Une année de tous les records aux championnats du monde ÖtillÖ de Swimrun 2018

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Les premières équipes ont fait preuve d’une incroyable célérité pour ces 13ème championnats du monde ÖtillÖ de Swimrun 2018, une des course d’endurance d’un jour réputée parmi les plus dures au monde. Les conditions météo furent idéales pour instaurer un rythme très rapide tout au long des 75 km de course au sein de l’archipel de Stockholm. Toutefois personne ne s’attendait à ce que les athlètes écrasent les records chronométriques de façon aussi magistrale, et ce dans chaque catégorie, homme, femme et mixte.

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Vainqueurs 2018:
Hommes: Fredrik Axegård and Alex Flores (SWE), Team Sport Office, 7:39:25
mixte: Martin Flinta (SWE) and Helena Erbenova Karaskova (CZE), Thule Crew/Wolffwear Swimrun, 8:16:15
Femmes: Kristin Larsson and Annika Ericsson (SWE), Team Outdoor Experten, 8:56:26

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La 13ème édition de l’ÖtillÖ a accueilli 150 équipes représentant pas moins de 25 nations. Sur un parcours long de 75 km comprenant 65 km de trail technique et 10 km d’eau libre, les binômes ont enchainé les portions nagées et courues sur 24 iles de l’archipel de Stockholm (l’archipel en compte environ 24 000). Les athlètes courent et nagent dans la mer Baltique, traversant les plus belles parties de l’archipel, depuis le magnifique port de plaisance de Sandham vers « l’ile de l’amour » Utö. Les équipes vont tour à tour sillonner des iles désertes et résidences pittoresques d’été, devront courir sur des rochers extrêmement glissants, suivront des singles à travers des forêts denses et nager en se méfiant des courants.

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Les prétendants étaient si nombreux sur la ligne de départ qu’il était vraiment difficile de pronostiquer les vainqueurs de ces championnats du monde 2018. Les trois premières équipes de tête se tenant en quelques secondes après plusieurs heures de course. C’est Fredrik Axegård et Alex Flores (SWE) qui finalement arrivent à s’échapper et marquent les esprit avec un temps record de 7 heures, 39 minutes et 25 secondes, soit plus de 19 minutes que le précédent record. Chez les femmes le duo, multi championnes du monde de la spécialité, Annika Ericsson et Kristin Larsson (SWE) a bataillé dur pour s’imposer aussi dans un temps record, retranchant de 36 minutes leur record précédent datant de 2016. Fanny Danckwardt et Desirée Andersson (SWE) ont failli réaliser l’exploit de battre l’invincible binôme en menant une grande partie de la course mais elles ont dû se résigner en finissant 3 minutes 49 secondes derrière leurs collègues suédoises.

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Dans la catégorie mixte Martin Flinta (SWE) et Helena Erbenova Karaskova (CZE) ont assumé avec brio leur statut de favoris. Ils finissent avec une belle marge sur les seconds. Ils finissent 8ème au scratch avec un temps canon de 8:16:15, ce qui est aussi un nouveau record. Ils écrasent la marque chronométrique précédente de près de 33 minutes. Martin et Helena ont dominé les 5 manches de ÖTILLÖ Swimrun World Series en 2018 et sont en lice pour gagner le bonus de 33 000 € promis aux vainqueurs de toutes le manches s’ils gagnent à ÖTILLÖ 1000 Lakes (Allemagne) fin septembre.

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Podiums

Hommes
1. Fredrik Axegård et Alex Flores (SWE), Team Sport Office, 7:39:25
2. Jonas Ekman Fischer et Lars Ekman (SWE), Sailfish Team Bröderna Bäver, 7:42:07
3. Oscar Olsson (SWE) et Adriel Young (AUS), Team Ark Swimrun-HUUB, 7:44:20
Mixte
1. Martin Flinta (SWE) et Helena Erbenova Karaskova (CZE), Thule Crew/Wolffwear Swimrun, 8:16:15
2. Sam Clark (NZL) et Marika Wagner (SWE), Apollo Sports, 8:30:19
3. Thomas Schreven (NED) et Jasmina Glad-Schreven (FIN), Say no! to doping, 8:36:29
Femmes
1. Kristin Larsson et Annika Ericsson (SWE), Team Outdoor Experten, 8:56:26
2. Fanny Danckwardt et Desirée Andersson (SWE), Team Envol, 9:00:15
3. Charlotte Eriksson et Renée Huuva (SWE), Yo Running Club, 9:07:11

Résultats complets:

https://otilloswimrun.com/races/otillo/results-2018/

Crédit photographers: Jakob Edholm / ÖTILLÖ et Pierre Mangez / ÖTILLÖ

Le Swimrun dans Sportstratégies

Le décollage d’un sport en France est toujours un moment particulier, c’est à ce moment que se cimente les valeurs, les traditions d’un sport. Peggy Bergère (@pegbergere), journaliste et ancienne athlète de haut niveau s’intéresse de près à ce sport outdoor tendance puisqu’elle a même mouillé  le maillot sur le swimrun de la cote vermeille avec Stéphanie Cano (ancienne capitaine de l’équipe de France de Handball). Peggy est l’auteur déjà de plusieurs papiers dans l’équipe, et là elle décrypte pour nous le phénomène swimrun dans les pages de Sportstratégies.

Swimrun France : Bonjour Peggy, peux tu te présenter brièvement ?

Peggy Bergère : Je suis une ancienne sportive de haut niveau… de hockey sur gazon. Après une vingtaine d’années de carrière dont 10 en équipe nationale et un an en Hollande, LE pays du hockey,, j’ai stoppé net mon parcours sportif en 2006 pour me consacrer à ma carrière professionnelle de journaliste à L’Equipe.fr. Pendant une dizaine d’années, j’ai privilégié le travail au sport et quasiment stoppé toute activité sportive. Je ne m’y suis remise que très récemment en partant du niveau zéro. Pour moi, cela reste aujourd’hui très compliqué de me voir « ramer » en course à pied alors que j’avais un bon niveau étant plus jeune, mais le principal reste « de bouger et faire quelque chose ». Au niveau professionnel, je suis co fondatrice d’une agence de communication dédiée au sport qui s’appelle Plein Zoom (www.pleinzoom.com). Avec mon associé fondu de sport lui-aussi (Pascal Boutreau) et adepte des courses ultra (et ex Grand Reporter à L’Equipe), nous sommes spécialisés dans le sport et créons des contenus pour la presse, les événements, les fédérations… Nous intervenons notamment sur toute la partie stratégique et digitale avec des contenus allant de la rédaction aux supports vidéos. Tous les deux sommes amoureux du sport, de ses vertus, ses rencontres, ses émotions…

SRF: Tu as participé en tant que concurrente mais aussi en tant que journaliste au Swimrun de la Cote Vermeille 2017 (la moyenne distance). Comment cela s’est-il passé ? As-tu appris des choses que tu n’avais pas anticipées ?

PB : Pour commencer, cela a été une nouvelle expérience… géniale ! Je connaissais le Swimrun pour être allée accompagner des amis à Cadaquès l’an passé, mais sans plus… J’ai découvert un site, une discipline qui m’a donné envie, sans en connaître réellement les codes. Je m’y suis intéressée de plus près en rencontrant Jean Marie Gueye au Marathon des Sables en avril dernier, où je travaillais comme journaliste pour L’Equipe Ilosport, Sports Stratégies et le magazine les Sportives. Nous avons échangé, et voyant la discipline émerger de plus en plus en France, je me suis dit qu’il y avait des histoires à raconter, ne serait-ce que celle de l’arriver du Swimrun en France… Par rapport au Swimrun de la Côte Vermeille, j’ai été contactée par Hélène Tzara via Sylvain (Rousselat, un des co-organisateurs) pour rédiger des papiers. L’attrait croissant pour l’activité en France m’a offert la possibilité de rédiger des articles pour Ilosport… à condition d’y participer. J’ai eu la chance de pouvoir m’aligner en binôme avec une ex championne du monde de handball (en 2003, Stéphanie Cano), toujours en possession de réelles capacités physiques, aussi bien sur terre qu’en mer… Et heureusement ! Community Manager pendant le tournoi de tennis de Roland Garros, je n’ai pu m’entrainer pendant 3 semaines, et suis arrivée sur la Côte Vermeille avec pas grand chose dans les bras ni dans les jambes. La longe m’a sauvé la vie (et je n’exagère presque pas !). Elle a clairement permis de nous niveler : particulièrement adepte de l’effort physique, elle a pu « s’arracher » et se dépenser comme elle a voulu, là où moi j’ai misé sur mes « restes », bien insuffisants pour clore la distance imposée (24 km). Ce « détail » m’a particulièrement marquée. Avancer en binôme est un énorme plus, pendant et après la course… Ca a été génial de partager les galères et les bons moments ensemble, de franchir la ligne d’arrivée ensemble et encore aujourd’hui de reparler de cette aventure, car il s’agit d’une réelle aventure…

SRF: Quel potentiel vois tu dans ce sport très jeune encore ? En quoi se diffère t-il d’autres sports d’endurance outdoor ?

PB : Il y a tout un coté sport nature dans des endroits privilégiés qui est top ! Se retrouver à nager au dessus des poissons, dans de l’eau cristalline avec des fonds marins à couper le souffle relève du bonheur. Courir en milieu naturel avec des vues de malades est tout aussi prestigieux. La difficulté physique est remplacée par ce partage, cette beauté… La compétition existe, mais à son niveau. Je veux dire par là que vous pouvez autant vous aligner pour gagner, que juste pour les yeux. Que vous pouvez être amenés autant à côtoyer des athlètes olympiques (Carole Peon et Jessica Harrison sur la Côte Vermeille, victorieuse de la Moyenne), que des personnes lambda… Tout le monde se mélange et partage un truc dans un lieu unique. C’est une autre façon de découvrir des territoires, de profiter des lieux… Et avec une petite bière en passant la ligne d’arrivée, c’est encore meilleur. Pour tout cela, merci !

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