Un Ötillö avec les tripes

NadZa Uto 2017

NadZa tema souriants a Uto 2017 photo World of Swimrun / Swimrun France

L’Ötillö c’est une aventure pour tous et toutes, pas que pour quelques équipes devant. Tout le monde a son histoire personnelle qui mérite d’être racontée et lue. François Dubuc nous fait partager sa course avec Nadja Van Camp. Un binôme mixte, international, solidaires du premier au dernier pas.

Nad et moi, la NadZa , on était bleus bites sur l’ötillö cette année. Voici, un compte rendu du truc qu’on a vécu. En espérant que ça donne envie.

En fait je ne sais pas par où commencer.
Et pour éviter le pathos,
Oui, c’était dur
Oui, il y avait du vent, de la pluie du froid et des vagues
Oui j’ai explosé et subi.
Oui j’ai eu peur de ne pas finir

Mais en signant pour cette course lorsque nous avons reçu notre last minute slot après un roll down #notredamedelachatte, on savait que je n’avais pas les 65 bornes de course à pied dans les cannes.

On voulait y aller, c’est tout.
Voir Sandhamn,
Nager le pig swim,
Courir -si possible- le semi d’Ornö,
Et surtout, pleurer à Utö « island of love ».

gueuler devant la Baltique parce qu’il faut se foutre dans de l’eau à 12

Bref, c’est comme ça qu’on se retrouve à 7km de l’arrivée de l’Ötillö Swimrun World championship,après en avoir nagécouru 68, passé le dernier cut off, à gueuler devant la Baltique parce qu’il faut se foutre dans de l’eau à 12 pour commencer les derniers tronçons de la course , 1km de nat en 4 fois et 5 à pied.

Et que ça fait deux heures que je suis sec.
Sec.
Sec.
Et gelé.
Si prêt si loin.

Départ 6h du mat. Il pleut des cordes. Un très fort vent souffle sur l’archipelago.

On a peur. Mais on est bien avec notre peur. Un été studieux fulldoublepullplak, puristes s’abstenir, a gonflé mes épaules autant que ma confiance. Je me sens capable de tenir la baraque en nat. En gérant bien la course à pied et les cut off, ça va passer.

course foretDe fait, le début de course est plutôt soft. La 1ère nat de 1700 rassurante. la flotte n’est pas gelée et j’emmène le 53×11 easy style. En course à pied, ce n’est pas roulant, ça bouchonne un max, permettant d’être relax. Vigilance de rigueur car déjà des abandons sur chute. Les cailloux mouillés sont glissants au possible et malheur à ceux qui confondent vitesse et précipitation. Certains passages à pieds sont quand même scabreux. Limite du 4 pattes, escalade ou descente en rappel pour certaines transitions .

Dans l’eau, ça va toujours bien. Pas mal de courant, pas mal de vent et de houle obligent à s’engager en permanence. Pas question de se la jouer cool « je tourne les bras et j’arriverais bien au bord ». Non, il faut lever la tête souvent pour si besoin corriger le cap, limiter les temps mort pour ne pas dériver et appuyer fort pour lutter contre les vagues, exercice nouveau mais ludique pour les bitos que nous sommes en eaux libres.

On est bien dans nos baskets, à faire ce que l’on sait faire , sans plus. Chaque station de chrono est l’occasion de penser à nos amis, que l’on imagine devant le tracker.

On est comme en pleine mer avec des vagues qui déferlent

36202224084_be865b78ef_oPig swim time. Situé à mi-course, c’est la portion de nat la plus exposée. 1400 m à guetter le point stroboscopique de la sortie d’eau. Là, c’est du brutal. Ça secoue, ça fait même un peu peur. On est comme en pleine mer avec des vagues qui déferlent, qui te poussent vers la sortie. Nad derrière est une boule de flipper, les vagues la propulsent sur moi puis l’éloignent, je sens la corde se tendre et se relâcher et bim la revoilà.

C’est long.

Comme disent les commentateurs du live « it’s dirty, it’s a dirty swim ». De fait tu nages comme un porc avec une idée fixe, atteindre ce foutu point stroboscopique.  Rétrospectivement, c’était trop bon cette bagarre, cet engagement pour avoir le droit de continuer.

Trop bon mais énergivore. Car si la Baltique a des creux, mon estomac aussi, et ça commence à foirer question ravito, Plus grand chose ne passe.

« Plus envie de manger, attention danger »
J’ai creusé ma tombe, le semi d’Orno implacable juge de paix va vouloir m’y allonger. Très vite, sur cette portion roulante, je n’ai plus la force de courir. On essaye de fractionner , d’alterner marche/ petit trot mais peine perdue.

Il pleut, il vente, on se les pèle. Nad passe devant et me tracte en marchant vite pour se réchauffer. Mon challenge perso est d’arriver à me rapprocher d’elle, détendre la corde. Peine perdue. Pendant les 3 heures de ce semi, je n’ai plus de jambes, plus de force, plus d’estomac. Mais j’ai le plus important, ma binôme #serialkilleuse#angegardien.

No more swim, welcome to Utö, island of love

Et c’est comme ça…
qu’après avoir nagécouru 68 bornes, passé le dernier cut off, qu’on se retrouve à 7km de l’arrivée de l’Ötillö Swimrun World championship, à gueuler devant la Baltique parce qu’il faut se foutre encore dans de l’eau à 12 pour commencer les dernières sections de la course , 1km de nat en 4 fois et 5 à pied.

Je suis sec sec sec et gelé.

4 courtes natations à très fort courant, 4 efforts maximum pour ne pas louper l’île, pas le droit de mollir, une fois qu’on se lance, c’est tête dans le guidon.
A bloc.
Tellement peur de craquer.
On gueule tous les deux notre rage, notre envie, notre peur, nos douleurs.
embrassade endLa NadZa au combat.
Un bénévole nous accueille avec un « No more swim, welcome to Utö, island of love » .
Plus trop de souvenir des 4 bornes à pied qui nous amène à la ligne.
On a vu Sandhamn
On a nagé pig swim
On a « couru » le semi d’Orno
Et j’ai pleuré à Utö. »

Z de la NadZa

Photos © Ötillö & World of swimrun / Swimrun France

Hellas Frostbite: un swimrun venu du froid

15267562_1201787573248420_120553912786912224_nLe Hellas Frostbite est une course unique. Elle a lieu le premier Samedi de Décembre dans le parc hellasgården au cœur de Stockholm, c’est probablement la course la plus froide du calendrier, d’où son nom « gelures de Hellas ». Organisée par trois amis qui redonnent tous les bénéfices à l’œuvre caritative « Barncancerfonden » contre le cancer chez les enfants. Le prix d’inscription est minimum de 300krona, environ 30€, mais les participants sont encouragés à donner plus. Cette année la course a collecté environ 1800€ avec 49 compétiteurs courageux. Une très bonne initiative pour une œuvre caritative. Et il faut être courageux car si c’est un sprint, il ne faut pas avoir froid aux yeux pour se jeter à l’eau. Jean-christophe Bastiani a relevé le défi et nous fait partager son aventure.
Crédit photos Delphine Simon et Hellas Frostbite.

Journée classique de décembre en Suède -5°C dehors

8h00
Le réveil sonne… petit regard par la fenêtre. Ouille aie et re-ouille. Les organisateurs ont bien choisi. C’est prévu pour être la journée la plus froide et la moins ensoleillée de la semaine. Chouette !
« journée classique de décembre en Suède -5°C dehors avec bise du Nord -9 ressenti »
Un bon petit déjeuner avalé, sucré-salé et hop direction Slussen en Métro pour trouver le bus qui nous mènera à Hellasgården.

8h47 Slussen
Le timing est assez court donc il ne faut pas se tromper ….. Un grand bordel et après quelques aller-retours dans les halls, nous attrapons le bus. Petit moment d’hésitation mais ça y est l’aventure approche.

9h17 arrêt Hellasgården
L’air est sec et piquant mais pas de vent dans cette belle forêt parsemée de « mille »lacs. Et tout d’un coup fou rire en voyant un patineur tester la glace pour aller randonner…. OUI de la glace, bien épaisse et bien brillante avec le soleil qui perce et nous réchauffe. On avance vers Notre lac, Notre terrain de jeu et dans les sous-bois, il fait bon à marcher et tout d’un coup nous y voilà…

9h30 Hellasgården
15283929_1210061952420982_6179232871535818131_nJ’arrive et accueil de Philip très heureux de me voir. Ce sera le début de belles rencontres tout au long de la journée. Ça y est, je suis en Suède (pays que je connais depuis longtemps) mais pour faire un swimrun. Il me fait un briefing en anglais pour me donner les consignes et surtout que nous aurons uniquement 30-40m à nager vu l’épaisseur de glace et la température de l’eau proche de 0°C. Vestiaire dans les toilettes immenses et chauffées, j’adore ce pays, et direction la première boucle pour s’échauffer.

Jag talar svenska !!

10h38
Tout le monde écoute le briefing en suédois, j’applaudie comme tout le monde, je tourne la tête comme tout le monde et sourit au bon moment….. Jag talar svenska !!
Cette fois, décompte et ça sera le départ… moment d’excitation et j’ai bien envie de m’amuser.

10h48
15280989_10211294648752686_1346626738_nDépart au milieu des braseros, qui me rappelle samedi dernier au refuge de Combe Madame en Belledonne.
Deux groupes se forment au bout de 200m… et je prends le wagon du premier, je me sens bien, je suis heureux. Il y a quelques furieux devant mais à 900m, il n y a que 60s d’avance alors je reste tranquillement à ma vitesse avec le petit groupe. Le parcours va être exigeant, une succession de montées et descentes sur 5 km très cassant dans la forêt et de la glace par endroit. Premier tour à 15km/h, je suis bien, je pense à ma pose de pied, me relâcher. J’ouvre l’avant de ma combi pour réguler ma température. Je porte mes tenues NaturalPeak (t-shirt et legging) sous la combi en prévisions du swim. Excellente qualité de ventilation avec le tissu en Modal WoodWear.
frostbite-2016-2Le moment tant attendu arrive, la mise à l’eau sur le ponton glacé, 10s à palabrer et go, de la vélocité et 2 respirations après j’attrape l’échelle pour remonter. Le cardio est à 180 depuis le départ et il faut enchaîner. Une course folle et j’adooooooore.

Mes genoux commencent à subir le froid dans la dernière partie

15350580_1210061629087681_3647837357913630140_n.jpgTout trempé, je repars pour mon 2ème et 3ème tour qui seront un peu plus lent que le 1er.
La seule différence sera la mise à l’eau directe… pas de transition !! On n’est pas là pour acheter du Glogg et des pepparkakor

Mes genoux commencent à subir le froid dans la dernière partie, la plus vallonnée. Ma vitesse me permet de doubler 2 ou 3 swimrunners mais je suis obligé de marcher quelques secondes et perd au moins 60-90s. Peu importe, je suis dans le plaisir, il fait froid mais je me suis entrainé à pire en montagne.
15319225_1208902399203604_1237652382146106046_n.jpgEt voilà je finis cette belle course d’Hellas Frostbite Swimrun après 15km dont 100-120m de natation avec pleins d’encouragement en Français !! Un vrai gamin et un énorme sourire à l’arrivée malgré le froid qui commence à tomber en parallèle de la disparition du soleil mais la chaleur humaine de tous mes amis suédois était bien plus forte.
15320341_10211281310459237_1125237243_nTout heureux de ma 11eme place, je ferai beaucoup mieux l’an prochain, je découvre enfin toute l’équipe Swimrun World of Swimrun maintenant dans la vraie vie. Niklas, Philip, Daniel…. et tous les autres avec qui j’espère m’associer pour une ou plusieurs courses…. Michelle Nyström, j’attends ta réponse! lol

Multiples accolades et félicitations… Voilà ce que je retiendrais de cette « course ». Du bonheur partagé entre personnes simples qui aiment la nature et le dépassement de soi.

Borås Swimrun 2017

Boras 2017Annonce du Borås Swimrun 2017. En Suède, pays de naissance du swimrun, deux courses auront lieu le 11 Juin 2017. La course moyenne distance offre 29 km de course à pied et 5 km de natation avec un dénivelé de 1000m. Une nouvelle course distance sprint est proposée avec 12 km de cap et 1150m de natation. Inscriptions à prix réduits avant le 13 Octobre.

www.borasswimrun.se
#borasswimrun

ATOBE

Lac Immeln

Nouvelle course en Suède le 27 Août 2016. Le ‘ATOBE’ (lire ‘A to B’, de ‘A à B’) part du point A à Breanäs et finit au point B à Immeln, au bout du lac Immeln situé dans la région du Skåne au Sud de la Suède. De format moyen avec 3,4 de natation et 28 km de course à pied, cette course comporte 20 sections au total et les transitions devront donc être rapides. Les organisateurs, qui parlent très bien Français, nous ont promis une belle épreuve le long d’un lac en plein nature. Les inscription sont ouvertes le 15 Février.

http://www.atobe.se/

Fiche technique: ÖtillÖ

Version pdf

OtillO mapÖtillÖ  qui veut dire ‘d’île en île’ en Suédois est le Championnat du Monde de Swimrun

Date: Premier Lundi de Septembre. Cette date est choisie pour éviter le trop grand nombre de bateaux qui naviguent le weekend.

Géographie : archipel de Stockholm (Suède), allant de l’île de Sandhamn au Nord à celle de Utö au Sud.

Distances: Total 75km, 15% de natation.
Natation : 10km, 22 sections, la plus longue 1.75 km
Course à pied : 65km, 23 sections, la plus longue 19.7 km

Terrain: varié avec hors-piste complet en forêt ou rochers, sentiers forestiers, routes goudronnées ou en gravier. Navigation entre îles qui sont parfois exposées aux courants et aux vagues.

 

Niveau de difficulté OtillO

Barrières horaires : au nombre de 5, elles sont strictement appliquées pour des raisons de sécurité. Ne pas partir trop lentement pour passer la première barrière de 9:00 à Runmarö.

Température : L’eau peut varier de 12 à 16˚, l’air de 10 à 20˚.

Particularités : lieu de naissance du swimrun ; Championnat du Monde ; course difficile, mais incontournable ; les organisateurs parlent parfaitement Français.

Catégories : équipes de deux : Hommes, Femmes ou Mixtes.

Enregistrement : ouvert en Novembre, 120 places. On peut gagner une place de plusieurs manières :

  • Qualification : Il faut finir dans les premiers dans une des courses qualificative, Utö, Scilly, et Engadin.
  • Mérite : Il faut justifier, sur dossier, d’un haut niveau en sport. La décision est prise par les organisateurs qui ne publient pas leurs critères. 37 places hommes, 14 mixte, 2 femmes.
  • Loterie : simple, il faut être chanceux ! Le tirage est live sur internet. 13 hommes, 5 mixte et 3 femmes.
  • 3 places sont disponibles pour les sponsors et une à la discrétion des organisateurs.

Accès : la veille de la course un ferry amène les coureurs de Stockholm à Sandhamn, et le lendemain de la course un ferry ramène les concurrents de Utö à Stockholm. L’inscription inclue pour le bînome les deux voyages en ferry, le logement et l’alimentation. Il y a possibilité de prendre un ferry le soir de la course, mais on manque l’ambiance de la soirée.

Tourisme : Capitale de la Suède, Stockholm vaut le détour. Prévoyez un à deux jours pour visiter la ville répartie sur 14 îles. A ne pas manquer : le City Hall avec la tour aux trois couronnes adjacente ; la charmante vieille ville ; Kungstradgarden Park.

Site internet : http://otilloswimrun.se/ (en Anglais)