Epic Blue Finale Ligure, une belle italienne qui se mérite

Quelle journée à Finale Ligure ! L’Epic Blue Swimrun a su apporter sa pierre à l’édifice du festival FLOW (Finale Ligure Outdoor Weekend). Les athlètes, partis en face de la majestueuse église de Finale Ligure, se sont envolés à travers les rues étroites du centre ville historique de la cité transalpine. Au milieu d’une foule de touristes curieux et des équipes internationales de l’Enduro World Series (VTT), les swimrunners ont rejoint la promenade le long de la mer. Longeant le tournoi de beach volley, ils ont bifurqué peu après sur la plage puis une digue rocheuse afin de s’élancer dans la première natation.


Les athlètes furent conquis par la beauté des lieux et enthousiasmés du tracé malgré des conditions de mer plus exigeantes qu’anticipé avec vagues et courant. La partie trail en direction du Cap Noli était dure, mais gratifiante tant la vue surplombant la mer, dans laquelle les swimrunners venaient de nager et le village de Noli était exceptionnelle. La météo était favorable avec quelques nuages éparses atténuant l’intensité du soleil. La température de l’eau, clémente aux alentours de 20°C, autorisait la majorité des athlètes à se passer de combinaison.


Le grand format de la course inspiré du célèbre swimrun OtillO de l’archipel à Stockholm (Suède), berceau de la discipline, se court en binôme. Et ce n’est pas moins que le duo champion du monde 2016, 2017, 2018 Annika Ericsson et Kristin Larsson qui s’illustre en gagnant leur catégorie et en finissant 3ème au scratch après deux équipes hommes: les frères Cadière, Romain et Renaud (France) vainqueurs au général, suivis des triathlètes locaux Federico Gallo et Claudio Gaino.

La française Hélène Fayette (Marseillle) a commencé depuis peu le swimrun, elle nous livre ses motivations et son ressenti de cette première édition du swimrun Epic Blue Finale Ligure.

Swimrun France : Bonjour Hélène, tu as participé au swimrun Epic Blue finale Ligure sur la distance « short experience » en solo. Quels ont été tes choix pour disputer une telle épreuve ?
Hélène Fayette : Étant de nature assez solitaire, cela ne m’a pas dérangé de faire la course en solo. Le format « short experience » en solo est idéal pour les débutants. Même si le swimrun se pratique en binôme et que le format solo est souvent dénigré, il est rassurant de pouvoir faire une course à son propre rythme ( ce qui n’est parfois pas toujours le cas du binôme).
Le temps était magnifique et la combinaison était clairement de trop !!! Je n’aurais certainement pas pu finir la course si je ne m’étais pas changé 5 minutes avant le départ (je n’étais pas la seule).

SRF: À quoi ressemble l’environnement de la course ?
HF: J’ai découvert Finale Ligure et ses alentours et je dois dire que la beauté des lieux ne m’a pas laissé insensible. D’un côté, on peut apercevoir des plages sublimes à perte de vue et juste en face surplombent des immenses montagnes verdoyantes. On peut même visiter un magnifique village médiéval au pied de la montagne. C’est un cadre parfait pour la pratique du swimrun ainsi que beaucoup d’autres sports outdoor.

SRF: Comment s’est déroulée ta course ?
HF: C’est une des plus belles courses que j’ai pu faire mais aussi une des plus dures sur le plan technique. Même si la mer paraissait calme, il y avait un petit courant qui parfois nous faisait faire du sur-place ( assez dur psychologiquement) ainsi que quelques méduses pour pimenter le tout.
Pour la partie trail, on a eu droit à des belles côtes suivies de belles descentes ( je m’attendais à un terrain beaucoup plus plat ). Merci Matteo pour ce joli parcours

SRF: La particularité de l’Epic Blue Finale Ligure est que l’épreuve se déroule au sein du FLOW (Finale Ligure Outdoor week), un festival mêlant d’autres activités outdoor (VTT, escalade etc…), est ce un avantage ou un inconvénient ?
HF: C’est à la fois un avantage et à la fois un inconvénient. On a pu profiter du magnifique podium pour les briefings et la remise des prix cependant il y avait beaucoup d’autres courses et le timing était serré( la remise des prix a été coupée en deux). Une pasta party était organisée à la fin de la course mais pas tous les candidats ont pu en profiter car il y a eu rupture de pâtes à cause du festival. Tous les participants ont eu un très beau sac de marque head, un foulard de trail, une belle médaille….

SRF: En as tu profité pour rester quelques jours sur place pour faire un peu de tourisme ?
HF: Venant de Marseille qui n’est pas à côté, on en a profité pour visiter certaines villes de la Ligurie qui ont vraiment un charme fou. La visite des Cinque Terre faisait partie du programme et malgré l’affluence touristique, la beauté et le côté atypique de ces cinq villes sont vraiment à découvrir.

SRF: Aurais tu des conseils à donner aux français qui voudraient faire le swimrun Epic Blue Finale Ligure dans les prochaines années ?
HF: Que vous soyez en solo ou en binôme, débutant ou confirmé, sur la courte ou longue distance, si vous aimez le swimrun, vous allez être ravis.
Je tiens à remercier Matteo et sa famille qui se sont démenés tout le week-end pour que tout soit parfait, la communauté de swimrun de Nice que j’ai pu rencontrer et qui ont été ravissants (notamment Kate et Alex Bermond ) ainsi que Jean-marie 😘 qui a encore fait un excellent travail de photographe itinérant.
Prochaine étape : le swimrun de Beaulieu sur le format M en binôme.

Le site du Swimrun Epic Blue Finale Ligure

Gravity à la bourre

Comment former un binôme ? Certains sont convaincus qu’ils doivent trouver le ou la partenaire parfaite pour pouvoir se lancer dans l’aventure. Mais ce n’est pas indispensable si on veut avant tout prendre du plaisir. Le binôme Philippe Chod et Franck Paleyron s’est formé à la suite d’un post de Philippe sur Swimrun France Forum :
« GRAVITY RACE: Cherche coéquipier ou coéquipière pour faire le LONG !
Suite au désistement d’une équipe, l’orga me propose de monter une nouvelle équipe, avis aux amateurs de longs SR dispo samedi matin à Annecy.
J’y vais pas pour la gagne, plutôt pour le plaisir. »


La veille de la course Franck a répondu présent et tout est parti de là: il suffisait s’oser ! Une belle leçon que nous raconte Philippe.

Départ de nuit ©Arthur-Bertrand Photography

Départ de nuit dans l’eau avec direct 2.4km de traversée, un peu flippant quand on se met à l’eau, mais l’eau est bonne et petit à petit le jour se lève et les montagnes s’illuminent. Vu du milieu du lac d’Annecy c’est juste MAGIQUE.

Franck Paleyron, mon sauveur de dernière minute (on s’est connu la veille par internet, inscription à l’arrache et on a même séché le briefing à cause de mon train en retard !) prend le lead en natation, super. 52mn pour la première traversée. Ensuite nous partons à pied droit dans le pentu côté Semnoz, ça glisse pas mal, et le palpitant grimpe aussi vite que la température dans la combi. retour sur les bords du lac et on enchaîne des petits Swim et des petits runs plutôt plats (on tient le 12km/h, bien) avant de retraverser le lac sur 800m.

Ça monte !  ©Arthur-Bertrand Photography

Et après 3h nous voilà partis pour le kilomètre vertical: +1000m pour atteindre les chalets de l’aulp à 1450m. Une p…. de montée en laçets qui n’en finit pas. Franck souffre car pas encore complètement remis de son marathon à Budapest il y a 15 jours). On se fait pas mal doubler dans la montée, mais après le ravito au sommet (avec une vue 5 étoiles sur le lac, la tournette et les sommets des environs), on repart à fond dans la descente et on rattrape toutes ces équipes.
Nous voilà à Talloires, un petit Swim pour se rafraîchir et un ravito au Reblochon (si, si!! du vrai du coin … et ça passe beaucoup mieux que les barres énergétiques ). arrivée en course devant les falaises de la réserve du Roc de Chère…et c’est parti pour la plus longue section de nat : 2.8km !! Je passe devant et je me surprends à glisser à un bon rythme dans une eau splendide, claire, en admirant les falaises au dessus… et en dessous de l’eau! c’est juste magnifique. Franck tient le coup alors que d’autres équipes craquent (hypothermie, l’eau est à 17°… Une heure ça va, mais 4h là dedans, c’est limite… heureusement que l’on se réchauffe à pieds).

Il suffisait d’oser ! ©Arthur-Bertrand Photography

Plus de 30 km au compteur puis 40 et nous enchaînons encore des sections natation devant les splendides demeures, et des sections à pieds plus urbaines sous les encouragements des touristes et des locaux qui prennent l’apéro ! cela nous fait rejoindre Veyrier du lac où nous attaquons la dernière grosse section à pied: une montée infernale de 300m de D+, puis un beau chemin en balcon. Deux dernières sections en natation et c’est fini, l’arche, la sono, la bière, les accolades… On l’a fait !! bravo Franck qui a tout donné et qui m’a bien conseillé grâce à son expérience en Swimrun longs. MERCI !

24ème sur 70 équipes au départ, pas mal pour une première sur un Swimrun de 48km, et j’en reviens pas d’avoir avalé plus de 10km en crawl en une journée !

Alors n’hésitez plus: foncer, venez rejoindre le plus grand forum au monde et trouvez un ou une partenaire : vous ne le regretterez pas !

Photos crédit Arthur-Bertrand Photography

Première victoire 100% française à l’ ÖtillÖ 1000 Lakes 2019

« À ce moment-là, on s’est regardé et on s’est dit : « c’est tôt pour se livrer autant mais tant pis, ça passe ou ça casse, aucun regret ». On voulait vraiment avoir le sentiment d’avoir jouer le coup à fond ! La suite nous a donné raison pour notre plus grand plaisir (voir leur interview plus bas). » Matthieu Poullain & Hugo Tormento Team Head – Mat/Sudrunning(FRA) n’en reviennent toujours pas d’avoir damé le pion aux spécialistes de la discipline.

L’ÖTILLÖ Swimrun 1000 Lakes World Series course (Allemagne) est longue de 40km dont 8km de natation. La course est intense, rapide. Chaque portion de course à pied est sans relief à travers sentiers forestier sablonneux et sous les arbres majestueux de la région de Rheinsberg. Les 10 natations se font dans une eau limpide de lacs magnifiques à peine troublés par vents ou vagues. C’est la recette pour une course nerveuse, rapide où il faut toujours pousser la machine. La course est en ligne, elle part du comté de Wesenberg jusqu’au comté de Rheinsberg situé plus au sud.
Les températures de l’eau, clémentes, oscillent entre 16 et 17°C avec des conditions ensoleillées idéales dans l’air. Plusieurs équipes n’ont malheureusement pu passer les deux portes horaires, quelques unes ont dû abandonner. À l’avant les meilleurs se sont livrés une bataille acharnée, et l’issue de la course s’est décidée sur le tard, démontrant que le niveau a explosé cette année !

Series 1000 Lakes 2019

Le circuit ÖTILLÖ swimrun World Series promeut des courses en binôme. Chaque équipier s’appuie sur les forces de son partenaire pour repousser ses limites. L’expérience à deux est incomparable, ce qui explique l’engouement hyper rapide de ce sport actuellement. Près de 114 équipes représentant 21 nations sont venues se défier sur L’ÖTILLÖ Swimrun 1000 Lakes, 1ère manche qualificative pour les championnats du monde de 2020 en Suède. Un format sprint et expérience ont lieu la veille le samedi afin d’offrir une course plus accessible tout en conservant les mêmes ingrédients qui font le succès de la grande course.

Matthieu et Hugo ont remporté plus qu’une manche de coupe du monde à L’ÖTILLÖ 1000 Lakes le week dernier: première équipe 100% française à s’imposer sur le prestigieux circuit, nouveau record de l’épreuve et bien sûr une qualification pour les prochains championnats du monde. Peu après la remise des prix, ils se sont prêtés au jeu des photos et de l’interview, médailles au cou, en toute décontraction.

Swimrun France: Bonjour Hugo & Matthieu avant de parler de votre course, pouvez vous nous en dire un peu plus sur vous ?

Bonjour Jean Marie. Merci de nous accorder cette interview.

Matthieu Poulain : J’ai 27 ans et je suis kiné sur Montpellier. Je fais du triathlon depuis mes 8 ans. J’ai commencé le swimrun il y a tout juste un an avec celui de la Grande Motte en mixte avec ma compagne Eugénie Plane. Hvar 2019 a été ma première expérience sur le circuit Otillo avec Hugo, puis Eugénie et moi avons fini 1ère équipe mixte sur l’Otillo Scilly 2019. Cette course à 1000 Lakes était le deuxième swimrun que je réalisais avec Hugo mais nous nous partageons régulièrement des entrainements sur Montpellier.

Hugo Tormento : Je suis ancien nageur, j’ai quelques sélections en équipe de France jeune et sénior. J’ai 26 ans et je suis commercial pour Le Coq Sportif sur la région Occitanie (ce qui nous a entre autre permis de réaliser les pulls de la délégation France pour ÖtillÖ 2019). J’ai commencé le Swimrun avec mon frère Nicolas Tormento à Hvar en en 2018, l’année où j’ai également découvert la course à pied/le trail. J’ai rencontré Matthieu en tant que kiné suite à ma blessure au genou sur ÖtillÖ 2018 puis nous avons rapidement sympathisé. Matthieu est aujourd’hui non seulement mon partenaire sur certaines courses mais également mon kiné et mon coach pour la partie course à pied/vélo.

SRF: comment s’est passée votre course des 1000 Lakes ?

Series 1000 Lakes 2019

MP/HT : Cette journée fut parfaite en termes de conditions météo : l’eau était juste « fraîche » ce qui nous a permis de récupérer un peu en nageant et l’air à bonne température pour éviter l’hyperthermie.

D’un point de vue tactique, nous avions envisagé différentes options. Suite à nos diverses participations nous avions constaté que les équipes de têtes restent en retrait avant d’attaquer et que les « attaques » sont généralement sur terre plutôt que dans l’eau.

Après avoir longuement hésité, nous avons fini par prendre la décision le matin même de la course, dans le bus, d’attaquer sur la plus longue section natation et d’enchaîner sur une course à pied appuyée. Nos adversaires étant, sur le papier moins performants que nous dans l’eau et meilleurs à pied, nous souhaitions initialement créer un écart dans l’eau puis les contenir le plus longtemps possible à pied sans y laisser trop d’énergie.

Finalement, nous ne sommes pas parvenus à les lâcher dans l’eau mais le rythme soutenu que nous leur avons imposé les a fatigué pour le début de la course à pied. Nous avons alors profité de leur moment de faiblesse pour maintenir un tempo rapide et raccourcir nos arrêts aux ravitos afin d’augmenter progressivement l’écart.

À ce moment-là, on s’est regardé et on s’est dit : « c’est tôt pour se livrer autant mais tant pis, ça passe ou ça casse, aucun regret ». On voulait vraiment avoir le sentiment d’avoir jouer le coup à fond ! La suite nous a donné raison pour notre plus grand plaisir.

SRF: Quel a été votre « moment » lors de cette épreuve ?

Series 1000 Lakes 2019

MP : Pour ma part c’est la sortie d’eau du 1100 au ¾ de la course. Les crampes ont commencé à arriver peu avant la mi-course, pendant la longue natation de 1300m. Mon pull buoy glissait entre mes jambes, ce qui m’obligeait à le serrer et qui m’a tétanisé les adducteurs ainsi que les ischios jambiers.
À la sortie de cette natation de 1100m, les crampes étaient telles que je me suis réellement posé la question de savoir si j’allais pouvoir finir. Les 500 premiers mètres après la sortie d’eau ont été un calvaire, nous étions à la limite de l’arrêt. Heureusement, Hugo était là pour me relancer. Non seulement la corde a permis de me soulager mais dans ces moments-là, le fait de courir pour deux et pas seulement pour soi permet de dépasser ses limites.
Sinon j’ai vraiment apprécié le moment où nous avons relancé l’allure sur le début de la longue course à pied avec Hugo calé dans la foulée et l’écart qui commençait à se faire, c’était inattendu ! Le passage de la ligne fut également un soulagement car la fin de course a vraiment été un combat.

HT : Pour cette course je n’aurai pas un moment mais 3:
Le premier est celui où nous nous échappons à pied : alors qu’on jouait notre carte « ça passe ou ça casse » j’ai progressivement retrouvé ma foulée et j’ai commencé à croire en notre chance.
Le second est la natation après la portion à pied de 3,3km au 2/3 du parcours : Matthieu commence à souffrir et il crampe en sortant de l’eau. A ce moment-là, sans même se parler on s’est compris : j’ai sorti la corde, je l’ai attaché à pied et il m’a dit « maintenant, ramènes moi à l’arrivée ». Il restait 14km à parcourir ensemble et ne sachant pas où étaient nos poursuivants, le doute a commencé à s’installer.
Le dernier moment est la sortie d’eau de la dernière natation : je me retourne et je vois que les seconds n’ont toujours pas plongé, on était enfin sûr qu’on allait gagner !

MP/HT : Coté ambiance c’était vraiment super, il y avait du monde au niveau des sorties d’eau, des ravitaillements, à l’arrivée. Nous avons reçu beaucoup d’encouragements, cela nous a vraiment poussé ! A contrario sur certaines parties nous étions perdus dans ces immenses forêts, on retrouve vraiment l’esprit du swimrun sur cette course où on est alors livré à nous même au milieu de nulle part !
Pour conclure on peut dire que c’est vraiment une très belle course avec de super paysage et une organisation au top !

SRF : Quelle a été la réaction des suédois après votre victoire ?

MP/HT : Les Suédois ont été très fairplay, ils nous ont grandement félicité ainsi que Nicolas et Francesc du Team Envol. Ils nous ont confirmé que l’accélération en natation les avait mis dans le rouge pour la longue course à pied qui a suivi. Ils nous savaient bons nageurs mais ont été surpris par notre niveau à pied.

SRF : La domination des suédois est elle en péril face aux autre nations ?

MP/HT : La Suède reste la nation forte du swimrun mais avec le développement actuel de la pratique à travers l’Europe et notamment la France, de nouvelles têtes vont continuer à arriver et à contribuer à l’augmentation de la densité sur le circuit.
Néanmoins, les suédois ont encore une longueur d’avance sur certaines courses notamment sur ÖtillÖ WC ou ils connaissent parfaitement le terrain, ce qui est un facteur prépondérant à la performance sur cette course hors catégorie.
Mais plus les années passent et plus l’écart se réduit, ce qui rend les courses d’autant plus intéressantes !

SRF : Beaucoup de Swimrunners désirent se qualifier pour les championnats du monde l’an prochain, d’après votre expérience ici, quelles sont les qualités qu’il faut pour réussir ?

MP/HT : Le plus important reste la gestion de l’effort, il faut avoir une bonne connaissance de soi, de ses qualités mais aussi de ses faiblesses.
Selon nous, la natation a un impact important sur la performance en swimrun car on peut y laisser énormément d’énergie. Plus on passe de temps dans l’eau, plus on perd d’énergie, et cela a d’autant plus d’impact en cas de conditions froides.

SRF : Niveau équipement, voyez vous une différence entre pays ?

MP/HT : Difficile à dire, il n’y a pas vraiment de pays qui se démarque. En ce moment ce sont plutôt les marques qui essayent de se différencier en apportant chacune à leur tour des améliorations ou des variantes sur leur combinaison/matériel. De plus, chacun aura un feeling différent avec tel ou tel équipement en fonction de ses qualités. Par exemple certains auront besoin de plus de flottabilité alors que d’autres chercheront plus de légèreté et de souplesse pour courir.
On remarque néanmoins que Ark et Head sont les marques de combinaison que l’on retrouve le plus souvent sur le circuit.


SRF : Il y a d’autres épreuves du circuit OtillO que vous allez faire

MP/HT : Nous allons laisser retomber tranquillement l’euphorie de la course puis nous discuterons de la suite dans quelques jours.
Pour l’instant, nos prochaines échéances sont Cannes pour Matthieu et Eugénie et le Swimrun de Nouméa (Nouvelle Calédonie) pour Hugo.

SRF : Quels sont vos sponsors ?

MP : Pour ma part il y a mon club du Montpellier Triathlon avec qui je bénéficie d’excellentes conditions d’entrainement, et la marque Ark qui m’a équipé pour la 1ère fois sur cette course.

HT : De mon coté, le magasin Sud Running (Marseille) en partenariat avec Adidas Terrex m’accompagne pour la partie course à pied tandis que Head Swimming me supporte pour la partie natation et les compétitions de swimrun. Le Pôle France de Sauvetage de Montpellier de Raphaël Raymond me permet de bénéficier de sa structure et d’entraînements adaptés à ma discipline pour m’entrainer dans l’eau. Enfin, le cabinet de kinésithérapie Balkios de Montpellier (avec Matthieu et ses associés) m’accompagne pour les soins et la récupération.

Résultats Top 3 ÖTILLÖ Swimrun 1000 Lakes, 22 Septembre, 2019 (les deux premiers binômes de leur catégorie sont qualifiés pour les prochains championnats du monde qui auront lieu le 31 aout 2020 dans l’archipel de Stockholm)

Hommes

  1. Matthieu Poullain & Hugo Tormento Team Head – Mat/Sudrunning(FRA)
  2. Nicolas Remires (FRA) & Francesc De Lazuna Gimeno (ESP) Team Envol
  3. Fredrik Axegård & Alex Flores (SWE) Team ARK Swimrun Mixed

Mixtes

  1. Martin Flinta & Jonna Hedbys (SWE), Team Thule Crew / Head SR team
  2. Sofia Axelsson & Tony Svensson (SWE) Team Wonder woman & Aquaman
  3. Per Ahlin & Lisa Ring (SWE) – Team Rå/IK NocOut.se

Femmes

1.Fanny Kuhn & Desirée Andersson (SWE) Team Envol 


2.Anna Hellström & Jenny Ramstedt (SWE) Team Head Swimming

3. Linnéa Olausson & Cassandra Eliasson (SWE) Primalcoaching HEAD

Résultats complet : https://otilloswimrun.com/races/1000-lakes/results-2019/
Site: https://otilloswimrun.com/races/1000-lakes
Photos: https://www.flickr.com/photos/otillorace/albums/72157710896344431

SAUC 2018, la vidéo

Nous vous avions parlé du Stockholm Archipelago Ultraswimrun Challenge (SAUC), cette aventure qui traverse tout l’archipel via 90 îles en 265km. La vidéo de l’édition 2018 qui s’est déroulée avec une météo extrêmement calme et chaud est sortie. 10 minutes de swimrun aventure

SwimRun Côte d’Azur 2018

« Il faut se fixer des buts avant de pouvoir les atteindre. »
Michael Jordan, est l’auteur de cette citation, mais elle aurait tout à fait pu être prononcée par Dominique LE BIHAN (« Dom » pour ceux qui la connaissent), ma partenaire du jour lors du Swimrun PACA.

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En dépit d’une belle carrière de judoka durant son adolescence et des études en STAPS réussies, Dom a par la suite privilégié sa vie de famille, en pratiquant modestement et de façon irrégulière le trail. Il y a un an, elle découvrait sur Carantec, un groupe de déjantés qui nageait en chaussures et courait en combinaison de triathlon étrange. Sans le savoir, elle venait d’attraper le virus du Swimrun. Elle ne savait pas encore que l’année 2018 allait l’amener à relever des défis qu’elle n’aurait pas imaginés possible en 2017.
Après des expériences diverses et variées aux Swimrun de Fouesnant, Plougonvelin, la Transfinistère Nord et Crozon, un nouveau défi avait été lancé en septembre pour relever le dernier challenge de l’année : le swimrun PACA. Une distance de 41 km dont 8 km de natation, elle qui n’osait pas tenter un trail de plus de 8 km un an plus tôt !

Agissez comme s’il était impossible d’échouer

En compagnie de Carine, Jean-Marc, Vincent, Maëla (et Pierre-Alexandre qui nous a rejoint plus tard), nous sommes arrivés sur Beaulieu dans des conditions météorologiques dantesques. Au départ de Beaulieu, nous avons rapidement compris que la course allait être rapide avec un parcours très bitumé et semi-urbain. Tant mieux, cela nous changera de nos parcours de trails habituels et nous permettra de voir autre chose !
Comme prévu, nous nous levons à 4h50 pour nous rendre à temps sur le site de la course et prendre la navette nous permettant de prendre le départ. Et là quelle surprise … Des arrêtés préfectoraux et municipaux amputent la course de 11 km sur deux zones et retardent le départ à 9h00. Retour à l’hôtel pour tenter de tomber à nouveau dans les bras de Morphée… sans succès. Nous pensons à notre objectif : Etre finishers et, si possible, ne pas finir derniers. «Agissez comme s’il était impossible d’échouer » disait Churchill ou… Dom. Je ne sais plus… Autant dire que j’aborde la course en toute confiance.

Dom et moi sommes ensemble, à la différence de nombreux binômes éclatés

Le départ est bien pris en même temps que les concurrents engagés sur le « M ». Nous prenons, en conséquence, un départ prudent… « C’est à la fin du marché qu’on compte les bouses ». Dès la première section course, nous mettons la longe, comme nous l’avions testée avec succès une semaine plus tôt sur Santec. Lors de la première section nat, nous découvrons avec délectation une température de l’eau estivale … pour nous bretons.
La mer est démontée et joue avec les corps flottants qui tentent de se rebeller contre l’élément pour rejoindre le littoral. La mer nous accueille avec des millions d’algues qui réduisent la visibilité au néant. Nous sortons de l’eau dans le premiers tiers du « troupeau » arborant des bonnets rouges (M) et bleus (L). Dom et moi sommes ensemble, à la différence de nombreux binômes éclatés.

Pas de panique, elles sont probablement inoffensives !

Plusieurs centaines de mètres après notre sortie de l’eau, Carine et Vincent nous rattrapent : nous ne les reverrons plus avant l’arrivée mais c’est déjà une première victoire ! De nombreuses équipes nous dépassent sur la deuxième section de CAP. En revanche, nous grattons des places lors de chaque section de nage. Nous jouons ainsi au yoyo de la sorte jusqu’à l’ascension du Mont Boron. Nous sommes performants sur les phases de transition, Dom est en super forme et se sent bien : elle se permet de plaisanter avec moi et d’autres binômes. Je me permets de lui dire de garder son énergie… « Focus !»
Elle court vraiment très bien et je suis assez bluffé par sa capacité à maintenir la cadence. Je la savais très endurante mais je ne la pensais pas capable de tenir ce rythme aussi longtemps. Lors d’une des sections de nat, nous sautons ensemble dans l’eau. L’eau est un peu plus clair, ou du moins suffisamment pour distinguer… des méduses. « Pas de panique, elles sont probablement inoffensives ! ». Mais très rapidement, je m’arrête, une douleur inondant mon creux poplité. Je m’arrête net, un peu surpris. Ces « piqueurs-mauves » sont aussi majestueuses que leurs piqûres sont douloureuses. Heureusement, Dom réussira à en échapper.

Lors d’un ravitaillement, on prend le temps de prendre quelques fruits secs et carreaux de chocolat. J’encourage Dom, et une bénévole attentive reprend de plus belle son nom, pour la pousser dans son effort. Ma partenaire du jour est surprise et croit reconnaitre, à tort, une connaissance sur le circuit.
Avec leurs chauds coloris, orangers, citronniers, et autres mimosas offrent au parcours un décor végétal qui ferait pâlir bien des jardins de plantes.
Nous croisons et encourageons Maëla et Pierre-Alexandre qui sont sur le chemin du retour à Villefranche sur mer, puis, quelques centaines mètres plus loin nous dépassons Patrick et son binôme avec stupéfaction au niveau du débarcadère. Dernière section nage avant de défier la tour du Mont Boron : je cherche à rattraper deux binômes situés devant nous, mais les courants sont contraires et Dom se déporte pour m’inviter à jouer avec les vagues en les contournant. Stratégie gagnante puisque nous arrivons à la plage avant les deux équipes concurrentes. En fait ce ne sont pas des concurrents puisqu’ils sont engagés sur le M. Le nombre d’équipes engagées sur le L est faible (seulement 28) et nous ne savons pas vraiment quelle est notre place.

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Nous sommes à 3h20 de course et Dom commence à montrer quelques signes de fatigue. Ou plus exactement ses genoux et sa cheville, qui étaient douloureux avant même le départ de la course. Nous réduisons notre cadence et nous enlevons la longe qui nous relie depuis 9h00 ce matin. La gendarmerie bloque la circulation pour nous permettre de traverser la route et d’attaquer le mûr qui nous face : le mont Boron. Nous marchons pour la première fois. Je prends le temps de partager des barres énergétiques pour éviter le risque d’hypoglycémie. Le vert du mont Boron contraste vivement avec le dense tissu urbain de la ville de Nice qui déploie ses tentacules de collines en vallons. La proximité de la grande métropole n’atténue pas pourtant le caractère sauvage du circuit, car la côte dentelée comme le parc forestier transportent le visiteur dans un univers naturel. Nous arrivons au sommet et nous découvrons un panorama magnifique depuis le fort du Mont-Alban. La descente sera pénible pour les articulations de Dom, mais elle est, sans surprise, un exemple de courage.

Dom est alors balayée par une vague

Nous retrouvons l’asphalte et paradoxalement les douleurs de Dom sont moins aigües. Nous apprenons aussi que plusieurs sections nage ont été supprimées à cause d’une mer trop agitée. Nous ne voyons plus de bonnet bleus mais seulement des concurrents engagés sur le M. Certains binômes font leur courses à plusieurs centaines de mètres l’un de l’autre, ce qui naturellement nous interpelle beaucoup. Nous avons remis la longe et … nous les déposons, surtout celui de devant, avec un plaisir non dissimulé. Nous défions l’avant dernière section de natation, heureux de retrouver la mer. Plusieurs binômes peinent à rentrer dans l’eau devant les vagues puissantes. Je dis à Dom de me laisser faire et nous rentrons dans l’eau sans difficulté. Au bout de quelques mètres, je me dis que les sensations sont bonnes ! Je me retourne … et je vois Dom 10 mètres derrière moi : voilà ce que c’est de perdre sa ceinture ! Perte de quelques dizaines de secondes pour remettre le matériel en place. Nous gagnons finalement du temps en faisant une bonne nage. J’aborde l’arrivée sur la plage de galets qui nous fait face 600 mètres plus loin sans trop d’inquiétude. En posant pied par terre, je me retourne pour attraper la main de Dom et l’aider à sortir de ce tumulte aqueux. Dom est alors balayée par une vague, et moi avec devant le regard inquiet ou hilare des spectateurs.

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On plaisante avec les bénévoles du dernier ravitaillement et nous reprenons la course. On apprécie, chemin faisant, l’architecture stylisée des villas cossues de la “Belle Époque” et aussi un hôtel de luxe, à la jaune silhouette exotique. On sent l’arrivée proche et en dépit d’une crampe, Dom ne faiblit pas et poursuit courageusement son effort.
Nous apercevons au loin « la petite Afrique », qui abrite l’arche d’arrivée de la course. On la nomme ainsi, en raison de son climat et de sa flore, mais aussi du microclimat qui caractérise le territoire de Beaulieu. Il y a tout au long de l’année 1 à 3 degrés de plus, par rapport au reste de la côte, dus à la rétention de la chaleur par les falaises calcaires qui dominent le port de Beaulieu. La dernière section de natation n’est autre qu’un examen de repêchage de la première section nat que nous avons faite le matin. Nous sommes seuls dans l’eau, ce qui contraste fortement avec l’épreuve de ce matin. Nous sortons dans un tourbillon d’algues collantes pour rejoindre la terre ferme et finalement passer sous l’arche d’arrivée en 4h34. Nous finissons à la 21ème place au scratch et à la 6ème place en mixte. L’objectif est donc largement atteint, mais l’essentiel était ailleurs : le plaisir de partager un magnifique moment sportif et humain avec une partenaire grandiose. « L’incertain est le début de tout, c’est le moment où tout est possible ». Clap de fin superbe pour la saison de swimrun 2018.

Matthieu Kerleroux
Les swimrunners du Far Ouest

http://www.swimruncotedazur.fr
vidéo officielle 2018

Cannes, entre strass et plaquettes le temps d’un week-end

Plus accessible, plus urbaine, plus courte aussi… C’est la dernière née des courses Ötillö et la première en France. Elle clôture désormais la série avec ses 37 kilomètres dont 8 de natation. Samedi dernier, pour sa première édition, la course de Cannes, version longue, a réuni 155 binômes sur la ligne de départ de l’île Sainte-Marguerite, qui fait face à la ville. Dans chaque catégorie, les Suédois se sont imposés sur la plus haute marche du podium.

Tout commence par une traversée en ferry. Un classique sur deux courses de l’Ötillö qui met les coureurs dans l’ambiance et permet d’admirer le paysage, tout en découvrant la scène de départ autrement. Depuis Cannes, les deux navettes s’ébranlent, presque timides au cœur de ce port où les yachts rutilants, arborant pavillons offshores, sont amarrés à longueur d’année. À l’embouchure, les fonds spéculatifs laissent place aux fonds marins, l’île Sainte-Marguerite se dévoile en même temps qu’un lever de soleil d’un rouge flamboyant qui vient garnir les écrans de téléphones. L’émerveillement est là, la brise berce le voyage, l’île grossit et se rapproche, jusqu’au moment ou on aperçoit en haut du fort qui la surplombe, l’arche de départ.

Le flot de coureurs quitte le navire et grimpe jusqu’à l’enceinte fortifiée. Arrivée sur place : 8h. Départ prévu : 9h. La pression à le temps de monter doucement. Dernier détour aux toilettes où la file messieurs dépasse de loin celle des dames. La météo splendide, le circuit urbain, les 8 kilomètres de natation font partie des thèmes qui alimentent les discussions. La zone de départ se remplit de coureurs fébriles… et c’est le coup de pistolet! Les 95 binômes masculins, 44 mixtes et 16 féminins dévalent les pentes du fort et longent le sentier qui contourne l’île. Tantôt sableuse, tantôt terreuse, tantôt parsemée de rochers, la piste accueille une file ininterrompue de dossards rouges, verts et oranges jusqu’à la première natation où le peloton commence à s’étaler.

D’ «  île en île »

 

700 mètres séparent l’île Sainte-Marguerite de sa petite sœur, l’île Saint-Honorat, la seconde de l’archipel de Lérins dont il va falloir faire le tour à pied. La cohorte de swimrunners trace son sillon parmi les bateaux de plaisanciers pour atteindre le rivage. La température de l’eau est agréable, pas de quoi souffrir pour le moment. Sur la seconde île, on foule un joli chemin de terre plat. Tout le monde en vient rapidement à bout pour repartir sur la traversée d’ « île en île » en sens inverse. On termine le tour entamé de Sainte-Marguerite en courant, puis on se met à l’eau pour rejoindre le continent. Chaque binôme se voit attribuer une bouée pour cette première grosse natation de 1500 mètres dont on ne voit pas l’arrivée. Il faut s’accrocher et éviter de prendre la mauvaise direction.

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Une fois proche de la fin, une paddleuse nous indique de nous déporter sur la gauche, l’arrivée est derrière la digue. On distingue enfin l’amas rose de bouées alignées sur la plage à laquelle on vient ajouter un peu plus de couleur. Et c’est parti pour le bitume! Le second ravitaillement est bienvenu avant un enchaînement de courtes courses à pied alternant avec deux longues natations. Le point d’orgue sera celle de 2100 mètres qui, après avoir traversé Cannes et remonté la Croisette et ses hôtels de luxe jusqu’au fameux tapis rouge du Palais des festivals, laissera quelques traces. On croise de nombreux passants et on reçoit beaucoup d’encouragements de spectateurs apprêtés. Pantalons à carreaux, chemisiers repassés, mocassins et lèvres botoxées ne sont pas rares. Le contraste est amusant, l’ambiance est bonne.

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Entre route et chemins

 

Une fois les 2100 mètres terminés, la plus grosse partie dans l’eau est faite. Reste à boucler la plus grosse partie sur terre qui nous attend juste derrière. Plus de 8 kilomètres entre bitume et chemins du parc forestier de la Croix des gardes. On traverse quelques quartiers pavillonnaires. Le dénivelé est bien réparti jusqu’au point culminant marqué par l’immense Croix et une vue agréable sur la mer et sur la ville, le terrain de jeu de la brigade équestre du coin. On retrouve rapidement le goudron en retournant vers le centre de Cannes. Bénévoles et policiers sont présents à chaque traversée de route avec le sourire aux lèvres et des mots d’encouragement. Tous, sans exception. Nous longeons un quai où flottent quelques pavillons offshores avant de sautiller sur de gros rochers pour aller se remettre à l’eau. Une section de 1200 mètres où de nombreux binômes s’arrêtent de nager, cherchant leur direction.

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À la sortie de l’eau, les premiers bonbons font leur apparition sur les tables de ravitaillement. On reprend quelques forces avant la dernière ascension qui sera souvent évoquée lors des débriefs de fin de course. Une moitié de kilomètre vertical le long d’une ancienne voie ferrée. L’endroit a du cachet. Les mollets souffrent avant d’être délivrés sur quelques kilomètres vallonnés entre route et chemins, puis une descente à pic en forêt, puis épique dans le lit d’un ruisseau qui serpente au cœur d’une jungle luxuriante où les pierres affleurent et où agilité et crampons sont nos meilleurs alliés. Une fois l’obstacle franchi, on commence à sentir la fin, autant que la fatigue. La dernière longue section de natation de 1000 mètres fait du bien… pour ceux qui ont la chance d’éviter les méduses. Restent encore 800, 600, 600, 200 et 200 : dernier enchaînement rapide, puis c’est la montée des marches vers la cérémonie Ötillö… et la palme : son arche qu’on passe toujours avec d’autant plus de plaisir que la course a été éprouvante.

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En résumé : une course plus courte, oui (bien que beaucoup de montres affichent plus de 40 kilomètres au compteur), plus urbaine, oui mais pas forcément plus accessible dans sa version longue. Le niveau d’exigence reste élevé, dû en partie à l’importance de la natation sur le parcours. Restent les versions « Sprint » (15 km) et « Expérience » (7 km) du samedi. Elles se courent en binôme ou en solo, pour ceux qui voudraient commencer en solitaire. Géographiquement, elle reste la destination Ötillö la plus simple à rejoindre pour les Français.

Aurore Dupont

https://otilloswimrun.com/races/cannes/

Crédit Photos Akuna/ÖtillÖ

Plus de photos : https://www.flickr.com/photos/akunamatata/albums/72157674933809798

AmphibRun 2018

Le swimrun continue de se développer et l’AmphibRun est le premier Swimrun aux Philippines. Cédric et Stéphanie nous livrent leur impressions exotiques à 11,100 km de la France métropolitaine.

Philippines 2018 2Cinq heures du matin, le crépuscule laisse sa place au premières lueurs rosés – orangés du soleil sur la plage de Laiya, petit coin tranquille tout au sud de Luzon l’île principale des Philippines. Départ au petit matin car dans ce pays et ses températures avoisinant 33°C toute l’année, les sportifs ont l’habitude de se lever tôt pour partir « à la fraîche » relative du petit matin !

C’est parti pour une belle journée ! Avec Stéph ma coéquipière de vie et de sport , on récupère nos dossards marqués du nom de notre équipe : “The French Frogs”, nom assez explicite pour une équipe française de swimrun.

Philippines 2018 36:00 c’est l’heure de notre départ, pour un parcours qui enchaîne 3km de piste, 2,2km de natation et 12km de Trail avec 950m de dénivelé positif. À 6:30 un autre départ sera donné pour le nageurs débutants avec 700m de natation et un gilet autoportant obligatoire. A noter le matériel obligatoire sur les 2 courses inclue pull-buoy, lunettes de natation, bonnet, sifflet, sac à eau 1 litre minimum. Par contre pas besoin de combinaison ici ! L’eau est à 27°C!

Philippines 2018 4Après un échauffement rapide sur les 3km de piste, je constate que Spiderman est venu spécialement pour participer à ce swimrun, tout arrive !

Place à la natation ! Le but du jeu est de faire 3x le triangle délimité par 2 barques de pêcheurs et une sortie d’eau sur la plage. À chaque sortie un “Ladyboy” déguisé en sirène des océans, nous donne un bracelet pour marquer notre passage. Simple et efficace.

Philippines 2018 6La course se poursuit par un très beau chemin côtier dans les rochers. On rattrape un couple très original qui devrait créer une 4ème catégorie en swimrun à lui seul: un chien et son maître ! Peut être un Jack Russell Terrier habillé lui aussi avec son dossard et tout foufou de courir et nager. Décidément cette course imaginée par les joyeux organisateurs de Be TrailReady est pleine de surprises !!!

Mais les choses sérieuses commencent, on passe un pont et les 800m de dénivelé positif au dessus de la mer en seulement 5km pour rejoindre le mont Daguldul sont devant nous. La chaleur commence à s’inviter, il ne faut pas hésiter à se mouiller à chaque passage de rivière pour ne pas risquer la surchauffe ! Pendant la montée nous rattrapons la première équipe. Au sommet le cadre est magnifique, la jungle a laissé place au vert pâturage, on voit la mer au loin. Des groupes de randonneurs en profitent pour faire des photos mais pas le temps de flâner, on a une place à conserver et les deux équipes derrière ne sont pas loin !

Philippines 2018 7On récupère vite le bracelet du “U turn” et la descente par le même chemin va se faire en mode Arrachage !!! De retour sur la côte on relâche un peu le rythme dans le sable, avec 8mn d’avance sur les second on a bien mérité une arrivée en mode “cool down” .

Ça y est, on y est ! On visait un podium catégorie mix et on termine 1er scratch ! Whaou quelle bonheur partagé en duo ce sport !

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La sirène nous remet une médaille ouvre bouteille 🍻 hihi, belle ambiance comme d’habitude avec les Philippins toujours joyeux et avenants. La remise des prix est assurée par le sponsors Merell, une paire de chaussure minimaliste  Et plouf retour dans l’eau chaude pour détendre la machine et se laisser flotter.

L’avantage aux Philippines c’est aussi l’après course: pour 350php/heure un délicieux massage nous attend au bord de la mer, de quoi s’endormir et déjà rêver à la prochaine course dans ces paysages sauvages dépaysants.Philippines 2018 11

Photo credit AmphibRun & Trim

https://www.facebook.com/amphibrunraceph/

Isles of Scilly Swimrun

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Silly Scillies et toute cette sorte de choses.

Analyse d’un succès en deux temps

La victoire (sur soi, je ne suis pas complètement mégalo), se juge à l’arrivée.

Contexte personnel : après avoir décidé de me donner des objectifs ambitieux désormais, pour ma première carte SNCF Senior Plus, mon abandon à Lanzarote, bien qu’assumé car imparable, donnait à cette course prévue 15 jours après, une coloration toute particulière. D’autant que j’avais prévu après le Graal de l’Ironman des objectifs de course à pieds (Championnats de France FFA de 10 km route quinze jours après l’Ötillô Scilly, et un trail de 70 km assez effrayant à Val d’Isère, quinze jours après Liévin (les France). Gestion de ce programme sous la houlette de José. Les courses Ötillö sont des courses par équipe, et vu dans quel état nous errions, Xavier et moi avions (en plaisantant), prévu de faire la course en mode « touriste ». Or, voilà t’il pas que des projets de long terme se greffent là dessus, et que l’ambiance du lieu et de la course nous prend. « No tourists here, Sir. Hold on !»

Contexte collectif : nous n’étions pas deux, mais quatre. Djedjiga et Elena sont maintenant les partenaires de nos swimruns, et leur présence nous oblige à envisager autre chose que de faire de la figuration. D’ailleurs Michael Lemmel (le bellâtre organisateur), insiste pour qu’on évite de faire le clown devant les caméras. Les autres participants sont pour la plupart des armoires à glace (du cercle polaire), et de solides Walkyries (du Walhalla). En tout cas ce sont eux que l’on reluque, vu qu’ils sont là pour ça. Il faut donc avoir l’air un peu intégré… Heureusement il y a de nombreux participants de notre niveau, et nous voilà dans le moule… Mais, du coup, comme on dit à Paris, il faut faire bonne figure. Bref, nous sommes dans la course et un peu sous la pression. La pression des drafts d’ale.

Jusqu’à l’avant veille de la course c’était la cata !

Préparation et objectif : préparation en piscine et dans le parc de Saint Cloud… Tout est dit. Mais, mais, mais ! Préparation très soignée d’un Ironman réputé difficile, entre les entraînements du club, parfaits, vraiment parfaits, et nos conseillers respectifs de l’ombre, bénis soient-ils. Donc forme excellente pour moi obligée, d’autant que je n’avais pas couru le « marathon » de Lanzarote. Donc il fallait que je courre ! Car il y a ces deux courses à venir. Et… Et aussi un chrono genre « c’est bien pour toi ! T’es content? » à la Jaco, qui me laissait supposer depuis Lanza que grâce à Greg j’ai fini par apprendre à nager. Donc : tout pour mettre la pression. Et s’il n’y avait que cela pour la faire monter !
la météo : jusqu’à l’avant veille de la course c’était la cata. Beau toute la semaine d’avant et celle d’après, et le choix entre tempête, pluie ou brouillard le dimanche. Perdus dans un chenal avec des courants réputés violents, et des creux de 90 cm annoncés, la mort rodait…

des paysages à pleurer de bonheur

Le lieu : le paradis. Pas le paradis volcanique genre Lanzarote, plutôt le genre micro climat où les plantes tropicales poussent comme du chiendent. Les algues aussi. Hélas. Un mode de vie simple préservé, permettant à de riches londoniens de se payer des semaines dans un petit cottage très très simple de plein pied entouré de fleurs pour 5000£ la semaine dans une simplicité assez minimaliste (la nouvelle tendance à la mode). Des habitants adorables et des paysages à pleurer de bonheur. Contrastes, contrastes. Ouais ouais ouais. Avec le mauvais temps, la tempête, au milieu d’une passe de 2000 mètre entre deux îles, je t’en foutrai moi, du paradis. Rien n’est donné sur cette planète. Donc pas si sereins, pas comme le vent du soir.
Le voyage : c’est une expédition. Avion genre jet privé agrandi pour Bristol, trajet en voiture « à vive allure », et, ça c’est cool, dernière partie du voyage en bateau (j’adore arriver dans une île en bateau). Et l’inverse au retour !

Tombage amoureux des îles Scilly

La journée d’avant : on a bien mangé, il faut le dire. Les Anglois ont fait d’énormes progrès en cuisine. Et leurs bières sont toujours aussi bonnes que variées. L’hôtel est sympa et assez luxueux il faut le dire. Et ! Idée de génie de Xavier : louer une jolie petite barque de pêche pour le samedi. Entre émerveillements et coups de soleil, repérage des lieux aquatiques ! Ça aide ! Et tombage amoureux des îles Scilly. Ça aussi, il faut le dire et le redire : c’est sublime !

Tiens, elle est froide. Assez froide. Vraiment froide

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La course et ses deux parties : nous étions venus pour ça et il fallut partir. Même pas « demain dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne ! » Non les GO (gentils organisateurs), on tiré le coup de pistolet à 10 heures ! Les braves gens. 
Première course à pieds, et première natation, 2000 m de sainte Mary à Tresco. Tiens, elle est froide. Assez froide. Vraiment froide. Très très froide même pour Djé. Tiens il y a des algues. Beaucoup d’algues. Mais elles sont énormes. Mais elles s’emmêlent dans les plaquettes et le leash qui nous rend solidaires. Mais elles sont de plus en plus grosses. Mais c’est juste effrayant.

Qu’est ce que je fous là ?

Argggl. Première transition. Le sable est mou. Saloperie. Et deuxième natation, 1200 m Tresco Bryher. Elle est de plus en plus froide (température ressentie). Mais je suis à la ramasse. Mais faut que j’arrête le sport. Et la troisième CàP n’en parlons pas. Je suis trop vieux, je suis foutu. Qu’est ce que je fous là. Je suis un mytho. Une merde. Bref vous l’aurez compris je ne vais pas bien dans mes jambes, ni dans ma tête, ça va de pair. Passage de Bryher à Tresco, et là, erreur qui fut un coup de génie, genre Napoléon à Austerlitz (rapport au soleil et au froid, c’est subtil écoutez bien la suite), nous ne retirons pas le haut des combinaisons alors que la CàP est longue.

La température intérieure et le baromètre moral qui lui est lié, remontent !

D’ordinaire les piètres tacticiens font comme ça. Pas nous. Transpiration. Je prends conscience, là, juste en l’écrivant pour vous, chères lectrices et chers lecteurs, que cela nous a sauvés ! la température intérieure et le baromètre moral qui lui est lié, remontent ! Course gagnée ! 
Trois petites transitions natatoires plus loin nous voilà à St Martin. La forme est là ! Longue course à pieds sur single track, et là, le bonheur la joie alléluia gloire à Dieu au fond des Océans et au plus haut des Cieux, et toute cette sorte de choses : je cours ! Comme un lapin ! Comme un Padgel sur les drailles de ses montagnes (drailles => trail ! vous saisissez le lien étymologique ?).

Il y aura donc un après. Joie joie joie. Et ce paysage splendide ! À part la mer, on se croirait sur le plateau de Chaumienne, ou vers le Ranc Calliou ! C’est beau comme l’Ardèche et je suis heureux. Restent les 2500 m de traversée St Martin St Mary (priez pour nous). L’épouvantail. Eh ben franchi comme les harengs dans la Baltique ! Genre les poissons de l’Ötillö qui nous verront peut-être un jour nager avec application. Slow is fast and fast is slow comme ils disent. Ce qui aurait pu être notre tombeau est notre consécration. Dernière CàP un peu dure mais le Gü veille ! Loué soit-il. Et étant depuis St Martin avec nos Walkyries du sud, nous décidons de finir ensemble et cette CàP finale est une promenade de santé ! À bon train je précise non mais vous nous prenez pour quoi ? Nous finissons même à six Français mains dans les mains, enfin le truc à la gloire de l’éthique du swimrun !

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L’arrivée : je viens de vous la décrire, reportez vous aux deux dernières phrases.

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L’après course : je m’offre une Guinness, lentement tirée de son fût, et bue trop vite. Dommage. Cérémonie des vainqueurs, pour une fois que j’y vais, c’est sympa. Ah ce Mike, quelle prestance, quelle classe, quelle présence, quelle éthique. L’orateur aux pieds nus. Fish and chips au Mermaid. Bref, on a nos habitudes aux Scilly !
La suite : eh ben… Où va t’on pour la prochaine ? Hvar (avec un jota devant) ? Et… Plans sur la comète et toute cette sorte de chose. La suite au prochain numéro.

Marc Fortier Beaulieu