SwimRun Côte d’Azur 2018

« Il faut se fixer des buts avant de pouvoir les atteindre. »
Michael Jordan, est l’auteur de cette citation, mais elle aurait tout à fait pu être prononcée par Dominique LE BIHAN (« Dom » pour ceux qui la connaissent), ma partenaire du jour lors du Swimrun PACA.

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En dépit d’une belle carrière de judoka durant son adolescence et des études en STAPS réussies, Dom a par la suite privilégié sa vie de famille, en pratiquant modestement et de façon irrégulière le trail. Il y a un an, elle découvrait sur Carantec, un groupe de déjantés qui nageait en chaussures et courait en combinaison de triathlon étrange. Sans le savoir, elle venait d’attraper le virus du Swimrun. Elle ne savait pas encore que l’année 2018 allait l’amener à relever des défis qu’elle n’aurait pas imaginés possible en 2017.
Après des expériences diverses et variées aux Swimrun de Fouesnant, Plougonvelin, la Transfinistère Nord et Crozon, un nouveau défi avait été lancé en septembre pour relever le dernier challenge de l’année : le swimrun PACA. Une distance de 41 km dont 8 km de natation, elle qui n’osait pas tenter un trail de plus de 8 km un an plus tôt !

Agissez comme s’il était impossible d’échouer

En compagnie de Carine, Jean-Marc, Vincent, Maëla (et Pierre-Alexandre qui nous a rejoint plus tard), nous sommes arrivés sur Beaulieu dans des conditions météorologiques dantesques. Au départ de Beaulieu, nous avons rapidement compris que la course allait être rapide avec un parcours très bitumé et semi-urbain. Tant mieux, cela nous changera de nos parcours de trails habituels et nous permettra de voir autre chose !
Comme prévu, nous nous levons à 4h50 pour nous rendre à temps sur le site de la course et prendre la navette nous permettant de prendre le départ. Et là quelle surprise … Des arrêtés préfectoraux et municipaux amputent la course de 11 km sur deux zones et retardent le départ à 9h00. Retour à l’hôtel pour tenter de tomber à nouveau dans les bras de Morphée… sans succès. Nous pensons à notre objectif : Etre finishers et, si possible, ne pas finir derniers. «Agissez comme s’il était impossible d’échouer » disait Churchill ou… Dom. Je ne sais plus… Autant dire que j’aborde la course en toute confiance.

Dom et moi sommes ensemble, à la différence de nombreux binômes éclatés

Le départ est bien pris en même temps que les concurrents engagés sur le « M ». Nous prenons, en conséquence, un départ prudent… « C’est à la fin du marché qu’on compte les bouses ». Dès la première section course, nous mettons la longe, comme nous l’avions testée avec succès une semaine plus tôt sur Santec. Lors de la première section nat, nous découvrons avec délectation une température de l’eau estivale … pour nous bretons.
La mer est démontée et joue avec les corps flottants qui tentent de se rebeller contre l’élément pour rejoindre le littoral. La mer nous accueille avec des millions d’algues qui réduisent la visibilité au néant. Nous sortons de l’eau dans le premiers tiers du « troupeau » arborant des bonnets rouges (M) et bleus (L). Dom et moi sommes ensemble, à la différence de nombreux binômes éclatés.

Pas de panique, elles sont probablement inoffensives !

Plusieurs centaines de mètres après notre sortie de l’eau, Carine et Vincent nous rattrapent : nous ne les reverrons plus avant l’arrivée mais c’est déjà une première victoire ! De nombreuses équipes nous dépassent sur la deuxième section de CAP. En revanche, nous grattons des places lors de chaque section de nage. Nous jouons ainsi au yoyo de la sorte jusqu’à l’ascension du Mont Boron. Nous sommes performants sur les phases de transition, Dom est en super forme et se sent bien : elle se permet de plaisanter avec moi et d’autres binômes. Je me permets de lui dire de garder son énergie… « Focus !»
Elle court vraiment très bien et je suis assez bluffé par sa capacité à maintenir la cadence. Je la savais très endurante mais je ne la pensais pas capable de tenir ce rythme aussi longtemps. Lors d’une des sections de nat, nous sautons ensemble dans l’eau. L’eau est un peu plus clair, ou du moins suffisamment pour distinguer… des méduses. « Pas de panique, elles sont probablement inoffensives ! ». Mais très rapidement, je m’arrête, une douleur inondant mon creux poplité. Je m’arrête net, un peu surpris. Ces « piqueurs-mauves » sont aussi majestueuses que leurs piqûres sont douloureuses. Heureusement, Dom réussira à en échapper.

Lors d’un ravitaillement, on prend le temps de prendre quelques fruits secs et carreaux de chocolat. J’encourage Dom, et une bénévole attentive reprend de plus belle son nom, pour la pousser dans son effort. Ma partenaire du jour est surprise et croit reconnaitre, à tort, une connaissance sur le circuit.
Avec leurs chauds coloris, orangers, citronniers, et autres mimosas offrent au parcours un décor végétal qui ferait pâlir bien des jardins de plantes.
Nous croisons et encourageons Maëla et Pierre-Alexandre qui sont sur le chemin du retour à Villefranche sur mer, puis, quelques centaines mètres plus loin nous dépassons Patrick et son binôme avec stupéfaction au niveau du débarcadère. Dernière section nage avant de défier la tour du Mont Boron : je cherche à rattraper deux binômes situés devant nous, mais les courants sont contraires et Dom se déporte pour m’inviter à jouer avec les vagues en les contournant. Stratégie gagnante puisque nous arrivons à la plage avant les deux équipes concurrentes. En fait ce ne sont pas des concurrents puisqu’ils sont engagés sur le M. Le nombre d’équipes engagées sur le L est faible (seulement 28) et nous ne savons pas vraiment quelle est notre place.

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Nous sommes à 3h20 de course et Dom commence à montrer quelques signes de fatigue. Ou plus exactement ses genoux et sa cheville, qui étaient douloureux avant même le départ de la course. Nous réduisons notre cadence et nous enlevons la longe qui nous relie depuis 9h00 ce matin. La gendarmerie bloque la circulation pour nous permettre de traverser la route et d’attaquer le mûr qui nous face : le mont Boron. Nous marchons pour la première fois. Je prends le temps de partager des barres énergétiques pour éviter le risque d’hypoglycémie. Le vert du mont Boron contraste vivement avec le dense tissu urbain de la ville de Nice qui déploie ses tentacules de collines en vallons. La proximité de la grande métropole n’atténue pas pourtant le caractère sauvage du circuit, car la côte dentelée comme le parc forestier transportent le visiteur dans un univers naturel. Nous arrivons au sommet et nous découvrons un panorama magnifique depuis le fort du Mont-Alban. La descente sera pénible pour les articulations de Dom, mais elle est, sans surprise, un exemple de courage.

Dom est alors balayée par une vague

Nous retrouvons l’asphalte et paradoxalement les douleurs de Dom sont moins aigües. Nous apprenons aussi que plusieurs sections nage ont été supprimées à cause d’une mer trop agitée. Nous ne voyons plus de bonnet bleus mais seulement des concurrents engagés sur le M. Certains binômes font leur courses à plusieurs centaines de mètres l’un de l’autre, ce qui naturellement nous interpelle beaucoup. Nous avons remis la longe et … nous les déposons, surtout celui de devant, avec un plaisir non dissimulé. Nous défions l’avant dernière section de natation, heureux de retrouver la mer. Plusieurs binômes peinent à rentrer dans l’eau devant les vagues puissantes. Je dis à Dom de me laisser faire et nous rentrons dans l’eau sans difficulté. Au bout de quelques mètres, je me dis que les sensations sont bonnes ! Je me retourne … et je vois Dom 10 mètres derrière moi : voilà ce que c’est de perdre sa ceinture ! Perte de quelques dizaines de secondes pour remettre le matériel en place. Nous gagnons finalement du temps en faisant une bonne nage. J’aborde l’arrivée sur la plage de galets qui nous fait face 600 mètres plus loin sans trop d’inquiétude. En posant pied par terre, je me retourne pour attraper la main de Dom et l’aider à sortir de ce tumulte aqueux. Dom est alors balayée par une vague, et moi avec devant le regard inquiet ou hilare des spectateurs.

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On plaisante avec les bénévoles du dernier ravitaillement et nous reprenons la course. On apprécie, chemin faisant, l’architecture stylisée des villas cossues de la “Belle Époque” et aussi un hôtel de luxe, à la jaune silhouette exotique. On sent l’arrivée proche et en dépit d’une crampe, Dom ne faiblit pas et poursuit courageusement son effort.
Nous apercevons au loin « la petite Afrique », qui abrite l’arche d’arrivée de la course. On la nomme ainsi, en raison de son climat et de sa flore, mais aussi du microclimat qui caractérise le territoire de Beaulieu. Il y a tout au long de l’année 1 à 3 degrés de plus, par rapport au reste de la côte, dus à la rétention de la chaleur par les falaises calcaires qui dominent le port de Beaulieu. La dernière section de natation n’est autre qu’un examen de repêchage de la première section nat que nous avons faite le matin. Nous sommes seuls dans l’eau, ce qui contraste fortement avec l’épreuve de ce matin. Nous sortons dans un tourbillon d’algues collantes pour rejoindre la terre ferme et finalement passer sous l’arche d’arrivée en 4h34. Nous finissons à la 21ème place au scratch et à la 6ème place en mixte. L’objectif est donc largement atteint, mais l’essentiel était ailleurs : le plaisir de partager un magnifique moment sportif et humain avec une partenaire grandiose. « L’incertain est le début de tout, c’est le moment où tout est possible ». Clap de fin superbe pour la saison de swimrun 2018.

Matthieu Kerleroux
Les swimrunners du Far Ouest

http://www.swimruncotedazur.fr
vidéo officielle 2018

Cannes, entre strass et plaquettes le temps d’un week-end

Plus accessible, plus urbaine, plus courte aussi… C’est la dernière née des courses Ötillö et la première en France. Elle clôture désormais la série avec ses 37 kilomètres dont 8 de natation. Samedi dernier, pour sa première édition, la course de Cannes, version longue, a réuni 155 binômes sur la ligne de départ de l’île Sainte-Marguerite, qui fait face à la ville. Dans chaque catégorie, les Suédois se sont imposés sur la plus haute marche du podium.

Tout commence par une traversée en ferry. Un classique sur deux courses de l’Ötillö qui met les coureurs dans l’ambiance et permet d’admirer le paysage, tout en découvrant la scène de départ autrement. Depuis Cannes, les deux navettes s’ébranlent, presque timides au cœur de ce port où les yachts rutilants, arborant pavillons offshores, sont amarrés à longueur d’année. À l’embouchure, les fonds spéculatifs laissent place aux fonds marins, l’île Sainte-Marguerite se dévoile en même temps qu’un lever de soleil d’un rouge flamboyant qui vient garnir les écrans de téléphones. L’émerveillement est là, la brise berce le voyage, l’île grossit et se rapproche, jusqu’au moment ou on aperçoit en haut du fort qui la surplombe, l’arche de départ.

Le flot de coureurs quitte le navire et grimpe jusqu’à l’enceinte fortifiée. Arrivée sur place : 8h. Départ prévu : 9h. La pression à le temps de monter doucement. Dernier détour aux toilettes où la file messieurs dépasse de loin celle des dames. La météo splendide, le circuit urbain, les 8 kilomètres de natation font partie des thèmes qui alimentent les discussions. La zone de départ se remplit de coureurs fébriles… et c’est le coup de pistolet! Les 95 binômes masculins, 44 mixtes et 16 féminins dévalent les pentes du fort et longent le sentier qui contourne l’île. Tantôt sableuse, tantôt terreuse, tantôt parsemée de rochers, la piste accueille une file ininterrompue de dossards rouges, verts et oranges jusqu’à la première natation où le peloton commence à s’étaler.

D’ «  île en île »

 

700 mètres séparent l’île Sainte-Marguerite de sa petite sœur, l’île Saint-Honorat, la seconde de l’archipel de Lérins dont il va falloir faire le tour à pied. La cohorte de swimrunners trace son sillon parmi les bateaux de plaisanciers pour atteindre le rivage. La température de l’eau est agréable, pas de quoi souffrir pour le moment. Sur la seconde île, on foule un joli chemin de terre plat. Tout le monde en vient rapidement à bout pour repartir sur la traversée d’ « île en île » en sens inverse. On termine le tour entamé de Sainte-Marguerite en courant, puis on se met à l’eau pour rejoindre le continent. Chaque binôme se voit attribuer une bouée pour cette première grosse natation de 1500 mètres dont on ne voit pas l’arrivée. Il faut s’accrocher et éviter de prendre la mauvaise direction.

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Une fois proche de la fin, une paddleuse nous indique de nous déporter sur la gauche, l’arrivée est derrière la digue. On distingue enfin l’amas rose de bouées alignées sur la plage à laquelle on vient ajouter un peu plus de couleur. Et c’est parti pour le bitume! Le second ravitaillement est bienvenu avant un enchaînement de courtes courses à pied alternant avec deux longues natations. Le point d’orgue sera celle de 2100 mètres qui, après avoir traversé Cannes et remonté la Croisette et ses hôtels de luxe jusqu’au fameux tapis rouge du Palais des festivals, laissera quelques traces. On croise de nombreux passants et on reçoit beaucoup d’encouragements de spectateurs apprêtés. Pantalons à carreaux, chemisiers repassés, mocassins et lèvres botoxées ne sont pas rares. Le contraste est amusant, l’ambiance est bonne.

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Entre route et chemins

 

Une fois les 2100 mètres terminés, la plus grosse partie dans l’eau est faite. Reste à boucler la plus grosse partie sur terre qui nous attend juste derrière. Plus de 8 kilomètres entre bitume et chemins du parc forestier de la Croix des gardes. On traverse quelques quartiers pavillonnaires. Le dénivelé est bien réparti jusqu’au point culminant marqué par l’immense Croix et une vue agréable sur la mer et sur la ville, le terrain de jeu de la brigade équestre du coin. On retrouve rapidement le goudron en retournant vers le centre de Cannes. Bénévoles et policiers sont présents à chaque traversée de route avec le sourire aux lèvres et des mots d’encouragement. Tous, sans exception. Nous longeons un quai où flottent quelques pavillons offshores avant de sautiller sur de gros rochers pour aller se remettre à l’eau. Une section de 1200 mètres où de nombreux binômes s’arrêtent de nager, cherchant leur direction.

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À la sortie de l’eau, les premiers bonbons font leur apparition sur les tables de ravitaillement. On reprend quelques forces avant la dernière ascension qui sera souvent évoquée lors des débriefs de fin de course. Une moitié de kilomètre vertical le long d’une ancienne voie ferrée. L’endroit a du cachet. Les mollets souffrent avant d’être délivrés sur quelques kilomètres vallonnés entre route et chemins, puis une descente à pic en forêt, puis épique dans le lit d’un ruisseau qui serpente au cœur d’une jungle luxuriante où les pierres affleurent et où agilité et crampons sont nos meilleurs alliés. Une fois l’obstacle franchi, on commence à sentir la fin, autant que la fatigue. La dernière longue section de natation de 1000 mètres fait du bien… pour ceux qui ont la chance d’éviter les méduses. Restent encore 800, 600, 600, 200 et 200 : dernier enchaînement rapide, puis c’est la montée des marches vers la cérémonie Ötillö… et la palme : son arche qu’on passe toujours avec d’autant plus de plaisir que la course a été éprouvante.

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En résumé : une course plus courte, oui (bien que beaucoup de montres affichent plus de 40 kilomètres au compteur), plus urbaine, oui mais pas forcément plus accessible dans sa version longue. Le niveau d’exigence reste élevé, dû en partie à l’importance de la natation sur le parcours. Restent les versions « Sprint » (15 km) et « Expérience » (7 km) du samedi. Elles se courent en binôme ou en solo, pour ceux qui voudraient commencer en solitaire. Géographiquement, elle reste la destination Ötillö la plus simple à rejoindre pour les Français.

Aurore Dupont

https://otilloswimrun.com/races/cannes/

Crédit Photos Akuna/ÖtillÖ

Plus de photos : https://www.flickr.com/photos/akunamatata/albums/72157674933809798

AmphibRun 2018

Le swimrun continue de se développer et l’AmphibRun est le premier Swimrun aux Philippines. Cédric et Stéphanie nous livrent leur impressions exotiques à 11,100 km de la France métropolitaine.

Philippines 2018 2Cinq heures du matin, le crépuscule laisse sa place au premières lueurs rosés – orangés du soleil sur la plage de Laiya, petit coin tranquille tout au sud de Luzon l’île principale des Philippines. Départ au petit matin car dans ce pays et ses températures avoisinant 33°C toute l’année, les sportifs ont l’habitude de se lever tôt pour partir « à la fraîche » relative du petit matin !

C’est parti pour une belle journée ! Avec Stéph ma coéquipière de vie et de sport , on récupère nos dossards marqués du nom de notre équipe : “The French Frogs”, nom assez explicite pour une équipe française de swimrun.

Philippines 2018 36:00 c’est l’heure de notre départ, pour un parcours qui enchaîne 3km de piste, 2,2km de natation et 12km de Trail avec 950m de dénivelé positif. À 6:30 un autre départ sera donné pour le nageurs débutants avec 700m de natation et un gilet autoportant obligatoire. A noter le matériel obligatoire sur les 2 courses inclue pull-buoy, lunettes de natation, bonnet, sifflet, sac à eau 1 litre minimum. Par contre pas besoin de combinaison ici ! L’eau est à 27°C!

Philippines 2018 4Après un échauffement rapide sur les 3km de piste, je constate que Spiderman est venu spécialement pour participer à ce swimrun, tout arrive !

Place à la natation ! Le but du jeu est de faire 3x le triangle délimité par 2 barques de pêcheurs et une sortie d’eau sur la plage. À chaque sortie un “Ladyboy” déguisé en sirène des océans, nous donne un bracelet pour marquer notre passage. Simple et efficace.

Philippines 2018 6La course se poursuit par un très beau chemin côtier dans les rochers. On rattrape un couple très original qui devrait créer une 4ème catégorie en swimrun à lui seul: un chien et son maître ! Peut être un Jack Russell Terrier habillé lui aussi avec son dossard et tout foufou de courir et nager. Décidément cette course imaginée par les joyeux organisateurs de Be TrailReady est pleine de surprises !!!

Mais les choses sérieuses commencent, on passe un pont et les 800m de dénivelé positif au dessus de la mer en seulement 5km pour rejoindre le mont Daguldul sont devant nous. La chaleur commence à s’inviter, il ne faut pas hésiter à se mouiller à chaque passage de rivière pour ne pas risquer la surchauffe ! Pendant la montée nous rattrapons la première équipe. Au sommet le cadre est magnifique, la jungle a laissé place au vert pâturage, on voit la mer au loin. Des groupes de randonneurs en profitent pour faire des photos mais pas le temps de flâner, on a une place à conserver et les deux équipes derrière ne sont pas loin !

Philippines 2018 7On récupère vite le bracelet du “U turn” et la descente par le même chemin va se faire en mode Arrachage !!! De retour sur la côte on relâche un peu le rythme dans le sable, avec 8mn d’avance sur les second on a bien mérité une arrivée en mode “cool down” .

Ça y est, on y est ! On visait un podium catégorie mix et on termine 1er scratch ! Whaou quelle bonheur partagé en duo ce sport !

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La sirène nous remet une médaille ouvre bouteille 🍻 hihi, belle ambiance comme d’habitude avec les Philippins toujours joyeux et avenants. La remise des prix est assurée par le sponsors Merell, une paire de chaussure minimaliste  Et plouf retour dans l’eau chaude pour détendre la machine et se laisser flotter.

L’avantage aux Philippines c’est aussi l’après course: pour 350php/heure un délicieux massage nous attend au bord de la mer, de quoi s’endormir et déjà rêver à la prochaine course dans ces paysages sauvages dépaysants.Philippines 2018 11

Photo credit AmphibRun & Trim

https://www.facebook.com/amphibrunraceph/

Isles of Scilly Swimrun

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Silly Scillies et toute cette sorte de choses.

Analyse d’un succès en deux temps

La victoire (sur soi, je ne suis pas complètement mégalo), se juge à l’arrivée.

Contexte personnel : après avoir décidé de me donner des objectifs ambitieux désormais, pour ma première carte SNCF Senior Plus, mon abandon à Lanzarote, bien qu’assumé car imparable, donnait à cette course prévue 15 jours après, une coloration toute particulière. D’autant que j’avais prévu après le Graal de l’Ironman des objectifs de course à pieds (Championnats de France FFA de 10 km route quinze jours après l’Ötillô Scilly, et un trail de 70 km assez effrayant à Val d’Isère, quinze jours après Liévin (les France). Gestion de ce programme sous la houlette de José. Les courses Ötillö sont des courses par équipe, et vu dans quel état nous errions, Xavier et moi avions (en plaisantant), prévu de faire la course en mode « touriste ». Or, voilà t’il pas que des projets de long terme se greffent là dessus, et que l’ambiance du lieu et de la course nous prend. « No tourists here, Sir. Hold on !»

Contexte collectif : nous n’étions pas deux, mais quatre. Djedjiga et Elena sont maintenant les partenaires de nos swimruns, et leur présence nous oblige à envisager autre chose que de faire de la figuration. D’ailleurs Michael Lemmel (le bellâtre organisateur), insiste pour qu’on évite de faire le clown devant les caméras. Les autres participants sont pour la plupart des armoires à glace (du cercle polaire), et de solides Walkyries (du Walhalla). En tout cas ce sont eux que l’on reluque, vu qu’ils sont là pour ça. Il faut donc avoir l’air un peu intégré… Heureusement il y a de nombreux participants de notre niveau, et nous voilà dans le moule… Mais, du coup, comme on dit à Paris, il faut faire bonne figure. Bref, nous sommes dans la course et un peu sous la pression. La pression des drafts d’ale.

Jusqu’à l’avant veille de la course c’était la cata !

Préparation et objectif : préparation en piscine et dans le parc de Saint Cloud… Tout est dit. Mais, mais, mais ! Préparation très soignée d’un Ironman réputé difficile, entre les entraînements du club, parfaits, vraiment parfaits, et nos conseillers respectifs de l’ombre, bénis soient-ils. Donc forme excellente pour moi obligée, d’autant que je n’avais pas couru le « marathon » de Lanzarote. Donc il fallait que je courre ! Car il y a ces deux courses à venir. Et… Et aussi un chrono genre « c’est bien pour toi ! T’es content? » à la Jaco, qui me laissait supposer depuis Lanza que grâce à Greg j’ai fini par apprendre à nager. Donc : tout pour mettre la pression. Et s’il n’y avait que cela pour la faire monter !
la météo : jusqu’à l’avant veille de la course c’était la cata. Beau toute la semaine d’avant et celle d’après, et le choix entre tempête, pluie ou brouillard le dimanche. Perdus dans un chenal avec des courants réputés violents, et des creux de 90 cm annoncés, la mort rodait…

des paysages à pleurer de bonheur

Le lieu : le paradis. Pas le paradis volcanique genre Lanzarote, plutôt le genre micro climat où les plantes tropicales poussent comme du chiendent. Les algues aussi. Hélas. Un mode de vie simple préservé, permettant à de riches londoniens de se payer des semaines dans un petit cottage très très simple de plein pied entouré de fleurs pour 5000£ la semaine dans une simplicité assez minimaliste (la nouvelle tendance à la mode). Des habitants adorables et des paysages à pleurer de bonheur. Contrastes, contrastes. Ouais ouais ouais. Avec le mauvais temps, la tempête, au milieu d’une passe de 2000 mètre entre deux îles, je t’en foutrai moi, du paradis. Rien n’est donné sur cette planète. Donc pas si sereins, pas comme le vent du soir.
Le voyage : c’est une expédition. Avion genre jet privé agrandi pour Bristol, trajet en voiture « à vive allure », et, ça c’est cool, dernière partie du voyage en bateau (j’adore arriver dans une île en bateau). Et l’inverse au retour !

Tombage amoureux des îles Scilly

La journée d’avant : on a bien mangé, il faut le dire. Les Anglois ont fait d’énormes progrès en cuisine. Et leurs bières sont toujours aussi bonnes que variées. L’hôtel est sympa et assez luxueux il faut le dire. Et ! Idée de génie de Xavier : louer une jolie petite barque de pêche pour le samedi. Entre émerveillements et coups de soleil, repérage des lieux aquatiques ! Ça aide ! Et tombage amoureux des îles Scilly. Ça aussi, il faut le dire et le redire : c’est sublime !

Tiens, elle est froide. Assez froide. Vraiment froide

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La course et ses deux parties : nous étions venus pour ça et il fallut partir. Même pas « demain dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne ! » Non les GO (gentils organisateurs), on tiré le coup de pistolet à 10 heures ! Les braves gens. 
Première course à pieds, et première natation, 2000 m de sainte Mary à Tresco. Tiens, elle est froide. Assez froide. Vraiment froide. Très très froide même pour Djé. Tiens il y a des algues. Beaucoup d’algues. Mais elles sont énormes. Mais elles s’emmêlent dans les plaquettes et le leash qui nous rend solidaires. Mais elles sont de plus en plus grosses. Mais c’est juste effrayant.

Qu’est ce que je fous là ?

Argggl. Première transition. Le sable est mou. Saloperie. Et deuxième natation, 1200 m Tresco Bryher. Elle est de plus en plus froide (température ressentie). Mais je suis à la ramasse. Mais faut que j’arrête le sport. Et la troisième CàP n’en parlons pas. Je suis trop vieux, je suis foutu. Qu’est ce que je fous là. Je suis un mytho. Une merde. Bref vous l’aurez compris je ne vais pas bien dans mes jambes, ni dans ma tête, ça va de pair. Passage de Bryher à Tresco, et là, erreur qui fut un coup de génie, genre Napoléon à Austerlitz (rapport au soleil et au froid, c’est subtil écoutez bien la suite), nous ne retirons pas le haut des combinaisons alors que la CàP est longue.

La température intérieure et le baromètre moral qui lui est lié, remontent !

D’ordinaire les piètres tacticiens font comme ça. Pas nous. Transpiration. Je prends conscience, là, juste en l’écrivant pour vous, chères lectrices et chers lecteurs, que cela nous a sauvés ! la température intérieure et le baromètre moral qui lui est lié, remontent ! Course gagnée ! 
Trois petites transitions natatoires plus loin nous voilà à St Martin. La forme est là ! Longue course à pieds sur single track, et là, le bonheur la joie alléluia gloire à Dieu au fond des Océans et au plus haut des Cieux, et toute cette sorte de choses : je cours ! Comme un lapin ! Comme un Padgel sur les drailles de ses montagnes (drailles => trail ! vous saisissez le lien étymologique ?).

Il y aura donc un après. Joie joie joie. Et ce paysage splendide ! À part la mer, on se croirait sur le plateau de Chaumienne, ou vers le Ranc Calliou ! C’est beau comme l’Ardèche et je suis heureux. Restent les 2500 m de traversée St Martin St Mary (priez pour nous). L’épouvantail. Eh ben franchi comme les harengs dans la Baltique ! Genre les poissons de l’Ötillö qui nous verront peut-être un jour nager avec application. Slow is fast and fast is slow comme ils disent. Ce qui aurait pu être notre tombeau est notre consécration. Dernière CàP un peu dure mais le Gü veille ! Loué soit-il. Et étant depuis St Martin avec nos Walkyries du sud, nous décidons de finir ensemble et cette CàP finale est une promenade de santé ! À bon train je précise non mais vous nous prenez pour quoi ? Nous finissons même à six Français mains dans les mains, enfin le truc à la gloire de l’éthique du swimrun !

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L’arrivée : je viens de vous la décrire, reportez vous aux deux dernières phrases.

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L’après course : je m’offre une Guinness, lentement tirée de son fût, et bue trop vite. Dommage. Cérémonie des vainqueurs, pour une fois que j’y vais, c’est sympa. Ah ce Mike, quelle prestance, quelle classe, quelle présence, quelle éthique. L’orateur aux pieds nus. Fish and chips au Mermaid. Bref, on a nos habitudes aux Scilly !
La suite : eh ben… Où va t’on pour la prochaine ? Hvar (avec un jota devant) ? Et… Plans sur la comète et toute cette sorte de chose. La suite au prochain numéro.

Marc Fortier Beaulieu

L’Ultra Swimrun à la conquête des alpes françaises

Voici une interview de Jean Christophe Bastiani, réalisée peu après une aventure qui a mené une douzaine de swimrunners internationaux à travers lacs et montagnes dans la région d’Annecy (120 km trail, 15 km natation, 5000 m+) les 28 et 29 avril derniers.

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Swimrun France : Bonjour Jean-Christophe, tu as organisé un ultra swimrun dans les Alpes du Nord qui a eu lieu les 28 et 29 avril dernier.  Avant d’en parler peux tu nous dire en quelques phrases ce qui t’a amené au swimrun en général et à l’ultra en particulier ? 

« En 2017, je participe à 17 courses toute distance dans différents pays »

Jean Christophe Bastiani : Bonjour à vous, j’ai découvert le swimrun il y a 3 ans  d’une part avec la vidéo de canal+ pour le 10è anniversaire d’ÖtillÖ (NDLR, « les exilés » de l’émission intérieur sport diffusé en 2015) mais aussi grâce à toi Akuna et les magnifiques premières images dans les calanques.

Je viens des sports nature. Ancien membre de l’équipe de France d’escalade jeune (ça fait longtemps), j’ai été au début du trail et du raid aventure où j’ai participé à de nombreuses courses nationales et internationales. Le raid devenant contraignant financièrement je me suis tourné vers le trail avec l’appel des montagnes (mon premier amour) puis vers l’ultra. Il y a 2 ans à 50km du départ de la TDS, j’arrête brusquement et je me jure de stopper l’ultra qui ne me convenait plus sachant que je passais énormément de temps à m’entrainer en mode swimrun. En 2017, je participe à 17 courses toute distance dans différents pays.

SRF: Peux tu revenir sur la genèse de ce projet ?

JCB: L’été 2017, je cherchais un défi, une nouvelle aventure pour mettre en lien mon sport de cœur, le swimrun et mes premiers amours, la montagne. L’idée a été facile à trouver :Traverser les Alpes du Nord en mode swimrun.

« réunir 20 swimrunners du monde entier pour promouvoir le swimrun, son esprit et ses valeurs »

Initialement prévu avec ma binôme de choc Marianne pour l’automne, on a très rapidement décidé de repousser pour s’organiser différemment.

Nouvelle date pour fin avril et  l’objectif de réunir 20 swimrunners du monde entier pour promouvoir le swimrun, son esprit et ses valeurs. Un groupe d’hommes & femmes amoureux de la nature et des grands espaces. Mon réseau international a été sollicité et j’ai proposé sur FB et IG de nous rejoindre avec 2 conditions, un cv sportif (pour la sécurité, et l’objectif des 24h) et surtout une lettre de motivation. 

Le groupe des 20 réuni, j’ai lancé la communication, trouvé les partenaires techniques et financiers mais surtout rencontré le président de la Fondation Ultra Sports Sciences pour établir un lien entre Ultra Swimrun et cette structure qui a pour mission :

  • Solliciter, fonds et faciliter la recherche pertinente liée au sport ultra-endurance.
  • Diffuser de nouvelles connaissances liées au sport ultra-endurance.
  • Améliorer la santé et la sécurité de ceux qui participent à des sports ultra-endurance.

Partenaires trouvés, réseau ouvert, j’ai fait les démarches administratives et trouvé quelques bénévoles avec des connaissances montagne.

SRF: La grande crainte pour cette époque de l’année c’est la température de l’eau des lacs, la gestion de la nuit en montagne, quel fut le dispositif de sécurité mis en place pour cela ? 

« Nous avons eu une chance énorme avec les températures estivales durant les 15 jours précédents l’Event »

JCB: Oui après l’hiver interminable et les chutes de neige record, mes 2 craintes étaient la température de l’eau et la quantité de neige sur les sentiers de crêtes (5 passages à 1500 m altitude).

Nous avons eu une chance énorme avec les températures estivales durant les 15 jours précédents l’Event. La neige a fondu à vue d’oeil et le soleil a réchauffé l’eau des lacs avec presque un mois d’avance pour atteindre 13-16 °C sachant qu’en mai 2017 on avant 11°C dans le lac d’Annecy.

Ultraswimrun Alps 1

Les swimrunners sont habitués et le groupe de furieux passionnés d’ultra endurance aguerris. Or vu les qualificatifs « extrêmes » cette balade (120km trail, 17km de swim, 5000m+), j’avais fait appel à la société Dokever spécialisée dans l’assistance médicale (UTMB, Marathon des Sables, Ironman, Tour de France…) pour garantir le maximum de sécurité aux membres du groupe. SUP, visuels direct durant les sections swim, radio VHF et pacer (secouriste/infirmier) sur les sections trail, jour et nuit sous surveillance mais aussi sur l’autosurveillance du groupe. N’oublions pas que ce dernier évoluait ensemble.

SRF: Dès le départ tu as coloré cet évènement d’un aspect international, comment ce dernier a t-il était perçu à l’étranger ?

JCB: Ahh vaste sujet. Je suis immergé dans le swimrun depuis le début en France à vos côtés. Ouvrir à l’international était évident pour moi. Mon réseau swimrun international m’y a aidé mais aussi mon ex compagne suédoise. Les connaissances sont un premier pas mais ma passion et mes idées ont fait le reste en attirant ces sportifs. 

Concernant la Suède, c’est un peu compliqué il y a de très nombreux compétiteurs et venir fin avril pour un ultra, un peu à l’inconnu a fait peur en  début de saison. J’ai expliqué la possibilité de stopper et couper une partie mais l’esprit de vouloir finir à tout prix était plus fort. J’ai quand même eu 2 expatriés français et danois habitant en suède qui sont venus lol.

France, Suède, Danemark, Suisse, Pologne, Portugal, Italie, Asie, UK, et US était partant jusqu’aux derniers moments.

Début de saison, veut aussi dire premières blessures, incompatibilités personnelles et professionnelles, …. ce qui a réduit le groupe à 13 (4femmes et 9 hommes).

SRF: Parmi les participants, il y avait aussi une équipe française dont tu es à l’origine de la création, peux tu nous éclairer à ce sujet ? 

JCB:  Le Team « swimrun-events » est un regroupement d’amoureux du Swimrun, de la nature et des valeurs qui en découlent. Il y a des compétiteurs de haut niveau mais aussi des amateurs. Je vais prendre le temps de structurer ce groupe pour le faire évoluer avec un seul but : Le partage.

SRF: Revenons au déroulement de l’ultra, quels ont été les challenges à surmonter, attendus et aussi inattendus ? 

JCB: Le plus dur à été la météo qui étaient annoncée tempétueuses avec pluie, vent, neige sur les sommets à 72h de l’event…

Finalement nous avons nagé dans des conditions au top, eau calme et « chaude », pas de vent, soleil très généreux, nuit avec pleine lune. Uniquement du vent et des nuages sur le lac du Bourget en fin de journée , très typique en montagne.

Eviter l’accident dans un tel environnement était ma préoccupation première …. aucun secours engagé, juste quelques petits bobos et des jambes de bois  le dimanche matin.

SRF: Vous progressiez en groupe, telle une tribu, les décisions semblaient prises à la fois par l’encadrement et les coureurs, peux tu nous décrire l’ambiance, l’expérience d’un tel état d’esprit ? 

« A cet instant, j’ai vu naitre autre chose »

JCB: La symbolique du groupe était l’essence de l’aventure. Il a fallu 10km (le lac d’Aiguebelette) pour que le groupe se forme complètement. A cet instant, j’ai vu naitre autre chose. Toujours difficile d’expliquer  cette sensation typique en expédition, en milieu isolé que j’ai connu mais là c’était encore plus fort.

Automatiquement, les moins performants en nage ou trail étaient encordés faisant évoluer le groupe ensemble et …..une chose assez folle, avec sourire constant. Une bonne bande de copains qui discutait et refaisait le monde tout en se surveillant les uns et les autres, accrochant ceux qui avaient un coup de mou…

L’esprit de partage était là et les grandes décisions étaient collégiales.

Je parle pour tous les membres, les accompagnants et les partenaires qui ont vu « mûrir » le groupe.

 SRF: En terme de « bobologie » qu’as tu rencontré, et quels conseils donnerais tu aux swimrunners tentés par l’aventure ? 

« 75% de la réussite est due au mental…. et le principal c’est d’avoir le sourire !! »

JCB: Comme j’ai dit au dessus, c’est la bobologie classique de l’ultra endurance avec ampoules, genoux qui coincent et la fatigue générale. Quand je vois Camille qui a atteint ses premiers 100km, son 1er trail en montagne, couru dans la neige de la Féclaz aussi pour la 1ère fois, c’est génial. 

C’est compliqué de donner des conseils sur un tel Event. Nous parlons plus d’un swimrun aventure, expédition ou tout est possible en terme de bonheur que de douleur. Il faut se préparer physiquement, être bien dans ses chaussures (au propre et au figuré) et avoir un mental d’acier. En ultra endurance, 75% de la réussite est due au mental…. et le principal c’est d’avoir le sourire !!

SRF: Quelle a été la plus belle récompense pour toi et les coureurs lors de cette aventure ? 

JCB: Ma plus belle récompense a été de voir tous ces sourires, cette union et le final sur la plage de Talloires.  Que dire de ces 10 minutes d’étreintes, d’accolades et de toutes ces larmes dissimulées. Rien que de me souvenir de la sortie d’eau, et voir tout le monde s’embrasser, se prendre dans les bras, 26 h après le départ, ça m’a fait monté les larmes (de bonheur).

Ultraswimrun Alps 2

J’ai réussi mon pari fou de proposer un ultra swimrun aventure non stop à travers les montagnes. Quand je lis les commentaires des membres du groupes sur les réseaux sociaux ou par téléphone, je suis fier d’avoir créer cela. 

Je vais le faire version montagne mais nous pensons tous dans le groupe des 20, les partenaires, les familles présentes que nous avons passé un cap dans un nouveau swimrun typé « expédition ». Il y a  d’autres ultra comme les amis du 06 avec leur traversée des Alpes-Maritime mais surtout Niklas en Suède avec le SAUC qui est une énorme aventure sur plusieurs jours dans l’archipel de Stockholm. Respect à eux, comme l’on dit plusieurs membres c’est le côté expédition authentique qui ressortira de l’Ultra Swimrun Alps.

SRF: Quel est ton programme pour le reste de la saison swimrun 2018 ?

JCB: Je sors d’un très gros surentrainement couplé à des problèmes personnels c’est pour cela que je n’ai pas pu faire l’ensemble de l’Ultra mais le repos sera salvateur pour le corps et l’esprit. 

  • Les prochaines courses officielles seront Toulon avec Laurence MNS qui a découvert le swimrun durant un des camps l’été dernier et qui a une très grosse motivation pour faire de beaux résultats. Toulon sera en mode récup mais viendra surtout Engadin et Ötillö World Cup sous les couleurs de Vivobarefoot/Head
  • Toujours en lancement de Swimrun-Events, je suis dans l’attente de voir si je créé cette société de swimrun camps en France ou en Suède tout en gardant le programme déjà établi. (fiscalité, règlementation ….lol)
  • Je vais relancer la communication et restructurer le «groupe Swimrun-Events » qui est plus qu’une team. Terrain de test matériel, accompagnement sur les évents et performance pour certains membres. Un groupe hétéroclite tout comme l’est cette discipline.
  • Préparation de l’Ultra Swimrun Alps-Together for the future qui sera relancé fin avril 2019 sous une forme qui plaira autant aux élites que les  les amoureux de la nature prêt à tenter le défi et boucler le parcours.
  • Et enfin, une vraie expédition swimrun en Asie mineure que je devais effectuer avec ma moitié scandinave mais qui sera à 4 ou 5.

« imaginez des lacs d’altitude, une rivière qui fait le lien, le désert à perte de vue et en fond les sommets enneigés….. » 

Voilà le début de l’histoire.

merci à Swimrun France de m’avoir donné la parole sur cet événement qui se doit d’être une des nombreuses voies du swimrun et notre slogan en est le symbole.

TOGETHER FOR THE FUTURE

L’Ultra Swimrun Alps Together for the future  en chiffres :

  • 26 heures
  • 120 km en CàP, 15 km en natation, 5000 m+
  • 11 hommes / 5 femmes
  • 3 lacs alpins, 2 montagnes

Le récit complet de l’aventure sur le site de Jean Christophe:

https://www.swimrun-events.com/blog/2018/05/02/ultra-swimrun-alps—together-for-the-future

Peyrolles, un swimrun qui aurait mérité de continuer

Beaucoup d’épreuves voient le jour, et c’est un bonne chose. Malheureusement certaines disparaissent pour des raisons diverses. Le swimrun a Peyrolles en fait partie, dommage. Gilles et Céline Hermitant ont couru avec succès leur premier swimrun a Peyrolles en Juin 2016. Voici leurs impressions, en espérant redonner envie au groupe local de relancer cette épreuve sympatique. Photos ©Jean-Philippe Candel

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©Jean-Philippe Candel

Le lac de Peyrolles est situé à 20km d’Aix-en-Provence. C’est une base de loisirs aménagée sur une ancienne sablière. L’eau est plutôt claire et la température clémente aux alentours de 20-22°C. Ce lac est d’ailleurs le lieu pour la Natation du Half Ironman d’Aix-en-Provence qui a lieu en Mai. Le lac est équipé également d’un téléski nautique sur lequel on peut pratiquer le wake.

Le club Durance Triathlon organisait auparavant le triathlon Guy Drumez, mais en raison d’un parcours vélo un peu exiguë qui ne donnait pas pleine satisfaction, ils ont décidé de se lancer dans le swimrun. C’est un club très dynamique de la région avec notamment des triathlètes de très haut niveau et un très bon niveau général.

1ere édition en Juin 2016

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©Jean-Philippe Candel

L’organisation était impeccable et très bon enfant, avec une excellente ambiance générale. Le club n’en est pas à sa 1ere organisation et ça se voit, par exemple avec des ravitaillement de qualité et suffisant. Nous avons aussi été intéressé de voir les exposants de combi swimrun présent sur le site et apprécier les massages à l’arrivée.

La participation était plutôt limitée avec environ 30 équipes au départ et 30 individuels. Il est placé en pleine saison de triathlon et l’épreuve est une 1ère édition. Mais nul doute que la participation sera nettement plus importante l’an prochain.

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©Jean-Philippe Candel

Le parcours est composé de 12 km avec 2km de natation. Il s’agit donc d’une épreuve de découverte de cette discipline avec environ 5 sections différentes Course/Natation. Les sections sont relativement bien équilibrées. A noter une petite touche originale en fin de parcours avec un filet de type accrobranche et un saut à effectuer. En dehors de cela le parcours est sans difficulté et très bien balisé. La sécurité est très bien assurée par des bénévoles à chaque entrée/sortie des portions natation et des canoës sur l’eau. A signaler qu’il y avait aussi une épreuves ‘kids’ pour les plus petits. Une très bonne initiative pour former les jeunes et leur donner le gout de l’effort et du plaisir en pleine nature.

La remise des prix était très sympa avec récompense des individuels, des binômes mixtes, masculins et féminins. Et en plus distribution de cadeaux sur tirage au sort du dossard.

Mon ressenti

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©Jean-Philippe Candel

La quarantaine, nous pratiquons le triathlon depuis une quinzaine d’années au club de Salon de Provence. J’ai du faire une pause à cause de problèmes de santé, et je m’y remets depuis 1 an. Par le passé, j’ai été finisher l’embrunman et à Nice. Aujourd’hui, je ne fais que des courtes distances car la famille s’est agrandie et qu’il en faut pour tout le monde. Mais je n’exclus de refaire du half ironman. J’aime aussi beaucoup le trail et fais des courses à l’occasion et surtout du funboard que je pratique dès que les conditions s’y prêtent.

J’ai découvert par le reportage intérieur sport sur Ötillö et j’ai adoré. Donc, pourquoi pas nous lancer sur un swimrun , court pour commencer, et peut-être plus longs dans le futur?

J’ai fait cette course avec ma femme. C’était notre premier swimrun et nous étions équipés avec des shorties de planche à voile. Nous avons vraiment adoré les enchaînements sans changement de tenue, qui donne une touche un peu baroudeur, d’autant plus que le parcours nous emmenait sur des parties du lac très sauvage. Enfin, nous avons apprécié de partager un effort en binôme, nous qui sommes habitués à courir en individuel en triathlon. Bref, de très bons souvenirs d’autant plus que nous avons gagné en binôme mixte et que nous nous sommes classés 5eme au scratch Equipe.

Retrouvez toutes les photos de l’épreuve ici.

La première ouverture de voie en swimrun dans le grand canyon du Verdon

La descente du grand canyon du Verdon du point sublime au lac de St Croix, 25 km dans une eau à 10°.

« Expédition réalisée par des spécialistes de la montagne, de swimrun aventure et d’eau vive, ne pas tenter l’aventure sans encadrement »

Au petit matin quand nous nous sommes réveillés le thermomètre du fourgon de David indiquait 0° C, il y avait du gel sur le pare-brise. A ce moment- là, je n’avais pas trop envie de me mettre à l’eau mais l’enthousiasme de David me gardait motivé pour entreprendre cette traversée de fou.

La vue sur l’entrée des Gorges nous renvoyait un paysage des plus magnifique. Jen nous a préparé de quoi manger avant de partir. Les conditions sont réunies pour accomplir ce genre d’expédition:

  • le niveau de l’eau est bas par manque de pluie, je crois que depuis le mois de mai, il n’a pratiquement pas plu.
  • le ciel est prévu au beau jusqu’à demain
  • les lâchés de barrage sont les mardis et jeudis normalement.

Ma crainte était de s’engager dans des goulets et rester bloqué par des siphons passant sous la roche. Nous avions une sangle de 20 mètres au cas où il aurait fallu reconnaître avant de s’engager. Il fallait rester très vigilant, avec le froid les réflexes étaient un peu amoindris. La mise à l’eau me paru facile car moins froide que l’air. David criait de joie. Jen jouait la photographe depuis le sentier Martel avant de nous rejoindre au 1/3 du parcours pour finir avec nous.

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(crédit photo : Sylvain Scoccia)

Pendant 3 bonnes heures nous descendions à bonne allure. Une petite halte où le soleil faisait son apparition nous a réchauffé un court instant avant de rejoindre Jen au pont de la Malines. Nous en avons profité pour faire une halte, se préparer une soupe bien chaude et un bon café avant de repartir vers l’Imbut, un passage délicat.

Les paysages sont féériques, les couleurs automnales sont éclatantes, du rouge, orange, jaune, vert comme si l’été coloriait sa chaleur sur la végétation. Au-dessus de nos têtes des falaises de plusieurs centaines de mètres sculptées par la force de l’eau nous étourdissaient de beauté.
Le deuxième tiers est encore plus admirable: enfermés dans des couloirs très étroits donnant l’illusion d’être en sécurité. J’imagine quand période de crue cet endroit doit être un enfer. Le froid commence à nous glacer les os, il faut avoir un bon mental à ce moment là, une forme de survie se met en place. Heureusement tout est magnifique, les paysages sont unique, l’eau est d’une pureté vert émeraude.

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(crédit photo : Sylvain Scoccia)

Jen et David, habitués à vivre des aventures engagées, sont solides mentalement et physiquement et c’est très rassurant pour moi. Arrivés à l’Imbut, un moment d’hésitation me saisit avant de rentrer dans ce gouffre froid et sombre.

David, encordé, « se sacrifie » et rentre pour faire une reco. Le courant n’est pas fort, il nous crie au loin dans cette caverne que nous pouvons le suivre. Au fond du gouffre un amoncellement de rondins de bois vont nous permettre de sortir de cette cavité extraordinaire érodée par le passage immémorial de l’eau.

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(crédit photo : Sylvain Scoccia)

Il ne faut pas trop tarder les heures passent et cela serait bien mieux si on peut arriver avant la nuit . La suite est toujours aussi merveilleux, encore une petite halte pour manger afin de reprendre des forces. Il nous reste à finir par 2km de nage. L’appréhension nous gagne après avoir passé près de 9h dans une eau à 10°C.  Subir 1h sur ce final aquatique ne nous enchante pas trop. Nous arrivons au terme de cette descente qui restera gravée dans nos cœurs et mémoires.

Finalement, la dernière nage se fait dans une eau plus chaude de quelques degrés, ce qui va nous permettre de finir dans de meilleures conditions certes très fatigués et heureux d’avoir partagés cet exploit. Nous regagnons la voiture qui se trouve un peu plus haut sur la route et dans la nuit.

Merci à Jen et David d’avoir partagé cette incroyable journée.

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Sylvain Scoccia

https://www.facebook.com/SwimrunAventure/

Swimrun Solina la première merit race OtillO Polonaise

Eric Visentin, frenchy expatrié en Pologne, nous raconte sa folle semaine de swimrun qui l’a vu enchainé les deux premiers swimrun longue distances créés cette année: Goswimrun à Wióry et le Swimrun Poland à Solina. Le récit de course de Goswimrun est paru ici.

Présentons Solina. C’est  aussi un grand lac de retenue, à la forme complexe, multiples méandres, péninsules, et iles. Sa digue est la plus grande de Pologne. Niché dans les premières ondulations des Bieszczady, fragment de la chaine des Carpates et montagnes les plus orientales en Pologne, frontalières avec l’Ukraine et la Slovaquie. La région, touristique mais relativement secrète, est magnifique, avec son folklore local haut en couleur et son architecture en bois. Les Bieszczady, à défaut d’être les plus hautes de Pologne, entretiennent une fascination au niveau national. Mystiques et sauvages, elles abritent ours, lynx, loups, et innombrables légendes de contrebandiers. Solina et son écrin bleu, apportent une touche aquatique un peu inattendue à ce décor de basse montagne fait de prairies, feuillues et résineuse.

Les jours suivants (NDLR, le Goswimrun à Wióry ), la fatigue se fait sentir, plus pesante que le reste du Dimanche. Inquiétude: je suis légèrement enroué, et la gorge pique. Rien de méchant pour l’instant, mais restons prudent. Aucun entrainement jusqu’au prochain swimrun (NDLR, swimrun poland à Solina comptant comme « merit race » pour l’ÖtillÖ), aucune prise de risque. Je profite de ces quelques jours pour méditer sur la question de la combi, qui sera indispensable.

Mes premières recherches s’orientent vers la combi Dare2Tri courte, mais la livraison avant le weekend n’est pas garantie, et sans certitude de choisir la taille adéquate. L’autre option consiste en une combi de swimrun intégrale, qui pourra me servir aussi en triathlon: celle que je possède actuellement ne me satisfait pas car trop petite. Le stand de la marque Head sera présent à Solina avec discount: je commande en ligne le modèle Swimrun Rough. Quelle efficacité aura cette combi en mode nage simple ? Je n’en ai encore aucune idée. Je vous le dirai le 23 septembre lors d’un petit triathlon.

Jacek, mon partenaire pour Swimrun Poland à Solina, a lui aussi fait comme Tomasz, en découpant une vielle combi de tri. Cette fois ci, les rôles sont inversés: autant c’est moi qui avais aidé Sam, autant une grosse galère arrive en perspective, car Jacek, c’est du lourd: il vient de se qualifier aux championnats de 1/2IM en Afrique du Sud en 4:32. Il est lui aussi sous les dix heures en IM, et la natation, c’est son point fort. La troupe présente à Wióry n’a d’ailleurs pas loupé de me chambrer le weekend précédent : « Eric, tu vas faire du ski nautique derrière Jacek ? »

J’ai néanmoins choisi de mettre tous les atouts de mon côté. Outre la combi, je me suis bricolé un système de rectangles découpés dans un vieux matelas de camping, et fixés aux lacets de mes chaussures, à l’image des plaquettes de flottaison de la marque NU. Et depuis Wióry et les entrainements précédents, mes épaules ont à force acquis une tonicité d’enfer. Il y a juste ce satané rhume, qui traine encore, et que tout le monde a par ailleurs attrapé à Wióry…

Jacek et moi partageons transport et hébergement avec deux autres participants de Wrocław, Paweł et Dominik, de l’équipe GTRAT. Nous avons loué un bungalow en bois à proximité du lac. Outre le matériel de sport, quelques bouteilles de liqueur font aussi partie des bagages… Un autre weekend phénoménal s’annonce. Et cette fois ci, il va faire grand soleil !

A cause des bouchons sur l’autoroute, nous arrivons plus tard que prévu sur le lieu de retrait des dossards, 10mn avant la fermeture. Plus stressant encore, je devais retirer la combinaison payée d’avance… Heureusement, les vendeurs de Head m’ont attendu. Nous achevons la soirée sur une pizza, en commentant mon achat certes un peu « aveugle »: n’aurais-je pas un peu trop chaud demain dans cette combi ? L’eau, comme pour Wióry, est au-dessus des normes saisonnières, avec 19°C.

Nous faisons connaissance avec les organisateurs, Kacper et Gabriella. Ensemble, ils animent et dirigent un groupe de course à pied sur Cracovie, Runonline.pl. Ils organisent aussi, et avec un certain succès, des compétitions, dont une par étape en montagne nommée Triada, qui a lieu une fois en été et en hiver. Kacper est un excellent coureur, cela se devine de suite à son gabarit sec et tonique. Il est l’ingénieur technique et sportif de la course. Gabriella, bavarde, dynamique, aussi très charmante, est sans nul doute la tête de proue du projet. Convaincre le maire de Solina, vaincre toute la bureaucratie locale, inscrire l’épreuve dans le circuit « merit race » du championnat ÖtillÖ… le volet marketing et organisationnel lui doit beaucoup.

« Eric, b…, t’est prêt ? On y va, on arrache ! ».

Le départ est prévu à six heures du matin, l’heure du lever de soleil, toutes distances confondues, ce qui donne un parfum d’ultra-running à l’évènement. Outre la distance marathon, il y a la distance sprint, sur 25km, et une distance « first steps » de 10km. Toutes en binôme. Les chasubles, très jolis, sont fait de motifs bleus et blanc; les bonnets jaunes fluo semblent faits comme pour être assortis aux combinaisons. Le compte à rebours a lieu dans la pelouse de l’Hôtel Skalny à Polanczyk, site de l’épreuve. Le départ est donné et nous dévalons la rue principale, qui mène au lac. L’excitation du départ donne lieu à de nombreuses manœuvres telles que dépassements, positionnements, mais toute cette débauche tactique semble soudain superflue lorsque l’entrée dans l’eau se dessine, et que chacun prend son temps.

Jacek, lui est déjà pressé, il a déjà arrangé bonnet, lunettes, sangles, paddles, et se jette dans l’eau sans préambule : « Eric, b…, t’est prêt ? On y va, on arrache ! ». Nous avions fait déjà un entrainement au lac de Mietków il y a quelques semaines, qui n’avait pas été entièrement satisfaisant, car la sangle me gênait beaucoup. Le scénario se répète… Nous avançons en « flux tendu », Jacek, en traction devant, exactement de la même manière dont je tractais Sam il y a une semaine. Dans la précipitation, sans doute aussi à cause du sommeil, je réalise soudain que j’ai tout bonnement oublié de placer le pullbuoy entre les jambes… L’eau de montagne, claire, est translucide, et je vois Jacek devant même sous la surface, ce qui est un avantage. Nous achevons ce premier kilomètre de nage dans le gros du peloton.

« des vapeurs magiques émanent de la surface, baignée dans le soleil levant »

La séquence de course qui s’ensuit est déjà la plus redoutée, c’est celle qui nous fait monter au point culminant, le petit sommet de Jawor, 741m, soit trois cent au-dessus du lac. Nous montons en trottinant, trouvant déjà qu’il fait chaud dans ces combis… La descente s’ensuit, par des sentiers rendus extrêmement boueux à cause de la pluie les jours précédents. Court en jambes, je n’ai jamais été très fort dans les descentes en course à pied. Jacek passe devant, refaisant régulièrement ses chaussures: il a choisi de vielles baskets « ironman » à fermeture velcro… Les 4 portions de nage suivantes sont toutes très courtes, très proches les unes des autres, séparées par des intervalles de course à pieds sur la « plage »: entendez par là la pente pierreuse laissée par le niveau du lac un peu bas. Nous sommes plus en aval dans la retenue d’eau, là où cette dernière reçoit l’apport de quelques rivières. L’eau est sensiblement plus froide, et des vapeurs magiques émanent de la surface, baignée dans le soleil levant. L’un des moments les plus magiques de l’épreuve.

Jacek et moi décidons de faire ces fragments non attachés, en restant proche. Je suis chaud, désormais dans mon rythme de croisière, j’envoie des bouillons dans l’eau avec mes paddles larges. Le pullbuoy est correctement calé, les carrés sur mes chaussures jouent parfaitement leur rôle, mes jambes flottent visiblement plus. La portance ce cette nouvelle combi semble aussi optimale. Je vais presque à l’allure de Jacek, doublant tous les concurrents partis juste avant nous. Mon coéquipier, qui semblait jusqu’à présent un peu exaspéré de ma lenteur en silence, commence à retrouver le sourire: « Ouah Eric ! T’as envoyé ! ». Cela me fait plaisir, même si Jacek a une fâcheuse tendance à ignorer la règle des 10m de séparation…

Une autre jolie portion de course, traversant village et pâturages, nous mène plus loin. Je commence à réaliser que le soleil tape, et qu’avec quatre ravitaillements sur toute la course, ce sera difficile. J’ai heureusement été prévoyant en prenant le départ avec une bouteille de trail vide, attachée à ma ceinture: je la remplis au buffet, et juste avant d’arriver aux nages suivantes, je l’ai presque bue en entier. Deux nouvelles petites portions arrivent: nous nageons vers une ile, « Wyspa Energetyk », et regagnons la berge principale. Il a beaucoup d’algues. Je termine la première en constatant que je me trainais un bouquet de trois mètres de long… Lors de la seconde, rebelote. Mais horreur et consternation en arrivant sur la berge: ma gourde a disparu ! T’inquiètes, dit Jacek, on arrive au prochain buffet…

Quelques collines franchies, et nous redescendons vers Polanczyk, où les touristes sont de plus en plus nombreux. Beaucoup nous encouragent, mais dans leur regard, nous lisons autant d’admiration que de points d’interrogation : « Dites-moi mon brave, c’est quel genre de course que vous faites ?! ». Nous regagnons le site de l’hôtel, point de la mi-course à 23km. Paweł et Dominik, qui ont fait la distance sprint, viennent juste d’arriver, et nous encouragent : « Eh ben les gars… encore une moitié comme ça… bon courage ! ». Du courage, il nous en faudra: cette seconde moitié comporte beaucoup moins de nage, et il commence à faire chaud. Ma combi longue me pèse un peu, et je commence à accuser le coup: Wióry la semaine dernière, je le sens encore dans les jambes, et mon rhume a un peu freiné ma récupération. A vrai dire, je ne suis pas inquiet sur mon tempo: je sais que je finirai l’épreuve. Je suis surtout inquiet pour l’eau. Il y a six kilomètres avant la prochaine portion de nage, 400m. Ensuite, et jusqu’au kilomètre de nage final, il y a presque un semi-marathon entier…

J’ai l’impression de courir comme un sapin de Noel

A l’issue de cette portion de course et des 400m dans l’eau, je décide que le moment est opportun pour me dévêtir le haut, je remets uniquement le chasuble. Mes manches pendent un peu, je fais un nœud. J’ai l’impression de courir comme un sapin de Noel. Mes forces baissent, je bois quelques gels. Toutes les montées, Jacek et moi les faisons désormais en marchant… Le buffet est là, et je bois jusqu’à satiété. Les 400m sont bienvenus pour me rafraichir un peu. La portion suivante fait presque 9km, essentiellement en descendant. Nous sommes en contrebas de la digue, en dessous de laquelle git un autre lac, étroit et tout petit, alimenté par les rejets d’eau du principal. L’eau de celui-ci est à 15°C, nous avions été avertis ! Beaucoup de binômes entrent avec précaution pour éviter un choc thermique. Je remets à la hâte le haut de la combi par-dessus le chasuble, et me jette dans l’eau avec Jacek. La fraicheur est une bonne motivation pour en finir vite ! Une fois de plus, la portion de nage est rapidement négociée, avec les félicitations de Jacek. S’ensuit une longue montée par des escaliers et sentiers abrupts, qui semble aussi jouer en notre faveur: les binômes dépassés sont distancés, et nous en rattrapons un nouveau: nous sommes désormais septièmes au classement général !

Les quelques équipes dépassées, comme irritées par notre opportunisme, semblent se regrouper comme pour s’entendre, et forment un peloton à notre poursuite. Le sentier parcourt une crête en dos d’ânes. Jacek les descend vite, ce qui m’oblige à forcer le tempo pour le rattraper. Cette portion est longue et usante. Les poursuivants semblent relégués de plus en plus loin. Nous constatons sur la droite que nous sommes à nouveau en surplomb du lac principal de Solina. Nous traversons une carrière de pierres, qui amorce la descente. Dernier ravitaillement. Je croyais que nous n’étions plus trop loin du lac, mais quelques kilomètres sur asphalte nous en séparent encore… le temps passe de plus en plus lentement. Jacek comme moi marchons désormais à chaque moindre ressaut. Nous parvenons néanmoins à rejoindre un nouveau binôme Suédois-Polonais avec qui nous bavardons brièvement.

Port-Solina arrive enfin, avec le kilomètre de nage final. Le vent contre souffle fort, il y a de la houle, cela ne va pas être facile. Je dois réenfiler ma combi, ce qui agace Jacek, qui vit visiblement la couse à fond. « Magne toi, ils arrivent tous ! ». En effet, les polono-suédois, et le binôme doublé dans la montée, ont anticipé la transition et sont déjà prêts à se jeter à l’eau… La bataille finale commence. De la bataille, à vrai dire, je n’en verrai pas grand-chose, à cause de la houle; c’est Jacek qui me la racontera par la suite, car il a eu le temps d’observer. Nous avons malheureusement été dépassés par ces deux équipes, mais en avons rattrapé une. Tout cela malgré les crampes qui ont soudainement tétanisé mes jambes à mi-parcours, au point que le bateau de police vienne à ma rencontre pour demander si tout allait. Arrivée sur la berge douloureuse, je suis incapable de courir. Jacek attache la sangle et me tracte. Nous trottinons toute la rue principale de Polanczyk qui nous ramène à l’arrivée. Sept heures trente de course ! Je n’ai pas vu le temps passer. Nous sommes septièmes au général, sixièmes dans la catégorie homme.

« Wióry et Solina actent la naissance du Swimrun en Pologne »

Paweł et Dominik nous attendent à l’arrivé, Kacper et Gabriella remettent les médailles et t-shirt finisher. Les médailles s’assemblent, tels des dominos, formant une poignée de mains qui s’entre-aident, idée originale. Le binôme qui arrive après nous n’est personne d’autre que Jędrek et son fidèle compère Rafał. Un peu avant nous, Marek et Dominka, Bartek, Joanna, tous ces gens qui ont testé l’édition zéro en 2016, cette grappe de passionnés, qui comme moi n’ont pas hésité à faire Wióry et Solina l’un après l’autre. La joie est lisible sur tous les visages, les photos de groupe s’enchainent. Plus qu’avoir fini une épreuve, le sentiment qui prédomine est d’avoir bâti quelque chose, d’avoir chacun posé une pierre à cet édifice inédit. Wióry et Solina actent la naissance du Swimrun en Pologne.

Le repas est offert, nous nous changeons, allons piquer un petit somme au bungalow, et revenons pour la cérémonie de remise des prix. S’ensuit une after-party, ou les bières, elles aussi offertes, s’accumulent aussi rapidement que les heures passées autour du lac de Solina. Les sujets de conversation ne manquent pas. La piste de danse est illuminée, mais curieusement peu de finishers dansent… Le lendemain matin, le déjeuner est lui aussi offert. A l’occasion, des photos de la course sont présentées par diaporama, ce sont celles présentes plus tard sur les réseaux sociaux. Je ne me souviens pas d’une épreuve proposant autant d’hospitalité aux compétiteurs. Nous terminons la journée par la visite du barrage, un lieu touristique, et une halte sur la route au centre historique de Tarnów.

Beaucoup d’épreuves sportives de masse, de manière générale, ont toujours lieu en Pologne. Il y a fort à parier que le swimrun suivra la tendance. Solina et Wióry auront lieu à nouveau, c’est une certitude, mais cette fois-ci a deux semaines d’intervalle (01/9/2018 et 15/09/218). Au moins une autre épreuve majeure viendra s’ajouter au printemps (28/5) à Stężyca, près de Gdańsk. Elle est déjà cochée sur mon calendrier! Sumin et Bydgoszcz, les deux épreuves en format mini qui ont eu lieu plus tôt, risquent de prendre du poil de la bête et présenter un parcours plus long et attrayant.

Ainsi se termine la « semaine swimrun », riche en émotions, enseignements, nouvelles connaissances et amitiés.  Rendez-vous en 2018 !

Eric Visentin

http://swimrunpoland.com/