Portrait de la Team Töulöuse Sandrine Bouvier et Jessy Hamel qualifiée pour l’ÖtillÖ 2022

J’ai croisé Sandrine Bouvier, à plusieurs reprises (notamment dans les calanques de Cassis pour la venue de la communauté de Toulouse, puis dans l’archipel de Stockholm en 2021) et Jessy Hamel lors de l’ÖtillÖ Cannes 2021et à Cassis en 2019. Finaliste malheureuse lors de l’édition 2021 avec sa comparse Katia Bergère de l’équipe M&M’s, Sandrine remet le couvert avec cette fois ci la team Töulöuse, preuve d’une ténacité qui fonde les futurs succès. Voici le portrait d’une team aussi rayonnante qu’attachante.

A] 📍Swimrun France: Bonjour. Pouvez vous vous présenter en quelques lignes ?
 
Jessy Hamel: Bonjour Jean Marie, j’ai 43 ans et je partage ma vie avec un adorable chat norvégien et un ancien ultra trailer. Coté sport : je suis arrivée à la compétition par mes partenaires du club d’athlétisme de Blagnac, puis de triathlon qui m’ont appris à concilier sport, plaisir et convivialité.
Coté pro, je travaille chez Safran au sein de la division distribution et génération de puissance électrique, on est parfaitement en ligne avec Sandrine … c’est elle qui m’a convaincue de passer la fiat 500 électrique 😉
 
Sandrine Bouvier : Bonjour Jean Marie, j’ai 53 ans, mariée et maman de 3 garçons. Côté sport : j’ai découvert la compétition par hasard ! Opérée d’une hernie discale le médecin m’a demandé de laisser mon cheval à l’écurie, de ranger mes clubs de golf et de nager/pédaler. Du coup, j’ai testé le triathlon et basculé jusqu’à l’Ironman, les championnats du monde de XTerra, les raids longs multisports, les courses VTT et maintenant le Swimrun.  
Par dessus tout, j’aime être en pleine nature. Côté pro, je m’applique à bouger les lignes dans l’automobile et aider à basculer vers une mobilité durable. Changer notre façon de nous déplacer est urgent. En cela le swimrun est inspirant puisque pour rallier Sandhamn à Utö, on va le faire en nageant-courant pour profiter de la nature sans laisser de traces.
 

Calanques de Marseille oct. 2019

B] 📍SRF : Comment avez vous connu le swimrun ?
 
JH: Dès 2016 grâce à mon mentor et partenaire de cœur Katy Sansay qui m’a prise sous son aile quand j’ai démarré el triathlon et qui a tout de suite su que le swimrun était fait pour nous deux.
 
SB : Découverte du Swimrun sur les réseaux sociaux. Puis un ami c’est lancé en faisant le 1er Engadin en 2014 son partage d’expérience et le côté authentique m’ont séduit. Première course en 2015 en Belgique car il n’y avait pas encore de course en France.
 
C] 📍SRF : Quelle est votre histoire avec le circuit ÖtillÖ ?
 
SB : Pour ma part le Swimrun c’est avant tout l’ÖtillÖ, car les WS sont toujours dans des endroits magnifiques. Je suis tombée amoureuse de l’Engadin que j’ai fait 4 fois avec mes partenaires Katia et Amandine, Malte 2 fois et enfin Cannes avec Jessy. Mon truc c’est simplement de finir les courses avec un max de Plaisir. C’est déjà un gros défi pour moi de réussir à dégager le temps de m’entrainer. 
 
JH: Pour moi l’Ötillö c’est un truc de malades fait pour les scandinaves ou la série Meurtres à Sandham (je suis fan)…donc le circuit des world series aussi et je n’avais jamais envisagé d’y participer. Et puis Sandrine a commencé à m’en parler jusqu’à me proposer de tenter l’aventure avec elle. Fouler le tapis rouge du Martinez, ça ne se refuse pas J mais plus sérieusement les endroits choisis sont magnifiques et c’est toujours un vrai bonheur de découvrir des parcours inconnus.
 
D]📍SRF : Comment s’est formé votre binôme ? Et pourquoi le nom de la team avec des trémas Töulöuse ?
 
SB : Notre binôme c’est formé grâce à la Swimrun Toulouse Community, on y a fait connaissance et comme je voulais revenir en Suède, j’ai proposé à Jessy d’essayer. On a monté Team Töulöuse pour structurer notre projet d’aller aux championnats du monde. Les Ö du logo c’est le lien entre notre association et l’origine suédoise de notre sport, cela n’est lisible que pour la communauté Swimrun et ça nous va. Mais, l’anecdote c’est que le logo a tellement plu qu’on a dû faire refaire des sweats et Tee-shirts pour des amis et des collègues de Jessy qui ne pratiquent pas le Swimrun et veulent nous soutenir. 
 
JH: En effet , un grand MERCI à Simon Marchal et la STC sans qui nous ne nous serions pas rencontrées ! J’attends d’arriver au bout du parcours avant de remercier Sandrine de m’avoir entrainée dans cette folle aventure (non, je plaisante). Beaucoup de choses nous rapprochent : nos vies pro un peu trop prenantes, notre amour des bonnes choses de la vie, le partage entre amis et un sens de l’humour incontestable !

📍SRF :Tu as participé à l’OtillO 2021 avec Katia, quels enseignements en as-tu tiré ?
 
SB: J’ai eu la chance de participer aux WC 2021 mais nous avons abandonné après le Pig Swim et 8h30 de course car Katia était en hypothermie, continuer l’aurait mise en danger. Il faut arriver préparées pour avoir la lucidité de ce type de décision. J’ai coché toutes les sections sur ma première plaquette, alors on va aller cocher les cases de la 2me partie cette année. Mon mantra c’est Never give up et j’ai bien l’intention d’y arriver.
 
E]📍SRF : Comment avez-vous programmé vos entraînements et compétitions dans l’optique de la qualif et les championnats du monde ?
 
JH: La qualification en tout début d’année m’a réellement aidée à me préparer plus sereinement sans la pression des points à aller gagner, ce qui aura aussi été pratique pour gérer l’aléa covid et son package de désagréments. Mon point fort n’étant pas la natation mais plutôt la course à pied j’ai demandé à un ami coach (Marc, il se reconnaitra) de me faire une préparation physique et un entrainement course à pieds spécifique pour tenir la distance et surtout les conditions climatiques difficiles. Plus la date de l’épreuve approche et plus je pense que la différence se fera sur la préparation mentale …Isa, il y a encore du travail !
 
SB: Pour l’entraînement je suis à nouveau accompagnée par Team Envol coaching et particulièrement par Alexis qui m’allège de la planification.  Nous avons appris très tôt notre qualification début d’année, mais nous avons chacune attrapé la Covid. Une rémission un peu longue, fatigue et gêne respiratoire nous ont empêché de faire la montée en charge planifiée. Sinon, nouveauté pour moi, on a ajouté la prépa mentale et nous sommes accompagnées par @isabellesaintmacary
 
F]📍SRF : Quels sont vos plus beaux souvenirs en compétition et vos plus grosses galères ?
JH : Ahahah…..là je ne peux rien ajouter, Sandrine à tout dit et puis, ce qui s’est passé à Cannes, reste à Cannes ! une aventure mémorable J
SB : C’est l’Ötillö Cannes, je me suis claqué un ischio en milieu de course : la galère. Comme nous voulions les points, il fallait juste finir. J’ai fini sur une jambe, c’était un peu long mais c’est un super souvenir : on a passé notre temps à se payer des fous rires sur les répliques de la Cité de la Peur. «Il ne peut plus rien nous arriver d’affreux maintenant!»
 
G]📍SRF : Quelle type de relation en compétition votre binôme adopte t-il le plus souvent ?
Sandrine : Concentration et bonne humeur
Jessy: Concentration même si parfois je rate le balisage …bonne humeur et un peu de papotage, j’avoue je peux être bavarde.
 
H]📍SRF :  Par rapport aux suédois qui dominent depuis toujours les championnats du monde de Swimrun, pensez vous que l’écart est entrain de se réduire comme sur les coupes du monde ?
SB: Oui je vois le niveau progresser d’année en année. Et je suis très impressionnée par ces athlètes féminines qui rivalisent avec les hommes. C’est génial et inspirant. Je mise sur quelques français sur les podiums.
JH : Je suis surtout impressionnée par le niveau féminin, suédois certes mais pas que….j’imagine bien un duo mixte et un duo féminin sur les marches du podium.
 
I]📍SRF :  Quelle va être votre stratégie de course ?
SB : Notre stratégie de course sera d’être toujours en mouvement, comme le recommandent Nicolas R. et Michael L. il faut bouger/manger pour gérer le froid, j’en ai maintenant l’expérience. 
JH: Manger, bouger, ça va être la clé pour ne pas trop se refroidir et arriver au bout !
 
J]📍SRF :  Quelle est la première chose que tu vas faire lorsque tu vas franchir la ligne d’arrivée ? et la deuxième ?
SB:  Tu vas nous tirer le portrait sur la Finish line alors je vais essayer de ne pas faire de grimaces malgré la longue journée qui m’attend et ensuite boire une bière 
JH: n° 1: « Alors ça y est on a vraiment terminé ?!? » je crois bien que je vais te poser la question plusieurs fois d’affilée pour être sure. n° 2 : une bière avec Sandrine !

K]📍SRF : Stockholm est une très belle ville, avez vous l’intention de rester un petit peu pour y faire du tourisme ?
JH : Oui on reste toute la semaine avec mon ami pour profiter de cette ville magnifique, si j’arrive encore à marcher.
SB : Malheureusement non j’ai tout juste le temps de faire une escapade pour la course mais j’ai eu la chance de faire plusieurs séjours à Stockholm une très belle ville.
 
L]📍SRF : Quels sont les partenaires qui vous soutiennent pour les championnats du monde ?
SB : Pas de sponsors. On est peu performantes sur ce point, nous n’avons pas réussi à y consacrer le temps nécessaire. Mais tous les dons sont les bienvenus !
JH : Le coaching mental offert par Isabelle St Macary, notre sponsor et mascotte qui nous accompagne sur les courses et les entrainements. Dans notre situation c’était s’entrainer ou partir faire la quête….on a choisi de s’entrainer, mais on en parle autour de nous et il est toujours temps de nous aider ou de rejoindre notre association Team Töulöuse.
 
M]📍SRF : Il y a t-il une question que tu aurais voulu que je te pose ?
JH : « aimes-tu l’eau froide ? » pour me rappeler que c’est un défi de malades !
SB : On me demande pourquoi je m’inflige de tels efforts, qui plus est pour finir en fin de peloton ? Je réponds qu’ainsi je me sens vivante, que se frotter à la nature me reconnecte à l’essentiel et que partager cela avec une amie est très fort émotionnellement « Ensemble on va plus loin ». C’est le sel de la vie.

Jessy Hamel & Sandrine Bouvier Team Töulöuse

🎯Questions indiscrètes:

👉Embrassades ou poignées de main polies à l’arrivée ? 
Embrassades OUIII
👉Qui fait le pipi de la peur le ou la 1er(e) ? 
en même temps, c’est pour se réchauffer YES
👉Qui gueule la 1ère ? 
On gueule pas ce n’est pas élégant , jamais un mot plus haut que l’autre
👉Qui se perd la première ? 
Jessy.. normal elle est devant.
Oui mais j’ai pas mes lunettes de vue, donc c’est pas ma faute
👉Qui prie le ou la 1er(e)  ? prier ? pourquoi faire 😉 ?
👉Longe ou sans longe ? Longe
👉Le truc le plus fou que vous ayez fait en course ou à l’entraînement ?
Te suivre dans les calanques passer la faille et sortir à Razor beach
Ouii, je confirme. J’ai encore une cicatrice sur la cheville J Jean-Marie !

La communauté de Toulouse dans les calanques

IG: @svbouvier_teamtoulouseswimrun

📷 crédit photos Akuna/OtillO/SRF
🎥 Akuna / SRF

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