Pourquoi faut-il une bouée en entraînement ?

La mer est calme et chaude. Pas de méduses à l’horizon, le binôme de swimrunners est aguerri et confiant, le parcours longe la côte, pas de traversée au large, pas de fort courant, les deux complices se jettent à l’eau sereinement. Et pourtant, ils/elles n’ont pas mis tous les atouts de leur côté pour faire une sortie en toute sécurité. En effet ils n’emportent pas de bouée. Mais pourquoi donc devraient-ils ajouter cet équipement supplémentaire ?

Vu et être vu

On n’est pas seul sur les plans d’eau, et malheureusement il est souvent difficile de distinguer un nageur évoluant au raz de l’eau. Et c’est sans parler des plaisanciers ou autre amateurs de jet ski qui ne font pas attention aux autres usagers de la mer. Une bouée tractée attire le regard, elle signale la présence d’un obstacle dans l’eau. Pour les nageurs compétents, le principal danger de nager en eau libre c’est d’être percuté par une embarcation. Un choc à la tête peut facilement entraîner une perte de conscience, et une noyade potentielle. Les coupures engendrées par les hélices et les coques peuvent être fatales ou au moins très graves. Le danger est bien réel, il faut donc essayer de le minimiser. Il faut bien sûr que le nageur choisisse soigneusement son parcours. Il faut connaître les chenaux de navigation, en particulier auprès des ports mais aussi aux abords des plages. Il faut aussi régulièrement regarder autour de soi pour faire une veille visuelle des dangers potentiels et des trajectoires et distances des embarcations autour de nous. Mais avant tout il faut se rendre visible, et une bouée est de loin la meilleure manière de se faire remarquer. Un bonnet de couleur claire et vive, rouge, vert fluo ou orange de préférence, apporte un élément supplémentaire. A noter que dans certaines courses les binômes doivent emporter une bouée lors des sections de natation les plus longues, preuve supplémentaire que même avec un dispositif de sécurité il est difficile de localiser les nageurs dans l’eau.

Flotter pour mieux récupérer

Quand un petit problème arrive dans l’eau, une balade sûre peut rapidement dégénérer en situation d’urgence. Une crampe, un souci avec l’équipement, une vague qui nous fait boire la tasse, et on se retrouve avec un alerte à gérer. Il est clair qu’avec une combinaison, souvent un pull buoy ou des jambières et des chaussures qui flottent, on ne risque pas de couler. Cependant la tête n’est pas maintenue hors de l‘eau et les risques d’inhalation d’eau existent. Une bouée permet de s’accrocher et de gérer le petit souci avec plus de confort et de sécurité. Paradoxalement, une eau chaude a tendance à augmenter les risques encourus car une température clémente autorise la nage sans combinaison néoprène et engendre une flottabilité du swimrunner amoindrie. Donc même, et surtout, quand il fait beau, une bouée est utile.

Bouée à tout faire

Selon la distance et durée d’un swimrun en entraînement il est nécessaire d’emporter un équipement de sécurité et / ou de l’alimentation. On emporte souvent aussi nos clés de voiture, téléphones, etc. Certaines bouées disposent d’un compartiment « étanche » qui est bien pratique pour transporter et garder au sec nos chers gadgets électroniques.

A quelle longueur tracter sa bouée ?

Toutes les bouées fournissent une ceinture et une longe relativement courte. Généralement on peut les régler pour qu’elles se situent en nageant entre les fesses et les genoux. On ne les sent pas à cet endroit, et le signal visuel est idéalement placé. Autre solution, avoir la longe un peu plus longue pour qu’elle soit derrière les pieds, mais celle-ci peut venir toucher les pieds à cause des vagues. On peut alors décider de tracter la bouée plus loin, par exemple à un mètre, mais attention à qu’elle ne soit pas trop loin: un plaisancier peut essayer de raser la bouée et vous percuter. Cela peut aussi devenir problématique lors des sorties d’eau. Autre décision à prendre, en cas de tractage qui prend la bouée ? J’aurai tendance à conseiller que chacun transporte une bouée. Mais si une seule est utilisée, visuellement il vaut mieux qu’elle soit au milieu, plutôt tirée par le nageur devant, dans ce cas avec une longe courte en situant la bouée fesse-genoux pour ne pas gêner le binôme tracté. Si le nageur devant préfère une longe longue, alors la seule solution est que le nageur derrière tracte la bouée, mais la visibilité du premier nageur est alors diminuée. A noter que si vous n’utilisez pas de longe, la bouée peut empêcher le premier nageur de voir son binôme derrière lui/elle. C’est vraiment le seul vrai inconvénient des bouées.

Transporter sa bouée en courant

Si la nécessité d’avoir une bouée en natation s’impose, comment la transporter en courant ? Plusieurs options sont possibles. Certaines bouées ont des bretelles pour les porter comme des sacs à dos. Toutes ont des sangles pour les tracter, et on peut les porter en bandoulière ou dans le dos au niveau des reins. Pour les distances courtes le plus simple est de les porter à la main. Enfin une dernière solution consiste à dégonfler la bouée et la caler dans la ceinture ou dans le pull buoy. Pour les longues distances sans ravitaillement une autre solution est d’avoir un sac de trail dans lequel on met la bouée en course à pied, et vice versa en eau libre. C’est plus lent pour les transitions mais on gagne en confort en courant. Bien sûr on va perdre quelques secondes lors des transitions, mais le gain de sécurité est tellement important que le choix est clair.

 

En conclusion, on peut vraiment comparer la bouée au casque en vélo : on perd une tout petit peu de temps, mais la sécurité est à ce prix pour, au final, un très faible coût. Dans un prochain article nous passerons en revue une gamme de bouées disponibles sur le marché pour vous aider dans vos choix.

Korrigeri, le swimrun surf à Biarritz

KorrigeriBiarritz dans le pays Basque Français et bien connu comme spot de surf, accueillait grâce au Biarritz Olympique Triathlon son premier swimrun le 3 septembreAlban Chouquet nous fait partager sa course et ses impressions pour une épreuve qui devrait devenir un classique du calendrier.

Après avoir goûté à mon premier swimrun à Cadaques en 2016, j’ai enchaîné avec plusieurs formats en changeant régulièrement de binôme : la courte de la Costa Brava en Avril, le Swimrun de l’archipel à Agde en Mai, la longue de la côte Vermeille en Juin, le Swimrun du lac Chambon en Juillet… Je cherchais une course pour « occuper » mon mois de septembre quand je suis tombé sur la page FB du Korrigeri. J’ai proposé à Olivier Hansen de m’accompagner et nous nous sommes inscrits sous le nom « les Bitterois ».

Je suis arrivé à Biarritz le vendredi soir avec ma petite famille. Le samedi matin, les conditions de houle étant sympas, je me suis mis à l’eau à la plage centrale pour faire un petit peu de bodysurf et prendre ainsi la température pour le dimanche matin.

Samedi 19h
Je retrouve Olivier pour le retrait des dossards au niveau du phare de Biarritz. Excellent accueil des organisateurs avec qui nous discutons un peu de la course. Le sac qui nous est remis comprend entre autres une paire de lunettes du partenaire de la course, du pâté basque et 2 tickets pour un Talo (sandwich basque) à l’arrivée, de quoi nous régaler. A 30€ l’inscription par personne, c’est le top.

150 équipes partantes, la température de l’eau  à 20-21°C

21231893_1964117033874340_3434872637895022728_n bDimanche 7h
Il fait encore sombre quand nous arrivons sur la plage de départ (Miramar) avec 2 binômes d’amis mais nous pouvons apercevoir une petite houle (0,90m) propre et espacée. Le temps de discuter et de s’équiper tranquillement, les autres binômes arrivent au fur et à mesure et nous déposons nos affaires sèches à la consigne.

7h45
Petit briefing d’avant course. Nous serons près de 150 équipes partantes, la température de l’eau est annoncée à 20-21°C et les conditions météo plus clémentes prévues.  Nous commencerons par une section de natation de 740m de natation, la longe est autorisée dès le départ (en tout cas pas interdite). Nous enchaînerons 4 sections de natation et 4 sections de course à pied avec la troisième de 10.4Km. A chaque section de natation, il faudra contourner une première bouée de couleur rouge puis une de couleur noire et blanche. Il y aura une barrière horaire sur le parcours qui a été fixé à 10h15 à la fin de la 6ème section. Les binômes qui passeront après 10h15, seront invités à rejoindre la ligne d’arrivée pour des questions de sécurité et de marée. Le mot d’ordre reste de se faire plaisir avant tout et l’ambiance est plutôt conviviale.

swimrun 87h55
Malgré le portique installé, la tension monte et tous les concurrents s’étalent de part et d’autres de la ligne de départ afin de rester en première ligne. Avec Olivier nous faisons le choix d’abandonner au dernier moment la longe que nous avions prévue, de crainte d’être gênés lors du franchissement des vagues et des sorties d’eau.

8h Départ / Section Natation n°1 (740m)
Le départ est donné, c’est parti pour 740m de natation. Après une vingtaine de mètres de sprint sur le sable, arrive la mise à l’eau. Je jette un coup d’œil à Olivier, qui m’avait confié ne pas être très à l’aise dans les vagues, mais il s’en sort très bien. Après quelques dolphins pour passer le shorebreak et les premières vagues nous voici partis. Très vite le peloton s’étire et 3-4 binômes font l’écart en tête, nous restons derrière avec une dizaine d’autres binômes. Le repérage n’est pas toujours facile à cause de la houle mais nous finissons par trouver les 2 bouées. Le retour sur la plage est sympa, je prends deux petites vagues en surf pour m’aider un peu, je peux bientôt poser les pieds au sol. Il reste alors une dizaine de mètres à faire dans le shore break. J’arrive sur la plage, Olivier est derrière moi. Nous attaquons alors la première section de course à pieds.

swimrun 1Section CAP n°1 (1,9km)
La section commence par une partie dans le sable de 200m pour rejoindre la digue de la grande plage puis nous montons par la route jusqu’à Bellevue (qui porte magnifiquement bien son nom) où on nous annonce à la 10ème place, puis nous longeons le port des pêcheurs, passons à côté du musée de la mer avant de redescendre vers la plage de port Vieux. Là, nous descendons quelques escaliers avant d’attaquer quelques dizaines de mètres sur du sable sec. Puis nous nous mettons à l’eau.

Section Natation n°2 (900m)
La mise à l’eau est beaucoup plus calme car la plage est enclavée. Nous gardons le contact avec les 3-4 équipes qui sont devant nous. Nous passons la bouée rouge sans encombre, je jette un coup d’œil derrière et je vois que quelques binômes reviennent sur nous. La deuxième bouée (blanche/noire) est encore un peu dure à trouver. Un petit coup d’œil sur la plage pour prendre le cap vers les flammes matérialisant la sortie d’eau et c’est reparti. Le retour vers la plage est plus animé avec le retour de la houle et des vagues, plusieurs binômes nous reprennent… quelques surfs et nous retrouvons le sol ferm.

Section CAP n°2 (1,7km)
Nous passons entre les flammes, un petit coucou au fiston et à ma femme venus nous encourager et nous abordons la deuxième course à pied qui se fait sur la plage de la Côte des Basques. La majeure partie se fait sur le sable mais heureusement celui-ci est bien tassé. Nous reprenons quelques équipes, passons à côté de la zone d’arrivée avant de nous remettre à l’eau sur la plage de la Milady.

swimrun 7Section Natation n°3 (500m)
Comme à la première mise à l’eau, il faut passer quelques vagues avant de pouvoir commencer à nager. Quelques regards de temps en temps devant pour trouver les bouées et c’est le retour vers la plage. Les vagues sont de mieux en mieux formées, je jette un coup d’œil derrière personne … mais dans la vague suivante 6 swimrunners arrivent en même temps dont Oliver. Nous posons les pieds au sol, fin prêts à attaquer la 3ème section de course à pieds.

swimrun 4Section CAP n°3 (10,4Km)
Nous passons entre les flammes sur la plage puis montons une série d’escaliers pour rejoindre la route puis un petit chemin pavé vers le musée de l’Océan. Le premier ravitaillement est quelques centaines de mètres après le musée. Nous nous arrêtons quelques secondes, 2 verres d’eau – un abricot et nous revoilà partis. La route descend en longeant le centre équestre vers le lac Mouriscot. Nous avons quelques binômes en ligne de mire, le parcours commence avec une montée bitumée puis une descente sèche qui part sur la gauche et qui nous permets de rejoindre le bord du lac. Nous enchaînons ensuite avec une succession de montées et descentes en sous bois, 1 ou 2 petits « coups de cul » mais rien de très technique. Olivier est en forme, je sens qu’il en a sous le pied mais malheureusement pour ma part je ressens le manque d’entraînement de ces deux dernières semaines. Nous restons malgré tout au contact. La boucle autour du lac et du centre équestre est terminée, elle nous a paru plus courte que ce qu’on pensait, on réattaque la montée avant le deuxième ravitaillement. Nous croisons quelques équipes en route, quelques messages d’encouragement de part et d’autres… puis nous attaquons une partie sur route. Nous remontons vers le centre ville par la rue de Madrid, ça grimpe, les jambes commencent à tirer un peu mais Olivier ne lâche rien et me lance quelques pensées positives. Nous bifurquons sur la gauche pour rattraper l’avenue Beau Rivage où je croise à nouveau ma femme et mon fils qui nous annoncent 11èmes. Quelques centaines de mètres après nous attaquons une descente en lacets bitumées vers la plage de la côte des Basques, lieu de notre dernière mise à l’eau. En bas du sentier, nous passons à côté de la zone d’arrivée, pas mal d’encouragements de la part des promeneurs et des organisateurs. Nous descendons sur la plage, effectuons une cinquantaine de mètres sur le sable avant de nous remettre à l’eau.

swimrun 12Section Natation n°4 (900m)
Cette section est la même que la deuxième mais en sens inverse. La bouée rouge est en ligne de mire, nous effectuons quelques dolphins pour nous lancer. Les bras commencent à être un peu raides, certainement à cause de la course à pieds où j’ai manqué un peu de relâchement. J’ai l’impression de faire du sur-place pendant les 200 premiers mètres de cette section mais je vois que l’on rattrape les équipes devant nous. Olivier est au contact, on ne lâche rien jusqu’à la sortie de l’eau.

Section CAP n°4 (2,1km)
Malheureusement le sable de la plage de port vieux puis la succession d’escaliers pour remonter aura permis aux équipes devant de refaire l’écart. Cette section, nous fait monter autour de l’aquarium de Biarritz à travers un petit parc avant de nous faire redescendre vers le port des pêcheurs pour nous faire remonter enfin vers l’esplanade du port vieux, le moins qu’on puisse dire c’est que c’est bien casse pattes. On nous remets un collier qui justifie que nous sommes passées avant la barrière horaire.
Nous avons en ligne de mire un binôme sur les 400 derniers mètres que nous ne rattraperons pas avant l’arrivée.

swimrun 2Nous terminons ce swimrun à la 11ème place en 2h09, le sourire aux lèvres d’avoir fait notre premier swimrun ensemble et d’avoir participé à cette magnifique première édition.

 

Bilan, pour une première édition, je trouve que la course était superbes. Nous nous sommes régalés, le cadre était magnifique (la vue sur les Pyrénées en sortant de l’eau, c’est le top). La petite houle est venue pimentée les entrées et sorties d’eau. Le parcours était plutôt roulant, on pourrait juste regretter de ne pas avoir eu un peu plus de parties typées trail (je ne sais pas si c’est envisageable). Le balisage et la sécurité était au top avec des jets-ski et/ou des Kayaks à quasiment chaque section de natation.

S’il y avait des choses à améliorer, je dirais :

  • Des bouées plus grosses, style bouées gonflables et facilement identifiables.
  • Un ravitaillement après la deuxième sortie d’eau
  • Un peu plus de course type trail autour du lac

Un Ötillö avec les tripes

NadZa Uto 2017

NadZa tema souriants a Uto 2017 photo World of Swimrun / Swimrun France

L’Ötillö c’est une aventure pour tous et toutes, pas que pour quelques équipes devant. Tout le monde a son histoire personnelle qui mérite d’être racontée et lue. François Dubuc nous fait partager sa course avec Nadja Van Camp. Un binôme mixte, international, solidaires du premier au dernier pas.

Nad et moi, la NadZa , on était bleus bites sur l’ötillö cette année. Voici, un compte rendu du truc qu’on a vécu. En espérant que ça donne envie.

En fait je ne sais pas par où commencer.
Et pour éviter le pathos,
Oui, c’était dur
Oui, il y avait du vent, de la pluie du froid et des vagues
Oui j’ai explosé et subi.
Oui j’ai eu peur de ne pas finir

Mais en signant pour cette course lorsque nous avons reçu notre last minute slot après un roll down #notredamedelachatte, on savait que je n’avais pas les 65 bornes de course à pied dans les cannes.

On voulait y aller, c’est tout.
Voir Sandhamn,
Nager le pig swim,
Courir -si possible- le semi d’Ornö,
Et surtout, pleurer à Utö « island of love ».

gueuler devant la Baltique parce qu’il faut se foutre dans de l’eau à 12

Bref, c’est comme ça qu’on se retrouve à 7km de l’arrivée de l’Ötillö Swimrun World championship,après en avoir nagécouru 68, passé le dernier cut off, à gueuler devant la Baltique parce qu’il faut se foutre dans de l’eau à 12 pour commencer les derniers tronçons de la course , 1km de nat en 4 fois et 5 à pied.

Et que ça fait deux heures que je suis sec.
Sec.
Sec.
Et gelé.
Si prêt si loin.

Départ 6h du mat. Il pleut des cordes. Un très fort vent souffle sur l’archipelago.

On a peur. Mais on est bien avec notre peur. Un été studieux fulldoublepullplak, puristes s’abstenir, a gonflé mes épaules autant que ma confiance. Je me sens capable de tenir la baraque en nat. En gérant bien la course à pied et les cut off, ça va passer.

course foretDe fait, le début de course est plutôt soft. La 1ère nat de 1700 rassurante. la flotte n’est pas gelée et j’emmène le 53×11 easy style. En course à pied, ce n’est pas roulant, ça bouchonne un max, permettant d’être relax. Vigilance de rigueur car déjà des abandons sur chute. Les cailloux mouillés sont glissants au possible et malheur à ceux qui confondent vitesse et précipitation. Certains passages à pieds sont quand même scabreux. Limite du 4 pattes, escalade ou descente en rappel pour certaines transitions .

Dans l’eau, ça va toujours bien. Pas mal de courant, pas mal de vent et de houle obligent à s’engager en permanence. Pas question de se la jouer cool « je tourne les bras et j’arriverais bien au bord ». Non, il faut lever la tête souvent pour si besoin corriger le cap, limiter les temps mort pour ne pas dériver et appuyer fort pour lutter contre les vagues, exercice nouveau mais ludique pour les bitos que nous sommes en eaux libres.

On est bien dans nos baskets, à faire ce que l’on sait faire , sans plus. Chaque station de chrono est l’occasion de penser à nos amis, que l’on imagine devant le tracker.

On est comme en pleine mer avec des vagues qui déferlent

36202224084_be865b78ef_oPig swim time. Situé à mi-course, c’est la portion de nat la plus exposée. 1400 m à guetter le point stroboscopique de la sortie d’eau. Là, c’est du brutal. Ça secoue, ça fait même un peu peur. On est comme en pleine mer avec des vagues qui déferlent, qui te poussent vers la sortie. Nad derrière est une boule de flipper, les vagues la propulsent sur moi puis l’éloignent, je sens la corde se tendre et se relâcher et bim la revoilà.

C’est long.

Comme disent les commentateurs du live « it’s dirty, it’s a dirty swim ». De fait tu nages comme un porc avec une idée fixe, atteindre ce foutu point stroboscopique.  Rétrospectivement, c’était trop bon cette bagarre, cet engagement pour avoir le droit de continuer.

Trop bon mais énergivore. Car si la Baltique a des creux, mon estomac aussi, et ça commence à foirer question ravito, Plus grand chose ne passe.

« Plus envie de manger, attention danger »
J’ai creusé ma tombe, le semi d’Orno implacable juge de paix va vouloir m’y allonger. Très vite, sur cette portion roulante, je n’ai plus la force de courir. On essaye de fractionner , d’alterner marche/ petit trot mais peine perdue.

Il pleut, il vente, on se les pèle. Nad passe devant et me tracte en marchant vite pour se réchauffer. Mon challenge perso est d’arriver à me rapprocher d’elle, détendre la corde. Peine perdue. Pendant les 3 heures de ce semi, je n’ai plus de jambes, plus de force, plus d’estomac. Mais j’ai le plus important, ma binôme #serialkilleuse#angegardien.

No more swim, welcome to Utö, island of love

Et c’est comme ça…
qu’après avoir nagécouru 68 bornes, passé le dernier cut off, qu’on se retrouve à 7km de l’arrivée de l’Ötillö Swimrun World championship, à gueuler devant la Baltique parce qu’il faut se foutre encore dans de l’eau à 12 pour commencer les dernières sections de la course , 1km de nat en 4 fois et 5 à pied.

Je suis sec sec sec et gelé.

4 courtes natations à très fort courant, 4 efforts maximum pour ne pas louper l’île, pas le droit de mollir, une fois qu’on se lance, c’est tête dans le guidon.
A bloc.
Tellement peur de craquer.
On gueule tous les deux notre rage, notre envie, notre peur, nos douleurs.
embrassade endLa NadZa au combat.
Un bénévole nous accueille avec un « No more swim, welcome to Utö, island of love » .
Plus trop de souvenir des 4 bornes à pied qui nous amène à la ligne.
On a vu Sandhamn
On a nagé pig swim
On a « couru » le semi d’Orno
Et j’ai pleuré à Utö. »

Z de la NadZa

Photos © Ötillö & World of swimrun / Swimrun France

Les Français/es à l’ÖtillÖ 2017

Retour sur les résultats des Français/es à l’ÖtillÖ 2017. Seize équipes engagées, sept hommes et 9 mixtes, pas d’équipe femme. Dans des conditions difficiles et un parcours exigeant qui font avec le parcours de cette course la référence du swimrun, la bataille chez les hommes a été serrée avec un trio de Suédois intouchables qui ont dominés chez eux. Team Envol avec Nicolas Remirez et Guillaume Heneman se sont accrochés longtemps, et finissent à une belle 6ème place, premiers non Suédois . Team France avec David Hauss Cédric Fleureton finissent en 7ème position.

En mixte la tête de course est partie très fort et Team Colting Wetsuits France Endorphinmag composée de Ludovic Maillard et Sabrina Maurette finissent au pied du podium avec une belle 4 ème place. A noter UL’Team 10  Camille Marchand et Julien Antoine qui entrent dans le top 10.

 

resultats french teams otillo 2017

Swedish Armed Forces remporte l’ÖtillÖ 2017

Swedish Armed Forces, vainqueurs de l’ÖtillÖ 2017
Crédit photo ÖtillÖ live streaming

L’équipe Swedish Armed Forces composée de Jesper Svensson et Daniel Hansson remporte l’ÖtillÖ 2017 en un nouveau temps record de 7h58’06’’. Le temps est remarquable au vu des conditions qui ont combiné pluie, vent et vagues. Suivent deux autres équipes Suédoises, Sailfish team Bröderna Bäver avec les frères Jonas et Lars Ekman et Team Löplabbet avec Oscar Olsson et Martin Flinta. Après 8h de course et au bout d’une course palpitante, les trois équipes finissent dans un mouchoir de poche.

Top 3 result ÖTILLÖ Swimrun World Championship 2017
Men
1. Daniel Hansson and Jesper Svensson (SWE), Team Swedish Armed Forces, 7:58:06
2. Jonas Ekman and Lars Ekman (SWE), Sailfish team Bröderna Bäver, 8:06:40
3. Oscar Olsson and Martin Flinta (SWE), Team Löplabbet, 08:07:40

Mixed
1. Eva Nyström (SWE) and Adriel Young (AUS), Thule Crew/Trispot.se 9:01:31
2. Marika Wagner and Staffan Björklund (SWE), Apollo Sports / Head Swimming 9:02:09
3. Diane Sadik and Rickard Berglund (SWE), Swimrunshop.com, 9:08:52

Women
1. Kristin Larsson and Annika Ericsson (SWE), Team Addnature/Campz, 10:03:32
2. Fanny Danckwardt and Sarah Hansson (SWE), Team Orca Women, 10:49:14
3. Camilla Landén and Lina Byman (SWE) Trispot’s Triathleter, 11:03:05

Complete result list: http://otilloswimrun.com/races/otillo/results-2017/

ÖtillÖ 2017: les Français/es

Voici la liste des Françaises et Français au départ de l’ÖtillÖ 2017 qui démarre demain. Tout le monde y est inclu, Swimrun France s’intéresse à tout le monde… Sept équipes hommes, 9 équipes mixed, aucune équipe femme. Mesdames, le défi est à relever pour 2018 !french teams otillo 2017 b

Les Gravity Races, à la découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents

Swimrun France : Bonjour Marie, Raphael, on a dépassé la mi-saison sportive pour la discipline qui nous anime, vous n’avez pas chômé avec déjà les deux tiers de vos évènements réalisés. Pouvez-vous nous éclairer sur les épreuves 2017 réalisées déjà ?

Marie Croisille : Nous avons proposé deux Swimruns supplémentaires en 2017, une Gravity Race au Lac du Salagou et une Gravi’Découverte en Ile-de-France. Quasiment 900 coureurs ont été présents sur ces deux courses, ce qui est très satisfaisant pour de nouvelles épreuves !

Raphael Rieumal : L’enthousiasme et le retour des coureurs sont très gratifiant pour le travail de toute l’équipe bénévole. L’étape au Lac du Salagou sera reconduite en 2018 mais celle d’Ile-de-France est encore incertaine pour des questions financières : malheureusement la location de la base de loisirs de Jablines-Annet est très couteuse pour notre petite association (8000 euros). Nous espérons que les autorités publiques soutiendront le projet …

SRF : Vos swimruns en lac sont très différents les uns des autres (lac alpin, en région parisienne, le Salagou dans le sud), cette diversité est elle bien acceptée par les athlètes ?

MC : La découverte d’espace naturelle différent est la ligne directrice de la Gravity Race et est certainement la (notre) philosophie du Swimrun. Avant de proposer une épreuve sportive, les Gravity ce sont des découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents. Heureusement notre choix de proposer des Gravity très diversifiées est acceptée 🙂

RR : Au delà de la découverte d’environnement naturel, nous souhaitons aussi proposer d’un point de vue sportif, des niveaux de courses différents et surtout rendre accessible à TOUS la pratique du SwimRun.

SRF : Vous êtes le 1er circuit français (création en 2016) de swimrun, avez-vous vu une évolution dans le niveau, le nombre, le profil des swimrunners ?

RR : Le swimrun étant en pleine croissance, son public évolue forcément … Sur la Gravi’Découverte d’IDF nous avons vraiment ressenti cette évolution : le niveau était très élevé, l’approche et l’ambiance de la pratique très différente que sur les Gravity Race (l’IDF était une Gravi’Découverte = événement pour démocratiser le swimrun). La Gravity race du Salagou était quant à elle dans la continuité de celle d’Annecy sur le plan sportif et humain.

SRF : Le swimrun commence à être plus connu des institutions, notamment avec la délégation de ce sport à la FFTri en début d’année, avez-vous constaté moins de difficultés pour déposer un dossier à la préfecture, ou pour négocier avec les différents acteurs économiques, administratifs ?

MC : Il est vrai que de plus en plus d’acteurs publics et économiques entendent parler du swimrun, ce qui est positif pour le rayonnement de notre pratique sportive. Cette période de transition avec la délégation peut compliquer au contraire nos relations avec les préfectures …

RR : L’enjeu dans les mois à venir sera de trouver un juste milieu entre la préservation des valeurs du swimrun et la création de règles de sécurité fédérales propres au SwimRun (devant être respecter par tout organisateur).

SRF : De nombreux swimrunners se plaignent des prix pratiqués sur les courses en France et à l’étranger, que leur répondez vous en général ? (coût sécurité, ex à donner)

MC : Nous essayons de déterminer le prix le plus juste pour chaque Gravity afin d’au moins faire la balance sur chaque événement. Etant une association notre but premier est de proposer une expérience inoubliable aux swimrunners et de mettre en avant un patrimoine culturel et naturel. Si nous dégageons des bénéfices, ces derniers sont réinjectés dans l’organisation d’autres Gravity 🙂

RR : La sécurité explique en majorité le tarif de certains swimruns. Pour les Gravity nous avons voulu des cadeaux finishers très qualitatifs (Tee-shirt Compressport), ce qui a un coût … Il ne faut pas croire que les partenaires d’une course offrent tout ce que l’on peut voir sur l’événement. La difficulté de la course rentre également en compte car elle fera varier le temps de course, le nombre de secours, les ravitaillements, etc. Ce qui est compliqué aujourd’hui c’est que toutes les organisations n’ont pas les mêmes moyens humains, financiers et logistiques (et n’ont pas les mêmes intérêts et buts) ; il est donc très complexe de comparer le prix de telle ou telle course.

SRF : Ce sera la seconde édition de la gravity race Annecy le 14 octobre prochain, il y aura-t-il des nouveautés par rapport à 2016 ? 

MC : Nous essaierons toujours d’apporter quelques modifications à toutes les Gravity d’année en année. Pour nous c’est un gage de prise en considération des retours des coureurs et de qualité pour le label. Pour le 14 octobre à Annecy, nous avons rajouté des sections natation et modifié certaines zones de Trail 🙂

Petite nouveauté aussi, le « Challenge Natation 1,7 » (certains s’en rappelle je pense…). La dernière natation d’1,7km a été très difficile pour pas mal de Swimrunners, nous avons donc décidé d’en faire un challenge et d’intégrer une partie chronométrée sur cette portion : Les meilleurs nageurs seront ainsi récompensés !

RR : La structuration de nos villages d’arrivée sera vraiment différente à partir d’Annecy : nous souhaitons proposer de véritables villages culturelles, type « sieste musicale », jeunes artistes émergents toute la journée, live painting, activités familiales (initiation à l’escalade, volley, pétanques, food-truck, etc). Venant du secteur culturel, cette nouveauté me tenait à coeur pour essayer de créer un renouveau sur les villages « sportifs » … Nous espérons que cela plaira, dans tous les cas vous êtes tous les bienvenus que ce soit en tant que coureur ou bon vivant sur le village Gravity !

SRF : La saison 2018 se profile déjà, et je suppose que vous avez plein de projets, pourriez vous nous dire si la gravity race fera encore des petits ?

MC & RR : Nous doublons notre quantité de travail pour 2018, nous essaierons de pérenniser Salagou et Annecy et de rajouter d’autres destinations (pas forcement en France). Le projet est aussi d’élargir le label Gravity mais je n’en dirai pas plus, les annonces officielles se feront très rapidement. Dans tous les cas la Gravity restera synonyme de partage, dépassement, patrimoine, découverte et de fun pour 2018 🙂

SRF : Et vous en tant que swimrunner quelles courses vous font rêver ?

MC : J’aimerais franchement essayer chaque course qui existe en Europe ! Certaine sont dans des lieux fabuleux, d’autres avec une ambiance différente, je pense que chaque SwimRun est bon à faire (et fait rêver) !

RR : Ahah beaucoup, mais le temps et le budget nous manque 😉 Nous aimerions vraiment prendre part au swimrun organisée par Marina Ivanova en Russie (Lake to Lake) et un autre dans le sud de l’Europe (course non définie pour l’instant).

SRF : Merci à tous deux

www.gravity-race.com

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https://www.instagram.com/gravity_race/

 

Dernière préparation pour Cédric Fleureton au Swimrunman de Grenoble avant ÖtillÖ

Dans un peu plus d’une semaine, les championnats du monde de Swimrun vont se dérouler dans l’archipel de Stockholm ( lundi 4 septembre). Dans quelques jours va se dérouler pour la première fois le SwimRunMan de Grenoble (dimanche 27 septembre, Lac de Laffrey), le point commun c’est l’athlète de haut niveau le plus polyvalent du moment : Cédric Fleureton.

Swimrun France : Bonjour Cédric, d’habitude on demande aux personnes de se présenter sportivement mais dans ton cas, les activités dans lesquelles tu excelles sont pléthoriques et tu es déjà bien connu dans le monde de l’endurance. Du coup peut être en introduction, peux tu nous parler de l’année 2017 où tu t’es lancé dans plusieurs championnats du monde ?

Cédric Fleureton : Après 15 ans de triathlon à haut niveau, j’ai ressentie l’envie de couper avec la compétition et le triathlon, mon corps et mon esprit étaient fatigués. J’ai stoppé 3 ans toutes sortes de compétitions et j’ai replongé dans le trail un peu par hasard et sans prétentions. Rapidement j’ai eu de bons résultats mais surtout j’ai repris plaisir à me ré entrainer et faire des courses. J’ai été champion de France trail court 2014, 2015 et 2016, et fin 2016 j’apprenais que j’étais retenu en équipe de France pour les championnats du monde 2017 de trail. Durant l’hiver j’ai eu une blessure à l’ischio-jambier, la marque BIANCHI m’a prêté un bon vtt et j’ai donc fait quelques sorties vtt pour compenser le manque de course et jouer sur les transferts. Les sensations étant bonnes, l’idée de refaire un peu de triathlon version Xterra (nat/vtt/trail) en 2ème partie de saison a germé dans ma tête et je me suis fixé comme objectif de refaire les championnats du monde Xterra à Hawaï en octobre prochain. Course que j’ai faite 10 ans plus tôt mais qui s’est mal terminée puisque j’ai cassé ma chaine alors que j’étais en tête de course. J’ai fait l’annonce de mon retour au triathlon sur les réseaux sociaux et quelques semaines après mon ami David Hauss me proposait de prendre part à l’aventure Ötillo avec lui. Je n’ai pas réfléchi longtemps et c’est devenu mon 3ème objectif de la saison.

SRF : Comment as-tu connu le swimrun et qu’aimes tu dans ce sport ?

CF : Avec un certain Jean-Marie et François Xavier ;-). Une invitation informelle dans les calanques de Cassis un été de 2015. J’ai adoré de suite ce sport, jouer avec les éléments et être au plus près de la nature ça me fait kiffer. Ça faisait longtemps que j’imaginais dans ma tête une formule où je pouvais parcourir une distance en traversant des étendues d’eau, et là je le concrétisais c’était fantastique !

SRF : Avec David Hauss vous faites une équipe très compétitive, il reste à accumuler de l’expérience, comment vous y prenez vous ?

CF : Sur le papier en effet on a tout pour être très compétitif, après il faut rester humble par rapport au fait que ce sport requière beaucoup d’expérience. Je pense qu’il faut le prendre comme un sport à part entière et non comme l’enchainement de portions de course et de natation. Pour l’expérience c’est simple on est au niveau 0. Omis de nombreuses années de pratique en sports d’endurance et enchaînés, associé à une solide connaissance de nous-même on part de rien. ÖtillÖ sera notre baptême du feu.

SRF : Avez-vous le temps de vous entrainer ensemble malgré vos emplois du temps surchargés ?


CF : La seule chose qu’on a pu faire ensemble c’est un test matériel et quelques images en action pour France 2. David étant encore engagé dans pas mal de triathlon et trail, moi en trail et bossant en temps plein on n’a pas eu l’occasion de se tester ensemble sur la discipline.

SRF : C’est bientôt l’OtillO (4 septembre), quelle va être votre état d’esprit à l’abord de cette première participation ?

CF : On est tous deux compétiteurs dans l’âme, on prendra le départ pour représenter au mieux nos couleurs comme on l’a toujours fait mais il est vrai qu’on part un en terrain inconnu, ce sera excitant 😉

SRF : Le Swimrunman de Grenoble est pour toi un vrai test de matériel, sur quelle distance t’es tu engagé ?

CF : Je fais le format sprint, ce sera un test et une prise de repères.

SRF: merci Cédric

http://www.swimrunman.fr/grenoble/

http://otilloswimrun.com/races/otillo/

Crédit photo : Akunamatata (extraites de la traversée Cassis Luminy aout 2015)