Les Gravity Races, à la découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents

Swimrun France : Bonjour Marie, Raphael, on a dépassé la mi-saison sportive pour la discipline qui nous anime, vous n’avez pas chômé avec déjà les deux tiers de vos évènements réalisés. Pouvez-vous nous éclairer sur les épreuves 2017 réalisées déjà ?

Marie Croisille : Nous avons proposé deux Swimruns supplémentaires en 2017, une Gravity Race au Lac du Salagou et une Gravi’Découverte en Ile-de-France. Quasiment 900 coureurs ont été présents sur ces deux courses, ce qui est très satisfaisant pour de nouvelles épreuves !

Raphael Rieumal : L’enthousiasme et le retour des coureurs sont très gratifiant pour le travail de toute l’équipe bénévole. L’étape au Lac du Salagou sera reconduite en 2018 mais celle d’Ile-de-France est encore incertaine pour des questions financières : malheureusement la location de la base de loisirs de Jablines-Annet est très couteuse pour notre petite association (8000 euros). Nous espérons que les autorités publiques soutiendront le projet …

SRF : Vos swimruns en lac sont très différents les uns des autres (lac alpin, en région parisienne, le Salagou dans le sud), cette diversité est elle bien acceptée par les athlètes ?

MC : La découverte d’espace naturelle différent est la ligne directrice de la Gravity Race et est certainement la (notre) philosophie du Swimrun. Avant de proposer une épreuve sportive, les Gravity ce sont des découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents. Heureusement notre choix de proposer des Gravity très diversifiées est acceptée 🙂

RR : Au delà de la découverte d’environnement naturel, nous souhaitons aussi proposer d’un point de vue sportif, des niveaux de courses différents et surtout rendre accessible à TOUS la pratique du SwimRun.

SRF : Vous êtes le 1er circuit français (création en 2016) de swimrun, avez-vous vu une évolution dans le niveau, le nombre, le profil des swimrunners ?

RR : Le swimrun étant en pleine croissance, son public évolue forcément … Sur la Gravi’Découverte d’IDF nous avons vraiment ressenti cette évolution : le niveau était très élevé, l’approche et l’ambiance de la pratique très différente que sur les Gravity Race (l’IDF était une Gravi’Découverte = événement pour démocratiser le swimrun). La Gravity race du Salagou était quant à elle dans la continuité de celle d’Annecy sur le plan sportif et humain.

SRF : Le swimrun commence à être plus connu des institutions, notamment avec la délégation de ce sport à la FFTri en début d’année, avez-vous constaté moins de difficultés pour déposer un dossier à la préfecture, ou pour négocier avec les différents acteurs économiques, administratifs ?

MC : Il est vrai que de plus en plus d’acteurs publics et économiques entendent parler du swimrun, ce qui est positif pour le rayonnement de notre pratique sportive. Cette période de transition avec la délégation peut compliquer au contraire nos relations avec les préfectures …

RR : L’enjeu dans les mois à venir sera de trouver un juste milieu entre la préservation des valeurs du swimrun et la création de règles de sécurité fédérales propres au SwimRun (devant être respecter par tout organisateur).

SRF : De nombreux swimrunners se plaignent des prix pratiqués sur les courses en France et à l’étranger, que leur répondez vous en général ? (coût sécurité, ex à donner)

MC : Nous essayons de déterminer le prix le plus juste pour chaque Gravity afin d’au moins faire la balance sur chaque événement. Etant une association notre but premier est de proposer une expérience inoubliable aux swimrunners et de mettre en avant un patrimoine culturel et naturel. Si nous dégageons des bénéfices, ces derniers sont réinjectés dans l’organisation d’autres Gravity 🙂

RR : La sécurité explique en majorité le tarif de certains swimruns. Pour les Gravity nous avons voulu des cadeaux finishers très qualitatifs (Tee-shirt Compressport), ce qui a un coût … Il ne faut pas croire que les partenaires d’une course offrent tout ce que l’on peut voir sur l’événement. La difficulté de la course rentre également en compte car elle fera varier le temps de course, le nombre de secours, les ravitaillements, etc. Ce qui est compliqué aujourd’hui c’est que toutes les organisations n’ont pas les mêmes moyens humains, financiers et logistiques (et n’ont pas les mêmes intérêts et buts) ; il est donc très complexe de comparer le prix de telle ou telle course.

SRF : Ce sera la seconde édition de la gravity race Annecy le 14 octobre prochain, il y aura-t-il des nouveautés par rapport à 2016 ? 

MC : Nous essaierons toujours d’apporter quelques modifications à toutes les Gravity d’année en année. Pour nous c’est un gage de prise en considération des retours des coureurs et de qualité pour le label. Pour le 14 octobre à Annecy, nous avons rajouté des sections natation et modifié certaines zones de Trail 🙂

Petite nouveauté aussi, le « Challenge Natation 1,7 » (certains s’en rappelle je pense…). La dernière natation d’1,7km a été très difficile pour pas mal de Swimrunners, nous avons donc décidé d’en faire un challenge et d’intégrer une partie chronométrée sur cette portion : Les meilleurs nageurs seront ainsi récompensés !

RR : La structuration de nos villages d’arrivée sera vraiment différente à partir d’Annecy : nous souhaitons proposer de véritables villages culturelles, type « sieste musicale », jeunes artistes émergents toute la journée, live painting, activités familiales (initiation à l’escalade, volley, pétanques, food-truck, etc). Venant du secteur culturel, cette nouveauté me tenait à coeur pour essayer de créer un renouveau sur les villages « sportifs » … Nous espérons que cela plaira, dans tous les cas vous êtes tous les bienvenus que ce soit en tant que coureur ou bon vivant sur le village Gravity !

SRF : La saison 2018 se profile déjà, et je suppose que vous avez plein de projets, pourriez vous nous dire si la gravity race fera encore des petits ?

MC & RR : Nous doublons notre quantité de travail pour 2018, nous essaierons de pérenniser Salagou et Annecy et de rajouter d’autres destinations (pas forcement en France). Le projet est aussi d’élargir le label Gravity mais je n’en dirai pas plus, les annonces officielles se feront très rapidement. Dans tous les cas la Gravity restera synonyme de partage, dépassement, patrimoine, découverte et de fun pour 2018 🙂

SRF : Et vous en tant que swimrunner quelles courses vous font rêver ?

MC : J’aimerais franchement essayer chaque course qui existe en Europe ! Certaine sont dans des lieux fabuleux, d’autres avec une ambiance différente, je pense que chaque SwimRun est bon à faire (et fait rêver) !

RR : Ahah beaucoup, mais le temps et le budget nous manque 😉 Nous aimerions vraiment prendre part au swimrun organisée par Marina Ivanova en Russie (Lake to Lake) et un autre dans le sud de l’Europe (course non définie pour l’instant).

SRF : Merci à tous deux

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Gravity Race: du triathlon au swimrun

Mickael Barbé nous fait partager sa course avec Sylvain Collot. Triathlètes au Groupe Triathlon Vesoul Haute Saône (GTVHS) la Gravity Race constituait leur première incursion dans le monde du swimrun. Ils n’ont pas choisi la plus facile !

Février 2016, Une banale conversation entre triathlètes à propos « d’une course de dingue qui se passerait dans un pays nordique à enchaîner natation et Course à pied d’île en île » qui me met la puce à l’oreille, une petite recherche « swimrun » sur Google et c’est parti après quelques vidéos le choix n’en est même plus un, c’est une évidence : en 2016 je me lance sur un swimrun et il se fera sans hésitations avec Sylvain mon pote de triathlon depuis nos débuts il y a 4 ans.

gravity-race-300x300Les mois passent, on y pense toujours mais on ne s’inscrit pas tout de suite sur la course de fin de saison qui nous semble la plus intéressante pour nous : Annecy, son lac superbe, ses paysages magiques et sa GRAVITY RACE !

Mai/Juin, grosse déception le jour où on prend enfin le temps de s’inscrire : course complète ! Sans grands espoirs on s’inscrit sur liste d’attente (21eme sur cette liste, on n’y croit pas franchement). Deux semaines plus tard un mail de la part de la Gravy’team : c’est l’hécatombe parmi les inscrits, il y aura une place pour nous, on fonce !

Six kilomètres de natation tout habillé, 35 km à pied et 2100m de D+ ça nous fait pas vraiment peur, on est de haute Saône alors on se rend pas vraiment compte du dénivelé, ça viendra…

En parallèle de la saison de triathlon on commence à s’équiper pour du swimrun : chaussures de trail, pull buoy customisé pour tenir à la cuisse, ceintures, maillons de chaînes en plastique, mousquetons, corde élastique, ça sort d’un magasin de bricolage, tant mieux c’est pas cher et c’est franchement efficace !

Les premiers entraînements encordés sont laborieux …

Les premiers entraînements encordés sont laborieux, les kilomètres dans l’eau en plaquettes s’enchaînent (les épaules n’aiment pas) , on court en bonnet de bain, lunettes et chaussures trempées (les promeneurs nous regardent bizarrement…) au début sur du plat.

Août, moins de triathlons dans le coin donc on intensifie les rdv swimrun avec Sylvain et on se décide a aller faire un peu de dénivelé et là la claque : nos plus gros entraînements font 16/20km a pied mais au mieux même en faisant 2 fois toutes les grimpettes se trouvant sur notre chemin on se rend compte qu’on fait seulement 4 ou 500m de D+ au maximum… le verdict est là : on ne sera pas prêt pour la montagne annecienne ! Mais on n’imagine pas encore a quel point…

nageSeptembre, la météo est toujours de notre côté mais on anticipe l’arrivée de l’automne, on casse la tirelire et on s’équipe en combinaison spéciale Swimrun : Orca Core pour Sylvain (Sympa avec ses manches amovibles) et Orca RS1 pour moi (un peu plus confortable et super pratique avec ses deux zips avant/arrière). On teste tout ça, c’est concluant, vivement la course !

Octobre : les températures chutent brutalement, on voit les jours qui passent et on pleure, notre petit lac devient glacial, une dernière natation dedans 5jours avant la course nous fera craindre le pire pour le jour J avec des sensations horribles de mal de crane et l’impossibilité de courir après seulement 15 minutes passées dans une eau à 12/13 degrés… on flippe, on est définitivement pas prêts pour le froid, on espère que la taille du lac d’Annecy lui permettra de baisser moins vite en température.

Sylvain a un début d’angine mais il se connaît …

14 Octobre, ça y est presque, on termine consciencieusement nos dernières heures de boulot (avec la tête un peu ailleurs quand même), on « prête » les enfants aux grands parents pour le weekend, on embarque nos courageuses femmes qui nous suivent depuis le début un peu partout et c’est parti, un Vesoul/Thones avec une traversée laborieuse de la suisse nous permettra d’avoir juste le temps d’avaler un premier plat savoyard (l’un fera plus le « job » que l’autre côté assiette mais se rattrapera franchement après course) avant d’aller se coucher. Sylvain a un début d’angine mais il se connaît : demain pour la course ça ira, dimanche par contre il devrait en chier… je lui fais confiance.

14717129_2125428057683066_2530636875815321365_n15 Octobre, on y est, de mon côté le réveil est serein, bien mieux qu’avant un triathlon, moins de stress, pas d’objectif, avec toutes les inconnues je veux juste finir la course et prendre du plaisir. Sylvain s‘est planté, l’angine est bien présente mais le mental est bon, il est plus confiant que moi et me parle déjà depuis quelques jours d’un objectif de chrono et de classement, je n’y croit pas, il pense que je nous sous-estime, c’est souvent vrai mais cette fois ci je suis sûr de moi on n’est pas prêts…

Un petit saut en voiture et nous voilà parmi les premiers sur le site à 6h30, retrait des dossards, « 93 représenté !! » on rigole mais on a froid sous 9 degrés, pourtant on regrette les plans initiaux qui prévoyaient un départ de nuit pour la première natation et une première course à pied à la frontale, ça aurait rajouté un peu de piquant !

Je ne suis pas serein sur notre volume d’eau emporté avec nous : 250ml chacun dans une soft flasque glissée dans la combi, moi qui suis un gros buveur… mais bon pas le choix, nager avec un camelback avait été horrible pendant l’un de nos entraînements, tant pis il faudra courir plus vite pour reboire l’eau du lac plus régulièrement !!

Un dernier bisou aux copines qui nous traitent encore de « cinglés »

7h30 Briefing, un dernier bisou aux copines qui nous traitent encore de « cinglés » et on avance vers le lac dans un jour qui tarde a se lever vraiment, c’est nuageux mais la journée devrait être belle, parfaite pour un swimrun. Je regarde autour de moi, notre équipement pour des novices n’est pas ridicule mais on voit de tout : des doubles pullboy, des chaussures fixées sur une planche (pour ne pas les mouiller ??? sur le coup je ne suis pas convaincu !!) , petites plaquettes, grosses plaquettes, tuba, gants, cagoules, et même certains fous en simple trifonction…

14666102_2125434391015766_4337614580447262434_nJe compte prendre mon temps et partir derrière sur la première nat’ (800m) la journée promet d’être longue et je ne veux pas qu’on s’emmêle avec les autres vu qu’on nage attachés. Sylvain ne veut rien savoir et me pousse à avancer et à partir quasi en première ligne je lui fais ce plaisir. Un simple cri, la course est lancée !!

Premier soulagement, une fois la tête dans l’eau, pas de barre au niveau du crane comme lors de notre dernier entraînement à la maison, c’est frais mais ça devrait bien se passer tant qu’on n’est pas trop fatigués. Ça nage tranquille en prenant bien les extérieurs pour éviter les collisions et les coups de plaquettes/chaussures, on suit la masse parce que de toute façon on ne sait pas trop où aller, c’est assez mal indiqué avec des ballons de baudruche sur certaines bouées, c’est « champêtre » et ça nous plait. Ça passe vite, trop vite même, un coup d’œil à la Garmin a la sortie de l’eau : 9 minutes… il n’y avait pas 800m (je prie à ce moment pour qu’ils aient mesuré le dénivelé de la course comme ils ont mesuré la distance de cette natation).

On passe devant les filles, la copine de Sylvain lui crie quelque chose, je n’entends pas je suis en train de me transformer de nageur en coureur : je pivote le pull a l’extérieur de ma cuisse, plaquettes à la ceinture sur les mousquetons prévu à cet effet, un autre mousqueton pour les lunettes, les deux bonnets (oui ça caille je vous l’avais dit) glissés dans la combi, sylvain se détache et j’enroule la corde autour de ma taille, on est à peine à 50m de la plage que ça grimpe déjà…

tout le monde marche… ahah la journée va être très très longue !

29778653903_05f49fe573_z150m plus tard tout le monde marche… ahah la journée va être très très longue !

Sylvain est tout sourire, il me dit « dès que t’a repris ton souffle je te dis un truc »… curieux je me force à reprendre mon souffle et là il me lance «  on est sorti 18emes » … l’enfoiré il est resté sur ses objectifs de classement et avait demandé aux filles de compter les équipes a la sortie de l’eau. Il a vraiment bien fait de nous pousser à partir devant.

Premier km a pied : 300m de D+, on se met en mode rando rapide comme tout le monde mais la cardio est déjà bien haut, certains marchent plus vite que d’autres mais dans l’ensemble on tient notre rang… première descente 1km 200D- ça ne coure toujours pas pour nous mais on perd déjà pas mal de places, les purs traileurs sont autour de nous.
5a3a7848-875c-4d27-a605-4b4002477a48On attaque 4km de montée (650D+), au bout de 45minutes de course on a donc déjà avalé plus de dénivelé que lors de nos plus gros entraînements… on ne panique pas, ça monte plutôt bien, sylvain est juste derrière et en haut à 1200m d’altitude les jambes sont déjà bien chaudes mais la vue est magnifique, coups d’œil réguliers au lac qui a une couleur bleu/vert superbe, coup d’œil a Sylvain qui a une couleur rouge/orangée, haha tout baigne ça doit être sa combinaison fluo qui déteint !!

Ça glisse, c’est technique, ça chute un peu partout mais ça déconne bien

29778650863_ec6a3b92c5_zPremière grosse descente, ça se gâte ! Je savais Sylvain pas trop à l’aise en descente (ligaments croisés opérés il n’y a pas si longtemps, ça laisse des traces) mais je coure quand meme en espérant l’entraîner dans ma foulée. Au bout de quelques minutes je me retourne et il est déjà bien plus haut, pas mal d’équipes entre nous, un quart de seconde de frustration de les laisser passer alors qu’on était bien partis (oui à ce moment je me rends compte que je suis aussi rentré dans la course et que malgré tout j’aime les bonnes perf’, mais je balaye vite ces pensées, je ne suis pas là pour ça on doit déjà penser a aller au bout), je ralentis et je laisse sylvain revenir sur moi sans m’arrêter pour autant, il est dans mon dos, je me retourne, il grimace, c’est pas bon mais on n’en parle pas… On se fait passer de tous les côtés, ça glisse, c’est technique, ça chute un peu partout mais ça déconne bien, tant mieux c’est pour ça qu’on est venus !

aae01d18-f34f-48d8-8632-a353eb9652ebAprès 2h10 de course à pied (oui, oui, pour 11.5km, c’est pas une erreur de frappe) nous revoilà au bord de l’eau, les filles sont là ça fait du bien (le ravito au reblochon aussi d’ailleurs, les bouteilles d’eau sont fraîches et tant mieux on est vraiment à sec, on vide 1.5l à deux et on remplit nos misérables flasques), elles nous annoncent le classement : 72eme ; on grimace, c’est moche mais on s’équipe, s’attache et ça repart, la mise à l’eau se fait au même endroit qu’au départ de la course mais cette fois ci pas de boucle, on descend vers le sud du lac pour 730m de natation, l’eau fait du bien et ayant bien dégringolé au classement on est avec des équipes plus faibles en natation, ça sera la plus grosse satisfaction de cette course : on passe les binômes les uns après les autres et ça fait un bien fou ! Ces 730m me paraissent longs mais vu qu’on remonte du monde je ne m’en plains pas, les bras tournent bien, la corde n’est pas du tout tendue ça veut dire que sylvain est bien remotivé derrière moi, je le sent même régulièrement dans mes pieds, il envoie du lourd, je suis sensé être le moteur en natation alors j’en remet une couche et on reprends encore 2 équipes !

On sort de l’eau avec plus de 1000m au compteur mais un sourire jusqu’aux oreilles, on est de nouveau dans la course !

30293759902_9a7bc69c9a_zC’est parti pour la deuxième course a pied (10.5km pour 600D+) mais ça débute par 3km de plat avec un ravito au bout, la montée est moins violente que la première mais justement, la première course a pied a déjà fait son petit effet, on monte au même rythme que les voisins mais on se tape déjà un peu dedans… il commence a faire plus chaud c’est vraiment sur cette portion que l’eau me manquera. Au sommet je suis déjà a sec mais encore une fois une vue époustouflante me fera vite oublier ce détail… il faut pourtant déjà redescendre et c’est une désagréable sensation de déjà vu qui se fait sentir : les équipes qu’on a repris dans l’eau nous repassent les unes après les autres, les douleurs se précisent pour Sylvain, face externe du genou à chaque fois qu’il tends et plie la jambe, c’est pas bon, des syndromes de l’essuie-glace j’en rééduque toute la semaine au cabinet et avec la distance qu’il nous reste à parcourir je crains le pire… On arrive tant bien que mal au lac en 1h30.
Nouveau ravito, avec du saucisson cette fois ci, faut pas déconner, ils nous prennent par les sentiments, on lui met une claque en bonne et due forme et on repart pour 1000m dans l’eau.

Même kiff que la précédente natation, on repasse les mêmes équipes, on commence a les reconnaître, on sourit ! Chacun son tour !!

29778651053_a3be89c611_zOn attaque une nouvelle course à pied (la dernière sur ce versant du lac) 5.6km pour 300D+ c’est de moins en moins pentu mais pourtant de plus en plus dur physiquement, on est a plus de 5h de course on est dans le dur et la descente est vraiment glissante… au dernier moment avant la course j’ai fait le pari de partir avec mes chaussures de route car mes chaussures de trail me blessaient un peu et je ne voulais pas traîner une douleur croissante toute la course, je l’aurais vraiment payé à cette endroit-là s’il avait fallu courir ! Heureusement pour moi en descente aujourd’hui nous, on marche ! Les mêmes équipes nous dépassent mais de plus en plus tard dans la descente on commence à penser à la dernonière natation, la plus longue (1700m) qui devrait nous permettre de remonter tout ce beau monde et même un peu plus.

Reblochon, saucisson, on est vraiment bien reçu à la Gravity’race !!

29783459154_4d306f6d24_zMais pour l’heure on arrive au lac, dernier ravito froid : reblochon, saucisson, coca on est vraiment bien reçu à la Gravity’race !! On nous accroche un ballon de baudruche au dossard pour éviter de se faire shooter par un bateau ou un jetski car c’est une traversée complète du lac qui nous attend. Petit plongeon d’un ponton à 2 mètres de l’eau, ça rafraîchi de plus en plus cette flotte quand même, et on est reparti pour notre chevauchée fantastique, un vrai jeu vidéo, on passe de groupe en groupe on dépasse des ballons par dizaine, je zigzag un peu mais pas le choix je sais même pas où est la sortie : elle est symbolisée par 4/5 ballons à 900m devant nous dans un renfoncement autant dire qu’avec un peu de buée dans les lunettes je n’y vois rien !!

On sort, ravito chaud mais on ne s’y arrête même pas, les filles sont de nouveau là mais sans idée de classement, les premiers sont passés depuis bien trop longtemps, je nous imagine au delà de la 80eme place… on verra bien.

Ça monte raide et ça marche toujours

f924ee9c-96fe-48ba-8bf4-d26b6195acbdDernière véritable course a pied 6km 200D+ qui attaque vraiment raide, on est seuls au monde, personne devant et on a du créer un vrai trou derrière nous pendant la natation, on fait donc attention à ne pas se tromper de parcours symbolisé par de la rubalise par-ci par-là avec la fatigue un loupé est vite arrivé ! Ça monte raide et ça marche toujours, au final on aura vraiment couru moins de 10km sur les 35km… dur dur ! La descente est technique au début, je paye ma glissade sur le cul avec réception sur les plaquettes (à plat heureusement !!), pas de bobo ça repars et ça devient de plus en plus roulant on se permet même une folie : on trottine ! Mais c’est irrémédiable : du bruit derrière nous et on retrouve les mêmes équipes qui nous dépassent, les mêmes gars, la même équipe mixte (la femme loin devant son équipier qui criait régulièrement « ça va Thierry ??? » mon pauvre Thierry fallait t’accrocher !!).

Et puis d’un coup une nouvelle équipe qui nous passe et nous gratifie au passage en me regardant d’un : « ah bah tiens ça doit être à toi la plaquette par terre la bas à 500m derrière nous… » !

30113300630_58872bbac9_zAhhhh j’ai la rage j’ai en effet plus qu’une plaque, moi qui misait beaucoup sur la dernière natation… je me retiens de leur faire remarquer qu’ils auraient pu avoir la gentillesse de la ramasser pour la rendre plus loin aux organisateurs mais bon ils ont dû passer vite à coté, avec la fatigue les bons réflexes ne sont pas toujours au rdv, on fait le pari avec Sylvain qu’une autre équipe plus sympa nous dépassera et nous rendra la plaquette donc on ne fait pas demi-tour, de toute façon on n’en peut plus, 1km de plus nous semble le bout du monde. On nous dépasse encore mais sans la plaquette…

Sylvain me voit dépité et me propose de me laisser ses plaques pour la nage, de toute façon il semble sec, je vais devoir tirer fort sur la corde… j’accepte car j’ai bien en tête le numéro de dossard de l’équipe qui a vu la plaque au sol sans la ramasser, c’est de bonne guerre on va essayer de mettre un point d’honneur de finir devant eux.

Une longue ligne droite, du plat, ça coure mais pas très vite on ne reprends personne… on arrive a l’eau et là c’est plus le même monde : autant l’autre rive était d’un calme plat autant de ce côté il y a une sacrée houle, je vais boire la tasse en essayant de m’orienter, mais elle a vraiment un bon gout cette eau donc ça me va !

30297394492_6716f097f0_zCette dernière natation est moins tranchante que les autres, on reprend du monde mais les écarts semblent fait, les équipes me paraissent de plus en plus loin à aller chercher et pourtant on passe petit à petit 3-4-6-8- 10 équipes, sûrement même plus car avec cette houle chacun essaye de prendre une trajectoire différente et j’aperçois parfois des bras loin sur notre droite alors que nous essayons de rester proche de la rive gauche. Là encore aucune indication, on est dans l’eau depuis plus de 30minutes et toujours aucun visuel sur une éventuelle sortie d’eau, les bras sont durs, les jambes totalement inertes, la corde de plus en plus tendue, le pauvre Sylvain avec une seule plaque doit avoir un bras en feu et plus aucune équipe à l’horizon a qui s’accrocher… 8minutes plus tard la délivrance, un ponton, des ballons et une dernière équipe en point de mire à aller chercher, j’accélère et on sort en même temps de l’eau, il reste 1km à parcourir à plat et avec du public ça fait du bien !
30414057685_09079749a5_zOn essaye de s’accrocher à ses deux gars qu’on avait pas vu de la course, c’est un signe, on a du remonter vraiment du monde dans cette dernière natation mais ils sont trop rapides, l’un semble à l’agonie mais son équipier le pousse bien plus fort que j’arrive à tirer un Sylvain toujours pendu au bout de ma corde les dents serrées, presque sur une jambe et avec une gorge dans un état que je n’ose pas imaginer (vous vous souvenez de l’angine… et bien elle est toujours là) !

Ils nous mettrons finalement presque 1minute sur ce dernier kilomètre.

1 minute qui nous aurait permis de passer sous les 8h de course.

Mais l’objectif n’était pas là et il est absolument rempli : du plaisir tout le long avec un coéquipier au mental de dingue, une super journée et puis pour l’anecdote, les non ramasseurs de plaquettes auront pris 25minutes dans l’eau sur la dernière portion, c’est toujours une satisfaction perso de plus  !!

Une vraie course d’exception qui était visiblement la première d’une longue série pour nous !

 

Gravity Race 2016

Emmanuel Charpentier nous fait partager sa course avec Yves Louis sur la Gravity Race à Annecy (5 km natation + 34,5 km course à pied avec 2100m+ de dénivelé).

Après 20 ans d’athlé (piste, cross) et 10 ans de triathlon (tout format), j’avais envie de courses plus authentiques et nature, en lien avec mon profile plutôt coureur nageur, j’ai donc décidé en 2015 de tenter l’aventure SR avec le Troll Enez Morbihan … ce fut le « coup de foudre ». D’où une nouvelle aventure en swimrun.

Rendez vous vendredi à Annecy avec Yves Louis, trailer expérimenté et triathlète depuis 2 ans (13h15 à Embrun en 2015) de Besançon. Il pleut, on a du mal à croire que le grand soleil est annoncé pour le lendemain. On va tester la natation encordés pour décider ou pas de le faire en course. Apres un petit essai, décision est prise de nager encordés. Mais on découvre aussi que l’eau n’est pas chaude (14 à 15°,  baisse de 5°  en 15 jours).

départ triathlon, à 300, en plaquettes, pull, chaussures …
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Samedi matin, briefing à 7h30, 300 swimrunners sont là à Veyrier du lac prêts à en découdre. Briefing très succinct juste pour expliquer la première natation, personne ne comprend rien mais c’est pas grâve(ity).
La particularité de cette course est de commencer par 800m de natation. Normalement, on commence par la course à pied pour étaler le peloton. Ce sera donc départ triathlon, à 300, en plaquettes, pull, chaussures … ça va saigner. Mauvais départ, coincé, je ne m’affole pas et je ne veux pas prendre de coup, donc je nage tranquille, je suis la masse. De toute façon, comme je ne sais pas où il faut aller… En fait le balisage aquatique est composé de 2 tout petit ballons (de fête d’anniversaire) posé sur 2 des nombreuses bouées permanentes de navigation. Je sors, je vois du monde devant, Yves est juste derrière (on n’est pas encordés pour la 1ere nat), et c’est parti pour la montée, ou plutôt la double montée, en 6 km on fait en dénivelé +350m -200 + 650m.

Je crois Yves derrière et je lui parle…

gravity-2016-sommetJ’impose l’allure, on double rapidement du monde, je vois qu’Yves suis, je le sais bon grimpeur donc RAS, j’essaie de ne pas y aller trop fort non plus car la course sera longue. Arrive la descente (les -200m), c’est casse g… très glissant, je ne prend aucun risque donc quelques équipes plus casse-cou nous repassent et Yves me lâche; mais on les reprend vite dans les +650. La fin est très technique, avec quelques passage où il faut s’aider des mains. De la haut, on a un beau point de vue sur le lac . On longe la ligne de crête, c’est technique, là aussi. Je crois Yves derrière et je lui parle… mais ce n’est pas lui qui me répond, je ne le vois plus. Je m’arrête dans une petite clairière où un spectateur est là, il m’annonce que l’on est douzième sauf que le nous, c’est moi. Deux équipes passent et Yves arrive. On commence la des-escalade puis une longue descente en forêt avec une bonne accroche, on se lâche.

Je demande à Yves de fermer ma combi derrière…

7a6f0388-6ee1-420c-8cd5-0aefdd6cbbf5Arrive le lac, ravito, on se prépare pour aller à l’eau. Je demande à Yves de fermer ma combi derrière. Il essaie plusieurs fois et me dis OK. Je l’encorde, je l’attend … faut mettre les lunettes, faut mettre les plaquettes … c’est long. Un conseil, si vous voulez faire plusieurs SR et courez après le temps, prenez une combi SR, à la fin de la course, les secondes perdues représentent des minutes.
Bref, on se met à l’eau … et j’ai comme une sensation de froid dans le dos. Je ne sais pas ce que Yves a fait mais ma combi est totalement ouverte, pas grave, va falloir nager 730 m comme cela. Problème encore une fois, mais vers où? Le balisage est toujours ces pauvres ballons jaunes de 20 cm à suivre, soleil de face, à 200m, difficile de les repérer. Donc je suis les swimrunners que je vois au loin. C’est la sortie et c’est reparti pour la cap, on est toujours encordés, c’est un des seuls passages de la course où on pourra bien courir. Je tracte Yves et je ne le sens pas super. Deuxième ravito et on entame une montée +400m en environ 4 km. Yves est dans le dur. Je me dis, la journée va être longue. Voilà enfin la descente, une bonne descente.

Sorti de l’eau et ça repart pour une bonne grimpette

gravity-2016-montee-en-souriantOn repart pour 1000m de nat, je sens que là aussi, je tract plus Yves. Sortie de l’eau et ça repart pour une bonne grimpette, + 300m en 3 km. Yves se sent mieux au fur est à mesure de la montée et on finit bien. Comme à chaque fois, on a repassé 3-4 équipes dans la montée. La descente commence, et c’est hyper glissant, hyper dangereux, je tombe, 1 équipe passe est les 2 binômes tombent, on passe une équipe à l’arrêt (1 des 2 équipes à être parties en trifonction !!! l’autre finira 2ème, fallait être courageux). Yves me lâche car il sait que le temps qu’il se prépare à la transition, je serais prêt en même temps que lui (je n’ouvre plus ma combi). Sans se parler, je me suis dis la même chose et donc je descend sans prendre de risque. Et on est effectivement prêts en même temps. Cette fois, on décide de ne pas s’encorder. On doit traverser la lac en largeur (870m), on nous fixe donc des ballons pour indiquer notre présence aux bateaux. Vous voyez la bâtisse blanche, la sortie est à droite … cool, ce sera la seule fois où je nagerais en sachant où aller.

6488c87b-7fec-47c4-99e1-6ff55d4814d6On saute d’un ponton à 2-3m de haut, sympa, et c’est parti. Je nage mal, je m’en rend compte, Yves nage dans mes pieds. Au fur et à mesure, je glisse mieux jusqu’à 200m de la rive et là, je ne sens plus le bas de ma jambe gauche, cela me stresse et je nage n’importe comment. Yves revient à ma hauteur et on finit côte à côte. Un petit ravito avec du thé chaud, un petit mot avec des amis d’Yves qui sont venus nous encourager (c’est sympa) et on repart sur quelques mètres sur une piste cyclable (cela me convient bien) … mais non, on prend un chemin très pentu dans les fourrés avec une trace moins large que mes épaules … c’est c…., je râle. Après +200m en 2 km environ enfin le point haut arrive avec une jolie vue sur le lac, mais à ce moment, je m’en f… . De nouveau un passage piégeux, une équipe nous passe. Cela devient roulant, on les repasse. Yves est bien et imprime un bon rythme. Cela me convient bien. On arrive sur une partie goudronnée et je repasse devant jusqu’à la mise à l’eau qui nous semble loin.

L’équipe qui nous avait passé dans la dernière montée nous passe

gravity-boueeOn arrive à l’eau et là personne pour nous dire où aller, juste des spectateurs qui nous disent qu’ils faut aller à gauche. On sait que c’est la plus longue nat (1700m) et qu’ensuite c’est finit. Yves met là encore un temps fou à se préparer et on y va. Le fond descend lentement donc on en profite pour grappiller des mètres sans nager. Je pars devant, Yves dans mes pieds (de nouveau pas encordé). On est avec une équipe avec qui on aura jouer à se dépasser plusieurs fois dans la journée. L’équipe qui nous avait passé dans la dernière montée nous passe. Visiblement, le 1er est un bon nageur. Son binôme est encordé et a pris un tuba. Il a juste à suivre dans ses pieds. Je me dis, tient une bonne locomotive. Je profite de l’aspiration. Je pense que Yves aussi. On nage, on nage, on s’arrête … »il faut aller où », « j’en sais rien, je suppose qui faut suivre la rive jusqu’à ce que l’on trouve la sortie », et c’est reparti … Sauf que Yves est au loin, il n’a pas pris le bon wagon. À un moment, je commence à avoir froid et je perd les pieds du gars devant. Eh oui, fausse joie, moi qui avais réussi à ne pas avoir froid depuis le début, et ben j’y suis. Je crampe au mollet droit, j’ai mal aux quadriceps (je ne savais pas que les quadriceps servaient à nager !). Je fais des talons fesses en nageant pour évacuer la douleur (si vous n’avez jamais vu un nageur faire du talon fesse en plaquette pull boy, je vous laisse imaginer). Je sors enfin, j’ai pas chaud.
emmanuel-charpentierJ’attend Yves une bonne minute, c’est long en claquant des dents. Et c’est parti pour 1 km de cap jusqu’à la ligne d’arrivée. Une équipe revient sur nous, on ne va pas les laisser nous dépasser on accélère donc pour finir 23ème sur 150 en 7h07 (soit 5,5 km/h). Content de notre journée. Il ne reste plus qu’à se ravitailler et profiter du soleil sur la plage.
Les vainqueurs sont les suédois, vainqueur et recordman d’Ötillö 2016. Les seuls a avoir trouvé l’eau bonne.
Au final, un bon swimrun, avec des points forts et des points d’améliorations. A réserver par contre pour les swimrunners amateurs de trail en montagne technique, ce qui n’est pas mon cas. Je préfère Engadin où les descentes sont plus roulantes.

J’ai apprécié le bon état d’esprit des participants et des organisateurs dans cette course, et comme sur les autres swimrun que j’ai fait (Troll Enez, Cote de Vermeille, Engadin). Cela donne envie de recommencer. Mais il faut aussi signaler la difficulté de trouver des binômes car beaucoup hésitent à franchir le pas… Alors, allez-y, devenez swimrunner… C’est pour cela que je fais les récits de swimrun, pour que les copains (copines) de triathlon aient envie de tenter l’aventure

A noter qu’en 2017, l’équipe Gravity Race offrira une deuxième épreuve en France au lac du Salagou. 36 km plus roulant. Cela peut être sympa.

c7611eef-fc38-4fb7-99f8-f1c1189403c9Classement de la course:

Hommes: Daniel Hansson et Lelle Moberg , Swedish Armed Forces en 05:48:11

Mixtes: Clement Boissiere et Corinne de Parseval,  06:40:07, Team Swimrun Paris

Femmes: Hélene Moore et Solene Quinio en 08:08:04

 

Gravity swimrun

Annecy en Haute Savoie est bordé par un lac magnifique entouré de montagnes aux cimes enneigées. Avec des sentiers montagneux pentus et des eaux cristallines, pas de doute le premier swimrun de Rhône-Alpes sera spectaculaire. La Gravity Race du lac d’Annecy vous attendra le 15 octobre 2016, et les inscriptions seront ouvertes le 1er avril. De Veyrier-du-Lac à Saint Jorrioz la course couvrira 6,6 km de natation et 30,4 km de course à pied avec un dénivelé intéressant de 1850m D+. Une addition montagneuse excitante au circuit Français du swimrun en pleine expansion.Gravity race 1
www.gravity-race.com