Hokey Cokey (Octobre 2015)

La Cornouaille est l’extrémité sud-ouest de l’Angleterre. Région isolée, sa côte est accidentée et sauvage. C’est  là que s’est déroulé en Octobre 2015 la première édition du « Hokey Cokey », un swimrun court de 12 km au total. La proportion de natation (4km) est importante, favorisant un peu les nageurs, mais malgré sa brièveté la course à pied ne doit pas être sous-estimée. Empruntant le fameux sentier côtier qui serpente de plages en falaises, ce ne sera pas une partie facile. Une autre caractéristique de cette course est d’être individuelle : pas d’équipe, c’est une première pour moi.

« les premiers 100 mètres sont avalés au sprint »

Hokey Cokey, départ dans la campagne
Départ au sprint dans la campagne Anglaise

Le départ est donné  dans un grand champ, et les premiers 100 mètres sont avalés au sprint pour passer une première barrière et rejoindre rapidement le sentier mono trace. Le premier peloton est trop rapide pour moi, et je me retrouve avec une poignée d’athlètes. La première section est la plus longue, 4km, et nous amène à l’extrémité Ouest de la course. Nous montons et descendons, zigzaguant en longeant la falaise, pour descendre vers le charmant petit port de Charlestown qui est en fait un musée maritime à ciel ouvert. Nous remontons à nouveau au sommet d’une falaise. Le rythme est élevé, personne ne veut lâcher un pouce. Pour un départ de swimrun, c’est plus intense que ce à quoi je suis habitué ! Nous plongeons enfin vers la plage de Porthpean et la première section de natation. Ma transition est lente ; absorbé  comme je l’étais dans la course je ne suis pas prêt et je perds quelques secondes si chèrement gagnées sur le sentier.

« pas le temps d’admirer les vieux gréements »

L’eau n’est pas trop froide (tout est relatif !), mais par contre il y a des vagues qui sont un peu désordonnées. Pas facile de trouver un bon tempo en longeant la côte sauvage. Cette natation de 1.2km me paraît longue, peut-être la conséquence du départ de course rapide. Un kayak nous indique de tourner à gauche et nous sommes de retour au port de Charlestown pour un petit ravito. Je n’ai pas le temps d’admirer les vieux gréements qui pourtant valent le détour (la visite touristique, c’est pour l’après-course !). Petite course sur une plage de sable ferme et quelques rochers, et nous retrouvons l’eau pour faire 1.7 km en mer qui doit nous amener à la ‘Carlyon beach’.

Hokey Cokey, fin de la première natation
Fin de la première natation

Je me mets à l’eau avec deux autres concurrents qui partent légèrement plus au large, alors que je reste très près du bord. Les vagues et le courant sont contre nous, et la progression est lente, mais je crois que c’est plus calme près des rochers, même si c’est plus impressionnant. Je nage en puissance dans les vagues et j’ai fini par trouver mon rythme. Je ne vois plus mes deux compagnons, donc mon choix de navigation a dû être le bon. Je commence à apprécier la course en longeant cette côte sauvage aux criques dentelées, et ces vagues fortes qui viennent se briser sur les rochers. Un dernier éperon rocheux cache la prochaine plage et il est donc difficile d’apprécier la distance qui reste à parcourir. Enfin je vois la plage au détour d’un rocher et je me retrouve rapidement sur la terre ferme.

« Le sable est fuyant, ne fournissant aucun appui stable ou solide »

hokey cokey
Une plage de 1km de long

Dans un swimrun, on a souvent envie de courir à la fin d’une longue natation, et vice versa. J’étais donc prêt à courir sur cette plage de ‘Carlyon beach’, longue d’un kilomètre. Après 100 mètres, j’avais déjà envie de retourner dans l’eau ! Le sable est fuyant, ne fournissant aucun appui stable ou solide. A chaque pas je m’enfonce et j’ai l’impression d’être à l’arrêt. Je me rapproche de la mer en espérant trouver du sable plus ferme. Peine perdue. Je remonte, c’est pareil. Rien à faire, je ne trouve aucun endroit propice à la course à pied. Je me retourne en pensant voir mes poursuivants sur mes talons, mais je ne vois personne. Je continue donc, le souffle court et à faible vitesse. Enfin le bout de la plage approche. Un petit raidillon  très raide m’amène au  sommet de la falaise pour tourner à droite vers l’extrémité Est du parcours. Les poumons et les cuisses brûlent, mais la vue au sommet récompense des efforts, et l’ensemble de la côte sauvage se révèle dans toute sa splendeur. Le sentier du littoral plonge de manière abrupte sur la toute petite plage ‘Spit beach’, pour la dernière section de natation.

Enfin des vagues et du courant porteur ! Un vrai plaisir. Les vagues sont toujours là, mais on peut surfer pour arriver à nouveaux sur l’extrémité Est de ‘Carlyon beach’ et son petit raidillon. Au sommet je tourne cette fois-ci à gauche et suit le chemin qui traverse un joli golf. Le mélange entre golfeurs en polos et le swimrunner en combi néoprène est ‘intéressant’ 😉 ! Enfin, je sors du golf et replonge vers l’arrivée pour une dixième place dans un temps de 2h13.David Bartlett chez les hommes et Verna Lee chez les femmes ont gagné en 1h41 et 2h20 respectivement.

« Formule solo pour ce swimrun »

La formule solo de ce swimrun a des avantages et des inconvénients. L’organisation est plus facile puisqu’il n’y a pas besoin de trouver un partenaire avec ce que cela implique pour les entrainements ; la course est vraiment centrée sur soi-même. Par contre on perd le côté chaleureux des courses en équipes. La distance courte est un peu trompeuse en raison de la difficulté en natation et en course à pied. Par contre c’est accessible pour un plus large publique, peut-être avant de se lancer dans des courses de plus longue distance. L’organisation fournie par les ‘Mad Hatters‘ est simple mais efficace et tout est fait dans la bonne humeur. Un succès pour cette première édition qui devrait être reconduite l’année prochaine.

La course est basée autour de St Austell, la plus grande ville des Cornouailles. Assez isolée, il faut une voiture pour vraiment visiter cette jolie région. Elle vaut le détour si vous aimez la nature sauvage, les plages tranquilles, et pourquoi pas le surf qui est très pratiqué. Les vagues ne manquent pas !

Au fait, « Hockey Cockey » est une chanson folk Anglaise du 17ème siècle, maintenant adaptée et connue par tous les enfants Anglo-Saxons. Il y est question de plonger son bras ou son pied , le sortir, le remettre, faire un tour sur soi-même, recommencer, etc. Bonne devise pour un swimrun.

François-Xavier Li
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