GREEDY TEAM au Swimrun Côte Vermeille 2017

Eric Levasseur et Manon Lusa nous font partager leur course, un bel exemple de ténacité devant les difficultés.

Un an jour pour jour que nous découvrions le swimrun. C’est là que tout a basculé, et nous sommes tombés amoureux de cette nouvelle discipline. Elle nous permet d’évoluer dans des endroits et des sites qui sont des paradis pour les yeux, pour les amoureux du trail et la natation en eau libre comme nous.

En  2016 nous avons constitué cette GREEDY TEAM (les gourmands ! ) pour prendre le départ sur la longue, épreuve que nous avons remporté en mixte. 2017, c’est donc notre deuxième participation sur le Côte Vermeille, cette fois-ci sur l’Ultra… Pourquoi ? Tout simplement pour le plaisir !

L’Ultra, c’est 64 kms avec D+ 2500 m, 18 sections de swim pour un total de 8.7 km avec la section la plus longue de 1km, donc pas très long pour ce genre d’épreuve. LA course à pied se décompose en 19 sections pour couvrir au total 54.7km, mais avec 17km pour la section la plus longue. Le gros morceau de l’épreuve. Il y a aussi un petit défi sympa cette année au sein même de l’épreuve  le «Chrono de la Madeloc» dans la longue section de trail.

Le plus  de cette épreuve c’est l’Eco-responsabilité qui est son leitmotiv. Pour les amoureux de la nature, cette charte est un évidence que toute organisation devrait soutenir.

Un parcours somptueux

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Tracé entre sentiers littoraux, chemins de vignes et singles du massif des Albères, ce parcours sur mesure nous fait découvrir les trésors exceptionnels de la côte Vermeille. Le programme ressemble à une liste à la Prévert de trésors naturels : cinq magnifiques communes sont traversées (Cerbère, Banyuls-sur-Mer, Port-Vendres, Collioure, Argelès-sur-Mer), six sites NATURA 2000, une réserve naturelle Marine nationale (Cerbère-Banyuls), un parc naturel marin (golfe du Lion) et une aire marine éducative(Argelès-sur-Mer). De quoi se régaler.

Choisir la tenue adéquate aux conditions météo. Ce fut une question pour laquelle équipes ont eu du mal à trouver la bonne formule. Combinaison ou pas, courte ou version jammer / souris ? (merci Fix du prêt) ? Nous savons que la journée sera très chaude mais que nous pouvons également avoir un peu froid dans l’eau sur les dernières sections swim et qu’un peu comme l’ÔtillÖ il ne s’agit pas d’une course mais d’une « aventure contre les éléments« . Nous optons pour jammer et souris.

24/06/2017: jour J

Greedy Vermeille 1Levés à 4h du mat, nous prenons notre petit déjeuner à la lumière des frontales. Le rendez-vous pour les navettes est fixé à 5h10 pour un départ à 5h20. Comme c’était la nuit du Bac nous rencontrons bon nombre de jeunes allant se coucher et qui nous prodiguent des encouragements sympas.

Nous embarquons dans la navette, il fait déjà chaud, un calme olympien. Puis avec le levé du soleil, les échanges commencent, suivi d’un peu d’excitation. Arrivés sur le lieu du départ, surprise, un grand vent nous y attend… Pendant ce temps là, Akunamatata prends des clichés, filme à son habitude.

Le départ est donné à 6h30 exactement dans une ambiance calme et détendue ; nous savons que nous partons pour un long moment. C’est parti pour 7,8 km avec du dénivelé. Nous partons tranquille. À l’issue de la première natation nous nous retrouvons 1ère équipe mixte et nous y restons jusqu’à la 7ème section de natation où une équipe (qui remportera en mixte) nous rattrape et nous donne le ton sur la section de 1km.

La course se passe bien dans une succession de lieux formidables, de vues sublimes, d’encouragements du public, des randonneurs rencontrés par ci, par là, et des bénévoles qui ont remplis leur mission plus que parfaitement !

Jusqu’au pied de la Madeloc tout va pour le mieux.

Jusqu’au pied de la Madeloc tout va pour le mieux. Mais la combinaison du soleil et de la chaleur fait qu’Eric n’est plus capable de réguler sa température ; la peau devient chaude et sèche, suivie des nausées et étourdissements.  Manon qui est lucide propose de s’asseoir, une fois, deux fois, trois fois… Le bruit des ambulances nous effraie… Nous ne sommes plus en mGreedy Vermeille 2ode course mais en mode survie – finir.

Eric craint d’abandonner mais Manon prend soin de son co-équipier et, grâce à elle, nous arrivons au sommet en marchant, mais en ayant perdu énormément de temps. Nous qui étions à la onzième place, nous voyons les équipes passer… Nous nous remémorons les images de l’année 2016 où nous courrions à très bonne allure, mais rien n’y faisait, seule l’envie de terminer était présente, la victoire oubliée. Puis une équipe mixte nous passe, nous gérons cool derrière eux.

Heureusement les ravitaillements sont parfaitement installés, et d’excellente qualité. Parfois des gens sur le parcours nous proposent des douches pour nous rafraîchir, et nous en avons bien abusé !

Les 25 derniers kilomètres ont été un vrai calvaire, mais nous nous accrochons. Enfin la ligne d’arrivée tant attendue se profile. Quel plaisir de terminer cette sublime épreuve sous la hola des potes du Club d’Avignon le Pontet Triathlon et de notre supportrice du jour et reporter Corine !

Greedy Vermeille 3Nous finissons 3ème équipe mixte en 12h12mn,  à 4 mn des second mixte et à 15 mn des vainqueurs. Une belle performance au vu des difficultés que nous avons rencontré.

Merci aux organisateurs, Sylvain Rousselat et Olivier,  Merci à François-Xavier Li, alias Fix, notre coach, Merci à Jean-marie Gueye, alias Akuna, pour ses sublimes photos.

Photos Akunamatata

Plus de photos sur notre compte Flickr

De la Riviera à la Croatie

Kate Williams et Alex Bermond de l’équipe Swimrun The Riviera nous font partager leur course épique au résultat impressionnant. Merci !

Dès notre arrivée à Hvar, le ton était donné. Un vent à plus de 50km/h et une houle atteignant presque 1 mètre. On savait d’ores et déjà que la course allait se jouer en natation.

Le briefing du samedi allait nous faire découvrir un nouveau parcours avec des modifications surtout en natation mais bien au contraire, Michael Lemmel nous a mis tout de suite dans le bain : pas de grosses modifications juste un décalage de la grande traversée de 3km plus à l’intérieur de la baie pour éviter que «les binômes ne s’échouent à Venise».

Vu les conditions de course, nos sentiments étaient partagés entre excitation et angoisse.

Prêts pour l’aventure!

OtilloLe lendemain, petit-déjeuner frugal et direction le port d’Hvar équipés et prêts pour l’aventure!
9.20 départ de la course comme pour un 400m. Tous les binômes sont à fond avec une première natation en paquet et, déjà, on se retrouve à la queue leu leu sur le chemin côtier. Jusqu’ici tout va bien. Petit aller-retour sur les pistes pour récupérer notre bouée de balisage obligatoire pour la grande traversée. Nous pointons à la 8ème place en binôme mixte.

ÖTILLÖ HVAR - 2017. Foto: JakobEdholm.comC’est parti pour 3km de nage dans une mer déchaînée avec un très fort courant latéral. Impossible de déterminer avec exactitude le point d’arrivée à cause d’un balisage presque inexistant. On voyait d’ailleurs les équipes dériver une par une. Notre seul véritable point de repère était derrière nous et, grâce à cela, nous avons pu trouver une trajectoire optimale pour éviter la distance en plus. Ayant choisi de ne pas s’encorder, nous tâchons également à rester à  moins de 10m l’un de l’autre – ce qui est loin d’être évident !

Enfin, nous visualisons la baie d’arrivée avec une bouée de balisage. Nous étions donc bien sur la bonne direction. Plus aucun binôme visible devant nous mais derrière, tous suivent notre trajectoire. Nous touchons terre, acclamés par un public chaleureux. Malheureusement, tout le monde n’a pas eu la même chance que nous. Un cut-off impitoyable a stoppé net un bon nombre d’équipes, plus celles récupérées par bateau avant même d’arriver sur la terre promise car elles dérivaient … vers Venise.

Un véritable plaisir pour les yeux

ÖTILLÖ HVAR - 2017. Foto: JakobEdholm.comS’enchaînent alors petites îles et traversées dans une eau bleutée, magnifique paysage alternant course trail en pleine garrigue et barres rocheuses très techniques. Un véritable plaisir pour les yeux. Sur cette portion-là, 3 binômes mixtes nous dépassent, plus expérimentés sur ce type de parcours. Pour regagner le port de Hvar, il nous reste une dernière traversée plus exposée au vent, où le race director Michael Lemmel en personne nous fait le briefing avant d’attaquer cette section de nage. Les consignes sont simples, tirer plus à droite face au vent pour éviter une dérive certaine. Nous misons quitte ou double sur une autre stratégie d’orientation en eau libre qui nous fait remonter 3 places en équipe mixte. Retour sur Hvar, à mi-parcours de la course, annoncé en 7ème position et annulation des 2 dernières natations. Une évidence vu que le vent ne faiblissait pas.

ÖTILLÖ HVAR - 2017. Foto: JakobEdholm.comNous attaquons une ascension dans la vieille ville par une série de marches, direction la Forteresse. De là, nous admirons la vue panoramique de la ville et des îles, mesurant enfin la beauté des paysages. Nous entamons une section de trail d’environ 5km à travers la garrigue, surplombant les corniches et les criques qui découpent la côte de cette magnifique île. Une grosse descente nous attend avant la dernière section de natation où nous pensons à bien nous alimenter. Et plouf dans une super eau bleue azur abritée du vent qui nous a bien rafraîchi. Comme nager dans un aquarium sans aucune contrainte. Un pur bonheur. Sur la fin de la natation nous doublons un binôme mixte qui avait l’air épuisé dans leur nage. Cela a nous a bien remotivé et c’est parti pour la dernière section de course à pied d’environ 15km.

Une montée raide nous attend sur au moins 2km avec marche forcée et, enfin, on se libère de notre couche de néoprène, une vraie bouffée d’air. Soudain, apparaît le binôme mixte que nous venons de doubler dans l’eau, nous laissant sur place. L’homme tractant son partenaire avec une force stupéfiante. Encore un viking ! On revient donc à la 7ème place. Maintenant les paysages et les surfaces s’enchaînent, routes bitumées, pistes, chemins de trail. Nous doublons un binôme mixte au ravitaillement du village de Brusje, un père et sa fille qui ont une belle complicité.

Les jambes sont fatiguées et les cuisses commencent à brûler

ÖTILLÖ HVAR - 2017. Foto: JakobEdholm.comOn est alors au point culminant du trail et on attaque la descente. Les jambes sont fatiguées et les cuisses commencent à brûler. On reste toujours lucides et à la recherche des rubans de balisage accrochés dans les arbustes. On aperçoit au loin des chasubles vertes (binôme mixte) qui semblent à notre portée. C’est parti pour la course poursuite en descente technique trail qui n’est pas trop notre fort. Le binôme résiste mas nous arrivons en même temps sur le dernier ravitaillement. On finit par les doubler dans les 3 derniers kilomètres de la course plutôt côtières et nous finissons 5ème binôme mixte en 7h26 avec un slot pour le  Ötillö Swimtun World Championship en septembre !!

Conclusion de cette course : de superbes paysages, une température d’eau idéale, des parties de parcours terrestres exigeantes et techniques. Et en ce qui concerne les portions aquatiques, c’est « mer nature » qui a le dernier mot. Un taux d’abandon de 50% pour cette édition !

A titre personnel, après cette première expérience World Series Ötillö, nous concluons qu’il faut essayer l’option de s’encorder au moins sur les sections aquatiques, et sur les parties terrestres, encore beaucoup de travail à faire surtout  sur les ascensions en marche rapide, les parties rocheuses côtières et les descentes techniques trail. Mais malgré tout, très contente de notre course et surtout de nos sections en eaux libres. Petits conseils aux swimmrunners : mettez des chaussettes montantes pour éviter des irritations au niveau de la puce et amenez de la crème anti-frottement pour vous badigeonner pendant la course !

Des Raiders à Hvar

Sabrina et Ludovic nous font partager leur expérience à Hvar, la première étape du circuit  Ötillö. Raideurs multisports ils ont l’expérience des épreuves longue distance et des courses en équipe. Ils ont décidé cette année de participer à des swimrun et tenter l’aventure Ötillö en équipe mixte … avec succès !

Samedi soir, le briefing de course a lieu dans le village avec vue sur les eaux bleu turquoise et les îles de la côte adriatique. Le ton est donné : la natation va être sportive avec le vent de Sud Sud-Est, les vagues et le courant. Le parcours en est même modifié afin de faire la longue section de natation, 2900m, moins exposée pour éviter d’aller chercher des  nageurs  à Venise !

Cette première et nouvelle manche de l’Ötillö World Series à Hvar a attiré du beau monde : beaucoup des actuels champions du monde sont annoncés sur la ligne de départ. Au final ce sont 110 équipes inscrites, dont 40 en mixte.

Après une bonne nuit de sommeil et plusieurs couches de vaseline pour se protéger des échauffements, on se présente sur la ligne de départ à 9h. Notre objectif pour la course est de nous tester physiquement sur l’enchaînement de ces deux disciplines, surtout la natation pour ma part. En revanche, nous avons l’habitude de courir ensemble et nous savons que nous sommes performants en équipe.

Je me concentre sur ma nage et je suis l’élastique

Croatia. April 2017. Hvar. Otillo Swim Run.

Le départ est donné à 9h20 avec pour débuter 300m de course sur le port et 300m de nage pour le traverser, ça met dans le bain ! S’ensuit une course dans les quartiers de Hvar sur un peu moins de 2km, nous voici dans le vif du sujet pour une natation de 1700m le long de la côte avec vent de dos. La mer bouge un peu mais tout va bien ! Sabrina a l’expérience de la nage en eau libre et mène l’allure. Moi je me concentre sur ma nage et je suis l’élastique. Je vois beaucoup d’équipes nous doubler mais je fais du mieux que je peux. J’ai fait le choix de partir sans plaquettes pour protéger mon épaule un peu sensible et je ne le regrette pas avec cette mer.

On sort de l’eau les jambes un peu engourdies et on attaque un aller-retour de 6km avec deux petites bosses. A mon tour de faire l’effort, je prends le lead pour nous ramener sur plusieurs équipes quelques centaines de mètres devant. En voyant les premières équipes revenir je constate à ma surprise que nous sommes 6ème mixte !

Je commence à avoir l’estomac en vrac

ÖTILLÖ HVAR – 2017. Foto: JakobEdholm.com

Ravitaillement rapide et nous sommes de retour au bord de l’eau pour le gros morceau de l’épreuve : 2900m de natation pour atteindre les petites îles d’en face. La clé sera d’arriver à suivre le bon cap sans dériver afin de trouver l’entrée de l’anse mais je fais confiance à ma coéquipière pour nous amener à bon port ! La mer bouge beaucoup et il n’est pas facile de nager correctement, les rares fois où je lève le nez la côte semble très loin… Après quelques tasses et plusieurs gorgées d’eau salée, je commence à avoir l’estomac en vrac. Je continue à m’appliquer, hors de question de s’arrêter. Je sais que ça ne durera qu’un peu plus d’une heure au maximum. À l’arrivée dans l’anse la mer se calme. Par contre l’eau me semble plus froide sur les derniers 500m, les bras se font lourds et je me refroidis.

ÖTILLÖ HVAR – 2017. Foto: JakobEdholm.com

A la sortie de l’eau les encouragements des locaux font chaud au cœur. Le premier ravitaillement solide fait du bien. Un peu d’eau, une banane dans chaque main et l’élastique se tend de nouveau. On est reparti mais cette fois ce n’est pas moi aux manettes ! La natation et le froid m’ont mis l’estomac en vrac et ont aussi attaqué ma lucidité. Sab gère et me fait courir sur les rochers à travers le chemin tracé à travers la forêt pour la course. Les transitions s’enchaînent et je ne suis bien que dans l’eau en position allongée ! Un comble pour un traileur ! Par contre, on avance en faisant des transitions rapides et on remonte plusieurs équipes en difficultés dans les cailloux. Avant de replonger dans l’eau pour retourner sur Hvar, Michael, le directeur de course, nous arrête afin de nous expliquer les consignes de sécurité pour cette section de natation de 560m un peu exposée.

Les deux dernières natations sont annulées

ÖTILLÖ HVAR – 2017. Foto: JakobEdholm.com

Au ravitaillement à Hvar, on nous annonce que les deux dernières natations sont annulées, bonne nouvelle pour nous ! Il nous reste donc 6km de course, 1700m de natation et 16km de course pour rentrer. Mes couleurs et mes jambes reviennent et je prends mon tour en tête dans les escaliers qui nous mènent au fort de Hvar. La vue est superbe à travers les collines ! On continue de remonter les équipes et on arrive rapidement à la dernière natation de la journée.

A la mise à l’eau les bras sont lourds mais l’eau est calme. On force sur les derniers 500m avec le vent de face pour rejoindre la dernière plage. Une longue montée nous attend. On enlève le haut de la combi et on se ravitaille dans la montée avant de relancer l’allure. Un peu avant le sommet un membre de l’organisation nous annonce que nous sommes 3ème mixte à notre grande surprise ! Nous ne sommes pas les seuls à avoir laissé des plumes sur cette grosse section de natation.

Instantanément je relance et force le rythme, il nous reste 15km pour aller chercher les deuxièmes. Nous enchaînons un peu moins d’1h30 de course sur les chemins rocailleux et exigeants de Croatie à relancer à chaque occasion pour grappiller du temps. Je sais que Sab souffre derrière et on se parle beaucoup pour éviter la chute ou la blessure. En arrivant sur Hvar, je sens mes forces qui diminuent à grande vitesse et le dernier kilomètre avant de couper la ligne d’arrivée me paraît interminable. Une bonne dose de sucre sera nécessaire pour retrouver mes esprits. Nous n’avons jamais vu les seconds, ils se savaient sûrement chassés et l’écart s’est maintenu. Au final 7h00 de course, 3ème mixte, 11ème scratch et 1ère équipe française.

ÖTILLÖ HVAR – 2017. Foto: JakobEdholm.com

La course fut dure mais très belle, un terrain exigeant à notre avantage et une natation qui a fait la sélection : seulement 51 équipes finissent la course sur 110 au départ !

Le travail d’équipe a été fructueux et nous avons pu tirer le meilleur parti de nos forces et nos faiblesses. Notre choix de matériel fut aussi le bon et les combinaisons Colting wetsuits sont de supers produits qui offrent un très bon confort et une bonne glisse en natation. Un peu d’eau et de nourriture pour les longues sections de course sont important pour palier au coup de fatigue.

Maintenant les esprits sont tournés vers L’Ötillö en septembre où il faudra être bien meilleur !

Hellas Frostbite: un swimrun venu du froid

15267562_1201787573248420_120553912786912224_nLe Hellas Frostbite est une course unique. Elle a lieu le premier Samedi de Décembre dans le parc hellasgården au cœur de Stockholm, c’est probablement la course la plus froide du calendrier, d’où son nom « gelures de Hellas ». Organisée par trois amis qui redonnent tous les bénéfices à l’œuvre caritative « Barncancerfonden » contre le cancer chez les enfants. Le prix d’inscription est minimum de 300krona, environ 30€, mais les participants sont encouragés à donner plus. Cette année la course a collecté environ 1800€ avec 49 compétiteurs courageux. Une très bonne initiative pour une œuvre caritative. Et il faut être courageux car si c’est un sprint, il ne faut pas avoir froid aux yeux pour se jeter à l’eau. Jean-christophe Bastiani a relevé le défi et nous fait partager son aventure.
Crédit photos Delphine Simon et Hellas Frostbite.

Journée classique de décembre en Suède -5°C dehors

8h00
Le réveil sonne… petit regard par la fenêtre. Ouille aie et re-ouille. Les organisateurs ont bien choisi. C’est prévu pour être la journée la plus froide et la moins ensoleillée de la semaine. Chouette !
« journée classique de décembre en Suède -5°C dehors avec bise du Nord -9 ressenti »
Un bon petit déjeuner avalé, sucré-salé et hop direction Slussen en Métro pour trouver le bus qui nous mènera à Hellasgården.

8h47 Slussen
Le timing est assez court donc il ne faut pas se tromper ….. Un grand bordel et après quelques aller-retours dans les halls, nous attrapons le bus. Petit moment d’hésitation mais ça y est l’aventure approche.

9h17 arrêt Hellasgården
L’air est sec et piquant mais pas de vent dans cette belle forêt parsemée de « mille »lacs. Et tout d’un coup fou rire en voyant un patineur tester la glace pour aller randonner…. OUI de la glace, bien épaisse et bien brillante avec le soleil qui perce et nous réchauffe. On avance vers Notre lac, Notre terrain de jeu et dans les sous-bois, il fait bon à marcher et tout d’un coup nous y voilà…

9h30 Hellasgården
15283929_1210061952420982_6179232871535818131_nJ’arrive et accueil de Philip très heureux de me voir. Ce sera le début de belles rencontres tout au long de la journée. Ça y est, je suis en Suède (pays que je connais depuis longtemps) mais pour faire un swimrun. Il me fait un briefing en anglais pour me donner les consignes et surtout que nous aurons uniquement 30-40m à nager vu l’épaisseur de glace et la température de l’eau proche de 0°C. Vestiaire dans les toilettes immenses et chauffées, j’adore ce pays, et direction la première boucle pour s’échauffer.

Jag talar svenska !!

10h38
Tout le monde écoute le briefing en suédois, j’applaudie comme tout le monde, je tourne la tête comme tout le monde et sourit au bon moment….. Jag talar svenska !!
Cette fois, décompte et ça sera le départ… moment d’excitation et j’ai bien envie de m’amuser.

10h48
15280989_10211294648752686_1346626738_nDépart au milieu des braseros, qui me rappelle samedi dernier au refuge de Combe Madame en Belledonne.
Deux groupes se forment au bout de 200m… et je prends le wagon du premier, je me sens bien, je suis heureux. Il y a quelques furieux devant mais à 900m, il n y a que 60s d’avance alors je reste tranquillement à ma vitesse avec le petit groupe. Le parcours va être exigeant, une succession de montées et descentes sur 5 km très cassant dans la forêt et de la glace par endroit. Premier tour à 15km/h, je suis bien, je pense à ma pose de pied, me relâcher. J’ouvre l’avant de ma combi pour réguler ma température. Je porte mes tenues NaturalPeak (t-shirt et legging) sous la combi en prévisions du swim. Excellente qualité de ventilation avec le tissu en Modal WoodWear.
frostbite-2016-2Le moment tant attendu arrive, la mise à l’eau sur le ponton glacé, 10s à palabrer et go, de la vélocité et 2 respirations après j’attrape l’échelle pour remonter. Le cardio est à 180 depuis le départ et il faut enchaîner. Une course folle et j’adooooooore.

Mes genoux commencent à subir le froid dans la dernière partie

15350580_1210061629087681_3647837357913630140_n.jpgTout trempé, je repars pour mon 2ème et 3ème tour qui seront un peu plus lent que le 1er.
La seule différence sera la mise à l’eau directe… pas de transition !! On n’est pas là pour acheter du Glogg et des pepparkakor

Mes genoux commencent à subir le froid dans la dernière partie, la plus vallonnée. Ma vitesse me permet de doubler 2 ou 3 swimrunners mais je suis obligé de marcher quelques secondes et perd au moins 60-90s. Peu importe, je suis dans le plaisir, il fait froid mais je me suis entrainé à pire en montagne.
15319225_1208902399203604_1237652382146106046_n.jpgEt voilà je finis cette belle course d’Hellas Frostbite Swimrun après 15km dont 100-120m de natation avec pleins d’encouragement en Français !! Un vrai gamin et un énorme sourire à l’arrivée malgré le froid qui commence à tomber en parallèle de la disparition du soleil mais la chaleur humaine de tous mes amis suédois était bien plus forte.
15320341_10211281310459237_1125237243_nTout heureux de ma 11eme place, je ferai beaucoup mieux l’an prochain, je découvre enfin toute l’équipe Swimrun World of Swimrun maintenant dans la vraie vie. Niklas, Philip, Daniel…. et tous les autres avec qui j’espère m’associer pour une ou plusieurs courses…. Michelle Nyström, j’attends ta réponse! lol

Multiples accolades et félicitations… Voilà ce que je retiendrais de cette « course ». Du bonheur partagé entre personnes simples qui aiment la nature et le dépassement de soi.

Du Raid multisport au Swimrun… il faut se jeter à l’eau !

Simon Marchal vient de l’univers du Raid, avec son binôme Aurore, il nous livre son point de vue sur le Swimrun de la Gravity Race d’Annecy qui a eu lieu le 15 octobre dernier (41 km dont 6 km de natation en lac).

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Nager 6 bornes ?! Courir 35 bornes ?! En combi ?!…

C’est ce que j’entends quand je dis qu’en tant qu’adepte du raid multisport je vais m’essayer au Swimrun.

La Gravity race me semble être idéale pour se tester : pas assez plat et pas assez chaud, c’est   PAR… FAIT

 

1 mois avant la course un méli mélo de binômes défile et je finis enfin par trouver ma partenaire, Aurore. La surprise est à son comble, nouveau sport et binôme inconnu.

Après quelques semaines et quelques degrés de moins, je la rencontre enfin vendredi soir sur Annecy pour faire le point sur nos niveaux respectifs et le matériel. Nous sommes sur la même longueur d’onde (sauf que quand elle m’annonce que l’eau demain sera à 15°C j’hésite à la détester mais ce n’est pas de sa faute)

Samedi matin :  7 heures et 8 degrés, nous voilà sur le parking de la plage de départ.

« La plage prend alors une allure de banquise »

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Premier réflexe : c’est quoi une eau à 15 degrés ?! Le bout des doigts trempés dans le lac en guise de thermomètre annonce rapidement le mauvais moment à passer quand il faudra s’y jeter malgré la combinaison et y passer quelques heures aujourd’hui.

Nous nous lançons dans les préparatifs, la doudoune est retirée au dernier moment !

A contrario, l’ambiance, elle, est chaleureuse. Tout le monde se regarde et observe les différentes façon dont certains ont bricolés leur matos pour optimiser les déplacements sur terre ou dans l’eau. Le speaker nous met la pêche et annonce alors 1 minute avant le départ…

La plage prend alors une allure de banquise, nous voilà tous la goutte au nez, serrés les uns contre les autres prêts à en découdre sur un départ en masse dans l’eau. Gooooo !!!!! Comment expliquer ce moment… ? Essayez d’imaginer 300 gugusses sur la même ligne d’un bassin de 25 mètres et armés de plaquettes… Voilà je vous laisse imaginer

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Au milieu du paquet il faut juste chercher à conserver sa place et laisser passer ces 800 mètres de machine à laver. Aurore et moi en avons profité pour se perdre de vue, c’est plus rigolo. .. À la sortie de l’eau je l’aperçois déboussolée, elle me cherche partout en combi orange et en bonnet rose…au milieu d’un débarquement de bonnets roses quasiment tous vêtus de combi oranges…

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« c’est le panard, le charme du lac d’Annecy opère »

Nous voilà parti pour une session trail de 1100 D+ à parcourir sur 10 kilomètres. Le terrain est technique autant en montée qu’en descente mais les réflexes de raideur sont là, plus c’est le chantier mieux c’est.

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La montée se fait dans le peloton, personne ne tente de doubler, les binômes restent groupés. Malgré le fond de l’air frais, l’ascension dans la forêt en combi me fait monter en température, j’en profite pour utiliser les spécificités du matos swimrun et ouvre la combi pour ventiler.

« voilà, la moitié du déniv total est faite ! »

Enfin le groupe s’étire, un belle descente technique nous donne l’occasion de gagner quelques places, alors je lâche les freins et attaque fort. Beaucoup de coureurs marchent sur des œufs et ne connaissant pas le niveau d’Aurore, je prévois de l’attendre en bas mais après quelques coups d’œil dans le rétro je la vois dans mes pas !

La partie fun terminée on réattaque la montée pour le mont Veyrier, la vue promet d’être splendide étant donné l’apparition du soleil en lisière de forêt. 4 km avec 1000 D+ et c’est le panard, le charme du lac d’Annecy opère… A ce moment de la course la même phrase se fait entendre dans le paquet : « voilà, la moitié du déniv total est faite ! »

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La descente est très très glissante, d’où l’intérêt de porter une combi renforcée aux fesses et enfin un  monotrace s’ouvre à nous dans l’entrée dans la forêt et laisse place au régal jusqu’au bord du lac.

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Nous voici revenu à la plage de départ pour attaquer 1300 mètres de natation. La transition est longue nous prenons notre temps, comme en raid, nous gagnerons du temps sur les prochaines.

Une fois le bout des pieds dans l’eau (ce qui ne s’est pas confirmé longtemps, passée la ceinture…) j’entends encore Aurore me dire : « ah ça va mieux niveau température ! » Je suis saisi par le froid à tel point que j’oublie de baisser mes lunettes, je ferai donc cette nage avec un verre sur deux rempli d’eau glacée.

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La cadence est bonne nous nous calons sur un même rythme et sortons  »’frais » de l’eau. L’enchaînement des épreuves n’est pas si déroutant que ça. Courir avec la combi et l’attirail ne me perturbe pas outre mesure et ne semble pas déranger Aurore, preuve que nous avions bien étudié nos leçons de bricolage. C’est reparti pour 10 bornes de plus et environ 500 D+ avec un passage en contre bas des Dents de Lanfon le long d’une parois rocheuse. Comme prévu, c’est la descente qui commence à faire souffrir le cuisses, c’est casse gueule les appuis ont intérêt à être précis et rapides pour éviter aux chevilles de partir. Le ravitaillement de Talloires est le bienvenu. La natation est trompeuse en terme de consommation d’énergie, surtout quand l’eau est froide, le sentiment de faim est moins important que sur des transitions VTT Trail alors un état de fatigue général m’alerte et j’en profite pour m’alimenter en conséquence, voir même trop en misant sur un profil peu prononcé sur les 6 kms qui arrivent qui me laisseront le temps de digérer sans trop de peine.

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« je suis alors obsédé par l’envie de sortir de l’eau »

Les 3 premiers kilomètres sont partagés avec Akunamatata (Swimrun France) et sa Gopro. Depuis le temps que je suis ses péripéties sur Facebook et que je m’inspire de ses tuto Swimrun, c’est un honneur d’avoir un finisher de ö till ö avec nous. Pendant que nos cuisses commencent à chauffer et que Aurore prend discrètement son petit coup de barre, JM se fait plaisir et gambade à la recherche de belles images pour le film qui  résumera la GRAVITY race.

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Une barre de céréales plus tard, AURORE refait surface, nous avons parcouru plus de la moitié de la course, le moral est bon d’autant que nous croisons Delphine SIMON au ravitaillement qui nous hurle dessus pour nous encourager et nous accroche les ballons de signalisation pour la traversée de 800m d’une rive à l’autre du lac. Malgré un soleil d’enfer, la température de l’eau continue à rendre délicate la première trempette mais la couleur du lac est idyllique. Nous partons en ligne droite parfaite malgré le courant, tout va bien jusqu’à ce qu’au bout de 500m le froid envahisse mes jambes et me remonte dans le bas du dos, je suis alors obsédé par l’envie de sortir de l’eau, c’est un cauchemar. Au mental je termine cette portion et sors vite vite de l’eau en espérant me réchauffer rapidement surtout lorsqu’on m’annonce le ravitaillement aux boissons chaudes.

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Problème : je tremble de tous mes membres, impossible de tenir un verre et de le porter à la bouche.  Alors je dégoupille et ne trouve qu’une seule solution pour me réchauffer rapidement… je me verse des gobelets de thé chaud dessus… Voyant la scène Aurore n’en croit pas ses yeux (et oui en raid on apprend à survivre comme on peut.) et en arrive même à penser que je ne repartirais pas. J’ai pas fait tous ces kilomètres et me suis pas versé du thé bouillant dessus pour rien, je suis déterminé à finir et me fais violence pour dérouler les jambes et démarrer les 6kms de trail qui nous attendent au dénivelé loin d’être inquiétant vu ce qu’on vient de se faire. Et c’est comme prévu que cette dernière portion de course à pied se déroule. Pas d’accroc, pas de douleurs, un rythme super régulier et un moral brillant. Toutefois un doute s’installe… est-ce que le froid ne risque pas gâcher radicalement la fête sur 1700 derniers mètres de natation

En arrivant au bord du lac la surprise est de taille !  Les prétendus nageurs marchent dans une eau à hauteur des cuisses sur au moins 100 mètres, c’est l’occasion ou jamais de retarder le processus de cryothérapie… C’est pas très long mais ça fait du bien au moral malgré le fait que le bâtiment que nous devons viser pour débarquer semble loin. Pas le choix ! Plus vite tu nage plus vite tu sors de l’eau ! Alors je donne une cadence élevée et Aurore se cale à côté de moi, tout roule (ou tout baigne plutôt) pas de douleurs, pas de fatigue, pas de bruit, juste des images de ma petite famille en tête pour m’aider à avancer et la présence de ma binôme à coté de moi.

« allez !! on va se le torcher ce swim merde ?!

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Nous doublons au moins 4 équipes, notre gestion de course paye mais incontournablement le froid revient et me glace, il me sort de mes pensées et me harcèle à tel point que je ne rêve que d’une chose, m’arrêter sur la berge non loin de moi pour pouvoir bouger et me réchauffer. Alors je brasse 3 ou 4 fois pour secouer tout ça puis Aurore sort la tête de l’eau et m’annonce la couleur : « je suis congelée ! »

Je commence à m’agacer, je ne vais pas me laisser dicter une fin de course par cet élément extérieur, je me suis promis de finir alors c’est moi qui annonce la couleur pour le coup : « allez !! on va se le torcher ce swim merde ?!

Nous remettons la tête à l’eau et je fais appel à toutes mes capacités pour glisser plus vite, mes épaules se transforment en pistons et tout mon corps est bien allongé, l’eau défile vite lorsque je sors la tête pour prendre mes respirations. Les 300 derniers mètres sont pour ainsi dire  »torchés ».

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Le cerveau éteint… le dernier kilomètre de course à pieds se fera en rampant s’il le faut. L’adrénaline joue bien son rôle, et les 12 km/h sont atteints rapidement, nous ne nous ferons pas reprendre !

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Dernier virage… l’arche d’arrivée… enfin…

« toujours ce sentiment de confiance, de bonheur et d’accomplissement de soi. »

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Ces 5 derniers pas avant de passer la ligne, peu, importe la course, le temps et le classement, nous procurent tous et toujours ce sentiment de confiance, de bonheur et d’accomplissement de soi.

Il y a du respect pour son binôme, comme en raid, sans lequel nous ne serions pas là ; de  »l’admiration » des derniers pour les premiers déjà réchauffés depuis des heures mais là pour applaudir et encourager les derniers. Nous nous sentons vivants.

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Voilà… 8h47 se sont passés et il nous semble être parti il y a 1h. Du Raid multisport au swim and run rien ne change… si, pardon… il faut juste oser se jeter à l’eau.

Simon Marchal

1000 lakes, 1000 raisons de partager

Les JUJUs, alias Justine Lechien et Julien Brazy  se sont jetés à l’eau. Pour leur premier swimrun, ils n’avaient pas choisi le plus facile : 1000 Lakes au nord-est de l’Allemagne. Ils ont relevé les défis, celui de la course bien sûr, mais aussi celui de nous livrer indépendamment leurs impressions sur leur préparation, la course, mais aussi leurs moments difficiles et leur gestion, et finalement les leçons qu’ils ont retenu. C’est essentiel de faire des débriefings pour progresser ; mais si c’est parfois difficile de le faire en privé, c’est extrêmement courageux de le faire en publique. Alors merci JUJUs pour votre partage, honnêteté et bonne humeur, défis relevés avec succès ! Photos ©ÖtillÖ et ©JUJUs

Julien
J’ai 31 ans, je suis à la base Duathlète, je cours en D1 depuis 13ans pour le club des Tritons Meldois. Je me suis mis à nager pour participer a mon premier Xterra en 2013, où j’ai immédiatement obtenu ma qualification pour les mondiaux à Hawaï, ce qui m’a encouragé à nager un peu plus.
Je suis tombé sous le charme du Swimrun en visionnant le reportage de Canal+ « Intérieur sport » et j’ai immédiatement voulu le visionner avec ma copine Justine en espérant qu’elle tombe comme moi sous le charme. BINGO ! Un jour on y sera ! Mais quand !? …

Justine
Je m’appelle Justine alias « Ju, Gizmo, mon amour » et j’ai 29 ans au compteur. J’ai pratiqué l’athlétisme de 14 ans à 26 ans et je me suis tournée vers le triathlon après une légère blessure. Je ne ferai que des sprints  c’est à dire 750m, 20km à vélo, 5 km à pied et ce sera bien ! Trois ans plus tard, ce format reste mon format fétiche. Bref, les 33km à pied et les 10km de natation vont me paraître bien longs. Moi, j’aime quand cela va vite !

Julien
13319815_10154833329567388_8687377123943308959_nJe démarre plutôt bien la saison en finissant 2ème des championnats de France de cross pompier (ma profession) puis les bons résultats s’enchainent jusqu’en juin où l’euro de foot aura raison de ma forme ! Ma caserne étant située juste à côté du grand stade de Lille nous sommes très sollicités. Je tombe malade, résultat j’abandonne sur le Xterra de Gerardmer et l’Embrunman tombe à l’eau ! Le moral est au plus bas, mais Justine me lance alors l’idée du Swimrun pour retrouver un nouvel objectif pour la fin de saison, ce qui me laissera le temps récupérer. L’idée m’emballe immédiatement !

Justine
La saison 2016 sera un peu particulière. Avec un déménagement en février pour rejoindre mon chéri, un nouveau travail à temps plein et des nouvelles habitudes à prendre, je continue les triathlons sur des sprints. Une tendinite du tendon d’Achille m’empêchera de m’entraîner correctement à pied d’avril à fin juin mais j’arrive tout de même à enchaîner les compétitions. Très déçue et manquant alors d’objectif, je pense terminer ma saison par quelques triathlons régionaux et des courses sur route. Mais un soir mon Juju me montre la vidéo de l’ÖtillÖ et nous sommes captivés comme deux gosses devant un dessin animé. Ni une ni deux, c’est un sport de «  fous-fous  » comme nous !

Julien
Justine me propose l’ÖtillÖ des 1000 Lakes ; cela me paraît vraiment pas mal jusqu’à l’annonce des distances… 10km de nage pour 30km de course… Euh y’a comme un problème là ! Le ratio n’est vraiment pas à mon avantage de coureur ! Et pas du tout de nageur ! La préparation se fait difficilement par manque de temps car entre temps un projet immobilier commun est né !

Justine
Pêche aux infos : on regarde la page Swimrun France, la page des swimrunners français… Pour l’entrainement, nous ne changerons pas grand-chose à notre entraînement pour le court et nous serons motivés jusqu’en septembre. Au final, je m’imaginais une préparation spécifique et studieuse (enchaînement natation en lac- course à pied) mais nous ne l’avons pas fait.

Julien
Entrainement 1000 LakesNous arrivons finalement sur place le jeudi soir histoire de s’acclimater. En effet, on va vite s’acclimater, dès le vendredi matin en allant enchaîner totalement équipés cette fois ci ! Et là c’est le drame premier plongeon ! L’eau est très trop froide ! Nous faisons 10m et nous ressortons immédiatement… Nous partons chercher nos gants néoprène pour une nouvelle tentative mais pas beaucoup plus fructueuse ! À peine 100m et nous ressortons aussitôt congelés ! Nous nous posons immédiatement la question comment faire 10km, dans ces conditions !

Nous retournons se réchauffer très vite au logement  sous la couette heureusement très épaisse puis quelqu’un toque à la porte ! J’ouvre et là, stupéfaction ! Je connais ce mec je l’ai vu dans le reportage ! François-Xavier !! Alias Fix ! C’est un coup du destin ! La providence !! LOL nous ne sommes pas seuls ! Je lui raconte aussitôt notre matinée et notre grosse inquiétude ! Qu’il nous confirmera quelques heures plus tard ! Mais il a déjà vécu aussi froid c’est faisable, c’est un réconfort.

Justine

ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.com

Dimanche  Jour J comme JUJUS. Bien équipés contre le froid, nous sommes fin prêts à en découdre, c’est ma dernière compétition avant la coupure, je suis au taquet et pas là pour sucrer les fraises.
Comme d’habitude au départ, je me mets devant cela me rassure et c’est la Base ! Nous partons assez vite 3min50 au kilomètre sur les  4km qui n’en font que 3 au final. On se regarde tous les deux et on se comprend vite : mince si on commence à nous enlever de la course sur une compétition orientée nageurs ça va pas le faire… Bref, faut y aller et là c’est le 1er problème : la transition !  On se fait directement passer par 2 équipes mixtes.  Et ouai, on découvre les transitions swimrun…  Enfiler les bonnets, tourner le pull, remonter la combinaison et mettre les lunettes, je n’ai pas l’habitude … En triathlon tu es déjà prête avant … 1er point à retravailler pour l’avenir …

Julien
ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.comOn se jette enfin à l’eau ; les premiers coups de bras sont difficiles mais c’est mieux que vendredi ! Le dossard y est pour beaucoup ! On ne sent presque pas le froid. Enfin si quand même ! Les natations s’enchaînent, les doigts se font de plus en plus raides pour moi et je dois m’aider de mon menton pour mettre et défaire mes plaques et notre technique d’encordement sur les parties pédestres n’est pas au top ! On a beaucoup de mal à s’attacher et à se détacher à cause du froid. Nous sommes obligés de s’adapter face au froid pour trouver des techniques ; Ce froid est bien présent mais on s’y acclimate : le corps est bien fait ! Nous n’aurons pas besoin d’utiliser nos gants néoprène pourtant je suis très sensible des mains. Si je l’ai fait beaucoup peuvent le faire !! Mes pieds eux n’en souffrent pas je pense grâce à l’utilisation de mes five fingers qui limitent la circulation d’eau dans les pieds.

Justine
On enchaîne les course à pied où Juju me tracte, les caps côte à côte, les nats où je suis devant. Le seul problème majeur est donc que je dois l’attendre à chaque natation car il n’arrive pas à prendre mes pieds … Il y a vraiment une différence entre la piscine où il est devant et l’eau libre où je suis toujours meilleure. Il faudra que l’on travaille cette natation à deux car on perd de précieuses minutes à chaque natation … et sur 10 sections de natation cela n’est vraiment pas négligeable ! Les autres équipes mixtes elles, sont bien rodées car encordées et nous ne le sommes pas. Je ne me vois pas tracter Julien qui est pourtant « very slim »mais plus lourd que moi quand même.  Il faudra donc repenser à une autre stratégie !

 Julien

ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.com

Le moment le plus difficile pour moi est arrivé après la mi-course. J’ai passé les premiers ravitaillements trop rapidement ; j’avais emporté des gels avec moi mais pas de solide et c’est ce qu’il me manquera. Je sens que la fringale n’est pas loin, je me connais, alors je me gère je rassure Justine je reste cool jusqu’au prochain ravitaillement où cette fois-ci je ferai le plein ! Et ça repart, mais l’impact est là ! Les bras et jambes deviennent très raides ! Je me fais dépasser sur les 1200m de l’avant dernière natation par une équipe mixte et à ce moment je sais que c’est surement le dernier slot de qualification qui part avec eux ! Justine sortie devant moi de l’eau et me confirme l’état des choses : 2min de retard. Je peste un peu, je me suis senti seul sur cette longue portion et je sais qu’une nouvelle portion de 900m de natation s’enchaîne après 900m de course donc pas suffisant pour se refaire ! Je paye cash mon manque de préparation sur la partie natation. C’est le jeu… Le but maintenant est de garder cette position et surtout de finir.  Le but est proche !

Justine
ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.comLes  moments les plus difficiles de la course sont plutôt d’ordre moral et non physique.

1er moment : milieu de course, je vois passer la 3ème équipe mixte passer en mode hors-bord en natation. La stratégie est bien ficelée : lui devant pousse sur les plaquettes et elle bat des pieds. Pourtant à pied, nous étions plus forts mais ils font clairement la différence en natation.

2nd moment : Une natation est supprimée mais du coup nous entamons les 11km à pied sans le savoir or c’est là que nous devions faire l’effort et au final nous nous sommes posés beaucoup de questions : pénalités, erreur de parcours avant de comprendre le pourquoi du comment. Nous n’avons donc pas « envoyé » comme prévu ce qui laisse un petit goût amer…

3ème moment : fin de la dernière grosse natation. Juju a froid, moi aussi je ne nage plus beaucoup mais lui encore moins. Cette natation me paraît interminable. Je pense alors à ma maman, mon papa, Ludo mon meilleur pote, les parents de Juju. Je pense aussi à ce médecin qui m’avait dit il y a trois ans suite à un sérieux souci de santé que la compétition était terminée pour moi. Je vais le faire « sois forte, vois loin » « quand yen a plus yen a encore » merci papou pour ces phrases tant répétées !

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Mon meilleur moment c’est lorsque j’aperçois enfin un monument qui je le sais se situe à l’entrée de la dernière natation ! Je regarde Justine j’ai envie de pleurer comme un gosse ! Ça y est on va le faire c’est sûr ! On se relâche un peu sur le chemin où se trouve en son milieu une souche d’arbre et je vois notre encordée prête à s’y enrouler j’ai tout juste le temps de la soulever que je bute aussitôt sur une racine et j’offre à Justine un magnifique roulé boulé je jure et éclate aussi tôt de rire avec elle on repart et 20m plus loin c’est elle à son tour qui m’en offrira un tout aussi magnifique on explose a nouveau de rire !

Justine
Les meilleurs moments, il y en a eu plusieurs :

Tout d’abord, le début de course où je me suis dit on est bien  cela ne court pas trop vite. Ensuite, il y a aussi eu la partie natation supprimée car j’avais vraiment froid.

ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.com

Enfin, les chutes respectives dans la dernière cap : Juju tombe il crie un juron et là je me marre, du coup il rigole également ; et bim 100m plus loin c’est moi qui chute et là c’est reparti on arrive plus à courir tellement on rit.  Genre « t’as fait la maligne quand je suis tombé maintenant c’est toi qui dévale la colline ! ».

Julien
Si je devais changer quelque choses ce serait notre technique d’encordement qui n’était pas au point sur les parties natation on utilisera un élastique pour le prochain et surtout on ira s’entrainer à nager avec !

Ce que je ne changerai pas c’est évidemment de partenaire ! C’est une magnifique aventure que nous avons vécu, on s’est prouvé beaucoup de choses et malgré les difficultés rencontrées on en redemande ! Nous avons déjà prévu le prochain. Cette fois ci il y aura moins de natation hein Justine !!

Un grand merci à tous les frenchies que nous avons rencontré là-bas c’était un formidable échange !

Justine

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Si je devais refaire la course, je changerai juste notre préparation antérieure : on ferait des vrais footings longs genre 1h30, 2h et on ferait des séances de natation 3x par semaine de 3000, 3500m et non pas 2 séances de 2000m …  On serait plus attentifs sur la natation de manière à optimiser nos points forts et faibles. Et surtout on choisirait une épreuve où il y a beaucoup plus de course à pied et moins de natation car là nous avons choisi la difficulté.

Je ne changerai mon partenaire pour rien au monde, il fera de la musculation d’ici là et beaucoup de piscine pour être devant moi !

Merci à toutes les personnes qui font le boulot derrière pour que je me sente bien et qui se reconnaîtront et que j’aime plus que tout au monde !

 

Marnaton 2016, première édition

Pour cette première édition du Marnaton swimrun Sébastien Bzinkiewicz nous livre ses impressions. Sebastien a un gros passé de nageur (13 ans dont 5 en sport étude), avant de s’essayer avec succès au triathlon. Après un épisode de trails et quelques raids, Sébastien retrouve l’élément liquide en se mettant au swimrun qui combine ses 2 disciplines de prédilection. Photos ©Marnaton

La genèse

Dès que l’annonce de la course parût sur le site Swimrun France, je me renseignai pour savoir où cela se situait et quand exactement par rapport aux vacances scolaires.

N’ayant pas encore de binôme avec les « mêmes caractéristiques » que moi (c’est mieux quand même d’après les compte-rendus que j’ai pu lire), je dois me contenter de swimruns en solo pour l’instant. Le Swimrun Marnaton Cap de Creus permet justement de participer en individuel et cela tombe bien. Aussitôt, je cale les vacances en famille et l’inscription à l’épreuve. La course a lieu le samedi 29 octobre, départ à 09h00 de Roses, l’arrivée à Cadaques, petit village aux allures grecques, le plus oriental d’Espagne qui a accueilli plusieurs personnalités dont Salvador Dali.

Avant course

preliminaireLa remise des dossards a lieu à Cadaques le vendredi soir. On nous fournit un sac d’ « après course » où mettre son change pour l’arrivée avec à l’intérieur le bonnet (jaune pour les individuels, orange pour les binômes), la puce chronométrage, le dossard, et divers « cadeaux » offerts par les sponsors. Un briefing a lieu à 20h30 (je n’ai pas pu y participer, logistique personnelle familiale oblige!) mais toutes les informations nécessaires sont dans le racebook envoyé par mail par les organisateurs quelques jours avant la course. Le samedi, un bus est prévu pour transporter les concurrents de Cadaques au départ à Roses. Personnellement, étant en famille, je me suis rendu directement au départ, mes supporters se rendant ensuite à l’arrivée pour m’accueillir.

parcoursLe parcours

On connait dès l’annonce de la course le parcours et les différentes sections. Tout cela est présent sur le site officiel de la course. 18km de course à pied et 5 km de natation répartis en 8 sections pour la course à pied, allant de 370m à 6400m, et 7 sections pour la natation, allant de 430m à 1000m. Ce que l’on apprend (pour moi en tout cas!) 3 jours avant, c’est qu’il y a quand même environ 1000m de dénivelé positif en course à pied.

Le jour J

Il fait un temps splendide en ce samedi 29 octobre, température idéale, que ce soit l’eau, 19°, ou bien l’air, environ 20° pendant la course.
J’arrive un peu après 8h sur le port de Roses, point de départ de la course. Une bonne partie des concurrents est déjà présente. On entend beaucoup de langues: espagnol, forcément, français, italien, anglais, allemand. Un petit stand pour boire un petit café est présent à proximité de la ligne départ (on a 2 tickets pour un café gratuit dans le sac remis avec le dossard).

H-5, les concurrents se pressent sous l’arche de départ. Il y a un peu moins de 120 inscrits sur la course individuelle et environ 100 équipes (à savoir qu’il y avait 150 places disponibles). Je me faufile tranquillement vers l’avant pour ne pas me retrouver coincé sur la première section course à pied. Celle-ci fait 2600m, 1000m sur route bloquée à la circulation pour ensuite bifurquer sur un chemin côtier aménagé d’environ 1500m tournant et montant/descendant comme on peut en trouver pas loin de chez moi sur la Côte d’Azur.

depart-2Justement, c’est l’heure!! 9h00, la corne de brume retentit, c’est parti! Ça part vite devant!! 3 ou 4 binômes et 4 ou 5 individuels devant moi, qui suis aussi parti rapidement pour ne pas me retrouver bloqué dans l’embouteillage une fois le petit chemin côtier emprunté.

On arrive très vite sur la plage de Canyelles. On rentre dans l’eau à mi-plage et c’est parti pour 450m de natation. Je double 2 ou 3 individuels et 2 binômes.

swim-3A la sortie de l’eau, petite montée d’escalier et on enchaîne avec 800m de course à pied sur un petit chemin assez plat mais qui tourne pas mal. Petite descente d’escalier et on se retrouve à la natation 2, 450m pour traverser l’anse d’Almadraba. Pas facile de visualiser la sortie de l’eau avec le soleil levant en pleine face quand on lève la tête. Je me repère avec un grand palmier sur la crête au niveau de la sortie de l’eau.

Swim 2 terminé, là on commence ensuite les choses sérieuses. Quasiment 3 km de trail avec 200m de D+. Heureusement, un premier petit ravitaillement est présent à la sortie de l’eau. J’avais fait le choix de partir avec juste une barre énergétique et de me servir des ravitaillements présents sur la course.

Cette partie course à pied est celle qui m’a le plus plu de par sa variété et ses paysages. Vraiment des points de vue magnifiques.

On arrive à Cala Murtra et on est partis pour 1000m de natation. En ce qui me concerne, j’arrive à peu près à me situer. Il y a 1 binôme et 2 individuels devant moi à environ 1 min 30. Je suis suivi à environ 45 secondes par un autre binôme, ensuite il y a un petit trou.

Sortie de l’eau à Cala Rustella et c’est parti pour un petit 900m de trail avec environ 100m de D+, ça monte, ça descend, ça remonte, ça pique les jambes!!

cap3On redescend au niveau de l’eau avec une main courante, et on regagne Cala Montjoi par 430m de natation où un 2ème ravitaillement nous attend.

De là, on emprunte un large chemin carrossable montant sur 1km pour ensuite prendre un petit sentier littoral qui redescend sur 600m environ pour rejoindre la mer. Les concurrents devant moi ont pris encore plus d’avance et le binôme qui était derrière moi s’est rapproché, il est sur mes talons.

On arrive à la natation 5, 450m le long de la côte pour rejoindre Cala Pelosa.

Run 6, 1500m, la première moitié est montante sur un large chemin carrossable, un peu comme la section précédente. Je me fais doubler par le binôme qui me suivait de près. Ça se rapproche doucement derrière mais j’ai encore de la marge. Arrivés au col, on redescend par un petit sentier sur la Cala Canadell.

transition-1bOn entame alors la 2ème grosse section natation de 1000m dont la première partie se fait dans une mer assez agitée, difficile de distinguer les bouées jaunes de l’organisation pour se fixer un cap. Je fais cette partie natation avec le binôme qui vient juste de me doubler. La deuxième partie de la section arrive dans la Cala Joncols, où la mer est beaucoup plus calme.

Le 3ème ravitaillement à la sortie de l’eau est le bienvenu. Les jambes commencent à se faire dures!! C’est parti pour la grosse section trail, 6400m avec 340m de D+. Tout ce D+ est dans les 2 premiers kilomètres. Ca grimpe bien. Je me fait rattraper par le 4ème individuel au col. On se ravitaille ensemble et on fait la descente vers Cadaques que l’on aperçoit au loin ensemble. Je lui dis en anglais que je pense que nous sommes 3ème et 4ème individuels. Il me propose, si on ne se fait pas rattraper, ce qui semble peu probable vu l’écart, de terminer ensemble à la 3ème place ex-aequo.

cap-1On descend à bonne allure. On se retourne régulièrement pour voir derrière. Personne pour nous rattraper vu le peu de distance qu’il reste avant l’arrivée. On admire aussi le paysage, la descente nous permet d’admirer la beauté de la baie de Cadaques avec au loin le Cap de Creus. En bas de la descente, nous sommes à l’entrée de Cadaques où une dernière section natation nous attend. 450m pour rejoindre la petite plage du village. Et là c’est le drame! Je n’avance plus, mes bras ne peuvent plus pousser l’eau, et je vois Robert me distancer indubitablement sans rien pouvoir faire. Tant pis, il mérite sa 3ème place, il a mieux géré sa course. Je sors de l’eau péniblement avec un début de crampe à l’aine.

Heureusement, il ne reste que 350m à parcourir avant la ligne d’arrivée. Beaucoup de public encourage les participants sur cette toute petite dernière section. Fin du swimrun! Presque 2h35’ et une quatrième place inespérée même si je nourris toujours quelques ambitions au départ d’une course sans savoir quel est mon niveau par rapport aux autres. Je suis content de moi. Peut être un peu présomptueux concernant l’alimentation, notamment en boisson.

En résumé

run-fouleUn superbe swimrun, autant d’un point de vue organisation, qu’au niveau des paysages. On sent que l’association Marnaton organise régulièrement des épreuves et « connait le job ». De nombreux bateaux et kayaks en mer pour assurer la sécurité, des bénévoles aux points « chichiteux » du parcours, un parcours balisé parfaitement du début à la fin avec de la rubalise, des ravitaillements judicieusement placés, bref, pas grand-chose à redire. En ce qui me concerne, après un premier swimrun solo plutôt réussi à Peyrolles en Provence en juin, je participais là à mon second swimrun en course. Ce fut une réussite aussi même si j’échoue au pied du podium.

Les prochaines échéances pour moi devraient être le swimrun Côte d’Azur Esterel en mars 2017 et le swimrun Riviera Nice-Monaco fin avril 2017 avec mon nouveau et premier binôme Benjamin.

Valse à quatre mains au Swimrun Côte d’Azur

Ophélie et Julien Valette, organisateurs du Swimrun Sang pour Sang Vassivière  nous racontent leur participation au Swimrun Côte d’Azur. Ils ont accepté le challenge que nous leur avons proposé : écrire séparément leurs comptes rendus et nous confier leurs perceptions indépendantes des hauts et des bas de leur aventure commune. Voici leur jolie valse à quatre mains. Photos ©Akuna Matata

Ophélie
J’ai participé aujourd’hui, pour ma première fois en compétition au swimrun Côte d’Azur en équipe mixte accompagnée de mon mari Julien. Nous courons sous le nom d’équipe Team Sang pour Sang Sport, l’association dans laquelle nous sommes depuis 2 ans. Cette dernière organise des événements sportifs dans la région Rhône Alpes dont les bénéfices sont investis pour l’amélioration du quotidien des enfants et des jeunes adultes atteints du lymphome : trail blanc de nuit, trail de nuit, course sur route ou encore course VTT.

Nous sommes arrivés la veille de la compétition, ce qui je pense était idéal. Plutôt que de faire la route le matin et de sentir la fatigue sur la fin de l’épreuve, nous étions frais et disponibles pour entamer cette journée. Un petit déjeuner plus copieux que pour mes précédentes compétitions (10km, cross, trail court). Je suis les directives de julien : « il faut tenir les 23 bornes sans coup de mou, et la natation c’est plus « caloriphage » » .

Julien
30465488092_a8d4c35f63_zLe dimanche matin, nous nous levons à 6h45 c’est tôt mais moins tôt que les 4h de la semaine précédente pour la Gravity Race ! Nous mangeons tranquillement puis nous nous rendons sur le lieu de départ à moins d’un kilomètre de notre hôtel. Je sens Ophélie un peu stressée, ça fait plusieurs jours qu’elle me dit qu’elle n’a pas pu beaucoup s’entraîner ces 5 derniers jours. Afin de la rassurer et pour tester la corde élastique achetée une semaine plus tôt et jamais testée en condition réelle nous nous jetons à l’eau. La corde m’apporte autant de satisfaction que sur la Gravity Race, j’ai l’impression qu’avec ça on va bien assurer dans sur les parties aquatiques !

Ophélie
Je suis un peu stressée mais Julien me rassure, « c’est une course pour se faire plaisir et pour que tu découvres » . On n’a pas le même niveau mais on se connait bien et ça sera notre point fort sur la course.

Julien
Photo de binôme au départ, rapide briefing et hop tous au départ ! La première course à pied fait 850 mètres, c’est très court et nous savons que nous allons tous nous retrouver en même temps dans l’eau. Nous avions préalablement établi que nous ne nous attacherions pas sur la première natation. Cependant pour bien échauffer les épaules nous nous sommes mis d’accord sur le fait que je nagerai fort sur cette première natation puis que je l’attendrai avant de partir pour la seconde course à pied.

30283037790_c51feca05d_zOphélie
Le départ est donné et c’est parti pour 850m de course à pied. On fait partie des premiers binômes mixtes, ça me surprend mais je suis à l’aise. La première natation à l’horizon, on décide de ne pas s’attacher car nous sommes encore nombreux dans l’eau et il ne faudrait pas gêner tout le monde. C’est parti pour 5min de stress ! Avec pour seule expérience l’entraînement au swimrun tous les week-end depuis 4 mois en lac et aucun triathlon à mon actif, je rentre dans l’eau essoufflée. J’ai nagé en mer pour la première fois, pendant un mois, cet été dans des conditions très clémente. Je suis donc surprise par les vagues qui se cassent sur moi et les autres athlètes. Eux, ils arrivent à passer au-dessus, mais moi je n’arrive pas à poser ma nage… Je brasse jusqu’à la bouée pour retrouver mon souffle, et je me dis que Julien va m’attendre, chopper déjà froid, ça m’embête… J’essaye de pas me décourager mais ça double dans tous les sens. Le soutient de certains athlètes me remet d’aplomb, et une fois la bouée passée je pose enfin ma nage. Je vois Julien au loin déjà hors de l’eau j’essaye donc de garder un bon rythme. Je sors et on regrette de pas s’être attaché. Nous sommes à ce moment-là dans le bon dernier tiers des athlètes et je m’en veux terriblement pour Julien.

Julien
29948641853_74f6e3013e_zPremière natation je pars fort, je remonte beaucoup de monde et je sors en tête du deuxième pack, tout va bien les épaules sont bien chaudes et la corde complètement autour de ma taille n’a pas bougée. Je me poste donc à droite de la sortie d’eau comme convenu avec Ophé pour l’attendre. Je sais que je nage plus vite et sur ces 360m je dois lui mettre au moins 2/3 minutes. Sauf qu’au bout d’un moment je commence à m’inquiéter et j’espère qu’il ne lui est rien arrivé, certes il y a un peu de vague mais rien de bien méchant. Au bout de 5/6 minutes j’aperçois Ophé qui sort de l’eau, je ressens alors un mélange de soulagement et de déception. On était venu pour performer et là on se retrouve dans les 20 derniers binômes …

Ophélie
C’est parti pour le 2ème run ! On a un bon rythme et on remonte 3-4 binômes. On entame notre première transition mais on ne s’attache pas encore très rapidement, ça va venir 😉 . Julien me motive et la natation se passe hyper bien. J’essaye comme je peux de suivre le rythme pour ne pas trop le fatiguer mais ça bouge encore pas mal et mes mouvements de nage sont moins efficaces que lui. Je m’habitue à l’élastique, j’essaye au mieux d’anticiper les changements de direction et d’éviter les plaquettes des binômes que l’on dépasse. Nous en passons 7 d’après Julien. Je ne peux pas confirmer ce chiffre car je ne vois que le fond et les poissons !

Julien
30283046410_04fbfc6d22_zLa course à pied s’enchaîne bien, on reprend du monde, nous sautons pour la 3ème natation et là c’est le drame, les 2 élastiques avant de mes plaquettes sortent des trous, je passe une minute dans l’eau sans avoir pied à remettre ces ***** de deux élastiques. Pendant ce temps un groupe de 5 binômes que nous avions passé sur la natation précédente nous laisse sur place. Je suis furieux contre moi-même, par négligence je n’ai pas vérifié mon matos avant de me jeter dans la flotte. Je viens de faire perdre 1 min à mon équipe et tous les efforts fournis sur la nage précédente n’ont servis à rien … Je suis frustré, dégoutté alors je me venge sur l’eau et mes épaules en appuyant comme un malade sur les plaquettes nous arrivons à sortir de l’eau avant le groupe de 5 binômes.

Ophélie
Nous sautons attachés dans l’eau pour le 3ème swim mais un soucis technique nous ralenti. Les élastiques des 2 plaquettes de Julien se décrochent et il s’en rend compte malheureusement qu’une fois dans l’eau. Je le sens frustré, et moi impuissante, durant la minute que nous passons dans l’eau à les réparer, de plus nous sommes doublés par 2-3 binômes. Et c’est reparti ! Aiie, la saleté de méduse n’a pas loupé ma cuisse, ça non plus il n’y en a pas en lac ! Julien nage fort pour rattraper notre retard et moi je sens de plus en plus à l’aise dans l’eau malgré les bonnes vagues sur cette natation.

Julien
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Jusqu’à la mi-course nous nous détachons systématiquement pour courir, nous courons sur le chemin des douaniers qui est rendu un petit peu glissant par la pluie. Rien de bien méchant nous venons tous les 2 d’investir dans des inov8 et les appuis sont excellents mais Ophélie à peur et n’arrive pas à se libérer … Cependant nos transitions sont de plus en plus fluides et sur chaque natation nous reprenons du monde.

Nous jouons à « attrape moi si tu peux » avec les binômes mixtes 68 et 02 constitués de Kate qui sortait d’Hawaii et de Nicolas avec qui nous avions beaucoup partagé la veille et le matin !

29948718733_1fbc826aa9_zOphélie
Arrivée au deuxième ravito solide, moi qui ne mange jamais sur les ravitos de trail ou course sur route, j’apprécie de pouvoir manger quelques bouts de bananes pour me re-sucrer. Les verres d’eau sont aussi les bienvenus car l’eau salé me sèche. On continue notre aventure ensemble de plus en plus coordonnés dans les transitions. On décide de ne plus se détacher car les quelques côtes sur le tracé me ralentissent. L’élastique ne fait pas tout, mais psychologiquement ça aide beaucoup.

30465620512_41d4bf63b1_zJulien
Nous arrivons sur l’avant-dernière course à pied (4 200m) et un bénévole nous signale que 2 binômes mixtes se situent environ 45 secondes devant nous. Malheureusement nous ne les apercevrons jamais même dans de grandes lignes droites. Les 4 200m se finissent sans encombre, on a bien envoyé sur le course à pied je suis vraiment heureux de la tournure que prend la course surtout que nous attaquons la dernière natation notre point fort → 400m pour revenir sur les deux binômes mixtes dont on nous a parlé au début de la dernière course à pied, j’y crois ! Première bouée à prendre main gauche, et là nous nous retrouvons face à l’océan, des bonnes vagues j’adore et j’espère qu’Ophé ne va pas paniquer comme sur sa première nat malgré l’élastique. L’excitation laisse vite place à la fatigue musculaire, nous progressons difficilement et dépassons un binôme H/H (raté les mixtes se sont échappés :-P). Quel soulagement de toucher terre, j’ai les épaules en fusion de m’être battu dans les vagues avec la corde.

Ophélie
30494510411_0742f4cc9c_zL’avant dernière natation se passent toujours aussi bien, je suis enfin à l’aise et je pousse autant que je peux pour soulager Julien. On sort de l’eau pour entamer le 4200m de course à pied. Les jambes sont lourdes et Julien continue à me motiver. Le parcours casse un peu les jambes. Le ravito solide au milieu de la portion est un soulagement. Julien me dit : « Tu mangeras en marchant dans les escaliers, on ne perd pas de temps » ça fait beaucoup rire les bénévoles. Moi je m’y plie, je ne veux pas le décevoir et puis il ne reste qu’une portion de natation et une de course. Il faut tout donner maintenant.

On arrive à la dernière natation. Les vagues et le courant sont puissants. Je ne peux pas aider Julien, j’ai l’impression qu’on avance pas et l’élastique n’est pas tendu. On progresse comme on peut face aux éléments. Je relève souvent la tête pour corriger ma direction malgré la corde. On est parti trop serré sur le bord. Je me fais peur plusieurs fois dans le creux des vagues en touchant et tapant les rochers contre mon bassin mais pas de «bobo ». La sortie d’eau ne peut se faire sans l’aide des bénévoles, qui nous encourage pour la dernière portion de course.

Julien
30546132226_27f58a9e3f_zDernière course à pied il reste 1 500m je motive Ophélie et la tire autant que je peux mais dans la dernière ligne droite de 400m je ne vois aucun binôme, nous finissons donc pour l’honneur sur un très bon rythme puis marchons tranquillement sur le tapis bleu jusqu’à l’arche d’arrivée ! Le chrono affiche 3h20 pour un objectif préalablement fixé entre 3h30 et 4h malgré nos mésaventures du début de course, contrat rempli !

Ophélie
Je donne tout ce que je peux sur ce dernier kilomètre. Les jambes me piquent mais je veux finir en beauté. Julien fait le lièvre pour moi, m’encourage et je me dépasse. La finish line est là ! Le speaker annonce la team « sang pour sang sport » et le chrono affiche 3h20’30. On fait la photo finish pour immortaliser l’émotion partagée d’avoir fini ensemble cette épreuve.

Julien
En définitive j’ai pris beaucoup de plaisir dans l’eau et j’ai pu profiter du paysage sur les portions course à pied. Cette première expérience en binôme mixte s’est plutôt bien déroulée… L’année prochaine je vais m’aligner sur pas mal de swimrun mais plus en H que mixte c’est plus facile pour se repérer dans la course et je pense qu’en tant que compétiteur je prendrai encore plus de plaisir. De plus nous auront un niveau plus homogène avec mon binôme même s’il faudra surement qu’il me tire à pied  !

Ophélie
14915294_10211526185453442_1522212429617137679_nC’est un mélange d’émotion contradictoire qui m’envahis en cette fin d’épreuve. La reconnaissance infinie pour mon partenaire qui m’a poussé au sens propre comme au figuré tout au long de cette épreuve. Je regrette ma première natation et me promet de m’entraîner davantage en mer quand j’en aurai l’occasion. Une joie et une fierté d’avoir fini cette superbe épreuve dans des temps bien en dessous de mes objectifs. Malgré tout une impression que l’effort donné n’était pas tout à fait le mien, que la performance n’est pas la mienne. C’est là que le concept du swimrun prend tout son sens. Partager, se dépasser et performer là où seule l’exploit n’aurait pas été possible. Et tout ça, au milieu de paysages extraordinaires.

Merci Ophélie et Julien d’avoir joué le jeu et de nous avoir fait partager avec simplicité et sincérité votre vécu et sensations. Vous pouvez retrouver une vidéo de la course signée Akuna Matata