BinômeInterview

La Team Ralite, Swimrunners, athlètes et kinés de Père en Fils

C’est un air de famille dont l’histoire s’écrit au fil de l’eau et dans les sillons de la terre à travers les multiples championnats du monde de swimrun, de natation ou de triathlon. Michel et Tom sont père et fils, réunis par leur amour du sport et leurs métiers, ils ont décidé d’unir leurs forces en Suède pour les prochains mondiaux dans l’archipel de Stockholm. À quelques mois de l’événement, Swimrun France leur consacre un portrait.

A] 📍Swimrun France: Bonjour Tom et Michel, pourriez-vous vous présenter brièvement ? Parlez-nous de vos professions, de vos pratiques sportives et de votre situation familiale.

Michel Ralite : Je suis Michel, le papa de Tom, j’ai un autre fils Théo. Je pratique le triathlon essentiellement mais je suis le swimrun depuis 2013/2014. Je suis kinésithérapeute tout comme mon fils Tom avec qui je partage cette fabuleuse aventure.

Tom Ralite  : Tom, 33 ans, père de deux enfants Lune 5 ans et Nils 4 mois. Masseur-Kinésithérapeute depuis 2015. Je suis nageur de formation et je pratique le swimrun depuis 2014, j’ai commencé en mixte avec ma compagne Elfie (Team Belove).

B] 📍SRF : Comment avez-vous découvert le swimrun et qu’est-ce qui vous a séduits dans cette discipline exigeante ?

MR : J’ai découvert ce concept en 2013 en surfant sur le web. Cela m’a de suite interpellé et j’ai vu que le format avait été exporté en suisse (Engadin) en 2014. J’ai de suite « vendu » le projet à mon club (Triathlon Sannois Franconville) pour l’année suivante (2015) où nous étions 13 ou 14 binômes me semble-t-il. 2 abandons mais 1 qualification pour l’otillo WC en mixte pour Tom et Elfie Arnaud. Je trouve juste le concept exigeant mais excitant en même temps.

TR : Mon père m’a parlé une course en Suisse, l’Engadin Swimrun Otillo World Série. Le concept du swimrun m’a tout de suite séduit, courir en équipe de deux en pleine nature. Avoir le choix de son équipement, etc… c’est vraiment fun. Ma partenaire était toute trouvé Elfie Arnaud ancienne pentathlète de Haut Niveau était à l’école de Kiné avec moi je lui ai directement proposé qu’on court ensemble. Seul petit détails je ne savais pas vraiment courir et j’avais arrêté ma “carrière” de nageur il y a déjà 2 ou 3 ans pour profiter des soirées étudiantes 😅. Il a fallu s’y remettre sérieusement pour préparer l’Engadin avec Elfie.

C] 📍SRF : Un binôme père-fils est plutôt rare dans le monde du swimrun, et encore plus aux championnats du monde. Quelle est la genèse de cette association atypique ? Comment abordez-vous mentalement une épreuve aussi exigeante que l’ÖtillÖ ?

MR : Cela a toujours été un rêve que de partager un championnat du monde avec son fils. Nous en avions rêvé en triathlon pour Hawaï 2017 mais seul Tom a décroché le slot. Pour le SR , c’est grâce aux performances de Tom que nous pourrons nous aligner sur la ligne de départ à Sandhamn et espérons pouvoir franchir la FinishLine à Utö. 🤞
Nous nous préparons chacun de notre côté car nous habitons à 800 kms l’un de l’autre, mais nous prévoyons de nous retrouver 4/5 fois d’ici le départ de l’épreuve, notamment à Tamega début juin pour une course préparatrice.

TR : L’occasion de courir avec son père est rare, il faut déjà que le père et le fils soient sportif et pratique la même discipline. Participer en équipe à un Championnat du Monde c’est une opportunité rarissime qui ne se reproduira peut être jamais. J’avais déjà en tête de me qualifier en slot direct a Gothenburg en 2023 car je savais que mon partenaire Thomas Guerry ne pouvait pas faire Otillo en 2023. J’en avais donc déjà parlé à mon père mais entre temps Matthieu Poulain mon binôme des championnats du monde 2023 m’a contacté pour tenter une performance ensemble.
Mais comme j’ai fait énormément de course l’an dernier et que j’ai réussi à marquer beaucoup de point je me suis dis que ça passerait pour la qualification 2024 cette fois ci avec mon père.

D] 📍SRF : En tant que sportifs aguerris, comment envisagez-vous de préparer ces championnats du monde ? Aurez-vous des entraînements communs ou séparés ? Quels sont les défis spécifiques au swimrun auxquels vous devez vous préparer, comme la connaissance du parcours ou les conditions climatiques rigoureuses ?

MR : Je m’en remets essentiellement à l’expérience du fiston même si j’ai déjà participé deux fois à l’Engadin. Question parcours, équipement et stratégie de course, le fiston sera « aux manettes »…😎

TR : On aura normalement 2 week-end d’entraînement ensemble minimum et une course de préparation le Tâmega Swimrun au Portugal. Course magnifique, exigeante que j’ai hâte de faire découvrir à mon père. Ce sera ma 4eme participation à Otillo après 2015/2016 en mixte et 2023 avec Matthieu. L’an dernier j’ai vraiment étudier le parcours et reconnu les portions les plus importantes avec Matthieu, j’ai donc, je pense, une bonne connaissance du parcours et je guiderais au mieux mon père d’île en île.
Notre stratégie sera de passer le moins de temps possible dans l’eau car mon père craint le froid et à déjà eu quelques mauvaises expérience avec le sujet. Je ne crains normalement pas trop le froid mais cependant je ne vais pas forcément me réchauffer en courant car le rythme sera moins soutenu que l’an dernier donc il faudra que moi aussi je sois très vigilant si l’eau est froide ce qui est souvent le cas. On a donc prévu de s’entraîner vraiment sérieusement pour nager vite.
L’autre stratégie c’est de ne surtout pas être encordé sur les parties rocheuses pour ne pas se faire tomber. J’aurais les lunettes de vue de mon père dans ma combinaison, je lui donnerai à chaque sortie d’eau et je récupérerai la longe. Notre plus grand défi sera de ne pas se blesser sur les rochers car c’est déjà compliqué lorsqu’on y voit bien mais alors à 62 ans avec une vue qui baisse plus la fatigue de la course c’est un sacré challenge !

E] 📍SRF : Le swimrun est réputé pour être une épreuve qui peut soit renforcer, soit distendre les liens entre les coéquipiers, en fonction du déroulement de la course. Envisagez-vous cette expérience comme un risque de tensions ou comme une opportunité de resserrer vos liens familiaux ? Avez-vous des objectifs de performance précis ?

MR : L’idée est bien entendu de profiter au maximum de cette opportunité pour renforcer les liens père/fils. Nous n’avons aucun objectif de classement (je serai probablement le doyen de l’épreuve) si ce n’est que de finir cette épreuve.

TR : Aucun objectif de performance si ce n’est de finir. C’est à mon sens déjà une énorme performance. Je ne pense pas que cette épreuve et se défi puisse créer de la tension entre nous au contraire. Je n’ai aucune attente particulière de mon côté si ce n’est l’espoir de franchir cette finish line avec mon père. Évidemment si ce n’est pas le cas on sera tous les deux déçu mais pas fâché. Je pense que mon père a encore les capacités de finir une telle course, il est très endurant et à beaucoup d’expérience dans la longue distance. Ce qui est compliqué à Otillo c’est qu’on ne maîtrise jamais parfaitement toute la course contrairement à un Ironman par exemple. Les risques d’abandon pour chutes, hypothermie, hypoglycémie, hyperthermie sont 10 et même 100 fois plus important que sur n’importe quel triathlon longue distance…

F] 📍SRF : En termes de spécialités, qui est le plus à l’aise dans l’eau et qui excelle davantage sur les portions de course à pied ?

MR : Dans les deux disciplines, mon niveau est nettement inférieur à celui de mon fils mais nous serons « longés » uniquement en natation, en cap… il m’attendra!🤷‍♂️😎

TR : J’ai 30 ans de moins donc je vais un peu plus vite mais il a plus d’expérience dans la longue distance. J’ai par contre plus d’expérience dans le swimrun. Je vais nager très fort pour aider au maximum dans l’eau. Sur les cailloux en cap se sera le rythme de mon père et je serais uniquement la pour le guider et surtout lui donner un maximum d’information sur le parcours. Sur les 3 îles très roulante je pense qu’on s’encordera uniquement si j’ai très froid ou si mon père a besoin que je donne le rythme et je serais toujours attentif à ne pas le mettre dans le rouge comme je l’ai toujours fait avec Elfie à nos débuts ou Vincent l’an dernier. La longe va énormément nous aider dans l’eau surtout.

G] 📍SRF : Quels conseils donneriez-vous à d’autres binômes parent-enfant désireux de se lancer dans le swimrun ?

MR : L’idée est bien entendu de profiter au maximum de cette opportunité pour renforcer les liens père/fils. Nous n’avons aucun objectif de classement (je serai probablement le doyen de l’épreuve) si ce n’est que de finir cette épreuve.

TR : Aucun objectif de performance si ce n’est de finir. C’est à mon sens déjà une énorme performance. Je ne pense pas que cette épreuve et se défi puisse créer de la tension entre nous au contraire. Je n’ai aucune attente particulière de mon côté si ce n’est l’espoir de franchir cette finish line avec mon père. Évidemment si ce n’est pas le cas on sera tous les deux déçu mais pas fâché. Je pense que mon père a encore les capacités de finir une telle course, il est très endurant et à beaucoup d’expérience dans la longue distance. Ce qui est compliqué à Otillo c’est qu’on ne maîtrise jamais parfaitement toute la course contrairement à un Ironman par exemple. Les risques d’abandon pour chutes, hypothermie, hypoglycémie, hyperthermie sont 10 et même 100 fois plus important que sur n’importe quel triathlon longue distance…

H] 📍SRF : Michel, comment avez-vous pu vous qualifier pour ces championnats du monde sans avoir participé à des courses de la Coupe du Monde de swimrun ou à des merit races ?

MR : M: Parce que mon fils a su par son niveau de performance glaner les points pour deux!🤷‍♂️ Il n’y a pas de classement de GA, donc peu de chance pour moi de scorer le moindre point. Merci Tom!

I] 📍SRF : Comment comptez-vous trouver la bonne dynamique entre votre rôle de père/fils et celui de coéquipier durant les courses ?

MR : Nous verrons ça à l’entrainement. Mais la différence de niveau obligera Tom à s’adapter à mes capacités.

J] 📍SRF : Tom semble avoir une expérience plus solide dans les courses ÖtillÖ en tant que concurrent, tandis que Michel dispose d’une connaissance précieuse de la dynamique de course en ayant suivi les éditions précédentes. Comment comptez-vous conjuguer vos forces respectives pour former un duo performant ?

MR : En donnant le meilleur de moi même…

TR : Si ce n’est pour la première natation et ce n’est même pas certain, la dynamique de course n’aura pas trop d’impact sur nous. On va vraiment se focaliser sur notre binôme mon père donnera son maximum et moi aussi. Si je vois qu’il est possible de prendre des pieds dans l’eau je le ferais pour m’économiser mais on ne pourra pas s’amuser à suivre un binôme qui ira plus vite que nous sur les rochers même si il nage comme nous. Notre priorité est de ne pas tomber pour finir !

K] 📍SRF : Quelle serait votre plus grande fierté, au-delà du résultat sportif, si vous réussissiez ces championnats du monde ? Quelles seront vos principales sources de motivation lorsque la difficulté se fera ressentir pendant la course ?

MR : L’abandon ne sera même pas une option. Finir à tout prix sera mon leitmotiv.

TR : L’abandon ne sera pas une option sauf en cas de chute ou problème de santé important. Je pense que la finish line ensemble est une motivation déjà énorme je serais très fier de lui si on fini se parcours car j’en connais trop bien les difficultés. Et même si il est encore en forme et que je vais essayer de l’aider au maximum finir un tel parcours à 63 ans se sera un exploit.

Les Questions indiscrètes:

👉Embrassades ou poignées de main polies à l’arrivée ?
M: Embrassades!🤷‍♂️🙄☺️
T: Embrassades ! Évidemment !

👉Qui fait le pipi qui réchauffe le 1er ?
M: On s’en fout
T: Ah ça je sais pas mais à Otillo je garde toujours le pipi de la peur pour la première natation 😅

👉Qui gueule le 1er ?
M: On s’en fout aussi!
T: On va pas gueuler si il entends pas mes encouragements ou informations importantes je parlerais fort 🤣

👉Longe ou sans longe ?

M:Uniquement en nat’

T: Longe en Natation c’est sûr, et ensuite en fonction de la course sur les parties roulantes on verra. La longue peut être aussi utiliser pour moi en course à pied si je ne vais pas bien 😉. On ne maîtrise pas tout à Otillo et même si sur le papier je vais plus vite que mon père là longe est une sécurité pour le binôme si l’un ou l’autre est vraiment en difficulté il faudra apprendre à s’en servir à l’entraînement au cas où

👉Le truc le plus fou que vous ayez fait en course ou à l’entraînement ?

M: Ne pas être bien équipé (matos). Abandon pour hypothermie sur l’Engadin 2019

T: J’ai déjà porté un ou une de mes partenaires pour ne pas abandonner (ça a fonctionné) je regrette pas mais mes jambes ne souhaitent plus recommencer 🤣

📷 crédit photos Akuna/ OtillO / Tom Ralite
IG: @tomralite.swimrun.run.tri @michelralite

Swimrun France souhaite à la Team Père & Fils Ralite, la même destinée que la paire Père & Fils Freyss !

Leave a Reply