Test Combinaisons swimrun 2018

Les combinaisons sont sans conteste les stars de l’équipement swimrun. Protection contre le froid, aide à la flottabilité, facilité accrue pour les enfiler et enlever, évacuation d’eau, confort en course à pied, souplesse des épaules, poids, poches, sont autant de fonctions remplies par ces combinaisons. A noter que parfois certaines de ces fonctions sont totalement antagonistes.

En Avril 2018, à Hvar en Croatie, Swimrun France (SR-F)World of Swimrun (WoS)Swimrun Germany (SR-G) et GoSwimrun Poland ont mis leurs expériences en commun pour le test annuel international d’équipement de swimrun. Pendant 3 jours, l’équipe a testé et débattu près de 12 combinaisons de swimrun. Nous avons évalué chacune d’elles dans des conditions réelles de course. Tous les commentaires ont été enregistrés individuellement et chaque caractéristique a été longuement discutée au sein de l’équipe. Le texte ci-dessous reflète le consensus et les diverses opinions de nos très expérimenté-es testeurs. Afin d’améliorer notre méthodologie, nous avons introduit cette année un pesage des combinaisons. Nous avons pesé les combinaisons sèches, puis tout de suite à la sortie sortant d’eau (T0) et 10 minutes après (T10). Nous avons également calculé les différences de poids entre les combinaisons sèches et juste hors de l’eau (Diff dry – T 0) et 10 minutes après (Diff dry – T 10) pour donner une indication de la vitesse à laquelle elles drainent l’eau.

Notre test n’est pas exhaustif puisqu’il existe quelques combinaisons sur le marché que nous n’avons pas testé. Nous nous sommes concentrés sur les nouveautés sorties cette année. Certaines marques n’ont pas changé leurs combinaisons et ne sont pas représentées ; certaines attendaient toujours leur produits en provenance d’Asie. Notre  dilemme est le suivant : soit on organise le teste plus tard en Mai par exemple la saison est bien avancée et les coureurs doivent faire leur choix avec peu d’information, et soit nous testons plus tôt en Avril, alors certains modèles ne sont pas encore sur le marché. Nous ajouterons au cours de l’année les nouveaux modèles disponibles.

Le marché ne cesse de grandir rendant la décision d’achat de plus en plus ardue: il y a un réel embarras du choix ! Les fabricants explorent sans relâche de nouvelles solutions et offrent de nouvelles options. Néanmoins, des tendances émergent. Les jambes courtes paraissent devenir la norme, tandis que les deux solutions offertes pour les zips: avant seulement ou avant et arrière restent d’actualité. Votre souplesse d’épaules pour les enfiler ou enlever déterminera votre choix. Diverses options pour les poches sont explorées, certaines sur les cuisses, avec plus ou moins de succès. Aucun consensus n’a encore émergé sur cette importante question pratique. Les prix semblent se diviser en deux catégories, avec des modèles très intéressants dans le niveau d’entrée de gamme à moindre coût et des combinaisons de swimrun high tech plus chères. Pour refléter cette orientation cette année, nous avons séparé notre test entre les combinaisons de moins de 300 € (entrée de gamme) et plus de 300 € (haut de gamme). Le classement des combinaisons est répertorié dans l’ordre alphabétique.

Entrée de gamme

Blue Seventy Alliance


Blue Seventy est une marque de renom dans la natation en eau libre ainsi qu’en triathlon; il n’est pas surprenant qu’elle décide maintenant de pénétrer le marché du swimrun. L’Alliance comporte un zip à l’avant, idéal pour les courses froides et courtes, plus problématique si vous avez des problèmes de flexibilité des épaules (comme certains d’entre nous 😉 ) et pour les courses plus longues et plus chaudes. La plupart des testeurs ont trouvé le néoprène autour des épaules souple en nageant, mais le col a  laissé entrer de l’eau. En course à pied la combinaison se comporte bien sans problème particulier malgré la quantité d’eau relativement importante qui reste dans le matériau. La poche arrière reste bien accessible et, ce qui est intéressant, elle est la seule de nos tests ouverte exclusivement sur le côté gauche. Deux boucles d’attache pour la longe et du matériel sont présentes sur les hanches. C’est une option intéressante qui force soit le deuxième nageur à être légèrement du côté du nageur avant, soit à demander un élément supplémentaire pour tirer dans l’axe du nageur avant. La marque Zerod a opté pour une approche similaire. L’intérieur des bras et la majeure partie du dos sont en jersey orange, idéal pour la visibilité et théoriquement pour une meilleure durabilité, toutefois moins optimal pour la vitesse dans l’eau et la rétention d’eau. Au final, une bonne combinaison pour débuter et ceux qui veulent garder les manches longues.

Colting Go

L’an dernier, Colting a produit la meilleure combinaison de notre test, et cette année ils ont introduit une combinaison swimrun moins chère et plus simple. La « Go » est une combi bras courts – jambes courtes avec zip avant seulement. Ce modèle vise les courses avec un temps relativement tempéré. Les panneaux d’épaules orange sont un ajout visuellement agréable tout en restant dans les couleurs de la marque. Les cuisses sont couvertes de jersey pour fournir une surface plus résistante. Deux poches arrière ouvertes a droite et à gauche offrent suffisamment d’espace pour ranger séparément les aliments et l’équipement de sécurité. Les épaules sont très flexibles et la combinaison fournit suffisamment de flottabilité. En courant la combinaison était confortable sans comprimer les cuisses ce qui est un problème fréquent. A noter que cette combinaison est celle qui retient le moins d’eau à la sortie de la mer ou après 10 minutes, ce qui la rend plus légère pour courir. Nous avons été agréablement surpris par ce nouveau modèle qui est un excellent niveau d’entrée de gamme et pourrait même rivaliser avec de nombreuses combinaisons de swimrun plus onéreuses.

Dare2tri Swim2run

Cette société, plus connue en triathlon, propose une nouvelle combinaison swimrun d’entrée de gamme. Avec les bras et les jambes courts, elle s’inscrit dans la tendance actuelle pour le niveau d’entrée de gamme,. Cependant la présence de deux zip, la rendant facile à enlever, la place dans un petit groupe avec Mako et Head rough. La Swim2run (nom un peu bizarre, nager pour courir) est un autre modèle avec des panneaux jaunes, définitivement la tendance cette année dans la mode swimrun. Le bas prix se ressent dans le choix du matériau et la flexibilité des épaules est limitée. Toutefois, la Swim2run offre un bon niveau de flottabilité, et même si nous avons connu des entrées d’eau, c’est peut-être lié au matériau utilisé et aux nombreuses coutures non scellées. Le revers de la médaille est que le matériau est à la fois résistant et confortable en courant. Dans l’ensemble, une combinaison de niveau d’entrée pour un prix bas.

Head rough shorty

Head Rough front & backC’est la combinaison d’entrée de gamme de la marque pionnière en swimrun: tout a commencé quand la branche suédoise de l’entreprise a modifié une combinaison de triathlon en ajoutant le zip frontal. Depuis tout le monde a suivi. Ce modèle date de 2017 mais est arrivé sur le marché trop tard pour être inclus dans notre test l’an dernier, d’où son inclusion dans le test 2018. C’est une combinaison aux jambes et bras courts avec deux zip avant et arrière, avec de grands panneaux rouges sur le haut du corps. Comme son nom l’indique (« rugueux », rough en anglais), cette combinaison vise à être plus robuste et à mieux résister au traitement brutal imposé parfois lors de nos entrainements et le choix du matériel résulte ainsi de cet objectif. Il est fait de néoprène recouvert de nylon visant à fournir un matériau souple et durable. La combinaison est confortable en nageant avec une flexibilité d’épaule suffisante. Courir dans cette combinaison est un sentiment mitigé. Le matériau est assez souple, mais il peut sembler un peu lourd. Les mesures de poids que nous avons effectuées confortent cette perception car le nylon retient plus d’eau qu’on ne désire. Le Head Rough est une combinaison swimrun très résistante qui ne vous laissera pas tomber à l’entraînement.

Mako LS1

Mako est une société française spécialisée dans le triathlon comprenant notamment l’ex-pro triathlète Jessica Harisson (maintenant swimrunner) dans l’équipe dirigeante. Ils connaissent les contraintes des sports enchainés. Avec un prix attractif, ce nouveau modèle est une combinaison d’entrée de gamme avec des bras et des jambes courts et des zips à l’avant et à l’arrière, c’est l’une des rares sur le marché dans cette gamme de prix. Fait intéressant, la combinaison est offerte en version masculine et féminine. Elle comprend une coupe Ultra-Stretch dans les épaules et une grande poche arrière. Nous avons trouvé les tailles légèrement petites, donc peut-être considérez prendre une taille au-dessus de votre taille habituelle. La combinaison est souple au niveau des épaules et confortable, même si quelques uns ont connu une certaine entrée d’eau. C’est une combinaison agréable en courant, aidée par son faible poids. Nous avons trouvé intéressant que cette combinaison absorbe très peu d’eau. Nous avons tous trouvé le sifflet fourni trop grand ! Mako propose également des jambières et des manchons en néoprène séparés. Ils tiennent bien sur les bras et rendent cette combinaison polyvalente et adaptable à diverses températures. Une très bonne combinaison dans cette gamme de prix.

Orca core top and bottom

Orca innove avec cette combinaison en deux éléments. Le concept a été introduit par la marque américaine De Soto dans le triathlon dans les années 90 mais il est plutôt nouveau dans swimrun. Ce modèle deux pièces est destiné aux courses plus chaudes où il est avantageux de pouvoir enlever le haut. Avec des panneaux vert vif et colorés, il reste dans le style de cette marque désormais bien connue. Le haut dispose d’un zip avant et deux petites poches extérieures. Une poche à rabat est située sur le côté de la cuisse. Les deux pièces sont reliées par trois Velcro. Chaque élément est majoritairement similaire au modèle Core de l’an dernier. En nageant avec cette combinaison, nous avons eu des sentiments mitigés, certains dans l’équipe de test ayant eu de l’eau dans la combi au contraire d’autres qui s’y sentaient à l’aise. Cependant le cou est légèrement étroit. Avoir un bon ajustement est donc essentiel. La vraie surprise est la facilité avec laquelle les deux pièces se ré-attachent. Plusieurs fois nous avons couru avec le dessus ouvert et séparé, et nous avons chaque fois constaté que les Velcro mâle et femelle se sont naturellement trouvés et attachés de nouveau. Vous ne vous battrez pas pour fermer cette combinaison. Une innovation qui correspond à une utilisation spécifique.

Zone 3 Versa

Cette nouvelle addition à la gamme de Zone 3 est une combinaison de bras courts et  jambes 3/4, une option assez différente de la plupart des autres marques. Des manchons amovibles sont également disponibles, une caractéristique populaire cette année. Avec ses épaules jaune vif et son tissu bleu «respirant» Neo-Breathe MC sous les bras et dans le dos, ce coloris se remarque dans la foule. L’absence de zip arrière signifie qu’une bonne flexibilité des épaules est nécessaire pour l’enlever. Mais ce design laisse plus d’espace pour une grande poche arrière. Les tests ont donné des sentiments mitigés avec la plupart des testeurs qui trouvaient que la souplesse du matériau était limitée tandis que d’autres se sentaient à l’aise. Potentiellement un problème de corpulence, mais à ne pas négliger. Les jambes 3/4 étaient contraignantes comme pour toutes les combis avec jambes longues sans fournir un avantage perceptible, et les plis derrière le genou ont rendu cette combinaison inconfortable en courant. Couper les jambes améliorerait radicalement ce problème. La protection des genoux en sortant de l’eau est le seul bonus que cette coupe semble ajouter. Dans l’ensemble, une combinaison d’entrée de gamme avec quelques limitations largement liées au choix du matériel et partiellement aux choix de design.

Haut de gamme

Ark OrnÖ

Ark est une autre nouvelle marque sur le marché swimrun. Elle a reçu beaucoup d’attention avec Daniel Hansson, Lelle Moberg et Kristin Larsson, qui ont participé à la création de ce modèle. Le nom «Ornö» fait bien sûr référence à l’île d’Ornö où se déroule la plus longue course des championnats du monde ÖTILLÖ Swimrun. On se demande si la version de l’an prochain prendra le surnom de la plus célèbre natation de la même course ;). Cette nouvelle combinaison dispose d’un zip avant et propose jambes et bras courts, avec des manches amovibles pour s’adapter à un large éventail de conditions. Le néoprène Yamamoto à base de calcaire est très flottant. La finesse du matériau a clairement placé cette combinaison dans la catégorie de la recherche de la haute performance. La combinaison est très moulante, bien ajustée, un peu trop petite, alors choisissez une taille plus grande que celle que vous utilisez normalement. Elle offre une très bonne souplesse au niveau des épaules mais peu de flottabilité et s’adresse aux bons nageurs ou à ceux et celles qui veulent courir vite. Et courir dans cette combinaison est très confortable grâce à la finesse du néoprène et son faible poids. Dans l’ensemble, l’Ark ÖrnÖ est une combinaison légère, bien conçue qui convient aux bons nageurs visant une performance élevée.

Colting SR 02+

Le vainqueur du test de l’an dernier revient avec de légères modifications: les jambes sont maintenant courtes et les modifications de matériau permettent un meilleur rendement en courant. Les bras restent longs laissant les utilisateurs décider s’ils-elles veulent, ou non, les couper. Cette option est maintenant moins populaire que l’option bras courts + manchons amovibles. Laquelle est la plus rapide en nageant? A priori, il semblerait que les bras longs soient plus rapides, sinon les combinaisons de nage en eau libre et de triathlon auraient toutes adopté les bras courts. Néanmoins, cela offre moins d’options quand la température est limite. Il n’est pas surprenant que le reste de la combinaison avec ses deux zips avant et arrière reste le même et fonctionne toujours parfaitement en natation. Les jambes courtes qui deviennent rapidement la tendance par défaut sur le marché est certainement une fonctionnalité intéressante améliorant son potentiel en course à pied. Cet aspect est également aidé avec deux panneaux souples et résistant aux frottements situés sur les fesses et hanches, offrant plus de flexibilité dans la course. Une combinaison toujours aussi performante et éprouvée avec de petites améliorations bienvenues.

NU Complement Triton 0.1

NU est une marque espagnole qui étend sa gamme de produits. Après avoir uniquement produit des accessoires tels que des aides à la flottabilité en 2017, elle présente cette année une combinaison de swimrun. C’est un autre modèle qui adopte des panneaux de couleur vive (jaune dans ce cas), la tendance à la mode en 2018. C’est une bonne chose car cela nous rend plus visible et ainsi plus en sécurité dans l’eau. Cette combinaison à bras et jambes courts dispose d’une seule fermeture à glissière à l’avant, adaptée pour ceux avec des épaules souples et pour les courses plus courtes. La poche arrière est innovante car elle est placée sur le bas du dos et ne comporte pas de fermeture éclair. Cela semble fonctionner mais il faut s’y habituer. La combinaison est confortable en nageant avec une souplesse d’épaule suffisante. L’arrière des jambes est renforcé avec un jersey, protégeant contre les glissements occasionnels sur les rochers qui malheureusement se produisent parfois. On se sent à l’aise en courant. Nous avons été agréablement surpris par cette première combinaison.

Orca RS1

Orca est connue pour le design coloré de leurs combinaisons swimrun, et ce nouveau modèle ne déçoit pas avec un design attrayant, mélangeant noir, jaune vif et des touches de bleu. La RS1 est une combinaison aux jambes et bras courts et manchons amovibles, une solution polyvalente pour s’adapter à diverses conditions. Si les manchons restent en place, un problème fréquent et présent dans la version précédente, c’est une option intéressante. Le choix d’un seul zip avant nécessite une bonne souplesse des épaules pour l’enlever. La combinaison est composée d’un mélange de néoprène 39 cellules et de panneaux SCS HydroLite. La poche intérieure ouverte laisserait probablement tomber le contenu si le haut de la combi est enlevé, un problème inhérent pour toutes les poches intérieures sans système de fermeture. Une petite poche sur la poitrine accueille un sifflet, une solution originale. Les épaules sont assez souples pour nager et la combinaison est confortable pour les courses de courte distance. Cependant, certaines coutures entre les panneaux ne sont pas protégées, ce qui peut provoquer des frottements dans des courses plus longues et en particulier dans des conditions chaudes. Cette combinaison est plus adaptée aux swimruns courts et froids où enlever le haut n’est pas une nécessité.

Sailfish Swimrun Pro

Sailfish est une autre marque bien connue en natation en eau libre. La Swimrun Pro adopte l’option bras longs – jambes courtes. Le néoprène lisse de 5 mm d’épaisseur sur la partie supérieure du torse et les cuisses offre une bonne flottabilité et protection contre le froid. Les deux zip sont de longueurs différentes, l’arrière étant beaucoup plus petit. Cela permet d’avoir plus de place pour une poche arrière de taille généreuse. Avec deux poches intérieures plus petites, cette combinaison offre de nombreuses options pour transporter tout ce dont vous avez besoin dans une course. Cependant, certains membres de l’équipe de test ont trouvé les poches intérieures inconfortables, difficile d’accès et un peu trop petites. C’est un problème que nous avons trouvé dans diverses marques où les poches peuvent facilement exercer une pression sur les côtes et / ou créer un point de compression potentiel avec une brassière pour les femmes. Le fit est serré pour la taille essayée, mais certains ont trouvé que les hanches et le ventre sont trop large; alors soyez prudent avec la taille que vous choisissez. Le zip court à l’arrière est suffisant pour enlever facilement la combinaison. Nous avons trouvé que c’était une combinaison très confortable en mer, ce qui n’est pas étonnant pour cette marque appréciée par les nageurs. Le matériau couvrant les cuisses pourrait être plus souple, rendant la course à pied peu confortable. Dans l’ensemble, une bonne combinaison surtout en natation avec des facilités pour transporter votre nutrition.

Zerod Elite

La Zerod Elite est une combinaison avec bras et jambes courts et quelques panneaux colorés. Elle dispose de trois fermetures à glissière, deux à l’avant avec l’option d’ouvrir à la fois par le haut et par le bas, pour permettre un meilleur accès aux poches frontales, ou pour ventiler sans avoir à ouvrir complètement la combi. Cela peut aider certains, et Zerod est la seule combinaison avec cette option. Il y a de nombreuses poches, peut-être trop. Une poche sur la cuisse est une autre innovation, mais le rabat pourrait être plus long pour s’assurer qu’elles ne se retrouvent pas avec une poche ouverte qui forme un mini parachute, ce qui est arrivé a certains de nos testeurs. À l’intérieur la très grande poche (la plus grande sur le marché) en filet n’est pas fermée, ce qui peut vous faire perdre le contenu lorsque vous enlevez le haut. Enfin, la combi offre des boucles extérieures doubles (droite et gauche) pour attacher une longe ou de l’équipement. Nous avons discuté précédemment avec Blue Seventy ces options qui ne nous ont pas convaincu. Les épaules sont très souples et confortables en natation. En course à pied la combinaison est agréable montrant un fort potentiel dans ce domaine. Dans l’ensemble, c’est une bonne combinaison avec quelques innovations potentiellement intéressantes, mais qui nécessitent des améliorations pour être abouties.

Ne pas oublier qu’il y a quelques autres combinaison de swimrun sur le marché, en dehors de celles que nous avons testées. Nous vous recommandons de lire notre test 2017, car certaines combinaisons sont encore disponibles à la vente en 2018.

Merci !

Nous tenons à remercier tous les fabricants (par ordre alphabétique) qui nous ont aidé pour ce test:

 

Ark Blue Seventy Colting Dare2tri Head Mako
NU Orca Sailfish Zerod Zone3

2018 wetsuit test table 1

2018 wetsuit test table 22018 wetsuit test table 32018 wetsuit test table 4

Test chaussures swimrun 2018

Les chaussures sont fondamentales en swimrun et après les combinaisons elles représentent l’équipement le plus onéreux. Peu importe la chaussure que vous choisissez, elle doit s’adapter à votre pied, vous devez vous sentir à l’aise, elle doit offrir un bon grip et correspondre à votre technique de course. Vous trouverez des chaussures pour toutes sortes d’environnements et de terrains tels que l’asphalte, sentiers, graviers, rochers glissants, abrasifs, sablonneux etc. Mais puisque presque tout le monde nage avec les chaussures aux pieds, il est également primordial que le matériau ne retienne pas trop d’eau et qu’il draine rapidement l’excès d’eau dès les premiers mètres de course à pied. En dehors de cela, il y a plusieurs autres caractéristiques importantes, mais dont la plupart sont liées à des préférences individuelles comme le poids de la chaussure, le drop, le soutien / amortissement et enfin leur prix.

En Avril 2018 Swimrun France (SR-F), World of Swimrun (WoS), Swimrun Germany (SR-G) et GoSwimrun Poland se sont associés à Hvar en Croatie pour le test annuel international d’équipement de swimrun. Pendant 3 jours, l’équipe a testé et délibéré au sujet de 7 types différents de chaussures de swimrun.

Chaque chaussure a été testée par l’équipe dans des conditions réelles de swimrun. Tous les commentaires ont été notés individuellement, et les caractéristiques de chaque chaussure ont été longuement analysées discutées.

Notre test n’est pas exhaustif car il existe d’autres chaussures qui fonctionnent très bien pour la nage, toutefois nous nous sommes concentrés sur les nouveaux modèles de chaussures sortis ces dernières années présentant un intérêt pour la communauté swimrun. Nous avons essayé d’apporter un peu plus d’objectivité dans nos test (comme la mesure du poids sec et mouillé, voir les tableaux en fin d’article), or il est évident que les opinions restent subjectives même si le nombre et l’expérience des testeurs-ses minimise ce dernier facteur. Les commentaires sont donc un résumé assez consensuel de toutes nos opinions.

VJ Sports Irock 2

VJ est une marque finlandaise fondée en 1981, axée sur le développement de chaussures pour les coureurs de haut niveau dans des conditions  exigeantes. Ils sont évidemment très bons dans ce qu’ils font puisque que l’Irock est devenue champion du monde OCR en 2014 et 2015. Nouvelles sur le marché swimrun, nous entendons de nombreux swimrunners vantant ces chaussures compte tenu de ses caractéristiques appropriées au swimrun. VJ Sports affirme avoir le meilleur grip au monde et nous avons tendance à être au moins partiellement d’accord. L’Irock 2 est une chaussure de course de trail légère avec un amorti doux au talon et à l’avant-pied. Elles offrent une prise en main stable grâce aux crampons en caoutchouc butyle et dispose du matériau Schoeller-Keprotec qui s’adapte très bien à votre pied, garantissant la légèreté des chaussures et ce même lorsqu’elles sont mouillées.

Cette chaussure est rapidement devenue l’une des favorites de l’équipe de test. Malgré son aspect « rigide » et « plastique », elle était étonnamment confortable à la fois sèche ou humide. Les chaussures offrent une adhérence presque parfaite sur les surfaces sèches et mouillées. Elles offrent une protection appréciable pieds lors de la course sur terrain accidenté. Aller vite dans ces chaussures en terrain technique difficile ainsi que surface plane n’est donc pas un problème. Malgré l’examen minutieux, l’équipe de test n’a rien trouvé qui nous déplaise. Cependant, le seul bémol pourrait être la vitesse à laquelle les chaussures drainent l’eau après avoir nagé; c’est la conséquence de la protection contre les chocs sur les coté des pieds. On peut y remédier en faisant quelques  trous pour évacuer plus vite l’eau, mais ou peut espérer une amélioration sur ce point de la part de ce fabriquant.

MERRELL All Out Crush Tough Mudder

Merrell est une marque qui existe depuis trois décennies mais peu connue en France. Ils ont lancé la Mudder All Out Crush Tough, qui est une chaussure de course trail durable et respirante. Elle comporte un film en TPU résistant à l’abrasion, une doublure en mesh respirante et des orifices de drainage. La semelle interne est fabriquée à partir d’une couche d’EVA intégrée qui est censée absorber l’impact des chocs rocheux et des obstacles, avec un tapis de protection qui protège les pieds des rochers sur le sentier techniques. La semelle extérieure est dotée de crampons qui offrent une adhérence à 360 degrés et libèrent les adhérences de boue facilement. Ces chaussures offrent une adhérence suffisante en cas de besoin. Il s’agit d’une chaussure qui s’adapte au coureur polyvalent qui n’a pas d’exigences spécifiques pour courir ou marcher avant-pied. La mousse offre une sensation de confort sur les terrains techniques et la chaussure est plutôt facile à nager avec, drainant l’eau rapidement après avoir commencé à courir. L’avant pied  est plutôt large ce qui donne plus d’espace par rapport aux chaussures de type étroit.

Salming OT Comp

Salming Running est une autre marque peu connue en France Ils ont lancé l’une des premières chaussures de swimrun au monde en 2016, et ils sont de retour avec une toute nouvelle chaussure de swimrun: l’OT Comp (Off-Trail Competition). Les crampons sont développés avec Michelin et conçus  pour une adhérence maximale, afin de permettre l’accroche maximale. Le dessus de la chaussure en maille légère permet un bon drainage de l’eau et une bonne respirabilité. Les zones latérales exposées à l’usure des terrains accidentés comportent des zones de renforcement RocShield et on se sent très protégé en terrain technique. Le caoutchouc utilisé dans la semelle extérieure OT Comp est le composé Michelins OCX, qui offre une très bonne adhérence sur les surfaces glissantes mouillées grâce à son composé adhésif spécial, mais aussi sur les surfaces sèches. Courir avec ces chaussures est très agréable et on voit que Salming a tiré des leçons de leur expérience. Elles drainent l’eau rapidement lors de la course et on se sent à l’aise pendant en nageant. La semelle de couleur vive offre également une bonne visibilité en nageant pour le second binôme. Nous aimons beaucoup cette chaussure et c’est une très amélioration de la dernière version qui était déjà d’un haut niveau.

Inov-8 X-Talon 210

Inov-8 est une des marques les plus populaires dans la communauté de swimrun depuis longtemps et nous avons vu beaucoup de différents modèles sur les courses. Nous avons testé les nouvelles X-Talon 210, une chaussure de course légère et flexible conçue pour la course à haute vitesse, sur le terrain doux comme extrême. Elles disposent d’une nouvelle semelle extérieure en caoutchouc « Sticky Grip », avec des crampons de 8 mm visant à fournir une meilleure adhérence que leurs prédécesseurs. L’an dernier, Inov-8 était l’un de nos vainqueurs de test et ils ne nous ont pas déçu cette année non plus. La chaussure offre un très bon confort, surtout sur le mouillé et épouse parfaitement le pied. Le grip est presque parfait en milieu humide et sec et est à égalité avec l’Irock 2. Le matériau retient très peu d’eau, il est très respirant et libère l’eau rapidement lors de la course après une natation. On se sent vraiment bien en natation avec ces chaussures légères et flexibles. Un autre avantage de la flexibilité est que vous pouvez facilement les plier sous la combinaison si vous voulez nager sans chaussures pendant les longues sections de natation. Si vous n’êtes pas habitué-es à courir sur un terrain technique, elles peuvent donner l’impression d’offrir peu de protection. Mais cette sensation de «liberté» que vous obtenez dans ce type de chaussure légère procure également une sensation d’être plus près du terrain lors de la course, c’est-à-dire que vous «sentez le terrain». Cette faculté améliore votre technique de course et votre capacité à courir sûr. C’est une autre favorite de l’équipe de test.

 Vibram Fivefingers V-Aqua Water

Ce fut une surprise pour l’équipe de test. Cette chaussure amphibie permet un mouvement naturel dans le terrain, et dans et hors de l’eau. Légère, mince, flexible, elle est aussi proche d’être pieds nus que possible, tout en gardant une petite protection. Il y a des perforations dans la semelle «Mega grip» durable pour permettre à l’eau de se s’évacuer rapidement. À l’intérieur, une fine couche de silicone dans la doublure empêche le glissement du pied. Ses caractéristiques pour le  swimrun sont indéniables. Elles offrent  très peu de résistance dans l’eau. Elles ne prennent et ne retiennent virtuellement pas l’eau. Il n’y a aucun laçage à s’inquiéter et aucun mouvement dans la chaussure. Si vous arrivez  à avoir un bon ajustement à votre pied, elles donnent l’impression d’avoir une paire de chaussettes. Cela peut toutefois être le défi pour beaucoup, car courir dans ce type de chaussure met une réelle pression sur votre technique de course et vous devez vraiment maîtriser l’avant-pied pour tirer le meilleur parti car elles ne fournissent aucun type d’amorti. Attention dans les rochers pointus, il vaut mieux savoir où on met son pied. Faire des courses plus longues avec ce type de chaussure en terrain technique exigera que vous vous entraîniez beaucoup, que votre tête et corps, vos pieds et vos jambes y soient habitués, que vous adaptiez votre technique de course et évitiez les blessures. Mais si vous maîtrisez tout cela, cette chaussure deviendra une très bonne option de swimrun. Elles sont les plus légères, performantes dans l’eau et sont les moins chères  de toutes les chaussures testées. Sûrement, nous verrons plus de ceux-ci dans des courses de swimrun plus courtes et moins techniques dans le futur.

VJ Sports Amas Sarva 2

C’est une autre chaussure de la société VJ Sports, qui se concentre sur la course sur sentier et la course d’orientation et de plus en plus de swimrunners ont commencé à les utiliser en compétition. La semelle extérieure est fabriquée en caoutchouc butyle à 100% et offre une très bonne adhérence bien que les crampons soient moins nombreux ou proéminents comparée à l’Irock 2. Le talon et l’avant-pied sont rembourrés et le matériau du dessus de la chaussure est non-extensible offre stabilité, confort et protection. Elles ont tendance à s’adapter à des pieds plus étroits en général (trop  étroit pour un de nos testeurs), c’est pourquoi il est devenu un peu difficile pour tous dans l’équipe de test d’avoir un bon ajustement. Si vous avez un pied fin, elles offrent de bonnes sensations lorsque vous courez en terrain humide ou sec et une très bonne adhérence. Après la natation, elles ont tendance à garder un peu plus d’eau que les autres chaussures testées et étaient aussi les plus lourdes juste après le test de natation.

Vivobarefoot Primus Trial Swimrun ÖtillÖ Edition (2019)

La Vivobarefoot ÖtillÖ Edition est une chaussure dont la sortie est prévue pour 2018 ou début 2019. C’est une évolution de la chaussure de l’an dernier. Le changement se situe autour d’une mini guêtre qui monte autour de la cheville. Ceci doit permettre d’éviter que les graviers ou le sable rentre dans la chaussure (les concurrents du swimrun Costa Brava apprécieront ! ). Cette chaussure minimaliste convient au coureur adepte de ce genre de chaussant car elle demande une bonne technique de course. Offrant une large place pour les orteils, un débutant peut prendre un certain temps pour s’habituer à ce type de chaussure et et se sentir soit glisser dans la chaussure ou soit pas assez tenu. Le laçage est simple et le dessus est hydrofuge et respire bien. En nageant, la guêtre avait une petite tendance à dépasser lorsque l’on étendait le pied, attrapant un peu d’eau (ce qui est comparable à une grande langue pour d’autres chaussures). L’adhérence était bonne dans le terrain technique sec mais en milieu humide et lisse nous devions faire attention. C’était la chaussure la plus lourde du test et parmi les plus lourdes après la natation et la course de 500 mètres. Nous pensons que cette chaussure est idéale pour les courses de swimrun non techniques  courtes et sa semelle orange vif permet à l’équipier de naviguer facilement. C’est aussi la chaussure la plus adaptée pour les courses sur sable fin.

Il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup d’autres bonnes chaussures de swimrun sur le marché, en dehors de celles que nous avons testées. Par conséquent, nous vous recommandons de lire notre test 2017, car beaucoup de ces chaussures sont également disponibles en 2018 et sont pour la plupart les mêmes chaussures, parfois avec de nouvelles couleurs.

Merci !

Nous tenons à remercier tous les fabricants qui nous ont aidés pour notre test:

 

VJ Sports Merrell Vibram fivefingers
Salming Inov-8 Vivo Barefoot

Présentation du circuit ÖtillÖ 2018

Depuis que Michael Lemmel et Mats Skott ont repris le flambeau en 2006 du défi un peu fou des quatre amis (Jesper et Mats Andersson, Anders Malm, Janne Lindberg) la marque ÖtillÖ, devenue le premier circuit mondial, se confond avec l’avènement même du Swimrun dans le monde de l’outdoor. Michael revient pour nous sur l’évolution et les nouveautés du circuit ÖtillÖ 2018 tout en insistant sur les valeurs qui sous tendent le succès grandissant de ce sport.

 

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Michael Lemmel & Mats Skott

Swimrun France : Bonjour Michael, une nouvelle saison de swimrun est sur le point de commencer pour le circuit ÖtillÖ World Series. Mais avant d’en parler de suite, peux tu présenter ton championnat ÖtillÖ World Series aux nombreux français débutant dans le swimrun ?

Michael Lemmel : ÖTILLÖ est la course originelle d’où la vague Swimrun est partie en 2006. Elle est depuis 2012 considérée à juste titre comme les championnats du monde de Swimrun. Nous voulions diffuser la pratique du Swimrun dans des nouvelles communautés, sur des terrains variés et différents sur lesquels le swimrun s’adapte de manière pertinente, nous y avons crée les Swimrun World Series. Avec des courses ancrées en Suède, Croatie, Suisse, Grande Bretagne, Allemagne et d’autres à venir, ces épreuves sont à la fois mythiques et pittoresques. Elles servent également comme manches qualificatives au Championnats du monde.

SRF: Quelles sont les nouveautés en cette année 2018 pour les ÖtillÖ World Series et finale (Championnats du monde) ?

ML: En 2018, on espère ajouter au moins une date supplémentaire au World Series. On s’essaiera aussi à un nouveau format test de course à trois épreuves de cette saison. En effet, nous poussons fermement à rendre plus accessible notre sport à des nouveaux compétiteurs en vue de les fidéliser. Vraisemblablement, ce nouveau format devrait s’imposer sur toutes nos épreuves du weekend*en 2019.

La qualification à l’ÖtillÖ est devenue plus accessible avec le 7/24 format: vous aurez un slot garanti si vous, avec le même binôme, êtes finishers de 5 courses labélisée ÖtillÖ World Series et 2 courses labélisées « Merit » sur une période de 2 années. Au cours de cette expérience, vous allez être bien préparés à l’ÖtillÖ car vous accumulerez beaucoup d’expérience, découvrirez de nouveaux endroits. En effet, cela serait dommage d’aller sur la course majeure du circuit pour ne pas la terminer ?

SRF: D’après toi, anticipes tu une croissance toujours aussi soutenue du swimrun durant les années à venir ? Crois tu que les valeurs de ce sport sont la raison de ce succès ? Et enfin penses tu que le swimrun en tant que sport risque d’évoluer différemment au gré des politiques sportives de chaque pays ?

ML: La multiplicité d’épreuves bourgeonnant un peu partout signifie qu’il va y avoir une croissance continue en terme de compétiteurs. Pourtant, à l’heure actuelle, je pense qu’il y a pléthore de courses comparées au nombre de coureurs.. Nous allons avoir une consolidation à ce niveau avant un redécollage. Les sports tels la course à pied ou nage vont multiplier les standards de distance. Dans certains endroits, on va voir des formats de swimrun très courts et dans d’autres des évènements plus tournés vers l’aventure. Sur le long terme, c’est la pratique du sportif qui prévaut et fera la différence. Le swimrun grandira lorsque qu’il n’y aura pas que des compétiteurs mais aussi des personnes attirées par le seul plaisir de pratiquer. Pour ma part, je fais des très intenses et courtes séances en solitaire, il m’arrive aussi de faire de longues sorties lentes en mode exploration seul ou accompagné d’amis. Et enfin je participe à des épreuves officielles avec des amis. J’ai l’impression que c’est vers quoi le sport va s’orienter.

SRF: Quel seraient tes conseils pour les débutants en swimrun qui auraient pour objectif de participer aux championnats du monde à Stockholm ? Existe t-il un moyen (club, association) qui puisse accélérer l’apprentissage d’un pratiquant ?

ML: Énormément de personnes veulent démarrer par l’ÖtillÖ d’entrée de jeu. Je pense sincèrement qu’elles passeraient à coté de l’expérience Swimrun en le prenant de cette façon. C’est super de se fixer de gros objectifs, mais il faut prendre le temps durant quelques années histoire d’explorer de nouveaux endroits, de se découvrir soi même et se faire des amis par la même occasion. C’est cela le véritable esprit swimrun. Si vous arrivez à fonctionner de telle manière à donner plus d’importance à la découverte que la performance pure alors vous allez avoir beaucoup plus plaisir à accomplir vos rêves plutôt que d’accumuler de la frustration. Nous avons tous eu besoin de savoir ramper* avant de courir 🙂
(* ndlr: ramper se dit « crawl » en anglais, jeu de mots un peu difficile à traduire en français)

SRF: En France, on pense vraiment que nous avons le pays quasi parfait pour recevoir une des World Series. Comment est il possible que cela ne soit pas le cas ?

ML: Je suis d’accord avec toi. Néanmoins la législation française est assez tatillonne. On a essayé d’implanter un ÖTILLÖ Swimrun Weekend dans trois endroits différents, et pour des raisons variables nous n’avons pas réussi à le faire. On espère y arriver un jour car on est des vrais francophiles 🙂

SRF: Il y aurait il une question que tu aurais voulu que je te pose ?

ML: Comment peut on faire grandir ensemble le swimrun en France ?

ML: Notre désir est d’être une source d’inspiration pour les coureurs, les organisateurs et aussi les personnes qui veulent juste découvrir le sport. Notre ambition est de faire du Swimrun un pont entre les cultures et gens, d’avoir une attitude environnementale responsable et d’afficher un esprit chaleureux au lieu d’agressif. S’il te plait, pourrais tu organiser une ou deux grosses rencontres où l’on pourrait se rencontrer. Notre agenda est blindé à mort, mais entre les Isles of Scilly et Engadin je suis dans le sud de la France de toute façon.

SRF: Merci Michael, pour les évènements on va y penser sérieusement 🙂

ML: Thank you/ M

crédit photo : Jakob Edholm

Ci dessous l’intervention du co-fondateur de l’ ÖtillÖ Swimrun World Series Michael Lemmel lors des rencontres du Swimrun organisées sous l’égide de la Fédération Française de Triathlon devant un parterre d’organisateurs et des représentants de la FFTri.

No more cups

Photo: Jakob Edholm – ÖTILLÖ

L’organisation de l’ÖTILLÖ a annoncé qu’elle limitera le nombre de gobelets sur ses courses. Les verres seront disponibles seulement sur les deux premiers ravitaillements pour éviter les embouteillages, mais pour le reste de la course les concurrents devront transporter une tasse personnelle s’ils veulent boire. Le but est de réduire le gaspillage et la pollution. Cette pratique est courante en trail. Va-t-elle se généraliser en swimrun ?

Quelles sont les barrières à votre accès au swimrun?

Le swimrun est un sport jeune et beaucoup de choses sont à mettre en place, à créer, à inventer. Toutefois il reste de nombreux obstacles à surmonter pour pouvoir pratiquer. Identifier ces obstacles est une étape importante pour les faire disparaître autant que faire se peut. Et ainsi continuer à promouvoir le développement de notre sport. C’est pourquoi nous avons demandé aux membres du Forum Swimrun France quelles sont les barrières à leur accès au swimrun, les points qui freinait leur pratique. Des options étaient proposées mais chacun pouvait ajouter ses propres alternatives; enfin les choix multiples étaient autorisés.

Dix huit choix ont été listés révélant une grande diversité des obstacles perçus. Cependant deux composantes majeures émergent comme dominant le débat: les courses et le facteur humain.

Les courses

Le prix d’inscription est perçu comme étant de loin (36%) le principal obstacle à accès au swimrun. Si on ajoute la répartition géographique, les courses représentent plus de 50% des raisons invoquées. La répartition géographique est probablement liée aux terrains qui sont jugés plus ou moins propices au swimrun. On constate que les courses se multiplient et arrivent dans des territoires nouveaux, e.g. l’Auvergne. On peut espérer que cet obstacle diminue avec le temps même s’il est clair que certaines régions sont plus privilégiées à la pratique que d’autres.

Le prix des courses est un sujet fréquent de discussion sur le forum et ceci se reflète dans les résultats. Force est de constater que les prix varient énormément, et il est parfois difficile de voir comment ces variations sont justifiées. Certaines courses assez courtes dans des lieux à priori sans contraintes sécuritaires exceptionnelles coûtent plus cher que certaines courses plus longues dans des terrains souvent plus difficiles. La grande majorité des organisateurs défendent leurs prix en invoquant principalement la sécurité des sections aquatiques et du temps passé à mettre en place ces courses, en particulier la paperasserie administrative. Combiné aux déplacements pour se rendre sur les lieux de courses en raison de la faible densité des courses, cet obstacle financier est perçu comme un frein au développement du sport. Comment résoudre ce problème? Faut-il imaginer des courses plus simples à prix réduits ? Il y a-t-il des alternatives, comme par exemple quand une communauté de swimrunners invite une autre à les rejoindre dans leurs sorties (souvent connus comme des « off », mais cela doit déplaire à l’Académie Française 😉 )?

C’est un sujet à creuser pour tenter de réduire cet obstacle financier. Les autres aspects invoqués au sujet des courses sont les distances trop longues, le dénivelé et la présence de solo dans les courses. Heureusement des courses de formats divers existent et toutes ne proposent pas des dénivelés importants.

Le facteur humain

Le swimrun est un sport avec de fortes interactions sociales et cette dimension représente le second obstacle majeur évoqué, le manque de partenaire (>20%) et le manque de groupe d’entrainement. Au vu du grand nombre de personnes évoquant le manque de binôme, un membre du forum a suggéré qu’il suffirait s’associer en binôme toutes les personnes qui cherchent un-e partenaire, problème résolu (modulo les chiffres impairs) ! Mais ce n’est pas si simple que cela.

Les critères de choix d’un binôme sont multiples et toutes les associations ne sont pas toujours possibles. Cependant dans un sport encore en développement, des compromis sont souvent nécessaires. Si le swimrun était un sport se jouant à 11 est-ce qu’on devrait toujours attendre de trouver 10 autres joueurs parfaits pour commencer à s’amuser? Les cas de binômes qui se rencontrent le matin d’une course sont multiples et pour quasiment tous les cas cela se passe bien du moment que les deux partenaires du jour acceptent que leur association ne soit pas parfaite. L’alternative aurait été que les deux mêmes personnes discutent ensemble à une terrasse en se disant que c’est vraiment dommage de regarder passer la course sans pouvoir la faire … faute de binôme ! Alors n’hésitez pas, trouvez un partenaire commence parfois par dire « oui » à une autre personne qui cherche un-e binôme.

Le manque de groupe d’entrainement est le quatrième obstacle le plus souvent mentionné. Il est clair que la grande répartition des swimrunners en France et la densité relativement faible des participants font que trouver des compagnons d’entrainement est parfois une gageure. Pourtant des communautés se développent grâce au dynamisme de gens motivé-es pour transformer cet obstacle en une opportunité de création et de rencontres. Si vous vous sentez seul-es, n’hésitez pas et créez un groupe (contactez-nous si vous voulez des conseils). Vous serez surpris de constater que d’autres personnes sont dans le même cas dans votre région. Il faut espérer que cet obstacle se réduise avec le temps et les efforts de chacun-e.

Niveau, expertise

La plupart des autres facteurs invoqués concernent le manque de niveau en natation, en course à pied, les croyances limitantes (du froid, de courir en combinaison etc). Cela relève de l’expérience, de l’entrainement mais aussi du partage pour démystifier certaines barrières qui disparaissent quand un ami-e vous montre les trucs et astuces.

Les swimrunners heureux

Heureusement un swimrunner heureux a ajouté la mention « Aucune barrière » car cela représente une part non négligeable des réponses. Espérons que cette option deviennent de plus en plus populaire avec le développement du sport qui dépend de toutes et tous, leaders de communautés, organisateurs de courses et bien sûr les actions de chacune et chacun des swimrunners.

Swimrunners de France regroupez-vous, discutez, auto organisez-vous pour que chacun-e puisse progresser et pratiquer. Ensemble œuvrons pour réduire les obstacles identifiés.Sondage barrière Février 2018

Données et graph protégés par ©copyright. Veuillez citer Swimrun France pour toute citation.

Fiche technique: Ångaloppet

François Dubuc nous propose une fiche technique sur Ångaloppet. C’est « une course formidable, très ludique, doyenne historique pour découvrir la « culture swimrun suédoise », spécificité du parcours, ferveur populaire autour de l’ événement.
Le format modéré de la course vous permettra de concilier facilement sport et tourisme en quelques jours très dépaysants. Vous voudrez sans doute retourner en Suède après cette expérience !Fiche technique Angaloppet

Nous allons publier régulièrement des notes techniques pour vous aider à préparer vos courses. Si vous avez des demandes, commentaires ou suggestions, n’hésitez pas à nous contacter.

SwimRun 37 Community

Après une courte discussion sur le forum swimrun France un nouveau groupe SwimRun 37 Community voit le jour pour les personnes proches du département d’Indre-et-Loire. Son objectif est clair: « Bienvenue sur la toute nouvelle communauté SwimRun du 37. Ici on partage nos sorties, nos terrain de jeux, nos courses et entraînements, … On parle SWIMRUN ».  Si vous êtes dans la région n’hésitez pas à les rejoindre !

Présentation du Swimrun National Tour 2018

Après la saison 2017, le SNT revient en 2018 avec le renfort de nouvelle épreuves hexagonales et même au delà avec l’intégration du Swimrun Belgium. À ce jour les épreuves comptant pour le Swimrun National Tour sont au nombre de sept avec le Swimrun de Vassivière, de la Cote Vermeille, de l’Authieman, de l’Aquaterra, Belgium, du Juraswimrun, et The Riviera.

Sylvain Rousselat et Julien Valette ont été les chevilles ouvrières de ce circuit atypique. En effet, ce sont des organisateurs d’épreuves au caractère déjà bien établi qui s’allient afin de promouvoir une vision du swimrun. Alors que les autres circuits français sont gérés par une seul et même organisation.

Swimrun France : Bonjour Sylvain, a t-on encore besoin de te présenter ? Tu es l’un des organisateurs du Swimrun de la Cote Vermeille (qui se tiendra le 23 juin 2018) et l’un des principaux instigateurs du Swimrun National Tour, peux tu nous tirer un bilan de la saison 2017 ?

Sylvain Rousselat : Bonjour, tout d’abord et avant de tirer un bilan de la saison 2017, je pense qu’il est important de présenter la genèse de ce circuit. Il a été motivé par la volonté de quelques organisateurs d’offrir aux swimrunners amateurs et confirmés, des courses de qualités « regroupées » au sein d’un circuit national au plus proche des valeurs originelles du Swimrun. Les organisateurs membres du Swimrun National Tour vont au-delà des préoccupations environnementales stricto sensu, et s’inscrivent dans une démarche plus large de développement durable.

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Ainsi, le circuit est conçu en intégrant un certain nombre de variables : Sportives, Sociales, Environnementales, économique et de gouvernance.
L’organisation d’une telle démarche prend souvent plusieurs mois. A ce jour et après de longues périodes de réflexion, d’échange, nous sommes fiers de pouvoir proposer aux pratiquants un circuit structurer tant sur le choix des épreuves, l’articulation du règlement ou encore la gestion des résultats. Nous avons la chance au travers du SNT (comprenez le Swimrun National Tour) de pouvoir évoluer avec des personnes passionnées et impliquées dans le bon développement de cette discipline.

SRF: Le swimrun se déroule très majoritairement en binôme, et c’est une des valeurs à laquelle le SNT tient énormément, comment es tu arrivé à gérer les binômes qui se recombinent au gré des blessures et disponibilité ?

SR: Participer en binôme est l’esprit même du Swimrun. Lorsque vous terminez une course avec votre compagnon d’aventure, vous partagez des émotions, vous vous entraidez, et/ou encouragez, et/ou énervez à deux… (clin d’œil à Alex B.) L’expérience est tout autre et beaucoup plus enrichissante à mon sens. A ce titre, l’ensemble des courses labélisées se doivent de proposer l’épreuve en binôme qui fera l’objet d’un classement par équipe.

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En effet, une équipe est constituée de 2 athlètes identifiés. ils devront concourir les étapes qualificatives ensemble pour cumuler des points, si ils briguent une qualification et une victoire à la finale.
Dans le cas d’un remplacement en cours de saison d’un des deux équipiers, le changement d’équipier induira un nouveau classement d’équipe et le score par voie de conséquence, débutera à 0 point.
À noter : il n’est pas nécessaire contrairement au système fédéral d’être licencié FFTRI pour être classé sur le Swimrun National Tour. Les licenciés FFTRI, FFN, FFA…, ainsi que les non licenciés, seront tous classés et pourront tous prétendre au titre de champion national.

SRF: Le circuit a pour vocation de grandir et d’accueillir d’autres organisateurs, comment se déroule l’accès au circuit ? Il y a t-il une phase de transition où l’épreuve doit faire ses preuves ?

SR: Pour accéder au SNT, il faut bien entendu partager les valeurs que nous prônons, et nous contacter par l’intermédiaire du site officiel : http://www.swimrunnationaltour.com
Ensuite, nous prenons contact et échangeons avec l’organisateur sur ses motivations, notre cahier des charges… L’entrée d’une nouvelle épreuve dans le SNT est ensuite proposer à l’ensemble des organisateurs membres qui statuent… La démocratie !.

SRF: Le swimrun de la cote vermeille est un pionnier en terme de développement durable, va t-il y avoir un développement similaire sur le circuit ?

SR: Il est certain que le cœur que nous mettons (Olivier et moi-même : les 2 directeurs de course du Côte Vermeille) à développer, à façonner notre évènement nous inspire considérablement dans le SNT. La dimension sportive qui apparaît de prime abord comme l’élément central d’une telle manifestation ne constitue en réalité qu’un élément parmi d’autres.
C’est très intéressant et enrichissant, d’évoluer aux contacts des autres organisateurs membres qui ne sont pas en reste sur leur démarche développement durable. Le Swimrun National Tour représente entre organisateurs une plateforme d’échanges sur des bons plans, des problèmes rencontrés, des conseils, des projets…
À l’image de la discipline, on avance en équipe !

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Swimrun France : Hello Julien, de même on ne te présente plus (voir portrait ici), mais quand même je crois que ton swimrun Vassivière (16-17 juin 2018) compte presque double n’est ce pas ?

Julien Valette : Bonjour, c’est en effet avec un grand plaisir que nous accueillerons les championnats de France Universitaire sur le format S le samedi 16 juin. Le dimanche 17 juin, nous retrouverons la finale du circuit court du SNT sur le format M, et une manche du circuit long sur le format L.

SRF: Parmi les nouveautés exprimées par Sylvain, il y a l’entrée en support d’un nouvel acteur le Salamander Ranking. Quel va être son rôle dans le circuit ?

JV: Le TSR, par l’intermédiaire de Gilles (un français expatrié … en suède !) va nous permettre de gérer le classement général du SNT. En effet les calculs composés d’algorithme complexes sont relativement lourd, nous préférons donc confier la lourde tâche de les mettre en œuvre à un professionnel ! Par ailleurs il est plus sain qu’un organisme extérieur gère les classements, cela permettra d’écarter de facto tout conflit d’intérêt.

SRF: Le développement touristique d’un territoire passe aussi par les évènements sportifs, et le swimrun est un très bel exemple qui met en relief à la fois les paysages terrestres et marin. Penses-tu que faire partie d’un circuit national puisse augmenter la découverte d’une région à d’autres athlètes plus éloignés géographiquement ?

JV: L’un des leitmotiv lors de la création du circuit avec Sylvain et Loïc c’était bien l’idée de faire voyager les athlètes à la découverte de nouveaux lieux en France particulièrement propice à la pratique du swimrun. Les épreuves qui constituent le SNT attirent déjà de nombreux athlètes venant de toute la France. Le but est de fidéliser les swimrunner en leur proposant ce qui nous semble être les meilleurs courses du territoire.

SRF: il y aurait il une question que tu voudrais que je te pose ?

JV: A terme combien d’épreuve pourront constituer le SNT ?
JV: Le SNT est destiné à proposer au maximum 10 étapes par circuit (Circuit sprint 15 à 30km et Circuit Endurance 31 à 50km).

SRF: Merci à tous deux et rendez vous sur terre ou dans l’eau !

https://www.swimrunnationaltour.com/

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