Enchainement swimrun inédit dans les Calanques

Au milieu de l’été, un trio de swimrunners, Gilles, David et Akuna (alias Jean Marie), met à profit une connaissance du terrain optimale pour enchainer une combinaison originale: une apnée via siphon suivie d’une escalade (voie « prends moi sec au dessus du lagon bleu »). Gilles et David se livrent au jeu de l’interview (par Akunamatata de Swimrun France). Ils reviennent sur la genèse d’une branche, en devenir, cousine du swimrun: le swimrunclimb, l’alpi swimrun, le swimrungoat ?

Swimrun France: Bonjour Gilles, Denis, pouvez vous me résumer en quelques lignes votre histoire avec le Swimrun ?

David Denis: À L’été 2015, je faisais découvrir les secteurs de deep water (escalade au dessus de l’eau) sur la Ciotat à mon ami Vincent Delebarre dans une approche déjà inédite de course nage et grimpe.
Vincent m’apprenait que ce que nous faisions était en quelques sortes du swimrun et m’a conseillé de me rapprocher de Jean Marie Gueye alias Akuna.
À cette époque, je ne nageais pas vraiment et j’avais beaucoup de difficulté à tenir le crawl. J’étais surtout passionné de trail et d’escalade que je combinais dans une approche minimaliste (alpi-running). J’avais en tête un projet depuis des années, qui était de rallier la Ciotat à Cassis en longeant le bord de la côte. Le swimrun devenait le moyen évident pour réaliser cela.

Gilles Bernard: Je n’ai jamais fait de swimrun mais je pratique le triathlon depuis 10 ans, la seule expérience similaire que j’ai eue c’est lors de ma préparation pour l’embrunman en 2014. C’était à Sormiou en allant nager jusqu’à un lieu dit de « Rumpe cuou» il y a une falaise et un copain m’attendait dans le but de grimper une falaise de 100 mètres. Arrivé en haut, il m’a redescendu et je suis rentré à la nage, cela m’a fait 4000 m de nage et 100 mètres d’escalade. J’ai trouvé cela hyper ludique. Sinon à la base je suis grimpeur et j’ai pratiqué aussi la chasse sous marine. Plus tard je me suis mis au triathlon pour partager des moments avec mes enfants qui pratiquent cette discipline. J’adore l’endurance…

SRF: Quelle est votre relation avec les calanques ?

DD: En réalité, les Calanques ont été le « leitmotiv » de mon installation dans la région il y a une dizaine d’années. Je n’y étais jamais venu et pourtant, je m’y sentais déjà attiré comme par un aimant.
Depuis, je n’ai cessé de les découvrir et de les re-découvrir notamment grâce aux possibilités qu’offre le swimrun.

GB: je suis né aux portes des Calanques dans la calanque de Samena. A 11 ans mon frère André m’a fait découvrir la grimpe à la Candelle. Très rapidement, j’ai beaucoup ouvert d’itinéraire d’escalade et je me suis énormément investi dans ce milieu. En 1992 j’ai co-écrit le topo d’escalade des Calanques avec des amis et cette aventure continue encore maintenant avec la quatrième édition. Ces livres, édités par la fédération, ont permis d’entretenir et de sécuriser les voies d’escalade, ils ont aussi permis de sensibiliser les grimpeurs aux enjeux écologiques. Les Calanques c’est notre jardin on est né et on a grandi grâce à elles. Pour ma part, c’est une partie très importante de mon existence.

SRF: Le swimrun c’est d’aller d’un point A à un point B, en équipe à travers la nature, comment vous est venue l’idée de cette sortie originale ?

DD: Il y a pour moi un gros point commun entre le swimrun et l’escalade, c’est « l’esprit de cordée ». À partir de là, le champ des possibles s’ouvre et les idées ne manquent pas.
Il y a un an, nous nous sommes testés sur l’arête de l’extrême bec à Sormiou. Une approche dans le pure esprit swimrun et une ascension dans le pure esprit « montagne » en corde tendue.
À partir de là, j’ai compris qu’une nouvelle variante de l’escalade allait naître.
L’idée première partagée avec Jean-marie était de réunir les pratiquants de diverses disciplines afin de potentialiser la cordée (le groupe).. Le fameux 1 + 1 = 3 😉
Dans la pratique, cela reste compliqué mais nous nous en approchons..
J’ai découvert la porte de Rome et son passage « secret » sous marin il y a peu de temps et il m’est apparu comme évident qu’il fallait revenir pour gravir la voie de l’aven par cette approche !
Sans vraiment se concerter, Jean-marie commença à réfléchir à un parcours à la fois esthétique et logique et il m’en a fait part.
Pour réaliser ce défi, il nous manquait une troisième personne et j’ai spontanément pensé à Gilles (que nous n’avions jamais rencontré soit dit en passant). (rire)

GB: Avec mon approche des sports enchaînés et mes acquis en escalade, cela devenait depuis 2014 une évidence pour s’entraîner de façon ludique de varier la routine. Mais je raisonnais comme un grimpeur qui veut aller à sa falaise à pieds sauf que j’y allais à la nage. Mais pour enchaîner, il me manquait la manière d’être autonome et de transporter le minimum de matériel spécifique à l’escalade.. Quand j’ai vu cette bande de « fadas » swimrunner sur Facebook et que j’ai découvert leur matériel, l’idée d’enchaînements de swimclimb est devenu une évidence, j’ai de suite écrit sur des papiers mes idées d’enchaînement. L’idée de cette sortie vient d’Akunamatata, il m’a proposé cette sortie avec au milieu l’aven du Cancéou que je connais bien par la terre mais pas par la mer, j’ai été séduit…Merci à eux

SRF: Ça l’air facile de vous voir enchainer voies d’escalade, trail et nage en mer, il y a t-il des précautions à prendre pour vouloir vous suivre ?

DD: Au delà d’une certaine résistance physique exigée. La qualité première est d’être « adaptogène », c’est l’essence du swimrun et de l’alpinisme. C’est savoir gérer son effort, sa ressource physique, nerveuse et mentale car dans les éléments, tout peut basculer et il faut s’y préparer.
Néanmoins, ce qui est selon moi fondamental, c’est l’unité dans la cordée. Aussi, l’ego de chacun doit être mis au service du groupe. Je préfère largement mener un novice, à l’énergie positive, plutôt qu’un athlète qui ne prend pas en compte cette notion.

GB: J’avoue être débutant en swimrun et les compétences de mes compagnons ont été précieuses. En une sortie on bénéficie de la sécurité que leur expérience leur a donnée en plusieurs années. La partie escalade se greffe à cela, il y a juste cette transition qu’il faut appréhender, la partie vestimentaire est aussi à gérer. En escalade on est plus statique que dans les deux autres disciplines et un léger vent sur une combinaison mouillée peut être problématique. Au niveau respect de l’environnement ma pratique des accès en escalade et mon implication au niveau fédéral m’ont sensibilisé sur les problèmes d’accès et de piétinement. Il faudra si cette activité se développe privilégier les accès sans éboulis et sans trottoir à Lithophyllum afin de respecter la flore et il faudra aussi que les pratiquants de cette nouvelle disciplines respectent les contraintes d’usages des grimpeurs négociés avec le parc national.

SRF: En quoi l’addition de plusieurs sports mature donne une autre dimension à votre enchainement ?

DD: Déjà, il faut savoir évoluer dans chaque discipline dans son approche la plus minimaliste qui soit. Le maître mot c’est d’aller vite mais bien.
Et pour se faire, savoir choisir le matériel nécessaire sans se surcharger. Par exemple si vous savez qu’il y a un passage de siphon obligatoire en apnée il va falloir oublier le pull buoy ! (petit clin d’œil à Jean-marie qui est justement venu tester son monstrueux pull buoy sur cette sortie) et en même temps être capable de faire face à l’imprévu donc il faut un juste milieu.
En escalade, on privilégiera l’évolution en corde tendue dans les sections faciles. Tout dépend de l’homogénéité de la cordée, il faut sans cesse s’adapter.

GB: Cela ouvre des perspectives géniales pour les pratiquants de sports enchaînés et les passionnés d’escalade. La mer ne devient plus un obstacle mais un support de jeu pour la partie « swim ». Les distances d’accès horaires aux falaises sont complètement bouleversées. Ceci étant les prétendants à cette discipline ne sont pas encore nombreux. Il me semble que le potentiel de pratiquants se trouve plus dans les swimrunner qui devront se familiariser avec l’escalade que dans les grimpeurs qui en général n’apprécient guère l’endurance.

SRF: Quel a été le point le plus incroyable lors de cette sortie ?

DD: La traversée du Cap Morgiou en « swim-climb » déjà car ça faisait longtemps que j’avais envie d’y aller. C’était un bon repérage et j’y retournerai sûrement.
Et ensuite (et surtout !) l’approche de cette voie par la mer a été surexcitante ! 1000m de « nage d’approche » depuis la calanque de la Triperie. Le passage du siphon fut rocambolesque ! Pas si évident d’y passer 3 sacs étanches et un pull buoy ! J’ai cru judicieux d’accrocher les 3 sacs mais nous aurions dû les passer un à un.. On le saura pour la prochaine fois.
Mais quelle satisfaction d’arriver au pied de cette voie dans ces conditions là !

GB: Pour moi chasseur sous marin d’origine, je pensais vraiment être à l’aise dans toute les disciplines. Mais le siphon m’a effrayé, car avec la combi on est comme un bouchon qui ne veut pas quitter la surface et partir à l’inconnu vers le sombre n’est vraiment pas rassurant. Mais comme toute chose, on m’a guidé et quand on l’a fait une fois…

SRF: J’ai l’impression que vous êtes très complémentaires, et que l’équipe ensemble est plus que la somme des compétences ?

DD: C’était relativement osé d’avoir proposé ça à Gilles alors qu’il n’avait jamais fait de swimrun et que nous ne nous connaissions pas.
En fait, un jour je suis tombé par hasard sur son profil Facebook et j’ai compris qu’il faisait du triathlon. Sa réputation dans le milieu de l’escalade n’est plus à faire, et il m’est paru évident qu’il devait goûter aux joies du swimrun dans les calanques ! (rire).
Sans compter qu’il pouvait être un maillon essentiel pour concrétiser notre souhait avec Akuna.
Au final, tout s’est déroulé au delà de nos espérances.

GB: La complémentarité est une richesse dans le trio et j’ai pu vraiment profiter de l’expérience de mes camarades sur la spécificité du swimrun. Ma connaissance des falaises et des accès a certainement apporté une sérénité dans ce terrain.

SRF: Comment appelez vous cette « branche » du swimrun, alpi swimrun, swimrunclimb ? ou bien est ce encore trop tôt pour définir un nom ?

DD: Le swimrun étant déjà une combinaison de deux disciplines cela complique un peu les choses.. Personnellement, j’ai une petite préférence pour « Alpi-Swimrun ».
J’aime bien Swimclimb aussi… mais on « run » un peu quand même ! 😄 On devrait peut-être demander aux suédois ce qu’ils en pensent ? 😉

GB: Tout m’ira mais c’est vrai que je n’aime pas particulièrement l’anglais, il faut reconnaitre que « nagercourir » cela sonne quand même moins bien que « swimrun » alors autant rester avec la langue de Shakespeare … swimrunclimb c’est bien, swimrungoat c’est super aussi

SRF: Vous devez avoir des projets de parcours plein la tête ? Y voyez vous le départ d’un sport en devenir ?

DD: Cette approche m’inspire notamment pour aller chercher des voies d’escalade devenues isolées depuis la fermeture du parking de la Gardiole dans les calanques, au cirque du Devenson particulièrement.
Pourquoi pas partir de Cassis, descendre à l’Eissadon et nager jusqu’en bas des voies ? (si l’état de la mer le permet bien entendu) .
Disons qu’au delà de l’aspect « pratique » cela rajoute du cachet à cette escalade « calanquesque » déjà si particulière et si l’on combine avec du Deep Water (escalade solo au dessus de l’eau) c’est le pompon !
J’espère que nous allons ouvrir la voie mais cela restera très marginal avant longtemps selon moi. Premièrement, parce que le grimpeur n’aime pas courir. Deuxièmement, il n’aime pas nager non plus ! (rire).

GB: Oui des projets pleins la tête cela permet à 55 ans de rester jeune et du coup je vais intégrer une séance de grimpe par semaine, afin d’avoir le niveau de réaliser des projets dont le niveau peut aller jusqu’à 6c voire 7a en escalade. Vu que les trois prochaines années normalement je vais encore faire des Ironmans, ce sera un super moyen pour varier les entraînements en s’amusant, et d’intégrer l’escalade au menu…. Car évidement l’objectif est … de s’amuser.

SRF: Il y aurait il une question que vous auriez aimé que je vous pose ?

DD: Est-ce que le Swimrunner aimera grimper ? Blague à part, il serait judicieux que pour la prochaine édition du topo des Calanques Gilles fasse mention des accès maritimes éventuels ! (rire)

GB: Peut être une question sur le respect de l’environnement mais je l’ai un peu abordé dans la problématique des accès. C’est une dimension qui manque énormément aux pratiquants du « trail » mais que nous grimpeurs et randonneurs, avons traité depuis plus de 20 ans. Le parc national pour régler ces problèmes supprime les sentiers sur la carte et enlève les balises sur le terrain. L’émergence de ces nouvelles pratiques à coté d’une ville de 2 millions d’habitants et avec plus de 1 million de visiteurs par an doit être géré par l’information et l’éducation plus que par l’interdiction et la suppression d’itinéraires ancestraux. Actuellement sur le terrain cela donne une pagaille terrible et tout le monde va partout. Apparemment les usagers avertis n’ont pas la même vision que l’administration du PNC.

Epic Blue Finale Ligure en Italie, le 28 septembre 2019

La première édition de EPICBLUE SWIMRUN Finale Ligure en Italie, le 28 septembre
27-28 SEPTEMBRE 2019

Un nouveau concept en Ligurie, le swimrun, sport en plein essor, inspiré de la mythique course Ötillö en Suède, aura lieu lors du FLOW, le festival Outdoor de Finale Ligure, le samedi 28 septembre 2019. La principale compétition, appelé EPICBLUE LONG ENDURANCE, se déroule sur une distance de 23 km au total, avec un mélange de natation en eau libre et de partie trail spectaculaires sur une boucle entre Finale Ligure, Varigotti, et Noli. Ces villages incarnent à eux trois la superbe Riviera nord-ouest. Attendez-vous à un parcours magnifique. La compétition s’annonce rapide et difficile entre les meilleurs swimrunners mondiaux. Les équipes se disputeront également 6 places qualificatives pour l’événement EPICBLUE Turquie qui se tiendra en juillet 2020.
Un format SHORT EXPERIENCE sera également proposé avec une distance totale de 13 km dont 6 sections de natation, pour ceux qui souhaitent participer sur une distance moins longue que la Finale LONG ENDURANCE.

Pas moins de 300 athlètes, représentant près de 5 nations; participeront aux courses par binôme dans les trois catégories Hommes, Mixtes et Femmes, réparties entre les distances LONG ENDURANCE et SHORT EXPERIENCE. À noter que le format SHORT EXPERIENCE autorise la participation en SOLO.
Le taux de participation pour une première édition inaugurale, intégrée dans un festival outdoor déjà couronné de succès, est déjà très bon.

Au sein du FLOW Outdoor Festival, comprenant l’événement VTT / Nations du Enduro World Series, le parcours EPICBLUE SWIMRUN, partant de la marina de Finale Ligure, vous fera traverser le village pittoresque de Varigotti, la falaise rocheuse au-dessus de l’eau bleue de Baia dei Saraceni et Capo Noli, puis à travers le village médiéval de Noli. Le retour à Varigotti et le point de départ se fera par un sentier spectaculaire longeant «l’Altipiano de Manie» et côtoiera les célèbres pistes de VTT, avec une vue magnifique des paysages ligures.

Le temps prévu pour le premier vainqueur de la course LONG ENDURANCE est estimé à un peu plus de trois heures. Pour le cours SHORT EXPERIENCE, le temps prévu du vainqueur est d’environ 2 heures.

Le parcours fait environ 23.5 km avec 18 km de course sur trail / route et 5,5 km de natation pour 11 sections de courses à pied et 10 sections de natation, soit près de 20 transitions entre la course à pied et la nage. Il n’y a pas de temps à perdre pour les transitions – vous courez dans votre maillot de bain et nagez avec vos chaussures. Les athlètes se doivent de maîtriser les transitions course / natation pour garder le rythme. La température de l’eau sera d’environ 22 degrés et les combinaisons seront donc optionnelles pour les athlètes. Les concurrents doivent être capables de s’adapter à des températures en constante évolution!

• 23.5 km de swimrun entre Finale Ligure, Varigotti et Noli

• 18 km de course à pied

• 5,5 km de nage en eau libre

• 20 changements entre course et natation

• Les parties natation sont comprises entre 250 et 1500 mètres

• Les courses à pied mesurent entre 400 et 6000 mètres

• Nage la plus longue 1500 mètres

• Plus longue course à pied de 6 km

Inscription: https://www.activedrop.org/epicblue-finale-ligure/

 Swimrun reconnaissance Epic Blue Finale Ligure 2019

Interview du directeur de course Mattéo Testa

Swimrun France: Bonjour Matteo, en quelques mots peux tu te présenter aux swimrunners français ?
Mattéo Testa : Bonjour Jean-Marie. En bref (je pourrais en dire beaucoup plus) je suis un passionné de sport, de tous les sport Outdoor, d’endurance, et pratiquant actif de triathlon, natation, windsurf et plein d’autre. En compétition, je pense avoir eu des prestations assez modestes (10h20 sur IM France a Nice en 2016). Mais j’ai surtout acquis une forte expérience en tant que compétiteur combinée avec mon parcours d’organisateur (swimtheisland, swimsardinia et d’autres évènements du secteur ou non). Cela m’ enclin à exiger (et fournir) le meilleur service pour l’organisation d’un évènement sportif. Aujourd’hui c’est ça mon but : créer des évènements uniques et qualitatifs pour des vrais passionné qui partagent ma vision du sport.

SRF : L’Italie a déjà quelques épreuves de swimrun, d’après toi où en est le développement du swimrun transalpin ?
MT : Je suis conscient qu’en Italie il y a déjà un bon mouvement qui es en train de se créer pour le swimrun, grâce à la forte énergie de Diego Novella (swimrun cheers) et Matteo Debenedetti (aquaticrunner) et d’autres. Je crois fortement que, grâce à mon savoir-faire à l ’international en tant qu’organisateur, grâce au contexte dont j’ai pensé EPICBLUE SWIMRUN avec mon équipe, nous offrirons aux athlètes un swimrun Finale Ligure de grand standing.

SRF : Les valeurs du swimrun trouvent-elles un écho en Italie ?
MT : En tant que triathlète, j’ai mis du temps à me passionner au swimrun, en comprendre l’esprit, les aspects techniques et les valeurs de la discipline. J’ai maintenant acquis une maturation sportive qui me fait apprécier les particularités du swimrun, “le travail d’équipe”, le partage (de l ’effort ainsi que des émotions) et le voyage qu’à chaque fois on peut faire sur des terrain variés. Finale Ligure est le terrain idéal pour intégrer le concept du swimrun sur un territoire qui est réputé comme une des plus belles destinations Outdoor au monde. Les merveilleuses falaises inégalées pour l’escalade, les meilleures parcours de la scène mondiale du mountainbiking, des eaux parmi les plus belles en Italie pour nager …Quel meilleur contexte pour intégrer un mélange de trail running et de la nage en eau libre comme celui du FLOW – Finale Ligure Outdoor Week ?

SRF: Pourquoi avoir créé une épreuve de swimrun à Finale Ligure en ce mois de septembre ?
MT : Les explications viennent de la réponse à la question précédente. Septembre et Octobre représentent la meilleure période de l’année pour faire du sport outdoor et surtout en mer, dans la région de la Ligurie. Un tourisme complètement dédié au sport à une clientèle provenant du nord de l’Europe, une eau à 21-22 degré, un ciel bleu et les commerçants plus détendus pour offrir une restauration et des services d’excellence.

SRF: Cette épreuve est-elle abordable pour les débutants ?
MT : Oui, sans doute. Nous avons voulu proposer la courte distance, SHORT EXPERIENCE, pour permettre aux personnes qui n’ont pas encore expérimentés la discipline, et veulent la découvrir. 2.5 km de natation au total et 10.5 km de course à pied, avec 388 m de dénivelé. Sur le même parcours de la longue distance, sur la première partie et sur le retour. Vue la faisabilité de chaque portion de course par des participants non expérimentés, nous offrons la possibilité de participer aussi en individuel (catégorie SOLO). Cette épreuve courte comprendra 2 des 3 villages somptueux du grand parcours, soit Finale Ligure et Varigotti.

SRF: Ton épreuve de Finale Ligure va faire partie d’un circuit de Swimrun internationaux, peux-tu nous en dire plus ?
MT : Oui, EPICBLUE est un concept que nous avons développé comme MERIDIAN ADVENTURES RACE, dont je fais partie comme Race Director, pour un concept d’évènement plus ample, qui s’étend à d’autres épreuves parmi EPICBLUE SWIMRUN Turquie prévu en Juillet 2020 et en Indonésie (Raja-Ampat), avec d’autre projets à venir en 2021 sur d’autre destinations spéciales…

SRF: merci Matteo
MT : Merci à toi Jean Marie et à vous tous du mouvement SWIMRUN France !

Le programme de Finale Ligure:

27 septembre 2019 – vendredi | Piazza Vittorio Emanuele II
• 14h00: ARRIVÉES ET ENREGISTREMENT DES ATHLÈTES
• 15h00 – 19h00: ENREGISTREMENT EPICBLUE RACE, RACE-PACK
• 17h30: Briefing pour tous les participants du EPICBLUE RACE

28 septembre 2019 – samedi
• 7h30 – 09h30: ENREGISTREMENT EPICBLUE RACE, RACE-PACK
• 10h45: BRIEFING DE COURSE
• 11h30: DÉPART DE LA COURSE EPICBLUE
• 13h30: Premières arrivées
• 17h00: CÉRÉMONIE DE REMISE DES PRIX
• 19h30: Parti EPICBLUEFINALE FINISHER

SwimRun Côte d’Azur 2018

« Il faut se fixer des buts avant de pouvoir les atteindre. »
Michael Jordan, est l’auteur de cette citation, mais elle aurait tout à fait pu être prononcée par Dominique LE BIHAN (« Dom » pour ceux qui la connaissent), ma partenaire du jour lors du Swimrun PACA.

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En dépit d’une belle carrière de judoka durant son adolescence et des études en STAPS réussies, Dom a par la suite privilégié sa vie de famille, en pratiquant modestement et de façon irrégulière le trail. Il y a un an, elle découvrait sur Carantec, un groupe de déjantés qui nageait en chaussures et courait en combinaison de triathlon étrange. Sans le savoir, elle venait d’attraper le virus du Swimrun. Elle ne savait pas encore que l’année 2018 allait l’amener à relever des défis qu’elle n’aurait pas imaginés possible en 2017.
Après des expériences diverses et variées aux Swimrun de Fouesnant, Plougonvelin, la Transfinistère Nord et Crozon, un nouveau défi avait été lancé en septembre pour relever le dernier challenge de l’année : le swimrun PACA. Une distance de 41 km dont 8 km de natation, elle qui n’osait pas tenter un trail de plus de 8 km un an plus tôt !

Agissez comme s’il était impossible d’échouer

En compagnie de Carine, Jean-Marc, Vincent, Maëla (et Pierre-Alexandre qui nous a rejoint plus tard), nous sommes arrivés sur Beaulieu dans des conditions météorologiques dantesques. Au départ de Beaulieu, nous avons rapidement compris que la course allait être rapide avec un parcours très bitumé et semi-urbain. Tant mieux, cela nous changera de nos parcours de trails habituels et nous permettra de voir autre chose !
Comme prévu, nous nous levons à 4h50 pour nous rendre à temps sur le site de la course et prendre la navette nous permettant de prendre le départ. Et là quelle surprise … Des arrêtés préfectoraux et municipaux amputent la course de 11 km sur deux zones et retardent le départ à 9h00. Retour à l’hôtel pour tenter de tomber à nouveau dans les bras de Morphée… sans succès. Nous pensons à notre objectif : Etre finishers et, si possible, ne pas finir derniers. «Agissez comme s’il était impossible d’échouer » disait Churchill ou… Dom. Je ne sais plus… Autant dire que j’aborde la course en toute confiance.

Dom et moi sommes ensemble, à la différence de nombreux binômes éclatés

Le départ est bien pris en même temps que les concurrents engagés sur le « M ». Nous prenons, en conséquence, un départ prudent… « C’est à la fin du marché qu’on compte les bouses ». Dès la première section course, nous mettons la longe, comme nous l’avions testée avec succès une semaine plus tôt sur Santec. Lors de la première section nat, nous découvrons avec délectation une température de l’eau estivale … pour nous bretons.
La mer est démontée et joue avec les corps flottants qui tentent de se rebeller contre l’élément pour rejoindre le littoral. La mer nous accueille avec des millions d’algues qui réduisent la visibilité au néant. Nous sortons de l’eau dans le premiers tiers du « troupeau » arborant des bonnets rouges (M) et bleus (L). Dom et moi sommes ensemble, à la différence de nombreux binômes éclatés.

Pas de panique, elles sont probablement inoffensives !

Plusieurs centaines de mètres après notre sortie de l’eau, Carine et Vincent nous rattrapent : nous ne les reverrons plus avant l’arrivée mais c’est déjà une première victoire ! De nombreuses équipes nous dépassent sur la deuxième section de CAP. En revanche, nous grattons des places lors de chaque section de nage. Nous jouons ainsi au yoyo de la sorte jusqu’à l’ascension du Mont Boron. Nous sommes performants sur les phases de transition, Dom est en super forme et se sent bien : elle se permet de plaisanter avec moi et d’autres binômes. Je me permets de lui dire de garder son énergie… « Focus !»
Elle court vraiment très bien et je suis assez bluffé par sa capacité à maintenir la cadence. Je la savais très endurante mais je ne la pensais pas capable de tenir ce rythme aussi longtemps. Lors d’une des sections de nat, nous sautons ensemble dans l’eau. L’eau est un peu plus clair, ou du moins suffisamment pour distinguer… des méduses. « Pas de panique, elles sont probablement inoffensives ! ». Mais très rapidement, je m’arrête, une douleur inondant mon creux poplité. Je m’arrête net, un peu surpris. Ces « piqueurs-mauves » sont aussi majestueuses que leurs piqûres sont douloureuses. Heureusement, Dom réussira à en échapper.

Lors d’un ravitaillement, on prend le temps de prendre quelques fruits secs et carreaux de chocolat. J’encourage Dom, et une bénévole attentive reprend de plus belle son nom, pour la pousser dans son effort. Ma partenaire du jour est surprise et croit reconnaitre, à tort, une connaissance sur le circuit.
Avec leurs chauds coloris, orangers, citronniers, et autres mimosas offrent au parcours un décor végétal qui ferait pâlir bien des jardins de plantes.
Nous croisons et encourageons Maëla et Pierre-Alexandre qui sont sur le chemin du retour à Villefranche sur mer, puis, quelques centaines mètres plus loin nous dépassons Patrick et son binôme avec stupéfaction au niveau du débarcadère. Dernière section nage avant de défier la tour du Mont Boron : je cherche à rattraper deux binômes situés devant nous, mais les courants sont contraires et Dom se déporte pour m’inviter à jouer avec les vagues en les contournant. Stratégie gagnante puisque nous arrivons à la plage avant les deux équipes concurrentes. En fait ce ne sont pas des concurrents puisqu’ils sont engagés sur le M. Le nombre d’équipes engagées sur le L est faible (seulement 28) et nous ne savons pas vraiment quelle est notre place.

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Nous sommes à 3h20 de course et Dom commence à montrer quelques signes de fatigue. Ou plus exactement ses genoux et sa cheville, qui étaient douloureux avant même le départ de la course. Nous réduisons notre cadence et nous enlevons la longe qui nous relie depuis 9h00 ce matin. La gendarmerie bloque la circulation pour nous permettre de traverser la route et d’attaquer le mûr qui nous face : le mont Boron. Nous marchons pour la première fois. Je prends le temps de partager des barres énergétiques pour éviter le risque d’hypoglycémie. Le vert du mont Boron contraste vivement avec le dense tissu urbain de la ville de Nice qui déploie ses tentacules de collines en vallons. La proximité de la grande métropole n’atténue pas pourtant le caractère sauvage du circuit, car la côte dentelée comme le parc forestier transportent le visiteur dans un univers naturel. Nous arrivons au sommet et nous découvrons un panorama magnifique depuis le fort du Mont-Alban. La descente sera pénible pour les articulations de Dom, mais elle est, sans surprise, un exemple de courage.

Dom est alors balayée par une vague

Nous retrouvons l’asphalte et paradoxalement les douleurs de Dom sont moins aigües. Nous apprenons aussi que plusieurs sections nage ont été supprimées à cause d’une mer trop agitée. Nous ne voyons plus de bonnet bleus mais seulement des concurrents engagés sur le M. Certains binômes font leur courses à plusieurs centaines de mètres l’un de l’autre, ce qui naturellement nous interpelle beaucoup. Nous avons remis la longe et … nous les déposons, surtout celui de devant, avec un plaisir non dissimulé. Nous défions l’avant dernière section de natation, heureux de retrouver la mer. Plusieurs binômes peinent à rentrer dans l’eau devant les vagues puissantes. Je dis à Dom de me laisser faire et nous rentrons dans l’eau sans difficulté. Au bout de quelques mètres, je me dis que les sensations sont bonnes ! Je me retourne … et je vois Dom 10 mètres derrière moi : voilà ce que c’est de perdre sa ceinture ! Perte de quelques dizaines de secondes pour remettre le matériel en place. Nous gagnons finalement du temps en faisant une bonne nage. J’aborde l’arrivée sur la plage de galets qui nous fait face 600 mètres plus loin sans trop d’inquiétude. En posant pied par terre, je me retourne pour attraper la main de Dom et l’aider à sortir de ce tumulte aqueux. Dom est alors balayée par une vague, et moi avec devant le regard inquiet ou hilare des spectateurs.

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On plaisante avec les bénévoles du dernier ravitaillement et nous reprenons la course. On apprécie, chemin faisant, l’architecture stylisée des villas cossues de la “Belle Époque” et aussi un hôtel de luxe, à la jaune silhouette exotique. On sent l’arrivée proche et en dépit d’une crampe, Dom ne faiblit pas et poursuit courageusement son effort.
Nous apercevons au loin « la petite Afrique », qui abrite l’arche d’arrivée de la course. On la nomme ainsi, en raison de son climat et de sa flore, mais aussi du microclimat qui caractérise le territoire de Beaulieu. Il y a tout au long de l’année 1 à 3 degrés de plus, par rapport au reste de la côte, dus à la rétention de la chaleur par les falaises calcaires qui dominent le port de Beaulieu. La dernière section de natation n’est autre qu’un examen de repêchage de la première section nat que nous avons faite le matin. Nous sommes seuls dans l’eau, ce qui contraste fortement avec l’épreuve de ce matin. Nous sortons dans un tourbillon d’algues collantes pour rejoindre la terre ferme et finalement passer sous l’arche d’arrivée en 4h34. Nous finissons à la 21ème place au scratch et à la 6ème place en mixte. L’objectif est donc largement atteint, mais l’essentiel était ailleurs : le plaisir de partager un magnifique moment sportif et humain avec une partenaire grandiose. « L’incertain est le début de tout, c’est le moment où tout est possible ». Clap de fin superbe pour la saison de swimrun 2018.

Matthieu Kerleroux
Les swimrunners du Far Ouest

http://www.swimruncotedazur.fr
vidéo officielle 2018

Cannes, entre strass et plaquettes le temps d’un week-end

Plus accessible, plus urbaine, plus courte aussi… C’est la dernière née des courses Ötillö et la première en France. Elle clôture désormais la série avec ses 37 kilomètres dont 8 de natation. Samedi dernier, pour sa première édition, la course de Cannes, version longue, a réuni 155 binômes sur la ligne de départ de l’île Sainte-Marguerite, qui fait face à la ville. Dans chaque catégorie, les Suédois se sont imposés sur la plus haute marche du podium.

Tout commence par une traversée en ferry. Un classique sur deux courses de l’Ötillö qui met les coureurs dans l’ambiance et permet d’admirer le paysage, tout en découvrant la scène de départ autrement. Depuis Cannes, les deux navettes s’ébranlent, presque timides au cœur de ce port où les yachts rutilants, arborant pavillons offshores, sont amarrés à longueur d’année. À l’embouchure, les fonds spéculatifs laissent place aux fonds marins, l’île Sainte-Marguerite se dévoile en même temps qu’un lever de soleil d’un rouge flamboyant qui vient garnir les écrans de téléphones. L’émerveillement est là, la brise berce le voyage, l’île grossit et se rapproche, jusqu’au moment ou on aperçoit en haut du fort qui la surplombe, l’arche de départ.

Le flot de coureurs quitte le navire et grimpe jusqu’à l’enceinte fortifiée. Arrivée sur place : 8h. Départ prévu : 9h. La pression à le temps de monter doucement. Dernier détour aux toilettes où la file messieurs dépasse de loin celle des dames. La météo splendide, le circuit urbain, les 8 kilomètres de natation font partie des thèmes qui alimentent les discussions. La zone de départ se remplit de coureurs fébriles… et c’est le coup de pistolet! Les 95 binômes masculins, 44 mixtes et 16 féminins dévalent les pentes du fort et longent le sentier qui contourne l’île. Tantôt sableuse, tantôt terreuse, tantôt parsemée de rochers, la piste accueille une file ininterrompue de dossards rouges, verts et oranges jusqu’à la première natation où le peloton commence à s’étaler.

D’ «  île en île »

 

700 mètres séparent l’île Sainte-Marguerite de sa petite sœur, l’île Saint-Honorat, la seconde de l’archipel de Lérins dont il va falloir faire le tour à pied. La cohorte de swimrunners trace son sillon parmi les bateaux de plaisanciers pour atteindre le rivage. La température de l’eau est agréable, pas de quoi souffrir pour le moment. Sur la seconde île, on foule un joli chemin de terre plat. Tout le monde en vient rapidement à bout pour repartir sur la traversée d’ « île en île » en sens inverse. On termine le tour entamé de Sainte-Marguerite en courant, puis on se met à l’eau pour rejoindre le continent. Chaque binôme se voit attribuer une bouée pour cette première grosse natation de 1500 mètres dont on ne voit pas l’arrivée. Il faut s’accrocher et éviter de prendre la mauvaise direction.

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Une fois proche de la fin, une paddleuse nous indique de nous déporter sur la gauche, l’arrivée est derrière la digue. On distingue enfin l’amas rose de bouées alignées sur la plage à laquelle on vient ajouter un peu plus de couleur. Et c’est parti pour le bitume! Le second ravitaillement est bienvenu avant un enchaînement de courtes courses à pied alternant avec deux longues natations. Le point d’orgue sera celle de 2100 mètres qui, après avoir traversé Cannes et remonté la Croisette et ses hôtels de luxe jusqu’au fameux tapis rouge du Palais des festivals, laissera quelques traces. On croise de nombreux passants et on reçoit beaucoup d’encouragements de spectateurs apprêtés. Pantalons à carreaux, chemisiers repassés, mocassins et lèvres botoxées ne sont pas rares. Le contraste est amusant, l’ambiance est bonne.

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Entre route et chemins

 

Une fois les 2100 mètres terminés, la plus grosse partie dans l’eau est faite. Reste à boucler la plus grosse partie sur terre qui nous attend juste derrière. Plus de 8 kilomètres entre bitume et chemins du parc forestier de la Croix des gardes. On traverse quelques quartiers pavillonnaires. Le dénivelé est bien réparti jusqu’au point culminant marqué par l’immense Croix et une vue agréable sur la mer et sur la ville, le terrain de jeu de la brigade équestre du coin. On retrouve rapidement le goudron en retournant vers le centre de Cannes. Bénévoles et policiers sont présents à chaque traversée de route avec le sourire aux lèvres et des mots d’encouragement. Tous, sans exception. Nous longeons un quai où flottent quelques pavillons offshores avant de sautiller sur de gros rochers pour aller se remettre à l’eau. Une section de 1200 mètres où de nombreux binômes s’arrêtent de nager, cherchant leur direction.

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À la sortie de l’eau, les premiers bonbons font leur apparition sur les tables de ravitaillement. On reprend quelques forces avant la dernière ascension qui sera souvent évoquée lors des débriefs de fin de course. Une moitié de kilomètre vertical le long d’une ancienne voie ferrée. L’endroit a du cachet. Les mollets souffrent avant d’être délivrés sur quelques kilomètres vallonnés entre route et chemins, puis une descente à pic en forêt, puis épique dans le lit d’un ruisseau qui serpente au cœur d’une jungle luxuriante où les pierres affleurent et où agilité et crampons sont nos meilleurs alliés. Une fois l’obstacle franchi, on commence à sentir la fin, autant que la fatigue. La dernière longue section de natation de 1000 mètres fait du bien… pour ceux qui ont la chance d’éviter les méduses. Restent encore 800, 600, 600, 200 et 200 : dernier enchaînement rapide, puis c’est la montée des marches vers la cérémonie Ötillö… et la palme : son arche qu’on passe toujours avec d’autant plus de plaisir que la course a été éprouvante.

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En résumé : une course plus courte, oui (bien que beaucoup de montres affichent plus de 40 kilomètres au compteur), plus urbaine, oui mais pas forcément plus accessible dans sa version longue. Le niveau d’exigence reste élevé, dû en partie à l’importance de la natation sur le parcours. Restent les versions « Sprint » (15 km) et « Expérience » (7 km) du samedi. Elles se courent en binôme ou en solo, pour ceux qui voudraient commencer en solitaire. Géographiquement, elle reste la destination Ötillö la plus simple à rejoindre pour les Français.

Aurore Dupont

https://otilloswimrun.com/races/cannes/

Crédit Photos Akuna/ÖtillÖ

Plus de photos : https://www.flickr.com/photos/akunamatata/albums/72157674933809798

Le Mag Swimrun France numéro 4

Le Numéro 4 est sorti ! Au sommaire:

  • Edito
  • Pages Spéciales : Ötillö un lundi au soleil
  • Course du mois : Swimrun Matemale
  • Le swimrun aventure, un parfum de liberté
  • Le swimrun au Portugal
  • Matériel : les plaquettes
  • Expertise: La longe de long en large
  • Calendrier Septembre/Octobre

Tous les autres numéros sont disponibles en téléchargement

Une année de tous les records aux championnats du monde ÖtillÖ de Swimrun 2018

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Les premières équipes ont fait preuve d’une incroyable célérité pour ces 13ème championnats du monde ÖtillÖ de Swimrun 2018, une des course d’endurance d’un jour réputée parmi les plus dures au monde. Les conditions météo furent idéales pour instaurer un rythme très rapide tout au long des 75 km de course au sein de l’archipel de Stockholm. Toutefois personne ne s’attendait à ce que les athlètes écrasent les records chronométriques de façon aussi magistrale, et ce dans chaque catégorie, homme, femme et mixte.

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Vainqueurs 2018:
Hommes: Fredrik Axegård and Alex Flores (SWE), Team Sport Office, 7:39:25
mixte: Martin Flinta (SWE) and Helena Erbenova Karaskova (CZE), Thule Crew/Wolffwear Swimrun, 8:16:15
Femmes: Kristin Larsson and Annika Ericsson (SWE), Team Outdoor Experten, 8:56:26

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La 13ème édition de l’ÖtillÖ a accueilli 150 équipes représentant pas moins de 25 nations. Sur un parcours long de 75 km comprenant 65 km de trail technique et 10 km d’eau libre, les binômes ont enchainé les portions nagées et courues sur 24 iles de l’archipel de Stockholm (l’archipel en compte environ 24 000). Les athlètes courent et nagent dans la mer Baltique, traversant les plus belles parties de l’archipel, depuis le magnifique port de plaisance de Sandham vers « l’ile de l’amour » Utö. Les équipes vont tour à tour sillonner des iles désertes et résidences pittoresques d’été, devront courir sur des rochers extrêmement glissants, suivront des singles à travers des forêts denses et nager en se méfiant des courants.

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Les prétendants étaient si nombreux sur la ligne de départ qu’il était vraiment difficile de pronostiquer les vainqueurs de ces championnats du monde 2018. Les trois premières équipes de tête se tenant en quelques secondes après plusieurs heures de course. C’est Fredrik Axegård et Alex Flores (SWE) qui finalement arrivent à s’échapper et marquent les esprit avec un temps record de 7 heures, 39 minutes et 25 secondes, soit plus de 19 minutes que le précédent record. Chez les femmes le duo, multi championnes du monde de la spécialité, Annika Ericsson et Kristin Larsson (SWE) a bataillé dur pour s’imposer aussi dans un temps record, retranchant de 36 minutes leur record précédent datant de 2016. Fanny Danckwardt et Desirée Andersson (SWE) ont failli réaliser l’exploit de battre l’invincible binôme en menant une grande partie de la course mais elles ont dû se résigner en finissant 3 minutes 49 secondes derrière leurs collègues suédoises.

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Dans la catégorie mixte Martin Flinta (SWE) et Helena Erbenova Karaskova (CZE) ont assumé avec brio leur statut de favoris. Ils finissent avec une belle marge sur les seconds. Ils finissent 8ème au scratch avec un temps canon de 8:16:15, ce qui est aussi un nouveau record. Ils écrasent la marque chronométrique précédente de près de 33 minutes. Martin et Helena ont dominé les 5 manches de ÖTILLÖ Swimrun World Series en 2018 et sont en lice pour gagner le bonus de 33 000 € promis aux vainqueurs de toutes le manches s’ils gagnent à ÖTILLÖ 1000 Lakes (Allemagne) fin septembre.

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Podiums

Hommes
1. Fredrik Axegård et Alex Flores (SWE), Team Sport Office, 7:39:25
2. Jonas Ekman Fischer et Lars Ekman (SWE), Sailfish Team Bröderna Bäver, 7:42:07
3. Oscar Olsson (SWE) et Adriel Young (AUS), Team Ark Swimrun-HUUB, 7:44:20
Mixte
1. Martin Flinta (SWE) et Helena Erbenova Karaskova (CZE), Thule Crew/Wolffwear Swimrun, 8:16:15
2. Sam Clark (NZL) et Marika Wagner (SWE), Apollo Sports, 8:30:19
3. Thomas Schreven (NED) et Jasmina Glad-Schreven (FIN), Say no! to doping, 8:36:29
Femmes
1. Kristin Larsson et Annika Ericsson (SWE), Team Outdoor Experten, 8:56:26
2. Fanny Danckwardt et Desirée Andersson (SWE), Team Envol, 9:00:15
3. Charlotte Eriksson et Renée Huuva (SWE), Yo Running Club, 9:07:11

Résultats complets:

https://otilloswimrun.com/races/otillo/results-2018/

Crédit photographers: Jakob Edholm / ÖTILLÖ et Pierre Mangez / ÖTILLÖ

Isles of Scilly Swimrun

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Silly Scillies et toute cette sorte de choses.

Analyse d’un succès en deux temps

La victoire (sur soi, je ne suis pas complètement mégalo), se juge à l’arrivée.

Contexte personnel : après avoir décidé de me donner des objectifs ambitieux désormais, pour ma première carte SNCF Senior Plus, mon abandon à Lanzarote, bien qu’assumé car imparable, donnait à cette course prévue 15 jours après, une coloration toute particulière. D’autant que j’avais prévu après le Graal de l’Ironman des objectifs de course à pieds (Championnats de France FFA de 10 km route quinze jours après l’Ötillô Scilly, et un trail de 70 km assez effrayant à Val d’Isère, quinze jours après Liévin (les France). Gestion de ce programme sous la houlette de José. Les courses Ötillö sont des courses par équipe, et vu dans quel état nous errions, Xavier et moi avions (en plaisantant), prévu de faire la course en mode « touriste ». Or, voilà t’il pas que des projets de long terme se greffent là dessus, et que l’ambiance du lieu et de la course nous prend. « No tourists here, Sir. Hold on !»

Contexte collectif : nous n’étions pas deux, mais quatre. Djedjiga et Elena sont maintenant les partenaires de nos swimruns, et leur présence nous oblige à envisager autre chose que de faire de la figuration. D’ailleurs Michael Lemmel (le bellâtre organisateur), insiste pour qu’on évite de faire le clown devant les caméras. Les autres participants sont pour la plupart des armoires à glace (du cercle polaire), et de solides Walkyries (du Walhalla). En tout cas ce sont eux que l’on reluque, vu qu’ils sont là pour ça. Il faut donc avoir l’air un peu intégré… Heureusement il y a de nombreux participants de notre niveau, et nous voilà dans le moule… Mais, du coup, comme on dit à Paris, il faut faire bonne figure. Bref, nous sommes dans la course et un peu sous la pression. La pression des drafts d’ale.

Jusqu’à l’avant veille de la course c’était la cata !

Préparation et objectif : préparation en piscine et dans le parc de Saint Cloud… Tout est dit. Mais, mais, mais ! Préparation très soignée d’un Ironman réputé difficile, entre les entraînements du club, parfaits, vraiment parfaits, et nos conseillers respectifs de l’ombre, bénis soient-ils. Donc forme excellente pour moi obligée, d’autant que je n’avais pas couru le « marathon » de Lanzarote. Donc il fallait que je courre ! Car il y a ces deux courses à venir. Et… Et aussi un chrono genre « c’est bien pour toi ! T’es content? » à la Jaco, qui me laissait supposer depuis Lanza que grâce à Greg j’ai fini par apprendre à nager. Donc : tout pour mettre la pression. Et s’il n’y avait que cela pour la faire monter !
la météo : jusqu’à l’avant veille de la course c’était la cata. Beau toute la semaine d’avant et celle d’après, et le choix entre tempête, pluie ou brouillard le dimanche. Perdus dans un chenal avec des courants réputés violents, et des creux de 90 cm annoncés, la mort rodait…

des paysages à pleurer de bonheur

Le lieu : le paradis. Pas le paradis volcanique genre Lanzarote, plutôt le genre micro climat où les plantes tropicales poussent comme du chiendent. Les algues aussi. Hélas. Un mode de vie simple préservé, permettant à de riches londoniens de se payer des semaines dans un petit cottage très très simple de plein pied entouré de fleurs pour 5000£ la semaine dans une simplicité assez minimaliste (la nouvelle tendance à la mode). Des habitants adorables et des paysages à pleurer de bonheur. Contrastes, contrastes. Ouais ouais ouais. Avec le mauvais temps, la tempête, au milieu d’une passe de 2000 mètre entre deux îles, je t’en foutrai moi, du paradis. Rien n’est donné sur cette planète. Donc pas si sereins, pas comme le vent du soir.
Le voyage : c’est une expédition. Avion genre jet privé agrandi pour Bristol, trajet en voiture « à vive allure », et, ça c’est cool, dernière partie du voyage en bateau (j’adore arriver dans une île en bateau). Et l’inverse au retour !

Tombage amoureux des îles Scilly

La journée d’avant : on a bien mangé, il faut le dire. Les Anglois ont fait d’énormes progrès en cuisine. Et leurs bières sont toujours aussi bonnes que variées. L’hôtel est sympa et assez luxueux il faut le dire. Et ! Idée de génie de Xavier : louer une jolie petite barque de pêche pour le samedi. Entre émerveillements et coups de soleil, repérage des lieux aquatiques ! Ça aide ! Et tombage amoureux des îles Scilly. Ça aussi, il faut le dire et le redire : c’est sublime !

Tiens, elle est froide. Assez froide. Vraiment froide

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La course et ses deux parties : nous étions venus pour ça et il fallut partir. Même pas « demain dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne ! » Non les GO (gentils organisateurs), on tiré le coup de pistolet à 10 heures ! Les braves gens. 
Première course à pieds, et première natation, 2000 m de sainte Mary à Tresco. Tiens, elle est froide. Assez froide. Vraiment froide. Très très froide même pour Djé. Tiens il y a des algues. Beaucoup d’algues. Mais elles sont énormes. Mais elles s’emmêlent dans les plaquettes et le leash qui nous rend solidaires. Mais elles sont de plus en plus grosses. Mais c’est juste effrayant.

Qu’est ce que je fous là ?

Argggl. Première transition. Le sable est mou. Saloperie. Et deuxième natation, 1200 m Tresco Bryher. Elle est de plus en plus froide (température ressentie). Mais je suis à la ramasse. Mais faut que j’arrête le sport. Et la troisième CàP n’en parlons pas. Je suis trop vieux, je suis foutu. Qu’est ce que je fous là. Je suis un mytho. Une merde. Bref vous l’aurez compris je ne vais pas bien dans mes jambes, ni dans ma tête, ça va de pair. Passage de Bryher à Tresco, et là, erreur qui fut un coup de génie, genre Napoléon à Austerlitz (rapport au soleil et au froid, c’est subtil écoutez bien la suite), nous ne retirons pas le haut des combinaisons alors que la CàP est longue.

La température intérieure et le baromètre moral qui lui est lié, remontent !

D’ordinaire les piètres tacticiens font comme ça. Pas nous. Transpiration. Je prends conscience, là, juste en l’écrivant pour vous, chères lectrices et chers lecteurs, que cela nous a sauvés ! la température intérieure et le baromètre moral qui lui est lié, remontent ! Course gagnée ! 
Trois petites transitions natatoires plus loin nous voilà à St Martin. La forme est là ! Longue course à pieds sur single track, et là, le bonheur la joie alléluia gloire à Dieu au fond des Océans et au plus haut des Cieux, et toute cette sorte de choses : je cours ! Comme un lapin ! Comme un Padgel sur les drailles de ses montagnes (drailles => trail ! vous saisissez le lien étymologique ?).

Il y aura donc un après. Joie joie joie. Et ce paysage splendide ! À part la mer, on se croirait sur le plateau de Chaumienne, ou vers le Ranc Calliou ! C’est beau comme l’Ardèche et je suis heureux. Restent les 2500 m de traversée St Martin St Mary (priez pour nous). L’épouvantail. Eh ben franchi comme les harengs dans la Baltique ! Genre les poissons de l’Ötillö qui nous verront peut-être un jour nager avec application. Slow is fast and fast is slow comme ils disent. Ce qui aurait pu être notre tombeau est notre consécration. Dernière CàP un peu dure mais le Gü veille ! Loué soit-il. Et étant depuis St Martin avec nos Walkyries du sud, nous décidons de finir ensemble et cette CàP finale est une promenade de santé ! À bon train je précise non mais vous nous prenez pour quoi ? Nous finissons même à six Français mains dans les mains, enfin le truc à la gloire de l’éthique du swimrun !

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L’arrivée : je viens de vous la décrire, reportez vous aux deux dernières phrases.

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L’après course : je m’offre une Guinness, lentement tirée de son fût, et bue trop vite. Dommage. Cérémonie des vainqueurs, pour une fois que j’y vais, c’est sympa. Ah ce Mike, quelle prestance, quelle classe, quelle présence, quelle éthique. L’orateur aux pieds nus. Fish and chips au Mermaid. Bref, on a nos habitudes aux Scilly !
La suite : eh ben… Où va t’on pour la prochaine ? Hvar (avec un jota devant) ? Et… Plans sur la comète et toute cette sorte de chose. La suite au prochain numéro.

Marc Fortier Beaulieu

L’Ultra Swimrun à la conquête des alpes françaises

Voici une interview de Jean Christophe Bastiani, réalisée peu après une aventure qui a mené une douzaine de swimrunners internationaux à travers lacs et montagnes dans la région d’Annecy (120 km trail, 15 km natation, 5000 m+) les 28 et 29 avril derniers.

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Swimrun France : Bonjour Jean-Christophe, tu as organisé un ultra swimrun dans les Alpes du Nord qui a eu lieu les 28 et 29 avril dernier.  Avant d’en parler peux tu nous dire en quelques phrases ce qui t’a amené au swimrun en général et à l’ultra en particulier ? 

« En 2017, je participe à 17 courses toute distance dans différents pays »

Jean Christophe Bastiani : Bonjour à vous, j’ai découvert le swimrun il y a 3 ans  d’une part avec la vidéo de canal+ pour le 10è anniversaire d’ÖtillÖ (NDLR, « les exilés » de l’émission intérieur sport diffusé en 2015) mais aussi grâce à toi Akuna et les magnifiques premières images dans les calanques.

Je viens des sports nature. Ancien membre de l’équipe de France d’escalade jeune (ça fait longtemps), j’ai été au début du trail et du raid aventure où j’ai participé à de nombreuses courses nationales et internationales. Le raid devenant contraignant financièrement je me suis tourné vers le trail avec l’appel des montagnes (mon premier amour) puis vers l’ultra. Il y a 2 ans à 50km du départ de la TDS, j’arrête brusquement et je me jure de stopper l’ultra qui ne me convenait plus sachant que je passais énormément de temps à m’entrainer en mode swimrun. En 2017, je participe à 17 courses toute distance dans différents pays.

SRF: Peux tu revenir sur la genèse de ce projet ?

JCB: L’été 2017, je cherchais un défi, une nouvelle aventure pour mettre en lien mon sport de cœur, le swimrun et mes premiers amours, la montagne. L’idée a été facile à trouver :Traverser les Alpes du Nord en mode swimrun.

« réunir 20 swimrunners du monde entier pour promouvoir le swimrun, son esprit et ses valeurs »

Initialement prévu avec ma binôme de choc Marianne pour l’automne, on a très rapidement décidé de repousser pour s’organiser différemment.

Nouvelle date pour fin avril et  l’objectif de réunir 20 swimrunners du monde entier pour promouvoir le swimrun, son esprit et ses valeurs. Un groupe d’hommes & femmes amoureux de la nature et des grands espaces. Mon réseau international a été sollicité et j’ai proposé sur FB et IG de nous rejoindre avec 2 conditions, un cv sportif (pour la sécurité, et l’objectif des 24h) et surtout une lettre de motivation. 

Le groupe des 20 réuni, j’ai lancé la communication, trouvé les partenaires techniques et financiers mais surtout rencontré le président de la Fondation Ultra Sports Sciences pour établir un lien entre Ultra Swimrun et cette structure qui a pour mission :

  • Solliciter, fonds et faciliter la recherche pertinente liée au sport ultra-endurance.
  • Diffuser de nouvelles connaissances liées au sport ultra-endurance.
  • Améliorer la santé et la sécurité de ceux qui participent à des sports ultra-endurance.

Partenaires trouvés, réseau ouvert, j’ai fait les démarches administratives et trouvé quelques bénévoles avec des connaissances montagne.

SRF: La grande crainte pour cette époque de l’année c’est la température de l’eau des lacs, la gestion de la nuit en montagne, quel fut le dispositif de sécurité mis en place pour cela ? 

« Nous avons eu une chance énorme avec les températures estivales durant les 15 jours précédents l’Event »

JCB: Oui après l’hiver interminable et les chutes de neige record, mes 2 craintes étaient la température de l’eau et la quantité de neige sur les sentiers de crêtes (5 passages à 1500 m altitude).

Nous avons eu une chance énorme avec les températures estivales durant les 15 jours précédents l’Event. La neige a fondu à vue d’oeil et le soleil a réchauffé l’eau des lacs avec presque un mois d’avance pour atteindre 13-16 °C sachant qu’en mai 2017 on avant 11°C dans le lac d’Annecy.

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Les swimrunners sont habitués et le groupe de furieux passionnés d’ultra endurance aguerris. Or vu les qualificatifs « extrêmes » cette balade (120km trail, 17km de swim, 5000m+), j’avais fait appel à la société Dokever spécialisée dans l’assistance médicale (UTMB, Marathon des Sables, Ironman, Tour de France…) pour garantir le maximum de sécurité aux membres du groupe. SUP, visuels direct durant les sections swim, radio VHF et pacer (secouriste/infirmier) sur les sections trail, jour et nuit sous surveillance mais aussi sur l’autosurveillance du groupe. N’oublions pas que ce dernier évoluait ensemble.

SRF: Dès le départ tu as coloré cet évènement d’un aspect international, comment ce dernier a t-il était perçu à l’étranger ?

JCB: Ahh vaste sujet. Je suis immergé dans le swimrun depuis le début en France à vos côtés. Ouvrir à l’international était évident pour moi. Mon réseau swimrun international m’y a aidé mais aussi mon ex compagne suédoise. Les connaissances sont un premier pas mais ma passion et mes idées ont fait le reste en attirant ces sportifs. 

Concernant la Suède, c’est un peu compliqué il y a de très nombreux compétiteurs et venir fin avril pour un ultra, un peu à l’inconnu a fait peur en  début de saison. J’ai expliqué la possibilité de stopper et couper une partie mais l’esprit de vouloir finir à tout prix était plus fort. J’ai quand même eu 2 expatriés français et danois habitant en suède qui sont venus lol.

France, Suède, Danemark, Suisse, Pologne, Portugal, Italie, Asie, UK, et US était partant jusqu’aux derniers moments.

Début de saison, veut aussi dire premières blessures, incompatibilités personnelles et professionnelles, …. ce qui a réduit le groupe à 13 (4femmes et 9 hommes).

SRF: Parmi les participants, il y avait aussi une équipe française dont tu es à l’origine de la création, peux tu nous éclairer à ce sujet ? 

JCB:  Le Team « swimrun-events » est un regroupement d’amoureux du Swimrun, de la nature et des valeurs qui en découlent. Il y a des compétiteurs de haut niveau mais aussi des amateurs. Je vais prendre le temps de structurer ce groupe pour le faire évoluer avec un seul but : Le partage.

SRF: Revenons au déroulement de l’ultra, quels ont été les challenges à surmonter, attendus et aussi inattendus ? 

JCB: Le plus dur à été la météo qui étaient annoncée tempétueuses avec pluie, vent, neige sur les sommets à 72h de l’event…

Finalement nous avons nagé dans des conditions au top, eau calme et « chaude », pas de vent, soleil très généreux, nuit avec pleine lune. Uniquement du vent et des nuages sur le lac du Bourget en fin de journée , très typique en montagne.

Eviter l’accident dans un tel environnement était ma préoccupation première …. aucun secours engagé, juste quelques petits bobos et des jambes de bois  le dimanche matin.

SRF: Vous progressiez en groupe, telle une tribu, les décisions semblaient prises à la fois par l’encadrement et les coureurs, peux tu nous décrire l’ambiance, l’expérience d’un tel état d’esprit ? 

« A cet instant, j’ai vu naitre autre chose »

JCB: La symbolique du groupe était l’essence de l’aventure. Il a fallu 10km (le lac d’Aiguebelette) pour que le groupe se forme complètement. A cet instant, j’ai vu naitre autre chose. Toujours difficile d’expliquer  cette sensation typique en expédition, en milieu isolé que j’ai connu mais là c’était encore plus fort.

Automatiquement, les moins performants en nage ou trail étaient encordés faisant évoluer le groupe ensemble et …..une chose assez folle, avec sourire constant. Une bonne bande de copains qui discutait et refaisait le monde tout en se surveillant les uns et les autres, accrochant ceux qui avaient un coup de mou…

L’esprit de partage était là et les grandes décisions étaient collégiales.

Je parle pour tous les membres, les accompagnants et les partenaires qui ont vu « mûrir » le groupe.

 SRF: En terme de « bobologie » qu’as tu rencontré, et quels conseils donnerais tu aux swimrunners tentés par l’aventure ? 

« 75% de la réussite est due au mental…. et le principal c’est d’avoir le sourire !! »

JCB: Comme j’ai dit au dessus, c’est la bobologie classique de l’ultra endurance avec ampoules, genoux qui coincent et la fatigue générale. Quand je vois Camille qui a atteint ses premiers 100km, son 1er trail en montagne, couru dans la neige de la Féclaz aussi pour la 1ère fois, c’est génial. 

C’est compliqué de donner des conseils sur un tel Event. Nous parlons plus d’un swimrun aventure, expédition ou tout est possible en terme de bonheur que de douleur. Il faut se préparer physiquement, être bien dans ses chaussures (au propre et au figuré) et avoir un mental d’acier. En ultra endurance, 75% de la réussite est due au mental…. et le principal c’est d’avoir le sourire !!

SRF: Quelle a été la plus belle récompense pour toi et les coureurs lors de cette aventure ? 

JCB: Ma plus belle récompense a été de voir tous ces sourires, cette union et le final sur la plage de Talloires.  Que dire de ces 10 minutes d’étreintes, d’accolades et de toutes ces larmes dissimulées. Rien que de me souvenir de la sortie d’eau, et voir tout le monde s’embrasser, se prendre dans les bras, 26 h après le départ, ça m’a fait monté les larmes (de bonheur).

Ultraswimrun Alps 2

J’ai réussi mon pari fou de proposer un ultra swimrun aventure non stop à travers les montagnes. Quand je lis les commentaires des membres du groupes sur les réseaux sociaux ou par téléphone, je suis fier d’avoir créer cela. 

Je vais le faire version montagne mais nous pensons tous dans le groupe des 20, les partenaires, les familles présentes que nous avons passé un cap dans un nouveau swimrun typé « expédition ». Il y a  d’autres ultra comme les amis du 06 avec leur traversée des Alpes-Maritime mais surtout Niklas en Suède avec le SAUC qui est une énorme aventure sur plusieurs jours dans l’archipel de Stockholm. Respect à eux, comme l’on dit plusieurs membres c’est le côté expédition authentique qui ressortira de l’Ultra Swimrun Alps.

SRF: Quel est ton programme pour le reste de la saison swimrun 2018 ?

JCB: Je sors d’un très gros surentrainement couplé à des problèmes personnels c’est pour cela que je n’ai pas pu faire l’ensemble de l’Ultra mais le repos sera salvateur pour le corps et l’esprit. 

  • Les prochaines courses officielles seront Toulon avec Laurence MNS qui a découvert le swimrun durant un des camps l’été dernier et qui a une très grosse motivation pour faire de beaux résultats. Toulon sera en mode récup mais viendra surtout Engadin et Ötillö World Cup sous les couleurs de Vivobarefoot/Head
  • Toujours en lancement de Swimrun-Events, je suis dans l’attente de voir si je créé cette société de swimrun camps en France ou en Suède tout en gardant le programme déjà établi. (fiscalité, règlementation ….lol)
  • Je vais relancer la communication et restructurer le «groupe Swimrun-Events » qui est plus qu’une team. Terrain de test matériel, accompagnement sur les évents et performance pour certains membres. Un groupe hétéroclite tout comme l’est cette discipline.
  • Préparation de l’Ultra Swimrun Alps-Together for the future qui sera relancé fin avril 2019 sous une forme qui plaira autant aux élites que les  les amoureux de la nature prêt à tenter le défi et boucler le parcours.
  • Et enfin, une vraie expédition swimrun en Asie mineure que je devais effectuer avec ma moitié scandinave mais qui sera à 4 ou 5.

« imaginez des lacs d’altitude, une rivière qui fait le lien, le désert à perte de vue et en fond les sommets enneigés….. » 

Voilà le début de l’histoire.

merci à Swimrun France de m’avoir donné la parole sur cet événement qui se doit d’être une des nombreuses voies du swimrun et notre slogan en est le symbole.

TOGETHER FOR THE FUTURE

L’Ultra Swimrun Alps Together for the future  en chiffres :

  • 26 heures
  • 120 km en CàP, 15 km en natation, 5000 m+
  • 11 hommes / 5 femmes
  • 3 lacs alpins, 2 montagnes

Le récit complet de l’aventure sur le site de Jean Christophe:

https://www.swimrun-events.com/blog/2018/05/02/ultra-swimrun-alps—together-for-the-future