2020 SWIMRUN THROWBACK – LES BRAS EN CARTON

Dès les premières lueurs de l’aube, nous enfilons nos peaux de néoprène en lieu et place de nos habits de terriens. Le chemin qui mène de La Ciotat à Carpiagne est peu fréquenté, mais les pêcheurs, les grimpeurs et les marcheurs expérimentés, y irriguent une nature immobile de leur présence. Nous, swimrunners, ajoutons une touche aquatique.

Les vagues sont comme des murmures, chuchotant des secrets à l’oreille de la terre.

La mer qui nous entoure est comme une étendue d’encre, encore sombre et mystérieuse à cette heure matinale. Les vagues qui viennent se briser sur les rochers sont comme des murmures, chuchotant des secrets à l’oreille de la terre.
Dans la pénombre de l’aube, l’eau reflète la lueur blafarde de la lune, créant un monde en noir et blanc, paisible et troublé seulement par les bulles d’air qui s’échappent de nos respirations. Les poissons, endormis, sont comme des somnambules, hypnotisés par le silence de la nuit.

Le soleil se lève à l’horizon, peignant les falaises de Cap Canaille de couleurs orangées, ambrées. Il nous guide vers l’ouest, vers Cassis. L’aube naissante révèle des grottes cachées et des rochers sculptés, comme des tableaux surréalistes. Les falaises sont comme des murailles naturelles, imposantes et majestueuses, qui se dressent fièrement face à l’océan.

Notre arrivée à Cassis, au milieu de la journée, est un choc avec la civilisation, mais aussi un soulagement de pouvoir se ravitailler au Spar local. Encore engoncés de nos peaux d’amphibiens, nous déambulons parmi les habitants de Cassis, peu perturbés par notre accoutrement. Les typiques ruelles provençales sont animées, les gens allant et venant, mais la « dolce vita » cassidenne ne peut rivaliser avec la majesté de la nature sauvage que nous venions de quitter.

Notre voyage se poursuit vers Marseille, où les sentiers et les natations sont plus faciles, mais malheureusement aussi plus pollués. Le tour des Castelviel envisagé jusqu’à la formidable faille de la calanque de l’Eissadon m’échappe.

Mes bras sont désormais en « carton » et Fix sort la longe pour me servir de « poisson » pilote. Ce faisant En Vau sera notre dernière sortie parmi des touristes curieux et intrigués de notre voyage coloré de contrastes entre terre et mer, nuit et jour, sauvage et tourisme de masse. Cette traversé des calanques est comme un joyau caché, préservé de la frénésie de la vie urbaine, nous rappelant la pureté de la nature.

Les calanques nous appellent de leur chant, et nous, swimrunners, nous y plongeons encore, tels des marins face aux chants des sirènes, emplis de nostalgie poétique.

✍️ Akuna
📷 crédit photos Akuna
🎥 Akuna

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