Edito

Les Hormones du Swimrun : Un Équilibre Naturel des Neuromodulateurs

🇬🇧 English version down below

🇫🇷 Chaque course de swimrun débute par une montée d’adrénaline, accompagnée de dopamine, ce neuromodulateur associé au plaisir, à la motivation et à la récompense. Lorsque vous plongez dans les eaux glacées ou gravissez un sommet ardu, la dopamine inonde votre cerveau, vous incitant à poursuivre. C’est elle aussi qui vous procure une immense satisfaction lors du franchissement de la finishline ou l’amélioration de vos performances.

Pour bien saisir l’impact du swimrun sur notre circuit de la récompense, référons-nous à l’analogie d’Anna Lembke qui part d’une… balance de style romain. Imaginons que le niveau de base de dopamine corresponde à l’équilibre de cette balance. Lorsque nous éprouvons du plaisir, un poids est ajouté sur un plateau, faisant monter la dopamine au-dessus de son niveau d’équilibre. Cependant, cette élévation est contrebalancée par l’apparition de “gremlins” – qui sautent allègrement sur l’autre plateau – et ramènent la dopamine à son point de départ, voire en-deçà.

Ces “gremlins” représentent un mécanisme de régulation cérébral. Pour chaque pic de plaisir (et donc de dopamine), un ou plusieurs “gremlins” apparaissent pour rétablir l’équilibre en abaissant son niveau. Si nous recherchons des plaisirs intenses et répétitifs (comme les drogues telles que l’alcool, ou des jeux d’argent voire aussi les derniers réseaux sociaux comme Tik Tok nativement conçu pour manipuler notre système de récompense), nous accumulons de nombreux “gremlins” qui finissent par abaisser durablement notre niveau de base de dopamine. Cela engendre un sentiment constant de manque et de dépression, nous poussant à chercher encore plus de stimuli pour retrouver ce plaisir initial, créant ainsi un cercle vicieux.

Le swimrun, en revanche, offre une récompense bien plus pérenne et enrichissante. Les défis physiques permettent une augmentation progressive et naturelle de la dopamine, minimisant l’apparition et le poids des “gremlins”. Contrairement aux plaisirs éphémères, les efforts et succès renforcent graduellement le niveau de dopamine sans déséquilibre drastique de la balance. Chaque défi atteint ancre le pratiquant dans une quête saine de dépassement, loin des cycles destructeurs de la dépendance.

Les Endorphines : Le Bonheur du Sportif

Outre la dopamine, les activités physiques telles que le swimrun stimulent également la libération d’endorphines, d’endocannabinoïdes et de sérotonine, procurant une sensation de bien-être et de récompense naturelle. Cela contribue à rééquilibrer sainement le circuit de la motivation.

L’Ocytocine : La Solidarité du Binôme

Les connexions sociales, souvent présentes lors des compétitions, entraînements et post entrainement de swimrun (ainsi la Fika suédoise ou la Nata portugaise rituels d’après entrainement), favorisent la production d’ocytocine, une hormone clé dans la création de liens et le sentiment d’appartenance. Elles augmentent également les taux de sérotonine et de dopamine, renforçant le bien-être général.

La Sérotonine : L’Équilibre Émotionnel

Les actes altruistes et pro-sociaux, courants dans les communautés sportives et dans les courses (face à une nature brutale parfois), favorisent la libération d’ocytocine et de sérotonine, renforçant les liens sociaux et le sentiment de bien-être.

Enfin, s’adonner à des passe-temps créatifs, qui peuvent accompagner les périodes de repos et de récupération des athlètes, stimule la sécrétion d’acétylcholine, un neuromodulateur lié à la concentration et à l’état de flow, ainsi que de glutamate, qui renforce la motivation intrinsèque.

La méditation et la pleine conscience, souvent pratiquées comme préparation mentale, améliorent la concentration et la gestion du stress, réduisent les niveaux d’adrénaline et de cortisol, les hormones du stress, tout en augmentant la production de GABA, un neuromodulateur inhibiteur aux effets apaisants.

L’immersion dans la nature, fréquente pour les adeptes du swimrun, stimule la sécrétion de norépinéphrine, qui améliore l’attention et la mémoire, ainsi que de phényléthylamine, associée à des émotions positives.

En rééquilibrant ces différents neuromodulateurs, ces activités naturelles aident les personnes souffrant de dépendances comportementales à recalibrer sainement et durablement leur circuit de la récompense, brisant ainsi les cycles addictifs. Le swimrun, par son approche holistique et équilibrée, représente une voie idéale pour atteindre un bien-être neuropsychique pérenne.

Alors les ami(e)s ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier et quitte à choisir dans le menu des neuromodulateurs, prenez toute la famille. Chez les swimrunners la diversité a toujours été un gage pour aller plus loin ensemble.

Source : Anna Lembke est une psychiatre, directrice de la clinique de médecine de l’addiction et du double diagnostic de l’université de Stanford  et autrice de “Dopamine nation”.

✍️Akuna 🧬 relecture Claude-Sonnet
📷 ideogram

The Hormones of Swimrun: A Natural Balance of Neuromodulators

🇬🇧 Every race begins with a surge of adrenaline, accompanied by dopamine, the neuromodulator associated with pleasure, motivation, and reward. When you plunge into icy waters or ascend a rugged summit, dopamine floods your brain, urging you onward. It is also dopamine that provides immense satisfaction upon reaching a new challenge or improving your performance.
To fully grasp the impact of swimrun on our reward circuit, let us refer to Anna Lembke’s analogy with a Roman-style balance scale. Imagine that the baseline level of dopamine corresponds to the equilibrium of this scale. When we experience pleasure, a weight is added to one side, causing dopamine levels to rise above equilibrium. However, this elevation is counterbalanced by the appearance of “gremlins” – weights on the other side – that bring dopamine back to its starting point, or even below.

These “gremlins” represent a brain regulation mechanism. For each peak of pleasure (and thus dopamine), one or more “gremlins” appear to restore equilibrium by lowering its level. If we seek intense and repetitive pleasures (such as drugs or social media), we accumulate many “gremlins” that end up durably lowering our baseline dopamine level. This engenders a constant feeling of lack and depression, pushing us to seek even more stimuli to regain that initial pleasure, creating a vicious cycle.

Swimrun, on the other hand, offers a much more enduring and enriching reward. The physical challenges allow for a gradual and natural increase in dopamine, minimizing the appearance and weight of “gremlins.” Unlike fleeting pleasures, the efforts and successes in swimrun gradually reinforce dopamine levels without drastic imbalance of the scale. Each conquered challenge anchors the practitioner in a healthy quest for self-transcendence, far from the destructive cycles of addiction.

In addition to dopamine, physical activities such as swimrun also stimulate the release of endorphins, endocannabinoids, and serotonin, providing a sense of natural well-being and reward. This contributes to a healthy rebalancing of the motivation circuit.

The social connections often present during swimrun competitions and training foster the production of oxytocin, a key hormone in bonding and a sense of belonging. They also increase levels of serotonin and dopamine, reinforcing overall well-being.
Altruistic and prosocial acts, common in sports communities, promote the release of oxytocin and serotonin, strengthening social bonds and a feeling of well-being.

Furthermore, engaging in creative hobbies, which can accompany periods of rest and recovery for athletes, stimulates the secretion of acetylcholine, a neuromodulator linked to concentration and flow state, as well as glutamate, which reinforces intrinsic motivation.
Meditation and mindfulness practices, often used to improve concentration and stress management, reduce levels of adrenaline and cortisol, the stress hormones, while increasing production of GABA, an inhibitory neuromodulator with calming effects.

Immersion in nature, frequent for swimrun enthusiasts, stimulates the secretion of norepinephrine, which improves attention and memory, as well as phenylethylamine, associated with positive emotions.

By rebalancing these various neuromodulators, these natural activities help individuals suffering from behavioral addictions to healthily and sustainably recalibrate their reward circuit, breaking the cycles of addiction. Swimrun, with its holistic and balanced approach, represents an ideal path to achieving lasting neuropsychic well-being.

Source: Anna Lembke is a psychiatrist, director of the Stanford Addiction Medicine and Dual Diagnosis Clinic, and author of “Dopamine Nation.”

Leave a Reply