Les Gravity Races, à la découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents

Swimrun France : Bonjour Marie, Raphael, on a dépassé la mi-saison sportive pour la discipline qui nous anime, vous n’avez pas chômé avec déjà les deux tiers de vos évènements réalisés. Pouvez-vous nous éclairer sur les épreuves 2017 réalisées déjà ?

Marie Croisille : Nous avons proposé deux Swimruns supplémentaires en 2017, une Gravity Race au Lac du Salagou et une Gravi’Découverte en Ile-de-France. Quasiment 900 coureurs ont été présents sur ces deux courses, ce qui est très satisfaisant pour de nouvelles épreuves !

Raphael Rieumal : L’enthousiasme et le retour des coureurs sont très gratifiant pour le travail de toute l’équipe bénévole. L’étape au Lac du Salagou sera reconduite en 2018 mais celle d’Ile-de-France est encore incertaine pour des questions financières : malheureusement la location de la base de loisirs de Jablines-Annet est très couteuse pour notre petite association (8000 euros). Nous espérons que les autorités publiques soutiendront le projet …

SRF : Vos swimruns en lac sont très différents les uns des autres (lac alpin, en région parisienne, le Salagou dans le sud), cette diversité est elle bien acceptée par les athlètes ?

MC : La découverte d’espace naturelle différent est la ligne directrice de la Gravity Race et est certainement la (notre) philosophie du Swimrun. Avant de proposer une épreuve sportive, les Gravity ce sont des découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents. Heureusement notre choix de proposer des Gravity très diversifiées est acceptée 🙂

RR : Au delà de la découverte d’environnement naturel, nous souhaitons aussi proposer d’un point de vue sportif, des niveaux de courses différents et surtout rendre accessible à TOUS la pratique du SwimRun.

SRF : Vous êtes le 1er circuit français (création en 2016) de swimrun, avez-vous vu une évolution dans le niveau, le nombre, le profil des swimrunners ?

RR : Le swimrun étant en pleine croissance, son public évolue forcément … Sur la Gravi’Découverte d’IDF nous avons vraiment ressenti cette évolution : le niveau était très élevé, l’approche et l’ambiance de la pratique très différente que sur les Gravity Race (l’IDF était une Gravi’Découverte = événement pour démocratiser le swimrun). La Gravity race du Salagou était quant à elle dans la continuité de celle d’Annecy sur le plan sportif et humain.

SRF : Le swimrun commence à être plus connu des institutions, notamment avec la délégation de ce sport à la FFTri en début d’année, avez-vous constaté moins de difficultés pour déposer un dossier à la préfecture, ou pour négocier avec les différents acteurs économiques, administratifs ?

MC : Il est vrai que de plus en plus d’acteurs publics et économiques entendent parler du swimrun, ce qui est positif pour le rayonnement de notre pratique sportive. Cette période de transition avec la délégation peut compliquer au contraire nos relations avec les préfectures …

RR : L’enjeu dans les mois à venir sera de trouver un juste milieu entre la préservation des valeurs du swimrun et la création de règles de sécurité fédérales propres au SwimRun (devant être respecter par tout organisateur).

SRF : De nombreux swimrunners se plaignent des prix pratiqués sur les courses en France et à l’étranger, que leur répondez vous en général ? (coût sécurité, ex à donner)

MC : Nous essayons de déterminer le prix le plus juste pour chaque Gravity afin d’au moins faire la balance sur chaque événement. Etant une association notre but premier est de proposer une expérience inoubliable aux swimrunners et de mettre en avant un patrimoine culturel et naturel. Si nous dégageons des bénéfices, ces derniers sont réinjectés dans l’organisation d’autres Gravity 🙂

RR : La sécurité explique en majorité le tarif de certains swimruns. Pour les Gravity nous avons voulu des cadeaux finishers très qualitatifs (Tee-shirt Compressport), ce qui a un coût … Il ne faut pas croire que les partenaires d’une course offrent tout ce que l’on peut voir sur l’événement. La difficulté de la course rentre également en compte car elle fera varier le temps de course, le nombre de secours, les ravitaillements, etc. Ce qui est compliqué aujourd’hui c’est que toutes les organisations n’ont pas les mêmes moyens humains, financiers et logistiques (et n’ont pas les mêmes intérêts et buts) ; il est donc très complexe de comparer le prix de telle ou telle course.

SRF : Ce sera la seconde édition de la gravity race Annecy le 14 octobre prochain, il y aura-t-il des nouveautés par rapport à 2016 ? 

MC : Nous essaierons toujours d’apporter quelques modifications à toutes les Gravity d’année en année. Pour nous c’est un gage de prise en considération des retours des coureurs et de qualité pour le label. Pour le 14 octobre à Annecy, nous avons rajouté des sections natation et modifié certaines zones de Trail 🙂

Petite nouveauté aussi, le « Challenge Natation 1,7 » (certains s’en rappelle je pense…). La dernière natation d’1,7km a été très difficile pour pas mal de Swimrunners, nous avons donc décidé d’en faire un challenge et d’intégrer une partie chronométrée sur cette portion : Les meilleurs nageurs seront ainsi récompensés !

RR : La structuration de nos villages d’arrivée sera vraiment différente à partir d’Annecy : nous souhaitons proposer de véritables villages culturelles, type « sieste musicale », jeunes artistes émergents toute la journée, live painting, activités familiales (initiation à l’escalade, volley, pétanques, food-truck, etc). Venant du secteur culturel, cette nouveauté me tenait à coeur pour essayer de créer un renouveau sur les villages « sportifs » … Nous espérons que cela plaira, dans tous les cas vous êtes tous les bienvenus que ce soit en tant que coureur ou bon vivant sur le village Gravity !

SRF : La saison 2018 se profile déjà, et je suppose que vous avez plein de projets, pourriez vous nous dire si la gravity race fera encore des petits ?

MC & RR : Nous doublons notre quantité de travail pour 2018, nous essaierons de pérenniser Salagou et Annecy et de rajouter d’autres destinations (pas forcement en France). Le projet est aussi d’élargir le label Gravity mais je n’en dirai pas plus, les annonces officielles se feront très rapidement. Dans tous les cas la Gravity restera synonyme de partage, dépassement, patrimoine, découverte et de fun pour 2018 🙂

SRF : Et vous en tant que swimrunner quelles courses vous font rêver ?

MC : J’aimerais franchement essayer chaque course qui existe en Europe ! Certaine sont dans des lieux fabuleux, d’autres avec une ambiance différente, je pense que chaque SwimRun est bon à faire (et fait rêver) !

RR : Ahah beaucoup, mais le temps et le budget nous manque 😉 Nous aimerions vraiment prendre part au swimrun organisée par Marina Ivanova en Russie (Lake to Lake) et un autre dans le sud de l’Europe (course non définie pour l’instant).

SRF : Merci à tous deux

www.gravity-race.com

https://www.facebook.com/gravityraces/

https://www.instagram.com/gravity_race/

 

Dernière préparation pour Cédric Fleureton au Swimrunman de Grenoble avant ÖtillÖ

Dans un peu plus d’une semaine, les championnats du monde de Swimrun vont se dérouler dans l’archipel de Stockholm ( lundi 4 septembre). Dans quelques jours va se dérouler pour la première fois le SwimRunMan de Grenoble (dimanche 27 septembre, Lac de Laffrey), le point commun c’est l’athlète de haut niveau le plus polyvalent du moment : Cédric Fleureton.

Swimrun France : Bonjour Cédric, d’habitude on demande aux personnes de se présenter sportivement mais dans ton cas, les activités dans lesquelles tu excelles sont pléthoriques et tu es déjà bien connu dans le monde de l’endurance. Du coup peut être en introduction, peux tu nous parler de l’année 2017 où tu t’es lancé dans plusieurs championnats du monde ?

Cédric Fleureton : Après 15 ans de triathlon à haut niveau, j’ai ressentie l’envie de couper avec la compétition et le triathlon, mon corps et mon esprit étaient fatigués. J’ai stoppé 3 ans toutes sortes de compétitions et j’ai replongé dans le trail un peu par hasard et sans prétentions. Rapidement j’ai eu de bons résultats mais surtout j’ai repris plaisir à me ré entrainer et faire des courses. J’ai été champion de France trail court 2014, 2015 et 2016, et fin 2016 j’apprenais que j’étais retenu en équipe de France pour les championnats du monde 2017 de trail. Durant l’hiver j’ai eu une blessure à l’ischio-jambier, la marque BIANCHI m’a prêté un bon vtt et j’ai donc fait quelques sorties vtt pour compenser le manque de course et jouer sur les transferts. Les sensations étant bonnes, l’idée de refaire un peu de triathlon version Xterra (nat/vtt/trail) en 2ème partie de saison a germé dans ma tête et je me suis fixé comme objectif de refaire les championnats du monde Xterra à Hawaï en octobre prochain. Course que j’ai faite 10 ans plus tôt mais qui s’est mal terminée puisque j’ai cassé ma chaine alors que j’étais en tête de course. J’ai fait l’annonce de mon retour au triathlon sur les réseaux sociaux et quelques semaines après mon ami David Hauss me proposait de prendre part à l’aventure Ötillo avec lui. Je n’ai pas réfléchi longtemps et c’est devenu mon 3ème objectif de la saison.

SRF : Comment as-tu connu le swimrun et qu’aimes tu dans ce sport ?

CF : Avec un certain Jean-Marie et François Xavier ;-). Une invitation informelle dans les calanques de Cassis un été de 2015. J’ai adoré de suite ce sport, jouer avec les éléments et être au plus près de la nature ça me fait kiffer. Ça faisait longtemps que j’imaginais dans ma tête une formule où je pouvais parcourir une distance en traversant des étendues d’eau, et là je le concrétisais c’était fantastique !

SRF : Avec David Hauss vous faites une équipe très compétitive, il reste à accumuler de l’expérience, comment vous y prenez vous ?

CF : Sur le papier en effet on a tout pour être très compétitif, après il faut rester humble par rapport au fait que ce sport requière beaucoup d’expérience. Je pense qu’il faut le prendre comme un sport à part entière et non comme l’enchainement de portions de course et de natation. Pour l’expérience c’est simple on est au niveau 0. Omis de nombreuses années de pratique en sports d’endurance et enchaînés, associé à une solide connaissance de nous-même on part de rien. ÖtillÖ sera notre baptême du feu.

SRF : Avez-vous le temps de vous entrainer ensemble malgré vos emplois du temps surchargés ?


CF : La seule chose qu’on a pu faire ensemble c’est un test matériel et quelques images en action pour France 2. David étant encore engagé dans pas mal de triathlon et trail, moi en trail et bossant en temps plein on n’a pas eu l’occasion de se tester ensemble sur la discipline.

SRF : C’est bientôt l’OtillO (4 septembre), quelle va être votre état d’esprit à l’abord de cette première participation ?

CF : On est tous deux compétiteurs dans l’âme, on prendra le départ pour représenter au mieux nos couleurs comme on l’a toujours fait mais il est vrai qu’on part un en terrain inconnu, ce sera excitant 😉

SRF : Le Swimrunman de Grenoble est pour toi un vrai test de matériel, sur quelle distance t’es tu engagé ?

CF : Je fais le format sprint, ce sera un test et une prise de repères.

SRF: merci Cédric

http://www.swimrunman.fr/grenoble/

http://otilloswimrun.com/races/otillo/

Crédit photo : Akunamatata (extraites de la traversée Cassis Luminy aout 2015)

Stéphane et Jean Nicolas les vieux neptuniens sur le toit du monde – ROTW

Stéphane et Jean Nicolas ont vécu une aventure hors du commun dans le monde du swimrun en allant au « Roof of the world » swimrun, littéralement « le toit du monde ». Un swimrun situé à une altitude de près de 3900 m au Lac Karakul, Tadjikistan. Conditions extraordinaires évidemment, mais ce ROTW c’est aussi un voyage qui va bien au delà du sport. Si la géographie façonne la course, elle polie la culture et charpente les peuples, c’est aussi cela qui a fait briller des yeux de nos deux frenchies.

Swimrun France: Bonjour Stéphane et Jean-Nicolas dit les « vieux Neptuniens », tout d’abord pouvez vous nous faire une courte présentation ? Et surtout pourquoi les « vieux Neptuniens » ?

Jean-Nicolas Mehr : je fais de la natation depuis que j’ai 5 ans et de la compétition depuis que j’ai 10 ans. Mon père était militaire donc j’ai beaucoup voyagé en France et à l’étranger ce qui m’a fait découvrir d’autres sports, j’ai même joué au rugby à 7 à Mayotte. Après un diplôme d’ingénieur et un master en finance, je suis monté à Paris pour travailler. C’est pourquoi depuis 2010, je nage au Neptune Club de France et depuis 2011 je participe aux compétitions Masters. Le nom de notre équipe vient de là, en 2016 avec Stéphane nous avons participé à l’Otillo Engadin et il fallait trouver un nom d’équipe. Vieux pour masters et Neptuniens pour Neptune Club de France.

Stéphane Jay : Je suis nageur au Neptune Club de France depuis 7 saisons, au départ pour me perfectionner aux longues distances eau libre du triathlon mais j’ai vite été piqué au jeu des championnats Masters. J’ai pratiqué par ailleurs la CàP et le triathlon amateur pendant de  nombreuses années (semis et marathons, ironmans). J’ai découvert plus récemment le trail et l’ultratrail, un peu marre de l’asphalte et surtout goût prononcé de la nature sauvage et des nouveaux défis. J’ai deux Diagonales des fous à mon actif (2015,2016 et je prépare ma troisième édition en ce moment dans les Pyrénées, après les cîmes Tadjiques. Avec la natation Eau-Libre et le Trail quoi de plus logique que de pratiquer le Swimrun, nouvelle discipline à partager entre amis, et que nous pratiquons dans des endroits toujours superbes.

SRF : Vous avez participé à l’épopée du swimrun ROTW (Lac Karakul, Tadjikistan) qui a eu lieu entre le 24 et 29 juillet, quel est le dosage entre aventure, performance, inconscience qu’il faut pour s’y lancer ?

JNM : Épopée c’est le bon mot! Pour moi le dosage c’était 80% aventure, 20% performance et 0% inconscience. Ma principale motivation pour aller à Karakul était de couper complètement avec le quotidien, de sortir de ma zone de confort. Le swimrun n’a été qu’un prétexte pour l’aventure. Je n’avais jamais été aussi haut de ma vie donc pour moi la performance se situait là, voir si j’étais capable de m’adapter, de tester mes limites aussi. Je n’y suis pas allé pour battre des records mais pour prendre du plaisir. Je ne pense pas que l’on puisse parler d’inconscience, certes l’aventure est unique et sort des sentiers battus mais que ce soit d’un point de vue de la sécurité ou de la faisabilité de l’épreuve nous avions des garanties et Tony nous avait prévenu donc nous savions dans quoi nous nous lancions.

SJ : Aventure magnifique, inattendue, inouïe avec  0% inconscience, c’est évident. Après, il est vrai que l’Aventure à 100% a été composée de belles découvertes, de rencontres, de la préparation de notre swimrun jusqu’à l’épreuve.

SRF : Le coté logistique est déjà un entreprise en elle-même d’après votre récit, auriez vous des conseils à donner aux frenchies qui souhaitent s’y rendre ?

JNM : la première chose est de contacter Tony, il connaît très bien la région et organise les voyages parfaitement. Ensuite il faut savoir que le voyage prend du temps pour arriver à 3900m à Karakul. Il y a deux possibilités : en 14j depuis Douchanbe ou en 4/5j depuis Bishkek. L’acclimatation est vraiment importante, pour ne pas être malade pendant une semaine une fois à Karakul. Nous avions pris Pegasus Airlines pour nos voyages en avion et ils ont de bons appareil même en vol intérieur (ma principale crainte était d’avoir un Antonov à hélices de l’aire soviétique pour les vols intérieurs). Un conseil aussi si vous avez le temps, apprenez quelques bases de Russe, ça facilitera énormément la communication sur place.

SJ : Le voyage est très facile malgré tout, sauf peut-être si vous n’êtes jamais sortis de nos frontières européennes. C’est un grand voyage, dans des paysages superbes, hors zone de confort comme le dit JN. Apprendre quelques rudiments de Russe s’avèrera utile dans ces régions qui s’ouvrent au tourisme.

SRF : Outre la barrière de la langue se greffe la délicate question de l’acclimatation à l’altitude en mode trail et natation, le lac Karakul culmine tout de même à 3600 m, qu’avez-vous constaté à votre niveau ? (maux tête, essoufflement, insomnie etc..) Des conseils à donner ?

JNM : (3900m en fait pour le lac et le village de Karakul). En ce qui concerne l’acclimatation, nous avions choisi de faire deux nuits à 3600m avant d’aller à Karakul. Je n’ai pas ressenti de maux particuliers à part un essoufflement rapide à l’effort au début. Cependant au bout de 24h, l’essoufflement était moins important et même si je n’avais pas les mêmes capacités respiratoires je pouvais courir sans gêne. En ce qui concerne la natation, je n’ai ressenti aucune gêne particulière surtout que nous n’avons jamais fait de sprints dans l’eau donc pas d’essoufflement. Au cours du voyage, on nous a conseillé de boire du thé vert pour aider contre les maux de l’altitude et même si je n’étais pas spécialement convaincu, je l’ai fait et tout s’est très bien passé.

SJ : J’ai déjà voyagé à de telles altitudes, principalement dans l’Altiplano. Pour atteindre 4000m, il est préférable de monter par paliers pour éviter le mal des montagnes. Chacun réagit très différemment, certain y échappe, d’autres ont des violents maux de têtes, parfois même dangereux. J’ai eu une migraine au réveil à Sari Tash à 3600m, rien à la passe à 4200 en montagne, des petits flottements parfois à Karakul. Le thé est excellent, principalement pour l’hydratation, il faut beaucoup boire en altitude. Pendant l’effort de la course, j’ai eu quelques difficultés à reprendre mon souffle pendant les transitions après avoir nagé encordé avec mon binôme, aucun souci pour la course et marche rapide pour escalader les obstacles en revanche.

SRF : Vous y êtes allé pour le swimrun bien sûr, mais le ROTW c’est plus qu’un SR, n’est ce pas ? (une anecdote sur vos actions avec l’école)

        JNM : Effectivement nous sommes partis pour faire un swimrun mais finalement ce n’était qu’une demi-journée au milieu des 6 jours passés à Karakul. Nous avons découvert sur place que les bénévoles de l’organisation avaient mis en place un programme d’aide à la population locale à l’école du village et que nous étions les bienvenus pour aider également. Ce qui me revient à l’esprit en premier c’est le samedi, le lendemain du swimrun. Les organisateurs avaient prévu de faire un riz pilaf pour tout le village, nous nous sommes alors retrouvé à couper les légumes et trier le riz et tous les villageois sont venus nous voir faire car visiblement ils ne s’attendaient pas à nous voir là. Ça a été un très beau moment de partage.

SJ : Autre anecdote, notre participation au cours d’anglais où les petits villageois nous ont « adoptés » et considérés immédiatement comme des élèves lambdas, en nous posant des questions. Puis, il y a eu l’atelier de confection des « chevaux de bois » avec des chaussettes, de la laine, du fil et des aiguilles, des manches de pelles et nous étions parés pour un match de polo-basket dans la cours de l’école. Les petits moments d’apprentissage de quelques petits tours de magie a aussi été un bel instant.

SRF : Pendant la course, d’après votre compte rendu on a l’impression que le chrono cède la place à l’expérience du moment présent, à l’entraide ?

JNM : La course a été très particulière pour plusieurs raisons. Nous avions décidé de rester les deux équipes ensemble car les suédois n’étaient pas très bons nageurs et nous avaient demandé de les aider sur les parties nagées en s’encordant avec eux. De plus Stéphane et moi ne connaissions pas le parcours donc nous devions rester avec eux. En effet le parcours avait été établi sur carte et nous l’avons adapté au fur et à mesure de la course en particulier sur l’île où personne n’avait pu se rendre avant la course. Il n’a jamais été question de chrono mais uniquement de profiter des paysages magnifiques ensemble.

SJ : C’est dans l’esprit de notre sport : l’aventure à deux d’abord, mais aussi avec les autres binômes. Ici, il s’agissait d’une première. Nous étions deux binômes. Chris a préparé cette course « sur plan » pendant deux ans, a pu effectuer deux demi-journées de reconnaissance avec Maja pour définir au mieux la plus part de la course, mais des zones d’ombre persistaient, notamment le passage sur la grande île. Nous avons mélangé nos équipes pour ne plus en faire qu’une ! Nous avons encordés nos binômes, les nageurs devant, nous avons courus après Maja qui maintenait un bon rythme, mais avons surtout savouré cette aventure humaine à 4, 4 nouveaux amis pour longtemps.

SRF : Quel est l’aspect de la course qui vous a le plus marqué ?

JNM : L’environnement dans lequel nous avons eu la chance d’évoluer. Sur les parties course à pied, le paysage lunaire avec uniquement de la roche, les chaînes montagneuses enneigées en arrière plan, les différents bleus de l’eau du lac. Tout était magnifique. Pour la course en elle même, ce qui m’a le plus impressionné ce sont les ascensions avec des pentes vierges de tout chemin et dans lesquelles il faut inventer son propre tracé. Ça ajoute une complexité technique à laquelle je ne suis pas habitué.

SJ : Tout est dit dans les quelques sensations partagées de JN. On ne sent plus l’eau froide, on respire bien, on est dans un cadre majestueux qui fait pousser des ailes, l’excitation de réaliser quelque chose d’unique est là, c’est en train d’avoir lieu et on le fait, on l’a fait.

SRF : Quel est l’aspect hors de la course qui vous a le plus marqué ?

JNM : Sans aucun doute le rapport avec la population locale et en particulier les enfants. Nous avons passé beaucoup de temps avec eux en jouant au football, faisant voler des ailes de kites, participé à des ateliers à l’école avec eux. Beaucoup de moments de partage avec énormément de sourires qui nous ont fait le plus grand bien.

SJ : La communauté de Karakul nous a accueillis les bras ouverts. Avec leur cœur. Nous avons sympathisé et joué avec beaucoup d’enfants. L’un deux, à qui j’avais donné des biscuits chocolatés pour le remercier de nous avoir aidés à remonter le matériel de Polly de la plage à la guesthouse, m’a interpellé le lendemain matin pour m’offrir une petite pomme. Enorme cadeau, il n’y a pas un arbre à cette altitude et les fruits sont une denrée rare. Echange, sourires et bonheur partagé.

SRF : Après une telle course, avez-vous pensé déjà à d’autres Swimruns aventure exotiques ?

JNM : à vrai dire non pas pour le moment. Du moins pas concrètement car c’est sûr que je ferai d’autres aventures exotiques swimrun mais ça reste un concept pour l’instant. Déjà je fini de digérer tout ce que nous avons vécu à Karakul et j’aurai tout l’hiver pour réfléchir à l’avenir.

SJ : Nous ferons d’autres aventures et relèverons d’autres défis, c’est certain. C’est dans les gènes Les Vieux Neptuniens. Pour battre ce record de Swimrun en altitude il reste un lac navigable plus haut que Karakul. En plaisantant avec Chris, notre aventurier inventeur, nous avons déjà évoqué ensemble un challenge sur les îles du lac Titicaca… Qui sait ? …

https://www.facebook.com/ROTWSwimrun/

Le récit très complet des vieux neptuniens est ci dessous

http://www.mehr.fr/lesvieuxneptuniens/CR_ROTW2017.html

 

Le SwimRunMan™ se déplace au Lac de Laffrey le 27 aout

Bertrand Bouvier répond dans cette interview à nos questions sur la suite de la saison Swimrun, et plus particulièrement sur le circuit qu’il gère avec ses deux acolytes Alexandre et Florent.

Swimrun France : Bonjour Bertrand, tu es l’un des organisateurs du circuit SwimRunMan™ (SRF a interviewé Alexandre il y a quelque temps déjà, son ITW ici). Peux-tu te présenter brièvement ?

Bertrand Bouvier: Salut Jean-Marie, effectivement, je fais parti de l’organisation SwimRunMan avec Alexandre et Florent. J’ai 28 ans, je suis un ancien athlète (800m & 1500m), j’ai rangé les pointes il y a maintenant quelques années pour bifurquer sur le triple effort. Je co-dirige une société spécialisée dans l’événementiel sportif depuis 3 ans maintenant. Mon activité professionnelle se marie donc très bien avec mes activités de loisirs, que demander de mieux ?

SRF : Déjà deux épreuves de passées sur le calendrier, quel bilan tirez-vous de ce début de saison de swimrun ?

BB : Nous sommes très contents de notre lancement SwimRunMan, avec une belle édition dans les Gorges du Verdon où les championnes du monde de l’Ö till Ö l’ont emporté [NDLR Annika Ericsson et Kristin Larsson, Suède]. Nous avons passé beaucoup de temps avec nos participants après la course pour affiner notre prochaine édition. Il y a toujours des points à améliorer, surtout après une première édition. Nous sommes de plus en plus sollicités via les réseaux sociaux et notre site internet pour des conseils, des entraînements, les plus belles années du swimrun sont devant nous, à nous de faire en sorte de fidéliser les participants en leur proposant toujours plus de nouveautés.

SRF : Le lac de Laffrey près de Grenoble est un site magnifique, mais en dehors de cela pourquoi l’avoir choisi ?

BB : Drômois d’origine et Grenoblois d’adoption, j’ai effectué une partie de mes études à Grenoble et découvert le triathlon là-bas, ou plutôt, là-haut, au lac de Laffrey. Le terrain de jeu Isérois est juste fantastique pour la pratique du triathlon et du swimrun. Le cadre est exceptionnel, deux lacs très grands, des entrées et sorties d’eaux différentes les unes des autres, une partie sauvage, du dénivelé,  il faut absolument venir découvrir cette région avec nous le 27 août prochain !

SRF : Avez-vous réussi à avoir le soutien de la région ?

BB : Cette année, nous avons été soutenus par les communes dans lesquelles passe le parcours (Laffrey, Saint-Jean de Vaulx, Saint Théoffrey, Cholonge) ainsi que plusieurs acteurs locaux. De plus, pour cette édition grenobloise, nous aurons le soutien de nos partenaires Huub France et Turbo France qui réservent quelques surprises à nos swimrunners. Afin de proposer un événement de qualité à nos participants, nous sommes en relation très étroite avec les services de préfecture depuis plusieurs mois déjà. L’activité n’étant pas encore connue de tous, cela ne facilite pas les échanges mais nous prenons beaucoup de plaisir à faire découvrir cette nouvelle pratique qui suscite beaucoup d’interrogation mais qui est, dans la plupart des cas, très bien accueillie.

SRF : Pour le tracé du parcours, quelle est la logique que vous appliquez, faut-il du dénivelé ? Recherchez-vous un équilibre entre les qualités d’un nageur ou traileur ? Ou bien simplement la recherche d’un parcours le plus beau possible ?

BB : Je pense qu’il faut savoir composer le meilleur parcours possible avec les éléments à notre disposition. En Suède, par exemple, ils ont la chance de pouvoir nager et courir d’îles en îles, c’est ce qui fait le charme de leurs courses, c’est même ce qui a donné le nom de leur course phare (l’Ö till Ö). Nous, en France, nous pouvons compter sur des massifs montagneux qui nous offrent du relief et des points de vue à couper le souffle, alors oui, nous proposons des courses avec du dénivelé mais bien souvent, nous sommes récompensés des efforts consentis par un panorama exceptionnel, inimaginable. Concernant, l’équilibre entre natation et course à pied, nous avons défini différents formats et nous nous y tenons. Les bons nageurs pourront se faire plaisir sur de longues portions de natation et les traileurs se régaleront dans l’ascension vers le « petit lac »

SRF : Que conseillerais-tu comme équipement pour le swimrunner par rapport au terrain et conditions météo ?

BB : Tout d’abord, pour les débutants, il est important de tester son matériel en amont de l’événement, cela évitera les mauvaises surprises le jour J. Pour les températures (air et eau), à ce jour, nous ne pouvons pas nous prononcer pour le 27 août, sachez juste qu’à l’heure actuelle, les températures extérieures varient entre 20 et 30° et l’eau du lac de Laffrey est à plus de 20°. Mais le site étant situé à plus de 900m d’altitude, cela peut aller très vite, dans un sens, comme dans l’autre…

SRF : Au niveau accueil sur site, est-ce adapté pour les familles, le tourisme ?

BB : Bien sûr, la base nautique de Cholonge propose diverses activités sur le lac, par ailleurs, le secteur regorge de monuments à visiter (château de Vizille, la bastille de Grenoble, …) et, pour la petite histoire, le départ de la course sera donné depuis la « Prairie de la Rencontre » qui fut le théâtre de la rencontre de Napoléon et de l’armée Royaliste, une statue de Napoléon dominera le départ. Quoi qu’il en soit tout le monde pourra trouver une activité qui lui convient en venant au SwimRunMan™ de Grenoble le 27 août prochain.

SRF : Il y a t-il une question que tu aurais aimé que je te pose ?

BB : Non, merci pour cet entretien, c’était très complet et merci pour ton investissement  dans la communauté du swimrun. Nous, organisateurs, avons besoin de passionnés comme toi pour faire connaître et véhiculer les valeurs du swimrun.

Le circuit SwimRunMan comporte trois épreuves au calendrier 2017 (Gorges du Verdon le 30 avril / Lac de Serre-Ponçon le 2 juillet / Grands Lacs de Laffrey le 27 aout).

http://www.swimrunman.fr/inscription

France: Swimrunman Grenoble 34.5 – Total distance: 34,5 Km – Swim Ratio: 13 % – ©WoS & SR-France

Date: dimanche, 27 août 2017

Lieu: Lac de Laffrey

Le Swimrun dans Sportstratégies

Le décollage d’un sport en France est toujours un moment particulier, c’est à ce moment que se cimente les valeurs, les traditions d’un sport. Peggy Bergère (@pegbergere), journaliste et ancienne athlète de haut niveau s’intéresse de près à ce sport outdoor tendance puisqu’elle a même mouillé  le maillot sur le swimrun de la cote vermeille avec Stéphanie Cano (ancienne capitaine de l’équipe de France de Handball). Peggy est l’auteur déjà de plusieurs papiers dans l’équipe, et là elle décrypte pour nous le phénomène swimrun dans les pages de Sportstratégies.

Swimrun France : Bonjour Peggy, peux tu te présenter brièvement ?

Peggy Bergère : Je suis une ancienne sportive de haut niveau… de hockey sur gazon. Après une vingtaine d’années de carrière dont 10 en équipe nationale et un an en Hollande, LE pays du hockey,, j’ai stoppé net mon parcours sportif en 2006 pour me consacrer à ma carrière professionnelle de journaliste à L’Equipe.fr. Pendant une dizaine d’années, j’ai privilégié le travail au sport et quasiment stoppé toute activité sportive. Je ne m’y suis remise que très récemment en partant du niveau zéro. Pour moi, cela reste aujourd’hui très compliqué de me voir « ramer » en course à pied alors que j’avais un bon niveau étant plus jeune, mais le principal reste « de bouger et faire quelque chose ». Au niveau professionnel, je suis co fondatrice d’une agence de communication dédiée au sport qui s’appelle Plein Zoom (www.pleinzoom.com). Avec mon associé fondu de sport lui-aussi (Pascal Boutreau) et adepte des courses ultra (et ex Grand Reporter à L’Equipe), nous sommes spécialisés dans le sport et créons des contenus pour la presse, les événements, les fédérations… Nous intervenons notamment sur toute la partie stratégique et digitale avec des contenus allant de la rédaction aux supports vidéos. Tous les deux sommes amoureux du sport, de ses vertus, ses rencontres, ses émotions…

SRF: Tu as participé en tant que concurrente mais aussi en tant que journaliste au Swimrun de la Cote Vermeille 2017 (la moyenne distance). Comment cela s’est-il passé ? As-tu appris des choses que tu n’avais pas anticipées ?

PB : Pour commencer, cela a été une nouvelle expérience… géniale ! Je connaissais le Swimrun pour être allée accompagner des amis à Cadaquès l’an passé, mais sans plus… J’ai découvert un site, une discipline qui m’a donné envie, sans en connaître réellement les codes. Je m’y suis intéressée de plus près en rencontrant Jean Marie Gueye au Marathon des Sables en avril dernier, où je travaillais comme journaliste pour L’Equipe Ilosport, Sports Stratégies et le magazine les Sportives. Nous avons échangé, et voyant la discipline émerger de plus en plus en France, je me suis dit qu’il y avait des histoires à raconter, ne serait-ce que celle de l’arriver du Swimrun en France… Par rapport au Swimrun de la Côte Vermeille, j’ai été contactée par Hélène Tzara via Sylvain (Rousselat, un des co-organisateurs) pour rédiger des papiers. L’attrait croissant pour l’activité en France m’a offert la possibilité de rédiger des articles pour Ilosport… à condition d’y participer. J’ai eu la chance de pouvoir m’aligner en binôme avec une ex championne du monde de handball (en 2003, Stéphanie Cano), toujours en possession de réelles capacités physiques, aussi bien sur terre qu’en mer… Et heureusement ! Community Manager pendant le tournoi de tennis de Roland Garros, je n’ai pu m’entrainer pendant 3 semaines, et suis arrivée sur la Côte Vermeille avec pas grand chose dans les bras ni dans les jambes. La longe m’a sauvé la vie (et je n’exagère presque pas !). Elle a clairement permis de nous niveler : particulièrement adepte de l’effort physique, elle a pu « s’arracher » et se dépenser comme elle a voulu, là où moi j’ai misé sur mes « restes », bien insuffisants pour clore la distance imposée (24 km). Ce « détail » m’a particulièrement marquée. Avancer en binôme est un énorme plus, pendant et après la course… Ca a été génial de partager les galères et les bons moments ensemble, de franchir la ligne d’arrivée ensemble et encore aujourd’hui de reparler de cette aventure, car il s’agit d’une réelle aventure…

SRF: Quel potentiel vois tu dans ce sport très jeune encore ? En quoi se diffère t-il d’autres sports d’endurance outdoor ?

PB : Il y a tout un coté sport nature dans des endroits privilégiés qui est top ! Se retrouver à nager au dessus des poissons, dans de l’eau cristalline avec des fonds marins à couper le souffle relève du bonheur. Courir en milieu naturel avec des vues de malades est tout aussi prestigieux. La difficulté physique est remplacée par ce partage, cette beauté… La compétition existe, mais à son niveau. Je veux dire par là que vous pouvez autant vous aligner pour gagner, que juste pour les yeux. Que vous pouvez être amenés autant à côtoyer des athlètes olympiques (Carole Peon et Jessica Harrison sur la Côte Vermeille, victorieuse de la Moyenne), que des personnes lambda… Tout le monde se mélange et partage un truc dans un lieu unique. C’est une autre façon de découvrir des territoires, de profiter des lieux… Et avec une petite bière en passant la ligne d’arrivée, c’est encore meilleur. Pour tout cela, merci !

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