Hellas Frostbite: un swimrun venu du froid

15267562_1201787573248420_120553912786912224_nLe Hellas Frostbite est une course unique. Elle a lieu le premier Samedi de Décembre dans le parc hellasgården au cœur de Stockholm, c’est probablement la course la plus froide du calendrier, d’où son nom « gelures de Hellas ». Organisée par trois amis qui redonnent tous les bénéfices à l’œuvre caritative « Barncancerfonden » contre le cancer chez les enfants. Le prix d’inscription est minimum de 300krona, environ 30€, mais les participants sont encouragés à donner plus. Cette année la course a collecté environ 1800€ avec 49 compétiteurs courageux. Une très bonne initiative pour une œuvre caritative. Et il faut être courageux car si c’est un sprint, il ne faut pas avoir froid aux yeux pour se jeter à l’eau. Jean-christophe Bastiani a relevé le défi et nous fait partager son aventure.
Crédit photos Delphine Simon et Hellas Frostbite.

Journée classique de décembre en Suède -5°C dehors

8h00
Le réveil sonne… petit regard par la fenêtre. Ouille aie et re-ouille. Les organisateurs ont bien choisi. C’est prévu pour être la journée la plus froide et la moins ensoleillée de la semaine. Chouette !
« journée classique de décembre en Suède -5°C dehors avec bise du Nord -9 ressenti »
Un bon petit déjeuner avalé, sucré-salé et hop direction Slussen en Métro pour trouver le bus qui nous mènera à Hellasgården.

8h47 Slussen
Le timing est assez court donc il ne faut pas se tromper ….. Un grand bordel et après quelques aller-retours dans les halls, nous attrapons le bus. Petit moment d’hésitation mais ça y est l’aventure approche.

9h17 arrêt Hellasgården
L’air est sec et piquant mais pas de vent dans cette belle forêt parsemée de « mille »lacs. Et tout d’un coup fou rire en voyant un patineur tester la glace pour aller randonner…. OUI de la glace, bien épaisse et bien brillante avec le soleil qui perce et nous réchauffe. On avance vers Notre lac, Notre terrain de jeu et dans les sous-bois, il fait bon à marcher et tout d’un coup nous y voilà…

9h30 Hellasgården
15283929_1210061952420982_6179232871535818131_nJ’arrive et accueil de Philip très heureux de me voir. Ce sera le début de belles rencontres tout au long de la journée. Ça y est, je suis en Suède (pays que je connais depuis longtemps) mais pour faire un swimrun. Il me fait un briefing en anglais pour me donner les consignes et surtout que nous aurons uniquement 30-40m à nager vu l’épaisseur de glace et la température de l’eau proche de 0°C. Vestiaire dans les toilettes immenses et chauffées, j’adore ce pays, et direction la première boucle pour s’échauffer.

Jag talar svenska !!

10h38
Tout le monde écoute le briefing en suédois, j’applaudie comme tout le monde, je tourne la tête comme tout le monde et sourit au bon moment….. Jag talar svenska !!
Cette fois, décompte et ça sera le départ… moment d’excitation et j’ai bien envie de m’amuser.

10h48
15280989_10211294648752686_1346626738_nDépart au milieu des braseros, qui me rappelle samedi dernier au refuge de Combe Madame en Belledonne.
Deux groupes se forment au bout de 200m… et je prends le wagon du premier, je me sens bien, je suis heureux. Il y a quelques furieux devant mais à 900m, il n y a que 60s d’avance alors je reste tranquillement à ma vitesse avec le petit groupe. Le parcours va être exigeant, une succession de montées et descentes sur 5 km très cassant dans la forêt et de la glace par endroit. Premier tour à 15km/h, je suis bien, je pense à ma pose de pied, me relâcher. J’ouvre l’avant de ma combi pour réguler ma température. Je porte mes tenues NaturalPeak (t-shirt et legging) sous la combi en prévisions du swim. Excellente qualité de ventilation avec le tissu en Modal WoodWear.
frostbite-2016-2Le moment tant attendu arrive, la mise à l’eau sur le ponton glacé, 10s à palabrer et go, de la vélocité et 2 respirations après j’attrape l’échelle pour remonter. Le cardio est à 180 depuis le départ et il faut enchaîner. Une course folle et j’adooooooore.

Mes genoux commencent à subir le froid dans la dernière partie

15350580_1210061629087681_3647837357913630140_n.jpgTout trempé, je repars pour mon 2ème et 3ème tour qui seront un peu plus lent que le 1er.
La seule différence sera la mise à l’eau directe… pas de transition !! On n’est pas là pour acheter du Glogg et des pepparkakor

Mes genoux commencent à subir le froid dans la dernière partie, la plus vallonnée. Ma vitesse me permet de doubler 2 ou 3 swimrunners mais je suis obligé de marcher quelques secondes et perd au moins 60-90s. Peu importe, je suis dans le plaisir, il fait froid mais je me suis entrainé à pire en montagne.
15319225_1208902399203604_1237652382146106046_n.jpgEt voilà je finis cette belle course d’Hellas Frostbite Swimrun après 15km dont 100-120m de natation avec pleins d’encouragement en Français !! Un vrai gamin et un énorme sourire à l’arrivée malgré le froid qui commence à tomber en parallèle de la disparition du soleil mais la chaleur humaine de tous mes amis suédois était bien plus forte.
15320341_10211281310459237_1125237243_nTout heureux de ma 11eme place, je ferai beaucoup mieux l’an prochain, je découvre enfin toute l’équipe Swimrun World of Swimrun maintenant dans la vraie vie. Niklas, Philip, Daniel…. et tous les autres avec qui j’espère m’associer pour une ou plusieurs courses…. Michelle Nyström, j’attends ta réponse! lol

Multiples accolades et félicitations… Voilà ce que je retiendrais de cette « course ». Du bonheur partagé entre personnes simples qui aiment la nature et le dépassement de soi.

1000 lakes, 1000 raisons de partager

Les JUJUs, alias Justine Lechien et Julien Brazy  se sont jetés à l’eau. Pour leur premier swimrun, ils n’avaient pas choisi le plus facile : 1000 Lakes au nord-est de l’Allemagne. Ils ont relevé les défis, celui de la course bien sûr, mais aussi celui de nous livrer indépendamment leurs impressions sur leur préparation, la course, mais aussi leurs moments difficiles et leur gestion, et finalement les leçons qu’ils ont retenu. C’est essentiel de faire des débriefings pour progresser ; mais si c’est parfois difficile de le faire en privé, c’est extrêmement courageux de le faire en publique. Alors merci JUJUs pour votre partage, honnêteté et bonne humeur, défis relevés avec succès ! Photos ©ÖtillÖ et ©JUJUs

Julien
J’ai 31 ans, je suis à la base Duathlète, je cours en D1 depuis 13ans pour le club des Tritons Meldois. Je me suis mis à nager pour participer a mon premier Xterra en 2013, où j’ai immédiatement obtenu ma qualification pour les mondiaux à Hawaï, ce qui m’a encouragé à nager un peu plus.
Je suis tombé sous le charme du Swimrun en visionnant le reportage de Canal+ « Intérieur sport » et j’ai immédiatement voulu le visionner avec ma copine Justine en espérant qu’elle tombe comme moi sous le charme. BINGO ! Un jour on y sera ! Mais quand !? …

Justine
Je m’appelle Justine alias « Ju, Gizmo, mon amour » et j’ai 29 ans au compteur. J’ai pratiqué l’athlétisme de 14 ans à 26 ans et je me suis tournée vers le triathlon après une légère blessure. Je ne ferai que des sprints  c’est à dire 750m, 20km à vélo, 5 km à pied et ce sera bien ! Trois ans plus tard, ce format reste mon format fétiche. Bref, les 33km à pied et les 10km de natation vont me paraître bien longs. Moi, j’aime quand cela va vite !

Julien
13319815_10154833329567388_8687377123943308959_nJe démarre plutôt bien la saison en finissant 2ème des championnats de France de cross pompier (ma profession) puis les bons résultats s’enchainent jusqu’en juin où l’euro de foot aura raison de ma forme ! Ma caserne étant située juste à côté du grand stade de Lille nous sommes très sollicités. Je tombe malade, résultat j’abandonne sur le Xterra de Gerardmer et l’Embrunman tombe à l’eau ! Le moral est au plus bas, mais Justine me lance alors l’idée du Swimrun pour retrouver un nouvel objectif pour la fin de saison, ce qui me laissera le temps récupérer. L’idée m’emballe immédiatement !

Justine
La saison 2016 sera un peu particulière. Avec un déménagement en février pour rejoindre mon chéri, un nouveau travail à temps plein et des nouvelles habitudes à prendre, je continue les triathlons sur des sprints. Une tendinite du tendon d’Achille m’empêchera de m’entraîner correctement à pied d’avril à fin juin mais j’arrive tout de même à enchaîner les compétitions. Très déçue et manquant alors d’objectif, je pense terminer ma saison par quelques triathlons régionaux et des courses sur route. Mais un soir mon Juju me montre la vidéo de l’ÖtillÖ et nous sommes captivés comme deux gosses devant un dessin animé. Ni une ni deux, c’est un sport de «  fous-fous  » comme nous !

Julien
Justine me propose l’ÖtillÖ des 1000 Lakes ; cela me paraît vraiment pas mal jusqu’à l’annonce des distances… 10km de nage pour 30km de course… Euh y’a comme un problème là ! Le ratio n’est vraiment pas à mon avantage de coureur ! Et pas du tout de nageur ! La préparation se fait difficilement par manque de temps car entre temps un projet immobilier commun est né !

Justine
Pêche aux infos : on regarde la page Swimrun France, la page des swimrunners français… Pour l’entrainement, nous ne changerons pas grand-chose à notre entraînement pour le court et nous serons motivés jusqu’en septembre. Au final, je m’imaginais une préparation spécifique et studieuse (enchaînement natation en lac- course à pied) mais nous ne l’avons pas fait.

Julien
Entrainement 1000 LakesNous arrivons finalement sur place le jeudi soir histoire de s’acclimater. En effet, on va vite s’acclimater, dès le vendredi matin en allant enchaîner totalement équipés cette fois ci ! Et là c’est le drame premier plongeon ! L’eau est très trop froide ! Nous faisons 10m et nous ressortons immédiatement… Nous partons chercher nos gants néoprène pour une nouvelle tentative mais pas beaucoup plus fructueuse ! À peine 100m et nous ressortons aussitôt congelés ! Nous nous posons immédiatement la question comment faire 10km, dans ces conditions !

Nous retournons se réchauffer très vite au logement  sous la couette heureusement très épaisse puis quelqu’un toque à la porte ! J’ouvre et là, stupéfaction ! Je connais ce mec je l’ai vu dans le reportage ! François-Xavier !! Alias Fix ! C’est un coup du destin ! La providence !! LOL nous ne sommes pas seuls ! Je lui raconte aussitôt notre matinée et notre grosse inquiétude ! Qu’il nous confirmera quelques heures plus tard ! Mais il a déjà vécu aussi froid c’est faisable, c’est un réconfort.

Justine

ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.com

Dimanche  Jour J comme JUJUS. Bien équipés contre le froid, nous sommes fin prêts à en découdre, c’est ma dernière compétition avant la coupure, je suis au taquet et pas là pour sucrer les fraises.
Comme d’habitude au départ, je me mets devant cela me rassure et c’est la Base ! Nous partons assez vite 3min50 au kilomètre sur les  4km qui n’en font que 3 au final. On se regarde tous les deux et on se comprend vite : mince si on commence à nous enlever de la course sur une compétition orientée nageurs ça va pas le faire… Bref, faut y aller et là c’est le 1er problème : la transition !  On se fait directement passer par 2 équipes mixtes.  Et ouai, on découvre les transitions swimrun…  Enfiler les bonnets, tourner le pull, remonter la combinaison et mettre les lunettes, je n’ai pas l’habitude … En triathlon tu es déjà prête avant … 1er point à retravailler pour l’avenir …

Julien
ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.comOn se jette enfin à l’eau ; les premiers coups de bras sont difficiles mais c’est mieux que vendredi ! Le dossard y est pour beaucoup ! On ne sent presque pas le froid. Enfin si quand même ! Les natations s’enchaînent, les doigts se font de plus en plus raides pour moi et je dois m’aider de mon menton pour mettre et défaire mes plaques et notre technique d’encordement sur les parties pédestres n’est pas au top ! On a beaucoup de mal à s’attacher et à se détacher à cause du froid. Nous sommes obligés de s’adapter face au froid pour trouver des techniques ; Ce froid est bien présent mais on s’y acclimate : le corps est bien fait ! Nous n’aurons pas besoin d’utiliser nos gants néoprène pourtant je suis très sensible des mains. Si je l’ai fait beaucoup peuvent le faire !! Mes pieds eux n’en souffrent pas je pense grâce à l’utilisation de mes five fingers qui limitent la circulation d’eau dans les pieds.

Justine
On enchaîne les course à pied où Juju me tracte, les caps côte à côte, les nats où je suis devant. Le seul problème majeur est donc que je dois l’attendre à chaque natation car il n’arrive pas à prendre mes pieds … Il y a vraiment une différence entre la piscine où il est devant et l’eau libre où je suis toujours meilleure. Il faudra que l’on travaille cette natation à deux car on perd de précieuses minutes à chaque natation … et sur 10 sections de natation cela n’est vraiment pas négligeable ! Les autres équipes mixtes elles, sont bien rodées car encordées et nous ne le sommes pas. Je ne me vois pas tracter Julien qui est pourtant « very slim »mais plus lourd que moi quand même.  Il faudra donc repenser à une autre stratégie !

 Julien

ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.com

Le moment le plus difficile pour moi est arrivé après la mi-course. J’ai passé les premiers ravitaillements trop rapidement ; j’avais emporté des gels avec moi mais pas de solide et c’est ce qu’il me manquera. Je sens que la fringale n’est pas loin, je me connais, alors je me gère je rassure Justine je reste cool jusqu’au prochain ravitaillement où cette fois-ci je ferai le plein ! Et ça repart, mais l’impact est là ! Les bras et jambes deviennent très raides ! Je me fais dépasser sur les 1200m de l’avant dernière natation par une équipe mixte et à ce moment je sais que c’est surement le dernier slot de qualification qui part avec eux ! Justine sortie devant moi de l’eau et me confirme l’état des choses : 2min de retard. Je peste un peu, je me suis senti seul sur cette longue portion et je sais qu’une nouvelle portion de 900m de natation s’enchaîne après 900m de course donc pas suffisant pour se refaire ! Je paye cash mon manque de préparation sur la partie natation. C’est le jeu… Le but maintenant est de garder cette position et surtout de finir.  Le but est proche !

Justine
ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.comLes  moments les plus difficiles de la course sont plutôt d’ordre moral et non physique.

1er moment : milieu de course, je vois passer la 3ème équipe mixte passer en mode hors-bord en natation. La stratégie est bien ficelée : lui devant pousse sur les plaquettes et elle bat des pieds. Pourtant à pied, nous étions plus forts mais ils font clairement la différence en natation.

2nd moment : Une natation est supprimée mais du coup nous entamons les 11km à pied sans le savoir or c’est là que nous devions faire l’effort et au final nous nous sommes posés beaucoup de questions : pénalités, erreur de parcours avant de comprendre le pourquoi du comment. Nous n’avons donc pas « envoyé » comme prévu ce qui laisse un petit goût amer…

3ème moment : fin de la dernière grosse natation. Juju a froid, moi aussi je ne nage plus beaucoup mais lui encore moins. Cette natation me paraît interminable. Je pense alors à ma maman, mon papa, Ludo mon meilleur pote, les parents de Juju. Je pense aussi à ce médecin qui m’avait dit il y a trois ans suite à un sérieux souci de santé que la compétition était terminée pour moi. Je vais le faire « sois forte, vois loin » « quand yen a plus yen a encore » merci papou pour ces phrases tant répétées !

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Mon meilleur moment c’est lorsque j’aperçois enfin un monument qui je le sais se situe à l’entrée de la dernière natation ! Je regarde Justine j’ai envie de pleurer comme un gosse ! Ça y est on va le faire c’est sûr ! On se relâche un peu sur le chemin où se trouve en son milieu une souche d’arbre et je vois notre encordée prête à s’y enrouler j’ai tout juste le temps de la soulever que je bute aussitôt sur une racine et j’offre à Justine un magnifique roulé boulé je jure et éclate aussi tôt de rire avec elle on repart et 20m plus loin c’est elle à son tour qui m’en offrira un tout aussi magnifique on explose a nouveau de rire !

Justine
Les meilleurs moments, il y en a eu plusieurs :

Tout d’abord, le début de course où je me suis dit on est bien  cela ne court pas trop vite. Ensuite, il y a aussi eu la partie natation supprimée car j’avais vraiment froid.

ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.com

Enfin, les chutes respectives dans la dernière cap : Juju tombe il crie un juron et là je me marre, du coup il rigole également ; et bim 100m plus loin c’est moi qui chute et là c’est reparti on arrive plus à courir tellement on rit.  Genre « t’as fait la maligne quand je suis tombé maintenant c’est toi qui dévale la colline ! ».

Julien
Si je devais changer quelque choses ce serait notre technique d’encordement qui n’était pas au point sur les parties natation on utilisera un élastique pour le prochain et surtout on ira s’entrainer à nager avec !

Ce que je ne changerai pas c’est évidemment de partenaire ! C’est une magnifique aventure que nous avons vécu, on s’est prouvé beaucoup de choses et malgré les difficultés rencontrées on en redemande ! Nous avons déjà prévu le prochain. Cette fois ci il y aura moins de natation hein Justine !!

Un grand merci à tous les frenchies que nous avons rencontré là-bas c’était un formidable échange !

Justine

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Si je devais refaire la course, je changerai juste notre préparation antérieure : on ferait des vrais footings longs genre 1h30, 2h et on ferait des séances de natation 3x par semaine de 3000, 3500m et non pas 2 séances de 2000m …  On serait plus attentifs sur la natation de manière à optimiser nos points forts et faibles. Et surtout on choisirait une épreuve où il y a beaucoup plus de course à pied et moins de natation car là nous avons choisi la difficulté.

Je ne changerai mon partenaire pour rien au monde, il fera de la musculation d’ici là et beaucoup de piscine pour être devant moi !

Merci à toutes les personnes qui font le boulot derrière pour que je me sente bien et qui se reconnaîtront et que j’aime plus que tout au monde !