Ahah beaucoup, mais le temps et le budget nous manque 😉 Nous aimerions vraiment prendre part au swimrun organisée par Marina Ivanova en Russie (Lake to Lake) et un autre dans le sud de l’Europe (course non définie pour l’instant).

SRF : Merci à tous deux

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