Swimrun Gravity Race Annecy 2016

Nicolas Bouillaud et Rémi Grauliere alias ‘Nicolasbertrandbio’ reviennent sur leur participation à la Gravity Race swimrun à Annecy

Un swimrun pour le fun et pour les piliers.

À quelques semaines du franchissement de la ligne d’arrivée, le genou moins douloureux et la fatigue moins présente je prends un peu de temps pour vous conter un peu cette belle expérience. Il y a quelques mois je ne savais pas ou peu nager, il y a quelques années courir plus d’une heure me semblait non seulement idiot mais aussi impossible pour moi.

Puis il y a eu les trails, les raids, le marathon, les triathlons (découverte, sprint, distance olympique 🙂 Puis un jour, comme beaucoup de personnes qui se sont lancées dans ce nouveau sport, on me fait découvrir le swimrun via le très beau reportage d’intérieur sport sur l’ÖtillÖ (d’île en île) la course référence du swimrun (NDLR, championnat du monde de swimrun située dans l’archipel de Stockholm, Suède)

2016 arrive…

Et puis il y a eu la vie en marge du sport et cette année pleine de douleur qui ne fait que te montrer qu’il faut vivre et profiter parce que l’on a la chance de pouvoir le faire… oui pleine de douleur avec la perte des piliers et la souffrance du vide laissé par eux.

Il y a eu cette 40ème année où à côté de ce vide il y a la famille, les ami(e), les collègues qui te montrent que grâce en partie aux piliers tu es magnifiquement entouré.
Pour cette 40ème année, après le triathlon, ce nouveau défi pour la fin de l’année qui arrive via Tic et Tac (le plus beau couple sportif que je connaisse à ce jour je crois) la Gravity Race. Pour le relever ce défi je remonte le cousin à bloc (le pauvre ne se doute certainement pas à quel point il va le regretter).

L’affaire est lancée je nous inscris (liste d’attente dans un premier temps puis très vite avec un peu de négociation nous sommes sur les listes). Très vite les questions fusent c’est quoi en fait ce sport où tu cours en combinaison et où tu nages avec tes chaussures de trail!!!

Le matériel

Comment fait-on pour s’équiper ? On les perce les shoes ou pas, on met des chaussettes néoprène ou des chaussettes de compression classiques? le pull buoy on l’attache comment, et nous on s’attache ou pas pour nager? Et on va manger quoi pendant 39km dont presque 6 de natation? et j’en passe d’autres…

Ndlr: nous avons une page swimrun France dédiée à l’équipement avec tous les tests de matériels effectués chaque année depuis 2017

Et bien sûr à tout ça il faut ajouter la vie pro, la vie perso etc…

Je me lance sur le site “sponsorise me” et je vous enquiquine (n’empêche que vous m’avez bien aidé et que grâce à vous j’ai pu m’équiper presque comme un pro)

Et puis je lance des mails partout je négocie du matos à 50% avec Oxsitis. Decathlon Saint lo nous équipe de la tête aux pieds. Caro s’occupe de nous trouver le logement idéal au bord du lac d’Annecy (un grand bravo à Caro qui nous a suivi tout le week-end)

La logistique

De mon côté la veille du jour J je prend la C1 direction Caen avec mon sac plein de matos (dont les 6m d’élastique achetés chez brico dépôt) puis le train direction Paris puis Lyon puis Bla Bla car jusqu’à Annecy pour retrouver le cousin et la cousine.

Check du soir, préparation de la longueur de la corde avec simulation de nage sur le tapis du salon, grignotage des pâtes et dodo.

La course

Jour J petit déj cream sport d’Oxsitis et départ dans la nuit pour la récupération des dossards retrouvailles de Tic et Tac, briefing d’avant course où je ne comprends rien (grosse confiance dans le cousin qui connaît bien les lieux et qui sera devant toute la course de toute façon :-).

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Le départ approche un dernier check avec le cousin et on va à l’eau (fraîche l’eau 🙂 et paf c’est le départ on laisse pas mal d’équipes partir devant et on part sur le côté comme des bons débutants sur les triathlons (photographiés par Akuna l’un des grands ambassadeurs du swimrun). Mais finalement on se débrouille pas si mal et on se retrouve rapidement dans le paquet.

L’élastique qui me faisait peur est top, pas de questions à de poser, tu suis la direction de l’élastique qui est juste sous ton nez et étonnamment ce n’est pas du tout gênant pour nager. Bon on a déconné sur la longueur et il est sans doute trop long du coup je bataille un peu derrière quand des concurrents passent entre nous deux et passent sur l’élastique (quelques coups involontaires de plaquettes partent de part et d’autres mais on n’a pas le temps de s’excuser 🙂

Sortie de l’eau pas si mal placés, je pense qu’il y a encore du monde dans l’eau …décrochage de l’élastique rangement dans la poche de la ceinture Oxsitis on prend notre temps et on fait comme si on s’était déjà entraîné ensemble et que nous étions rodés… mais en fait non nous venons de nager ensemble en mode swimrun pour la première fois et on est bien ce qui est rassurant.

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On part pour la première portion de course à pied, comme je le pensais je vais devoir ralentir le cousin qui a beaucoup de marge par rapport à moi et le dénivelé arrive très vite. Le cousin m’avait prévenu “on va monter là haut” ah bah oui on monte oui et j’aurais l’impression que cela montera toute la journée et les descentes me feront aussi mal que les montées 🙂

Un parcours très technique (pas bon pour mes genoux esquintés et qui sont douloureux depuis 20 ans certes mais surtout depuis le triathlon de Cherbourg). Bon ça passe quand même et comme presque toute la journée je suis content de retrouver l’eau fraîche qui me remet les genoux à température et en même temps Caro qui sera là tout le long de la course 🙂

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Ma mémoire me fait défaut donc la suite ne sera faite que de quelques anecdotes… le cousin qui aura eu la tchatche toute la journée.
Les 3 sur 10 qui passent d’un coup à 8 sur 10 (notre échelle de douleur pour savoir où on en était). Le cousin qui me dit t’inquiètes dans 20min tu n’auras plus mal là… c’est un peu vrai j’aurai un peu plus mal ailleurs (mais en fait j’aurai encore mal là cousin :-), le saut du ponton avec les ballons (PS: toi petite bénévole qui nous a pris en photo avec ton smartphone nous serions ravis de la récupérer)..

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La perte d’une poche de la ceinture dans l’eau et le petit retour en arrière pour la récupérer, les manches de la combi qui descendent, ce pu…ain de ballon qui s’entrave dans mes bras et qui m’empêche de nager.

Le cousin qui me dit “si t’étais Caro je te pourrirais mais avec toi je sais que cela ne fera rien alors je dis rien… ” punaise le pauvre c’est vrai que je me traîne… Je n’ai qu’un objectif la barrière horaire. Et quelle bonne surprise quand à la barrière horaire TIC et TAC arrivent juste derrière nous 🙂 On aura la chance de faire toute la fin de course en se suivant de près.

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La fin de la traversée totale du lac avec une sortie de l’eau transi de froid et grelottant n’arrivant pas trop à tenir le gobelet de thé et voyant dans le regard de Caro quelque chose qui veut peut être dire “oh punaise ils sont bien un peu tarés de se mettre dans des états comme ça!!!”

Les petites côtes de la fin qui finissent sérieusement par me saouler (il n’y a pas un mec qui a dit tout à l’heure qu’il n’y avait plus de côte d’ailleurs!!!). La dernière natation sera terrible, nous sommes à l’ombre, l’eau est de plus en plus froide , le vent s’est levé et il y a des vagues, le balisage est néant et le cousin est obligé de s’arrêter régulièrement et franchement je n’aime pas ça (cela me donne froid et j’ai l’impression de ne pas flotter) en fait sur cette dernière natation il faudra puiser mentalement (franchement j’ai peur, pas de bateau de secours, je nous trouve trop loin du bord et je n’en vois pas la fin)…

On arrive à un ponton avec du monde et là je crois que c’est la fin… aaaaahhhhhhh non ce n’est pas fini… allez on pense à tous ceux qui nous ont suivis et on continue… on sort de l’eau et là je suis dans le dur 🙂 le cousin de retourne et je crois que je fais un peu peur mais bon c’est fini une dernière petite portion de course sur du plat et on va franchir la ligne et cerise sur le gâteau Tic et Tac nous rejoignent et on termine ensemble sous une super haie d’honneur (merci aux bénévoles).
Plus de 10h de course/randonnées ou je ne sais pas quoi … ah si du swimrun et un peu de swimwalk, au milieu de paysages magnifiques.

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Voilà le swimrun c’est fait et je ne suis même pas dégoûté 🙂 bien au contraire.

Merci beaucoup cousin je ne suis pas sûr que tu voudras en refaire un avec moi mais en tout cas je suis content de l’avoir fait avec toi (les piliers étaient bien là!)
Merci à vous les amis, la famille, les collègues d’être là, ce que nous avons fait n’a rien d’exceptionnel seule notre façon de le vivre est exceptionnel et grâce à vous je le vis pleinement.

Force et honneur et continuons de sourire à la vie quoi qu’il arrive!

Nicolas Bertrandbio

retrouvez également le compte rendu de course de Mickaël Barbé sur cette même Gravity Race 2016