Portrait de la Team Les Vieux Neptuniens Astrid Linder et Jean Nicolas Mehr qualifiée pour l’ÖtillÖ 2022

Ce n’est pas la première fois que vous entendez parler des Vieux Neptuniens. Ils interviennent régulièrement sur notre site, en autre, sous la plume féconde des fondateurs tels Jean Nicolas ou Stéphane. Cette florissante communauté parisienne de swimrunners a su capitaliser depuis 2016, l’envie d’aventures (un mémorable swimrun au Kazakstan) et de compétitions sur le circuit ÖtillÖ.
Jean Nicolas, cette fois ci, emmène Astrid Linder pour reprendre le flambeau des vieux neptuniens aux Championnats du monde qui auront lieu le 5 septembre prochain dans l’archipel de Stockholm.

A] 📍Swimrun France: Bonjour. Pouvez vous vous présenter en quelques lignes ?

Jean Nicolas Mehr: Bonjour, j’ai bientôt 36 ans, j’ai commencé la natation à l’âge de 5 ans et j’ai nagé en compétition jusqu’à l’âge de 15 ans avant de devoir arrêter. Ensuite j’ai toujours essayé de concilier études avec sport et plus tard travail et sport, toujours centré autour de la natation. Durant toutes ces années, j’ai pu faire quelques triathlons et pas mal d’eau libre avant de me lancer dans le swimrun en 2016. Depuis j’ai motivé pas mal de mes amis nageurs à essayer cette discipline extraordinaire. Aujourd’hui, je suis président de l’association Les Vieux Neptuniens qui a pour but de promouvoir la pratique du Swimrun et de fédérer toutes les personnes qui ont fait des Swimruns de prêt ou de loin avec notre communauté.

Astrid Linder: Astrid, 27 ans. Côté sportif, j’ai commencé par de l’athlétisme, puis je me suis naturellement tournée vers la natation car j’aimais simplement être dans l’eau. Lors de mes études supérieures, j’ai mis le sport de côté. Je n’y suis revenue que 3 années plus tard lorsque je me suis inscrite au Neptune Club de France à Paris, et c’est là que l’aventure swimrun a commencé. 
Côté pro, j’ai commencé dans la communication car j’aime être au contact des gens. Il s’est avéré que j’étais plus au contact de mon ordinateur… Juste avant le confinement j’avais pris la décision de partir voyager, projet qui n’a jamais vu le jour à cause de la crise qui a suivi. Grâce à mon équipe dans mon ancienne entreprise et mes amis, j’ai pris la décision de devenir coach sportive. Et c’est la meilleure décision que j’ai pu prendre (mis à part celle de commencer le Swimrun). Je donne donc des cours de fitness et des coachings.

B] 📍SRF : Comment avez vous connu le swimrun ?

JN: Ça va sans doute être cliché mais c’est par le reportage Intérieur Sport de 2015. Je venais de faire le marathon d’eau libre Capri Napoli et j’avais besoin d’un nouveau challenge pour 2016. Je crois que j’ai regardé le reportage 3 fois d’affilée et je l’ai envoyé à tous mes amis. A l’époque il n’était pas question de faire Otillo mais juste de prendre du plaisir en découvrant de nouvelles épreuves.

AL: Grâce aux Vieux Neptuniens ! Je me souviendrais toujours de mon premier entraînement au Neptune (le club de natation à l’origine de l’asso), je m’étais dit “mais ils sont fous”. Deux mois après ma reprise en natation, on m’a proposé de faire binôme sur le Swimrun de Jablines (format long, sinon c’est pas drôle) avec Candice, membre des LVN. A ce moment-là je ne courais plus, je n’aimais plus ça car l’athlétisme m’en avait coupé l’envie… 
Je fonctionne énormément au challenge donc je me suis prise au jeu et j’ai repris la course à pied. Je dois avouer que 24km à ce moment-là m’a paru être le bout du monde ! Mais j’ai tout de même pris du plaisir quelque part dans cette souffrance et 4 mois plus tard je m’inscrivais sur Ötillö Malte avec Stéphane K.

C] 📍SRF : Quel est votre histoire avec le circuit ÖtillÖ ?

JN: Forcément en ayant vu Intérieur Sport, la première chose que j’ai cherché sur internet c’est ÖtillÖ Swimrun. A l’époque il n’y avait pas beaucoup de choix et j’avais coché Engadin en 2016. Je pense que Hvar, malgré un arrêt COVID, reste mon préféré. Scilly est également très bien surtout pour ses grandes traversées en natation! Catalina, ça ressemble plus à des vacances, dur de se concentrer sur une perf en course quand on passe 2 semaines en Californie mais la course est superbe.
Durant la saison 2021 pleine d’incertitudes, Astrid et moi étions déjà inscrits pour le Troll Enez (merit race) donc j’ai proposé à Astrid de tenter une qualification au ranking en ajoutant 2 autres courses pour marquer des points. Ce qui nous amena au SwimRunMan de Laffrey et à Otillo Cannes. En étudiant soigneusement les rankings, les équipes déjà qualifiées, les points qui allaient disparaître, le nouveau règlement qui ne comptabilise plus les résultats d’Otillo pour les rankings et les résultats des courses pour essayer de voir qui n’avait encore demandé ses points on s’est arrêté à 3 courses pensant que ça suffirait pour obtenir le précieux sésame. Finalement, ayant participé aux Ultime Endurance challenges virtuels d”Otillo et XTri, j’ai gagné une invitation à Otillo ce qui a encore plus simplifié notre qualification.

AL: Ma première participation sur le circuit Ötillö s’est faite au pied levé pour remplacer la binôme de Stéphane J. sur Ötillö Cannes. J’ai découvert l’ambiance de compétition chez les LVN (ça rigole toujours autant) et l’univers plus international Ötillö. J’étais en pleine préparation pour Ötillö Malte donc au final ça tombait parfaitement ! Deux mois plus tard, je participais à Ötillö Malte avec Stéphane K. dans des conditions assez exceptionnelles, ça nous à mis dans le bain on va dire ! 

D]📍SRF : Comment s’est formé votre binôme ?

JN: Comme Astrid est d’origine bretonne et avait déjà participé à quelques swimrun avec les LVN, je lui ai naturellement proposé de tester quelques courses ensemble en Bretagne. En premier sur le Swimrun des 20 plages (parfaitement organisé par nos amis Camille et Julien) et surtout sur le Troll Enez (enfin de retour dans les calendriers après une trop longue absence).

AL: Tout simplement grâce aux LVN ! Notre première course ensemble c’était en 2020 sur le Swimrun des 20 plages, JN m’avait proposé d’y participer car je suis originaire de Nantes donc c’était chouette de faire un Swimrun à proximité. 

E]📍SRF : Comment avez vous programmé vos entrainements et compétition dans l’optique de la qualif et les championnats du monde ?
JN: Nous avions initialement prévus de ne faire qu’une seule course ensemble en 2021, je n’avais pas beaucoup de place dans mon calendrier de compétition mais je voulais absolument participer au Troll Enez et Astrid était d’accord pour le faire un binôme mixte. Puis au cours de l’été, Astrid s’est prise au jeu des championnats du monde et on a regardé si on avait une chance de se qualifier. Finalement on s’est dit qu’en faisant 3 ou 4 courses on devait pouvoir marquer assez de points au ranking pour décrocher une qualif en 2022. Ainsi on a ajouté le SwimrunMan Laffrey et le WS Cannes à notre programme, en gardant le WS Malte en cas de soucis sur l’une des 3 épreuves déjà prévues. Le plan a très bien fonctionné et nous avons eu notre qualification aux rankings.

Swimrunman Laffrey
WS ÖtillÖ Cannes

AL: J’ajouterai seulement que je pense que JN a fait en sorte que je m’intéresse à Ötillö de manière à ce que ça me donne envie d’y participer 🤣 Finalement Laffrey nous a servi de course d’ajustement au niveau du binôme, Troll Enez nous a montré que l’on pouvait aller vite même en racontant des blagues et Ötillö Cannes à permis d’être avec les meilleurs sur la même course, et d’être pas trop mauvais d’ailleurs !

F]📍SRF : Quel sont vos plus beaux souvenirs en compétition et vos plus grosse galères ?

JN: Sur les courses que j’ai pu faire avec Astrid, je pense que mon plus beau souvenir reste le Troll Enez 2021. Le parcours est magnifique, malgré la fatigue 3 semaines après Otillo 2021, nous avions pu faire une belle course et finir sur le podium pour la première fois donc c’était que du bonheur.
Ma plus grosse galère, c’est la perte de mes lunettes sur l’Ultra SwimrunMan Verdon à la moitié de la course. Heureusement le lac n’est pas salé mais la portion de 2400m sans lunette et en tractant Astrid fut un peu compliquée quand même.

AL: Je crois que l’un des plus beaux souvenirs c’était le Troll Enez avec un temps magnifique, une eau bleue, on était assez en forme et on a donné tout ce que l’on avait. Plus précisément ce sont les arrivées avec JN qui fini souvent au sol dès que l’on a passé la ligne, ça me fait beaucoup rire malgré la fatigue. 
La plus grosse galère pour l’instant c’était à Laffrey, j’avais des maux de ventre terribles qui nous ont fait perdre un temps fou ! Et finalement en arrivant au ravito, je me rends compte que mon gobelet est resté bien au chaud dans la voiture, une erreur qui me vaut des blagues encore aujourd’hui ! 

G]📍SRF : Quelle type de relation en compétition votre binôme adopte t-il le plus souvent ?

JN: On se parle beaucoup avant la course, on essaye d’établir une stratégie en fonction des sensations et une fois le départ donné, on n’a plus trop besoin de parler. Le fait de rester longé aide aussi à sentir l’état de forme en fonction de la tension dans la longe donc pas besoin de parler ou de se retourner, je peux m’adapter sans avoir besoin de communiquer. Au niveau des ravitaillements, on fait souvent des petits checks de l’état de forme de chacun pour vérifier que le ressenti est correct et ajuster si besoin.
AL: Plutôt concentré et silencieux puis quand on commence à avoir mal on parle et on fait des blagues pour tenir le coup jusqu’au bout.

H]📍SRF :  Par rapport aux suédois qui dominent depuis toujours les championnats du monde de Swimrun, pensez vous que l’écart et entrain de se réduire comme sur les coupes du monde ?

JN: C’est difficile à dire, d’un côté le binôme Ark d’Hugo survole la saison de WS mais Otillo reste une course à part, très piégeuse et surtout est le jardin des Suédois. En 2021, Hugo et Matthieu font une magnifique performance en finissant 3ème. Sabina et Alexis sont également très bons en mixte comme le prouve leur 2è place en 2021. Tout ceci montre que oui l’écart se réduit devant mais les Suédois restent les experts d’Otillo en terme de densité.

I]📍SRF :  Quelle va être votre stratégie de course ?

JN: Tout va dépendre des conditions météo mais dans les grandes lignes, l’idée est de ne pas prendre trop de risques au départ, d’assurer de bons relais en natation et de voir si on a les jambes des bons jours en course à pied.
AL: courir et nager ? Ou nager et courir ? 

J]📍SRF :  Quelle est la première chose que tu vas faire lorsque tu vas franchir la ligne d’arrivée ? et la deuxième ?

JN: Sans doute m’allonger par terre exténué par la course et la lutte pour arriver au bout! Et ensuite profiter un maximum avec ma binôme et nos supporter parce que tout ça reste avant tout un grand moment de partage.
AL: Féliciter mon binôme et le remercier de m’avoir supportée tout ce temps, et la deuxième ? Boire un verre à notre course ! 

K]📍SRF : Stockholm est une très belle ville, avez vous l’intention de rester un petit peu pour y faire du tourisme ?

JN: Nous avons prévu d’arriver quelques jours avant la course pour commencer à se mettre dans l’ambiance donc oui il y aura un peu de tourisme mais pas trop, nous visiterons aussi les piscines et les plages 🙂
AL: Oui nous arrivons quelques jours avant la course pour visiter un peu les environs, je ne connais pas du tout la Suède! 

L]📍SRF : Quels sont les partenaires qui vous soutiennent pour les championnats du monde ? (Sponsor, club asso, cause caritative etc…)

JN: L’association Les Vieux Neptuniens est à fond derrière nous! Nous avons pu organiser 2 stages de préparation qui se sont bien déroulés et qui ont rythmé notre début d’année. Je sais qu’ils seront sur le live le 5 Septembre !
AL: Ma salle de sport Ritm nous soutient financièrement dans cette aventure et évidemment les LVN sont à fond avec nous, ainsi que nos proches .

M]📍SRF : Il y a t-il une question que tu aurais voulu que je te pose ?

JN: Samedi dernier à l’entraînement, alors que nous passions à côté d’une plage au Pays Basque, un petit garçon nous a demandé “Pourquoi vous faites ça?”. J’avoue que je n’ai toujours pas la réponse.
AL: Pensez-vous que le Swimrun est le plus beau sport du monde ? 

Questions indiscrètes 🎯:

👉Embrassades ou poignées de main polie à l’arrivée ?
Astrid : Embrassades ou plutôt j’essaie de tenir JN avant qu’il ne s’écroule au sol 
JN : Plutôt embrassade.
👉Qui fait le pipi de la peur le ou la 1er(e) ?
Astrid : je pense que c’est indéterminé sur cette question 🤣
JN : Sans doute moi!
👉Qui gueule le 1er ?
JN : Gueuler c’est un peu fort mais Astrid a tendance à se plaindre assez rapidement 😉
Astrid : c’est moi, même si on essaie de faire des paris sur le premier qui va se plaindre 
👉Qui se perd le premier ?
Astrid : Si on se perd, on se perd à deux non ?
JN : La réponse d’Astrid veut bien dire que c’est elle 🙂 
👉Qui prie le ou la 1er(e)  ?
Astrid : ça dépend des courses ! Mais c’est souvent moi je pense
JN : Prier ne sert à rien, il ne faut compter que sur son binôme et soi-même !
👉Longe ou sans longe ? Longe ! Absolument aucun débat là-dessus 🙂
👉Le truc le plus fou que vous ayez fait en course ou à l’entrainement ?
Avec Astrid, pour l’instant, le truc le plus fou ça reste le KV de Laffrey, pour une reprise des compétitions en 2021, il avait bien piqué et même si pour moi il était mieux passé qu’en 2021 ça reste un sacré truc de fou. De même avoir commencé la saison 2022 par l’Ultra de Verdon c’était un peu un truc de fou aussi!
JN : pour moi cette année ça va être d’enchainer le SwissMan et Otillo.

Le site des Vieux Neptuniens 👉🧭 https://www.lesvieuxneptuniens.org/

✍️Jean Nicolas Mehr: IG @mehrjn & ✍️ Astrid Linder: IG @a_fond_les_baskets
📷 crédit photos Akuna/OtillO – LVN
🎥 Rasmus Lodenius / OtillO / Activ Images / Swimrunman

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