Swimrun Aude Occitan 2020

Le Swimrun occitan sera malheureusement notre seul dossard cette année.

Après un gros mois à plus de 35° C, le matin de la course s’annonce beaucoup plus frais avec une température ambiante de 16°C dans l’air pour 24° C dans l’eau… La petite brise qui rentre dans le poncho au moment de se changer sur le parking nous fait vite prendre, Véro et moi, la décision de mettre la combinaison.

L’avant course

Les sessions de course à pied ne seront pas assez longues pour se réchauffer sans la combinaison. Elles ne seront pas assez longues non plus pour ne pas la supporter. Connaissant le secteur de la course, nous savons que ce sont 21 km de « coups de cul » qui nous attendent sur la course à pied, le but sera donc d’être très réguliers et de ramasser du monde en natation. Rien ne sert donc de partir vite malgré un format court.

Le départ

Malgré ça je me place devant le paquet, ce qui me vaut un « ah non commence pas ! » de la part de Veronique à l’instant même où le départ est donné. Notre positionnement nous permet de savoir combien de binômes, dans notre catégorie (Mixte), nous passent devant sur les premiers kilomètres.

Ces départs qui la mettent de suite dans le mal ne lui plaise vraiment pas, je le sais. Véro ne me parle plus, ne me regarde plus, serre les dents et suit. Six binômes nous passent, on laisse faire et verrons ce que ça donne dans l’eau. On sort la longe pour la natation, je fais attention à mener un rythme qui lui permette de souffler un peu, la brise souffle de travers ce qui désoriente beaucoup de binômes qui s’arrêtent pour viser la flamme ou perdent leur équipier.

Par habitude je ne me fais pas embarquer et tire assez droit. En sortant de l’eau Véro a retrouvé le sourire. Nous décollons immédiatement pour économiser du temps sur les transitions (nous nous sommes bien améliorés). Nous constatons alors que nous avons repris beaucoup d’équipes. Ce que nous avions envisagé à la base et annonce une bonne gestion de course si ça continue, mais…

mes épaules me disent d’aller me faire f*** rapidement !

Simon

Il y a un souci de rythme en course à pied, je connais une Véro «bulldozer» dans les montées mais aujourd’hui, ce n’est pas le cas …  « J’ai mal » me dit-elle. Une tendinite mal soignée à l’ischio vient noircir le tableau, il va falloir modérer le niveau en course à pied. Cependant au fur et à mesure que nous enchainons les transitions, elle souffre de plus en plus. Elle a même du mal à sortir de l’eau. Ni une ni deux je prends la décision de longer aussi sur la course à pied afin de la soulager.

Ça marche mais elle me freine régulièrement, la tentation de tracter est forte. La solution sera alors de tracter doublement en natation, j’ai sorti les plaquettes un peu plus grosses pour l’occasion.
Après 2 semaine de vacances à la montagne sans un lac à se mettre sous la dent pour tourner les bras, mes épaules me disent d’aller me faire f*** rapidement ! Ce n’est pas grave, je suis devant, elle a besoin moi. J’avance, je cherche des appuis différents dans l’eau pour souffrir le moins possible.

Les ¾ de la course sont avalés, ça fait une bonne heure que nous n’avons vu personne, le parcours est génial, sans phases de repos et les paysages superbes. Nous sommes sur un rythme plus lent mais commençons à sécher tous les deux. Vero me fait même un coup de délire bizarre « je crois que j’ai le COVID…» lol.

« je crois que j’ai le COVID…»

Véronique

L’avant dernière portion de course à pied qui est l’une des plus longues, semble sur le papier, être la délivrance mais en fait sur le terrain c’est un calvaire. J’ai les jambes dures et Véro est vraiment affectée par sa blessure. Elle boîte, ça m’inquiète. Pas une partie de plat, des bosselettes de partout ! Je reconnais bien la signature de Lionel VILLENEUVE qui a dû se marrer en traçant le circuit à ce niveau-là.

Nous rattrapons alors des binômes dans le mal complet, ils n’ont plus de jus ni en natation ni en course à pied. Derrière chaque bosse il y en a une nouvelle. Toutefois nous arrivons enfin à l’eau, il reste 2 natations. Alors que je pensais me refaire la cerise, voici qu’au bout de 10 mètres: deux barbecues s’allument au niveau des épaules !

deux barbecues s’allument au niveau des épaules !

Je m’arrête net, c’est insupportable, Véro qui est dans mes pieds me fonce dessus et ne comprend pas pourquoi je fais le bouchon à peine rentré dans l’eau. La colère m’envahit, je sais que nous ne finiront pas dans les 3 premiers, je replonge la tête dans l’eau et me défoule sur la traversée du lac. Ce qui nous vaut de voir une équipe mixte sortir 5 secondes devant nous avant d’attaquer le dernier kilomètre qui nous mène à l’arrivée.
Or quand ça veut pas, ça veut pas. Nous passons la ligne d’arrivée en 5ème position.

Nous étions revenus sur cette course pour un podium que nous avons raté d’une place l’an dernier, nous nous étions perdus. C’est raté, c’est la dure loi du sport et de l’année 2020 parsemée d’embuches sur la préparation sans réels objectifs.

ÉPILOGUE

Une mention très particulière à la qualité et au STAFF de cette course. L’organisation de l’accueil est réglée comme du papier à musique malgré les conditions sanitaires imposées. Une grosse partie des critiques constructives remontées sur l’édition précédente ont été prises en considération. La sécurité dans l’eau est irréprochable (visibilité, présence, bienveillance).

Le monde du Swimrun s’est très rapidement développé et a vu s’engouffrer le marketing de grosses marques pour de grosse courses avec des gros montants d’inscriptions. D’après moi, au milieu de tout ça le SWIMRUN OCCITAN a réussi à conserver l’ADN de ce qu’est le swimrun : simplicité, convivialité, partage, nature, effort…

Une ‘’petite course’’, comme beaucoup la qualifie, qui mérite largement sa place dans la cour des grands.

Vivement la 4ème édition et un parcours de 35 ou 40 bornes…Hein Lionel ???

Simon Marchal – https://www.instagram.com/simon.marchal.52/

Simon n’est autre que le fondateur du Swimrun Toulouse Community 👉 retrouvez son ITW ici

Les résultats du swimrun Occitan 2020

Laisser un commentaire