2017 Swimrun Equipment Test – les lunettes

Team WoS, SRF, SRG

Il existe de nombreux types de lunettes sur le marché. Il peut être assez difficile de se décider pour laquelle opter. Sommairement, on doit choisir entre acheter une paire de lunette confortable avec joint large siliconé (ou mousse) ou bien une paire qui s’adapte strictement au pourtour de vos yeux. Il faut aussi prendre en compte s’il y a un usage pour la compétition ou entrainement.

Il y a des avantages et désavantages pour chaque type.

Fin mars World of Swimrun (WoS), Swimrun France (SRF) et Swimrun Germany (SRG) se sont réunis à Marseille, France pour réaliser le 1er test d’équipement à l’échelle internationale. Pendant 4 jours, l’équipe a testé et discuté de matériel issu de près de 40 marques d’équipement sportif, parmi elles, 9 paires de lunettes de swimrun. À l’inverse des conditions habituellement calmes de la Calanque de Sormiou, Marseille, le test s’est déroulé sous des conditions climatiques extrêmes, pluie, vents tempétueux, vagues importantes, fort courants puis enfin du soleil.

Chaque item a été testé par l’équipe et noté sur un score entre 1 (mauvais) à 5 (excellent), et s’il y avait une caractéristique ou une fonctionnalité notable, un commentaire écrit a été réalisé lors du test.

Résultats – cliquer pour agrandir l’image

Vainqueur au général

Bien que les différents types de lunettes n’ont pas le même objectif, la paire gagnante au général s’est révèlée être la Huub Aphotic. Le consensus de l’équipe est que la Huub présente le meilleur compromis performance et sensation à la fois sur terre et mer. Les lunettes s’adaptent bien à la fois sur le visage et sur la tête. En seconde place (et presque à égalité) viennent les colorées TYR Special Ops 2.0 avec plus ou moins les mêmes attributs. La troisième place est occupée (à égalité) par l’Orca Killa 180 et la Head Venom. On peut dire sans prendre de risque que même si les lunettes minimaliste (type suédoises) causent moins de trainée hydrodynamique et sont moins chères, les testeurs ont penché pour les lunettes avec joints.

La moins chère

Si vous êtes contraint en terme de budget, nous vous recommandons de choisir des minimaliste telles la Malmsteen ou Speedo. Néanmoins elles peuvent se rayer et casser facilement, mais elles sont peu onéreuses, et acheter en gros peut vraiment tirer les prix vers le bas.

Meilleure performance dans l’eau

Si vous désirez peu de trainée dans l’eau, alors nous vous conseillons d’opter pour les versions minimalistes, mais si vous avez l’intention de « swimrunner » en eau libre avec des vagues, du vent, le masque est une excellente option. Cela protègera votre visage tout en conservant un bon champ de vision sous et sur l’eau.

Les plus faciles à porter en courant

Sur ce point l’équipe était partagée. Les lunettes avec joints comme Orca, Tyr et Huub étaient très facile à enlever et à remettre sur la tête. Cependant les porter autour du cou représentait une gêne parfois. Les lunettes de type suédoises n’avaient pas cet inconvénient dû à leur faible poids et tailles. Toutefois l’élastique très lache des minimalistes  rend plus difficile de les fixer sur les yeux rapidement avant d’entrer dans l’eau.

Meilleure résistance à la buée

Aucune lunette n’y résiste. Ce n’est qu’une histoire de temps avant que la buée s’installe. Dans notre test Huub a résisté le plus longtemps.

La plus confortable

C’est sans aucun doute le type masque qui s’est révèlé le plus confortable avec un important et agréable effet de plaquage (succion ?)  au visage sans répercussion délétère sur les yeux.

Les nombreuses options offertes par tous les types de lunettes rendent difficile le choix d’achat. Il n’y a pas que le type d’ailleurs, le choix s’effectue aussi en termes de type de verres, de performance en mer ET sur terre, entrainement ou compétition. Nous vous recommandons de toujours essayer avant d’acheter mais si vous ne pouvez pas, nous vous conseillons notre top 3.

Nous tenons à remerciers tous les équipementiers qui nous ont aidé à faire ce test:

AquaShpere

Bagheera

‘Barracuda’

Brooks

Camaro

‘Carbon-MoM’

Colting

Decathlon

Garmin

Glorify

Gococo

Head

Huub

Icebreaker

Icebug

Inov-8

La Sportiva

Malmsteen

Merell

Mobi

Mugiro

Nabaji

New Wave

Nike

Nu

Orca

Pan

Racepaddle

Rando Running Marseille

Restube

Salomon

Sony

Speedo

Strokemakers

Suuntoo

TYR

Utter

Vivobarefoot

Zoggs

Zone3

www.swimrunshop.eu

www.wiggle.co.uk

Nous voulons aussi remercier tout particulièrement www.randorunning.com Marseille (Alexandre Terral) de nous avoir aidé pour la logistique, les parents de Fix de nous avoir hébergé et finalement à vous tous swimrunners pour vos échanges et vos nombreuses intéressantes questions.

Par des swimrunners – Pour des swimrunners

#srgeartest2017

/The WoS Team, Swimrun France & Swimrun Germany

RTS et règles de course

Les discussions récentes sur le forum Swimrun France ont mis en exergue que le fonctionnement parfois complexe de l’administration Française nécessite quelques clarifications, en particulier les rôles des règles de course et les Règles Techniques de Sécurité.


sean-durkin-andy-hewitt1 (1)Règles de course

Le cas des règles de course est le plus simple. A l’heure où j’écris ces lignes, il n’existe pas de règles de course officiel en France. Aucune autorité tutélaire n’a édicté de règle que tous les organisateurs doivent suivre. Qu’une épreuve soit organisée ou non sous l’égide de la FFTri, les règles de triathlon n’ont pas à être prises en compte en swimrun. Par exemple les règles hyper rigides du triathlon sur l’habillement qui pourraient étouffer l’esprit de solidarité, de liberté, d’engagement et de responsabilité qui règnent en swimrun n’ont aucune raison d’être appliquées en swimrun. Donc les organisateurs/trices de chaque course peuvent édicter leurs propres règles. En fait, la vaste majorité des organisateurs/trices ont copié, souvent sans les citer, les règles écrites par Mats Skott et Michael Lemmel, organisateurs de l’ÖtillÖ; elles sont de facto la référence. Pour plus de détails je vous renvoie à mon analyse de ces règles ici.

15319225_1208902399203604_1237652382146106046_nLes RTS

Les « Règles Techniques de Sécurité », ou parfois appelées “Guide de l’organisateur” sont édictées par la Fédération délégataire en charge d’une activité particulière.

Le but essentiel est de fournir un cahier des charges auxquels plusieurs acteurs vont se référer. Attention : ce ne sont pas des règlements de courses. Les RTS visent à rationaliser les processus et fournir un cadre de référence essentiellement, comme le nom l’indique, vis-à-vis de la sécurité d’une activité. Trois acteurs principaux sont impliqués dans les RTS.

gravity-scan-138La fédération qui a une délégation de service publique doit édicter les RTS. Il n’y a pas de règle générale concernant qui doit être incluse dans le processus. Le but est donc de rationaliser le processus, de penser en amont à toutes les situations qui peuvent se présenter, mais sans non plus devenir si contraignantes ou complexes qu’aucune épreuve ne puisse être organisée. Il ne faut donc pas non plus surajouter des réglementations. Par exemple pour les secours, est-ce que la compétence exacte des personnes impliquées dans l’organisation des secours doit être prescrite ? Il faut noter qu’il existe de grosses différences entre les RTS édictés par les différentes fédérations. Il ne faut pas oublier que normalement la fédération aura à donner son avis sur une épreuve. Elle se référera toujours en premier à ses propres RTS. Les RTS constituent ainsi un outil important pour les fédérations qui peuvent d’un simple décret décider que telle ou telle aspect d’une activité est interdite. Un exemple dans le swimrun : doit-on ou pas autoriser la compétition en solo ? Une ligne dans les RTS peut influencer de manière majeur une pratique.

18062016-dsc_8483Les organisateurs doivent se référer aux RTS afin de construire un projet qui soit cohérent et respecte les règles. Cela doit leur permettre de penser en amont à certains aspects auxquels ils/elles n’ont pas nécessairement pensé. Par exemple est-ce que les longes sont autorisées ou non ? Cela permet aussi d’argumenter un dossier qui est conforme aux RTS. Si un dossier est conforme et démontre que tous les points d’achoppement potentiel ont été étudiés, il aura plus de chance d’être approuvé et en cas de discussion le RTS peut servir de point d’appuis pour une argumentation.

Les services de l’Etat se réfèrent aux RTS afin de vérifier si une épreuve est ‘dans les clous’. Il est évident que tous les services ‘compétents’ (Préfecture, Environnement, Jeunesse et sport, etc) ne sont pas nécessairement très au fait des contraintes, caractéristiques mais aussi dangers du swimrun. Les RTS fournissent à ces différents acteurs un cahier des charges, un cadre pour évaluer un dossier. Sans RTS on pourrait avoir des cas où un service décide que ne connaissant pas l’activité le plus simple est de tout interdire, ou de mettre la barre si haute que les épreuves ne puissent pas être organisées.

RTS explication

En résumé, les RTS servent à la fois à assurer qu’une épreuve est sûre, mais aussi à argumenter sa validité. L’enjeu est de trouver le juste compromis entre sur-législation, et laisser faire.


La vie sans RTS

Certains argumentent qu’il serait mieux de ne pas avoir de RTS. C’est jusqu’à présent (Mars 2017) la situation en France, et effectivement de nombreux swimrun ont été organisés sans RTS. Heureusement lors des trois dernières années, il n’y a pas eu d’accident majeur en France. Mais ne nous voilons pas la face: le risque existe. Est-ce que des RTS empêcheront tous les accidents ? Bien sûr que non. Mais sans RTS, la pratique non réglementée pourrait être considérée comme « à risque », que ce soit pour les compétiteurs, les spectateurs ou l’environnement. Le mode de fonctionnement des structures administratives en France sont telles que l’existence de RTS pour une pratique qui se développe et se popularise est inévitable. Que ce soit un bien ou un mal, c’est l’objet d’un tout autre débat. Notons aussi qu’un organisateur peut demander à déroger à une partie des RTS, mais dans ce cas ils/elles doivent argumenter pourquoi dans leur cas spécifique une des règles peut être enfreinte.

Amphiman-sWimRun-300x200Conclusion

Les RTS sont à la fois un cahier des charges pour les organisateurs, un cadrage pour l’état, et un moyen pour les fédérations d’encadrer mais aussi d’influencer directement les pratiques. Elles ne doivent donc pas être considérées nécessairement comme des barrières à l’organisation, mais aussi comme des facilitateurs en fournissant un fil rouge auquel tous les acteurs doivent se référer.

Au moment où nous écrivons ces lignes les RTS pour le swimrun sont en cours d’élaboration au sein de la FFTri. Quel sera le texte final et quelles seront les conséquences potentielles pour le swimrun en France ? Nous le saurons dans les mois à venir.
François-Xavier Li

Ski-Alpinisme, cousin le plus proche du swimrun ?

Je regardais récemment une vidéo de la Pierra Menta, une (sinon la) course la plus célèbre de Ski-Alpinisme (ou Skimo pour Ski Mountaineering). Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, cela consiste à faire un parcours en montagne: monter et descendre des pentes enneigées à ski ou en marchant si c’est trop pentu ou rocheux, par équipe de deux, en portant tout son matériel. Tiens, ça rappelle des choses !

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copyright Jocelyn Chavyoy

C’est un sport par équipe de deux où l’important c’est l’équipe: on peut tirer son partenaire pour partager l’effort; comme en swimrun. Les équipes sont composées de 2 skieurs qui courent en catégories masculines, féminines ou mixtes; comme en swimrun. En pleine montagne, dans la Nature où il faut s’adapter aux conditions changeantes, d’un versant à l’autre, d’un moment à un autre; comme en swimrun. Les coureurs montent et descendent pour tracer une trajectoire épousant le terrain; comme en swimrun.

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copyright Jocelyn Chavyoy

La notion d’engagement n’est pas vaine: les parois sont souvent pentues de 40° à 45° à la montée ou à la descente, il faut passer des crêtes, la météo peut être volage. La Nature est omniprésente et on accepte qu’il existe un risque dans cette activité et les concurrents doivent porter un équipement de sécurité; comme en swimrun. Comme l’indique le règlement de la Pierra Menta « les organisateurs pourront imposer d’éventuelles neutralisations de temps au cours de chaque étape. Des barrages horaires à certains passages pourront être établis en fonction des conditions de neige »; comme en swimrun.

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Copyright Jocelyn Chavyoy

On varie les activités, monter en mettant les peaux anti-recul pour avoir de la traction sur la neige, marcher si la pente est trop raide ou rocheuse, descendre à ski. Varier les modes de déplacement en fonction de ses capacités et du terrain; comme en swimrun. On transporte tout son matériel du début à la fin de la course; comme en swimrun. Bien sûr ils/elles ne nagent pas et courent rarement. Mais ce sont des détails. Les principes fondamentaux, ceux qui forment la base et l’épine dorsale de l’activité, sont les mêmes.

pierra-menta-pierra-menta-2015-classement.jpgTout cela me fait penser que le Ski-Alpinisme est bien plus proche du swimrun qu’un triathlon. Un triathlon ITU en solitaire, avec ses boucles multiples d’un circuit urbain où on ne court que sur du bitume et on nage dans un port ne ressemble pas au swimrun. Bien sûr les triathlètes nagent et courent. Mais c’est un détail. Les triathletes courent en solitaire, dans un milieu peu naturel, avec des transitions où on abandonne son matériel. C’est potentiellement passionnant, je fais du triathlon depuis longtemps et je continue à en faire. Mais ce n’est pas du swimrun.

2706244225144-photo-l-dastrevigne-n-fabre-la-grande-trace-jpg.jpgC’est comme ça que je vois les similarités et différences entre swimrun, ski-alpinisme et triathlon, et je ne suis pas le seul. En réponse à une discussion que j’avais sur Facebook, Michael Lemmel, inventeur du swimrun et co-directeur avec Mats Skott de l’ÖtillÖ, écrit : « Mats Skott et moi on a fait plusieurs Pierra Menta et autres courses de Ski-alpinisme. On a construit la coupe Suédoise de Ski-alpinisme en 1997. C’est la même chose que le Swimrun ».

François-Xavier Li

Welland SwimRun Challenge

Pour nos amis Canadiens, un nouveau venu dans le sport : Le Welland SwimRun Challenge aura lieu le 9 Septembre. L’autre course du challenge sera le Sudbury SwimRun Challenge le 30 Juillet dans l’Ontario. Avec environ 19km en 4/5 sections de natation et de course à pied, ce sont de bons challenges pour commencer le swimrun.
https://www.facebook.com/events/1867663086810367/

Comment choisir sa chaussure de swimrun?

Parmi les équipements essentiels au swimrun, la chaussure a un rôle prépondérant. C’est notre point de contact avec le sol, c’est ce sur quoi on passe le plus de temps et qui subit le plus de chocs. Il est donc important de choisir la chaussure idéale pour vos entraînements et votre prochaine course. La réponse est en fait assez simple : il n’y en a pas. Si vous chercher un avis péremptoire style gourou vous indiquant quelle est LA meilleure chaussure du moment, vous pouvez gagner du temps : arrêtez de lire cet article et aller voir les magazines payés par la marque x ou y pour vanter leur produit.

Si vous êtes encore en train de lire, alors nous allons essayer de définir une méthode pour s’y retrouver dans la jungle du marché de la chaussure de course à pied et leur utilisation en swimrun.

23368732555_2498015d72_z.jpgLe premier critère : votre foulée

Il faut que vos chaussures conviennent à votre foulée, à votre technique de course. C’est de loin le point le plus important. Par exemple si vous atterrissez sur le talon, alors il ne faut pas croire qu’une chaussure minimaliste sans amortie va vous convenir. Au contraire, vous risquez la blessure. Il ne sert à rien de regarder ce que tel champion ou copain (les deux ne sont pas incompatibles !) utilise si votre technique de course est complétement différente de celle de votre héros. On peut bien sûr changer sa foulée, mais c’est un autre débat et une approche à plus long terme que nous aborderons une autre fois. Donc analysez votre gestuelle actuelle (pas celle dont vous rêvez) et éliminez les chaussures incompatibles avec votre foulée. Autre point qui peut parfois avoir son importance : votre gabarit. Tout le monde ne pèse pas 40kg … tout mouillé ;). Prenez-en compte lors du choix de votre chaussure. A noter que les fabricants font des progrès sur l’amorti et la stabilité avec par exemple l’introduction des mousses TPU (polyuréthane thermoplastique). En résumé, le confort, l’efficacité du geste et la prévention des blessures sont bien plus importants que la mode. Basez-vous sur le type de chaussures qui vous conviennent en course à pied classique avant de passer aux autres critères.

22606934906_a5d391a69f_z.jpgDeuxième critère, la morphologie de votre pied

Il y a de plus en plus de recherches montrant comment la forme d’une chaussure peut déformer à la longue un pied qui est une structure complexe et dynamique. Le pied bouge à chaque foulée, mais aussi au cours de la journée et des ans. Comme Cendrillon, il est préférable de trouver une chaussure adaptée à la forme de votre pied (prince charmant non garanti !). Certains ont les pieds larges, d’autres étroits. Certains ont un coup de pied accentué, d’autres non. Donc quand on lit un commentaire du style « le chaussant est meilleure », cela ne veut rien dire dans l’absolu : tout dépend de la forme du pied, et il n’y a pas de formule miracle. Les fabricants utilisent généralement des moules correspondant leur perception du pied ‘typique’ et en changent relativement peu. Si vous avez trouvé une marque dont le chaussant vous convient, recherchez une paire dans cette marque ou dans une marque qui adopte un chaussant similaire. Avec l’arrivée des chaussures minimalistes, la tendance est un élargissement de la ‘toe box’, littéralement la boîte à orteils. Cela a beaucoup d’avantages, mais pour les pieds étroits vous risquez de manquer de contrôle sur la partie avant de la chaussure. Ceci est néfaste pour l’assurance, en particulier dans les terrains accidentés. Un petit commentaire pour les semelles orthopédiques: si vous en portez, pensez bien sûr à vérifier que les chaussures qui vous intéressent sont compatibles.

27755749941_0577bb3d09_z.jpgTroisième critère, la semelle

On a tous en tête les images mythiques des swimrunners à l’Ötillö s’entraidant pour sortir de l’eau sur des rochers hyper glissants. C’est ce qui pousse beaucoup à penser que le grip sur rochers lisses est le critère le plus important pour une chaussure de swimrun. En fait, si on analyse les courses, on s’aperçoit que même à l’Ötillö ces rochers hyper glissants représentent une toute petite partie de la course. Quelques pourcents à peine. Combien pensent aux 19 km assez plats en majorité sur rochers granitiques et routes goudronnées ? En réalité, et ce dans toutes les courses, on passe le plus clair de son temps à courir sur des terrains variés, et un pourcentage extrêmement faible à entrer et sortir de l’eau. De plus, afin de préserver la faune, la flore et le biotope du littoral et pour la sécurité des coureurs la plupart des courses doivent utiliser des accès déjà fréquentés comme des plages et pontons qui sont techniquement aisées.

30293763752_238828fd45_z.jpgDonc pour choisir la chaussure idéale il faut aussi et surtout porter son attention sur les surfaces sur lesquelles on va courir. Simple, non ? Presque. Le swimrun se déroule généralement sur des terrains variés. Il est très rare de faire une course entièrement sur la même surface. Généralement il y a une majorité de trail plus ou moins technique et plus ou moins mous ou rocailleux, des chemins, des routes, des plages, parfois des rochers en bord de mer, des près, des sentiers en forêt, etc. Clairement, il n’y pas une semelle unique qui puisse être idéale pour toutes ces conditions. On doit forcément faire des choix, des compromis. Si c’est possible, il faut analyser le type de terrain sur lequel on va évoluer, et trouver le bon compromis. Malheureusement tout le monde ne peut pas avoir 10 paires de chaussures pour tous les terrains, ni changer en course. Pour choisir une chaussure polyvalente qui convienne à l’entraînement et à plusieurs compétitions, il faut rechercher une gomme qui permette suffisamment de grip, mais avec des crampons pas trop durs ou trop gros pour permettre la course sur route ou surface lisse et dure. Tout cela bien sûr à moduler en fonction de vos terrains de jeu.


33094248836_5e1ec378ab_z.jpgQuatrième critère : aisance en natation
.

Presque tout le monde nage avec ses chaussures en swimrun (c’est obligatoire sur certaines courses pour éviter les coupures aux pieds). Cependant les chaussures ont trois défauts pour la natation : elles augmentent le volume du pied et sont ‘rugueuses, augmentant ainsi la résistance à l’avancement, elles limitent l’amplitude de la flexion plantaire, ce qui accroît aussi la traînée hydrodynamique. Gorgées d’eau, elles alourdissent le pied qui a tendance de ce fait à couler, accroissant encore plus la traînée.

22713782974_c44ddbe3ac_z.jpgLes chaussures ne sont donc pas hydrodynamiques et la chaussure idéale doit limiter ces défauts.  On va donc chercher une chaussure qui remonte peu sur le tendon d’Achille, moulante autour du pied pour limiter le volume (attention aux semelles très larges), lisses sur le dessus, et avec le moins possible de mousse surtout sur la tige. Cela correspond souvent aux chaussures minimalistes, mais elles ne conviennent pas à tout le monde. Un petit mot sur les lacets : ils augmentent la traînée et si un caillou se glisse dans votre chaussure ils sont difficiles à faire et défaire avec les doigts froids. Les lacets autobloquants ou élastiques peuvent faire gagner du temps. Autre point à vérifier : la tige et languette visent à procurer un confort en épousant la forme du pied. Dans certaines chaussures elles sont faites de mousse assez épaisse qui retient trop d’eau et trop longtemps (voir drainage plus bas), ce qui est à éviter.


32979420832_1ceb599e10_z.jpgCinquième critère, le drainage

Lorsqu’on passe de la natation à la course à pied on cherche à évacuer l’eau le plus vite possible pour réduire le poids et limiter l’exposition du pied à l’eau.  De surcroit l’eau assouplit la peau augmentant ainsi les risques d’ampoules, mais aussi refroidit les pieds. Faire des trous dans les chaussures pour faciliter le drainage fait partie du folklore (récent) du swimrun. En réalité, cela dépend des chaussures. La plupart des chaussures de trail drainent rapidement l’essentiel de l’eau et il n’est nul besoin de faire des trous. Sauf si elles ont un rebord étanche tout autour pour justement empêcher les petites entrées d’eaux et/ou protéger des chocs. Dans ce cas, effectivement on peut ajouter des trous sur le côté. Par contre les trous dans la semelle risquent toujours de laisser passer une branche ou un clou, donc attention à cette option. Un petit commentaire sur les chaussures goretex : elles fonctionnent bien si vous courez sur des terrains un peu humides. Par contre, après avoir été complétement immergées en natation, l’eau qui est entrée ne peut plus sortir. Donc pas de goretex en swimrun.

23260420152_3355fc6c72_z.jpg7, le poids

Doit-on rechercher la chaussure la plus légère ? Oui car tout poids lacé aux extrémités d’un segment pendulaire diminue l’efficacité du mouvement, mais attention : cela ne doit pas être au détriment des autres critères listés auparavant, en particulier les deux premiers.

29850586710_03714d28b2_z.jpg6, le choix de taille

Il faut faire attention à bien choisir la taille de la chaussure, mais ceci n’influence normalement pas le choix du type de chaussure. Vous connaissez sûrement la taille que vous utilisez en chaussure de course, en particulier en prenant une taille plus grande que vos chaussures de ville pour compenser le gonflement du pied lors de l’effort. Cependant n’oubliez pas qu’en nageant en eau relativement froide (la température de l’eau est presque toujours plus basse que la température de l’air) votre pied va avoir moins tendance à gonfler que pour une course à pied classique. De plus, les sections de course à pied sont relativement courtes, ce qui limite les gonflements. Enfin, le passage en position horizontale associé au port d’une combinaison va avoir tendance à favoriser le retour veineux et limiter encore les effets de gonflement des pieds. Donc il n’est pas toujours nécessaire de suivre le conseil classique en course à pied de prendre une chaussure de taille supérieure.

Par contre, pensez au type de chaussettes que vous utiliserez : pieds nus, chaussettes fines ou chaussettes en néoprène. Ces dernières sont toujours plus épaisses que des chaussettes classiques, alors il faut en tenir compte pour choisir la taille de vos chaussures. Notons que les intérieurs thermosoudé – collé et mèche cousus rendent la course pied nus dans les chaussures plus confortable, ce qui facilite l’option d’enlever les chaussures pendant les sections de natation. Pour cette dernière option, préférer des chaussures extrêmement souples afin de les glisser plus facilement dans la combinaison.

Picture1.jpgCritères 8 & 9, prix et couleurs

Principe de réalité et préoccupations essentielles pour certains, accessoire pour d’autres. Encore une fois, il n’y a pas de réponse unique ! Notons cependant qu’une paire de chaussure avec des couleurs fluo peut permettre au partenaire qui suit en natation de mieux repérer son binôme dans l’eau.

Entretien

Un petit mot sur l’entretien des chaussures : il est préférable de les rincer et les sécher après une sortie en eau de mer pour éliminer le sel, et après une sortie en eau douce pour éliminer les micro-organismes. Il vaut mieux les nettoyer à la main car les machine à laver qui peut favoriser les décollements (eau trop chaude) et abîmer le mesh. En plus, vous risquer d’encrasser votre machine. Petit truc classique pour faire sécher les chaussures, les bourrer de papier journal (à remplacer une fois mouillé), puis retirer le papier pour laisser les chaussures respirer.

Conclusion
En conclusion, la paire de chaussure de swimrun idéale n’existe pas, et n’existera jamais en raison des facteurs mutuellement incompatibles. Par contre les fabricants doivent prendre en compte les contraintes pour proposer des modèles plus adaptés au swimrun. En ce moment il n’y a vraiment que deux marques proposant un modèle développé spécifiquement pour le swimrun, mais d’autres sont en préparation. En attendant, il faut faire des choix, des compromis, et j’espère que ces quelques conseils vous aideront dans vos choix. À la prochaine course !

Comment choisir sa chaussure de swimrun ?

  1. Connaître sa foulée et éliminer ce qui ne convient pas
  2. Identifier la forme de son pied
  3. Sur quel terrain vais-je courir ?
  4. Natation : est-il facile de nager avec ces chaussures ?
  5. Drainage : évacuation rapide ?
  6. Poids
  7. Taille pour le swimrun
  8. Prix, couleur …
François-Xavier Li est enseignant-chercheur en sciences du sport, spécialisé  dans l’optimisation de la performance. Une partie de sa recherche porte sur l’analyse en 3 dimensions de la foulée. Il a aussi été consultant en biomécanique pour l’équipe Jamaïcaine d’athlétisme et pour de multiples triathlètes professionnels.

Photos © SwimrunFrance/Akuna Matata

Analyse des règlements du Swimrun 2016

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Michael Lemmel et Mats Skotts, fondateurs de l’ÖtillÖ

Bien que le swimrun prône la liberté et le passage le plus naturellement possible dans la nature, tout sport doit avoir des règles pour encadrer l’activité, la rendre sure et responsable, et aussi garantir une compétition équitable et juste. Le swimrun n’échappe donc pas à cela. Historiquement Michael Lemmel et Mats Skott ont écrit la première version de ces règles pour la course ÖtillÖ en 2006. Ils ont légèrement modifié ces règles au cours des années et la dernière version 2016 apporte quelques modifications qui méritent d’être signalées. Comme tous pionniers, Michael et Mats ont été imités et copiés, ce qui peut être considéré comme un hommage à leur travail. Leurs règles ont été la plupart du temps simplement directement copiées et collées, le plus souvent sans même que l’origine du document soit cité, ce qui est dommage. Il découle de ces imitations une sorte d’homogénéité des règles dans la majorité des épreuves. Cependant, il existe des différences parfois subtiles, parfois fondamentales, entre les règlements des courses internationales. Dans le contexte Français, la récente implication de la Fédération Française de Triathlon qui a demandé la délégation du swimrun, rend une discussion sur les règles actuelles encore plus d’actualité. En effet des Règles Techniques de Sécurité (RTS) pour le swimrun sont en élaboration, mais à ce jour il ne semble pas que des acteurs du swimrun soient impliqués dans ce processus. C’est dans ce contexte national et international que nous allons analyser les règlements du swimrun tels qu’ils sont à ce jour.

Binôme vs solo

aku_5689-largeRègles fondamentale s’il en est, la grande majorité des courses se déroule exclusivement en binômes, deux hommes, deux femmes ou un homme et une femme. C’est le format originel et pour beaucoup c’est la pierre de voûte du sport. Courir en équipe confronte chacun et chacune non seulement avec ses propres limites, mais aussi celles du partenaire. Dans une course d’endurance en binôme les niveaux en natation et en course à pied ne sont jamais identiques, et tout le monde a des hauts et des bas. Il faut donc s’accommoder des différences de technique, condition physique et de moral. La notion d’entraide devient alors essentielle. Cet aspect est perdu dans les courses solo qui se multiplient dans le monde. Les courses solo sont souvent réservées aux distances les plus courtes et rarement offertes comme format unique, en dehors de l’Italie qui a un circuit des courses exclusivement solo. Le débat binôme – solo mérite d’être posé mais dépasse le cadre de cet article. Il faut aussi souligner qu’être en binôme augmente théoriquement la sécurité. C’est un argument pour certaines épreuves, moins pour d’autres. Signalons enfin qu’une seule course (Talloires ô Féminin) est exclusivement réservée aux femmes, une ségrégation qui est rarissime dans le monde du swimrun où l’égalité des sexes a toujours été promues depuis l’origine, par exemple au niveau des prix accordés aux vainqueurs. On peut donc se demander si ce format va être répété ailleurs.

Âge

Bien que la grande majorité des courses s’adresse aux adultes de plus de 18ans, il est logique et souhaitable que les plus jeunes puissent découvrir le sport. Quelques courses, en particulier en Suède, visent les plus jeunes, voire le format ‘famille’ où les membres d’une même famille courent ensemble. La FFTri propose un cadre de distances maximales pour les enfants. Si le principe est bon, nous n’avons pas assez de recul pour juger si les valeurs proposées sont adéquates ou si elles doivent être ajustées. Débat à suivre quand plus d’expérience sera accumulée. A noter aussi qu’il n’y jamais eu de classe d’âge en swimrun. l’esprit est d’abord centrée sur l’expérience et le partage, pas la place dans un groupe d’âge particulier. Certains venant d’autres sports où un saucissonnage est de norme commencent à s’en plaindre, mais jusqu’à présent on ne voit pas de changement sur ce point.

Distance entre partenaires

On trouve généralement une distance maximum imposée entre partenaires, souvent 10m en natation et 50m en course à pied. C’est la notion de sécurité qui guide cette règle car en effet si on se trouve à 50m de son binôme en natation on a peu de chance de pouvoir l’aider en cas d’urgence. On est aussi moins visible si on est séparés. Dans sa dernière version 2016 l’Ötillö a renforcé sa règle qui est maintenant de 10m entre partenaires quelle que soit la discipline. En lisant les comptes rendus et de nos observations en course, cette règle est parfois allégrement enfreinte. Attendez-vous donc à voir cette règle plus appliquée et peut-être à des disqualifications.

Combinaison

Comment bien choisir sa combi? Photo © Akunamatata / Swimrun France

Le port d’une combinaison de néoprène est obligatoire dans beaucoup d’épreuves, mais pas sur toutes. Cela dépend évidemment de la température de l’eau, et personne ne conteste la nécessité d’une protection thermique dans les eaux froides. En fait, les risques d’hypothermie sont beaucoup plus grands que ceux d’hyperthermie car si on a chaud, on peut ouvrir sa combi et ralentir ou même s’arrêter. Si on a froid, surtout dans l’eau et en cas de fatigue, il y a peu de choses à faire. Grâce à la faible densité du néoprène les combinaisons apportent aussi un élément de sécurité en cas de problème (crampe, malaise, etc) dans l’eau. En général le port ou l’interdiction des combinaisons n’est pas imposé en fonction d’un saucissonnage des températures de l’eau au degré près, comme on le voit en triathlon. Pourtant certaines épreuves ont commencé à imposer ce genre de règlement avec des limites  très précises, avec des interdictions par exemple quand la température de l’eau est au-dessus de à 24°. Pourtant en swimrun on passe par de multiples sections de natation avec des températures forcément variables en fonction des courants, du vent, de l’exposition au soleil et de l’heure de passage. Ceci rend ce niveau de précision complètement illusoire. Il faut espérer que le swimrun évite ce genre de sur-législation.

Jusqu’à présent personne n’a limité la taille des combinaisons ou l’épaisseur des panneaux. Les règles strictes comme en natation ou triathlon n’ont pas encore envahi le sport, et il faut souhaiter que cela reste le cas.

Premier secours

gravity-scan-30Beaucoup de courses imposent aux équipes de transporter un bandage. C’est un minimum, mais on voit cependant des équipes réduire ce bandage à quelques centimètres. Le gain en poids est minime, mais les conséquences peuvent être graves. La notion d’autonomie est importante en swimrun et par conséquent on doit être capable de porter un premier secours en urgence. On est parfois un peu isolé et les organisateurs ne peuvent pas avoir un poste de secours tous les 100m. Il faut choisir : courir en ville au milieu des pots d’échappement mais avoir un poste de secours tous les 100 mètres ou courir en pleine nature mais sans ambulance derrière chaque arbre. Donc ne lésinez pas sur le bandage dont la longueur minimale pourrait être prescrite. De même, les équipes sont obligées de porter secours à une autre équipe en réelle difficulté (pas juste une petite fringale). La notion de solidarité dépasse la petite notion d’équipe et transcende la notion de course. Il faut noter que la réglementation Française est extrêmement contraignante par rapport aux règles étrangères, et ceci est probablement un frein au développement du swimrun en France, ou tout au moins un élément qui risque de façonner le format des courses dans l’hexagone.

Détritus

Dans la plupart des règlements il est stipulé qu’il est interdit de jeter des détritus dans la nature sous peine de disqualification. Est-il besoin de discuter cette règle évidente ? Si oui, alors il faut peut-être faire un autre sport.

Chaussures

© OtillO
© OtillO

Les chaussures sont souvent absentes des règlements. Il semble évident que quasiment tout le monde va porter des chaussures, mais ce n’est pas aussi simple que cela. En effet, pour nager, certains préfèrent les enlever afin de pouvoir battre des pieds et avoir une traînée plus hydrodynamique. Cependant cela comporte des risques surtout lors des sorties d’eau où on ne maîtrise pas toujours la force avec laquelle on va atterrir sur un rocher qui peut être couvert de coquillages coupants. Certains ont fait l’expérience de ce genre de mésaventure, et on peut se demander si  un jour un organisateur ou une assurance ne va pas interdire cette pratique. C’est déjà le cas en Italie. Plus surprenant le poids maximum des chaussures y est aussi indiqué. Cela semble vraiment surprenant, mais en discutant avec les organisateurs on découvre que c’est leur assurance qui a imposé cette règle. Ils pensaient peut-être que les concurrents allaient arriver avec des chaussures de ski …

Boussoles / montre, carte

Dans l’esprit du raid d’aventure savoir lire une carte est un savoir-faire de base. Bien que certaines épreuves continuent à fournir une carte et demandent aux concurrents de porter un compas ou une montre avec compas électronique intégré, le niveau de navigation requis en swimrun est généralement minimal. Beaucoup d’épreuves se dispensent déjà de cette capacité à lire une carte et le terrain. Peut-être une opportunité pour une épreuve originale.

Sifflet

Un sifflet est généralement obligatoire pour pouvoir prévenir en cas de problème. C’est élémentaire et plusieurs marques de combinaison incluent maintenant cet accessoire dans leurs combinaisons. On voit pourtant encore des sifflets qui sont inutilisables une fois pleins d’eau, ou stockés dans des parties inaccessibles de la combinaison comme par exemple une poche intérieure. Bonne chance n cas d’urgence !

Bonnet,  chasuble

Les bonnets sont systématiquement fournis par les organisateurs, un bon moyen de reconnaître les compétiteurs et de faire un peu de marketing. Les chasubles sont présentes sur la majorité des courses et doivent être toujours portées par-dessus la combinaison. Une autre source de revenus pour placer les logos des sponsors.

Marquage

Le sport devenant de plus en plus compétitif, les concurrents sont tentés de customiser leur équipement en indiquant le nom de leurs sponsors. Dans la dernière version de leur règlement les organisateurs de l’ÖtillÖ ont inclus une clause interdisant le marquage des vêtements ou équipements avec des peintures susceptibles de se dissoudre dans l’eau. C’est logique et bienvenu pour la protection de l’environnement, et on peut parier que cette règle va apparaître dans de nombres courses.

Distances

Johanna et Anders Wallesnten, heureux de finir Photo © Loch gu loch
Rester ensemble, Johanna et Anders Wallesnten
Photo © Loch gu loch

Quelle doit être la longueur d’un swimrun ? Quelle doit être la proportion de natation ? Pour le moment, aucune règle ne spécifie cela. La nature, la logique et les contraintes de sécurité, d’écologie et de l’administration influencent les choix des organisateurs. Des tendances se dessinent quant au pourcentage de natation, aux distances les plus populaires, mais cette évolution n’est pas dictée par un règlement. Espérons que cela reste ainsi.

 

Plus loin …

Les points de règlement ci-dessus sont logiques et pour la plupart ne sont pas l’objet de grands débats (à part binôme – solo). En revanche tous les points ci-dessous ont directement trait à l’équipement. Certains suggèrent que si on veut traverser la nature de la manière la plus minimaliste possible, alors aucun des équipements suivants n’est  vraiment nécessaire. D’autres au contraire suggèrent que toute restriction du règlement va à l’encontre de l’esprit de liberté et d’invention qui est sous-jacent au swimrun. Débat intéressant qui va au-delà de cet article. Voyons quels sont les équipements ‘accessoires’.

Engins de flottaison et  Pull-buoy

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Au temps des pionniers © ÖtillÖ

Historiquement les engins de flottaison tels que les planches et pull-buoy ont été utilisés en natation. L’Ötillö limite la taille à 100 cm x 60 cm, et on retrouve cette règle à peu près partout. Si on ne rencontre plus de planches de natation ou bouées gonflables comme on a pu le voir lors des premières années du sport, les pull-buoy sont par contre quasiment omniprésents. Le pull-buoy, ce morceau de mousse flottant qu’on insère entre les jambes, est devenu un des symboles du swimrun. Le pull-buoy avantage les non-nageurs en maintenant une position plus horizontale, préserve les jambes pour la course à pied et apporte un élément de sécurité de par sa flottabilité. La plupart des courses laissent les concurrents libres de les utiliser. Mais il y a des exceptions. En effet la taille des pull-buoy a tendance à grandir au fil des années et certains accolent deux pull-buoy ou un et demi pour augmenter la flottabilité tout en restant dans la limite de taille. Les doubles pull-buoy sont déjà parfois interdits (Italie) et on peut se demander si une taille ou volume maximum ne va pas être imposé sous peu. De plus, la règle stipule une taille en deux dimensions, ce qui est facile à mesurer, mais les volumes et la densité sont des notions certes plus difficiles à contrôler, mais plus judicieuses pour la flottabilité. Allons-nous voir des gabarits style compagnies low-cost apparaître au départ des courses pour contrôler le volume des flotteurs ?

Les bouées sont un autre élément de sécurité parfois imposées ou tolérées par les organisations. Gonflables à la bouche ou automatiquement par une cartouche de CO2 en cas d’urgence, elles n’augmentent pas la performance des nageurs mais permettent de mieux les voir et peuvent fournir un support précieux lors d’un accident.  A signaler qu’en entrainement c’est un équipement potentiellement très important.

Longe

La longe est un filin souple liant les deux compétiteurs. Cela permet au plus fort  d’aider le plus faible en le tirant. Ça facilite la navigation car on ne peut pas vraiment se séparer. Toutes les courses autorisent les longes sans spécifier leur longueur maximale. Par contre, quand beaucoup de gens se trouvent dans l’eau en même temps les longes peuvent s’emmêler et créer des situations déplaisantes voire dangereuses. Le règlement de l’ÖtillÖ stipule maintenant que les longes ne sont plus autorisées pendant la première section de natation. Cela désavantagera un peu les binômes avec des différences notables de vitesse en natation, mais éliminera quelques problèmes au départ. Est-ce que cette nouvelle règle va se généraliser ?

Plaquettes

whatsapp-image-2016-12-15-at-6-54-36-amLes plaquettes qui sont depuis longtemps un outil d’entraînement en natation sont aussi devenues un accessoire indispensable du swimrunner. Elles sont cependant critiquées par certains qui trouvent qu’elles dénaturent la natation ‘libre’ et certaines courses les interdisent, comme en Italie. En effet, à l’instar du pull-buoy, elles aident les nageurs les plus faibles à compenser certaines fautes techniques. Mais attention, elles peuvent aussi favoriser l’apparition de blessures aux épaules. Pour le moment aucune limite sur leur taille n’existe, probablement parce que peu de personnes peuvent tirer avantages de plaquettes démesurées.

Tuba

Aide à la respiration, le tuba n’est pas très commun en swimrun. Il est généralement toléré, sauf sur quelques courses (e.g. Côte Vermeille).

Palmes

Autre outil qui peut vraiment augmenter la vitesse en natation, les palmes sont le plus souvent tolérées sans limite de taille. Leurs désavantages sont de ralentir les transitions et de solliciter les jambes qui risquent d’être fatiguées pour la course à pied. Pour augmenter la vitesse en transition des palmes spécifiques swimrun sont apparues qui permettent de les enfiler par-dessus les chaussures. Attention, le nouveau règlement de l’Ötillö 2016 spécifie que désormais la taille maximale est de 15cm. De quoi limiter leur efficacité et rendre obsolètes certaines palmes. Est-ce que cette limitation de taille va être suivie par d’autres organisateurs ? Verdict en 2017 !

 

Sean Durkin & Andy HewittEn résumé, les règles sont amenées à évoluer, surtout dans un sport jeune. L’influence de l’Ötillö est évidente et reconnue. On trouve pourtant des variantes dans les règles, ce qui  dénote une recherche de compromis optimaux et de choix des organisateurs. Si une certaine variété entre les courses est une étape saine d’un sport en développement, une homogénéité peut aussi simplifier la compréhension du sport pour les novices et favoriser son expansion. Mais il faut que ces règles restent fidèles à l’esprit du swimrun qui est de se déplacer de la manière la plus simple et autonome possible dans un environnement naturel, tout en le respectant. Il faut espérer que les règles restent aussi simples et minimales et ne deviennent pas aussi gros qu’un dictionnaire. En fait, les règlements doivent rester suffisamment simples pour que tout swimrunner puisse les transporter en permanence sur soi ! Affaire à suivre !

Analyse des courses (Décembre 2016)

Petite analyse des courses en collaboration avec notre partenaire World of Swimrun

L’an dernier il y avait environ 200 courses dans le monde et aujourd’hui il y en a déjà plus de 260. Chaque mois, plus de courses sont annoncées et c’est génial. A while back we had some 200 races in the world and today we’re already passed 260. Every month more races are announced and this is awesome.
We love it!

number-of-races

Swimrun continue de croître  dans de nombreuses directions et à de multiples niveaux. La saison 2017 n’a pas encore commencé mais nous pouvons déjà nous attendre à voir des courses dans 24 pays. La plupart des courses se déroulent toujours en Suède, mais maintenant les Français sont le deuxième en nombre de swimrun dans le monde. Swimrun keeps growing in many directions and on many levels. The 2017 season hasn’t even started but we can now look forward to races in 24 countries. Most races still take place in Sweden, but now the French, and their swimrun-scene, is the second largest swimrun country in the world.

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Sondage équipement

test-resultsNos amis de World of Swimrun ont fait un sondage sur ce que recherchaient les swimrunners. Les combinaisons et les chaussures arrivent en tête ex aequo avec 19% des voix, suivies par les pull buoy. Plusieurs modèles de chaussures spécifiques swimrun sont maintenant commercialisés, en pré-production ou en étude, et nous allons voir ces modèles arriver sur le marché bientôt, mais le défi pour les marques c’est d’être extrêmement polyvalents. Les combinaisons continuent d’évoluer, que ce soit avec de nouveaux modèles chez les marques déjà établies, ou de nouvelles marques qui annoncent des nouveautés pour 2017. Des tendances se prononcent et le marché est techniquement un peu plus stabilisé que l’an dernier. Par contre l’éventail des prix s’agrandit.Un peu plus surprenant ce sont les ceintures qui arrivent en quatrième position. Quelques modèles pas très spécifiques existent, et clairement il y a encore de la place pour développer quelque chose de mieux.