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De la Collaboration à la Compétition impitoyable : La lente Érosion de l’Étiquette du Swimrun

🇬🇧 English version below

🇫🇷 Lorsque j’ai découvert le swimrun en 2015 à l’occasion des championnats du monde ÖtillÖ dans l’archipel de Stockholm, j’ai été rapidement imprégné de l’étiquette qui régit ce sport. Contrairement à la fameuse “machine à laver” des départs de triathlon, où les coups bas s’échangent avec la vélocité des échanges tennistiques entre Alcaraz et Djokovic, le swimrun semblait préserver un esprit de collaboration et d’entraide entre participants.

Cette atmosphère particulière, François Xavier, un vétéran de la discipline avec 2 championnats du monde dans sa besace, n’a pas manqué de me la souligner. Évoluant dans un environnement naturel parfois hostile, les swimrunners semblaient conscients que leur plus redoutable adversaire était la nature elle-même. Leur survie dépendait alors d’une forme de solidarité, gage de leur progression commune vers la ligne d’arrivée.

En 2015, lors de cette première expérience, j’ai pu constater la justesse des propos de François Xavier. Certes nous avions 200 mètres de plage pour nous espacer, et quelques kilomètres à pied pour étirer le peloton depuis le village de Sandhamn. Mais lors de cette première traversée en milieu de peloton, nous n’avons eu droit à aucun coups bas, ou s’il y avait quelques collisions involontaires, de suite les binômes s’écartaient benoitement, presqu’en s’excusant. Les célèbres rochers glissants de la seconde île offraient un spectacle incroyable – des swimrunners, à moitié immergés et peinant à émerger de l’eau, sont illuminés par les chaudes et chatoyantes tonalités du soleil levant. Pourtant, certains athlètes magnanimes, ayant déjà extrait leur corps de l’élément liquide et retrouvé leur équilibre, n’hésitent pas à apporter un soutien salvateur à leurs compagnons de course en dérive sur ces roches humides, recouvertes d’algues et ridiculement glissantes. Depuis longtemps, cette image incarne les valeurs du swimrun – l’esprit d’entraide face à l’adversité, l’adaptabilité aux défis de la nature

l’image iconique qui a définit le swimrun

Or force est de constater que cette belle harmonie semble s’effilocher au fil des années. Avec l’internationalisation et la densification du haut niveau, la course s’est considérablement intensifiée. En tête de peloton, les swimrunners nagent à une vitesse toujours plus élevée (Cf Hugo et Max) et juste derrière les dizaines de teams essayent de prendre le sillage de tels poissons pilotes.

C’est la bagarre ! Le nombre de fois où j’ai constaté, à la sortie d’eau, les mines dépitées d’élites qui avaient perdu leur plaquettes dès la première natation montre que la collaboration a laissé place à une compétition impitoyable. Le niveau d’exigence s’est hissé, au détriment cependant de l’esprit d’entraide qui a longtemps caractérisé le swimrun.

Heureusement, tous les espoirs ne sont pas perdus. J’ai récemment vu des athlètes de tête s’arrêter pour s’enquérir de la santé d’un autre binôme en difficulté à cause d’une chute. Preuve que les fondamentaux perdurent et qu’il ne tient qu’à nous de préserver cette belle âme du swimrun, au-delà des défis de la haute compétition. Il ne tient qu’à nous même de conserver notre vraie nature.

✍️Akuna 🧬 relecture Claude Haiku
🖼 Ideogram

🇬🇧From Cooperative Strokes to Cutthroat Competition: The Swimrun Etiquette Erosion

When I discovered swimrun in 2015 during the ÖtillÖ World Championships in the Stockholm archipelago, I was quickly imbued with the etiquette that governs this sport. Unlike the infamous “washing machine” at the start of triathlon races, where underhanded tactics are exchanged as quickly as the volleys between Alcaraz and Djokovic, swimrun seemed to preserve a spirit of collaboration and mutual assistance among participants.

This particular atmosphere was not lost on François Xavier, a veteran of the discipline, who wasted no time in highlighting it to me. Evolving in a sometimes hostile natural environment, swimrunners seemed to be aware that their most formidable adversary was nature itself. Their survival then depended on a form of solidarity, a guarantee of their collective progress towards the finish line.

In 2015, during this first experience, I was able to witness the accuracy of François Xavier’s words. The famous slippery rocks of the second island offer an incredible sight – swimrunners, half-submerged and struggling to emerge from the water, are illuminated by the sun’s warm, shimmering tones. Yet, some magnanimous athletes, having already extracted themselves from the liquid element and regained their balance, do not hesitate to offer a lifesaving support to their fellow swimrunners adrift on the wet, algae-covered rocks, treacherously slippery.
For a long time, this image has symbolized the values of swimrun – the spirit of mutual aid in the face of adversity, the adaptability to the challenges of nature.

But it must be said that this beautiful harmony seems to be unraveling over the years. With the internationalization and densification of the elite level, the race has intensified considerably. At the front of the pack, swimrunners dart at an ever-increasing speed, forcing those who follow them to fight to stay in their wake.

The testimonies of swimmers who have lost their paddles from the very first crossing are a sad reflection of this: collaboration has given way to ruthless competition. The level of demand has risen, but at the expense of the spirit of mutual aid that has long characterized swimrun.
Fortunately, all hope is not lost. I have recently seen leading athletes stop to inquire about the health of another struggling team. Proof that the fundamentals endure and that it is up to us to preserve the beautiful soul of swimrun, beyond the challenges of high-level competition.

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