Swimrun Solina la première merit race OtillO Polonaise

Eric Visentin, frenchy expatrié en Pologne, nous raconte sa folle semaine de swimrun qui l’a vu enchainé les deux premiers swimrun longue distances créés cette année: Goswimrun à Wióry et le Swimrun Poland à Solina. Le récit de course de Goswimrun est paru ici.

Présentons Solina. C’est  aussi un grand lac de retenue, à la forme complexe, multiples méandres, péninsules, et iles. Sa digue est la plus grande de Pologne. Niché dans les premières ondulations des Bieszczady, fragment de la chaine des Carpates et montagnes les plus orientales en Pologne, frontalières avec l’Ukraine et la Slovaquie. La région, touristique mais relativement secrète, est magnifique, avec son folklore local haut en couleur et son architecture en bois. Les Bieszczady, à défaut d’être les plus hautes de Pologne, entretiennent une fascination au niveau national. Mystiques et sauvages, elles abritent ours, lynx, loups, et innombrables légendes de contrebandiers. Solina et son écrin bleu, apportent une touche aquatique un peu inattendue à ce décor de basse montagne fait de prairies, feuillues et résineuse.

Les jours suivants (NDLR, le Goswimrun à Wióry ), la fatigue se fait sentir, plus pesante que le reste du Dimanche. Inquiétude: je suis légèrement enroué, et la gorge pique. Rien de méchant pour l’instant, mais restons prudent. Aucun entrainement jusqu’au prochain swimrun (NDLR, swimrun poland à Solina comptant comme « merit race » pour l’ÖtillÖ), aucune prise de risque. Je profite de ces quelques jours pour méditer sur la question de la combi, qui sera indispensable.

Mes premières recherches s’orientent vers la combi Dare2Tri courte, mais la livraison avant le weekend n’est pas garantie, et sans certitude de choisir la taille adéquate. L’autre option consiste en une combi de swimrun intégrale, qui pourra me servir aussi en triathlon: celle que je possède actuellement ne me satisfait pas car trop petite. Le stand de la marque Head sera présent à Solina avec discount: je commande en ligne le modèle Swimrun Rough. Quelle efficacité aura cette combi en mode nage simple ? Je n’en ai encore aucune idée. Je vous le dirai le 23 septembre lors d’un petit triathlon.

Jacek, mon partenaire pour Swimrun Poland à Solina, a lui aussi fait comme Tomasz, en découpant une vielle combi de tri. Cette fois ci, les rôles sont inversés: autant c’est moi qui avais aidé Sam, autant une grosse galère arrive en perspective, car Jacek, c’est du lourd: il vient de se qualifier aux championnats de 1/2IM en Afrique du Sud en 4:32. Il est lui aussi sous les dix heures en IM, et la natation, c’est son point fort. La troupe présente à Wióry n’a d’ailleurs pas loupé de me chambrer le weekend précédent : « Eric, tu vas faire du ski nautique derrière Jacek ? »

J’ai néanmoins choisi de mettre tous les atouts de mon côté. Outre la combi, je me suis bricolé un système de rectangles découpés dans un vieux matelas de camping, et fixés aux lacets de mes chaussures, à l’image des plaquettes de flottaison de la marque NU. Et depuis Wióry et les entrainements précédents, mes épaules ont à force acquis une tonicité d’enfer. Il y a juste ce satané rhume, qui traine encore, et que tout le monde a par ailleurs attrapé à Wióry…

Jacek et moi partageons transport et hébergement avec deux autres participants de Wrocław, Paweł et Dominik, de l’équipe GTRAT. Nous avons loué un bungalow en bois à proximité du lac. Outre le matériel de sport, quelques bouteilles de liqueur font aussi partie des bagages… Un autre weekend phénoménal s’annonce. Et cette fois ci, il va faire grand soleil !

A cause des bouchons sur l’autoroute, nous arrivons plus tard que prévu sur le lieu de retrait des dossards, 10mn avant la fermeture. Plus stressant encore, je devais retirer la combinaison payée d’avance… Heureusement, les vendeurs de Head m’ont attendu. Nous achevons la soirée sur une pizza, en commentant mon achat certes un peu « aveugle »: n’aurais-je pas un peu trop chaud demain dans cette combi ? L’eau, comme pour Wióry, est au-dessus des normes saisonnières, avec 19°C.

Nous faisons connaissance avec les organisateurs, Kacper et Gabriella. Ensemble, ils animent et dirigent un groupe de course à pied sur Cracovie, Runonline.pl. Ils organisent aussi, et avec un certain succès, des compétitions, dont une par étape en montagne nommée Triada, qui a lieu une fois en été et en hiver. Kacper est un excellent coureur, cela se devine de suite à son gabarit sec et tonique. Il est l’ingénieur technique et sportif de la course. Gabriella, bavarde, dynamique, aussi très charmante, est sans nul doute la tête de proue du projet. Convaincre le maire de Solina, vaincre toute la bureaucratie locale, inscrire l’épreuve dans le circuit « merit race » du championnat ÖtillÖ… le volet marketing et organisationnel lui doit beaucoup.

« Eric, b…, t’est prêt ? On y va, on arrache ! ».

Le départ est prévu à six heures du matin, l’heure du lever de soleil, toutes distances confondues, ce qui donne un parfum d’ultra-running à l’évènement. Outre la distance marathon, il y a la distance sprint, sur 25km, et une distance « first steps » de 10km. Toutes en binôme. Les chasubles, très jolis, sont fait de motifs bleus et blanc; les bonnets jaunes fluo semblent faits comme pour être assortis aux combinaisons. Le compte à rebours a lieu dans la pelouse de l’Hôtel Skalny à Polanczyk, site de l’épreuve. Le départ est donné et nous dévalons la rue principale, qui mène au lac. L’excitation du départ donne lieu à de nombreuses manœuvres telles que dépassements, positionnements, mais toute cette débauche tactique semble soudain superflue lorsque l’entrée dans l’eau se dessine, et que chacun prend son temps.

Jacek, lui est déjà pressé, il a déjà arrangé bonnet, lunettes, sangles, paddles, et se jette dans l’eau sans préambule : « Eric, b…, t’est prêt ? On y va, on arrache ! ». Nous avions fait déjà un entrainement au lac de Mietków il y a quelques semaines, qui n’avait pas été entièrement satisfaisant, car la sangle me gênait beaucoup. Le scénario se répète… Nous avançons en « flux tendu », Jacek, en traction devant, exactement de la même manière dont je tractais Sam il y a une semaine. Dans la précipitation, sans doute aussi à cause du sommeil, je réalise soudain que j’ai tout bonnement oublié de placer le pullbuoy entre les jambes… L’eau de montagne, claire, est translucide, et je vois Jacek devant même sous la surface, ce qui est un avantage. Nous achevons ce premier kilomètre de nage dans le gros du peloton.

« des vapeurs magiques émanent de la surface, baignée dans le soleil levant »

La séquence de course qui s’ensuit est déjà la plus redoutée, c’est celle qui nous fait monter au point culminant, le petit sommet de Jawor, 741m, soit trois cent au-dessus du lac. Nous montons en trottinant, trouvant déjà qu’il fait chaud dans ces combis… La descente s’ensuit, par des sentiers rendus extrêmement boueux à cause de la pluie les jours précédents. Court en jambes, je n’ai jamais été très fort dans les descentes en course à pied. Jacek passe devant, refaisant régulièrement ses chaussures: il a choisi de vielles baskets « ironman » à fermeture velcro… Les 4 portions de nage suivantes sont toutes très courtes, très proches les unes des autres, séparées par des intervalles de course à pieds sur la « plage »: entendez par là la pente pierreuse laissée par le niveau du lac un peu bas. Nous sommes plus en aval dans la retenue d’eau, là où cette dernière reçoit l’apport de quelques rivières. L’eau est sensiblement plus froide, et des vapeurs magiques émanent de la surface, baignée dans le soleil levant. L’un des moments les plus magiques de l’épreuve.

Jacek et moi décidons de faire ces fragments non attachés, en restant proche. Je suis chaud, désormais dans mon rythme de croisière, j’envoie des bouillons dans l’eau avec mes paddles larges. Le pullbuoy est correctement calé, les carrés sur mes chaussures jouent parfaitement leur rôle, mes jambes flottent visiblement plus. La portance ce cette nouvelle combi semble aussi optimale. Je vais presque à l’allure de Jacek, doublant tous les concurrents partis juste avant nous. Mon coéquipier, qui semblait jusqu’à présent un peu exaspéré de ma lenteur en silence, commence à retrouver le sourire: « Ouah Eric ! T’as envoyé ! ». Cela me fait plaisir, même si Jacek a une fâcheuse tendance à ignorer la règle des 10m de séparation…

Une autre jolie portion de course, traversant village et pâturages, nous mène plus loin. Je commence à réaliser que le soleil tape, et qu’avec quatre ravitaillements sur toute la course, ce sera difficile. J’ai heureusement été prévoyant en prenant le départ avec une bouteille de trail vide, attachée à ma ceinture: je la remplis au buffet, et juste avant d’arriver aux nages suivantes, je l’ai presque bue en entier. Deux nouvelles petites portions arrivent: nous nageons vers une ile, « Wyspa Energetyk », et regagnons la berge principale. Il a beaucoup d’algues. Je termine la première en constatant que je me trainais un bouquet de trois mètres de long… Lors de la seconde, rebelote. Mais horreur et consternation en arrivant sur la berge: ma gourde a disparu ! T’inquiètes, dit Jacek, on arrive au prochain buffet…

Quelques collines franchies, et nous redescendons vers Polanczyk, où les touristes sont de plus en plus nombreux. Beaucoup nous encouragent, mais dans leur regard, nous lisons autant d’admiration que de points d’interrogation : « Dites-moi mon brave, c’est quel genre de course que vous faites ?! ». Nous regagnons le site de l’hôtel, point de la mi-course à 23km. Paweł et Dominik, qui ont fait la distance sprint, viennent juste d’arriver, et nous encouragent : « Eh ben les gars… encore une moitié comme ça… bon courage ! ». Du courage, il nous en faudra: cette seconde moitié comporte beaucoup moins de nage, et il commence à faire chaud. Ma combi longue me pèse un peu, et je commence à accuser le coup: Wióry la semaine dernière, je le sens encore dans les jambes, et mon rhume a un peu freiné ma récupération. A vrai dire, je ne suis pas inquiet sur mon tempo: je sais que je finirai l’épreuve. Je suis surtout inquiet pour l’eau. Il y a six kilomètres avant la prochaine portion de nage, 400m. Ensuite, et jusqu’au kilomètre de nage final, il y a presque un semi-marathon entier…

J’ai l’impression de courir comme un sapin de Noel

A l’issue de cette portion de course et des 400m dans l’eau, je décide que le moment est opportun pour me dévêtir le haut, je remets uniquement le chasuble. Mes manches pendent un peu, je fais un nœud. J’ai l’impression de courir comme un sapin de Noel. Mes forces baissent, je bois quelques gels. Toutes les montées, Jacek et moi les faisons désormais en marchant… Le buffet est là, et je bois jusqu’à satiété. Les 400m sont bienvenus pour me rafraichir un peu. La portion suivante fait presque 9km, essentiellement en descendant. Nous sommes en contrebas de la digue, en dessous de laquelle git un autre lac, étroit et tout petit, alimenté par les rejets d’eau du principal. L’eau de celui-ci est à 15°C, nous avions été avertis ! Beaucoup de binômes entrent avec précaution pour éviter un choc thermique. Je remets à la hâte le haut de la combi par-dessus le chasuble, et me jette dans l’eau avec Jacek. La fraicheur est une bonne motivation pour en finir vite ! Une fois de plus, la portion de nage est rapidement négociée, avec les félicitations de Jacek. S’ensuit une longue montée par des escaliers et sentiers abrupts, qui semble aussi jouer en notre faveur: les binômes dépassés sont distancés, et nous en rattrapons un nouveau: nous sommes désormais septièmes au classement général !

Les quelques équipes dépassées, comme irritées par notre opportunisme, semblent se regrouper comme pour s’entendre, et forment un peloton à notre poursuite. Le sentier parcourt une crête en dos d’ânes. Jacek les descend vite, ce qui m’oblige à forcer le tempo pour le rattraper. Cette portion est longue et usante. Les poursuivants semblent relégués de plus en plus loin. Nous constatons sur la droite que nous sommes à nouveau en surplomb du lac principal de Solina. Nous traversons une carrière de pierres, qui amorce la descente. Dernier ravitaillement. Je croyais que nous n’étions plus trop loin du lac, mais quelques kilomètres sur asphalte nous en séparent encore… le temps passe de plus en plus lentement. Jacek comme moi marchons désormais à chaque moindre ressaut. Nous parvenons néanmoins à rejoindre un nouveau binôme Suédois-Polonais avec qui nous bavardons brièvement.

Port-Solina arrive enfin, avec le kilomètre de nage final. Le vent contre souffle fort, il y a de la houle, cela ne va pas être facile. Je dois réenfiler ma combi, ce qui agace Jacek, qui vit visiblement la couse à fond. « Magne toi, ils arrivent tous ! ». En effet, les polono-suédois, et le binôme doublé dans la montée, ont anticipé la transition et sont déjà prêts à se jeter à l’eau… La bataille finale commence. De la bataille, à vrai dire, je n’en verrai pas grand-chose, à cause de la houle; c’est Jacek qui me la racontera par la suite, car il a eu le temps d’observer. Nous avons malheureusement été dépassés par ces deux équipes, mais en avons rattrapé une. Tout cela malgré les crampes qui ont soudainement tétanisé mes jambes à mi-parcours, au point que le bateau de police vienne à ma rencontre pour demander si tout allait. Arrivée sur la berge douloureuse, je suis incapable de courir. Jacek attache la sangle et me tracte. Nous trottinons toute la rue principale de Polanczyk qui nous ramène à l’arrivée. Sept heures trente de course ! Je n’ai pas vu le temps passer. Nous sommes septièmes au général, sixièmes dans la catégorie homme.

« Wióry et Solina actent la naissance du Swimrun en Pologne »

Paweł et Dominik nous attendent à l’arrivé, Kacper et Gabriella remettent les médailles et t-shirt finisher. Les médailles s’assemblent, tels des dominos, formant une poignée de mains qui s’entre-aident, idée originale. Le binôme qui arrive après nous n’est personne d’autre que Jędrek et son fidèle compère Rafał. Un peu avant nous, Marek et Dominka, Bartek, Joanna, tous ces gens qui ont testé l’édition zéro en 2016, cette grappe de passionnés, qui comme moi n’ont pas hésité à faire Wióry et Solina l’un après l’autre. La joie est lisible sur tous les visages, les photos de groupe s’enchainent. Plus qu’avoir fini une épreuve, le sentiment qui prédomine est d’avoir bâti quelque chose, d’avoir chacun posé une pierre à cet édifice inédit. Wióry et Solina actent la naissance du Swimrun en Pologne.

Le repas est offert, nous nous changeons, allons piquer un petit somme au bungalow, et revenons pour la cérémonie de remise des prix. S’ensuit une after-party, ou les bières, elles aussi offertes, s’accumulent aussi rapidement que les heures passées autour du lac de Solina. Les sujets de conversation ne manquent pas. La piste de danse est illuminée, mais curieusement peu de finishers dansent… Le lendemain matin, le déjeuner est lui aussi offert. A l’occasion, des photos de la course sont présentées par diaporama, ce sont celles présentes plus tard sur les réseaux sociaux. Je ne me souviens pas d’une épreuve proposant autant d’hospitalité aux compétiteurs. Nous terminons la journée par la visite du barrage, un lieu touristique, et une halte sur la route au centre historique de Tarnów.

Beaucoup d’épreuves sportives de masse, de manière générale, ont toujours lieu en Pologne. Il y a fort à parier que le swimrun suivra la tendance. Solina et Wióry auront lieu à nouveau, c’est une certitude, mais cette fois-ci a deux semaines d’intervalle (01/9/2018 et 15/09/218). Au moins une autre épreuve majeure viendra s’ajouter au printemps (28/5) à Stężyca, près de Gdańsk. Elle est déjà cochée sur mon calendrier! Sumin et Bydgoszcz, les deux épreuves en format mini qui ont eu lieu plus tôt, risquent de prendre du poil de la bête et présenter un parcours plus long et attrayant.

Ainsi se termine la « semaine swimrun », riche en émotions, enseignements, nouvelles connaissances et amitiés.  Rendez-vous en 2018 !

Eric Visentin

http://swimrunpoland.com/

Pologne nouvelle nation de Swimrun ?

Ma « carrière » de sportif a bel et bien débuté dans mon pays d’expatriation. En Pologne depuis une décennie, je pratique le VTT, la course à pieds et le triathlon depuis quelques années; j’ai ma « life » et mes potes désormais ici, dans le microcosme sportif de la ville de Wrocław. Ma rencontre avec le Swimrun se fit sur Youtube au hasard de déambulations, regardant des vidéos de triathlon, début 2016, et ou le fil conducteur me mena par hasard a un swimrun Xterra du Danemark….

« Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?! »

Je « googlais » aussitôt et en appris davantage, tout en visionnant de nouvelles vidéos de swimruns, en Scandinavie et ailleurs…Le concept m’avait tapé dans l’œil. Je mis la main aussi sur ce qui était à l’époque le calendrier international, encore restreint, de ce type d’épreuve. Pologne ? Néant. France ? Quasi néant. Le plus proche ? Rheinsberg, au Nord de Berlin. Curiosité aidant, et cherchant un bon plan pour un long weekend de Juillet avec ma femme et mon fils, c’est ainsi que je pris part à mon premier swimrun l’an passé, sur distance sprint, de manière un peu « anticipée sur mon temps ». L’épreuve me plut énormément.

Cherchant toujours sue internet de manière de plus en plus ciblée, je découvrais que malgré la méconnaissance totale de ce sport en Pologne, un petit groupe de personnes y avait déjà participé comme moi, à l’étranger. Un groupe Facebook vit le jour, « Swimrun Polska« . Fin 2016, j’eus le privilège d’apprendre qu’un swimrun Polonais était en préparation à Solina, et que j’étais invité à une « édition zéro », expérimentale. A laquelle, hélas, je ne pus prendre part, ne l’apprenant que sur le tard, et aussi la distance…

2017 marqua la vraie éclosion de ce sport en Pologne, avec non moins de 4 épreuves, deux petites a Sumin et Bydgoszcz, et deux sur longue distance, à Wióry dans les monts Świętokrzyskie, l’autre étant l’épreuve reine promise à Solina. Ayant avant même sa première édition, acquis le statut de  » ÖtillÖ merit race », c’est à dire course qualificative pour le championnat près de Stockholm !

Malheureusement, pour des aléas calendaires malchanceux (saison de la pêche à Wióry au printemps), il s’avéra que ces deux épreuves avaient lieu presque au même moment, à 6 jours d’intervalle. Je me dis au départ que je ne pourrais tout faire à la fois et que puisqu’il faudrait choisir, ce serait Solina, car j’en rêvais, et qu’un coéquipier était déjà trouvé.  Je changeai mes plans lorsque Jędrek, organisateur du « Goswimrun » à Wióry et l’un des swimrunners Polonais les plus expérimentés (Rockman, Hvar, 1000 lakes) me proposa une invitation gratuite.

Deux swimruns sur longue distance à six jours d’intervalle… Cela sentait le défi, mais j’aime les défis ! Je me mis à la recherche d’un partenaire pour Wióry, et je le trouvai en la personne de Sam, un Belge francophone habitant à Nysa et pratiquant lui aussi le triathlon, rencontré il y a deux ans au hasard d’une course; on a depuis gardé contact et nous voyons régulièrement lors d’épreuves diverses. Ayant des niveaux similaires en course et nage, l’occasion était trop belle pour ne pas représenter la francophonie au premier swimrun Polonais, et mettre notre amitié à la rude épreuve de ce sport exigeant, et a vrai dire inconnu.

Jędrek, qui a été par le passé présentateur télé, désormais auteur d’un blog « Od grubasa do ultrasa » (« D’obese à ultra »), plusieurs triathlons extrêmes et courses trail à son actif, est un personnage haut en couleur et charismatique, qui fait connaissance avec tout le monde. Comme le monde est petit, il a fait connaissance avec le président de notre club de triathlon, le « Triathlon Mietków Team » (TMT), lui a parlé de son projet, et l’a convaincu de participer. Chose que j’avais moi-même tenté moi en vain auparavant : « Quoi ? Swimrun ? Kezako ? Tu sais, je ne suis pas fan des courses d’obstacles, survival races et tous ces trucs…  » Mieux encore il entraina dans son sillage, une dizaine d’autres participants de TMT ! Le ton était donné.

Ainsi, voilà Tomasz, Wojtek, Ernest, Marcin, Andrzej, Tomek, Dagmara, Alicia, Sam et moi sur la route de Wióry le Samedi 2 Septembre. Wióry est un lac artificiel dans la région des « Monts Świętokrzyskie », région vallonnée faites de montagnes anciennes et peu élevées, et très rurale. Kielce, ville d’origine de Jędrek, est la plus proche agglomération.

Il a fait très chaud durant tout le mois d’Aout, et jusqu’à Vendredi il y avait canicule. Ce samedi, le ciel est bas, un vent frisquet souffle. Nous arrivons au site de l’épreuve, une rive herbeuse du lac à proximité de la digue; tentes et bannières bariolées sont sans ambiguïté, une épreuve outdoor a bien lieu ici ! Sam et moi retrouvons le reste de la troupe, et retirons notre paquet d’inscription, qui contient bonnet, badge électronique, et divers gadgets et pubs.

« Malgré tout, Sam et moi décidons de prendre le départ en simple tenue de triathlon »

Lors du briefing, nous apprenons une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que grâce à la canicule des jours précédents, l’eau est à 20’C, un niveau bien au-dessus des prévisions. La mauvaise, c’est qu’il va pleuvoir tout le Dimanche… Qu’importe, après tout le swimrun c’est fait pour être mouillé ! Nous faisons connaissances avec d’autres participants étrangers venus du « Varsovie International Triathlon Club », le WITC, respectivement un Allemand, une Danoise, un Japonais et un Russe.

Il y a un stand de location/achat de combis Dare2Tri. Je ne suis pas certain de vouloir en acheter une, n’ayant pas l’intention du moins à court terme de participer à des épreuves nordiques. 20’C, c’est pas la mort. J’ai pris une vieille combi courte de windsurfing, au cas où. Malgré tout, Sam et moi décidons de prendre le départ en simple tenue de triathlon. Avec un haut à manches longues en plus pour moi. Pied de nez amusant face à tous les Polonais de TMT qui, craintifs, ont tous choisi de louer ! Ou, comme Tomasz, raccourci une combi de nage usagée. Ce dernier a également enfilé des chaussettes de foot avec des mousses d’isolation pour tuyauterie. Le swimrun, c’est aussi les joies du bricolage en partant dans l’inconnu…

La soirée, dans un gite agrotouristique à proximité, est très festive et animée, comme on peut l’imaginer, regorgeant d’anecdotes sur le passé, mais aussi celles qui seront sans nul doute à venir dès le lendemain !

A 8h, le départ est donné, toutes distances confondues: il y a trois catégories: longues distance (33km dont 5.5 en nage sur 10 segments), une distance sprint d’environ la moitié; cette dernière est déclinée soit en binôme soit en solo, pour la découverte. Deux de nos équipes partent sur le mini, dont la féminine. Les bonnets sont respectivement jaunes, oranges et blancs. Les chasubles arborent le logo de Goswimrun sur fond orange.

Cette foule hétéroclite, première de la sorte en Pologne, dévale la route sous les acclamations, avant de se séparer déjà, suivant la distance, dans deux directions distinctes. Nous, les longues distances, nous dirigeons vers une colline ou le plus haut point de la course se situe déjà. Tous se plaignent déjà d’étouffer de chaleur dans la combi… Excepté Sam et moi…

La descente arrive, et apparaît le lac. Moment fatidique ! Tout le monde prend le temps d’entrer dans l’eau, non sans quelques appréhensions. Il y a un kilomètre entier devant. Mais les sensations sont bonnes, l’eau est tiède. Sam et moi commençons à nager, encordés, mais mon binôme, qui teste pour la première fois la nage en chaussures et plaquettes, rencontre quelques difficultés; je suis visiblement plus à l’aise que lui, et j’assure la navigation devant. Le drapeau blanc rive opposée arrive enfin ; cet épisode de nage a clairement joué en notre défaveur, beaucoup d’équipes nous sont passées devant, mais nous nous refaisons en course à pied. Autre désarroi, je constate que les poches dans mon dos ne sont pas le meilleur endroit pour stocker mes gels, qui se sont éparpillés partout dans ma tenue…

La course à pied de ce Goswimrun est hardcore. Non seulement vallonnée, elle nous fait passer dans des endroits boueux, broussailleux, rocailleux, au milieu des roseaux… fort heureusement le balisage est irréprochable. Nous en profitons pour parler un peu de la nage; Sam me dit que la sangle l’a un peu gêné. Lors des trois sections de nage suivantes, relativement courtes, nous décidons de ne pas nous attacher, en restant à la distance règlementaire. Sam me parait crispé, je lui dis d’allonger le mouvement; visiblement, ce n’est pas son style de crawl; nager en puissance avec les plaquettes ne semble pas à son avantage.

La course à pied, qui nous fait traverser des champs, des haies, des ressauts impromptus, nous mène à l’extrémité Sud-Est du lac. Il y a là, lors du cinquième fragment de nage, un nouveau kilomètre à franchir. L’eau est plus froide, car nous sommes à l’embouchure de l’une des deux rivières qui alimentent le lac. Nous démarrons correctement, mais je sens Sam à la peine vers la mi-distance. Encordés, je passe devant, et essaie de faire traction. A la sortie du lac, je commençais à me dire que l’eau n’était quand même pas si chaude, et qu’en y sortant, sous la pluie, on a carrément froid. Sam me dit la même chose et nous commençons vite à courir pour nous réchauffer.

« You don’t look very OK, you know… »

Hélas, la sixième nage arrive rapidement; elle est moins longue mais pas courte non plus, avec 400m. Nouvel épisode laborieux. Nous sortons de l’eau un peu plus transis que le précédent. Horreur, la septième nage arrive immédiatement après, sans que nous ayons eu suffisamment de temps pour réchauffer le moteur… Episode sans aucun doute le plus difficile, et ou la solidarité du binôme en swimrun prend toute sa dimension. Sam ressort de l’eau complètement transi, grelottant. J’ai moi aussi un peu souffert du froid, mais pas autant que lui.

Le bénévole aiguillant les participants jette un œil désapprobateur : « You don’t look very OK, you know… » Il n’y a de toute manière pas grand-chose d’autre à faire : « Cours, Sam, cours, fais quelque chose, ne reste pas sans bouger ! » Nous repartons sur un trot saccadé, Sam ne dit aucun mot, la parole sans doute aussi tétanisée que les jambes.

Heureusement, la portion de course suivante est longue, ce qui nous permet de retrouver des couleurs. Sam me dit qu’il ne va pas renoncer. Je lui propose d’enfiler mon haut à manches longues, ce qu’il refuse. De vrais guerriers ces Belges ! Cette portion de course est en boucle, et nous croisons en sens opposé ceux qui sont après nous, dont Tomek et Ernest, qui se sont égarés une fois et perdu un peu de temps.

La neuvième nage est anecdotique, mais la toute dernière était redoutée, car elle alignait un nouveau kilomètre. « Tu vas y arriver Sam ? » « C’est la fin, je vais pas me dégonfler maintenant ! ». Le temps ne passe pas vite mais la sortie de l’eau rêvée arrive enfin. Plus proche de la retenue, heureusement, l’eau était moins froide. Nous courons les derniers kilomètres et rallions la ligne d’arrivée, sous les acclamations des supporters, et participants de la distance sprint, déjà chaudement rhabillés.

Sam et moi sommes dixièmes sur 13, ce n’est pas forcément un résultat de rêve, mais la satisfaction est là au vu des difficultés rencontrées. Tous sont stupéfaits de notre tour de force d’avoir fait la distance longue sans combi… Tomasz, qui a fini troisième avec Wojtek (très fort duo, chacun 10h sur IM !), me chambre un peu « Eric, alors, tu vas faire Solina la semaine prochaine aussi sans combi ? » La question est pertinente, car « Swimrun Poland », qui a lieu dans six jours, est dans une région encore davantage montagneuse…

Ainsi se termine Goswimrun, sur la cérémonie de clôture, fort sympathique. Avec les prix sont également distribués des bières locales, ainsi que des bouteilles d’un vignoble à proximité, chose suffisamment rare en Pologne pour être soulignée. De l’avis de tous, Jędrek a fait du travail de pro. Seule la météo n’a pas voulu !

Les jours suivants, la fatigue se fait sentir, plus pesante que le reste du Dimanche. Inquiétude: je suis légèrement enroué, et la gorge pique. Rien de méchant pour l’instant, mais restons prudent. Aucun entrainement jusqu’au prochain swimrun, aucune prise de risque. Je profite de ces quelques jours pour méditer sur la question de la combi, qui sera indispensable.

Eric Visentin

crédit photo : Piotr Dymus / Eric Visentin

La suite de l’aventure polonaise continue pour Eric avec le Swimrun de Solina une semaine après (récit à venir)

http://www.goswimrun.pl/

Korrigeri, le swimrun surf à Biarritz

KorrigeriBiarritz dans le pays Basque Français et bien connu comme spot de surf, accueillait grâce au Biarritz Olympique Triathlon son premier swimrun le 3 septembreAlban Chouquet nous fait partager sa course et ses impressions pour une épreuve qui devrait devenir un classique du calendrier.

Après avoir goûté à mon premier swimrun à Cadaques en 2016, j’ai enchaîné avec plusieurs formats en changeant régulièrement de binôme : la courte de la Costa Brava en Avril, le Swimrun de l’archipel à Agde en Mai, la longue de la côte Vermeille en Juin, le Swimrun du lac Chambon en Juillet… Je cherchais une course pour « occuper » mon mois de septembre quand je suis tombé sur la page FB du Korrigeri. J’ai proposé à Olivier Hansen de m’accompagner et nous nous sommes inscrits sous le nom « les Bitterois ».

Je suis arrivé à Biarritz le vendredi soir avec ma petite famille. Le samedi matin, les conditions de houle étant sympas, je me suis mis à l’eau à la plage centrale pour faire un petit peu de bodysurf et prendre ainsi la température pour le dimanche matin.

Samedi 19h
Je retrouve Olivier pour le retrait des dossards au niveau du phare de Biarritz. Excellent accueil des organisateurs avec qui nous discutons un peu de la course. Le sac qui nous est remis comprend entre autres une paire de lunettes du partenaire de la course, du pâté basque et 2 tickets pour un Talo (sandwich basque) à l’arrivée, de quoi nous régaler. A 30€ l’inscription par personne, c’est le top.

150 équipes partantes, la température de l’eau  à 20-21°C

21231893_1964117033874340_3434872637895022728_n bDimanche 7h
Il fait encore sombre quand nous arrivons sur la plage de départ (Miramar) avec 2 binômes d’amis mais nous pouvons apercevoir une petite houle (0,90m) propre et espacée. Le temps de discuter et de s’équiper tranquillement, les autres binômes arrivent au fur et à mesure et nous déposons nos affaires sèches à la consigne.

7h45
Petit briefing d’avant course. Nous serons près de 150 équipes partantes, la température de l’eau est annoncée à 20-21°C et les conditions météo plus clémentes prévues.  Nous commencerons par une section de natation de 740m de natation, la longe est autorisée dès le départ (en tout cas pas interdite). Nous enchaînerons 4 sections de natation et 4 sections de course à pied avec la troisième de 10.4Km. A chaque section de natation, il faudra contourner une première bouée de couleur rouge puis une de couleur noire et blanche. Il y aura une barrière horaire sur le parcours qui a été fixé à 10h15 à la fin de la 6ème section. Les binômes qui passeront après 10h15, seront invités à rejoindre la ligne d’arrivée pour des questions de sécurité et de marée. Le mot d’ordre reste de se faire plaisir avant tout et l’ambiance est plutôt conviviale.

swimrun 87h55
Malgré le portique installé, la tension monte et tous les concurrents s’étalent de part et d’autres de la ligne de départ afin de rester en première ligne. Avec Olivier nous faisons le choix d’abandonner au dernier moment la longe que nous avions prévue, de crainte d’être gênés lors du franchissement des vagues et des sorties d’eau.

8h Départ / Section Natation n°1 (740m)
Le départ est donné, c’est parti pour 740m de natation. Après une vingtaine de mètres de sprint sur le sable, arrive la mise à l’eau. Je jette un coup d’œil à Olivier, qui m’avait confié ne pas être très à l’aise dans les vagues, mais il s’en sort très bien. Après quelques dolphins pour passer le shorebreak et les premières vagues nous voici partis. Très vite le peloton s’étire et 3-4 binômes font l’écart en tête, nous restons derrière avec une dizaine d’autres binômes. Le repérage n’est pas toujours facile à cause de la houle mais nous finissons par trouver les 2 bouées. Le retour sur la plage est sympa, je prends deux petites vagues en surf pour m’aider un peu, je peux bientôt poser les pieds au sol. Il reste alors une dizaine de mètres à faire dans le shore break. J’arrive sur la plage, Olivier est derrière moi. Nous attaquons alors la première section de course à pieds.

swimrun 1Section CAP n°1 (1,9km)
La section commence par une partie dans le sable de 200m pour rejoindre la digue de la grande plage puis nous montons par la route jusqu’à Bellevue (qui porte magnifiquement bien son nom) où on nous annonce à la 10ème place, puis nous longeons le port des pêcheurs, passons à côté du musée de la mer avant de redescendre vers la plage de port Vieux. Là, nous descendons quelques escaliers avant d’attaquer quelques dizaines de mètres sur du sable sec. Puis nous nous mettons à l’eau.

Section Natation n°2 (900m)
La mise à l’eau est beaucoup plus calme car la plage est enclavée. Nous gardons le contact avec les 3-4 équipes qui sont devant nous. Nous passons la bouée rouge sans encombre, je jette un coup d’œil derrière et je vois que quelques binômes reviennent sur nous. La deuxième bouée (blanche/noire) est encore un peu dure à trouver. Un petit coup d’œil sur la plage pour prendre le cap vers les flammes matérialisant la sortie d’eau et c’est reparti. Le retour vers la plage est plus animé avec le retour de la houle et des vagues, plusieurs binômes nous reprennent… quelques surfs et nous retrouvons le sol ferm.

Section CAP n°2 (1,7km)
Nous passons entre les flammes, un petit coucou au fiston et à ma femme venus nous encourager et nous abordons la deuxième course à pied qui se fait sur la plage de la Côte des Basques. La majeure partie se fait sur le sable mais heureusement celui-ci est bien tassé. Nous reprenons quelques équipes, passons à côté de la zone d’arrivée avant de nous remettre à l’eau sur la plage de la Milady.

swimrun 7Section Natation n°3 (500m)
Comme à la première mise à l’eau, il faut passer quelques vagues avant de pouvoir commencer à nager. Quelques regards de temps en temps devant pour trouver les bouées et c’est le retour vers la plage. Les vagues sont de mieux en mieux formées, je jette un coup d’œil derrière personne … mais dans la vague suivante 6 swimrunners arrivent en même temps dont Oliver. Nous posons les pieds au sol, fin prêts à attaquer la 3ème section de course à pieds.

swimrun 4Section CAP n°3 (10,4Km)
Nous passons entre les flammes sur la plage puis montons une série d’escaliers pour rejoindre la route puis un petit chemin pavé vers le musée de l’Océan. Le premier ravitaillement est quelques centaines de mètres après le musée. Nous nous arrêtons quelques secondes, 2 verres d’eau – un abricot et nous revoilà partis. La route descend en longeant le centre équestre vers le lac Mouriscot. Nous avons quelques binômes en ligne de mire, le parcours commence avec une montée bitumée puis une descente sèche qui part sur la gauche et qui nous permets de rejoindre le bord du lac. Nous enchaînons ensuite avec une succession de montées et descentes en sous bois, 1 ou 2 petits « coups de cul » mais rien de très technique. Olivier est en forme, je sens qu’il en a sous le pied mais malheureusement pour ma part je ressens le manque d’entraînement de ces deux dernières semaines. Nous restons malgré tout au contact. La boucle autour du lac et du centre équestre est terminée, elle nous a paru plus courte que ce qu’on pensait, on réattaque la montée avant le deuxième ravitaillement. Nous croisons quelques équipes en route, quelques messages d’encouragement de part et d’autres… puis nous attaquons une partie sur route. Nous remontons vers le centre ville par la rue de Madrid, ça grimpe, les jambes commencent à tirer un peu mais Olivier ne lâche rien et me lance quelques pensées positives. Nous bifurquons sur la gauche pour rattraper l’avenue Beau Rivage où je croise à nouveau ma femme et mon fils qui nous annoncent 11èmes. Quelques centaines de mètres après nous attaquons une descente en lacets bitumées vers la plage de la côte des Basques, lieu de notre dernière mise à l’eau. En bas du sentier, nous passons à côté de la zone d’arrivée, pas mal d’encouragements de la part des promeneurs et des organisateurs. Nous descendons sur la plage, effectuons une cinquantaine de mètres sur le sable avant de nous remettre à l’eau.

swimrun 12Section Natation n°4 (900m)
Cette section est la même que la deuxième mais en sens inverse. La bouée rouge est en ligne de mire, nous effectuons quelques dolphins pour nous lancer. Les bras commencent à être un peu raides, certainement à cause de la course à pieds où j’ai manqué un peu de relâchement. J’ai l’impression de faire du sur-place pendant les 200 premiers mètres de cette section mais je vois que l’on rattrape les équipes devant nous. Olivier est au contact, on ne lâche rien jusqu’à la sortie de l’eau.

Section CAP n°4 (2,1km)
Malheureusement le sable de la plage de port vieux puis la succession d’escaliers pour remonter aura permis aux équipes devant de refaire l’écart. Cette section, nous fait monter autour de l’aquarium de Biarritz à travers un petit parc avant de nous faire redescendre vers le port des pêcheurs pour nous faire remonter enfin vers l’esplanade du port vieux, le moins qu’on puisse dire c’est que c’est bien casse pattes. On nous remets un collier qui justifie que nous sommes passées avant la barrière horaire.
Nous avons en ligne de mire un binôme sur les 400 derniers mètres que nous ne rattraperons pas avant l’arrivée.

swimrun 2Nous terminons ce swimrun à la 11ème place en 2h09, le sourire aux lèvres d’avoir fait notre premier swimrun ensemble et d’avoir participé à cette magnifique première édition.

 

Bilan, pour une première édition, je trouve que la course était superbes. Nous nous sommes régalés, le cadre était magnifique (la vue sur les Pyrénées en sortant de l’eau, c’est le top). La petite houle est venue pimentée les entrées et sorties d’eau. Le parcours était plutôt roulant, on pourrait juste regretter de ne pas avoir eu un peu plus de parties typées trail (je ne sais pas si c’est envisageable). Le balisage et la sécurité était au top avec des jets-ski et/ou des Kayaks à quasiment chaque section de natation.

S’il y avait des choses à améliorer, je dirais :

  • Des bouées plus grosses, style bouées gonflables et facilement identifiables.
  • Un ravitaillement après la deuxième sortie d’eau
  • Un peu plus de course type trail autour du lac

Un Ötillö avec les tripes

NadZa Uto 2017

NadZa tema souriants a Uto 2017 photo World of Swimrun / Swimrun France

L’Ötillö c’est une aventure pour tous et toutes, pas que pour quelques équipes devant. Tout le monde a son histoire personnelle qui mérite d’être racontée et lue. François Dubuc nous fait partager sa course avec Nadja Van Camp. Un binôme mixte, international, solidaires du premier au dernier pas.

Nad et moi, la NadZa , on était bleus bites sur l’ötillö cette année. Voici, un compte rendu du truc qu’on a vécu. En espérant que ça donne envie.

En fait je ne sais pas par où commencer.
Et pour éviter le pathos,
Oui, c’était dur
Oui, il y avait du vent, de la pluie du froid et des vagues
Oui j’ai explosé et subi.
Oui j’ai eu peur de ne pas finir

Mais en signant pour cette course lorsque nous avons reçu notre last minute slot après un roll down #notredamedelachatte, on savait que je n’avais pas les 65 bornes de course à pied dans les cannes.

On voulait y aller, c’est tout.
Voir Sandhamn,
Nager le pig swim,
Courir -si possible- le semi d’Ornö,
Et surtout, pleurer à Utö « island of love ».

gueuler devant la Baltique parce qu’il faut se foutre dans de l’eau à 12

Bref, c’est comme ça qu’on se retrouve à 7km de l’arrivée de l’Ötillö Swimrun World championship,après en avoir nagécouru 68, passé le dernier cut off, à gueuler devant la Baltique parce qu’il faut se foutre dans de l’eau à 12 pour commencer les derniers tronçons de la course , 1km de nat en 4 fois et 5 à pied.

Et que ça fait deux heures que je suis sec.
Sec.
Sec.
Et gelé.
Si prêt si loin.

Départ 6h du mat. Il pleut des cordes. Un très fort vent souffle sur l’archipelago.

On a peur. Mais on est bien avec notre peur. Un été studieux fulldoublepullplak, puristes s’abstenir, a gonflé mes épaules autant que ma confiance. Je me sens capable de tenir la baraque en nat. En gérant bien la course à pied et les cut off, ça va passer.

course foretDe fait, le début de course est plutôt soft. La 1ère nat de 1700 rassurante. la flotte n’est pas gelée et j’emmène le 53×11 easy style. En course à pied, ce n’est pas roulant, ça bouchonne un max, permettant d’être relax. Vigilance de rigueur car déjà des abandons sur chute. Les cailloux mouillés sont glissants au possible et malheur à ceux qui confondent vitesse et précipitation. Certains passages à pieds sont quand même scabreux. Limite du 4 pattes, escalade ou descente en rappel pour certaines transitions .

Dans l’eau, ça va toujours bien. Pas mal de courant, pas mal de vent et de houle obligent à s’engager en permanence. Pas question de se la jouer cool « je tourne les bras et j’arriverais bien au bord ». Non, il faut lever la tête souvent pour si besoin corriger le cap, limiter les temps mort pour ne pas dériver et appuyer fort pour lutter contre les vagues, exercice nouveau mais ludique pour les bitos que nous sommes en eaux libres.

On est bien dans nos baskets, à faire ce que l’on sait faire , sans plus. Chaque station de chrono est l’occasion de penser à nos amis, que l’on imagine devant le tracker.

On est comme en pleine mer avec des vagues qui déferlent

36202224084_be865b78ef_oPig swim time. Situé à mi-course, c’est la portion de nat la plus exposée. 1400 m à guetter le point stroboscopique de la sortie d’eau. Là, c’est du brutal. Ça secoue, ça fait même un peu peur. On est comme en pleine mer avec des vagues qui déferlent, qui te poussent vers la sortie. Nad derrière est une boule de flipper, les vagues la propulsent sur moi puis l’éloignent, je sens la corde se tendre et se relâcher et bim la revoilà.

C’est long.

Comme disent les commentateurs du live « it’s dirty, it’s a dirty swim ». De fait tu nages comme un porc avec une idée fixe, atteindre ce foutu point stroboscopique.  Rétrospectivement, c’était trop bon cette bagarre, cet engagement pour avoir le droit de continuer.

Trop bon mais énergivore. Car si la Baltique a des creux, mon estomac aussi, et ça commence à foirer question ravito, Plus grand chose ne passe.

« Plus envie de manger, attention danger »
J’ai creusé ma tombe, le semi d’Orno implacable juge de paix va vouloir m’y allonger. Très vite, sur cette portion roulante, je n’ai plus la force de courir. On essaye de fractionner , d’alterner marche/ petit trot mais peine perdue.

Il pleut, il vente, on se les pèle. Nad passe devant et me tracte en marchant vite pour se réchauffer. Mon challenge perso est d’arriver à me rapprocher d’elle, détendre la corde. Peine perdue. Pendant les 3 heures de ce semi, je n’ai plus de jambes, plus de force, plus d’estomac. Mais j’ai le plus important, ma binôme #serialkilleuse#angegardien.

No more swim, welcome to Utö, island of love

Et c’est comme ça…
qu’après avoir nagécouru 68 bornes, passé le dernier cut off, qu’on se retrouve à 7km de l’arrivée de l’Ötillö Swimrun World championship, à gueuler devant la Baltique parce qu’il faut se foutre encore dans de l’eau à 12 pour commencer les dernières sections de la course , 1km de nat en 4 fois et 5 à pied.

Je suis sec sec sec et gelé.

4 courtes natations à très fort courant, 4 efforts maximum pour ne pas louper l’île, pas le droit de mollir, une fois qu’on se lance, c’est tête dans le guidon.
A bloc.
Tellement peur de craquer.
On gueule tous les deux notre rage, notre envie, notre peur, nos douleurs.
embrassade endLa NadZa au combat.
Un bénévole nous accueille avec un « No more swim, welcome to Utö, island of love » .
Plus trop de souvenir des 4 bornes à pied qui nous amène à la ligne.
On a vu Sandhamn
On a nagé pig swim
On a « couru » le semi d’Orno
Et j’ai pleuré à Utö. »

Z de la NadZa

Photos © Ötillö & World of swimrun / Swimrun France

Stéphane et Jean Nicolas les vieux neptuniens sur le toit du monde – ROTW

Stéphane et Jean Nicolas ont vécu une aventure hors du commun dans le monde du swimrun en allant au « Roof of the world » swimrun, littéralement « le toit du monde ». Un swimrun situé à une altitude de près de 3900 m au Lac Karakul, Tadjikistan. Conditions extraordinaires évidemment, mais ce ROTW c’est aussi un voyage qui va bien au delà du sport. Si la géographie façonne la course, elle polie la culture et charpente les peuples, c’est aussi cela qui a fait briller des yeux de nos deux frenchies.

Swimrun France: Bonjour Stéphane et Jean-Nicolas dit les « vieux Neptuniens », tout d’abord pouvez vous nous faire une courte présentation ? Et surtout pourquoi les « vieux Neptuniens » ?

Jean-Nicolas Mehr : je fais de la natation depuis que j’ai 5 ans et de la compétition depuis que j’ai 10 ans. Mon père était militaire donc j’ai beaucoup voyagé en France et à l’étranger ce qui m’a fait découvrir d’autres sports, j’ai même joué au rugby à 7 à Mayotte. Après un diplôme d’ingénieur et un master en finance, je suis monté à Paris pour travailler. C’est pourquoi depuis 2010, je nage au Neptune Club de France et depuis 2011 je participe aux compétitions Masters. Le nom de notre équipe vient de là, en 2016 avec Stéphane nous avons participé à l’Otillo Engadin et il fallait trouver un nom d’équipe. Vieux pour masters et Neptuniens pour Neptune Club de France.

Stéphane Jay : Je suis nageur au Neptune Club de France depuis 7 saisons, au départ pour me perfectionner aux longues distances eau libre du triathlon mais j’ai vite été piqué au jeu des championnats Masters. J’ai pratiqué par ailleurs la CàP et le triathlon amateur pendant de  nombreuses années (semis et marathons, ironmans). J’ai découvert plus récemment le trail et l’ultratrail, un peu marre de l’asphalte et surtout goût prononcé de la nature sauvage et des nouveaux défis. J’ai deux Diagonales des fous à mon actif (2015,2016 et je prépare ma troisième édition en ce moment dans les Pyrénées, après les cîmes Tadjiques. Avec la natation Eau-Libre et le Trail quoi de plus logique que de pratiquer le Swimrun, nouvelle discipline à partager entre amis, et que nous pratiquons dans des endroits toujours superbes.

SRF : Vous avez participé à l’épopée du swimrun ROTW (Lac Karakul, Tadjikistan) qui a eu lieu entre le 24 et 29 juillet, quel est le dosage entre aventure, performance, inconscience qu’il faut pour s’y lancer ?

JNM : Épopée c’est le bon mot! Pour moi le dosage c’était 80% aventure, 20% performance et 0% inconscience. Ma principale motivation pour aller à Karakul était de couper complètement avec le quotidien, de sortir de ma zone de confort. Le swimrun n’a été qu’un prétexte pour l’aventure. Je n’avais jamais été aussi haut de ma vie donc pour moi la performance se situait là, voir si j’étais capable de m’adapter, de tester mes limites aussi. Je n’y suis pas allé pour battre des records mais pour prendre du plaisir. Je ne pense pas que l’on puisse parler d’inconscience, certes l’aventure est unique et sort des sentiers battus mais que ce soit d’un point de vue de la sécurité ou de la faisabilité de l’épreuve nous avions des garanties et Tony nous avait prévenu donc nous savions dans quoi nous nous lancions.

SJ : Aventure magnifique, inattendue, inouïe avec  0% inconscience, c’est évident. Après, il est vrai que l’Aventure à 100% a été composée de belles découvertes, de rencontres, de la préparation de notre swimrun jusqu’à l’épreuve.

SRF : Le coté logistique est déjà un entreprise en elle-même d’après votre récit, auriez vous des conseils à donner aux frenchies qui souhaitent s’y rendre ?

JNM : la première chose est de contacter Tony, il connaît très bien la région et organise les voyages parfaitement. Ensuite il faut savoir que le voyage prend du temps pour arriver à 3900m à Karakul. Il y a deux possibilités : en 14j depuis Douchanbe ou en 4/5j depuis Bishkek. L’acclimatation est vraiment importante, pour ne pas être malade pendant une semaine une fois à Karakul. Nous avions pris Pegasus Airlines pour nos voyages en avion et ils ont de bons appareil même en vol intérieur (ma principale crainte était d’avoir un Antonov à hélices de l’aire soviétique pour les vols intérieurs). Un conseil aussi si vous avez le temps, apprenez quelques bases de Russe, ça facilitera énormément la communication sur place.

SJ : Le voyage est très facile malgré tout, sauf peut-être si vous n’êtes jamais sortis de nos frontières européennes. C’est un grand voyage, dans des paysages superbes, hors zone de confort comme le dit JN. Apprendre quelques rudiments de Russe s’avèrera utile dans ces régions qui s’ouvrent au tourisme.

SRF : Outre la barrière de la langue se greffe la délicate question de l’acclimatation à l’altitude en mode trail et natation, le lac Karakul culmine tout de même à 3600 m, qu’avez-vous constaté à votre niveau ? (maux tête, essoufflement, insomnie etc..) Des conseils à donner ?

JNM : (3900m en fait pour le lac et le village de Karakul). En ce qui concerne l’acclimatation, nous avions choisi de faire deux nuits à 3600m avant d’aller à Karakul. Je n’ai pas ressenti de maux particuliers à part un essoufflement rapide à l’effort au début. Cependant au bout de 24h, l’essoufflement était moins important et même si je n’avais pas les mêmes capacités respiratoires je pouvais courir sans gêne. En ce qui concerne la natation, je n’ai ressenti aucune gêne particulière surtout que nous n’avons jamais fait de sprints dans l’eau donc pas d’essoufflement. Au cours du voyage, on nous a conseillé de boire du thé vert pour aider contre les maux de l’altitude et même si je n’étais pas spécialement convaincu, je l’ai fait et tout s’est très bien passé.

SJ : J’ai déjà voyagé à de telles altitudes, principalement dans l’Altiplano. Pour atteindre 4000m, il est préférable de monter par paliers pour éviter le mal des montagnes. Chacun réagit très différemment, certain y échappe, d’autres ont des violents maux de têtes, parfois même dangereux. J’ai eu une migraine au réveil à Sari Tash à 3600m, rien à la passe à 4200 en montagne, des petits flottements parfois à Karakul. Le thé est excellent, principalement pour l’hydratation, il faut beaucoup boire en altitude. Pendant l’effort de la course, j’ai eu quelques difficultés à reprendre mon souffle pendant les transitions après avoir nagé encordé avec mon binôme, aucun souci pour la course et marche rapide pour escalader les obstacles en revanche.

SRF : Vous y êtes allé pour le swimrun bien sûr, mais le ROTW c’est plus qu’un SR, n’est ce pas ? (une anecdote sur vos actions avec l’école)

        JNM : Effectivement nous sommes partis pour faire un swimrun mais finalement ce n’était qu’une demi-journée au milieu des 6 jours passés à Karakul. Nous avons découvert sur place que les bénévoles de l’organisation avaient mis en place un programme d’aide à la population locale à l’école du village et que nous étions les bienvenus pour aider également. Ce qui me revient à l’esprit en premier c’est le samedi, le lendemain du swimrun. Les organisateurs avaient prévu de faire un riz pilaf pour tout le village, nous nous sommes alors retrouvé à couper les légumes et trier le riz et tous les villageois sont venus nous voir faire car visiblement ils ne s’attendaient pas à nous voir là. Ça a été un très beau moment de partage.

SJ : Autre anecdote, notre participation au cours d’anglais où les petits villageois nous ont « adoptés » et considérés immédiatement comme des élèves lambdas, en nous posant des questions. Puis, il y a eu l’atelier de confection des « chevaux de bois » avec des chaussettes, de la laine, du fil et des aiguilles, des manches de pelles et nous étions parés pour un match de polo-basket dans la cours de l’école. Les petits moments d’apprentissage de quelques petits tours de magie a aussi été un bel instant.

SRF : Pendant la course, d’après votre compte rendu on a l’impression que le chrono cède la place à l’expérience du moment présent, à l’entraide ?

JNM : La course a été très particulière pour plusieurs raisons. Nous avions décidé de rester les deux équipes ensemble car les suédois n’étaient pas très bons nageurs et nous avaient demandé de les aider sur les parties nagées en s’encordant avec eux. De plus Stéphane et moi ne connaissions pas le parcours donc nous devions rester avec eux. En effet le parcours avait été établi sur carte et nous l’avons adapté au fur et à mesure de la course en particulier sur l’île où personne n’avait pu se rendre avant la course. Il n’a jamais été question de chrono mais uniquement de profiter des paysages magnifiques ensemble.

SJ : C’est dans l’esprit de notre sport : l’aventure à deux d’abord, mais aussi avec les autres binômes. Ici, il s’agissait d’une première. Nous étions deux binômes. Chris a préparé cette course « sur plan » pendant deux ans, a pu effectuer deux demi-journées de reconnaissance avec Maja pour définir au mieux la plus part de la course, mais des zones d’ombre persistaient, notamment le passage sur la grande île. Nous avons mélangé nos équipes pour ne plus en faire qu’une ! Nous avons encordés nos binômes, les nageurs devant, nous avons courus après Maja qui maintenait un bon rythme, mais avons surtout savouré cette aventure humaine à 4, 4 nouveaux amis pour longtemps.

SRF : Quel est l’aspect de la course qui vous a le plus marqué ?

JNM : L’environnement dans lequel nous avons eu la chance d’évoluer. Sur les parties course à pied, le paysage lunaire avec uniquement de la roche, les chaînes montagneuses enneigées en arrière plan, les différents bleus de l’eau du lac. Tout était magnifique. Pour la course en elle même, ce qui m’a le plus impressionné ce sont les ascensions avec des pentes vierges de tout chemin et dans lesquelles il faut inventer son propre tracé. Ça ajoute une complexité technique à laquelle je ne suis pas habitué.

SJ : Tout est dit dans les quelques sensations partagées de JN. On ne sent plus l’eau froide, on respire bien, on est dans un cadre majestueux qui fait pousser des ailes, l’excitation de réaliser quelque chose d’unique est là, c’est en train d’avoir lieu et on le fait, on l’a fait.

SRF : Quel est l’aspect hors de la course qui vous a le plus marqué ?

JNM : Sans aucun doute le rapport avec la population locale et en particulier les enfants. Nous avons passé beaucoup de temps avec eux en jouant au football, faisant voler des ailes de kites, participé à des ateliers à l’école avec eux. Beaucoup de moments de partage avec énormément de sourires qui nous ont fait le plus grand bien.

SJ : La communauté de Karakul nous a accueillis les bras ouverts. Avec leur cœur. Nous avons sympathisé et joué avec beaucoup d’enfants. L’un deux, à qui j’avais donné des biscuits chocolatés pour le remercier de nous avoir aidés à remonter le matériel de Polly de la plage à la guesthouse, m’a interpellé le lendemain matin pour m’offrir une petite pomme. Enorme cadeau, il n’y a pas un arbre à cette altitude et les fruits sont une denrée rare. Echange, sourires et bonheur partagé.

SRF : Après une telle course, avez-vous pensé déjà à d’autres Swimruns aventure exotiques ?

JNM : à vrai dire non pas pour le moment. Du moins pas concrètement car c’est sûr que je ferai d’autres aventures exotiques swimrun mais ça reste un concept pour l’instant. Déjà je fini de digérer tout ce que nous avons vécu à Karakul et j’aurai tout l’hiver pour réfléchir à l’avenir.

SJ : Nous ferons d’autres aventures et relèverons d’autres défis, c’est certain. C’est dans les gènes Les Vieux Neptuniens. Pour battre ce record de Swimrun en altitude il reste un lac navigable plus haut que Karakul. En plaisantant avec Chris, notre aventurier inventeur, nous avons déjà évoqué ensemble un challenge sur les îles du lac Titicaca… Qui sait ? …

https://www.facebook.com/ROTWSwimrun/

Le récit très complet des vieux neptuniens est ci dessous

http://www.mehr.fr/lesvieuxneptuniens/CR_ROTW2017.html

 

Le Swimrun dans Sportstratégies

Le décollage d’un sport en France est toujours un moment particulier, c’est à ce moment que se cimente les valeurs, les traditions d’un sport. Peggy Bergère (@pegbergere), journaliste et ancienne athlète de haut niveau s’intéresse de près à ce sport outdoor tendance puisqu’elle a même mouillé  le maillot sur le swimrun de la cote vermeille avec Stéphanie Cano (ancienne capitaine de l’équipe de France de Handball). Peggy est l’auteur déjà de plusieurs papiers dans l’équipe, et là elle décrypte pour nous le phénomène swimrun dans les pages de Sportstratégies.

Swimrun France : Bonjour Peggy, peux tu te présenter brièvement ?

Peggy Bergère : Je suis une ancienne sportive de haut niveau… de hockey sur gazon. Après une vingtaine d’années de carrière dont 10 en équipe nationale et un an en Hollande, LE pays du hockey,, j’ai stoppé net mon parcours sportif en 2006 pour me consacrer à ma carrière professionnelle de journaliste à L’Equipe.fr. Pendant une dizaine d’années, j’ai privilégié le travail au sport et quasiment stoppé toute activité sportive. Je ne m’y suis remise que très récemment en partant du niveau zéro. Pour moi, cela reste aujourd’hui très compliqué de me voir « ramer » en course à pied alors que j’avais un bon niveau étant plus jeune, mais le principal reste « de bouger et faire quelque chose ». Au niveau professionnel, je suis co fondatrice d’une agence de communication dédiée au sport qui s’appelle Plein Zoom (www.pleinzoom.com). Avec mon associé fondu de sport lui-aussi (Pascal Boutreau) et adepte des courses ultra (et ex Grand Reporter à L’Equipe), nous sommes spécialisés dans le sport et créons des contenus pour la presse, les événements, les fédérations… Nous intervenons notamment sur toute la partie stratégique et digitale avec des contenus allant de la rédaction aux supports vidéos. Tous les deux sommes amoureux du sport, de ses vertus, ses rencontres, ses émotions…

SRF: Tu as participé en tant que concurrente mais aussi en tant que journaliste au Swimrun de la Cote Vermeille 2017 (la moyenne distance). Comment cela s’est-il passé ? As-tu appris des choses que tu n’avais pas anticipées ?

PB : Pour commencer, cela a été une nouvelle expérience… géniale ! Je connaissais le Swimrun pour être allée accompagner des amis à Cadaquès l’an passé, mais sans plus… J’ai découvert un site, une discipline qui m’a donné envie, sans en connaître réellement les codes. Je m’y suis intéressée de plus près en rencontrant Jean Marie Gueye au Marathon des Sables en avril dernier, où je travaillais comme journaliste pour L’Equipe Ilosport, Sports Stratégies et le magazine les Sportives. Nous avons échangé, et voyant la discipline émerger de plus en plus en France, je me suis dit qu’il y avait des histoires à raconter, ne serait-ce que celle de l’arriver du Swimrun en France… Par rapport au Swimrun de la Côte Vermeille, j’ai été contactée par Hélène Tzara via Sylvain (Rousselat, un des co-organisateurs) pour rédiger des papiers. L’attrait croissant pour l’activité en France m’a offert la possibilité de rédiger des articles pour Ilosport… à condition d’y participer. J’ai eu la chance de pouvoir m’aligner en binôme avec une ex championne du monde de handball (en 2003, Stéphanie Cano), toujours en possession de réelles capacités physiques, aussi bien sur terre qu’en mer… Et heureusement ! Community Manager pendant le tournoi de tennis de Roland Garros, je n’ai pu m’entrainer pendant 3 semaines, et suis arrivée sur la Côte Vermeille avec pas grand chose dans les bras ni dans les jambes. La longe m’a sauvé la vie (et je n’exagère presque pas !). Elle a clairement permis de nous niveler : particulièrement adepte de l’effort physique, elle a pu « s’arracher » et se dépenser comme elle a voulu, là où moi j’ai misé sur mes « restes », bien insuffisants pour clore la distance imposée (24 km). Ce « détail » m’a particulièrement marquée. Avancer en binôme est un énorme plus, pendant et après la course… Ca a été génial de partager les galères et les bons moments ensemble, de franchir la ligne d’arrivée ensemble et encore aujourd’hui de reparler de cette aventure, car il s’agit d’une réelle aventure…

SRF: Quel potentiel vois tu dans ce sport très jeune encore ? En quoi se diffère t-il d’autres sports d’endurance outdoor ?

PB : Il y a tout un coté sport nature dans des endroits privilégiés qui est top ! Se retrouver à nager au dessus des poissons, dans de l’eau cristalline avec des fonds marins à couper le souffle relève du bonheur. Courir en milieu naturel avec des vues de malades est tout aussi prestigieux. La difficulté physique est remplacée par ce partage, cette beauté… La compétition existe, mais à son niveau. Je veux dire par là que vous pouvez autant vous aligner pour gagner, que juste pour les yeux. Que vous pouvez être amenés autant à côtoyer des athlètes olympiques (Carole Peon et Jessica Harrison sur la Côte Vermeille, victorieuse de la Moyenne), que des personnes lambda… Tout le monde se mélange et partage un truc dans un lieu unique. C’est une autre façon de découvrir des territoires, de profiter des lieux… Et avec une petite bière en passant la ligne d’arrivée, c’est encore meilleur. Pour tout cela, merci !

http://www.sportstrategies.com/

GREEDY TEAM au Swimrun Côte Vermeille 2017

Eric Levasseur et Manon Lusa nous font partager leur course, un bel exemple de ténacité devant les difficultés.

Un an jour pour jour que nous découvrions le swimrun. C’est là que tout a basculé, et nous sommes tombés amoureux de cette nouvelle discipline. Elle nous permet d’évoluer dans des endroits et des sites qui sont des paradis pour les yeux, pour les amoureux du trail et la natation en eau libre comme nous.

En  2016 nous avons constitué cette GREEDY TEAM (les gourmands ! ) pour prendre le départ sur la longue, épreuve que nous avons remporté en mixte. 2017, c’est donc notre deuxième participation sur le Côte Vermeille, cette fois-ci sur l’Ultra… Pourquoi ? Tout simplement pour le plaisir !

L’Ultra, c’est 64 kms avec D+ 2500 m, 18 sections de swim pour un total de 8.7 km avec la section la plus longue de 1km, donc pas très long pour ce genre d’épreuve. LA course à pied se décompose en 19 sections pour couvrir au total 54.7km, mais avec 17km pour la section la plus longue. Le gros morceau de l’épreuve. Il y a aussi un petit défi sympa cette année au sein même de l’épreuve  le «Chrono de la Madeloc» dans la longue section de trail.

Le plus  de cette épreuve c’est l’Eco-responsabilité qui est son leitmotiv. Pour les amoureux de la nature, cette charte est un évidence que toute organisation devrait soutenir.

Un parcours somptueux

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Tracé entre sentiers littoraux, chemins de vignes et singles du massif des Albères, ce parcours sur mesure nous fait découvrir les trésors exceptionnels de la côte Vermeille. Le programme ressemble à une liste à la Prévert de trésors naturels : cinq magnifiques communes sont traversées (Cerbère, Banyuls-sur-Mer, Port-Vendres, Collioure, Argelès-sur-Mer), six sites NATURA 2000, une réserve naturelle Marine nationale (Cerbère-Banyuls), un parc naturel marin (golfe du Lion) et une aire marine éducative(Argelès-sur-Mer). De quoi se régaler.

Choisir la tenue adéquate aux conditions météo. Ce fut une question pour laquelle équipes ont eu du mal à trouver la bonne formule. Combinaison ou pas, courte ou version jammer / souris ? (merci Fix du prêt) ? Nous savons que la journée sera très chaude mais que nous pouvons également avoir un peu froid dans l’eau sur les dernières sections swim et qu’un peu comme l’ÔtillÖ il ne s’agit pas d’une course mais d’une « aventure contre les éléments« . Nous optons pour jammer et souris.

24/06/2017: jour J

Greedy Vermeille 1Levés à 4h du mat, nous prenons notre petit déjeuner à la lumière des frontales. Le rendez-vous pour les navettes est fixé à 5h10 pour un départ à 5h20. Comme c’était la nuit du Bac nous rencontrons bon nombre de jeunes allant se coucher et qui nous prodiguent des encouragements sympas.

Nous embarquons dans la navette, il fait déjà chaud, un calme olympien. Puis avec le levé du soleil, les échanges commencent, suivi d’un peu d’excitation. Arrivés sur le lieu du départ, surprise, un grand vent nous y attend… Pendant ce temps là, Akunamatata prends des clichés, filme à son habitude.

Le départ est donné à 6h30 exactement dans une ambiance calme et détendue ; nous savons que nous partons pour un long moment. C’est parti pour 7,8 km avec du dénivelé. Nous partons tranquille. À l’issue de la première natation nous nous retrouvons 1ère équipe mixte et nous y restons jusqu’à la 7ème section de natation où une équipe (qui remportera en mixte) nous rattrape et nous donne le ton sur la section de 1km.

La course se passe bien dans une succession de lieux formidables, de vues sublimes, d’encouragements du public, des randonneurs rencontrés par ci, par là, et des bénévoles qui ont remplis leur mission plus que parfaitement !

Jusqu’au pied de la Madeloc tout va pour le mieux.

Jusqu’au pied de la Madeloc tout va pour le mieux. Mais la combinaison du soleil et de la chaleur fait qu’Eric n’est plus capable de réguler sa température ; la peau devient chaude et sèche, suivie des nausées et étourdissements.  Manon qui est lucide propose de s’asseoir, une fois, deux fois, trois fois… Le bruit des ambulances nous effraie… Nous ne sommes plus en mGreedy Vermeille 2ode course mais en mode survie – finir.

Eric craint d’abandonner mais Manon prend soin de son co-équipier et, grâce à elle, nous arrivons au sommet en marchant, mais en ayant perdu énormément de temps. Nous qui étions à la onzième place, nous voyons les équipes passer… Nous nous remémorons les images de l’année 2016 où nous courrions à très bonne allure, mais rien n’y faisait, seule l’envie de terminer était présente, la victoire oubliée. Puis une équipe mixte nous passe, nous gérons cool derrière eux.

Heureusement les ravitaillements sont parfaitement installés, et d’excellente qualité. Parfois des gens sur le parcours nous proposent des douches pour nous rafraîchir, et nous en avons bien abusé !

Les 25 derniers kilomètres ont été un vrai calvaire, mais nous nous accrochons. Enfin la ligne d’arrivée tant attendue se profile. Quel plaisir de terminer cette sublime épreuve sous la hola des potes du Club d’Avignon le Pontet Triathlon et de notre supportrice du jour et reporter Corine !

Greedy Vermeille 3Nous finissons 3ème équipe mixte en 12h12mn,  à 4 mn des second mixte et à 15 mn des vainqueurs. Une belle performance au vu des difficultés que nous avons rencontré.

Merci aux organisateurs, Sylvain Rousselat et Olivier,  Merci à François-Xavier Li, alias Fix, notre coach, Merci à Jean-marie Gueye, alias Akuna, pour ses sublimes photos.

Photos Akunamatata

Plus de photos sur notre compte Flickr

De la Riviera à la Croatie

Kate Williams et Alex Bermond de l’équipe Swimrun The Riviera nous font partager leur course épique au résultat impressionnant. Merci !

Dès notre arrivée à Hvar, le ton était donné. Un vent à plus de 50km/h et une houle atteignant presque 1 mètre. On savait d’ores et déjà que la course allait se jouer en natation.

Le briefing du samedi allait nous faire découvrir un nouveau parcours avec des modifications surtout en natation mais bien au contraire, Michael Lemmel nous a mis tout de suite dans le bain : pas de grosses modifications juste un décalage de la grande traversée de 3km plus à l’intérieur de la baie pour éviter que «les binômes ne s’échouent à Venise».

Vu les conditions de course, nos sentiments étaient partagés entre excitation et angoisse.

Prêts pour l’aventure!

OtilloLe lendemain, petit-déjeuner frugal et direction le port d’Hvar équipés et prêts pour l’aventure!
9.20 départ de la course comme pour un 400m. Tous les binômes sont à fond avec une première natation en paquet et, déjà, on se retrouve à la queue leu leu sur le chemin côtier. Jusqu’ici tout va bien. Petit aller-retour sur les pistes pour récupérer notre bouée de balisage obligatoire pour la grande traversée. Nous pointons à la 8ème place en binôme mixte.

ÖTILLÖ HVAR - 2017. Foto: JakobEdholm.comC’est parti pour 3km de nage dans une mer déchaînée avec un très fort courant latéral. Impossible de déterminer avec exactitude le point d’arrivée à cause d’un balisage presque inexistant. On voyait d’ailleurs les équipes dériver une par une. Notre seul véritable point de repère était derrière nous et, grâce à cela, nous avons pu trouver une trajectoire optimale pour éviter la distance en plus. Ayant choisi de ne pas s’encorder, nous tâchons également à rester à  moins de 10m l’un de l’autre – ce qui est loin d’être évident !

Enfin, nous visualisons la baie d’arrivée avec une bouée de balisage. Nous étions donc bien sur la bonne direction. Plus aucun binôme visible devant nous mais derrière, tous suivent notre trajectoire. Nous touchons terre, acclamés par un public chaleureux. Malheureusement, tout le monde n’a pas eu la même chance que nous. Un cut-off impitoyable a stoppé net un bon nombre d’équipes, plus celles récupérées par bateau avant même d’arriver sur la terre promise car elles dérivaient … vers Venise.

Un véritable plaisir pour les yeux

ÖTILLÖ HVAR - 2017. Foto: JakobEdholm.comS’enchaînent alors petites îles et traversées dans une eau bleutée, magnifique paysage alternant course trail en pleine garrigue et barres rocheuses très techniques. Un véritable plaisir pour les yeux. Sur cette portion-là, 3 binômes mixtes nous dépassent, plus expérimentés sur ce type de parcours. Pour regagner le port de Hvar, il nous reste une dernière traversée plus exposée au vent, où le race director Michael Lemmel en personne nous fait le briefing avant d’attaquer cette section de nage. Les consignes sont simples, tirer plus à droite face au vent pour éviter une dérive certaine. Nous misons quitte ou double sur une autre stratégie d’orientation en eau libre qui nous fait remonter 3 places en équipe mixte. Retour sur Hvar, à mi-parcours de la course, annoncé en 7ème position et annulation des 2 dernières natations. Une évidence vu que le vent ne faiblissait pas.

ÖTILLÖ HVAR - 2017. Foto: JakobEdholm.comNous attaquons une ascension dans la vieille ville par une série de marches, direction la Forteresse. De là, nous admirons la vue panoramique de la ville et des îles, mesurant enfin la beauté des paysages. Nous entamons une section de trail d’environ 5km à travers la garrigue, surplombant les corniches et les criques qui découpent la côte de cette magnifique île. Une grosse descente nous attend avant la dernière section de natation où nous pensons à bien nous alimenter. Et plouf dans une super eau bleue azur abritée du vent qui nous a bien rafraîchi. Comme nager dans un aquarium sans aucune contrainte. Un pur bonheur. Sur la fin de la natation nous doublons un binôme mixte qui avait l’air épuisé dans leur nage. Cela a nous a bien remotivé et c’est parti pour la dernière section de course à pied d’environ 15km.

Une montée raide nous attend sur au moins 2km avec marche forcée et, enfin, on se libère de notre couche de néoprène, une vraie bouffée d’air. Soudain, apparaît le binôme mixte que nous venons de doubler dans l’eau, nous laissant sur place. L’homme tractant son partenaire avec une force stupéfiante. Encore un viking ! On revient donc à la 7ème place. Maintenant les paysages et les surfaces s’enchaînent, routes bitumées, pistes, chemins de trail. Nous doublons un binôme mixte au ravitaillement du village de Brusje, un père et sa fille qui ont une belle complicité.

Les jambes sont fatiguées et les cuisses commencent à brûler

ÖTILLÖ HVAR - 2017. Foto: JakobEdholm.comOn est alors au point culminant du trail et on attaque la descente. Les jambes sont fatiguées et les cuisses commencent à brûler. On reste toujours lucides et à la recherche des rubans de balisage accrochés dans les arbustes. On aperçoit au loin des chasubles vertes (binôme mixte) qui semblent à notre portée. C’est parti pour la course poursuite en descente technique trail qui n’est pas trop notre fort. Le binôme résiste mas nous arrivons en même temps sur le dernier ravitaillement. On finit par les doubler dans les 3 derniers kilomètres de la course plutôt côtières et nous finissons 5ème binôme mixte en 7h26 avec un slot pour le  Ötillö Swimtun World Championship en septembre !!

Conclusion de cette course : de superbes paysages, une température d’eau idéale, des parties de parcours terrestres exigeantes et techniques. Et en ce qui concerne les portions aquatiques, c’est « mer nature » qui a le dernier mot. Un taux d’abandon de 50% pour cette édition !

A titre personnel, après cette première expérience World Series Ötillö, nous concluons qu’il faut essayer l’option de s’encorder au moins sur les sections aquatiques, et sur les parties terrestres, encore beaucoup de travail à faire surtout  sur les ascensions en marche rapide, les parties rocheuses côtières et les descentes techniques trail. Mais malgré tout, très contente de notre course et surtout de nos sections en eaux libres. Petits conseils aux swimmrunners : mettez des chaussettes montantes pour éviter des irritations au niveau de la puce et amenez de la crème anti-frottement pour vous badigeonner pendant la course !