Présentation du circuit ÖtillÖ 2018

Depuis que Michael Lemmel et Mats Skott ont repris le flambeau en 2006 du défi un peu fou des quatre amis (Jesper et Mats Andersson, Anders Malm, Janne Lindberg) la marque ÖtillÖ, devenue le premier circuit mondial, se confond avec l’avènement même du Swimrun dans le monde de l’outdoor. Michael revient pour nous sur l’évolution et les nouveautés du circuit ÖtillÖ 2018 tout en insistant sur les valeurs qui sous tendent le succès grandissant de ce sport.

 

Michael_Lemmel_ÖTILLÖ__JakobEdholm

Michael Lemmel & Mats Skott

Swimrun France : Bonjour Michael, une nouvelle saison de swimrun est sur le point de commencer pour le circuit ÖtillÖ World Series. Mais avant d’en parler de suite, peux tu présenter ton championnat ÖtillÖ World Series aux nombreux français débutant dans le swimrun ?

Michael Lemmel : ÖTILLÖ est la course originelle d’où la vague Swimrun est partie en 2006. Elle est depuis 2012 considérée à juste titre comme les championnats du monde de Swimrun. Nous voulions diffuser la pratique du Swimrun dans des nouvelles communautés, sur des terrains variés et différents sur lesquels le swimrun s’adapte de manière pertinente, nous y avons crée les Swimrun World Series. Avec des courses ancrées en Suède, Croatie, Suisse, Grande Bretagne, Allemagne et d’autres à venir, ces épreuves sont à la fois mythiques et pittoresques. Elles servent également comme manches qualificatives au Championnats du monde.

SRF: Quelles sont les nouveautés en cette année 2018 pour les ÖtillÖ World Series et finale (Championnats du monde) ?

ML: En 2018, on espère ajouter au moins une date supplémentaire au World Series. On s’essaiera aussi à un nouveau format test de course à trois épreuves de cette saison. En effet, nous poussons fermement à rendre plus accessible notre sport à des nouveaux compétiteurs en vue de les fidéliser. Vraisemblablement, ce nouveau format devrait s’imposer sur toutes nos épreuves du weekend*en 2019.

La qualification à l’ÖtillÖ est devenue plus accessible avec le 7/24 format: vous aurez un slot garanti si vous, avec le même binôme, êtes finishers de 5 courses labélisée ÖtillÖ World Series et 2 courses labélisées « Merit » sur une période de 2 années. Au cours de cette expérience, vous allez être bien préparés à l’ÖtillÖ car vous accumulerez beaucoup d’expérience, découvrirez de nouveaux endroits. En effet, cela serait dommage d’aller sur la course majeure du circuit pour ne pas la terminer ?

SRF: D’après toi, anticipes tu une croissance toujours aussi soutenue du swimrun durant les années à venir ? Crois tu que les valeurs de ce sport sont la raison de ce succès ? Et enfin penses tu que le swimrun en tant que sport risque d’évoluer différemment au gré des politiques sportives de chaque pays ?

ML: La multiplicité d’épreuves bourgeonnant un peu partout signifie qu’il va y avoir une croissance continue en terme de compétiteurs. Pourtant, à l’heure actuelle, je pense qu’il y a pléthore de courses comparées au nombre de coureurs.. Nous allons avoir une consolidation à ce niveau avant un redécollage. Les sports tels la course à pied ou nage vont multiplier les standards de distance. Dans certains endroits, on va voir des formats de triathlon très courts et dans d’autres des évènements plus tournés vers l’aventure. Sur le long terme, c’est la pratique du sportif qui prévaut et fera la différence. Le swimrun grandira lorsque qu’il n’y aura pas que des compétiteurs mais aussi des personnes attirées par le seul plaisir de pratiquer. Pour ma part, je fais des très intenses et courtes séances en solitaire, il m’arrive aussi de faire de longues sorties lentes en mode exploration seul ou accompagné d’amis. Et enfin je participe à des épreuves officielles avec des amis. J’ai l’impression que c’est vers quoi le sport va s’orienter.

SRF: Quel seraient tes conseils pour les débutants en swimrun qui auraient pour objectif de participer aux championnats du monde à Stockholm ? Existe t-il un moyen (club, association) qui puisse accélérer l’apprentissage d’un pratiquant ?

ML: Enormément de gens veulent démarrer par l’ÖtillÖ d’entrée de jeu. Je pense sincèrement qu’elles passeraient à coté de l’expérience Swimrun en le prenant de cette façon. C’est super de se fixer de gros objectifs, mais il faut prendre le temps durant quelques années histoire d’explorer de nouveaux endroits, de se découvrir soi même et se faire des amis par la même occasion. C’est cela le véritable esprit swimrun. Si vous arrivez à fonctionner de telle manière à donner plus d’importance à la découverte que la performance pure alors vous allez avoir beaucoup plus plaisir à accomplir vos rêves plutôt que d’accumuler de la frustration. Nous avons tous eu besoin de savoir ramper* avant de courir 🙂
(* ndlr: ramper se dit « crawl » en anglais, jeu de mots un peu difficile à traduire en français)

SRF: En France, on pense vraiment que nous avons le pays quasi parfait pour recevoir une des World Series. Comment est il possible que cela ne soit pas le cas ?

ML: Je suis d’accord avec toi. Néanmoins la législation française est assez tatillonne. On a essayé d’implanter un ÖTILLÖ Swimrun Weekend dans trois endroits différents, et pour des raisons variables nous n’avons pas réussi à le faire. On espère y arriver un jour car on est des vrais francophiles 🙂

SRF: Il y aurait il une question que tu aurais voulu que je te pose ?

ML: Comment peut on faire grandir ensemble le swimrun en France ?

ML: Notre désir est d’être une source d’inspiration pour les coureurs, les organisateurs et aussi les personnes qui veulent juste découvrir le sport. Notre ambition est de faire du Swimrun un pont entre les cultures et gens, d’avoir une attitude environnementale responsable et d’afficher un esprit chaleureux au lieu d’agressif. S’il te plait, pourrais tu organiser une ou deux grosses rencontres où l’on pourrait se rencontrer. Notre agenda est blindé à mort, mais entre les Isles of Scilly et Engadin je suis dans le sud de la France de toute façon.

SRF: Merci Michael, pour les évènements on va y penser sérieusement 🙂

ML: Thank you/ M

crédit photo : Jakob Edholm

Ci dessous l’intervention du co-fondateur de l’ ÖtillÖ Swimrun World Series Michael Lemmel lors des rencontres du Swimrun organisées sous l’égide de la Fédération Française de Triathlon devant un parterre d’organisateurs et des représentants de la FFTri.

Julien Valette, une vie de swimrunner à cent à l’heure

Témoignage de Julien Valette sur cette année 2017 de tous les superlatifs : organisateur d’une des plus grandes épreuves de Swimrun hexagonal, compétiteur aux championnats du monde de L’ÖtillÖ, acteur du circuit Swimrun National Tour, tout jeune papa et encore …étudiant, il répond à nos questions dans cette interview.

Swimrun France :  Bonjour Julien, tu as eu une saison 2017 bien remplie avec en tant qu’organisateur de la seconde édition du Swimrun Sang Pour Sang Vassivière le 18 juin 2017 et aussi ta participation au Championnats du monde de Swimrun à Stockholm (Suède) : l’ÖtillÖ avec Pierre André Anizan. Peux-tu revenir pour nous sur cette aventure suédoise ?

Julien Valette : Bonjour Akuna, je sors en effet d’une saison de swimrun bien remplie mais que demander de mieux que de s’épanouir dans un sport aussi riche ?!

Revenir sur l’ÖtillÖ, c’est revenir en janvier dernier ! Avec Pierre-André nous nous fixions comme objectif d’intégrer la finale ÖtillÖ en 2017 ou 2018. Etant tous deux étudiants nos budgets sont très limités, il nous faudra donc viser la bonne course qualificative si nous souhaitons être de la partie en septembre. Pierre-André a beaucoup de chance dans tous les jeux auxquels il participe sur les réseaux sociaux (tu sais le genre de jeu où il faut partager une publication et parmi les 2000 personnes qui partagent il y en a une qui gagne … et bien souvent c’est PA qui gagne !). Nous réfléchissons donc à nous engager sur Engadin et nous inscrivons à la loterie ÖtillÖ … sur un malentendu ça peut passer !

Le 26 janvier 2017 nous sommes tirés au sort pour participer à ÖtillÖ, s’en suivra une aventure unique et incroyable ! Le récit de notre course est à retrouver sur notre page Facebook (https://www.facebook.com/teamswimrunSPSS/).

SRF : Il y avait sans doute aussi beaucoup de personnalités présentes à l’ÖtillÖ, notamment des organisateurs, as-tu pu échanger avec quelques-unes à ce sujet ?

JV : Sur ÖtillÖ j’ai finalement rencontré beaucoup plus de français que d’étrangers (cela a peut-être un rapport avec mon aisance limité à l’oral en anglais). Je discute finalement beaucoup plus avec les organisateurs étrangers par mails interposés que de vive voix !

SRF : Concernant le Swimrun de Vassivière, peux-tu nous rappeler les chiffres marquant de l’année 2017 par rapport à l’année 2016 ?

JV : Bien entendu, 373, c’est le nombre de binôme que nous avons accueilli l’année dernière, nous avons ainsi plus que doublé le nombre d’inscrit par rapport à 2016.

16 et 68, ce sont les âges extrêmes des participants au SRV en 2017. 1000, c’est le nombre de personnes présent sur le site de l’évènement en comptant les familles et amis des athlètes.

4651, C’est en euros le bénéfice du SRV et donc la valeur du don à l’association Sang Pour Sang Sport.

38 906, le budget en euros du SRV 2017

1000, c’est le nombre d’heure que j’ai passé sur le projet avec ma femme Ophélie, il faut facilement en ajouter 400 de plus réalisées par l’équipe des bénévoles pour se rendre compte de l’investissement que représente l’organisation d’un swimrun en France.

SRF : Les inscriptions pour l’édition 2018 viennent tout juste de s’ouvrir mi-octobre, quelles sont tes ambitions pour la troisième édition ?

JV : Je vois que tu as travaillé le sujet 😉 Nos ambitions reprennent en effet ces 3 topics :

Nouveauté : il y aura cette année des courses pour les jeunes athlètes nés en 2006 et avant. Augmentation du nombre de participant : nous souhaiterions cette année passer la barre des 1000 participants. Invitation de VIP : les meilleurs français seront conviés à notre épreuve. Les team « BBrocket », « Brad Shark », et « Smart athlète Zone3 » ont déjà répondu positivement à notre invitation !

SRF : Je rappelle que ton épreuve fait partie du swimrun national tour pour la seconde année (circuit regroupant plusieurs courses emblématiques de leur région), quelles sont les nouveautés sur le circuit en 2018 ?

JV : Beaucoup de nouveautés sur le SNT en 2018 à commencer par l’intégration de nouvelles épreuves ! Nous nous rapprochons du style de format que nous souhaitions proposé au lancement du projet, la mise en place du circuit se passe bien mais prend un petit peu de temps, nous espérons être pleinement opérationnel dans les mois à venir.

SRF : La FF tri commence à communiquer sur sa stratégie à moyen terme pour le swimrun (réunion de tous les organisateurs prévue début novembre). Que peut apporter d’après toi et surtout que doit apporter une fédération pour les organisateurs de swimrun en France ?

JV : On peut tout d’abord souligner les efforts que fait la fédération française de triathlon pour venir à la rencontre des organisateurs et des swimrunner. Je suis par ailleurs très heureux d’avoir été convié pour une réunion à Paris avec l’ensemble des organisateurs de swimrun.

Pour moi, mais cela reste un avis personnel, une fédération doit permettre le développement du sport dont elle a la délégation. Cela passe à minima par une aide aux organisateurs qui en ont besoin, aide qui peut être logistique, organisationnelle, pécuniaire … Un excellent exemple s’est déroulé dans le nord dans le cas de l’organisation de l’Authieman où la fédération est venue appuyer le dossier de Jean-Marc Lamblin auprès des autorités locales.

Ce que je comprends moins, ce sont les sommes demandées pour obtenir une licence organisateur, le droit d’organiser une épreuve, les pass compétition à un prix, à mon avis, exorbitant (cela devrait être prochainement revu et harmoniser sur le plan national). En effet à quoi servent par exemple les assurances permettant de rembourser les athlètes en cas de casse matériel dans le parc à vélo en swimrun ?

Organiser un swimrun coûte extrêmement cher et prend énormément de temps, quand dans mes comptes j’inscris une ligne de coût il faut qu’il y ait une vrai plus-value pour mon épreuve, je ne l’ai pour l’instant pas trouvée avec la FF tri. Peut-être la réunion du mois prochain me fera-t-elle changer d’avis ?

SRF : Revenons sur Vassivière, tous les participants ont loué le site unique du lac de Vassivière pour faire du swimrun, mais aussi beaucoup d’entre eux ne connaissaient pas cet endroit touristique du Limousin. Le swimrun est-il un facteur intéressant pour faire la promotion d’un territoire ?

JV : J’en suis en tout cas intimement convaincu ! Lorsque l’on parle avec les athlètes et qu’ils nous disent qu’ils reviendront surement en stage de triathlon, ou en famille le temps d’un weekend, on se dit forcément qu’on participe au développement touristique du territoire. Mais si le swimrun fait la promotion du lac, il ne faut pas oublier qu’au départ c’est surtout grâce au lac et à ses acteurs locaux (Syndicat Mixte du lac de Vassivière et office de tourisme du lac de Vassivière) que le swimrun Vassivière existe et prospère !

SRF : Sang pour sang Sport Vassivière, que signifie ce « sang pour sang », c’est un appel viril de Sylvester Stallone, une promotion au don de sang ?

JV : Haha alors non pour Stallone, et si l’association n’a pas été créé pour la promotion du don de sang elle en fait tous de même la publicité par son nom et c’est tant mieux !

Pour revenir sur l’association « Sang Pour Sang Sport » elle a été créée en 2008, elle a pour but l’organisation d’évènements sportifs avec un double objectif : sensibiliser le monde du sport sur la maladie du lymphome (cancer du système lymphatique) et récolter des fonds par l’organisation d’évènement sportif afin de venir en aide aux patients atteints.  En effet chaque année près de 200 000 personnes meurent d’un lymphome dans le monde. Le lymphome est le 6ème cancer le plus répandu en France et touche toutes les tranches d’âge de la population

SRF : Julien, tu es un jeune organisateur avec une grande épreuve de swimrun déjà, quel conseil donnerais-tu à un organisateur qui voudrait se lancer dans l’aventure swimrun ?

JV : Lors de l’organisation de votre événement vous allez passer par beaucoup d’état différents, excitation, dégout, fatigue, émerveillement ! Les maîtres mots sont motivation, détermination et passion pour ce sport ! (Je te remets en fichier joint le petit guide que j’avais fait, [ndlr ci dessous cliquer sur l’image pour y accéder]).

La communauté des organisateurs est pour le moment assez restreinte en France et on communique pas mal entre nous pour se refiler les bons tuyaux ! J’arrive à être en relation avec un certain nombre d’organisateurs avant leur première épreuve, nous éprouvons à peu près tous les mêmes difficultés. Toutefois quelle récompense le jour de notre manifestation de voir tous ces sourires sur les visages des swimrunners !

SRF : Merci Julien

Les inscriptions pour le swimrun de Vassivière 2018 sont ouvertes depuis mi octobre. N’attendez pas trop pour vous inscrire au vu du succès de l’édition 2017.

https://www.swimrun-sangpoursangsport.com/

https://www.facebook.com/teamswimrunSPSS/

(Interview réalisée entre le 19 et 23 octobre 2017)

Les Gravity Races, à la découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents

Swimrun France : Bonjour Marie, Raphael, on a dépassé la mi-saison sportive pour la discipline qui nous anime, vous n’avez pas chômé avec déjà les deux tiers de vos évènements réalisés. Pouvez-vous nous éclairer sur les épreuves 2017 réalisées déjà ?

Marie Croisille : Nous avons proposé deux Swimruns supplémentaires en 2017, une Gravity Race au Lac du Salagou et une Gravi’Découverte en Ile-de-France. Quasiment 900 coureurs ont été présents sur ces deux courses, ce qui est très satisfaisant pour de nouvelles épreuves !

Raphael Rieumal : L’enthousiasme et le retour des coureurs sont très gratifiant pour le travail de toute l’équipe bénévole. L’étape au Lac du Salagou sera reconduite en 2018 mais celle d’Ile-de-France est encore incertaine pour des questions financières : malheureusement la location de la base de loisirs de Jablines-Annet est très couteuse pour notre petite association (8000 euros). Nous espérons que les autorités publiques soutiendront le projet …

SRF : Vos swimruns en lac sont très différents les uns des autres (lac alpin, en région parisienne, le Salagou dans le sud), cette diversité est elle bien acceptée par les athlètes ?

MC : La découverte d’espace naturelle différent est la ligne directrice de la Gravity Race et est certainement la (notre) philosophie du Swimrun. Avant de proposer une épreuve sportive, les Gravity ce sont des découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents. Heureusement notre choix de proposer des Gravity très diversifiées est acceptée 🙂

RR : Au delà de la découverte d’environnement naturel, nous souhaitons aussi proposer d’un point de vue sportif, des niveaux de courses différents et surtout rendre accessible à TOUS la pratique du SwimRun.

SRF : Vous êtes le 1er circuit français (création en 2016) de swimrun, avez-vous vu une évolution dans le niveau, le nombre, le profil des swimrunners ?

RR : Le swimrun étant en pleine croissance, son public évolue forcément … Sur la Gravi’Découverte d’IDF nous avons vraiment ressenti cette évolution : le niveau était très élevé, l’approche et l’ambiance de la pratique très différente que sur les Gravity Race (l’IDF était une Gravi’Découverte = événement pour démocratiser le swimrun). La Gravity race du Salagou était quant à elle dans la continuité de celle d’Annecy sur le plan sportif et humain.

SRF : Le swimrun commence à être plus connu des institutions, notamment avec la délégation de ce sport à la FFTri en début d’année, avez-vous constaté moins de difficultés pour déposer un dossier à la préfecture, ou pour négocier avec les différents acteurs économiques, administratifs ?

MC : Il est vrai que de plus en plus d’acteurs publics et économiques entendent parler du swimrun, ce qui est positif pour le rayonnement de notre pratique sportive. Cette période de transition avec la délégation peut compliquer au contraire nos relations avec les préfectures …

RR : L’enjeu dans les mois à venir sera de trouver un juste milieu entre la préservation des valeurs du swimrun et la création de règles de sécurité fédérales propres au SwimRun (devant être respecter par tout organisateur).

SRF : De nombreux swimrunners se plaignent des prix pratiqués sur les courses en France et à l’étranger, que leur répondez vous en général ? (coût sécurité, ex à donner)

MC : Nous essayons de déterminer le prix le plus juste pour chaque Gravity afin d’au moins faire la balance sur chaque événement. Etant une association notre but premier est de proposer une expérience inoubliable aux swimrunners et de mettre en avant un patrimoine culturel et naturel. Si nous dégageons des bénéfices, ces derniers sont réinjectés dans l’organisation d’autres Gravity 🙂

RR : La sécurité explique en majorité le tarif de certains swimruns. Pour les Gravity nous avons voulu des cadeaux finishers très qualitatifs (Tee-shirt Compressport), ce qui a un coût … Il ne faut pas croire que les partenaires d’une course offrent tout ce que l’on peut voir sur l’événement. La difficulté de la course rentre également en compte car elle fera varier le temps de course, le nombre de secours, les ravitaillements, etc. Ce qui est compliqué aujourd’hui c’est que toutes les organisations n’ont pas les mêmes moyens humains, financiers et logistiques (et n’ont pas les mêmes intérêts et buts) ; il est donc très complexe de comparer le prix de telle ou telle course.

SRF : Ce sera la seconde édition de la gravity race Annecy le 14 octobre prochain, il y aura-t-il des nouveautés par rapport à 2016 ? 

MC : Nous essaierons toujours d’apporter quelques modifications à toutes les Gravity d’année en année. Pour nous c’est un gage de prise en considération des retours des coureurs et de qualité pour le label. Pour le 14 octobre à Annecy, nous avons rajouté des sections natation et modifié certaines zones de Trail 🙂

Petite nouveauté aussi, le « Challenge Natation 1,7 » (certains s’en rappelle je pense…). La dernière natation d’1,7km a été très difficile pour pas mal de Swimrunners, nous avons donc décidé d’en faire un challenge et d’intégrer une partie chronométrée sur cette portion : Les meilleurs nageurs seront ainsi récompensés !

RR : La structuration de nos villages d’arrivée sera vraiment différente à partir d’Annecy : nous souhaitons proposer de véritables villages culturelles, type « sieste musicale », jeunes artistes émergents toute la journée, live painting, activités familiales (initiation à l’escalade, volley, pétanques, food-truck, etc). Venant du secteur culturel, cette nouveauté me tenait à coeur pour essayer de créer un renouveau sur les villages « sportifs » … Nous espérons que cela plaira, dans tous les cas vous êtes tous les bienvenus que ce soit en tant que coureur ou bon vivant sur le village Gravity !

SRF : La saison 2018 se profile déjà, et je suppose que vous avez plein de projets, pourriez vous nous dire si la gravity race fera encore des petits ?

MC & RR : Nous doublons notre quantité de travail pour 2018, nous essaierons de pérenniser Salagou et Annecy et de rajouter d’autres destinations (pas forcement en France). Le projet est aussi d’élargir le label Gravity mais je n’en dirai pas plus, les annonces officielles se feront très rapidement. Dans tous les cas la Gravity restera synonyme de partage, dépassement, patrimoine, découverte et de fun pour 2018 🙂

SRF : Et vous en tant que swimrunner quelles courses vous font rêver ?

MC : J’aimerais franchement essayer chaque course qui existe en Europe ! Certaine sont dans des lieux fabuleux, d’autres avec une ambiance différente, je pense que chaque SwimRun est bon à faire (et fait rêver) !

RR : Ahah beaucoup, mais le temps et le budget nous manque 😉 Nous aimerions vraiment prendre part au swimrun organisée par Marina Ivanova en Russie (Lake to Lake) et un autre dans le sud de l’Europe (course non définie pour l’instant).

SRF : Merci à tous deux

www.gravity-race.com

https://www.facebook.com/gravityraces/

https://www.instagram.com/gravity_race/

 

Dernière préparation pour Cédric Fleureton au Swimrunman de Grenoble avant ÖtillÖ

Dans un peu plus d’une semaine, les championnats du monde de Swimrun vont se dérouler dans l’archipel de Stockholm ( lundi 4 septembre). Dans quelques jours va se dérouler pour la première fois le SwimRunMan de Grenoble (dimanche 27 septembre, Lac de Laffrey), le point commun c’est l’athlète de haut niveau le plus polyvalent du moment : Cédric Fleureton.

Swimrun France : Bonjour Cédric, d’habitude on demande aux personnes de se présenter sportivement mais dans ton cas, les activités dans lesquelles tu excelles sont pléthoriques et tu es déjà bien connu dans le monde de l’endurance. Du coup peut être en introduction, peux tu nous parler de l’année 2017 où tu t’es lancé dans plusieurs championnats du monde ?

Cédric Fleureton : Après 15 ans de triathlon à haut niveau, j’ai ressentie l’envie de couper avec la compétition et le triathlon, mon corps et mon esprit étaient fatigués. J’ai stoppé 3 ans toutes sortes de compétitions et j’ai replongé dans le trail un peu par hasard et sans prétentions. Rapidement j’ai eu de bons résultats mais surtout j’ai repris plaisir à me ré entrainer et faire des courses. J’ai été champion de France trail court 2014, 2015 et 2016, et fin 2016 j’apprenais que j’étais retenu en équipe de France pour les championnats du monde 2017 de trail. Durant l’hiver j’ai eu une blessure à l’ischio-jambier, la marque BIANCHI m’a prêté un bon vtt et j’ai donc fait quelques sorties vtt pour compenser le manque de course et jouer sur les transferts. Les sensations étant bonnes, l’idée de refaire un peu de triathlon version Xterra (nat/vtt/trail) en 2ème partie de saison a germé dans ma tête et je me suis fixé comme objectif de refaire les championnats du monde Xterra à Hawaï en octobre prochain. Course que j’ai faite 10 ans plus tôt mais qui s’est mal terminée puisque j’ai cassé ma chaine alors que j’étais en tête de course. J’ai fait l’annonce de mon retour au triathlon sur les réseaux sociaux et quelques semaines après mon ami David Hauss me proposait de prendre part à l’aventure Ötillo avec lui. Je n’ai pas réfléchi longtemps et c’est devenu mon 3ème objectif de la saison.

SRF : Comment as-tu connu le swimrun et qu’aimes tu dans ce sport ?

CF : Avec un certain Jean-Marie et François Xavier ;-). Une invitation informelle dans les calanques de Cassis un été de 2015. J’ai adoré de suite ce sport, jouer avec les éléments et être au plus près de la nature ça me fait kiffer. Ça faisait longtemps que j’imaginais dans ma tête une formule où je pouvais parcourir une distance en traversant des étendues d’eau, et là je le concrétisais c’était fantastique !

SRF : Avec David Hauss vous faites une équipe très compétitive, il reste à accumuler de l’expérience, comment vous y prenez vous ?

CF : Sur le papier en effet on a tout pour être très compétitif, après il faut rester humble par rapport au fait que ce sport requière beaucoup d’expérience. Je pense qu’il faut le prendre comme un sport à part entière et non comme l’enchainement de portions de course et de natation. Pour l’expérience c’est simple on est au niveau 0. Omis de nombreuses années de pratique en sports d’endurance et enchaînés, associé à une solide connaissance de nous-même on part de rien. ÖtillÖ sera notre baptême du feu.

SRF : Avez-vous le temps de vous entrainer ensemble malgré vos emplois du temps surchargés ?


CF : La seule chose qu’on a pu faire ensemble c’est un test matériel et quelques images en action pour France 2. David étant encore engagé dans pas mal de triathlon et trail, moi en trail et bossant en temps plein on n’a pas eu l’occasion de se tester ensemble sur la discipline.

SRF : C’est bientôt l’OtillO (4 septembre), quelle va être votre état d’esprit à l’abord de cette première participation ?

CF : On est tous deux compétiteurs dans l’âme, on prendra le départ pour représenter au mieux nos couleurs comme on l’a toujours fait mais il est vrai qu’on part un en terrain inconnu, ce sera excitant 😉

SRF : Le Swimrunman de Grenoble est pour toi un vrai test de matériel, sur quelle distance t’es tu engagé ?

CF : Je fais le format sprint, ce sera un test et une prise de repères.

SRF: merci Cédric

http://www.swimrunman.fr/grenoble/

http://otilloswimrun.com/races/otillo/

Crédit photo : Akunamatata (extraites de la traversée Cassis Luminy aout 2015)

Le SwimRunMan™ se déplace au Lac de Laffrey le 27 aout

Bertrand Bouvier répond dans cette interview à nos questions sur la suite de la saison Swimrun, et plus particulièrement sur le circuit qu’il gère avec ses deux acolytes Alexandre et Florent.

Swimrun France : Bonjour Bertrand, tu es l’un des organisateurs du circuit SwimRunMan™ (SRF a interviewé Alexandre il y a quelque temps déjà, son ITW ici). Peux-tu te présenter brièvement ?

Bertrand Bouvier: Salut Jean-Marie, effectivement, je fais parti de l’organisation SwimRunMan avec Alexandre et Florent. J’ai 28 ans, je suis un ancien athlète (800m & 1500m), j’ai rangé les pointes il y a maintenant quelques années pour bifurquer sur le triple effort. Je co-dirige une société spécialisée dans l’événementiel sportif depuis 3 ans maintenant. Mon activité professionnelle se marie donc très bien avec mes activités de loisirs, que demander de mieux ?

SRF : Déjà deux épreuves de passées sur le calendrier, quel bilan tirez-vous de ce début de saison de swimrun ?

BB : Nous sommes très contents de notre lancement SwimRunMan, avec une belle édition dans les Gorges du Verdon où les championnes du monde de l’Ö till Ö l’ont emporté [NDLR Annika Ericsson et Kristin Larsson, Suède]. Nous avons passé beaucoup de temps avec nos participants après la course pour affiner notre prochaine édition. Il y a toujours des points à améliorer, surtout après une première édition. Nous sommes de plus en plus sollicités via les réseaux sociaux et notre site internet pour des conseils, des entraînements, les plus belles années du swimrun sont devant nous, à nous de faire en sorte de fidéliser les participants en leur proposant toujours plus de nouveautés.

SRF : Le lac de Laffrey près de Grenoble est un site magnifique, mais en dehors de cela pourquoi l’avoir choisi ?

BB : Drômois d’origine et Grenoblois d’adoption, j’ai effectué une partie de mes études à Grenoble et découvert le triathlon là-bas, ou plutôt, là-haut, au lac de Laffrey. Le terrain de jeu Isérois est juste fantastique pour la pratique du triathlon et du swimrun. Le cadre est exceptionnel, deux lacs très grands, des entrées et sorties d’eaux différentes les unes des autres, une partie sauvage, du dénivelé,  il faut absolument venir découvrir cette région avec nous le 27 août prochain !

SRF : Avez-vous réussi à avoir le soutien de la région ?

BB : Cette année, nous avons été soutenus par les communes dans lesquelles passe le parcours (Laffrey, Saint-Jean de Vaulx, Saint Théoffrey, Cholonge) ainsi que plusieurs acteurs locaux. De plus, pour cette édition grenobloise, nous aurons le soutien de nos partenaires Huub France et Turbo France qui réservent quelques surprises à nos swimrunners. Afin de proposer un événement de qualité à nos participants, nous sommes en relation très étroite avec les services de préfecture depuis plusieurs mois déjà. L’activité n’étant pas encore connue de tous, cela ne facilite pas les échanges mais nous prenons beaucoup de plaisir à faire découvrir cette nouvelle pratique qui suscite beaucoup d’interrogation mais qui est, dans la plupart des cas, très bien accueillie.

SRF : Pour le tracé du parcours, quelle est la logique que vous appliquez, faut-il du dénivelé ? Recherchez-vous un équilibre entre les qualités d’un nageur ou traileur ? Ou bien simplement la recherche d’un parcours le plus beau possible ?

BB : Je pense qu’il faut savoir composer le meilleur parcours possible avec les éléments à notre disposition. En Suède, par exemple, ils ont la chance de pouvoir nager et courir d’îles en îles, c’est ce qui fait le charme de leurs courses, c’est même ce qui a donné le nom de leur course phare (l’Ö till Ö). Nous, en France, nous pouvons compter sur des massifs montagneux qui nous offrent du relief et des points de vue à couper le souffle, alors oui, nous proposons des courses avec du dénivelé mais bien souvent, nous sommes récompensés des efforts consentis par un panorama exceptionnel, inimaginable. Concernant, l’équilibre entre natation et course à pied, nous avons défini différents formats et nous nous y tenons. Les bons nageurs pourront se faire plaisir sur de longues portions de natation et les traileurs se régaleront dans l’ascension vers le « petit lac »

SRF : Que conseillerais-tu comme équipement pour le swimrunner par rapport au terrain et conditions météo ?

BB : Tout d’abord, pour les débutants, il est important de tester son matériel en amont de l’événement, cela évitera les mauvaises surprises le jour J. Pour les températures (air et eau), à ce jour, nous ne pouvons pas nous prononcer pour le 27 août, sachez juste qu’à l’heure actuelle, les températures extérieures varient entre 20 et 30° et l’eau du lac de Laffrey est à plus de 20°. Mais le site étant situé à plus de 900m d’altitude, cela peut aller très vite, dans un sens, comme dans l’autre…

SRF : Au niveau accueil sur site, est-ce adapté pour les familles, le tourisme ?

BB : Bien sûr, la base nautique de Cholonge propose diverses activités sur le lac, par ailleurs, le secteur regorge de monuments à visiter (château de Vizille, la bastille de Grenoble, …) et, pour la petite histoire, le départ de la course sera donné depuis la « Prairie de la Rencontre » qui fut le théâtre de la rencontre de Napoléon et de l’armée Royaliste, une statue de Napoléon dominera le départ. Quoi qu’il en soit tout le monde pourra trouver une activité qui lui convient en venant au SwimRunMan™ de Grenoble le 27 août prochain.

SRF : Il y a t-il une question que tu aurais aimé que je te pose ?

BB : Non, merci pour cet entretien, c’était très complet et merci pour ton investissement  dans la communauté du swimrun. Nous, organisateurs, avons besoin de passionnés comme toi pour faire connaître et véhiculer les valeurs du swimrun.

Le circuit SwimRunMan comporte trois épreuves au calendrier 2017 (Gorges du Verdon le 30 avril / Lac de Serre-Ponçon le 2 juillet / Grands Lacs de Laffrey le 27 aout).

http://www.swimrunman.fr/inscription

France: Swimrunman Grenoble 34.5 – Total distance: 34,5 Km – Swim Ratio: 13 % – ©WoS & SR-France

Date: dimanche, 27 août 2017

Lieu: Lac de Laffrey

Le circuit SwimRunMan créé par 3 amis de longue date

affiche circuit

Alexandre s’est prêté au jeu de l’interview, il revient pour nous sur les motivations qui l’ont amené, lui et ses amis Florent et Bertrand à se lancer dans le bain du SwimRun, non pas avec une épreuve mais avec un circuit. Le SwimRunMan est né, et il entend marquer sa différence en France et à l’étranger.

Swimrun France : Bonjour Alexandre, tu es un des (ou le ? ) créateur du circuit SwimrunMan qui comporte pour l’instant trois épreuves au calendrier 2017 (Gorges du Verdon le 30 avril / Lac de Serre-Ponçon le 2 juillet / Grands Lacs de Laffrey le 27 aout). Comment es tu venu au Swimrun ?
Alexandre Bonacorsi : Nous sommes 3 amis de longue date à l’origine du circuit SwimRunMan (Bertrand et Florent complétant le trio). Trois passionnés de sport en général (sport-co, athlétisme, triathlon, APPN) et l’idée de venir au SwimRun nous trottait dans la tête depuis quelque temps.
Quand un projet nous plait, on se donne les moyens pour le mettre sur pied !
Alexandre
Alexandre

Nos différentes expériences personnelles en tant que participants et/ou organisateurs notamment sur des Raids Multisports, qui à nos yeux partagent beaucoup de valeurs avec le SwimRun, nous ont poussé à franchir le pas. Lors de notre cursus universitaire (UFR STAPS), nous sommes également intervenus sur différents événements sportifs qui nous ont transmis la « fibre » de l’organisation, désormais quand un projet nous plait, on se donne les moyens pour le mettre sur pied !
Ces dernières années nous avons suivi l’évolution du Swimrun. On a toujours été captivé par le degré d’engagement des participants – les premiers comme les derniers. Ils se lançaient dans une aventure unique, parfois dangereuse, mais terriblement excitante dans des décors de carte postale. On s’est dit que ce serait génial d’en organiser par chez nous… la machine était lancée.
On a donc franchi le cap étape par étape, en s’inspirant de ce qui se faisait en Suède, avec nos propres codes, nos propres valeurs et notre propre marque. Cela nous a pris près de deux ans – tout en menant d’autres projets de front – avant d’aboutir sur le concept SwimRunMan mais, aujourd’hui, nous sommes fiers de le présenter et de proposer trois belles courses au calendrier Swimrun français.

SRF : Quelles sont les principales valeurs du sport mises en avant par le circuit SwimrunMan ?
Un vecteur de liberté, de partage et de dépassement de soi
AB : Le circuit SwimRunMan se rattache aux valeurs fondamentales des sports de pleine nature. Il est vecteur de liberté, de partage et de dépassement de soi. Sa pratique en binôme permet de vivre une aventure humaine exceptionnelle durant laquelle on repousse ses limites ensemble. C’est un effort extrême qui prend souvent la forme d’un défi, d’un accomplissement personnel, tout en évoluant dans des sites privilégiés tels que des Parcs Naturels ou autres.
SRF : Pourquoi démarrer un circuit directement et non pas une épreuve d’abord ?

AB: Comme nous le disons souvent, qui peut le plus, peut le moins ! Ce n’est pas parce que l’on souffre que l’on a pas le droit d’en prendre

Bertrand
Bertrand

plein les yeux. Nous avons donc démarché plusieurs lieux « mythiques » et paradisiaques du paysage français pour y proposer notre concept dans l’espoir d’obtenir au moins une validation. Nous avons été très bien reçu de partout, les acteurs locaux ont directement suscité un réel intérêt pour notre événement et nous avons donc la chance de pouvoir proposer plusieurs dates à notre calendrier.

SRF : La communication du circuit est très bien faite avec un site vraiment professionnel, on retrouve des distances standardisées (Half SwimRunMan: 34.5 en 2017 et SwimRunMan 69.0 dans le futur) à travers les trois courses. C’est un peu un clin d’oeil au triathlon on dirait ?
AB: Forcément, il y a certaines similitudes dans la pratique du Swimrun et du Triathlon et nous avons donc opté pour une communication orientée triathlon pour que tout le monde parle le même langage.
SRF : Le profil des trois courses est il sensiblement le même (alpin, plat ou trail) ou bien chaque lieu a sa spécificité ?
En prendre plein les yeux et plein les pattes !

AB : Les 3 étapes (Half SwimRunMan 34.5) de 2017 auront un format technique similaire (30km de course à pied et 4.5km de natation). La

Florent
Florent

différence principale se trouvera au niveau du dénivelé (entre 1000 et 1500m de D+). Les parties course à pied seront majoritairement orientées trail avec quelques portions alpines à plus de 1600m d’altitude !
Autre différence notable, le milieu dans lequel les participants évolueront pourra changer du tout au tout entre deux étapes (forêts, montagnes, plateaux,…). Bref, tout pour en prendre plein les yeux et plein les pattes !

SRF : Le prix d’inscription est assez maîtrisé de notre point de vue par rapport à d’autres épreuves plus dispendieuses, que dirais tu à des nouveaux venus qui seraient un peu étonnés du ticket d’entrée dans le swimrun ?
AB : Qu’on fait notre maximum pour proposer à nos participants le meilleur rapport qualité/prix! Effectivement, le tarif (NB : 90€/personne) peut paraître plus élevé que ce qu’on a l’habitude de voir en tri ou en trail par exemple (je pense qu’on souffre un peu de cette comparaison aux yeux de la « pensée commune »), mais les parties de natation représentent un coût très important au niveau du dispositif de secours – rien n’est laissé au hasard de ce côté-là – et, derrière, il faut tout de même gérer un circuit à pied de 30km de qualité, et le sécuriser, sur des sentiers parfois durs d’accès et « rugueux ». Tout se mérite!
En résumé, une organisation de qualité engendre un coût fixe que l’on ne peut réduire pour quelque raison que ce soit. Le nombre de participants est volontairement limité à 150 binômes ; soit 300 chanceux qui auront le privilège d’évoluer dans des tracés soigneusement sélectionnés dus à une réflexion organisationnelle de longue date.
SRF : Si on parle de développement du circuit, il y a t-il un système de ranking qui est mis en place avec une course aux points à la fin de la saison ? Il y aura t-il plusieurs 69.0 en 2018 ? En France ou à l’étranger ?
reperages-verdon-2Les SwimRunMan n’ont pas de frontières !
AB : Pour cette première année, il n’y a pas de système de ranking, c’est une piste que nous étudions pour les années à venir pour donner le droit de participation aux SwimRunMan 69.0.
Le calendrier 2018 n’est pas encore définitivement arrêté à l’heure actuelle, la seule chose que je peux vous dire c’est qu’il y aura au moins un format 69.0 en 2018 et que, pour nous, les SwimRunMan n’ont pas de frontières !
SRF : Pour toi la délégation du Swimrun à la FFTri est elle une bonne chose ?
Trouver le meilleur compromis possible
AB: De part son évolution fulgurante ces deux dernières années et l’augmentation impressionnante de son nombre de pratiquants, il fallait s’attendre à ce que la pratique du Swimrun soit réglementée en France. Alors oui, je pense que la FFTri va apporter son expérience, sa rigueur dans l’organisation des événements et permettre de structurer la pratique du Swimrun, notamment en termes de sécurité. Toutefois, je pense qu’il faut veiller à ce que l’on puisse garder l’essence du Swimrun, son authenticité afin de ne pas aseptiser sa pratique. Ce sera tout l’enjeu entre les organisateurs et les dirigeants de la FFTri de trouver le meilleur compromis possible afin de satisfaire les pratiquants.
SRF : On te (vous) verra sur quelques courses en tant que swimrunner ?swimrunman
AB: De nous 3, celui que vous avez le plus de chance de croiser sur un Swimrun, c’est Bertrand, le triathlète de la bande, il en a loupé deux l’an dernier à cause d’une vilaine blessure mais cette année, il compte bien prendre un départ… et autant te dire qu’il aura plutôt intérêt de revenir en tant que Finisher, sinon il nous devra une tournée!
SRF : il y a t-il une question que tu aurais voulu que je te pose ?
AB : C’était très complet, je te remercie.
SRF : Merci de ton temps 🙂
AB : Merci à toi!

Nicolas Remires du team Envol

Juste avant le départ du l’ÖtillÖ, nous avons rencontré Nicolas Remires le meilleur Français en swimrun.

Bonjour Nicolas. Peux-tu nous dire quel est ton background sportif?

NR: Mon passé de sportif est très varié. Beaucoup de sports d’endurance comme le triathlon (toutes distances) et le cyclisme, mais également beaucoup de courses à pied. J’ai passé beaucoup de temps à courir en montagne ou en foret, pour le plaisir ces dernières années.

L’ÖtillÖ est dans quelques jours. L’an dernier tu as fini sur le podium. Qu’avez-vous changé cette année?

NR: J’ai changé beaucoup de choses ! Malheureusement mon ami Julian Dent s’est concentré sur les championnats du Monde de Course d’Orientation et n’a pas pu nager cette année, donc j’ai du trouver un nouveau équipier. Ce n’était pas facile. Je me suis entraîné toute l’année avec Paul Krochak, mais finalement notre pauvre entente nous a séparée quelques semaines avant ÖtillÖ. Finalement, après avoir fait le tour de mes différentes options, j’ai décidé de courir ÖtillÖ avec un suédois, un triathlète professionnel qui a déjà couru ÖtillÖ en 2011, Pontus Lindberg. J’ai également changé la manière de m’entraîner.

Comment s’est passé votre préparation?

NR: Je me suis donc entraîné différemment. Le niveau est monté d’un cran et il ne fallait pas rater le wagon. On a vu des nageurs qui maintenant courent très bien, des trail runners qui commencent à nager fort… Donc pour moi qui suis entre les deux, il fallut progresser dans les deux disciplines.

En hiver, natation 5-6 fois par semaine, et 6-7 sorties course à pied par semaine. À partir de Juin, ce fut plus lourd avec 7-10 courses à pied par semaine et du travail très spécifique d’allure. La différence avec 2015 est que je me suis entraîné spécifiquement pour être prêt à courir à une allure élevée après 5-6h d’efforts.

Ma préparation s’est faite en Suède en hiver et printemps, puis en France durant l’été. À partir de mai, j’ai commencé à m’entraîner sur le parcours d’ÖtillÖ.

Quel est votre objectif et votre stratégie?

NR: L’objectif est de gagner. Depuis presque trois ans, je sais que je peux le faire et je m’entraîne pour. Cette année est l’année idéale car Pontus est très fort.

Dans les grandes lignes, la stratégie est de rester devant dès le début, de ne pas se laisser distancer. L’an dernier malheureusement, j’avais perdu du temps sur le 1er tiers. Cette année, il faudra être devant. Il y a plus d’équipes qui peuvent gagner. Puis après 5h d’effort, si tout va bien, on va faire jouer nos qualités d’endurance et résistance à la douleur. Jusqu’à la ligne d’arrivée, tout peut arriver. ÖtillÖ est un effort brutal et tout le monde peut avoir un mauvais moment, donc il faut rester devant et ne pas perdre la concentration. Après on connaît nos allures de course. Et on va essayer de s’y tenir.

Nicolas Remires et Pontus Lindberg prêts à en découdre © Catarina Axelsson
Nicolas Remires et Pontus Lindberg prêts à en découdre © Catarina Axelsson

As-tu un conseil pour les novices qui vont faire la course pour la première fois?

NR : Pour les athlètes qui découvrent ÖtillÖ pour la première fois, je leur conseille de bien discuter avec leur partenaire, d’avoir le plus d’éléments sous contrôle et de ne pas laisser la chance décider totalement ! Regardez la carte, enregistrez les distances, retenez où sont les ravitaillements… Réglez tous les détails au moins deux jours avant.

Le parcours est dur, très dur. Les forêts suédoises sont très différentes des nôtres, les rochers sont très spécifiques. Le top s’est d’avoir testé l’archipel de Stockholm avant. Si vous n’avez pas cette chance, et bien faites attention sur les îles rocheuses (il y en a quelques unes au début de l’épreuve et elles peuvent être délicates). Ce serait terrible de se blesser dans la première heure. Et puis les 19km d’Ornö sont horribles. Il y a du bitume, des lignes droites. Après 5, 6 ou 7h d’efforts, ça fait très mal. Donc durant l’élaboration de votre plan de course, prévoyez une réserve d’énergie pour Ornö. N’arrivez totalement cuits sur cette île.

Dernier conseil, mettez-vous dans l’eau froide très tôt dans la saison. En 2016, l’eau va être plus froide que lors des éditions précédentes. Ça pique vraiment et ça fait mal à la tête…

Effectivement, tout ceux et celles qui ont fait l’ÖtillÖ se souviennent d’Ornö ! Il y a-t-il quelque chose que tu voudrais rajouter?

NR : Je voudrais rajouter deux choses. Tout d’abord, je voudrais remercier mes deux sponsors. Ma propre entreprise Envol et mon équipementier et super conseiller swimrunshop.com basé au Danemark. Ils m’ont rendu ma préparation bien plus facile et sont toujours là pour me soutenir. Un grand merci à eux et je vous conseille de surfer sur leur page et de demander des conseils à Soren ! Ensuite, je tenais à dire que le swimrun est un sport fantastique de part son concept de découverte et de liberté. On est dans la nature, on va où on veut. On a seulement besoin de chaussures et d’un short puis on nage et on court. Plus besoin de faire des détours pour éviter un lac ou un bras de mer. Et enfin, c’est un sport qui se partage avec un/des partenaire. C’est fabuleux de pouvoir découvrir avec d’autres personnes. Alors certes faire des courses, et plus particulièrement la plus grande, ÖtillÖ, c’est fantastique mais le swimrun c’est avant-tout le plaisir de faire une aventure en nature avec des amis. Et c’est le message que les organisateurs d’ÖtillÖ essaient de transmettre à travers leurs courses.

Merci Nicolas, et bonne course avec le team Envol

Photos © Catarina Axelsson