Un Ötillö avec les tripes

NadZa Uto 2017

NadZa tema souriants a Uto 2017 photo World of Swimrun / Swimrun France

L’Ötillö c’est une aventure pour tous et toutes, pas que pour quelques équipes devant. Tout le monde a son histoire personnelle qui mérite d’être racontée et lue. François Dubuc nous fait partager sa course avec Nadja Van Camp. Un binôme mixte, international, solidaires du premier au dernier pas.

Nad et moi, la NadZa , on était bleus bites sur l’ötillö cette année. Voici, un compte rendu du truc qu’on a vécu. En espérant que ça donne envie.

En fait je ne sais pas par où commencer.
Et pour éviter le pathos,
Oui, c’était dur
Oui, il y avait du vent, de la pluie du froid et des vagues
Oui j’ai explosé et subi.
Oui j’ai eu peur de ne pas finir

Mais en signant pour cette course lorsque nous avons reçu notre last minute slot après un roll down #notredamedelachatte, on savait que je n’avais pas les 65 bornes de course à pied dans les cannes.

On voulait y aller, c’est tout.
Voir Sandhamn,
Nager le pig swim,
Courir -si possible- le semi d’Ornö,
Et surtout, pleurer à Utö « island of love ».

gueuler devant la Baltique parce qu’il faut se foutre dans de l’eau à 12

Bref, c’est comme ça qu’on se retrouve à 7km de l’arrivée de l’Ötillö Swimrun World championship,après en avoir nagécouru 68, passé le dernier cut off, à gueuler devant la Baltique parce qu’il faut se foutre dans de l’eau à 12 pour commencer les derniers tronçons de la course , 1km de nat en 4 fois et 5 à pied.

Et que ça fait deux heures que je suis sec.
Sec.
Sec.
Et gelé.
Si prêt si loin.

Départ 6h du mat. Il pleut des cordes. Un très fort vent souffle sur l’archipelago.

On a peur. Mais on est bien avec notre peur. Un été studieux fulldoublepullplak, puristes s’abstenir, a gonflé mes épaules autant que ma confiance. Je me sens capable de tenir la baraque en nat. En gérant bien la course à pied et les cut off, ça va passer.

course foretDe fait, le début de course est plutôt soft. La 1ère nat de 1700 rassurante. la flotte n’est pas gelée et j’emmène le 53×11 easy style. En course à pied, ce n’est pas roulant, ça bouchonne un max, permettant d’être relax. Vigilance de rigueur car déjà des abandons sur chute. Les cailloux mouillés sont glissants au possible et malheur à ceux qui confondent vitesse et précipitation. Certains passages à pieds sont quand même scabreux. Limite du 4 pattes, escalade ou descente en rappel pour certaines transitions .

Dans l’eau, ça va toujours bien. Pas mal de courant, pas mal de vent et de houle obligent à s’engager en permanence. Pas question de se la jouer cool « je tourne les bras et j’arriverais bien au bord ». Non, il faut lever la tête souvent pour si besoin corriger le cap, limiter les temps mort pour ne pas dériver et appuyer fort pour lutter contre les vagues, exercice nouveau mais ludique pour les bitos que nous sommes en eaux libres.

On est bien dans nos baskets, à faire ce que l’on sait faire , sans plus. Chaque station de chrono est l’occasion de penser à nos amis, que l’on imagine devant le tracker.

On est comme en pleine mer avec des vagues qui déferlent

36202224084_be865b78ef_oPig swim time. Situé à mi-course, c’est la portion de nat la plus exposée. 1400 m à guetter le point stroboscopique de la sortie d’eau. Là, c’est du brutal. Ça secoue, ça fait même un peu peur. On est comme en pleine mer avec des vagues qui déferlent, qui te poussent vers la sortie. Nad derrière est une boule de flipper, les vagues la propulsent sur moi puis l’éloignent, je sens la corde se tendre et se relâcher et bim la revoilà.

C’est long.

Comme disent les commentateurs du live « it’s dirty, it’s a dirty swim ». De fait tu nages comme un porc avec une idée fixe, atteindre ce foutu point stroboscopique.  Rétrospectivement, c’était trop bon cette bagarre, cet engagement pour avoir le droit de continuer.

Trop bon mais énergivore. Car si la Baltique a des creux, mon estomac aussi, et ça commence à foirer question ravito, Plus grand chose ne passe.

« Plus envie de manger, attention danger »
J’ai creusé ma tombe, le semi d’Orno implacable juge de paix va vouloir m’y allonger. Très vite, sur cette portion roulante, je n’ai plus la force de courir. On essaye de fractionner , d’alterner marche/ petit trot mais peine perdue.

Il pleut, il vente, on se les pèle. Nad passe devant et me tracte en marchant vite pour se réchauffer. Mon challenge perso est d’arriver à me rapprocher d’elle, détendre la corde. Peine perdue. Pendant les 3 heures de ce semi, je n’ai plus de jambes, plus de force, plus d’estomac. Mais j’ai le plus important, ma binôme #serialkilleuse#angegardien.

No more swim, welcome to Utö, island of love

Et c’est comme ça…
qu’après avoir nagécouru 68 bornes, passé le dernier cut off, qu’on se retrouve à 7km de l’arrivée de l’Ötillö Swimrun World championship, à gueuler devant la Baltique parce qu’il faut se foutre encore dans de l’eau à 12 pour commencer les dernières sections de la course , 1km de nat en 4 fois et 5 à pied.

Je suis sec sec sec et gelé.

4 courtes natations à très fort courant, 4 efforts maximum pour ne pas louper l’île, pas le droit de mollir, une fois qu’on se lance, c’est tête dans le guidon.
A bloc.
Tellement peur de craquer.
On gueule tous les deux notre rage, notre envie, notre peur, nos douleurs.
embrassade endLa NadZa au combat.
Un bénévole nous accueille avec un « No more swim, welcome to Utö, island of love » .
Plus trop de souvenir des 4 bornes à pied qui nous amène à la ligne.
On a vu Sandhamn
On a nagé pig swim
On a « couru » le semi d’Orno
Et j’ai pleuré à Utö. »

Z de la NadZa

Photos © Ötillö & World of swimrun / Swimrun France

Les Français/es à l’ÖtillÖ 2017

Retour sur les résultats des Français/es à l’ÖtillÖ 2017. Seize équipes engagées, sept hommes et 9 mixtes, pas d’équipe femme. Dans des conditions difficiles et un parcours exigeant qui font avec le parcours de cette course la référence du swimrun, la bataille chez les hommes a été serrée avec un trio de Suédois intouchables qui ont dominés chez eux. Team Envol avec Nicolas Remirez et Guillaume Heneman se sont accrochés longtemps, et finissent à une belle 6ème place, premiers non Suédois . Team France avec David Hauss Cédric Fleureton finissent en 7ème position.

En mixte la tête de course est partie très fort et Team Colting Wetsuits France Endorphinmag composée de Ludovic Maillard et Sabrina Maurette finissent au pied du podium avec une belle 4 ème place. A noter UL’Team 10  Camille Marchand et Julien Antoine qui entrent dans le top 10.

 

resultats french teams otillo 2017

ÖtillÖ 2017: les Français/es

Voici la liste des Françaises et Français au départ de l’ÖtillÖ 2017 qui démarre demain. Tout le monde y est inclu, Swimrun France s’intéresse à tout le monde… Sept équipes hommes, 9 équipes mixed, aucune équipe femme. Mesdames, le défi est à relever pour 2018 !french teams otillo 2017 b

De la Riviera à la Croatie

Kate Williams et Alex Bermond de l’équipe Swimrun The Riviera nous font partager leur course épique au résultat impressionnant. Merci !

Dès notre arrivée à Hvar, le ton était donné. Un vent à plus de 50km/h et une houle atteignant presque 1 mètre. On savait d’ores et déjà que la course allait se jouer en natation.

Le briefing du samedi allait nous faire découvrir un nouveau parcours avec des modifications surtout en natation mais bien au contraire, Michael Lemmel nous a mis tout de suite dans le bain : pas de grosses modifications juste un décalage de la grande traversée de 3km plus à l’intérieur de la baie pour éviter que «les binômes ne s’échouent à Venise».

Vu les conditions de course, nos sentiments étaient partagés entre excitation et angoisse.

Prêts pour l’aventure!

OtilloLe lendemain, petit-déjeuner frugal et direction le port d’Hvar équipés et prêts pour l’aventure!
9.20 départ de la course comme pour un 400m. Tous les binômes sont à fond avec une première natation en paquet et, déjà, on se retrouve à la queue leu leu sur le chemin côtier. Jusqu’ici tout va bien. Petit aller-retour sur les pistes pour récupérer notre bouée de balisage obligatoire pour la grande traversée. Nous pointons à la 8ème place en binôme mixte.

ÖTILLÖ HVAR - 2017. Foto: JakobEdholm.comC’est parti pour 3km de nage dans une mer déchaînée avec un très fort courant latéral. Impossible de déterminer avec exactitude le point d’arrivée à cause d’un balisage presque inexistant. On voyait d’ailleurs les équipes dériver une par une. Notre seul véritable point de repère était derrière nous et, grâce à cela, nous avons pu trouver une trajectoire optimale pour éviter la distance en plus. Ayant choisi de ne pas s’encorder, nous tâchons également à rester à  moins de 10m l’un de l’autre – ce qui est loin d’être évident !

Enfin, nous visualisons la baie d’arrivée avec une bouée de balisage. Nous étions donc bien sur la bonne direction. Plus aucun binôme visible devant nous mais derrière, tous suivent notre trajectoire. Nous touchons terre, acclamés par un public chaleureux. Malheureusement, tout le monde n’a pas eu la même chance que nous. Un cut-off impitoyable a stoppé net un bon nombre d’équipes, plus celles récupérées par bateau avant même d’arriver sur la terre promise car elles dérivaient … vers Venise.

Un véritable plaisir pour les yeux

ÖTILLÖ HVAR - 2017. Foto: JakobEdholm.comS’enchaînent alors petites îles et traversées dans une eau bleutée, magnifique paysage alternant course trail en pleine garrigue et barres rocheuses très techniques. Un véritable plaisir pour les yeux. Sur cette portion-là, 3 binômes mixtes nous dépassent, plus expérimentés sur ce type de parcours. Pour regagner le port de Hvar, il nous reste une dernière traversée plus exposée au vent, où le race director Michael Lemmel en personne nous fait le briefing avant d’attaquer cette section de nage. Les consignes sont simples, tirer plus à droite face au vent pour éviter une dérive certaine. Nous misons quitte ou double sur une autre stratégie d’orientation en eau libre qui nous fait remonter 3 places en équipe mixte. Retour sur Hvar, à mi-parcours de la course, annoncé en 7ème position et annulation des 2 dernières natations. Une évidence vu que le vent ne faiblissait pas.

ÖTILLÖ HVAR - 2017. Foto: JakobEdholm.comNous attaquons une ascension dans la vieille ville par une série de marches, direction la Forteresse. De là, nous admirons la vue panoramique de la ville et des îles, mesurant enfin la beauté des paysages. Nous entamons une section de trail d’environ 5km à travers la garrigue, surplombant les corniches et les criques qui découpent la côte de cette magnifique île. Une grosse descente nous attend avant la dernière section de natation où nous pensons à bien nous alimenter. Et plouf dans une super eau bleue azur abritée du vent qui nous a bien rafraîchi. Comme nager dans un aquarium sans aucune contrainte. Un pur bonheur. Sur la fin de la natation nous doublons un binôme mixte qui avait l’air épuisé dans leur nage. Cela a nous a bien remotivé et c’est parti pour la dernière section de course à pied d’environ 15km.

Une montée raide nous attend sur au moins 2km avec marche forcée et, enfin, on se libère de notre couche de néoprène, une vraie bouffée d’air. Soudain, apparaît le binôme mixte que nous venons de doubler dans l’eau, nous laissant sur place. L’homme tractant son partenaire avec une force stupéfiante. Encore un viking ! On revient donc à la 7ème place. Maintenant les paysages et les surfaces s’enchaînent, routes bitumées, pistes, chemins de trail. Nous doublons un binôme mixte au ravitaillement du village de Brusje, un père et sa fille qui ont une belle complicité.

Les jambes sont fatiguées et les cuisses commencent à brûler

ÖTILLÖ HVAR - 2017. Foto: JakobEdholm.comOn est alors au point culminant du trail et on attaque la descente. Les jambes sont fatiguées et les cuisses commencent à brûler. On reste toujours lucides et à la recherche des rubans de balisage accrochés dans les arbustes. On aperçoit au loin des chasubles vertes (binôme mixte) qui semblent à notre portée. C’est parti pour la course poursuite en descente technique trail qui n’est pas trop notre fort. Le binôme résiste mas nous arrivons en même temps sur le dernier ravitaillement. On finit par les doubler dans les 3 derniers kilomètres de la course plutôt côtières et nous finissons 5ème binôme mixte en 7h26 avec un slot pour le  Ötillö Swimtun World Championship en septembre !!

Conclusion de cette course : de superbes paysages, une température d’eau idéale, des parties de parcours terrestres exigeantes et techniques. Et en ce qui concerne les portions aquatiques, c’est « mer nature » qui a le dernier mot. Un taux d’abandon de 50% pour cette édition !

A titre personnel, après cette première expérience World Series Ötillö, nous concluons qu’il faut essayer l’option de s’encorder au moins sur les sections aquatiques, et sur les parties terrestres, encore beaucoup de travail à faire surtout  sur les ascensions en marche rapide, les parties rocheuses côtières et les descentes techniques trail. Mais malgré tout, très contente de notre course et surtout de nos sections en eaux libres. Petits conseils aux swimmrunners : mettez des chaussettes montantes pour éviter des irritations au niveau de la puce et amenez de la crème anti-frottement pour vous badigeonner pendant la course !

Des Raiders à Hvar

Sabrina et Ludovic nous font partager leur expérience à Hvar, la première étape du circuit  Ötillö. Raideurs multisports ils ont l’expérience des épreuves longue distance et des courses en équipe. Ils ont décidé cette année de participer à des swimrun et tenter l’aventure Ötillö en équipe mixte … avec succès !

Samedi soir, le briefing de course a lieu dans le village avec vue sur les eaux bleu turquoise et les îles de la côte adriatique. Le ton est donné : la natation va être sportive avec le vent de Sud Sud-Est, les vagues et le courant. Le parcours en est même modifié afin de faire la longue section de natation, 2900m, moins exposée pour éviter d’aller chercher des  nageurs  à Venise !

Cette première et nouvelle manche de l’Ötillö World Series à Hvar a attiré du beau monde : beaucoup des actuels champions du monde sont annoncés sur la ligne de départ. Au final ce sont 110 équipes inscrites, dont 40 en mixte.

Après une bonne nuit de sommeil et plusieurs couches de vaseline pour se protéger des échauffements, on se présente sur la ligne de départ à 9h. Notre objectif pour la course est de nous tester physiquement sur l’enchaînement de ces deux disciplines, surtout la natation pour ma part. En revanche, nous avons l’habitude de courir ensemble et nous savons que nous sommes performants en équipe.

Je me concentre sur ma nage et je suis l’élastique

Croatia. April 2017. Hvar. Otillo Swim Run.

Le départ est donné à 9h20 avec pour débuter 300m de course sur le port et 300m de nage pour le traverser, ça met dans le bain ! S’ensuit une course dans les quartiers de Hvar sur un peu moins de 2km, nous voici dans le vif du sujet pour une natation de 1700m le long de la côte avec vent de dos. La mer bouge un peu mais tout va bien ! Sabrina a l’expérience de la nage en eau libre et mène l’allure. Moi je me concentre sur ma nage et je suis l’élastique. Je vois beaucoup d’équipes nous doubler mais je fais du mieux que je peux. J’ai fait le choix de partir sans plaquettes pour protéger mon épaule un peu sensible et je ne le regrette pas avec cette mer.

On sort de l’eau les jambes un peu engourdies et on attaque un aller-retour de 6km avec deux petites bosses. A mon tour de faire l’effort, je prends le lead pour nous ramener sur plusieurs équipes quelques centaines de mètres devant. En voyant les premières équipes revenir je constate à ma surprise que nous sommes 6ème mixte !

Je commence à avoir l’estomac en vrac

ÖTILLÖ HVAR – 2017. Foto: JakobEdholm.com

Ravitaillement rapide et nous sommes de retour au bord de l’eau pour le gros morceau de l’épreuve : 2900m de natation pour atteindre les petites îles d’en face. La clé sera d’arriver à suivre le bon cap sans dériver afin de trouver l’entrée de l’anse mais je fais confiance à ma coéquipière pour nous amener à bon port ! La mer bouge beaucoup et il n’est pas facile de nager correctement, les rares fois où je lève le nez la côte semble très loin… Après quelques tasses et plusieurs gorgées d’eau salée, je commence à avoir l’estomac en vrac. Je continue à m’appliquer, hors de question de s’arrêter. Je sais que ça ne durera qu’un peu plus d’une heure au maximum. À l’arrivée dans l’anse la mer se calme. Par contre l’eau me semble plus froide sur les derniers 500m, les bras se font lourds et je me refroidis.

ÖTILLÖ HVAR – 2017. Foto: JakobEdholm.com

A la sortie de l’eau les encouragements des locaux font chaud au cœur. Le premier ravitaillement solide fait du bien. Un peu d’eau, une banane dans chaque main et l’élastique se tend de nouveau. On est reparti mais cette fois ce n’est pas moi aux manettes ! La natation et le froid m’ont mis l’estomac en vrac et ont aussi attaqué ma lucidité. Sab gère et me fait courir sur les rochers à travers le chemin tracé à travers la forêt pour la course. Les transitions s’enchaînent et je ne suis bien que dans l’eau en position allongée ! Un comble pour un traileur ! Par contre, on avance en faisant des transitions rapides et on remonte plusieurs équipes en difficultés dans les cailloux. Avant de replonger dans l’eau pour retourner sur Hvar, Michael, le directeur de course, nous arrête afin de nous expliquer les consignes de sécurité pour cette section de natation de 560m un peu exposée.

Les deux dernières natations sont annulées

ÖTILLÖ HVAR – 2017. Foto: JakobEdholm.com

Au ravitaillement à Hvar, on nous annonce que les deux dernières natations sont annulées, bonne nouvelle pour nous ! Il nous reste donc 6km de course, 1700m de natation et 16km de course pour rentrer. Mes couleurs et mes jambes reviennent et je prends mon tour en tête dans les escaliers qui nous mènent au fort de Hvar. La vue est superbe à travers les collines ! On continue de remonter les équipes et on arrive rapidement à la dernière natation de la journée.

A la mise à l’eau les bras sont lourds mais l’eau est calme. On force sur les derniers 500m avec le vent de face pour rejoindre la dernière plage. Une longue montée nous attend. On enlève le haut de la combi et on se ravitaille dans la montée avant de relancer l’allure. Un peu avant le sommet un membre de l’organisation nous annonce que nous sommes 3ème mixte à notre grande surprise ! Nous ne sommes pas les seuls à avoir laissé des plumes sur cette grosse section de natation.

Instantanément je relance et force le rythme, il nous reste 15km pour aller chercher les deuxièmes. Nous enchaînons un peu moins d’1h30 de course sur les chemins rocailleux et exigeants de Croatie à relancer à chaque occasion pour grappiller du temps. Je sais que Sab souffre derrière et on se parle beaucoup pour éviter la chute ou la blessure. En arrivant sur Hvar, je sens mes forces qui diminuent à grande vitesse et le dernier kilomètre avant de couper la ligne d’arrivée me paraît interminable. Une bonne dose de sucre sera nécessaire pour retrouver mes esprits. Nous n’avons jamais vu les seconds, ils se savaient sûrement chassés et l’écart s’est maintenu. Au final 7h00 de course, 3ème mixte, 11ème scratch et 1ère équipe française.

ÖTILLÖ HVAR – 2017. Foto: JakobEdholm.com

La course fut dure mais très belle, un terrain exigeant à notre avantage et une natation qui a fait la sélection : seulement 51 équipes finissent la course sur 110 au départ !

Le travail d’équipe a été fructueux et nous avons pu tirer le meilleur parti de nos forces et nos faiblesses. Notre choix de matériel fut aussi le bon et les combinaisons Colting wetsuits sont de supers produits qui offrent un très bon confort et une bonne glisse en natation. Un peu d’eau et de nourriture pour les longues sections de course sont important pour palier au coup de fatigue.

Maintenant les esprits sont tournés vers L’Ötillö en septembre où il faudra être bien meilleur !

L’épreuve ULTRA SWIMRUN CÔTE VERMEILLE, sélectionnée pour les « ÖTILLÖ Merit Races »

Le circuit ÖTILLÖ continue à s’étendre, à la fois en terme d’épreuves développées telles les « Qualifyer » qui offrent des places directes pour la finale des championnats du monde à Stockholm (Suède), mais aussi en terme d’épreuves avec un Label « Merit Race » qui elles ouvrent la porte à un classement aux points (ranking). A la fin de la saison le 31 décembre, des places pour la finale sont réparties aux meilleurs classés. Le moindre point marqué constitue un critère obligatoire à obtenir afin de participer à la traditionnelle loterie fin janvier pour l’attribution des derniers slots des championnats du monde.

SwimRun France : Bonjour Sylvain, Olivier, pouvez vous nous expliquer en quoi consiste cette labellisation « mérite » du circuit ÖTILLÖ ?

Olivier & Sylvain : Cette labellisation inscrit l’épreuve ULTRA SWIMRUN CÔTE VERMEILLE,  la première et la seule épreuve française, parmi les « ÖTILLÖ Merit Races », une sélection de 12 courses qualificatives à travers le monde. Elle est désormais une occasion pour les swimrunners qui oseront relever le défi de collecter des points pour le classement « ÖTILLÖ Swimrun Ranking System », et d’être sélectionné pour la finale mondiale.

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Selon Michael Lemmel (directeur de course de l’ÖtillÖ), « Les évènements Ötillö Merit sont les évènements que nous considérons les meilleurs quand il s’agit de la sécurité, l’expérience des coureurs, la qualité de la course et de sa gestion. Ces événements sont généralement les premiers d’un territoire et nous les voyons tels des phares pour guider le SwimRun »

SRF : D’un côté pratique, avez-vous soumis un dossier à l’organisation ?

O&S : Oui , tout à fait, accompagné par des ami(e)s de grande qualité, nous avons monté un dossier de présentation de l’évènement d’une trentaine de page, où nous avons présenté les spécificités de notre évènement : éthique, parcours, sécurité, organisation, rayonnement … 3 mois auront été nécessaires pour finaliser ce dossier.

SRF :  Faut-il du temps pour décrocher cette labellisation ?

O&S : Le dossier envoyé, Michael Lemmel (Race director, ÖTILLÖ Swimrun World Championship) a été très réactif. Il s’est passé une semaine avant que nous recevions un contrat d’engagement. Olivier et moi-même étions ravis. Pour bien comprendre notre joie, il nous faut vous présenter l’origine de cette épreuve, elle est très spéciale à nos yeux. Nous avons réalisé les parcours, et chacune des portions a été réfléchie, validée pour espérer un jour briguer le label « ÖTILLO Merit Race ». Cette course regroupe toutes les valeurs de la Swimrun qu’Olivier et moi souhaitons transmettre : la solidarité au sein du binôme, la beauté et l’authenticité des sites traversés, la valorisation du patrimoine culturel et historique de la Côte Vermeille avec ces châteaux et ses tours, le respect et le soutien de tous les acteurs présents, ainsi que l’interaction des organismes privés ou d’états, née autour de cet événement.

SRF : Qu’en est il de la barrière de la langue (suédois obligatoire) ?

O&S : La barrière de la langue n’a pas été un problème. Le dossier a été proposé en anglais. Par la suite, l’ensemble des formalités et des échanges se sont réalisés dans la langue de Shakespeare.

SRF :  D’un point de vue qualitatif, quels sont les points forts du Swimrun de la côte vermeille qui ont plu dans le dossier ?

O&S : Entre les Pyrénées et la Méditerranée, l’ULTRA traverse 5 communes (du sud au nord, Cerbère, Banyuls sur mer, Port-Vendres, Collioure et Argelès sur mer), chacune riche d’un fort patrimoine culturel et historique. Située au cœur d’un des plus beaux écrins naturels de France. La Côte Vermeille est la pépite des Pyrénées-Orientales.

Les concurrents ont l’opportunité de traverser un territoire exceptionnel composé de: – 6 sites natura 2000, – 1 réserve marine nationale (Cerbère-Banyuls sur mer) – 1 parc marin (Golfe du Lion) – 1 zone marine éducative (Enfants de la mer) Nous avons dû convaincre de nombreux gestionnaires, comme le Parc marin du golfe du lion, le Conservatoire du Littoral, la Direction départementale des Territoires et de la Mer, la Réserve marine nationale, les municipalités traversées, le conseil départemental, la région, les zones portuaires, les gestionnaires privés … et beaucoup d’autres. Nous avons véritablement rêvé ce parcours. Notre but ultime était de faire découvrir les plus beaux atouts de la Côte Vermeille, de la manière la plus simple et la plus pure. Les portions terrestres et aquatiques sont des moments privilégiés pour les compétiteurs, de découvrir ou de redécouvrir notre côte. L’Ultra a une réelle valeur affective pour nous, elle symbolise la quintessence de notre évènement.

Cette épreuve exigeante, met l’organisme des concurrents à rude épreuve, c’est une certitude. Cependant, la hardiesse de cette course est un excellent support pour parfaire le soutien et l’entraide au sein du binôme.

Avec ses 60km de distance et ses 2.5km de dénivelé positif, joindre la ligne d’arrivée est un véritable défi. Et à ce titre,  nous la voulions à l’image de la Côte Vermeille, magnifique… mais exigeante. Elle se mérite !

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SRF :  Le fait d’être déjà dans un circuit (Swimrun National Tour) qui promeut des valeurs proches de l’ÖTILLÖ a aidé ?

O&S : Assurément, cela a appuyé notre demande. Nous partageons les valeurs que prône le SwimRun National Tour.

Les évènements labélisées Swimrun National Tour vont au-delà des préoccupations sportives et s’inscrivent dans une démarche plus large de développement durable. Ces évènements tels des ambassadeurs, véhiculent au niveau national, les valeurs intrinsèques de cette belle discipline. Nous nous réjouissons d’avance de pouvoir évoluer au côté d’autres organisateurs (NDLR : Swimrun de Vassivière, The Riviera Nice-Monaco et d’autres en cours d’intégration) partageant cette vision. Et ainsi, faire progresser le Swimrun français ensemble !

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SRF :   Vous avez lancé votre épreuve suite au reportage d’intérieur sport sur l’ÖtillÖ,  vous êtes le 1er français à avoir obtenu ce label, avez-vous l’impression d’avoir bouclé la boucle ?

O&S : Absolument pas, cette étape était une des étapes, présentée dans le tout premier dossier, que nous avions présenté en mairie.

A l’époque, de nombreuses personnes, nous ont déconseillé de lancer 4 épreuves et de se cantonner à La Courte et La Moyenne pour l’édition 2016. C’était sans compter sur une conviction profonde que cet évènement était amené à devenir une course maîtresse dans le monde du SwimRun.  Aujourd’hui, nous pouvons nous valoir d’avoir la Moyenne et La Longue qui sont labellisées épreuves nationales sur le SWIMRUN NATIONAL TOUR. Et l’Ultra qui est labellisé mondiale sur « l’ÖTILLO Merit Race ».

Nous sommes fiers de cette reconnaissance nationale et internationale. Elle concrétise des centaines d’heures de travail et prédit de nombreuses heures à venir ;). Nous ne comptons pas nous arrêter là, nous avons encore beaucoup de projets en tête…

Nous profitons, de cette mise en avant, pour remercier nos ami€s, familles, nos compagnes, qui nous accompagnent et nous supportent au quotidien, sans jamais faillir, depuis le début de cette aventure. Merci, on vous aime.

Sylvain et Olivier.

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Nicolas Remires: retour sur l’ÖtillÖ

Bonjour Nicolas. Nous avons discuté avant l’ÖtillÖ qui s’est déroulé il y a quelques jours et tu as gentiment accepté de prendre le temps de répondre à nos question après la course. Pour commencer, comment était la météo ?

NR: La météo était idéale. Un bon vent de dos presque toute la journée. Pas trop chaud jusqu’à midi. Parfait pour battre le record.

Le peloton de tête. Nicolas et Pontus au premier plan ©OtillO
Le peloton de tête. Nicolas et Pontus au premier plan ©OtillO

Le départ de la course avait l’air assez rapide. Comment est-ce que cela s’est passé ?

NR: Le départ de la course ne fut pas si rapide que cela en fait. On s’est détaché avec Team Headswimming, Swedish Armed Forces and some Americans, mais l’allure était très contrôlée. Ce qui a permis à d’autres équipes de rester pas trop loin et même de revenir sur nous. Ce qui est dommage. C’est une longue course et personne ne voulait mettre une allure plus élevée.

Puis Swedish Armed Forces avaient planifié d’attaquer à la fin de la première longue course sur l’île de Runmaro, en forêt. On a perdu 50 mètres sur une inattention et on n’a jamais pu les récupérer. C’est dommage. Seuls Team Headswimming est restée au contact.

Ornö est souvent considéré comme un juge de paix dans la course et pour te citer tu disais que les 19km de course à pied étaient ‘horribles’. Tu confirmes?

NR: Ornö est horrible pour tout le monde. Même les vainqueurs ont souffert mais ils avaient assez d’avance. Il faut être entrainé spécifiquement pour cela, être habitué à courir un semi marathon avec un corps très fatigué. C’est la clé de la réussite sur ötillö.

C’est tout le charme de cette course et c’est sa particularité: comment courir vite ces 19km après 5h de course. J’étais prêt pour se défi mais malheureusement Pontus, mon coéquipier, n’avait pas les kilomètres de course dans les jambes!

Ce qui est très intéressant. C’est un grand champion qui court des Ironman en moins de 8h15. Mais après un mois de juin malade, il n’a pas couru jusqu’à 10 jours avant ötillö quand je l’ai contacté… Donc gros respect pour lui d’avoir accepté de relever le défi avec moi.

On a vu sur la retransmission en directe que vous étiez trois équipes au contact en quittant Ornö pour rejoindre le petit chapelet d’îles qui permettent de rejoindre Utö ou se trouve l’arrivée. C’est plutôt rare d’avoir des écarts aussi faibles à ce stade de la course.

NR: En quittant Ornö,  je me suis rendu compte qu’on n’avait pas creusé un écart assez conséquent avec nos poursuivants. Ces sont de meilleurs nageurs et ils nous ont repris dans l’eau. Ils étaient aussi cuits mais ils ont eu un peu plus de jus sur les trois îlots. Ils sont très techniques et si on ne peut pas courir à cause de la fatigue, on peut perdre énormément de temps.

Il va falloir s’attendre dans le futur à avoir plusieurs équipes en tête ensemble jusqu’à l’arrivée… Mentalement, il va falloir se préparer autrement,  être prêt à trouver une vitesse supérieure pour gagner.

Nicolas Remires & Pontus Lindberg
Nicolas Remires & Pontus Lindberg

Quel est ton programme pour le reste de la saison ?

NR: Mon programme est vide maintenant. J’ai passé toute l’année à m’entraîner pour ötillö. Une fin comme celle-là marque mentalement et il me faut quelques semaines de repos. Je vais profiter de ma famille, de mes clients et je vais planifier 2017.

Le bilan de 2016 est assez décevant en terme de résultats. Il y avait deux courses importantes: J’ai perdu à Utö en Mai. Une course qui me tient vraiment à coeur. Je n’ai pas gagné ÖtillÖ alors que j’avais tout misé là-dessus.

Mais j’ai beaucoup appris en 2016 et c’est très positif:

J’ai appris que le swimrun, ce n’est pas mettre deux coéquipier de gros niveau. S’il n’y a pas de connexions, l’équipe ne fera rien de bon.

J’ai appris que ma préparation était parfaite car j’étais vraiment fort à ÖtillÖ. Je sais que ça passait sous les 8h.

Et puis le plus important est le fait que j’ai rencontré des personnes fantastiques: Pontus Lindberg est devenu un super pote et un partenaire d’entraînement; je peux également compter sur le soutien du swimrunshop.com  pour le futur; le soutien de nombreuses personnes tout au long de cette année et lors de la course est aussi quelque chose qui m’a beaucoup marqué cette année.

 Merci Nicolas et bravo pour votre quatrième place avec un temps très rapide en 8:22; bonne récup et à bientôt sur de nouveaux swimruns.

ÖtillÖ 2016: une année de tous les records

238 concurrents ont pris le départ de la 11ème édition de l’ÖtillÖ. Ils ont été accueillis par un vent modéré, généralement portant, un soleil caché par une fine couverture nuageuse qui a évité les surchauffes en course à pied, et une mer Baltique tempérée. De bonnes conditions pour battre des records et les vainqueurs des trois catégories ne s’en sont pas privés.

ÖTILLÖ The Swimrun World Championship 2016. © JakobEdholm.com
ÖTILLÖ The Swimrun World Championship 2016. © JakobEdholm.com

Le début de course a été rapide avec un petit peloton de 9 favoris poussant l’allure. Après 2h de course, seulement 30 secondes séparaient les 5 premiers. Au fil des îles ce groupe a perdu des éléments incapables de suivre le rythme élevé imposé entre autre par Swedish Armed Forces et Team Head Swimming. Ces deux équipes se sont doucement détachée d’un groupe de 3 poursuivants. L’île d’Ornö avec la plus longue section de course à pied 19km fait souvent office de juge de paix. Team Head Swimming a réussit à grignoter quelques secondes sur Swedish Armed Forces, mais ces derniers ont extrêmement bien dosé leur effort et en dépit d’une fatigue qui commençait à s’installer sont parvenus à stopper l’hémorragie et reprendre un peu de terrain dans la succession d’îles au relief plus escarpé qui amène les concurrents vers l’arrivée après Ornö. Ce n’est que dans les dernier 3 km que les Suédois Lelle Moberg  et Daniel Hansson ont pu savourer leur victoire et ont battu le record de la course en 7:59:04, la première et seule équipe à passer la barrière symbolique des 8h. Paul Krochak et Oscar Olsson finissent second en battant aussi le record de l’an passé. La dernière marche du podium s’est jouée dans les derniers 10km quand Fredrik Axegård et Alex Flores du Team Runfast 77 sont parvenus à passer le Français Nicolas Remires et son équipier Suédois Pontus Lindberg de l’équipe Envol powered by swimrunshop.com pour s’emparer de la troisième place.

ÖTILLÖ 2016. ©JakobEdholm.com
ÖTILLÖ 2016. ©JakobEdholm.com

Chez les femmes les Suédoises Kristin Larsson et Annika Ericsson formant l’équipe Addnature ont réussit à creuser rapidement un petit écart qui n’a fait que grandir toute la journée et ont fini en battant le record de l’épreuve en 9:32:03. Derrière les poursuivantes n’ont rien pu faire et ont dû se contenter des places d’honneur. Ulrika Eriksson et Helena Sivertsson du Team Icebug ont pris la deuxième place juste avant Ornö et ne l’ont plus quitté, laissant Bibben Nordblom et Maja Tesch du Team Head Swimming compléter le podium.

ÖTILLÖ 2016. ©JakobEdholm.com
ÖTILLÖ 2016. ©JakobEdholm.com

En mixtes Eva Nyström et Adriel Young  du Thule Adventure Team ont creusé très progressivement l’écart et avaient à mi-course respectivement 4’39 » et 10’19 sur les seconds et troisièmes. Ils n’ont plus lâché la première place et ont fini dans un temps record de 8:49:58. Les positions derrière eux sont restée figées jusqu’à Ornö où Staffan Björklund et Marika Wagner du Apollo Sports/Head Swimming ont réussi à prendre l’ascendant sur Bibben Nordblom et Maja Tesch du Team Head Swimming qui, malgré une résistance acharnée dans les parties techniques, ont du laisser filer leur rivaux dans les dernières kilomètres.

A noter que si 20 nationalités étaient représentées, sur les 9 places du podium Paul Krochak (Canadien) et Adriel Young (Australien) sont les seuls non-Suédois. Alors que le swimrun se développe dans le monde et en particulier en France, les Scandinaves sont encore maîtres de la discipline qu’ils ont inventé.

Podiums de ÖTILLÖ The Swimrun World Championship 2016

ÖTILLÖ2016 ©Nadja Odenhage
ÖTILLÖ2016 ©Nadja Odenhage

Hommes
1. Lelle Moberg (SWE) et Daniel Hansson (SWE), Swedish Armed Forces, 7:59:04
2. Paul Krochak (CAN) etOscar Olsson (SWE), Team Head Swimming, 8:07:57
3. Fredrik Axegård (SWE) etAlex Flores (SWE), Team Runfast 77, 8:16:49

Mixte
1. Eva Nyström (SWE) et Adriel Young (AUS), Thule Adventure Team 8:49:58
2. Staffan Björklund (SWE) et Marika Wagner (SWE), Apollo Sports/Head Swimming 9:09:52
3. Diane Sadik (SWE) et Rickard Berglund (SWE), Swimrunshop.com, 9:20:14

Femmes
1. Kristin Larsson (SWE) et Annika Ericsson (SWE), Addnature, 9:32:03
2. Ulrika Eriksson (SWE) et Helena Sivertsson (SWE), Team Icebug 9:44:41
3. Bibben Nordblom (SWE) et Maja Tesch (SWE) Team Head Swimming, 9:48:01

Résultats complets: http://otilloswimrun.com/races/otillo/results-2016/