Les Gravity Races, à la découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents

Swimrun France : Bonjour Marie, Raphael, on a dépassé la mi-saison sportive pour la discipline qui nous anime, vous n’avez pas chômé avec déjà les deux tiers de vos évènements réalisés. Pouvez-vous nous éclairer sur les épreuves 2017 réalisées déjà ?

Marie Croisille : Nous avons proposé deux Swimruns supplémentaires en 2017, une Gravity Race au Lac du Salagou et une Gravi’Découverte en Ile-de-France. Quasiment 900 coureurs ont été présents sur ces deux courses, ce qui est très satisfaisant pour de nouvelles épreuves !

Raphael Rieumal : L’enthousiasme et le retour des coureurs sont très gratifiant pour le travail de toute l’équipe bénévole. L’étape au Lac du Salagou sera reconduite en 2018 mais celle d’Ile-de-France est encore incertaine pour des questions financières : malheureusement la location de la base de loisirs de Jablines-Annet est très couteuse pour notre petite association (8000 euros). Nous espérons que les autorités publiques soutiendront le projet …

SRF : Vos swimruns en lac sont très différents les uns des autres (lac alpin, en région parisienne, le Salagou dans le sud), cette diversité est elle bien acceptée par les athlètes ?

MC : La découverte d’espace naturelle différent est la ligne directrice de la Gravity Race et est certainement la (notre) philosophie du Swimrun. Avant de proposer une épreuve sportive, les Gravity ce sont des découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents. Heureusement notre choix de proposer des Gravity très diversifiées est acceptée 🙂

RR : Au delà de la découverte d’environnement naturel, nous souhaitons aussi proposer d’un point de vue sportif, des niveaux de courses différents et surtout rendre accessible à TOUS la pratique du SwimRun.

SRF : Vous êtes le 1er circuit français (création en 2016) de swimrun, avez-vous vu une évolution dans le niveau, le nombre, le profil des swimrunners ?

RR : Le swimrun étant en pleine croissance, son public évolue forcément … Sur la Gravi’Découverte d’IDF nous avons vraiment ressenti cette évolution : le niveau était très élevé, l’approche et l’ambiance de la pratique très différente que sur les Gravity Race (l’IDF était une Gravi’Découverte = événement pour démocratiser le swimrun). La Gravity race du Salagou était quant à elle dans la continuité de celle d’Annecy sur le plan sportif et humain.

SRF : Le swimrun commence à être plus connu des institutions, notamment avec la délégation de ce sport à la FFTri en début d’année, avez-vous constaté moins de difficultés pour déposer un dossier à la préfecture, ou pour négocier avec les différents acteurs économiques, administratifs ?

MC : Il est vrai que de plus en plus d’acteurs publics et économiques entendent parler du swimrun, ce qui est positif pour le rayonnement de notre pratique sportive. Cette période de transition avec la délégation peut compliquer au contraire nos relations avec les préfectures …

RR : L’enjeu dans les mois à venir sera de trouver un juste milieu entre la préservation des valeurs du swimrun et la création de règles de sécurité fédérales propres au SwimRun (devant être respecter par tout organisateur).

SRF : De nombreux swimrunners se plaignent des prix pratiqués sur les courses en France et à l’étranger, que leur répondez vous en général ? (coût sécurité, ex à donner)

MC : Nous essayons de déterminer le prix le plus juste pour chaque Gravity afin d’au moins faire la balance sur chaque événement. Etant une association notre but premier est de proposer une expérience inoubliable aux swimrunners et de mettre en avant un patrimoine culturel et naturel. Si nous dégageons des bénéfices, ces derniers sont réinjectés dans l’organisation d’autres Gravity 🙂

RR : La sécurité explique en majorité le tarif de certains swimruns. Pour les Gravity nous avons voulu des cadeaux finishers très qualitatifs (Tee-shirt Compressport), ce qui a un coût … Il ne faut pas croire que les partenaires d’une course offrent tout ce que l’on peut voir sur l’événement. La difficulté de la course rentre également en compte car elle fera varier le temps de course, le nombre de secours, les ravitaillements, etc. Ce qui est compliqué aujourd’hui c’est que toutes les organisations n’ont pas les mêmes moyens humains, financiers et logistiques (et n’ont pas les mêmes intérêts et buts) ; il est donc très complexe de comparer le prix de telle ou telle course.

SRF : Ce sera la seconde édition de la gravity race Annecy le 14 octobre prochain, il y aura-t-il des nouveautés par rapport à 2016 ? 

MC : Nous essaierons toujours d’apporter quelques modifications à toutes les Gravity d’année en année. Pour nous c’est un gage de prise en considération des retours des coureurs et de qualité pour le label. Pour le 14 octobre à Annecy, nous avons rajouté des sections natation et modifié certaines zones de Trail 🙂

Petite nouveauté aussi, le « Challenge Natation 1,7 » (certains s’en rappelle je pense…). La dernière natation d’1,7km a été très difficile pour pas mal de Swimrunners, nous avons donc décidé d’en faire un challenge et d’intégrer une partie chronométrée sur cette portion : Les meilleurs nageurs seront ainsi récompensés !

RR : La structuration de nos villages d’arrivée sera vraiment différente à partir d’Annecy : nous souhaitons proposer de véritables villages culturelles, type « sieste musicale », jeunes artistes émergents toute la journée, live painting, activités familiales (initiation à l’escalade, volley, pétanques, food-truck, etc). Venant du secteur culturel, cette nouveauté me tenait à coeur pour essayer de créer un renouveau sur les villages « sportifs » … Nous espérons que cela plaira, dans tous les cas vous êtes tous les bienvenus que ce soit en tant que coureur ou bon vivant sur le village Gravity !

SRF : La saison 2018 se profile déjà, et je suppose que vous avez plein de projets, pourriez vous nous dire si la gravity race fera encore des petits ?

MC & RR : Nous doublons notre quantité de travail pour 2018, nous essaierons de pérenniser Salagou et Annecy et de rajouter d’autres destinations (pas forcement en France). Le projet est aussi d’élargir le label Gravity mais je n’en dirai pas plus, les annonces officielles se feront très rapidement. Dans tous les cas la Gravity restera synonyme de partage, dépassement, patrimoine, découverte et de fun pour 2018 🙂

SRF : Et vous en tant que swimrunner quelles courses vous font rêver ?

MC : J’aimerais franchement essayer chaque course qui existe en Europe ! Certaine sont dans des lieux fabuleux, d’autres avec une ambiance différente, je pense que chaque SwimRun est bon à faire (et fait rêver) !

RR : Ahah beaucoup, mais le temps et le budget nous manque 😉 Nous aimerions vraiment prendre part au swimrun organisée par Marina Ivanova en Russie (Lake to Lake) et un autre dans le sud de l’Europe (course non définie pour l’instant).

SRF : Merci à tous deux

www.gravity-race.com

https://www.facebook.com/gravityraces/

https://www.instagram.com/gravity_race/

 

Dernière préparation pour Cédric Fleureton au Swimrunman de Grenoble avant ÖtillÖ

Dans un peu plus d’une semaine, les championnats du monde de Swimrun vont se dérouler dans l’archipel de Stockholm ( lundi 4 septembre). Dans quelques jours va se dérouler pour la première fois le SwimRunMan de Grenoble (dimanche 27 septembre, Lac de Laffrey), le point commun c’est l’athlète de haut niveau le plus polyvalent du moment : Cédric Fleureton.

Swimrun France : Bonjour Cédric, d’habitude on demande aux personnes de se présenter sportivement mais dans ton cas, les activités dans lesquelles tu excelles sont pléthoriques et tu es déjà bien connu dans le monde de l’endurance. Du coup peut être en introduction, peux tu nous parler de l’année 2017 où tu t’es lancé dans plusieurs championnats du monde ?

Cédric Fleureton : Après 15 ans de triathlon à haut niveau, j’ai ressentie l’envie de couper avec la compétition et le triathlon, mon corps et mon esprit étaient fatigués. J’ai stoppé 3 ans toutes sortes de compétitions et j’ai replongé dans le trail un peu par hasard et sans prétentions. Rapidement j’ai eu de bons résultats mais surtout j’ai repris plaisir à me ré entrainer et faire des courses. J’ai été champion de France trail court 2014, 2015 et 2016, et fin 2016 j’apprenais que j’étais retenu en équipe de France pour les championnats du monde 2017 de trail. Durant l’hiver j’ai eu une blessure à l’ischio-jambier, la marque BIANCHI m’a prêté un bon vtt et j’ai donc fait quelques sorties vtt pour compenser le manque de course et jouer sur les transferts. Les sensations étant bonnes, l’idée de refaire un peu de triathlon version Xterra (nat/vtt/trail) en 2ème partie de saison a germé dans ma tête et je me suis fixé comme objectif de refaire les championnats du monde Xterra à Hawaï en octobre prochain. Course que j’ai faite 10 ans plus tôt mais qui s’est mal terminée puisque j’ai cassé ma chaine alors que j’étais en tête de course. J’ai fait l’annonce de mon retour au triathlon sur les réseaux sociaux et quelques semaines après mon ami David Hauss me proposait de prendre part à l’aventure Ötillo avec lui. Je n’ai pas réfléchi longtemps et c’est devenu mon 3ème objectif de la saison.

SRF : Comment as-tu connu le swimrun et qu’aimes tu dans ce sport ?

CF : Avec un certain Jean-Marie et François Xavier ;-). Une invitation informelle dans les calanques de Cassis un été de 2015. J’ai adoré de suite ce sport, jouer avec les éléments et être au plus près de la nature ça me fait kiffer. Ça faisait longtemps que j’imaginais dans ma tête une formule où je pouvais parcourir une distance en traversant des étendues d’eau, et là je le concrétisais c’était fantastique !

SRF : Avec David Hauss vous faites une équipe très compétitive, il reste à accumuler de l’expérience, comment vous y prenez vous ?

CF : Sur le papier en effet on a tout pour être très compétitif, après il faut rester humble par rapport au fait que ce sport requière beaucoup d’expérience. Je pense qu’il faut le prendre comme un sport à part entière et non comme l’enchainement de portions de course et de natation. Pour l’expérience c’est simple on est au niveau 0. Omis de nombreuses années de pratique en sports d’endurance et enchaînés, associé à une solide connaissance de nous-même on part de rien. ÖtillÖ sera notre baptême du feu.

SRF : Avez-vous le temps de vous entrainer ensemble malgré vos emplois du temps surchargés ?


CF : La seule chose qu’on a pu faire ensemble c’est un test matériel et quelques images en action pour France 2. David étant encore engagé dans pas mal de triathlon et trail, moi en trail et bossant en temps plein on n’a pas eu l’occasion de se tester ensemble sur la discipline.

SRF : C’est bientôt l’OtillO (4 septembre), quelle va être votre état d’esprit à l’abord de cette première participation ?

CF : On est tous deux compétiteurs dans l’âme, on prendra le départ pour représenter au mieux nos couleurs comme on l’a toujours fait mais il est vrai qu’on part un en terrain inconnu, ce sera excitant 😉

SRF : Le Swimrunman de Grenoble est pour toi un vrai test de matériel, sur quelle distance t’es tu engagé ?

CF : Je fais le format sprint, ce sera un test et une prise de repères.

SRF: merci Cédric

http://www.swimrunman.fr/grenoble/

http://otilloswimrun.com/races/otillo/

Crédit photo : Akunamatata (extraites de la traversée Cassis Luminy aout 2015)

Le SwimRunMan™ se déplace au Lac de Laffrey le 27 aout

Bertrand Bouvier répond dans cette interview à nos questions sur la suite de la saison Swimrun, et plus particulièrement sur le circuit qu’il gère avec ses deux acolytes Alexandre et Florent.

Swimrun France : Bonjour Bertrand, tu es l’un des organisateurs du circuit SwimRunMan™ (SRF a interviewé Alexandre il y a quelque temps déjà, son ITW ici). Peux-tu te présenter brièvement ?

Bertrand Bouvier: Salut Jean-Marie, effectivement, je fais parti de l’organisation SwimRunMan avec Alexandre et Florent. J’ai 28 ans, je suis un ancien athlète (800m & 1500m), j’ai rangé les pointes il y a maintenant quelques années pour bifurquer sur le triple effort. Je co-dirige une société spécialisée dans l’événementiel sportif depuis 3 ans maintenant. Mon activité professionnelle se marie donc très bien avec mes activités de loisirs, que demander de mieux ?

SRF : Déjà deux épreuves de passées sur le calendrier, quel bilan tirez-vous de ce début de saison de swimrun ?

BB : Nous sommes très contents de notre lancement SwimRunMan, avec une belle édition dans les Gorges du Verdon où les championnes du monde de l’Ö till Ö l’ont emporté [NDLR Annika Ericsson et Kristin Larsson, Suède]. Nous avons passé beaucoup de temps avec nos participants après la course pour affiner notre prochaine édition. Il y a toujours des points à améliorer, surtout après une première édition. Nous sommes de plus en plus sollicités via les réseaux sociaux et notre site internet pour des conseils, des entraînements, les plus belles années du swimrun sont devant nous, à nous de faire en sorte de fidéliser les participants en leur proposant toujours plus de nouveautés.

SRF : Le lac de Laffrey près de Grenoble est un site magnifique, mais en dehors de cela pourquoi l’avoir choisi ?

BB : Drômois d’origine et Grenoblois d’adoption, j’ai effectué une partie de mes études à Grenoble et découvert le triathlon là-bas, ou plutôt, là-haut, au lac de Laffrey. Le terrain de jeu Isérois est juste fantastique pour la pratique du triathlon et du swimrun. Le cadre est exceptionnel, deux lacs très grands, des entrées et sorties d’eaux différentes les unes des autres, une partie sauvage, du dénivelé,  il faut absolument venir découvrir cette région avec nous le 27 août prochain !

SRF : Avez-vous réussi à avoir le soutien de la région ?

BB : Cette année, nous avons été soutenus par les communes dans lesquelles passe le parcours (Laffrey, Saint-Jean de Vaulx, Saint Théoffrey, Cholonge) ainsi que plusieurs acteurs locaux. De plus, pour cette édition grenobloise, nous aurons le soutien de nos partenaires Huub France et Turbo France qui réservent quelques surprises à nos swimrunners. Afin de proposer un événement de qualité à nos participants, nous sommes en relation très étroite avec les services de préfecture depuis plusieurs mois déjà. L’activité n’étant pas encore connue de tous, cela ne facilite pas les échanges mais nous prenons beaucoup de plaisir à faire découvrir cette nouvelle pratique qui suscite beaucoup d’interrogation mais qui est, dans la plupart des cas, très bien accueillie.

SRF : Pour le tracé du parcours, quelle est la logique que vous appliquez, faut-il du dénivelé ? Recherchez-vous un équilibre entre les qualités d’un nageur ou traileur ? Ou bien simplement la recherche d’un parcours le plus beau possible ?

BB : Je pense qu’il faut savoir composer le meilleur parcours possible avec les éléments à notre disposition. En Suède, par exemple, ils ont la chance de pouvoir nager et courir d’îles en îles, c’est ce qui fait le charme de leurs courses, c’est même ce qui a donné le nom de leur course phare (l’Ö till Ö). Nous, en France, nous pouvons compter sur des massifs montagneux qui nous offrent du relief et des points de vue à couper le souffle, alors oui, nous proposons des courses avec du dénivelé mais bien souvent, nous sommes récompensés des efforts consentis par un panorama exceptionnel, inimaginable. Concernant, l’équilibre entre natation et course à pied, nous avons défini différents formats et nous nous y tenons. Les bons nageurs pourront se faire plaisir sur de longues portions de natation et les traileurs se régaleront dans l’ascension vers le « petit lac »

SRF : Que conseillerais-tu comme équipement pour le swimrunner par rapport au terrain et conditions météo ?

BB : Tout d’abord, pour les débutants, il est important de tester son matériel en amont de l’événement, cela évitera les mauvaises surprises le jour J. Pour les températures (air et eau), à ce jour, nous ne pouvons pas nous prononcer pour le 27 août, sachez juste qu’à l’heure actuelle, les températures extérieures varient entre 20 et 30° et l’eau du lac de Laffrey est à plus de 20°. Mais le site étant situé à plus de 900m d’altitude, cela peut aller très vite, dans un sens, comme dans l’autre…

SRF : Au niveau accueil sur site, est-ce adapté pour les familles, le tourisme ?

BB : Bien sûr, la base nautique de Cholonge propose diverses activités sur le lac, par ailleurs, le secteur regorge de monuments à visiter (château de Vizille, la bastille de Grenoble, …) et, pour la petite histoire, le départ de la course sera donné depuis la « Prairie de la Rencontre » qui fut le théâtre de la rencontre de Napoléon et de l’armée Royaliste, une statue de Napoléon dominera le départ. Quoi qu’il en soit tout le monde pourra trouver une activité qui lui convient en venant au SwimRunMan™ de Grenoble le 27 août prochain.

SRF : Il y a t-il une question que tu aurais aimé que je te pose ?

BB : Non, merci pour cet entretien, c’était très complet et merci pour ton investissement  dans la communauté du swimrun. Nous, organisateurs, avons besoin de passionnés comme toi pour faire connaître et véhiculer les valeurs du swimrun.

Le circuit SwimRunMan comporte trois épreuves au calendrier 2017 (Gorges du Verdon le 30 avril / Lac de Serre-Ponçon le 2 juillet / Grands Lacs de Laffrey le 27 aout).

http://www.swimrunman.fr/inscription

France: Swimrunman Grenoble 34.5 – Total distance: 34,5 Km – Swim Ratio: 13 % – ©WoS & SR-France

Date: dimanche, 27 août 2017

Lieu: Lac de Laffrey

Nicolas Remires du team Envol

Juste avant le départ du l’ÖtillÖ, nous avons rencontré Nicolas Remires le meilleur Français en swimrun.

Bonjour Nicolas. Peux-tu nous dire quel est ton background sportif?

NR: Mon passé de sportif est très varié. Beaucoup de sports d’endurance comme le triathlon (toutes distances) et le cyclisme, mais également beaucoup de courses à pied. J’ai passé beaucoup de temps à courir en montagne ou en foret, pour le plaisir ces dernières années.

L’ÖtillÖ est dans quelques jours. L’an dernier tu as fini sur le podium. Qu’avez-vous changé cette année?

NR: J’ai changé beaucoup de choses ! Malheureusement mon ami Julian Dent s’est concentré sur les championnats du Monde de Course d’Orientation et n’a pas pu nager cette année, donc j’ai du trouver un nouveau équipier. Ce n’était pas facile. Je me suis entraîné toute l’année avec Paul Krochak, mais finalement notre pauvre entente nous a séparée quelques semaines avant ÖtillÖ. Finalement, après avoir fait le tour de mes différentes options, j’ai décidé de courir ÖtillÖ avec un suédois, un triathlète professionnel qui a déjà couru ÖtillÖ en 2011, Pontus Lindberg. J’ai également changé la manière de m’entraîner.

Comment s’est passé votre préparation?

NR: Je me suis donc entraîné différemment. Le niveau est monté d’un cran et il ne fallait pas rater le wagon. On a vu des nageurs qui maintenant courent très bien, des trail runners qui commencent à nager fort… Donc pour moi qui suis entre les deux, il fallut progresser dans les deux disciplines.

En hiver, natation 5-6 fois par semaine, et 6-7 sorties course à pied par semaine. À partir de Juin, ce fut plus lourd avec 7-10 courses à pied par semaine et du travail très spécifique d’allure. La différence avec 2015 est que je me suis entraîné spécifiquement pour être prêt à courir à une allure élevée après 5-6h d’efforts.

Ma préparation s’est faite en Suède en hiver et printemps, puis en France durant l’été. À partir de mai, j’ai commencé à m’entraîner sur le parcours d’ÖtillÖ.

Quel est votre objectif et votre stratégie?

NR: L’objectif est de gagner. Depuis presque trois ans, je sais que je peux le faire et je m’entraîne pour. Cette année est l’année idéale car Pontus est très fort.

Dans les grandes lignes, la stratégie est de rester devant dès le début, de ne pas se laisser distancer. L’an dernier malheureusement, j’avais perdu du temps sur le 1er tiers. Cette année, il faudra être devant. Il y a plus d’équipes qui peuvent gagner. Puis après 5h d’effort, si tout va bien, on va faire jouer nos qualités d’endurance et résistance à la douleur. Jusqu’à la ligne d’arrivée, tout peut arriver. ÖtillÖ est un effort brutal et tout le monde peut avoir un mauvais moment, donc il faut rester devant et ne pas perdre la concentration. Après on connaît nos allures de course. Et on va essayer de s’y tenir.

Nicolas Remires et Pontus Lindberg prêts à en découdre © Catarina Axelsson
Nicolas Remires et Pontus Lindberg prêts à en découdre © Catarina Axelsson

As-tu un conseil pour les novices qui vont faire la course pour la première fois?

NR : Pour les athlètes qui découvrent ÖtillÖ pour la première fois, je leur conseille de bien discuter avec leur partenaire, d’avoir le plus d’éléments sous contrôle et de ne pas laisser la chance décider totalement ! Regardez la carte, enregistrez les distances, retenez où sont les ravitaillements… Réglez tous les détails au moins deux jours avant.

Le parcours est dur, très dur. Les forêts suédoises sont très différentes des nôtres, les rochers sont très spécifiques. Le top s’est d’avoir testé l’archipel de Stockholm avant. Si vous n’avez pas cette chance, et bien faites attention sur les îles rocheuses (il y en a quelques unes au début de l’épreuve et elles peuvent être délicates). Ce serait terrible de se blesser dans la première heure. Et puis les 19km d’Ornö sont horribles. Il y a du bitume, des lignes droites. Après 5, 6 ou 7h d’efforts, ça fait très mal. Donc durant l’élaboration de votre plan de course, prévoyez une réserve d’énergie pour Ornö. N’arrivez totalement cuits sur cette île.

Dernier conseil, mettez-vous dans l’eau froide très tôt dans la saison. En 2016, l’eau va être plus froide que lors des éditions précédentes. Ça pique vraiment et ça fait mal à la tête…

Effectivement, tout ceux et celles qui ont fait l’ÖtillÖ se souviennent d’Ornö ! Il y a-t-il quelque chose que tu voudrais rajouter?

NR : Je voudrais rajouter deux choses. Tout d’abord, je voudrais remercier mes deux sponsors. Ma propre entreprise Envol et mon équipementier et super conseiller swimrunshop.com basé au Danemark. Ils m’ont rendu ma préparation bien plus facile et sont toujours là pour me soutenir. Un grand merci à eux et je vous conseille de surfer sur leur page et de demander des conseils à Soren ! Ensuite, je tenais à dire que le swimrun est un sport fantastique de part son concept de découverte et de liberté. On est dans la nature, on va où on veut. On a seulement besoin de chaussures et d’un short puis on nage et on court. Plus besoin de faire des détours pour éviter un lac ou un bras de mer. Et enfin, c’est un sport qui se partage avec un/des partenaire. C’est fabuleux de pouvoir découvrir avec d’autres personnes. Alors certes faire des courses, et plus particulièrement la plus grande, ÖtillÖ, c’est fantastique mais le swimrun c’est avant-tout le plaisir de faire une aventure en nature avec des amis. Et c’est le message que les organisateurs d’ÖtillÖ essaient de transmettre à travers leurs courses.

Merci Nicolas, et bonne course avec le team Envol

Photos © Catarina Axelsson