AmphibRun 2018

Le swimrun continue de se développer et l’AmphibRun est le premier Swimrun aux Philippines. Cédric et Stéphanie nous livrent leur impressions exotiques à 11,100 km de la France métropolitaine.

Philippines 2018 2Cinq heures du matin, le crépuscule laisse sa place au premières lueurs rosés – orangés du soleil sur la plage de Laiya, petit coin tranquille tout au sud de Luzon l’île principale des Philippines. Départ au petit matin car dans ce pays et ses températures avoisinant 33°C toute l’année, les sportifs ont l’habitude de se lever tôt pour partir « à la fraîche » relative du petit matin !

C’est parti pour une belle journée ! Avec Stéph ma coéquipière de vie et de sport , on récupère nos dossards marqués du nom de notre équipe : “The French Frogs”, nom assez explicite pour une équipe française de swimrun.

Philippines 2018 36:00 c’est l’heure de notre départ, pour un parcours qui enchaîne 3km de piste, 2,2km de natation et 12km de Trail avec 950m de dénivelé positif. À 6:30 un autre départ sera donné pour le nageurs débutants avec 700m de natation et un gilet autoportant obligatoire. A noter le matériel obligatoire sur les 2 courses inclue pull-buoy, lunettes de natation, bonnet, sifflet, sac à eau 1 litre minimum. Par contre pas besoin de combinaison ici ! L’eau est à 27°C!

Philippines 2018 4Après un échauffement rapide sur les 3km de piste, je constate que Spiderman est venu spécialement pour participer à ce swimrun, tout arrive !

Place à la natation ! Le but du jeu est de faire 3x le triangle délimité par 2 barques de pêcheurs et une sortie d’eau sur la plage. À chaque sortie un “Ladyboy” déguisé en sirène des océans, nous donne un bracelet pour marquer notre passage. Simple et efficace.

Philippines 2018 6La course se poursuit par un très beau chemin côtier dans les rochers. On rattrape un couple très original qui devrait créer une 4ème catégorie en swimrun à lui seul: un chien et son maître ! Peut être un Jack Russell Terrier habillé lui aussi avec son dossard et tout foufou de courir et nager. Décidément cette course imaginée par les joyeux organisateurs de Be TrailReady est pleine de surprises !!!

Mais les choses sérieuses commencent, on passe un pont et les 800m de dénivelé positif au dessus de la mer en seulement 5km pour rejoindre le mont Daguldul sont devant nous. La chaleur commence à s’inviter, il ne faut pas hésiter à se mouiller à chaque passage de rivière pour ne pas risquer la surchauffe ! Pendant la montée nous rattrapons la première équipe. Au sommet le cadre est magnifique, la jungle a laissé place au vert pâturage, on voit la mer au loin. Des groupes de randonneurs en profitent pour faire des photos mais pas le temps de flâner, on a une place à conserver et les deux équipes derrière ne sont pas loin !

Philippines 2018 7On récupère vite le bracelet du “U turn” et la descente par le même chemin va se faire en mode Arrachage !!! De retour sur la côte on relâche un peu le rythme dans le sable, avec 8mn d’avance sur les second on a bien mérité une arrivée en mode “cool down” .

Ça y est, on y est ! On visait un podium catégorie mix et on termine 1er scratch ! Whaou quelle bonheur partagé en duo ce sport !

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La sirène nous remet une médaille ouvre bouteille 🍻 hihi, belle ambiance comme d’habitude avec les Philippins toujours joyeux et avenants. La remise des prix est assurée par le sponsors Merell, une paire de chaussure minimaliste  Et plouf retour dans l’eau chaude pour détendre la machine et se laisser flotter.

L’avantage aux Philippines c’est aussi l’après course: pour 350php/heure un délicieux massage nous attend au bord de la mer, de quoi s’endormir et déjà rêver à la prochaine course dans ces paysages sauvages dépaysants.Philippines 2018 11

Photo credit AmphibRun & Trim

Isles of Scilly Swimrun

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Silly Scillies et toute cette sorte de choses.

Analyse d’un succès en deux temps

La victoire (sur soi, je ne suis pas complètement mégalo), se juge à l’arrivée.

Contexte personnel : après avoir décidé de me donner des objectifs ambitieux désormais, pour ma première carte SNCF Senior Plus, mon abandon à Lanzarote, bien qu’assumé car imparable, donnait à cette course prévue 15 jours après, une coloration toute particulière. D’autant que j’avais prévu après le Graal de l’Ironman des objectifs de course à pieds (Championnats de France FFA de 10 km route quinze jours après l’Ötillô Scilly, et un trail de 70 km assez effrayant à Val d’Isère, quinze jours après Liévin (les France). Gestion de ce programme sous la houlette de José. Les courses Ötillö sont des courses par équipe, et vu dans quel état nous errions, Xavier et moi avions (en plaisantant), prévu de faire la course en mode « touriste ». Or, voilà t’il pas que des projets de long terme se greffent là dessus, et que l’ambiance du lieu et de la course nous prend. « No tourists here, Sir. Hold on !»

Contexte collectif : nous n’étions pas deux, mais quatre. Djedjiga et Elena sont maintenant les partenaires de nos swimruns, et leur présence nous oblige à envisager autre chose que de faire de la figuration. D’ailleurs Michael Lemmel (le bellâtre organisateur), insiste pour qu’on évite de faire le clown devant les caméras. Les autres participants sont pour la plupart des armoires à glace (du cercle polaire), et de solides Walkyries (du Walhalla). En tout cas ce sont eux que l’on reluque, vu qu’ils sont là pour ça. Il faut donc avoir l’air un peu intégré… Heureusement il y a de nombreux participants de notre niveau, et nous voilà dans le moule… Mais, du coup, comme on dit à Paris, il faut faire bonne figure. Bref, nous sommes dans la course et un peu sous la pression. La pression des drafts d’ale.

Jusqu’à l’avant veille de la course c’était la cata !

Préparation et objectif : préparation en piscine et dans le parc de Saint Cloud… Tout est dit. Mais, mais, mais ! Préparation très soignée d’un Ironman réputé difficile, entre les entraînements du club, parfaits, vraiment parfaits, et nos conseillers respectifs de l’ombre, bénis soient-ils. Donc forme excellente pour moi obligée, d’autant que je n’avais pas couru le « marathon » de Lanzarote. Donc il fallait que je courre ! Car il y a ces deux courses à venir. Et… Et aussi un chrono genre « c’est bien pour toi ! T’es content? » à la Jaco, qui me laissait supposer depuis Lanza que grâce à Greg j’ai fini par apprendre à nager. Donc : tout pour mettre la pression. Et s’il n’y avait que cela pour la faire monter !
la météo : jusqu’à l’avant veille de la course c’était la cata. Beau toute la semaine d’avant et celle d’après, et le choix entre tempête, pluie ou brouillard le dimanche. Perdus dans un chenal avec des courants réputés violents, et des creux de 90 cm annoncés, la mort rodait…

des paysages à pleurer de bonheur

Le lieu : le paradis. Pas le paradis volcanique genre Lanzarote, plutôt le genre micro climat où les plantes tropicales poussent comme du chiendent. Les algues aussi. Hélas. Un mode de vie simple préservé, permettant à de riches londoniens de se payer des semaines dans un petit cottage très très simple de plein pied entouré de fleurs pour 5000£ la semaine dans une simplicité assez minimaliste (la nouvelle tendance à la mode). Des habitants adorables et des paysages à pleurer de bonheur. Contrastes, contrastes. Ouais ouais ouais. Avec le mauvais temps, la tempête, au milieu d’une passe de 2000 mètre entre deux îles, je t’en foutrai moi, du paradis. Rien n’est donné sur cette planète. Donc pas si sereins, pas comme le vent du soir.
Le voyage : c’est une expédition. Avion genre jet privé agrandi pour Bristol, trajet en voiture « à vive allure », et, ça c’est cool, dernière partie du voyage en bateau (j’adore arriver dans une île en bateau). Et l’inverse au retour !

Tombage amoureux des îles Scilly

La journée d’avant : on a bien mangé, il faut le dire. Les Anglois ont fait d’énormes progrès en cuisine. Et leurs bières sont toujours aussi bonnes que variées. L’hôtel est sympa et assez luxueux il faut le dire. Et ! Idée de génie de Xavier : louer une jolie petite barque de pêche pour le samedi. Entre émerveillements et coups de soleil, repérage des lieux aquatiques ! Ça aide ! Et tombage amoureux des îles Scilly. Ça aussi, il faut le dire et le redire : c’est sublime !

Tiens, elle est froide. Assez froide. Vraiment froide

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La course et ses deux parties : nous étions venus pour ça et il fallut partir. Même pas « demain dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne ! » Non les GO (gentils organisateurs), on tiré le coup de pistolet à 10 heures ! Les braves gens. 
Première course à pieds, et première natation, 2000 m de sainte Mary à Tresco. Tiens, elle est froide. Assez froide. Vraiment froide. Très très froide même pour Djé. Tiens il y a des algues. Beaucoup d’algues. Mais elles sont énormes. Mais elles s’emmêlent dans les plaquettes et le leash qui nous rend solidaires. Mais elles sont de plus en plus grosses. Mais c’est juste effrayant.

Qu’est ce que je fous là ?

Argggl. Première transition. Le sable est mou. Saloperie. Et deuxième natation, 1200 m Tresco Bryher. Elle est de plus en plus froide (température ressentie). Mais je suis à la ramasse. Mais faut que j’arrête le sport. Et la troisième CàP n’en parlons pas. Je suis trop vieux, je suis foutu. Qu’est ce que je fous là. Je suis un mytho. Une merde. Bref vous l’aurez compris je ne vais pas bien dans mes jambes, ni dans ma tête, ça va de pair. Passage de Bryher à Tresco, et là, erreur qui fut un coup de génie, genre Napoléon à Austerlitz (rapport au soleil et au froid, c’est subtil écoutez bien la suite), nous ne retirons pas le haut des combinaisons alors que la CàP est longue.

La température intérieure et le baromètre moral qui lui est lié, remontent !

D’ordinaire les piètres tacticiens font comme ça. Pas nous. Transpiration. Je prends conscience, là, juste en l’écrivant pour vous, chères lectrices et chers lecteurs, que cela nous a sauvés ! la température intérieure et le baromètre moral qui lui est lié, remontent ! Course gagnée ! 
Trois petites transitions natatoires plus loin nous voilà à St Martin. La forme est là ! Longue course à pieds sur single track, et là, le bonheur la joie alléluia gloire à Dieu au fond des Océans et au plus haut des Cieux, et toute cette sorte de choses : je cours ! Comme un lapin ! Comme un Padgel sur les drailles de ses montagnes (drailles => trail ! vous saisissez le lien étymologique ?).

Il y aura donc un après. Joie joie joie. Et ce paysage splendide ! À part la mer, on se croirait sur le plateau de Chaumienne, ou vers le Ranc Calliou ! C’est beau comme l’Ardèche et je suis heureux. Restent les 2500 m de traversée St Martin St Mary (priez pour nous). L’épouvantail. Eh ben franchi comme les harengs dans la Baltique ! Genre les poissons de l’Ötillö qui nous verront peut-être un jour nager avec application. Slow is fast and fast is slow comme ils disent. Ce qui aurait pu être notre tombeau est notre consécration. Dernière CàP un peu dure mais le Gü veille ! Loué soit-il. Et étant depuis St Martin avec nos Walkyries du sud, nous décidons de finir ensemble et cette CàP finale est une promenade de santé ! À bon train je précise non mais vous nous prenez pour quoi ? Nous finissons même à six Français mains dans les mains, enfin le truc à la gloire de l’éthique du swimrun !

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L’arrivée : je viens de vous la décrire, reportez vous aux deux dernières phrases.

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L’après course : je m’offre une Guinness, lentement tirée de son fût, et bue trop vite. Dommage. Cérémonie des vainqueurs, pour une fois que j’y vais, c’est sympa. Ah ce Mike, quelle prestance, quelle classe, quelle présence, quelle éthique. L’orateur aux pieds nus. Fish and chips au Mermaid. Bref, on a nos habitudes aux Scilly !
La suite : eh ben… Où va t’on pour la prochaine ? Hvar (avec un jota devant) ? Et… Plans sur la comète et toute cette sorte de chose. La suite au prochain numéro.

Marc Fortier Beaulieu

L’Ultra Swimrun à la conquête des alpes françaises

Voici une interview de Jean Christophe Bastiani, réalisée peu après une aventure qui a mené une douzaine de swimrunners internationaux à travers lacs et montagnes dans la région d’Annecy (120 km trail, 15 km natation, 5000 m+) les 28 et 29 avril derniers.

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Swimrun France : Bonjour Jean-Christophe, tu as organisé un ultra swimrun dans les Alpes du Nord qui a eu lieu les 28 et 29 avril dernier.  Avant d’en parler peux tu nous dire en quelques phrases ce qui t’a amené au swimrun en général et à l’ultra en particulier ? 

« En 2017, je participe à 17 courses toute distance dans différents pays »

Jean Christophe Bastiani : Bonjour à vous, j’ai découvert le swimrun il y a 3 ans  d’une part avec la vidéo de canal+ pour le 10è anniversaire d’ÖtillÖ (NDLR, « les exilés » de l’émission intérieur sport diffusé en 2015) mais aussi grâce à toi Akuna et les magnifiques premières images dans les calanques.

Je viens des sports nature. Ancien membre de l’équipe de France d’escalade jeune (ça fait longtemps), j’ai été au début du trail et du raid aventure où j’ai participé à de nombreuses courses nationales et internationales. Le raid devenant contraignant financièrement je me suis tourné vers le trail avec l’appel des montagnes (mon premier amour) puis vers l’ultra. Il y a 2 ans à 50km du départ de la TDS, j’arrête brusquement et je me jure de stopper l’ultra qui ne me convenait plus sachant que je passais énormément de temps à m’entrainer en mode swimrun. En 2017, je participe à 17 courses toute distance dans différents pays.

SRF: Peux tu revenir sur la genèse de ce projet ?

JCB: L’été 2017, je cherchais un défi, une nouvelle aventure pour mettre en lien mon sport de cœur, le swimrun et mes premiers amours, la montagne. L’idée a été facile à trouver :Traverser les Alpes du Nord en mode swimrun.

« réunir 20 swimrunners du monde entier pour promouvoir le swimrun, son esprit et ses valeurs »

Initialement prévu avec ma binôme de choc Marianne pour l’automne, on a très rapidement décidé de repousser pour s’organiser différemment.

Nouvelle date pour fin avril et  l’objectif de réunir 20 swimrunners du monde entier pour promouvoir le swimrun, son esprit et ses valeurs. Un groupe d’hommes & femmes amoureux de la nature et des grands espaces. Mon réseau international a été sollicité et j’ai proposé sur FB et IG de nous rejoindre avec 2 conditions, un cv sportif (pour la sécurité, et l’objectif des 24h) et surtout une lettre de motivation. 

Le groupe des 20 réuni, j’ai lancé la communication, trouvé les partenaires techniques et financiers mais surtout rencontré le président de la Fondation Ultra Sports Sciences pour établir un lien entre Ultra Swimrun et cette structure qui a pour mission :

  • Solliciter, fonds et faciliter la recherche pertinente liée au sport ultra-endurance.
  • Diffuser de nouvelles connaissances liées au sport ultra-endurance.
  • Améliorer la santé et la sécurité de ceux qui participent à des sports ultra-endurance.

Partenaires trouvés, réseau ouvert, j’ai fait les démarches administratives et trouvé quelques bénévoles avec des connaissances montagne.

SRF: La grande crainte pour cette époque de l’année c’est la température de l’eau des lacs, la gestion de la nuit en montagne, quel fut le dispositif de sécurité mis en place pour cela ? 

« Nous avons eu une chance énorme avec les températures estivales durant les 15 jours précédents l’Event »

JCB: Oui après l’hiver interminable et les chutes de neige record, mes 2 craintes étaient la température de l’eau et la quantité de neige sur les sentiers de crêtes (5 passages à 1500 m altitude).

Nous avons eu une chance énorme avec les températures estivales durant les 15 jours précédents l’Event. La neige a fondu à vue d’oeil et le soleil a réchauffé l’eau des lacs avec presque un mois d’avance pour atteindre 13-16 °C sachant qu’en mai 2017 on avant 11°C dans le lac d’Annecy.

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Les swimrunners sont habitués et le groupe de furieux passionnés d’ultra endurance aguerris. Or vu les qualificatifs « extrêmes » cette balade (120km trail, 17km de swim, 5000m+), j’avais fait appel à la société Dokever spécialisée dans l’assistance médicale (UTMB, Marathon des Sables, Ironman, Tour de France…) pour garantir le maximum de sécurité aux membres du groupe. SUP, visuels direct durant les sections swim, radio VHF et pacer (secouriste/infirmier) sur les sections trail, jour et nuit sous surveillance mais aussi sur l’autosurveillance du groupe. N’oublions pas que ce dernier évoluait ensemble.

SRF: Dès le départ tu as coloré cet évènement d’un aspect international, comment ce dernier a t-il était perçu à l’étranger ?

JCB: Ahh vaste sujet. Je suis immergé dans le swimrun depuis le début en France à vos côtés. Ouvrir à l’international était évident pour moi. Mon réseau swimrun international m’y a aidé mais aussi mon ex compagne suédoise. Les connaissances sont un premier pas mais ma passion et mes idées ont fait le reste en attirant ces sportifs. 

Concernant la Suède, c’est un peu compliqué il y a de très nombreux compétiteurs et venir fin avril pour un ultra, un peu à l’inconnu a fait peur en  début de saison. J’ai expliqué la possibilité de stopper et couper une partie mais l’esprit de vouloir finir à tout prix était plus fort. J’ai quand même eu 2 expatriés français et danois habitant en suède qui sont venus lol.

France, Suède, Danemark, Suisse, Pologne, Portugal, Italie, Asie, UK, et US était partant jusqu’aux derniers moments.

Début de saison, veut aussi dire premières blessures, incompatibilités personnelles et professionnelles, …. ce qui a réduit le groupe à 13 (4femmes et 9 hommes).

SRF: Parmi les participants, il y avait aussi une équipe française dont tu es à l’origine de la création, peux tu nous éclairer à ce sujet ? 

JCB:  Le Team « swimrun-events » est un regroupement d’amoureux du Swimrun, de la nature et des valeurs qui en découlent. Il y a des compétiteurs de haut niveau mais aussi des amateurs. Je vais prendre le temps de structurer ce groupe pour le faire évoluer avec un seul but : Le partage.

SRF: Revenons au déroulement de l’ultra, quels ont été les challenges à surmonter, attendus et aussi inattendus ? 

JCB: Le plus dur à été la météo qui étaient annoncée tempétueuses avec pluie, vent, neige sur les sommets à 72h de l’event…

Finalement nous avons nagé dans des conditions au top, eau calme et « chaude », pas de vent, soleil très généreux, nuit avec pleine lune. Uniquement du vent et des nuages sur le lac du Bourget en fin de journée , très typique en montagne.

Eviter l’accident dans un tel environnement était ma préoccupation première …. aucun secours engagé, juste quelques petits bobos et des jambes de bois  le dimanche matin.

SRF: Vous progressiez en groupe, telle une tribu, les décisions semblaient prises à la fois par l’encadrement et les coureurs, peux tu nous décrire l’ambiance, l’expérience d’un tel état d’esprit ? 

« A cet instant, j’ai vu naitre autre chose »

JCB: La symbolique du groupe était l’essence de l’aventure. Il a fallu 10km (le lac d’Aiguebelette) pour que le groupe se forme complètement. A cet instant, j’ai vu naitre autre chose. Toujours difficile d’expliquer  cette sensation typique en expédition, en milieu isolé que j’ai connu mais là c’était encore plus fort.

Automatiquement, les moins performants en nage ou trail étaient encordés faisant évoluer le groupe ensemble et …..une chose assez folle, avec sourire constant. Une bonne bande de copains qui discutait et refaisait le monde tout en se surveillant les uns et les autres, accrochant ceux qui avaient un coup de mou…

L’esprit de partage était là et les grandes décisions étaient collégiales.

Je parle pour tous les membres, les accompagnants et les partenaires qui ont vu « mûrir » le groupe.

 SRF: En terme de « bobologie » qu’as tu rencontré, et quels conseils donnerais tu aux swimrunners tentés par l’aventure ? 

« 75% de la réussite est due au mental…. et le principal c’est d’avoir le sourire !! »

JCB: Comme j’ai dit au dessus, c’est la bobologie classique de l’ultra endurance avec ampoules, genoux qui coincent et la fatigue générale. Quand je vois Camille qui a atteint ses premiers 100km, son 1er trail en montagne, couru dans la neige de la Féclaz aussi pour la 1ère fois, c’est génial. 

C’est compliqué de donner des conseils sur un tel Event. Nous parlons plus d’un swimrun aventure, expédition ou tout est possible en terme de bonheur que de douleur. Il faut se préparer physiquement, être bien dans ses chaussures (au propre et au figuré) et avoir un mental d’acier. En ultra endurance, 75% de la réussite est due au mental…. et le principal c’est d’avoir le sourire !!

SRF: Quelle a été la plus belle récompense pour toi et les coureurs lors de cette aventure ? 

JCB: Ma plus belle récompense a été de voir tous ces sourires, cette union et le final sur la plage de Talloires.  Que dire de ces 10 minutes d’étreintes, d’accolades et de toutes ces larmes dissimulées. Rien que de me souvenir de la sortie d’eau, et voir tout le monde s’embrasser, se prendre dans les bras, 26 h après le départ, ça m’a fait monté les larmes (de bonheur).

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J’ai réussi mon pari fou de proposer un ultra swimrun aventure non stop à travers les montagnes. Quand je lis les commentaires des membres du groupes sur les réseaux sociaux ou par téléphone, je suis fier d’avoir créer cela. 

Je vais le faire version montagne mais nous pensons tous dans le groupe des 20, les partenaires, les familles présentes que nous avons passé un cap dans un nouveau swimrun typé « expédition ». Il y a  d’autres ultra comme les amis du 06 avec leur traversée des Alpes-Maritime mais surtout Niklas en Suède avec le SAUC qui est une énorme aventure sur plusieurs jours dans l’archipel de Stockholm. Respect à eux, comme l’on dit plusieurs membres c’est le côté expédition authentique qui ressortira de l’Ultra Swimrun Alps.

SRF: Quel est ton programme pour le reste de la saison swimrun 2018 ?

JCB: Je sors d’un très gros surentrainement couplé à des problèmes personnels c’est pour cela que je n’ai pas pu faire l’ensemble de l’Ultra mais le repos sera salvateur pour le corps et l’esprit. 

  • Les prochaines courses officielles seront Toulon avec Laurence MNS qui a découvert le swimrun durant un des camps l’été dernier et qui a une très grosse motivation pour faire de beaux résultats. Toulon sera en mode récup mais viendra surtout Engadin et Ötillö World Cup sous les couleurs de Vivobarefoot/Head
  • Toujours en lancement de Swimrun-Events, je suis dans l’attente de voir si je créé cette société de swimrun camps en France ou en Suède tout en gardant le programme déjà établi. (fiscalité, règlementation ….lol)
  • Je vais relancer la communication et restructurer le «groupe Swimrun-Events » qui est plus qu’une team. Terrain de test matériel, accompagnement sur les évents et performance pour certains membres. Un groupe hétéroclite tout comme l’est cette discipline.
  • Préparation de l’Ultra Swimrun Alps-Together for the future qui sera relancé fin avril 2019 sous une forme qui plaira autant aux élites que les  les amoureux de la nature prêt à tenter le défi et boucler le parcours.
  • Et enfin, une vraie expédition swimrun en Asie mineure que je devais effectuer avec ma moitié scandinave mais qui sera à 4 ou 5.

« imaginez des lacs d’altitude, une rivière qui fait le lien, le désert à perte de vue et en fond les sommets enneigés….. » 

Voilà le début de l’histoire.

merci à Swimrun France de m’avoir donné la parole sur cet événement qui se doit d’être une des nombreuses voies du swimrun et notre slogan en est le symbole.

TOGETHER FOR THE FUTURE

L’Ultra Swimrun Alps Together for the future  en chiffres :

  • 26 heures
  • 120 km en CàP, 15 km en natation, 5000 m+
  • 11 hommes / 5 femmes
  • 3 lacs alpins, 2 montagnes

Le récit complet de l’aventure sur le site de Jean Christophe:

https://www.swimrun-events.com/blog/2018/05/02/ultra-swimrun-alps—together-for-the-future

Peyrolles, un swimrun qui aurait mérité de continuer

Beaucoup d’épreuves voient le jour, et c’est un bonne chose. Malheureusement certaines disparaissent pour des raisons diverses. Le swimrun a Peyrolles en fait partie, dommage. Gilles et Céline Hermitant ont couru avec succès leur premier swimrun a Peyrolles en Juin 2016. Voici leurs impressions, en espérant redonner envie au groupe local de relancer cette épreuve sympatique. Photos ©Jean-Philippe Candel

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©Jean-Philippe Candel

Le lac de Peyrolles est situé à 20km d’Aix-en-Provence. C’est une base de loisirs aménagée sur une ancienne sablière. L’eau est plutôt claire et la température clémente aux alentours de 20-22°C. Ce lac est d’ailleurs le lieu pour la Natation du Half Ironman d’Aix-en-Provence qui a lieu en Mai. Le lac est équipé également d’un téléski nautique sur lequel on peut pratiquer le wake.

Le club Durance Triathlon organisait auparavant le triathlon Guy Drumez, mais en raison d’un parcours vélo un peu exiguë qui ne donnait pas pleine satisfaction, ils ont décidé de se lancer dans le swimrun. C’est un club très dynamique de la région avec notamment des triathlètes de très haut niveau et un très bon niveau général.

1ere édition en Juin 2016

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©Jean-Philippe Candel

L’organisation était impeccable et très bon enfant, avec une excellente ambiance générale. Le club n’en est pas à sa 1ere organisation et ça se voit, par exemple avec des ravitaillement de qualité et suffisant. Nous avons aussi été intéressé de voir les exposants de combi swimrun présent sur le site et apprécier les massages à l’arrivée.

La participation était plutôt limitée avec environ 30 équipes au départ et 30 individuels. Il est placé en pleine saison de triathlon et l’épreuve est une 1ère édition. Mais nul doute que la participation sera nettement plus importante l’an prochain.

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©Jean-Philippe Candel

Le parcours est composé de 12 km avec 2km de natation. Il s’agit donc d’une épreuve de découverte de cette discipline avec environ 5 sections différentes Course/Natation. Les sections sont relativement bien équilibrées. A noter une petite touche originale en fin de parcours avec un filet de type accrobranche et un saut à effectuer. En dehors de cela le parcours est sans difficulté et très bien balisé. La sécurité est très bien assurée par des bénévoles à chaque entrée/sortie des portions natation et des canoës sur l’eau. A signaler qu’il y avait aussi une épreuves ‘kids’ pour les plus petits. Une très bonne initiative pour former les jeunes et leur donner le gout de l’effort et du plaisir en pleine nature.

La remise des prix était très sympa avec récompense des individuels, des binômes mixtes, masculins et féminins. Et en plus distribution de cadeaux sur tirage au sort du dossard.

Mon ressenti

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©Jean-Philippe Candel

La quarantaine, nous pratiquons le triathlon depuis une quinzaine d’années au club de Salon de Provence. J’ai du faire une pause à cause de problèmes de santé, et je m’y remets depuis 1 an. Par le passé, j’ai été finisher l’embrunman et à Nice. Aujourd’hui, je ne fais que des courtes distances car la famille s’est agrandie et qu’il en faut pour tout le monde. Mais je n’exclus de refaire du half ironman. J’aime aussi beaucoup le trail et fais des courses à l’occasion et surtout du funboard que je pratique dès que les conditions s’y prêtent.

J’ai découvert par le reportage intérieur sport sur Ötillö et j’ai adoré. Donc, pourquoi pas nous lancer sur un swimrun , court pour commencer, et peut-être plus longs dans le futur?

J’ai fait cette course avec ma femme. C’était notre premier swimrun et nous étions équipés avec des shorties de planche à voile. Nous avons vraiment adoré les enchaînements sans changement de tenue, qui donne une touche un peu baroudeur, d’autant plus que le parcours nous emmenait sur des parties du lac très sauvage. Enfin, nous avons apprécié de partager un effort en binôme, nous qui sommes habitués à courir en individuel en triathlon. Bref, de très bons souvenirs d’autant plus que nous avons gagné en binôme mixte et que nous nous sommes classés 5eme au scratch Equipe.

Retrouvez toutes les photos de l’épreuve ici.

La première ouverture de voie en swimrun dans le grand canyon du Verdon

La descente du grand canyon du Verdon du point sublime au lac de St Croix, 25 km dans une eau à 10°.

« Expédition réalisée par des spécialistes de la montagne, de swimrun aventure et d’eau vive, ne pas tenter l’aventure sans encadrement »

Au petit matin quand nous nous sommes réveillés le thermomètre du fourgon de David indiquait 0° C, il y avait du gel sur le pare-brise. A ce moment- là, je n’avais pas trop envie de me mettre à l’eau mais l’enthousiasme de David me gardait motivé pour entreprendre cette traversée de fou.

La vue sur l’entrée des Gorges nous renvoyait un paysage des plus magnifique. Jen nous a préparé de quoi manger avant de partir. Les conditions sont réunies pour accomplir ce genre d’expédition:

  • le niveau de l’eau est bas par manque de pluie, je crois que depuis le mois de mai, il n’a pratiquement pas plu.
  • le ciel est prévu au beau jusqu’à demain
  • les lâchés de barrage sont les mardis et jeudis normalement.

Ma crainte était de s’engager dans des goulets et rester bloqué par des siphons passant sous la roche. Nous avions une sangle de 20 mètres au cas où il aurait fallu reconnaître avant de s’engager. Il fallait rester très vigilant, avec le froid les réflexes étaient un peu amoindris. La mise à l’eau me paru facile car moins froide que l’air. David criait de joie. Jen jouait la photographe depuis le sentier Martel avant de nous rejoindre au 1/3 du parcours pour finir avec nous.

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(crédit photo : Sylvain Scoccia)

Pendant 3 bonnes heures nous descendions à bonne allure. Une petite halte où le soleil faisait son apparition nous a réchauffé un court instant avant de rejoindre Jen au pont de la Malines. Nous en avons profité pour faire une halte, se préparer une soupe bien chaude et un bon café avant de repartir vers l’Imbut, un passage délicat.

Les paysages sont féériques, les couleurs automnales sont éclatantes, du rouge, orange, jaune, vert comme si l’été coloriait sa chaleur sur la végétation. Au-dessus de nos têtes des falaises de plusieurs centaines de mètres sculptées par la force de l’eau nous étourdissaient de beauté.
Le deuxième tiers est encore plus admirable: enfermés dans des couloirs très étroits donnant l’illusion d’être en sécurité. J’imagine quand période de crue cet endroit doit être un enfer. Le froid commence à nous glacer les os, il faut avoir un bon mental à ce moment là, une forme de survie se met en place. Heureusement tout est magnifique, les paysages sont unique, l’eau est d’une pureté vert émeraude.

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(crédit photo : Sylvain Scoccia)

Jen et David, habitués à vivre des aventures engagées, sont solides mentalement et physiquement et c’est très rassurant pour moi. Arrivés à l’Imbut, un moment d’hésitation me saisit avant de rentrer dans ce gouffre froid et sombre.

David, encordé, « se sacrifie » et rentre pour faire une reco. Le courant n’est pas fort, il nous crie au loin dans cette caverne que nous pouvons le suivre. Au fond du gouffre un amoncellement de rondins de bois vont nous permettre de sortir de cette cavité extraordinaire érodée par le passage immémorial de l’eau.

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(crédit photo : Sylvain Scoccia)

Il ne faut pas trop tarder les heures passent et cela serait bien mieux si on peut arriver avant la nuit . La suite est toujours aussi merveilleux, encore une petite halte pour manger afin de reprendre des forces. Il nous reste à finir par 2km de nage. L’appréhension nous gagne après avoir passé près de 9h dans une eau à 10°C.  Subir 1h sur ce final aquatique ne nous enchante pas trop. Nous arrivons au terme de cette descente qui restera gravée dans nos cœurs et mémoires.

Finalement, la dernière nage se fait dans une eau plus chaude de quelques degrés, ce qui va nous permettre de finir dans de meilleures conditions certes très fatigués et heureux d’avoir partagés cet exploit. Nous regagnons la voiture qui se trouve un peu plus haut sur la route et dans la nuit.

Merci à Jen et David d’avoir partagé cette incroyable journée.

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Sylvain Scoccia

https://www.facebook.com/SwimrunAventure/

Swimrun Solina la première merit race OtillO Polonaise

Eric Visentin, frenchy expatrié en Pologne, nous raconte sa folle semaine de swimrun qui l’a vu enchainé les deux premiers swimrun longue distances créés cette année: Goswimrun à Wióry et le Swimrun Poland à Solina. Le récit de course de Goswimrun est paru ici.

Présentons Solina. C’est  aussi un grand lac de retenue, à la forme complexe, multiples méandres, péninsules, et iles. Sa digue est la plus grande de Pologne. Niché dans les premières ondulations des Bieszczady, fragment de la chaine des Carpates et montagnes les plus orientales en Pologne, frontalières avec l’Ukraine et la Slovaquie. La région, touristique mais relativement secrète, est magnifique, avec son folklore local haut en couleur et son architecture en bois. Les Bieszczady, à défaut d’être les plus hautes de Pologne, entretiennent une fascination au niveau national. Mystiques et sauvages, elles abritent ours, lynx, loups, et innombrables légendes de contrebandiers. Solina et son écrin bleu, apportent une touche aquatique un peu inattendue à ce décor de basse montagne fait de prairies, feuillues et résineuse.

Les jours suivants (NDLR, le Goswimrun à Wióry ), la fatigue se fait sentir, plus pesante que le reste du Dimanche. Inquiétude: je suis légèrement enroué, et la gorge pique. Rien de méchant pour l’instant, mais restons prudent. Aucun entrainement jusqu’au prochain swimrun (NDLR, swimrun poland à Solina comptant comme « merit race » pour l’ÖtillÖ), aucune prise de risque. Je profite de ces quelques jours pour méditer sur la question de la combi, qui sera indispensable.

Mes premières recherches s’orientent vers la combi Dare2Tri courte, mais la livraison avant le weekend n’est pas garantie, et sans certitude de choisir la taille adéquate. L’autre option consiste en une combi de swimrun intégrale, qui pourra me servir aussi en triathlon: celle que je possède actuellement ne me satisfait pas car trop petite. Le stand de la marque Head sera présent à Solina avec discount: je commande en ligne le modèle Swimrun Rough. Quelle efficacité aura cette combi en mode nage simple ? Je n’en ai encore aucune idée. Je vous le dirai le 23 septembre lors d’un petit triathlon.

Jacek, mon partenaire pour Swimrun Poland à Solina, a lui aussi fait comme Tomasz, en découpant une vielle combi de tri. Cette fois ci, les rôles sont inversés: autant c’est moi qui avais aidé Sam, autant une grosse galère arrive en perspective, car Jacek, c’est du lourd: il vient de se qualifier aux championnats de 1/2IM en Afrique du Sud en 4:32. Il est lui aussi sous les dix heures en IM, et la natation, c’est son point fort. La troupe présente à Wióry n’a d’ailleurs pas loupé de me chambrer le weekend précédent : « Eric, tu vas faire du ski nautique derrière Jacek ? »

J’ai néanmoins choisi de mettre tous les atouts de mon côté. Outre la combi, je me suis bricolé un système de rectangles découpés dans un vieux matelas de camping, et fixés aux lacets de mes chaussures, à l’image des plaquettes de flottaison de la marque NU. Et depuis Wióry et les entrainements précédents, mes épaules ont à force acquis une tonicité d’enfer. Il y a juste ce satané rhume, qui traine encore, et que tout le monde a par ailleurs attrapé à Wióry…

Jacek et moi partageons transport et hébergement avec deux autres participants de Wrocław, Paweł et Dominik, de l’équipe GTRAT. Nous avons loué un bungalow en bois à proximité du lac. Outre le matériel de sport, quelques bouteilles de liqueur font aussi partie des bagages… Un autre weekend phénoménal s’annonce. Et cette fois ci, il va faire grand soleil !

A cause des bouchons sur l’autoroute, nous arrivons plus tard que prévu sur le lieu de retrait des dossards, 10mn avant la fermeture. Plus stressant encore, je devais retirer la combinaison payée d’avance… Heureusement, les vendeurs de Head m’ont attendu. Nous achevons la soirée sur une pizza, en commentant mon achat certes un peu « aveugle »: n’aurais-je pas un peu trop chaud demain dans cette combi ? L’eau, comme pour Wióry, est au-dessus des normes saisonnières, avec 19°C.

Nous faisons connaissance avec les organisateurs, Kacper et Gabriella. Ensemble, ils animent et dirigent un groupe de course à pied sur Cracovie, Runonline.pl. Ils organisent aussi, et avec un certain succès, des compétitions, dont une par étape en montagne nommée Triada, qui a lieu une fois en été et en hiver. Kacper est un excellent coureur, cela se devine de suite à son gabarit sec et tonique. Il est l’ingénieur technique et sportif de la course. Gabriella, bavarde, dynamique, aussi très charmante, est sans nul doute la tête de proue du projet. Convaincre le maire de Solina, vaincre toute la bureaucratie locale, inscrire l’épreuve dans le circuit « merit race » du championnat ÖtillÖ… le volet marketing et organisationnel lui doit beaucoup.

« Eric, b…, t’est prêt ? On y va, on arrache ! ».

Le départ est prévu à six heures du matin, l’heure du lever de soleil, toutes distances confondues, ce qui donne un parfum d’ultra-running à l’évènement. Outre la distance marathon, il y a la distance sprint, sur 25km, et une distance « first steps » de 10km. Toutes en binôme. Les chasubles, très jolis, sont fait de motifs bleus et blanc; les bonnets jaunes fluo semblent faits comme pour être assortis aux combinaisons. Le compte à rebours a lieu dans la pelouse de l’Hôtel Skalny à Polanczyk, site de l’épreuve. Le départ est donné et nous dévalons la rue principale, qui mène au lac. L’excitation du départ donne lieu à de nombreuses manœuvres telles que dépassements, positionnements, mais toute cette débauche tactique semble soudain superflue lorsque l’entrée dans l’eau se dessine, et que chacun prend son temps.

Jacek, lui est déjà pressé, il a déjà arrangé bonnet, lunettes, sangles, paddles, et se jette dans l’eau sans préambule : « Eric, b…, t’est prêt ? On y va, on arrache ! ». Nous avions fait déjà un entrainement au lac de Mietków il y a quelques semaines, qui n’avait pas été entièrement satisfaisant, car la sangle me gênait beaucoup. Le scénario se répète… Nous avançons en « flux tendu », Jacek, en traction devant, exactement de la même manière dont je tractais Sam il y a une semaine. Dans la précipitation, sans doute aussi à cause du sommeil, je réalise soudain que j’ai tout bonnement oublié de placer le pullbuoy entre les jambes… L’eau de montagne, claire, est translucide, et je vois Jacek devant même sous la surface, ce qui est un avantage. Nous achevons ce premier kilomètre de nage dans le gros du peloton.

« des vapeurs magiques émanent de la surface, baignée dans le soleil levant »

La séquence de course qui s’ensuit est déjà la plus redoutée, c’est celle qui nous fait monter au point culminant, le petit sommet de Jawor, 741m, soit trois cent au-dessus du lac. Nous montons en trottinant, trouvant déjà qu’il fait chaud dans ces combis… La descente s’ensuit, par des sentiers rendus extrêmement boueux à cause de la pluie les jours précédents. Court en jambes, je n’ai jamais été très fort dans les descentes en course à pied. Jacek passe devant, refaisant régulièrement ses chaussures: il a choisi de vielles baskets « ironman » à fermeture velcro… Les 4 portions de nage suivantes sont toutes très courtes, très proches les unes des autres, séparées par des intervalles de course à pieds sur la « plage »: entendez par là la pente pierreuse laissée par le niveau du lac un peu bas. Nous sommes plus en aval dans la retenue d’eau, là où cette dernière reçoit l’apport de quelques rivières. L’eau est sensiblement plus froide, et des vapeurs magiques émanent de la surface, baignée dans le soleil levant. L’un des moments les plus magiques de l’épreuve.

Jacek et moi décidons de faire ces fragments non attachés, en restant proche. Je suis chaud, désormais dans mon rythme de croisière, j’envoie des bouillons dans l’eau avec mes paddles larges. Le pullbuoy est correctement calé, les carrés sur mes chaussures jouent parfaitement leur rôle, mes jambes flottent visiblement plus. La portance ce cette nouvelle combi semble aussi optimale. Je vais presque à l’allure de Jacek, doublant tous les concurrents partis juste avant nous. Mon coéquipier, qui semblait jusqu’à présent un peu exaspéré de ma lenteur en silence, commence à retrouver le sourire: « Ouah Eric ! T’as envoyé ! ». Cela me fait plaisir, même si Jacek a une fâcheuse tendance à ignorer la règle des 10m de séparation…

Une autre jolie portion de course, traversant village et pâturages, nous mène plus loin. Je commence à réaliser que le soleil tape, et qu’avec quatre ravitaillements sur toute la course, ce sera difficile. J’ai heureusement été prévoyant en prenant le départ avec une bouteille de trail vide, attachée à ma ceinture: je la remplis au buffet, et juste avant d’arriver aux nages suivantes, je l’ai presque bue en entier. Deux nouvelles petites portions arrivent: nous nageons vers une ile, « Wyspa Energetyk », et regagnons la berge principale. Il a beaucoup d’algues. Je termine la première en constatant que je me trainais un bouquet de trois mètres de long… Lors de la seconde, rebelote. Mais horreur et consternation en arrivant sur la berge: ma gourde a disparu ! T’inquiètes, dit Jacek, on arrive au prochain buffet…

Quelques collines franchies, et nous redescendons vers Polanczyk, où les touristes sont de plus en plus nombreux. Beaucoup nous encouragent, mais dans leur regard, nous lisons autant d’admiration que de points d’interrogation : « Dites-moi mon brave, c’est quel genre de course que vous faites ?! ». Nous regagnons le site de l’hôtel, point de la mi-course à 23km. Paweł et Dominik, qui ont fait la distance sprint, viennent juste d’arriver, et nous encouragent : « Eh ben les gars… encore une moitié comme ça… bon courage ! ». Du courage, il nous en faudra: cette seconde moitié comporte beaucoup moins de nage, et il commence à faire chaud. Ma combi longue me pèse un peu, et je commence à accuser le coup: Wióry la semaine dernière, je le sens encore dans les jambes, et mon rhume a un peu freiné ma récupération. A vrai dire, je ne suis pas inquiet sur mon tempo: je sais que je finirai l’épreuve. Je suis surtout inquiet pour l’eau. Il y a six kilomètres avant la prochaine portion de nage, 400m. Ensuite, et jusqu’au kilomètre de nage final, il y a presque un semi-marathon entier…

J’ai l’impression de courir comme un sapin de Noel

A l’issue de cette portion de course et des 400m dans l’eau, je décide que le moment est opportun pour me dévêtir le haut, je remets uniquement le chasuble. Mes manches pendent un peu, je fais un nœud. J’ai l’impression de courir comme un sapin de Noel. Mes forces baissent, je bois quelques gels. Toutes les montées, Jacek et moi les faisons désormais en marchant… Le buffet est là, et je bois jusqu’à satiété. Les 400m sont bienvenus pour me rafraichir un peu. La portion suivante fait presque 9km, essentiellement en descendant. Nous sommes en contrebas de la digue, en dessous de laquelle git un autre lac, étroit et tout petit, alimenté par les rejets d’eau du principal. L’eau de celui-ci est à 15°C, nous avions été avertis ! Beaucoup de binômes entrent avec précaution pour éviter un choc thermique. Je remets à la hâte le haut de la combi par-dessus le chasuble, et me jette dans l’eau avec Jacek. La fraicheur est une bonne motivation pour en finir vite ! Une fois de plus, la portion de nage est rapidement négociée, avec les félicitations de Jacek. S’ensuit une longue montée par des escaliers et sentiers abrupts, qui semble aussi jouer en notre faveur: les binômes dépassés sont distancés, et nous en rattrapons un nouveau: nous sommes désormais septièmes au classement général !

Les quelques équipes dépassées, comme irritées par notre opportunisme, semblent se regrouper comme pour s’entendre, et forment un peloton à notre poursuite. Le sentier parcourt une crête en dos d’ânes. Jacek les descend vite, ce qui m’oblige à forcer le tempo pour le rattraper. Cette portion est longue et usante. Les poursuivants semblent relégués de plus en plus loin. Nous constatons sur la droite que nous sommes à nouveau en surplomb du lac principal de Solina. Nous traversons une carrière de pierres, qui amorce la descente. Dernier ravitaillement. Je croyais que nous n’étions plus trop loin du lac, mais quelques kilomètres sur asphalte nous en séparent encore… le temps passe de plus en plus lentement. Jacek comme moi marchons désormais à chaque moindre ressaut. Nous parvenons néanmoins à rejoindre un nouveau binôme Suédois-Polonais avec qui nous bavardons brièvement.

Port-Solina arrive enfin, avec le kilomètre de nage final. Le vent contre souffle fort, il y a de la houle, cela ne va pas être facile. Je dois réenfiler ma combi, ce qui agace Jacek, qui vit visiblement la couse à fond. « Magne toi, ils arrivent tous ! ». En effet, les polono-suédois, et le binôme doublé dans la montée, ont anticipé la transition et sont déjà prêts à se jeter à l’eau… La bataille finale commence. De la bataille, à vrai dire, je n’en verrai pas grand-chose, à cause de la houle; c’est Jacek qui me la racontera par la suite, car il a eu le temps d’observer. Nous avons malheureusement été dépassés par ces deux équipes, mais en avons rattrapé une. Tout cela malgré les crampes qui ont soudainement tétanisé mes jambes à mi-parcours, au point que le bateau de police vienne à ma rencontre pour demander si tout allait. Arrivée sur la berge douloureuse, je suis incapable de courir. Jacek attache la sangle et me tracte. Nous trottinons toute la rue principale de Polanczyk qui nous ramène à l’arrivée. Sept heures trente de course ! Je n’ai pas vu le temps passer. Nous sommes septièmes au général, sixièmes dans la catégorie homme.

« Wióry et Solina actent la naissance du Swimrun en Pologne »

Paweł et Dominik nous attendent à l’arrivé, Kacper et Gabriella remettent les médailles et t-shirt finisher. Les médailles s’assemblent, tels des dominos, formant une poignée de mains qui s’entre-aident, idée originale. Le binôme qui arrive après nous n’est personne d’autre que Jędrek et son fidèle compère Rafał. Un peu avant nous, Marek et Dominka, Bartek, Joanna, tous ces gens qui ont testé l’édition zéro en 2016, cette grappe de passionnés, qui comme moi n’ont pas hésité à faire Wióry et Solina l’un après l’autre. La joie est lisible sur tous les visages, les photos de groupe s’enchainent. Plus qu’avoir fini une épreuve, le sentiment qui prédomine est d’avoir bâti quelque chose, d’avoir chacun posé une pierre à cet édifice inédit. Wióry et Solina actent la naissance du Swimrun en Pologne.

Le repas est offert, nous nous changeons, allons piquer un petit somme au bungalow, et revenons pour la cérémonie de remise des prix. S’ensuit une after-party, ou les bières, elles aussi offertes, s’accumulent aussi rapidement que les heures passées autour du lac de Solina. Les sujets de conversation ne manquent pas. La piste de danse est illuminée, mais curieusement peu de finishers dansent… Le lendemain matin, le déjeuner est lui aussi offert. A l’occasion, des photos de la course sont présentées par diaporama, ce sont celles présentes plus tard sur les réseaux sociaux. Je ne me souviens pas d’une épreuve proposant autant d’hospitalité aux compétiteurs. Nous terminons la journée par la visite du barrage, un lieu touristique, et une halte sur la route au centre historique de Tarnów.

Beaucoup d’épreuves sportives de masse, de manière générale, ont toujours lieu en Pologne. Il y a fort à parier que le swimrun suivra la tendance. Solina et Wióry auront lieu à nouveau, c’est une certitude, mais cette fois-ci a deux semaines d’intervalle (01/9/2018 et 15/09/218). Au moins une autre épreuve majeure viendra s’ajouter au printemps (28/5) à Stężyca, près de Gdańsk. Elle est déjà cochée sur mon calendrier! Sumin et Bydgoszcz, les deux épreuves en format mini qui ont eu lieu plus tôt, risquent de prendre du poil de la bête et présenter un parcours plus long et attrayant.

Ainsi se termine la « semaine swimrun », riche en émotions, enseignements, nouvelles connaissances et amitiés.  Rendez-vous en 2018 !

Eric Visentin

http://swimrunpoland.com/

Pologne nouvelle nation de Swimrun ?

Ma « carrière » de sportif a bel et bien débuté dans mon pays d’expatriation. En Pologne depuis une décennie, je pratique le VTT, la course à pieds et le triathlon depuis quelques années; j’ai ma « life » et mes potes désormais ici, dans le microcosme sportif de la ville de Wrocław. Ma rencontre avec le Swimrun se fit sur Youtube au hasard de déambulations, regardant des vidéos de triathlon, début 2016, et ou le fil conducteur me mena par hasard a un swimrun Xterra du Danemark….

« Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?! »

Je « googlais » aussitôt et en appris davantage, tout en visionnant de nouvelles vidéos de swimruns, en Scandinavie et ailleurs…Le concept m’avait tapé dans l’œil. Je mis la main aussi sur ce qui était à l’époque le calendrier international, encore restreint, de ce type d’épreuve. Pologne ? Néant. France ? Quasi néant. Le plus proche ? Rheinsberg, au Nord de Berlin. Curiosité aidant, et cherchant un bon plan pour un long weekend de Juillet avec ma femme et mon fils, c’est ainsi que je pris part à mon premier swimrun l’an passé, sur distance sprint, de manière un peu « anticipée sur mon temps ». L’épreuve me plut énormément.

Cherchant toujours sue internet de manière de plus en plus ciblée, je découvrais que malgré la méconnaissance totale de ce sport en Pologne, un petit groupe de personnes y avait déjà participé comme moi, à l’étranger. Un groupe Facebook vit le jour, « Swimrun Polska« . Fin 2016, j’eus le privilège d’apprendre qu’un swimrun Polonais était en préparation à Solina, et que j’étais invité à une « édition zéro », expérimentale. A laquelle, hélas, je ne pus prendre part, ne l’apprenant que sur le tard, et aussi la distance…

2017 marqua la vraie éclosion de ce sport en Pologne, avec non moins de 4 épreuves, deux petites a Sumin et Bydgoszcz, et deux sur longue distance, à Wióry dans les monts Świętokrzyskie, l’autre étant l’épreuve reine promise à Solina. Ayant avant même sa première édition, acquis le statut de  » ÖtillÖ merit race », c’est à dire course qualificative pour le championnat près de Stockholm !

Malheureusement, pour des aléas calendaires malchanceux (saison de la pêche à Wióry au printemps), il s’avéra que ces deux épreuves avaient lieu presque au même moment, à 6 jours d’intervalle. Je me dis au départ que je ne pourrais tout faire à la fois et que puisqu’il faudrait choisir, ce serait Solina, car j’en rêvais, et qu’un coéquipier était déjà trouvé.  Je changeai mes plans lorsque Jędrek, organisateur du « Goswimrun » à Wióry et l’un des swimrunners Polonais les plus expérimentés (Rockman, Hvar, 1000 lakes) me proposa une invitation gratuite.

Deux swimruns sur longue distance à six jours d’intervalle… Cela sentait le défi, mais j’aime les défis ! Je me mis à la recherche d’un partenaire pour Wióry, et je le trouvai en la personne de Sam, un Belge francophone habitant à Nysa et pratiquant lui aussi le triathlon, rencontré il y a deux ans au hasard d’une course; on a depuis gardé contact et nous voyons régulièrement lors d’épreuves diverses. Ayant des niveaux similaires en course et nage, l’occasion était trop belle pour ne pas représenter la francophonie au premier swimrun Polonais, et mettre notre amitié à la rude épreuve de ce sport exigeant, et a vrai dire inconnu.

Jędrek, qui a été par le passé présentateur télé, désormais auteur d’un blog « Od grubasa do ultrasa » (« D’obese à ultra »), plusieurs triathlons extrêmes et courses trail à son actif, est un personnage haut en couleur et charismatique, qui fait connaissance avec tout le monde. Comme le monde est petit, il a fait connaissance avec le président de notre club de triathlon, le « Triathlon Mietków Team » (TMT), lui a parlé de son projet, et l’a convaincu de participer. Chose que j’avais moi-même tenté moi en vain auparavant : « Quoi ? Swimrun ? Kezako ? Tu sais, je ne suis pas fan des courses d’obstacles, survival races et tous ces trucs…  » Mieux encore il entraina dans son sillage, une dizaine d’autres participants de TMT ! Le ton était donné.

Ainsi, voilà Tomasz, Wojtek, Ernest, Marcin, Andrzej, Tomek, Dagmara, Alicia, Sam et moi sur la route de Wióry le Samedi 2 Septembre. Wióry est un lac artificiel dans la région des « Monts Świętokrzyskie », région vallonnée faites de montagnes anciennes et peu élevées, et très rurale. Kielce, ville d’origine de Jędrek, est la plus proche agglomération.

Il a fait très chaud durant tout le mois d’Aout, et jusqu’à Vendredi il y avait canicule. Ce samedi, le ciel est bas, un vent frisquet souffle. Nous arrivons au site de l’épreuve, une rive herbeuse du lac à proximité de la digue; tentes et bannières bariolées sont sans ambiguïté, une épreuve outdoor a bien lieu ici ! Sam et moi retrouvons le reste de la troupe, et retirons notre paquet d’inscription, qui contient bonnet, badge électronique, et divers gadgets et pubs.

« Malgré tout, Sam et moi décidons de prendre le départ en simple tenue de triathlon »

Lors du briefing, nous apprenons une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que grâce à la canicule des jours précédents, l’eau est à 20’C, un niveau bien au-dessus des prévisions. La mauvaise, c’est qu’il va pleuvoir tout le Dimanche… Qu’importe, après tout le swimrun c’est fait pour être mouillé ! Nous faisons connaissances avec d’autres participants étrangers venus du « Varsovie International Triathlon Club », le WITC, respectivement un Allemand, une Danoise, un Japonais et un Russe.

Il y a un stand de location/achat de combis Dare2Tri. Je ne suis pas certain de vouloir en acheter une, n’ayant pas l’intention du moins à court terme de participer à des épreuves nordiques. 20’C, c’est pas la mort. J’ai pris une vieille combi courte de windsurfing, au cas où. Malgré tout, Sam et moi décidons de prendre le départ en simple tenue de triathlon. Avec un haut à manches longues en plus pour moi. Pied de nez amusant face à tous les Polonais de TMT qui, craintifs, ont tous choisi de louer ! Ou, comme Tomasz, raccourci une combi de nage usagée. Ce dernier a également enfilé des chaussettes de foot avec des mousses d’isolation pour tuyauterie. Le swimrun, c’est aussi les joies du bricolage en partant dans l’inconnu…

La soirée, dans un gite agrotouristique à proximité, est très festive et animée, comme on peut l’imaginer, regorgeant d’anecdotes sur le passé, mais aussi celles qui seront sans nul doute à venir dès le lendemain !

A 8h, le départ est donné, toutes distances confondues: il y a trois catégories: longues distance (33km dont 5.5 en nage sur 10 segments), une distance sprint d’environ la moitié; cette dernière est déclinée soit en binôme soit en solo, pour la découverte. Deux de nos équipes partent sur le mini, dont la féminine. Les bonnets sont respectivement jaunes, oranges et blancs. Les chasubles arborent le logo de Goswimrun sur fond orange.

Cette foule hétéroclite, première de la sorte en Pologne, dévale la route sous les acclamations, avant de se séparer déjà, suivant la distance, dans deux directions distinctes. Nous, les longues distances, nous dirigeons vers une colline ou le plus haut point de la course se situe déjà. Tous se plaignent déjà d’étouffer de chaleur dans la combi… Excepté Sam et moi…

La descente arrive, et apparaît le lac. Moment fatidique ! Tout le monde prend le temps d’entrer dans l’eau, non sans quelques appréhensions. Il y a un kilomètre entier devant. Mais les sensations sont bonnes, l’eau est tiède. Sam et moi commençons à nager, encordés, mais mon binôme, qui teste pour la première fois la nage en chaussures et plaquettes, rencontre quelques difficultés; je suis visiblement plus à l’aise que lui, et j’assure la navigation devant. Le drapeau blanc rive opposée arrive enfin ; cet épisode de nage a clairement joué en notre défaveur, beaucoup d’équipes nous sont passées devant, mais nous nous refaisons en course à pied. Autre désarroi, je constate que les poches dans mon dos ne sont pas le meilleur endroit pour stocker mes gels, qui se sont éparpillés partout dans ma tenue…

La course à pied de ce Goswimrun est hardcore. Non seulement vallonnée, elle nous fait passer dans des endroits boueux, broussailleux, rocailleux, au milieu des roseaux… fort heureusement le balisage est irréprochable. Nous en profitons pour parler un peu de la nage; Sam me dit que la sangle l’a un peu gêné. Lors des trois sections de nage suivantes, relativement courtes, nous décidons de ne pas nous attacher, en restant à la distance règlementaire. Sam me parait crispé, je lui dis d’allonger le mouvement; visiblement, ce n’est pas son style de crawl; nager en puissance avec les plaquettes ne semble pas à son avantage.

La course à pied, qui nous fait traverser des champs, des haies, des ressauts impromptus, nous mène à l’extrémité Sud-Est du lac. Il y a là, lors du cinquième fragment de nage, un nouveau kilomètre à franchir. L’eau est plus froide, car nous sommes à l’embouchure de l’une des deux rivières qui alimentent le lac. Nous démarrons correctement, mais je sens Sam à la peine vers la mi-distance. Encordés, je passe devant, et essaie de faire traction. A la sortie du lac, je commençais à me dire que l’eau n’était quand même pas si chaude, et qu’en y sortant, sous la pluie, on a carrément froid. Sam me dit la même chose et nous commençons vite à courir pour nous réchauffer.

« You don’t look very OK, you know… »

Hélas, la sixième nage arrive rapidement; elle est moins longue mais pas courte non plus, avec 400m. Nouvel épisode laborieux. Nous sortons de l’eau un peu plus transis que le précédent. Horreur, la septième nage arrive immédiatement après, sans que nous ayons eu suffisamment de temps pour réchauffer le moteur… Episode sans aucun doute le plus difficile, et ou la solidarité du binôme en swimrun prend toute sa dimension. Sam ressort de l’eau complètement transi, grelottant. J’ai moi aussi un peu souffert du froid, mais pas autant que lui.

Le bénévole aiguillant les participants jette un œil désapprobateur : « You don’t look very OK, you know… » Il n’y a de toute manière pas grand-chose d’autre à faire : « Cours, Sam, cours, fais quelque chose, ne reste pas sans bouger ! » Nous repartons sur un trot saccadé, Sam ne dit aucun mot, la parole sans doute aussi tétanisée que les jambes.

Heureusement, la portion de course suivante est longue, ce qui nous permet de retrouver des couleurs. Sam me dit qu’il ne va pas renoncer. Je lui propose d’enfiler mon haut à manches longues, ce qu’il refuse. De vrais guerriers ces Belges ! Cette portion de course est en boucle, et nous croisons en sens opposé ceux qui sont après nous, dont Tomek et Ernest, qui se sont égarés une fois et perdu un peu de temps.

La neuvième nage est anecdotique, mais la toute dernière était redoutée, car elle alignait un nouveau kilomètre. « Tu vas y arriver Sam ? » « C’est la fin, je vais pas me dégonfler maintenant ! ». Le temps ne passe pas vite mais la sortie de l’eau rêvée arrive enfin. Plus proche de la retenue, heureusement, l’eau était moins froide. Nous courons les derniers kilomètres et rallions la ligne d’arrivée, sous les acclamations des supporters, et participants de la distance sprint, déjà chaudement rhabillés.

Sam et moi sommes dixièmes sur 13, ce n’est pas forcément un résultat de rêve, mais la satisfaction est là au vu des difficultés rencontrées. Tous sont stupéfaits de notre tour de force d’avoir fait la distance longue sans combi… Tomasz, qui a fini troisième avec Wojtek (très fort duo, chacun 10h sur IM !), me chambre un peu « Eric, alors, tu vas faire Solina la semaine prochaine aussi sans combi ? » La question est pertinente, car « Swimrun Poland », qui a lieu dans six jours, est dans une région encore davantage montagneuse…

Ainsi se termine Goswimrun, sur la cérémonie de clôture, fort sympathique. Avec les prix sont également distribués des bières locales, ainsi que des bouteilles d’un vignoble à proximité, chose suffisamment rare en Pologne pour être soulignée. De l’avis de tous, Jędrek a fait du travail de pro. Seule la météo n’a pas voulu !

Les jours suivants, la fatigue se fait sentir, plus pesante que le reste du Dimanche. Inquiétude: je suis légèrement enroué, et la gorge pique. Rien de méchant pour l’instant, mais restons prudent. Aucun entrainement jusqu’au prochain swimrun, aucune prise de risque. Je profite de ces quelques jours pour méditer sur la question de la combi, qui sera indispensable.

Eric Visentin

crédit photo : Piotr Dymus / Eric Visentin

La suite de l’aventure polonaise continue pour Eric avec le Swimrun de Solina une semaine après (récit à venir)

http://www.goswimrun.pl/

Korrigeri, le swimrun surf à Biarritz

KorrigeriBiarritz dans le pays Basque Français et bien connu comme spot de surf, accueillait grâce au Biarritz Olympique Triathlon son premier swimrun le 3 septembreAlban Chouquet nous fait partager sa course et ses impressions pour une épreuve qui devrait devenir un classique du calendrier.

Après avoir goûté à mon premier swimrun à Cadaques en 2016, j’ai enchaîné avec plusieurs formats en changeant régulièrement de binôme : la courte de la Costa Brava en Avril, le Swimrun de l’archipel à Agde en Mai, la longue de la côte Vermeille en Juin, le Swimrun du lac Chambon en Juillet… Je cherchais une course pour « occuper » mon mois de septembre quand je suis tombé sur la page FB du Korrigeri. J’ai proposé à Olivier Hansen de m’accompagner et nous nous sommes inscrits sous le nom « les Bitterois ».

Je suis arrivé à Biarritz le vendredi soir avec ma petite famille. Le samedi matin, les conditions de houle étant sympas, je me suis mis à l’eau à la plage centrale pour faire un petit peu de bodysurf et prendre ainsi la température pour le dimanche matin.

Samedi 19h
Je retrouve Olivier pour le retrait des dossards au niveau du phare de Biarritz. Excellent accueil des organisateurs avec qui nous discutons un peu de la course. Le sac qui nous est remis comprend entre autres une paire de lunettes du partenaire de la course, du pâté basque et 2 tickets pour un Talo (sandwich basque) à l’arrivée, de quoi nous régaler. A 30€ l’inscription par personne, c’est le top.

150 équipes partantes, la température de l’eau  à 20-21°C

21231893_1964117033874340_3434872637895022728_n bDimanche 7h
Il fait encore sombre quand nous arrivons sur la plage de départ (Miramar) avec 2 binômes d’amis mais nous pouvons apercevoir une petite houle (0,90m) propre et espacée. Le temps de discuter et de s’équiper tranquillement, les autres binômes arrivent au fur et à mesure et nous déposons nos affaires sèches à la consigne.

7h45
Petit briefing d’avant course. Nous serons près de 150 équipes partantes, la température de l’eau est annoncée à 20-21°C et les conditions météo plus clémentes prévues.  Nous commencerons par une section de natation de 740m de natation, la longe est autorisée dès le départ (en tout cas pas interdite). Nous enchaînerons 4 sections de natation et 4 sections de course à pied avec la troisième de 10.4Km. A chaque section de natation, il faudra contourner une première bouée de couleur rouge puis une de couleur noire et blanche. Il y aura une barrière horaire sur le parcours qui a été fixé à 10h15 à la fin de la 6ème section. Les binômes qui passeront après 10h15, seront invités à rejoindre la ligne d’arrivée pour des questions de sécurité et de marée. Le mot d’ordre reste de se faire plaisir avant tout et l’ambiance est plutôt conviviale.

swimrun 87h55
Malgré le portique installé, la tension monte et tous les concurrents s’étalent de part et d’autres de la ligne de départ afin de rester en première ligne. Avec Olivier nous faisons le choix d’abandonner au dernier moment la longe que nous avions prévue, de crainte d’être gênés lors du franchissement des vagues et des sorties d’eau.

8h Départ / Section Natation n°1 (740m)
Le départ est donné, c’est parti pour 740m de natation. Après une vingtaine de mètres de sprint sur le sable, arrive la mise à l’eau. Je jette un coup d’œil à Olivier, qui m’avait confié ne pas être très à l’aise dans les vagues, mais il s’en sort très bien. Après quelques dolphins pour passer le shorebreak et les premières vagues nous voici partis. Très vite le peloton s’étire et 3-4 binômes font l’écart en tête, nous restons derrière avec une dizaine d’autres binômes. Le repérage n’est pas toujours facile à cause de la houle mais nous finissons par trouver les 2 bouées. Le retour sur la plage est sympa, je prends deux petites vagues en surf pour m’aider un peu, je peux bientôt poser les pieds au sol. Il reste alors une dizaine de mètres à faire dans le shore break. J’arrive sur la plage, Olivier est derrière moi. Nous attaquons alors la première section de course à pieds.

swimrun 1Section CAP n°1 (1,9km)
La section commence par une partie dans le sable de 200m pour rejoindre la digue de la grande plage puis nous montons par la route jusqu’à Bellevue (qui porte magnifiquement bien son nom) où on nous annonce à la 10ème place, puis nous longeons le port des pêcheurs, passons à côté du musée de la mer avant de redescendre vers la plage de port Vieux. Là, nous descendons quelques escaliers avant d’attaquer quelques dizaines de mètres sur du sable sec. Puis nous nous mettons à l’eau.

Section Natation n°2 (900m)
La mise à l’eau est beaucoup plus calme car la plage est enclavée. Nous gardons le contact avec les 3-4 équipes qui sont devant nous. Nous passons la bouée rouge sans encombre, je jette un coup d’œil derrière et je vois que quelques binômes reviennent sur nous. La deuxième bouée (blanche/noire) est encore un peu dure à trouver. Un petit coup d’œil sur la plage pour prendre le cap vers les flammes matérialisant la sortie d’eau et c’est reparti. Le retour vers la plage est plus animé avec le retour de la houle et des vagues, plusieurs binômes nous reprennent… quelques surfs et nous retrouvons le sol ferm.

Section CAP n°2 (1,7km)
Nous passons entre les flammes, un petit coucou au fiston et à ma femme venus nous encourager et nous abordons la deuxième course à pied qui se fait sur la plage de la Côte des Basques. La majeure partie se fait sur le sable mais heureusement celui-ci est bien tassé. Nous reprenons quelques équipes, passons à côté de la zone d’arrivée avant de nous remettre à l’eau sur la plage de la Milady.

swimrun 7Section Natation n°3 (500m)
Comme à la première mise à l’eau, il faut passer quelques vagues avant de pouvoir commencer à nager. Quelques regards de temps en temps devant pour trouver les bouées et c’est le retour vers la plage. Les vagues sont de mieux en mieux formées, je jette un coup d’œil derrière personne … mais dans la vague suivante 6 swimrunners arrivent en même temps dont Oliver. Nous posons les pieds au sol, fin prêts à attaquer la 3ème section de course à pieds.

swimrun 4Section CAP n°3 (10,4Km)
Nous passons entre les flammes sur la plage puis montons une série d’escaliers pour rejoindre la route puis un petit chemin pavé vers le musée de l’Océan. Le premier ravitaillement est quelques centaines de mètres après le musée. Nous nous arrêtons quelques secondes, 2 verres d’eau – un abricot et nous revoilà partis. La route descend en longeant le centre équestre vers le lac Mouriscot. Nous avons quelques binômes en ligne de mire, le parcours commence avec une montée bitumée puis une descente sèche qui part sur la gauche et qui nous permets de rejoindre le bord du lac. Nous enchaînons ensuite avec une succession de montées et descentes en sous bois, 1 ou 2 petits « coups de cul » mais rien de très technique. Olivier est en forme, je sens qu’il en a sous le pied mais malheureusement pour ma part je ressens le manque d’entraînement de ces deux dernières semaines. Nous restons malgré tout au contact. La boucle autour du lac et du centre équestre est terminée, elle nous a paru plus courte que ce qu’on pensait, on réattaque la montée avant le deuxième ravitaillement. Nous croisons quelques équipes en route, quelques messages d’encouragement de part et d’autres… puis nous attaquons une partie sur route. Nous remontons vers le centre ville par la rue de Madrid, ça grimpe, les jambes commencent à tirer un peu mais Olivier ne lâche rien et me lance quelques pensées positives. Nous bifurquons sur la gauche pour rattraper l’avenue Beau Rivage où je croise à nouveau ma femme et mon fils qui nous annoncent 11èmes. Quelques centaines de mètres après nous attaquons une descente en lacets bitumées vers la plage de la côte des Basques, lieu de notre dernière mise à l’eau. En bas du sentier, nous passons à côté de la zone d’arrivée, pas mal d’encouragements de la part des promeneurs et des organisateurs. Nous descendons sur la plage, effectuons une cinquantaine de mètres sur le sable avant de nous remettre à l’eau.

swimrun 12Section Natation n°4 (900m)
Cette section est la même que la deuxième mais en sens inverse. La bouée rouge est en ligne de mire, nous effectuons quelques dolphins pour nous lancer. Les bras commencent à être un peu raides, certainement à cause de la course à pieds où j’ai manqué un peu de relâchement. J’ai l’impression de faire du sur-place pendant les 200 premiers mètres de cette section mais je vois que l’on rattrape les équipes devant nous. Olivier est au contact, on ne lâche rien jusqu’à la sortie de l’eau.

Section CAP n°4 (2,1km)
Malheureusement le sable de la plage de port vieux puis la succession d’escaliers pour remonter aura permis aux équipes devant de refaire l’écart. Cette section, nous fait monter autour de l’aquarium de Biarritz à travers un petit parc avant de nous faire redescendre vers le port des pêcheurs pour nous faire remonter enfin vers l’esplanade du port vieux, le moins qu’on puisse dire c’est que c’est bien casse pattes. On nous remets un collier qui justifie que nous sommes passées avant la barrière horaire.
Nous avons en ligne de mire un binôme sur les 400 derniers mètres que nous ne rattraperons pas avant l’arrivée.

swimrun 2Nous terminons ce swimrun à la 11ème place en 2h09, le sourire aux lèvres d’avoir fait notre premier swimrun ensemble et d’avoir participé à cette magnifique première édition.

 

Bilan, pour une première édition, je trouve que la course était superbes. Nous nous sommes régalés, le cadre était magnifique (la vue sur les Pyrénées en sortant de l’eau, c’est le top). La petite houle est venue pimentée les entrées et sorties d’eau. Le parcours était plutôt roulant, on pourrait juste regretter de ne pas avoir eu un peu plus de parties typées trail (je ne sais pas si c’est envisageable). Le balisage et la sécurité était au top avec des jets-ski et/ou des Kayaks à quasiment chaque section de natation.

S’il y avait des choses à améliorer, je dirais :

  • Des bouées plus grosses, style bouées gonflables et facilement identifiables.
  • Un ravitaillement après la deuxième sortie d’eau
  • Un peu plus de course type trail autour du lac