Le circuit SwimRunMan créé par 3 amis de longue date

affiche circuit

Alexandre s’est prêté au jeu de l’interview, il revient pour nous sur les motivations qui l’ont amené, lui et ses amis Florent et Bertrand à se lancer dans le bain du SwimRun, non pas avec une épreuve mais avec un circuit. Le SwimRunMan est né, et il entend marquer sa différence en France et à l’étranger.

Swimrun France : Bonjour Alexandre, tu es un des (ou le ? ) créateur du circuit SwimrunMan qui comporte pour l’instant trois épreuves au calendrier 2017 (Gorges du Verdon le 30 avril / Lac de Serre-Ponçon le 2 juillet / Grands Lacs de Laffrey le 27 aout). Comment es tu venu au Swimrun ?
Alexandre Bonacorsi : Nous sommes 3 amis de longue date à l’origine du circuit SwimRunMan (Bertrand et Florent complétant le trio). Trois passionnés de sport en général (sport-co, athlétisme, triathlon, APPN) et l’idée de venir au SwimRun nous trottait dans la tête depuis quelque temps.
Quand un projet nous plait, on se donne les moyens pour le mettre sur pied !
Alexandre
Alexandre

Nos différentes expériences personnelles en tant que participants et/ou organisateurs notamment sur des Raids Multisports, qui à nos yeux partagent beaucoup de valeurs avec le SwimRun, nous ont poussé à franchir le pas. Lors de notre cursus universitaire (UFR STAPS), nous sommes également intervenus sur différents événements sportifs qui nous ont transmis la « fibre » de l’organisation, désormais quand un projet nous plait, on se donne les moyens pour le mettre sur pied !
Ces dernières années nous avons suivi l’évolution du Swimrun. On a toujours été captivé par le degré d’engagement des participants – les premiers comme les derniers. Ils se lançaient dans une aventure unique, parfois dangereuse, mais terriblement excitante dans des décors de carte postale. On s’est dit que ce serait génial d’en organiser par chez nous… la machine était lancée.
On a donc franchi le cap étape par étape, en s’inspirant de ce qui se faisait en Suède, avec nos propres codes, nos propres valeurs et notre propre marque. Cela nous a pris près de deux ans – tout en menant d’autres projets de front – avant d’aboutir sur le concept SwimRunMan mais, aujourd’hui, nous sommes fiers de le présenter et de proposer trois belles courses au calendrier Swimrun français.

SRF : Quelles sont les principales valeurs du sport mises en avant par le circuit SwimrunMan ?
Un vecteur de liberté, de partage et de dépassement de soi
AB : Le circuit SwimRunMan se rattache aux valeurs fondamentales des sports de pleine nature. Il est vecteur de liberté, de partage et de dépassement de soi. Sa pratique en binôme permet de vivre une aventure humaine exceptionnelle durant laquelle on repousse ses limites ensemble. C’est un effort extrême qui prend souvent la forme d’un défi, d’un accomplissement personnel, tout en évoluant dans des sites privilégiés tels que des Parcs Naturels ou autres.
SRF : Pourquoi démarrer un circuit directement et non pas une épreuve d’abord ?

AB: Comme nous le disons souvent, qui peut le plus, peut le moins ! Ce n’est pas parce que l’on souffre que l’on a pas le droit d’en prendre

Bertrand
Bertrand

plein les yeux. Nous avons donc démarché plusieurs lieux « mythiques » et paradisiaques du paysage français pour y proposer notre concept dans l’espoir d’obtenir au moins une validation. Nous avons été très bien reçu de partout, les acteurs locaux ont directement suscité un réel intérêt pour notre événement et nous avons donc la chance de pouvoir proposer plusieurs dates à notre calendrier.

SRF : La communication du circuit est très bien faite avec un site vraiment professionnel, on retrouve des distances standardisées (Half SwimRunMan: 34.5 en 2017 et SwimRunMan 69.0 dans le futur) à travers les trois courses. C’est un peu un clin d’oeil au triathlon on dirait ?
AB: Forcément, il y a certaines similitudes dans la pratique du Swimrun et du Triathlon et nous avons donc opté pour une communication orientée triathlon pour que tout le monde parle le même langage.
SRF : Le profil des trois courses est il sensiblement le même (alpin, plat ou trail) ou bien chaque lieu a sa spécificité ?
En prendre plein les yeux et plein les pattes !

AB : Les 3 étapes (Half SwimRunMan 34.5) de 2017 auront un format technique similaire (30km de course à pied et 4.5km de natation). La

Florent
Florent

différence principale se trouvera au niveau du dénivelé (entre 1000 et 1500m de D+). Les parties course à pied seront majoritairement orientées trail avec quelques portions alpines à plus de 1600m d’altitude !
Autre différence notable, le milieu dans lequel les participants évolueront pourra changer du tout au tout entre deux étapes (forêts, montagnes, plateaux,…). Bref, tout pour en prendre plein les yeux et plein les pattes !

SRF : Le prix d’inscription est assez maîtrisé de notre point de vue par rapport à d’autres épreuves plus dispendieuses, que dirais tu à des nouveaux venus qui seraient un peu étonnés du ticket d’entrée dans le swimrun ?
AB : Qu’on fait notre maximum pour proposer à nos participants le meilleur rapport qualité/prix! Effectivement, le tarif (NB : 90€/personne) peut paraître plus élevé que ce qu’on a l’habitude de voir en tri ou en trail par exemple (je pense qu’on souffre un peu de cette comparaison aux yeux de la « pensée commune »), mais les parties de natation représentent un coût très important au niveau du dispositif de secours – rien n’est laissé au hasard de ce côté-là – et, derrière, il faut tout de même gérer un circuit à pied de 30km de qualité, et le sécuriser, sur des sentiers parfois durs d’accès et « rugueux ». Tout se mérite!
En résumé, une organisation de qualité engendre un coût fixe que l’on ne peut réduire pour quelque raison que ce soit. Le nombre de participants est volontairement limité à 150 binômes ; soit 300 chanceux qui auront le privilège d’évoluer dans des tracés soigneusement sélectionnés dus à une réflexion organisationnelle de longue date.
SRF : Si on parle de développement du circuit, il y a t-il un système de ranking qui est mis en place avec une course aux points à la fin de la saison ? Il y aura t-il plusieurs 69.0 en 2018 ? En France ou à l’étranger ?
reperages-verdon-2Les SwimRunMan n’ont pas de frontières !
AB : Pour cette première année, il n’y a pas de système de ranking, c’est une piste que nous étudions pour les années à venir pour donner le droit de participation aux SwimRunMan 69.0.
Le calendrier 2018 n’est pas encore définitivement arrêté à l’heure actuelle, la seule chose que je peux vous dire c’est qu’il y aura au moins un format 69.0 en 2018 et que, pour nous, les SwimRunMan n’ont pas de frontières !
SRF : Pour toi la délégation du Swimrun à la FFTri est elle une bonne chose ?
Trouver le meilleur compromis possible
AB: De part son évolution fulgurante ces deux dernières années et l’augmentation impressionnante de son nombre de pratiquants, il fallait s’attendre à ce que la pratique du Swimrun soit réglementée en France. Alors oui, je pense que la FFTri va apporter son expérience, sa rigueur dans l’organisation des événements et permettre de structurer la pratique du Swimrun, notamment en termes de sécurité. Toutefois, je pense qu’il faut veiller à ce que l’on puisse garder l’essence du Swimrun, son authenticité afin de ne pas aseptiser sa pratique. Ce sera tout l’enjeu entre les organisateurs et les dirigeants de la FFTri de trouver le meilleur compromis possible afin de satisfaire les pratiquants.
SRF : On te (vous) verra sur quelques courses en tant que swimrunner ?swimrunman
AB: De nous 3, celui que vous avez le plus de chance de croiser sur un Swimrun, c’est Bertrand, le triathlète de la bande, il en a loupé deux l’an dernier à cause d’une vilaine blessure mais cette année, il compte bien prendre un départ… et autant te dire qu’il aura plutôt intérêt de revenir en tant que Finisher, sinon il nous devra une tournée!
SRF : il y a t-il une question que tu aurais voulu que je te pose ?
AB : C’était très complet, je te remercie.
SRF : Merci de ton temps 🙂
AB : Merci à toi!

Sure-to-Sure Swimrun Luxembourg

Le premier swimrun au Luxembourg aura lieu le 24 Juin 2017. Le parcours est tracé dans le canton de Esch-sur-Sûre, bien connu pour ses forêts denses, et autour du lac de la Haute-Sûre. Au programme 22,4km de course à pied et 4,4 km de natation.

https://www.facebook.com/suretosure/

L’épreuve ULTRA SWIMRUN CÔTE VERMEILLE, sélectionnée pour les « ÖTILLÖ Merit Races »

Le circuit ÖTILLÖ continue à s’étendre, à la fois en terme d’épreuves développées telles les « Qualifyer » qui offrent des places directes pour la finale des championnats du monde à Stockholm (Suède), mais aussi en terme d’épreuves avec un Label « Merit Race » qui elles ouvrent la porte à un classement aux points (ranking). A la fin de la saison le 31 décembre, des places pour la finale sont réparties aux meilleurs classés. Le moindre point marqué constitue un critère obligatoire à obtenir afin de participer à la traditionnelle loterie fin janvier pour l’attribution des derniers slots des championnats du monde.

SwimRun France : Bonjour Sylvain, Olivier, pouvez vous nous expliquer en quoi consiste cette labellisation « mérite » du circuit ÖTILLÖ ?

Olivier & Sylvain : Cette labellisation inscrit l’épreuve ULTRA SWIMRUN CÔTE VERMEILLE,  la première et la seule épreuve française, parmi les « ÖTILLÖ Merit Races », une sélection de 12 courses qualificatives à travers le monde. Elle est désormais une occasion pour les swimrunners qui oseront relever le défi de collecter des points pour le classement « ÖTILLÖ Swimrun Ranking System », et d’être sélectionné pour la finale mondiale.

merit-otillo1

Selon Michael Lemmel (directeur de course de l’ÖtillÖ), « Les évènements Ötillö Merit sont les évènements que nous considérons les meilleurs quand il s’agit de la sécurité, l’expérience des coureurs, la qualité de la course et de sa gestion. Ces événements sont généralement les premiers d’un territoire et nous les voyons tels des phares pour guider le SwimRun »

SRF : D’un côté pratique, avez-vous soumis un dossier à l’organisation ?

O&S : Oui , tout à fait, accompagné par des ami(e)s de grande qualité, nous avons monté un dossier de présentation de l’évènement d’une trentaine de page, où nous avons présenté les spécificités de notre évènement : éthique, parcours, sécurité, organisation, rayonnement … 3 mois auront été nécessaires pour finaliser ce dossier.

SRF :  Faut-il du temps pour décrocher cette labellisation ?

O&S : Le dossier envoyé, Michael Lemmel (Race director, ÖTILLÖ Swimrun World Championship) a été très réactif. Il s’est passé une semaine avant que nous recevions un contrat d’engagement. Olivier et moi-même étions ravis. Pour bien comprendre notre joie, il nous faut vous présenter l’origine de cette épreuve, elle est très spéciale à nos yeux. Nous avons réalisé les parcours, et chacune des portions a été réfléchie, validée pour espérer un jour briguer le label « ÖTILLO Merit Race ». Cette course regroupe toutes les valeurs de la Swimrun qu’Olivier et moi souhaitons transmettre : la solidarité au sein du binôme, la beauté et l’authenticité des sites traversés, la valorisation du patrimoine culturel et historique de la Côte Vermeille avec ces châteaux et ses tours, le respect et le soutien de tous les acteurs présents, ainsi que l’interaction des organismes privés ou d’états, née autour de cet événement.

SRF : Qu’en est il de la barrière de la langue (suédois obligatoire) ?

O&S : La barrière de la langue n’a pas été un problème. Le dossier a été proposé en anglais. Par la suite, l’ensemble des formalités et des échanges se sont réalisés dans la langue de Shakespeare.

SRF :  D’un point de vue qualitatif, quels sont les points forts du Swimrun de la côte vermeille qui ont plu dans le dossier ?

O&S : Entre les Pyrénées et la Méditerranée, l’ULTRA traverse 5 communes (du sud au nord, Cerbère, Banyuls sur mer, Port-Vendres, Collioure et Argelès sur mer), chacune riche d’un fort patrimoine culturel et historique. Située au cœur d’un des plus beaux écrins naturels de France. La Côte Vermeille est la pépite des Pyrénées-Orientales.

Les concurrents ont l’opportunité de traverser un territoire exceptionnel composé de: – 6 sites natura 2000, – 1 réserve marine nationale (Cerbère-Banyuls sur mer) – 1 parc marin (Golfe du Lion) – 1 zone marine éducative (Enfants de la mer) Nous avons dû convaincre de nombreux gestionnaires, comme le Parc marin du golfe du lion, le Conservatoire du Littoral, la Direction départementale des Territoires et de la Mer, la Réserve marine nationale, les municipalités traversées, le conseil départemental, la région, les zones portuaires, les gestionnaires privés … et beaucoup d’autres. Nous avons véritablement rêvé ce parcours. Notre but ultime était de faire découvrir les plus beaux atouts de la Côte Vermeille, de la manière la plus simple et la plus pure. Les portions terrestres et aquatiques sont des moments privilégiés pour les compétiteurs, de découvrir ou de redécouvrir notre côte. L’Ultra a une réelle valeur affective pour nous, elle symbolise la quintessence de notre évènement.

Cette épreuve exigeante, met l’organisme des concurrents à rude épreuve, c’est une certitude. Cependant, la hardiesse de cette course est un excellent support pour parfaire le soutien et l’entraide au sein du binôme.

Avec ses 60km de distance et ses 2.5km de dénivelé positif, joindre la ligne d’arrivée est un véritable défi. Et à ce titre,  nous la voulions à l’image de la Côte Vermeille, magnifique… mais exigeante. Elle se mérite !

cover_bonne_annee

SRF :  Le fait d’être déjà dans un circuit (Swimrun National Tour) qui promeut des valeurs proches de l’ÖTILLÖ a aidé ?

O&S : Assurément, cela a appuyé notre demande. Nous partageons les valeurs que prône le SwimRun National Tour.

Les évènements labélisées Swimrun National Tour vont au-delà des préoccupations sportives et s’inscrivent dans une démarche plus large de développement durable. Ces évènements tels des ambassadeurs, véhiculent au niveau national, les valeurs intrinsèques de cette belle discipline. Nous nous réjouissons d’avance de pouvoir évoluer au côté d’autres organisateurs (NDLR : Swimrun de Vassivière, The Riviera Nice-Monaco et d’autres en cours d’intégration) partageant cette vision. Et ainsi, faire progresser le Swimrun français ensemble !

accueil-1

SRF :   Vous avez lancé votre épreuve suite au reportage d’intérieur sport sur l’ÖtillÖ,  vous êtes le 1er français à avoir obtenu ce label, avez-vous l’impression d’avoir bouclé la boucle ?

O&S : Absolument pas, cette étape était une des étapes, présentée dans le tout premier dossier, que nous avions présenté en mairie.

A l’époque, de nombreuses personnes, nous ont déconseillé de lancer 4 épreuves et de se cantonner à La Courte et La Moyenne pour l’édition 2016. C’était sans compter sur une conviction profonde que cet évènement était amené à devenir une course maîtresse dans le monde du SwimRun.  Aujourd’hui, nous pouvons nous valoir d’avoir la Moyenne et La Longue qui sont labellisées épreuves nationales sur le SWIMRUN NATIONAL TOUR. Et l’Ultra qui est labellisé mondiale sur « l’ÖTILLO Merit Race ».

Nous sommes fiers de cette reconnaissance nationale et internationale. Elle concrétise des centaines d’heures de travail et prédit de nombreuses heures à venir ;). Nous ne comptons pas nous arrêter là, nous avons encore beaucoup de projets en tête…

Nous profitons, de cette mise en avant, pour remercier nos ami€s, familles, nos compagnes, qui nous accompagnent et nous supportent au quotidien, sans jamais faillir, depuis le début de cette aventure. Merci, on vous aime.

Sylvain et Olivier.

mail-bas-de-page

Délégation du Swimrun pour la FFTri

FFTRI-TYPO-NEWLa Fédération Française de Triathlon (FFTri) a obtenu la délégation du swimrun. L’arrêté du 31 décembre 2016 du Journal Officiel spécifie les délégations pour toutes les fédérations sportives, et ce jusqu’en 2020 (cycle Olympien). Le FFTri est donc maintenant habilité à édicter les règles techniques de sécurité (RTS), les règlements des manifestations ouvertes à leurs licenciés et la formation des cadres. Il faut souhaiter ardemment que l’esprit du swimun et ses valeurs fondatrices seront respectées par ces règlements. Cette délégation ne veut pas dire que la FFTri a la mainmise sur toutes les activités swimrun et que toutes les courses doivent obligatoirement être sous la tutelle de la FFTri. Tout comme en football quiconque a le droit d’organiser un match de foot sans faire partie de la FFF. Un swimrun peut être organisé en dehors de la FFTri. Par contre la délégation est une reconnaissance officielle du sport swimrun par le Ministère de la ville, de la jeunesse et des sports. A notre connaissance une première mondiale. Quelles conséquences ce changement administratif aura sur le sport, l’avenir nous le dira. Affaire à suivre.

Lancement du SwimRun National Tour : un beau cadeau de Noël

Sylvain Rousselat, Julien Valette et Loic Branda, tous trois organisateurs d’épreuves de SwimRun en 2016 (SwimRun de la Cote Vermeille, SwimRun de Vassivière, et SwimRun The Riviera) se sont rapprochés pour lancer un véritable circuit de SwimRun pour l’année 2017 :

Le SwimRun National Tour (SNT). Sous l’impulsion première de Sylvain, ce circuit, comprenant cinq épreuves (réparties dans les trois organisations), espère convaincre rapidement d’autres organisateurs à se joindre à celui-ci. D’ailleurs bien avant le lancement officiel du SNT, certains organisateurs ont fait part de leur intêret d’une participation à un circuit national.

Le SNT, c’est une certaine conception du SwimRun avec non seulement une mise en avant des valeurs Sportives, mais aussi : Cohésives, Environnementales et Solidaires. Pour promouvoir ces valeurs, le circuit SNT offre ainsi un système de labélisation original aux organisateurs.

 

Swimrun France : Bonjour Julien, peux-tu te présenter en quelques lignes et ton rapport avec le tout nouveau SwimRun National Tour (SNT) ?

Julien Valette : Je suis actuellement étudiant au sein d’un double cursus pharmacien-ingénieur sur Lyon, passionné de sport depuis toujours (mes 2 parents sont professeur d’EPS) j’ai rejoint l’association Sang Pour Sang Sport (SPSS) en 2015. Suite à une discussion avec Mickaël Bosc le président de l’association SPSS en janvier 2016 nous avons décidé de monter un SwimRun dont l’ensemble des bénéfices vont au profit des jeunes patients hospitalisés car atteint d’un lymphome au centre Léon Bérard à Lyon.

La première édition du SwimRun Vassivière (SRV) a été une réussite, je suis donc reparti pour une deuxième édition le 17 et 18 juin prochain ! Par ailleurs je propose régulièrement des sorties initiations ou un peu plus engagées, sur le groupe Facebook SwimRun Lyon.

swimrun-malmousque-decembre-14-small

SRF : L’idée d’un circuit national est-elle issue d’une longue réflexion, ou est-elle plus le fruit d’une opportunité ?

« l’idée d’un circuit de SwimRun est, je pense, présente dans la tête de chaque organisateur »

JV : L’idée originale du SNT revient à Sylvain organisateur du SwimRun de la Côte Vermeille, j’essaye de lui apporter un maximum de soutien dans la réalisation de ce beau projet, j’officierai surement en tant que membre du comité technique du SNT par la suite.

Mais l’idée d’un circuit de SwimRun est je pense présente dans la tête de chaque organisateur depuis le lancement de nos épreuves respectives. De là à parler de réflexion je pense qu’il y a une marche. Il fallait un leader, un initiateur du projet qui puisse énormément s’investir pour proposer une première base solide sur laquelle travailler !

Lors du SRCA (NDLR SwimRun Cote d’Azur) nous avions pu partager nos visions de l’avenir du SwimRun en France avec Sylvain (SwimRun Côte Vermeille),  Loïc (SwimRun The Riviera), Ophélie (SwimRun Vassivière) et un petit peu avec toi aussi Akuna (Swimrun France).Par la suite Sylvain a travaillé pour établir toute la base du SNT et nous a invité à le rejoindre début novembre !

Pour répondre à la question je dirai donc : opportunité ET réflexion 🙂

SRF : Après 3 épreuves en France en 2015, 15 en 2016, Est-ce le bon moment en 2017 pour lancer un circuit national ?

JV : Il me semble que les estimations de SRF portent pour le moment à 45 le nombre d’épreuves potentiellement présentes sur le territoire en 2017. Donc oui, le circuit national est un excellent moyen pour les organisateurs partageant une même vison du SwimRun de se regrouper et de proposer un format de compétition qui existe déjà dans un très grand nombre de sport !

eissadons-tunnel-decembre-2016-26-small

Les épreuves de SR se multiplient et plus elles seront nombreuses moins elles auront de portée nationale. Un organisateur peut choisir de créer un évènement local ou régional mais le but du SNT est de faire voyager les athlètes à travers la France, leur faire découvrir de nouveaux paysages et de nouvelles façons de pratiquer le SwimRun. Les épreuves constituant le SNT auront donc immédiatement une dimension nationale.

Swimrun France : Bonjour Sylvain, peux-tu te présenter en quelques lignes

Sylvain Rousselat : 32 ans, ancien sous-officier dans la Marine Nationale en qualité de Marin pompier de Marseille, je suis, depuis 10 ans, éducateur sportif en natation – triathlon, et préparateur physique.  Passionné de sport nature. Je m’épanouis plus particulièrement dans les disciplines dites d’ultra endurance : triathlon XXL, ultra rail,… J’organise avec mon collègue Olivier la SwimRun Côte Vermeille, dont la première édition s’est déroulée en juin dernier. Nous nous efforçons de façonner notre évènement à l’image de nos valeurs environnementales et solidaires.

« Julien, Loïc et moi-même avons à cœur de proposer un circuit national au plus près des valeurs intrinsèques du SwimRun : Sportive, Cohésive, Environnementale et Solidaire »

reconnaissance-swimrun-toulon-47-small

SRF : Le SNT n’est pas un circuit fermé, d’autres organisations de SwimRun sont appelées à en faire partie, comment cela marche-t-il ?

SR : Oui tout à fait, c’est d’ailleurs l’objectif premier d’offrir aux swimrunners, un circuit national composé de nombreuses épreuves de qualité. Il n’y a pas de nombre limite d’épreuves fixées. Chaque organisateur est libre de proposer sa candidature.

Nous (Julien, Loïc et moi-même) avons à cœur de proposer un circuit national au plus près des valeurs intrinsèques du SwimRun : Sportive, Cohésive, Environnementale et Solidaire. Les organisateurs souhaitant intégrer le SwimRun National Tour devront s’inscrire dans cette démarche.

SRF : Il y a un système assez novateur, à base de labélisation, qui permet aux organisateurs d’accorder des « points bonus » à son épreuve dans l’optique d’un classement coureur à la fin de l’année, peux-tu nous éclairer à ce sujet ?

reconnaissance-swimrun-toulon-51-small

SR : Effectivement, nous constatons que le SwimRun est en pleine essor sur le territoire.  C’est vraiment  bien ! Toutefois, cette multiplication des courses ne doit pas se faire, au détriment des fondements de l’activité.

Fort de ce constat et sur la base d’une réflexion commune, nous avons établi des critères objectifs, afin d’attribuer un label aux organisations soucieuses d’affirmer notre vision de l’avenir du SwimRun en France. Sur ce principe, des points bonus plus ou moins significatifs seront attribués selon le niveau de labellisation acquis par les organisations.

SRF : Comment se passe ce système de labélisation (évaluation, vote etc..)?

SR : Sans les détailler pleinement, le niveau de labellisation de chaque organisation sera définit selon les critères d’évaluations suivants :

  • LA FEMINISATION DE LA PRATIQUE
  • L’ACCESSIBILITE A LA PRATIQUE HANDISPORT
  • L’ACCESSIBILITE AUX PERSONNES EN SITUATION DE DIFFICULTE ECONOMIQUE
  • LA DEMOCRATISATION DE LA PRATIQUE JEUNE
  • LE DEVELOPPEMENT DURABLE A TRAVERS DES ACTIONS ENVIRONNEMENTALES ET SOLIDAIRES FORTES
  • LA STRUCTURATION DE REGLES TECHNIQUES ET DE SECURITE CONCISES
  • LA VALORISATION ET LA PROMOTION DU PATRIMOINE ET DES ACTEURS LOCAUX

L’attribution du niveau de labellisation d’une organisation, sera étudiée par le comité technique du SwimRun National Tour, sur les données réalisées l’année passée, (avec une dérogation pour les nouvelles organisations).

eissadons-tunnel-decembre-2016-24-small

SRF : Derrière ce système singulier, il y a une donc volonté de promouvoir certaines valeurs ?

SR : Assurément, jamais auparavant l’éthique d’une discipline et les actions menées pour l’affirmer, n’ont été récompensées par un système de valorisation de points sur un classement général national ! Le SwimRun National Tour à ce titre est unique.

SRF : Pour les swimrunners, comment se passe les classements, il y a-t-il un titre, des récompenses à la fin ?

SR : Au sein du SwimRun National Tour, deux circuits vous seront proposés : « Sprint – 15 à 30km » et « Endurance – 31 à 50km ». Toutes les équipes ayant participées au moins à une épreuve seront classées. Chaque épreuve attribuera des points en fonction du classement à l’arrivée.

Circuit SwimRun SPRINT

Le classement final par équipe du circuit SPRINT, ainsi que l’attribution des titres se feront par addition des meilleurs scores obtenus sur quatre (4) épreuves au maximum, soit 3 épreuves aux choix + la finale. La finale est obligatoire pour être récompensé et se fera sur le support de la SwimRun Vassivière pour la saison 2018.

Circuit SwimRun ENDURANCE

Le classement final par équipe du circuit ENDURANCE, ainsi que l’attribution des titres se feront par addition des meilleurs scores obtenus sur trois (3) épreuves au maximum, soit 2 épreuves aux choix + la finale. La finale est obligatoire pour être récompensée et se fera sur le support de la SwimRun Côte Vermeille pour la saison 2018.

Pour briguer le titre de Vainqueur du SwimRun National Tour, les athlètes devront respectés les conditions du règlement. Les titres suivants seront décernés à l’issue du SwimRun National Tour :

CIRCUIT SCRATCH EQUIPES TOUTES CATEGORIES CONFONDUES
SPRINT 1er Hommes Femmes Mixtes
2ème Hommes Femmes Mixtes
3ème Hommes Femmes Mixtes
ENDURANCE 1er Hommes Femmes Mixtes
2ème Hommes Femmes Mixtes
3ème Hommes Femmes Mixtes

 

Les Equipes vainqueurs recevront une dotation numéraire et/ou non numéraire, lors de la cérémonie officielle de remise des titres qui aura lieu lors de la finale du circuit concerné.

reconnaissance-swimrun-toulon-63-small

Le classement étant évolutif tout au long de la saison, une diffusion du classement provisoire sera assurée via les supports officiels du SwimRun National Tour : site internet, Réseaux sociaux, après chaque étape, également relayé par les supports officiels des épreuves et des influenceurs membres du circuit.

 

Swimrun France : Bonjour Loïc, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Loïc Branda : J’ai 33 ans, je suis ingénieur en traitement des eaux, et titulaire d’un Brevet d’Etat en natation. Je m’occupe aujourd’hui d’une structure qui organise des stages de natation, et des événements sportifs. J’ai un passé environ 25 ans dans la natation, dont 10 en tant qu’athlète de haut niveau en eau libre. Depuis ma retraite sportive je publie des DVD, organise des stages de natation et des courses en eau libre comme le PromSwim à Nice et le SwimRun The Riviera entre Nice et Monaco.

reconnaissance-swimrun-toulon-23-small

SRF : Le circuit SNT présente pour l’instant des profils d’épreuve assez différents, peux-tu nous dire en dire plus ?

« tout le monde est concurrent pendant les courses mais en convivialité permanente en dehors. »

LB : Le circuit a l‘avantage de proposer deux types de classement un classement « Sprint – 15 à 30km » et un classement « Endurance 31 à 50km», ce qui permet aux organisateurs d’épreuves longues ou courtes d’intégrer facilement le circuit. Cela permet aussi aux équipes de se positionner sur une distance en fonction de leurs aptitudes et du calendrier des épreuves. Les profils d’épreuves varient également selon la région avec des parties mers et côtières mais aussi lac et forêt, dans un environnement alpin, ou bien encore dans un habitat plus urbain . L’objectif est de rassembler les épreuves de SwimRun pour permettre à toutes les équipes de trouver leur bonheur et de participer au classement final.

SRF : Le SNT va commencer en mode « Test » par ton épreuve qui aura lieu le 30 avril 2017, qu’espères-tu de l’intégration de ta course dans un circuit national ?

reconnaissance-swimrun-toulon-39-small

LB : C’est une fierté de faire partie du circuit et de commencer par le SRTR le 30 Avril sous format « Test », nous espérons enclencher une dynamique nationale sur le SwimRun. Le fait de démarrer le circuit national va permettre d’établir un premier classement sur le circuit « sprint » puisque nous proposons une épreuve de 26 km, je trouve ça formidable l’idée d’un « Tour National » cela permet aux équipes de se retrouver à chaque épreuves à des moments différents, sur des parcours différents mais toujours avec la même convivialité qui est l’essence du SwimRun. Cela me rappelle les circuits « Natation en eau libre » nationaux et internationaux où tout le monde est concurrent pendant les courses mais en convivialité permanente en dehors. J’espère même que nous pourrons créer des liens d’amitiés entre les équipes !

SRF : Que conseillerais tu à un organisateur qui voudrait intégrer le SNT du point de vue du tracé ?

swimrun-malmousque-decembre-36-small

LB : Faire preuve d’originalité et d’audace tout en respectant les éléments et la nature. Notre sport est un sport outdoor que l’on aime pratiquer en équipe, et en nature ! Attention tout de même à la sécurité qui reste un enjeu majeur de nos épreuves.

SRF : merci à tous trois et longue vie au SwimRun National Tour !

SR – JV – LB : Nous te remercions également pour tes précieux conseils.

http://www.swimrunnationaltour.com/

 

 

 

Analyse des règlements du Swimrun 2016

lemmel-skotts
Michael Lemmel et Mats Skotts, fondateurs de l’ÖtillÖ

Bien que le swimrun prône la liberté et le passage le plus naturellement possible dans la nature, tout sport doit avoir des règles pour encadrer l’activité, la rendre sure et responsable, et aussi garantir une compétition équitable et juste. Le swimrun n’échappe donc pas à cela. Historiquement Michael Lemmel et Mats Skott ont écrit la première version de ces règles pour la course ÖtillÖ en 2006. Ils ont légèrement modifié ces règles au cours des années et la dernière version 2016 apporte quelques modifications qui méritent d’être signalées. Comme tous pionniers, Michael et Mats ont été imités et copiés, ce qui peut être considéré comme un hommage à leur travail. Leurs règles ont été la plupart du temps simplement directement copiées et collées, le plus souvent sans même que l’origine du document soit cité, ce qui est dommage. Il découle de ces imitations une sorte d’homogénéité des règles dans la majorité des épreuves. Cependant, il existe des différences parfois subtiles, parfois fondamentales, entre les règlements des courses internationales. Dans le contexte Français, la récente implication de la Fédération Française de Triathlon qui a demandé la délégation du swimrun, rend une discussion sur les règles actuelles encore plus d’actualité. En effet des Règles Techniques de Sécurité (RTS) pour le swimrun sont en élaboration, mais à ce jour il ne semble pas que des acteurs du swimrun soient impliqués dans ce processus. C’est dans ce contexte national et international que nous allons analyser les règlements du swimrun tels qu’ils sont à ce jour.

Binôme vs solo

aku_5689-largeRègles fondamentale s’il en est, la grande majorité des courses se déroule exclusivement en binômes, deux hommes, deux femmes ou un homme et une femme. C’est le format originel et pour beaucoup c’est la pierre de voûte du sport. Courir en équipe confronte chacun et chacune non seulement avec ses propres limites, mais aussi celles du partenaire. Dans une course d’endurance en binôme les niveaux en natation et en course à pied ne sont jamais identiques, et tout le monde a des hauts et des bas. Il faut donc s’accommoder des différences de technique, condition physique et de moral. La notion d’entraide devient alors essentielle. Cet aspect est perdu dans les courses solo qui se multiplient dans le monde. Les courses solo sont souvent réservées aux distances les plus courtes et rarement offertes comme format unique, en dehors de l’Italie qui a un circuit des courses exclusivement solo. Le débat binôme – solo mérite d’être posé mais dépasse le cadre de cet article. Il faut aussi souligner qu’être en binôme augmente théoriquement la sécurité. C’est un argument pour certaines épreuves, moins pour d’autres. Signalons enfin qu’une seule course (Talloires ô Féminin) est exclusivement réservée aux femmes, une ségrégation qui est rarissime dans le monde du swimrun où l’égalité des sexes a toujours été promues depuis l’origine, par exemple au niveau des prix accordés aux vainqueurs. On peut donc se demander si ce format va être répété ailleurs.

Âge

Bien que la grande majorité des courses s’adresse aux adultes de plus de 18ans, il est logique et souhaitable que les plus jeunes puissent découvrir le sport. Quelques courses, en particulier en Suède, visent les plus jeunes, voire le format ‘famille’ où les membres d’une même famille courent ensemble. La FFTri propose un cadre de distances maximales pour les enfants. Si le principe est bon, nous n’avons pas assez de recul pour juger si les valeurs proposées sont adéquates ou si elles doivent être ajustées. Débat à suivre quand plus d’expérience sera accumulée. A noter aussi qu’il n’y jamais eu de classe d’âge en swimrun. l’esprit est d’abord centrée sur l’expérience et le partage, pas la place dans un groupe d’âge particulier. Certains venant d’autres sports où un saucissonnage est de norme commencent à s’en plaindre, mais jusqu’à présent on ne voit pas de changement sur ce point.

Distance entre partenaires

On trouve généralement une distance maximum imposée entre partenaires, souvent 10m en natation et 50m en course à pied. C’est la notion de sécurité qui guide cette règle car en effet si on se trouve à 50m de son binôme en natation on a peu de chance de pouvoir l’aider en cas d’urgence. On est aussi moins visible si on est séparés. Dans sa dernière version 2016 l’Ötillö a renforcé sa règle qui est maintenant de 10m entre partenaires quelle que soit la discipline. En lisant les comptes rendus et de nos observations en course, cette règle est parfois allégrement enfreinte. Attendez-vous donc à voir cette règle plus appliquée et peut-être à des disqualifications.

Combinaison

Comment bien choisir sa combi? Photo © Akunamatata / Swimrun France

Le port d’une combinaison de néoprène est obligatoire dans beaucoup d’épreuves, mais pas sur toutes. Cela dépend évidemment de la température de l’eau, et personne ne conteste la nécessité d’une protection thermique dans les eaux froides. En fait, les risques d’hypothermie sont beaucoup plus grands que ceux d’hyperthermie car si on a chaud, on peut ouvrir sa combi et ralentir ou même s’arrêter. Si on a froid, surtout dans l’eau et en cas de fatigue, il y a peu de choses à faire. Grâce à la faible densité du néoprène les combinaisons apportent aussi un élément de sécurité en cas de problème (crampe, malaise, etc) dans l’eau. En général le port ou l’interdiction des combinaisons n’est pas imposé en fonction d’un saucissonnage des températures de l’eau au degré près, comme on le voit en triathlon. Pourtant certaines épreuves ont commencé à imposer ce genre de règlement avec des limites  très précises, avec des interdictions par exemple quand la température de l’eau est au-dessus de à 24°. Pourtant en swimrun on passe par de multiples sections de natation avec des températures forcément variables en fonction des courants, du vent, de l’exposition au soleil et de l’heure de passage. Ceci rend ce niveau de précision complètement illusoire. Il faut espérer que le swimrun évite ce genre de sur-législation.

Jusqu’à présent personne n’a limité la taille des combinaisons ou l’épaisseur des panneaux. Les règles strictes comme en natation ou triathlon n’ont pas encore envahi le sport, et il faut souhaiter que cela reste le cas.

Premier secours

gravity-scan-30Beaucoup de courses imposent aux équipes de transporter un bandage. C’est un minimum, mais on voit cependant des équipes réduire ce bandage à quelques centimètres. Le gain en poids est minime, mais les conséquences peuvent être graves. La notion d’autonomie est importante en swimrun et par conséquent on doit être capable de porter un premier secours en urgence. On est parfois un peu isolé et les organisateurs ne peuvent pas avoir un poste de secours tous les 100m. Il faut choisir : courir en ville au milieu des pots d’échappement mais avoir un poste de secours tous les 100 mètres ou courir en pleine nature mais sans ambulance derrière chaque arbre. Donc ne lésinez pas sur le bandage dont la longueur minimale pourrait être prescrite. De même, les équipes sont obligées de porter secours à une autre équipe en réelle difficulté (pas juste une petite fringale). La notion de solidarité dépasse la petite notion d’équipe et transcende la notion de course. Il faut noter que la réglementation Française est extrêmement contraignante par rapport aux règles étrangères, et ceci est probablement un frein au développement du swimrun en France, ou tout au moins un élément qui risque de façonner le format des courses dans l’hexagone.

Détritus

Dans la plupart des règlements il est stipulé qu’il est interdit de jeter des détritus dans la nature sous peine de disqualification. Est-il besoin de discuter cette règle évidente ? Si oui, alors il faut peut-être faire un autre sport.

Chaussures

© OtillO
© OtillO

Les chaussures sont souvent absentes des règlements. Il semble évident que quasiment tout le monde va porter des chaussures, mais ce n’est pas aussi simple que cela. En effet, pour nager, certains préfèrent les enlever afin de pouvoir battre des pieds et avoir une traînée plus hydrodynamique. Cependant cela comporte des risques surtout lors des sorties d’eau où on ne maîtrise pas toujours la force avec laquelle on va atterrir sur un rocher qui peut être couvert de coquillages coupants. Certains ont fait l’expérience de ce genre de mésaventure, et on peut se demander si  un jour un organisateur ou une assurance ne va pas interdire cette pratique. C’est déjà le cas en Italie. Plus surprenant le poids maximum des chaussures y est aussi indiqué. Cela semble vraiment surprenant, mais en discutant avec les organisateurs on découvre que c’est leur assurance qui a imposé cette règle. Ils pensaient peut-être que les concurrents allaient arriver avec des chaussures de ski …

Boussoles / montre, carte

Dans l’esprit du raid d’aventure savoir lire une carte est un savoir-faire de base. Bien que certaines épreuves continuent à fournir une carte et demandent aux concurrents de porter un compas ou une montre avec compas électronique intégré, le niveau de navigation requis en swimrun est généralement minimal. Beaucoup d’épreuves se dispensent déjà de cette capacité à lire une carte et le terrain. Peut-être une opportunité pour une épreuve originale.

Sifflet

Un sifflet est généralement obligatoire pour pouvoir prévenir en cas de problème. C’est élémentaire et plusieurs marques de combinaison incluent maintenant cet accessoire dans leurs combinaisons. On voit pourtant encore des sifflets qui sont inutilisables une fois pleins d’eau, ou stockés dans des parties inaccessibles de la combinaison comme par exemple une poche intérieure. Bonne chance n cas d’urgence !

Bonnet,  chasuble

Les bonnets sont systématiquement fournis par les organisateurs, un bon moyen de reconnaître les compétiteurs et de faire un peu de marketing. Les chasubles sont présentes sur la majorité des courses et doivent être toujours portées par-dessus la combinaison. Une autre source de revenus pour placer les logos des sponsors.

Marquage

Le sport devenant de plus en plus compétitif, les concurrents sont tentés de customiser leur équipement en indiquant le nom de leurs sponsors. Dans la dernière version de leur règlement les organisateurs de l’ÖtillÖ ont inclus une clause interdisant le marquage des vêtements ou équipements avec des peintures susceptibles de se dissoudre dans l’eau. C’est logique et bienvenu pour la protection de l’environnement, et on peut parier que cette règle va apparaître dans de nombres courses.

Distances

Johanna et Anders Wallesnten, heureux de finir Photo © Loch gu loch
Rester ensemble, Johanna et Anders Wallesnten
Photo © Loch gu loch

Quelle doit être la longueur d’un swimrun ? Quelle doit être la proportion de natation ? Pour le moment, aucune règle ne spécifie cela. La nature, la logique et les contraintes de sécurité, d’écologie et de l’administration influencent les choix des organisateurs. Des tendances se dessinent quant au pourcentage de natation, aux distances les plus populaires, mais cette évolution n’est pas dictée par un règlement. Espérons que cela reste ainsi.

 

Plus loin …

Les points de règlement ci-dessus sont logiques et pour la plupart ne sont pas l’objet de grands débats (à part binôme – solo). En revanche tous les points ci-dessous ont directement trait à l’équipement. Certains suggèrent que si on veut traverser la nature de la manière la plus minimaliste possible, alors aucun des équipements suivants n’est  vraiment nécessaire. D’autres au contraire suggèrent que toute restriction du règlement va à l’encontre de l’esprit de liberté et d’invention qui est sous-jacent au swimrun. Débat intéressant qui va au-delà de cet article. Voyons quels sont les équipements ‘accessoires’.

Engins de flottaison et  Pull-buoy

15304384_10210119537038505_3970277708451003666_o
Au temps des pionniers © ÖtillÖ

Historiquement les engins de flottaison tels que les planches et pull-buoy ont été utilisés en natation. L’Ötillö limite la taille à 100 cm x 60 cm, et on retrouve cette règle à peu près partout. Si on ne rencontre plus de planches de natation ou bouées gonflables comme on a pu le voir lors des premières années du sport, les pull-buoy sont par contre quasiment omniprésents. Le pull-buoy, ce morceau de mousse flottant qu’on insère entre les jambes, est devenu un des symboles du swimrun. Le pull-buoy avantage les non-nageurs en maintenant une position plus horizontale, préserve les jambes pour la course à pied et apporte un élément de sécurité de par sa flottabilité. La plupart des courses laissent les concurrents libres de les utiliser. Mais il y a des exceptions. En effet la taille des pull-buoy a tendance à grandir au fil des années et certains accolent deux pull-buoy ou un et demi pour augmenter la flottabilité tout en restant dans la limite de taille. Les doubles pull-buoy sont déjà parfois interdits (Italie) et on peut se demander si une taille ou volume maximum ne va pas être imposé sous peu. De plus, la règle stipule une taille en deux dimensions, ce qui est facile à mesurer, mais les volumes et la densité sont des notions certes plus difficiles à contrôler, mais plus judicieuses pour la flottabilité. Allons-nous voir des gabarits style compagnies low-cost apparaître au départ des courses pour contrôler le volume des flotteurs ?

Les bouées sont un autre élément de sécurité parfois imposées ou tolérées par les organisations. Gonflables à la bouche ou automatiquement par une cartouche de CO2 en cas d’urgence, elles n’augmentent pas la performance des nageurs mais permettent de mieux les voir et peuvent fournir un support précieux lors d’un accident.  A signaler qu’en entrainement c’est un équipement potentiellement très important.

Longe

La longe est un filin souple liant les deux compétiteurs. Cela permet au plus fort  d’aider le plus faible en le tirant. Ça facilite la navigation car on ne peut pas vraiment se séparer. Toutes les courses autorisent les longes sans spécifier leur longueur maximale. Par contre, quand beaucoup de gens se trouvent dans l’eau en même temps les longes peuvent s’emmêler et créer des situations déplaisantes voire dangereuses. Le règlement de l’ÖtillÖ stipule maintenant que les longes ne sont plus autorisées pendant la première section de natation. Cela désavantagera un peu les binômes avec des différences notables de vitesse en natation, mais éliminera quelques problèmes au départ. Est-ce que cette nouvelle règle va se généraliser ?

Plaquettes

whatsapp-image-2016-12-15-at-6-54-36-amLes plaquettes qui sont depuis longtemps un outil d’entraînement en natation sont aussi devenues un accessoire indispensable du swimrunner. Elles sont cependant critiquées par certains qui trouvent qu’elles dénaturent la natation ‘libre’ et certaines courses les interdisent, comme en Italie. En effet, à l’instar du pull-buoy, elles aident les nageurs les plus faibles à compenser certaines fautes techniques. Mais attention, elles peuvent aussi favoriser l’apparition de blessures aux épaules. Pour le moment aucune limite sur leur taille n’existe, probablement parce que peu de personnes peuvent tirer avantages de plaquettes démesurées.

Tuba

Aide à la respiration, le tuba n’est pas très commun en swimrun. Il est généralement toléré, sauf sur quelques courses (e.g. Côte Vermeille).

Palmes

Autre outil qui peut vraiment augmenter la vitesse en natation, les palmes sont le plus souvent tolérées sans limite de taille. Leurs désavantages sont de ralentir les transitions et de solliciter les jambes qui risquent d’être fatiguées pour la course à pied. Pour augmenter la vitesse en transition des palmes spécifiques swimrun sont apparues qui permettent de les enfiler par-dessus les chaussures. Attention, le nouveau règlement de l’Ötillö 2016 spécifie que désormais la taille maximale est de 15cm. De quoi limiter leur efficacité et rendre obsolètes certaines palmes. Est-ce que cette limitation de taille va être suivie par d’autres organisateurs ? Verdict en 2017 !

 

Sean Durkin & Andy HewittEn résumé, les règles sont amenées à évoluer, surtout dans un sport jeune. L’influence de l’Ötillö est évidente et reconnue. On trouve pourtant des variantes dans les règles, ce qui  dénote une recherche de compromis optimaux et de choix des organisateurs. Si une certaine variété entre les courses est une étape saine d’un sport en développement, une homogénéité peut aussi simplifier la compréhension du sport pour les novices et favoriser son expansion. Mais il faut que ces règles restent fidèles à l’esprit du swimrun qui est de se déplacer de la manière la plus simple et autonome possible dans un environnement naturel, tout en le respectant. Il faut espérer que les règles restent aussi simples et minimales et ne deviennent pas aussi gros qu’un dictionnaire. En fait, les règlements doivent rester suffisamment simples pour que tout swimrunner puisse les transporter en permanence sur soi ! Affaire à suivre !

Natation : s’entrainer l’hiver

L’entrainement en natation en eau libre est impossible en hiver pour la plupart des swimrunners. Et pourtant la préparation en hiver est essentielle pour être prêt lors des premiere competitions au printemps. Comment peut-on se préparer en piscine pour un compétition en eau libre? Nous avons posé cette question à un des meilleurs spécialistes de nage en eau libre, Loïc Brenda

Bonjour Loïc, peux-tu nous dire en quelques mots ton passé sportif et ton implication dans le swimrun?

img_8440_31205592051_oBonjour,
J’ai 33 ans, je suis ingénieur en traitement des eaux, et titulaire d’un Brevet d’Etat en natation. J’ai aussi passé environ 25 ans dans la natation, dont 10 en tant qu’athlète de haut niveau en eau libre. J’ai 8 titres de Champion de France sur 5 et 10km, ancien détenteur du record de France sur 5km, et 5ème en 2009 aux championnats du monde sur 25km. Depuis ma retraite sportive je publie des DVD, organise des stages de natation et des courses en eau libre comme le PromSwim à Nice et le Swimrun The Riviera entre Nice et Monaco.

Beau palmarès ! La natation en swimrun se pratique la plupart du temps en combinaison et en chaussures. En quoi cela modifie la position dans l’eau, et doit-on adapter sa technique de nage ?

croatie-2009-118Si on considère le port de combinaison et chaussures, le plus gros changement se situe au niveau de l’équilibre horizontal qui est instable, avec des changements des points d’équilibre. Ceci est accentué par les chaussures, surtout en eau douce, avec une perte d’horizontalité. Les fabricants essaient d’y remédier avec les panneaux de néoprènes plus épais au niveau des cuisses, les jambières et les pull-buoy. Mais la perte d’horizontalité dépend surtout de deux facteurs. Premièrement la morphologie du nageur. Certains ont les jambes qui vont avoir tendance à flotter plus que d’autres. Deuxièmement la technique. Là encore certains vont pouvoir s’adapter, d’autres auront plus de problèmes pour garder leurs jambes à l’horizontale. Celles-ci vont alors trainer et créer une forte résistance à l’avancement. Pour ce qui est des battements, déjà en longue distances les jambes servent plus pour l’équilibre que pour la propulsion, mais en plus avec les chaussures on s’aperçoit que les battements ne sont pas propulseurs. Par contre on peut battre des jambes à l’approche d’une section de course à pied pour se réchauffer, faire circuler le sang et retrouver des sensations de terriens.

Qu’en est-il de la navigation ?

whatsapp-image-2016-12-14-at-6-34-44-pmC’est un autre point essentiel. Dans un milieu naturel on doit prendre des informations sur les côtés, devant et derrière. Pour la navigation la prise d’information frontale est cruciale pour naviguer en ligne droite. Quand on lève la tête on subit une perte d’horizontalité : par effet de levier les jambes coulent en même temps que la tête se lève. On a alors tendance à battre d’avantage des pieds pour compenser, et cela coûte plus d’énergie. Pour limiter cet effet il faut essayer de lever seulement un peu la tête, juste en ayant de l’eau au niveau du nez. La prise d’info sur son partenaire est un aspect unique du swimrun. Pour le nageur de tête je recommande de regarder son partenaire au moins tous les 10 mouvements de bras, idéalement en regardant sous l’épaule.

Que penses-tu de l’utilisation quasi systématique des plaquettes en swimrun ?

whatsapp-image-2016-12-15-at-6-54-36-amJ’ai un avis partagé. Elles sont utiles si on en fait un usage intelligent, mais peuvent aussi être néfastes. Les binômes sont souvent de niveau différents, et alors il est intéressant pour le/ la plus lente d’utiliser les plaquettes pour augmenter ses appuis et se rapprocher du niveau de son partenaire. Par contre tirer son partenaire toute une course avec des plaquettes me semble aberrant. Personne ne peut vraiment tenir 10km en tirant fort sur des plaquettes, donc on utilise beaucoup d’énergie, on risque des blessures et on a tendance à détériorer sa technique. La perte d’énergie est globale, pas seulement limitée à l’utilisation des bras. La fatigue accumulée en natation va impacter aussi la course à pied. Je vois les plaquettes plutôt comme un support en fin de course pour retrouver des sensations de glisse qui vont aussi aider au plan psychologique. En ce qui concerne la taille des plaquettes, il vaut mieux éviter les ‘planches’ qui vont entraîner une dégradation de la technique.

Les swimrunners ont des passés sportifs divers, et certains ont une expérience limitée en natation. Quel serait ton conseil pour ces derniers ?

Pour le débutant, le mieux est de passer par des cours avec un bon Moniteur de Natation. Une dizaine de séances va aider à éviter les plus grosses fautes techniques et faciliter la progression.

En eau libre il faut nager droit, sans l’aide des lignes d’eau, donc on doit pouvoir regarder à droite, à gauche, devant et derrière. Si la mer est agitée on veut pouvoir respirer du côté opposé aux vagues ; il faut donc  être capable de respirer bilatéralement. Il faut aussi lire le roadbook avant la course afin de savoir où on veut aller pour avoir une trajectoire la plus rectiligne possible.

whatsapp-image-2016-12-14-at-6-31-28-pmJe conseil de multiplier les courses, pas seulement de swimrun mais aussi de natation en eau libre. Les sports d’endurance favorisent l’expérience et donc il faut accumuler cette expérience en course.

Il ne faut pas oublier les enchaînements. Le passage de position horizontale à verticale va entraîner des changements de flux sanguins. Il  faut donc s’y habituer, mais aussi prendre le temps pour laisser au corps s’adapter. Inversement lors du début des sections de natation il faut partir doucement, ce n’est pas un sprint ! Je conseil de partir dans sa zone de confort aérobie, environ 50 à 70% de sa vitesse maximale.

La saison de swimrun commence au plus tôt en Mars-Avril. La plupart des coureurs ne peuvent pas nager en eau vive en hiver. Comment doit-on se préparer en piscine ?

whatsapp-image-2016-12-14-at-6-34-45-pm-1Disons que l’on est trois mois avant une course. Effectivement pour la plupart des gens cela veut dire nager en piscine. Il faut faire au minimum trois séances par semaine. Avant de commencer il faut souligner que ce ne sont que des séances types, il faut toujours adapter les séances à ses capacités. Il n’existe pas de programme tout fait qui convienne à tout le monde !

Séance longue : environ 3,5km, basée sur de longues séries. Après un échauffement, sans matériel, faire des séries de type 5x400m avec 30 secondes de récupération, dans la zone de confort qu’on va adopter en course.

Séance spécifique eau libre : on fait des éducatifs, prises de repères devant et derrière, respiration bilatérale, des changements de rythme avec par exemple de 5  à 10 fois 100m, 50m facile, 50m rapide. Cela peut se faire avec pull buoy et élastique aux chevilles.

Séance équipée : Le but est de nager dans des conditions les plus proches possible des conditions de course. Bien sûr on ne peut pas mettre les chaussures en piscine, mais on peut simuler leur port en mettant des poids de 100 – 200 grammes aux chevilles. Si possible utiliser sa combinaison qui provoque un changement d’équilibre horizontal. On fait varier les séries avec par exemple des séries courtes de 50m, des pyramides type 100, 150, 200, 150, 100, etc.

Y-a-t-il quelque chose que tu voudrais ajouter ?

lm3a4102_30498423994_oLe sport est jeune qui évolue vite, et il ne faut pas hésiter à échanger, comme par exemple sur votre forum. C’est aussi un sport d’expérience qui s’acquière de plusieurs manières. Les discussions et conseils, la multiplication des courses qu’on a évoqué auparavant, mais aussi des stages en se concentrant sur le point faible. Pour la natation par exemples des stages de 3 jours ou une semaine en eau libre peuvent complètement changer la perception qu’on a du milieu.  La mer en particulier peut provoquer des appréhensions, et on peut y travailler pour franchir des barrières. L’analyse de la technique sur vidéo est aussi un outil très utile : c’est important de se voir nager.

Merci Loïc pour tes conseils avisés. Il ne reste plus qu’à les appliquer  !

Crédit photos Alex Bermond, Laetitia Branda & Swimrun France

Hellas Frostbite: un swimrun venu du froid

15267562_1201787573248420_120553912786912224_nLe Hellas Frostbite est une course unique. Elle a lieu le premier Samedi de Décembre dans le parc hellasgården au cœur de Stockholm, c’est probablement la course la plus froide du calendrier, d’où son nom « gelures de Hellas ». Organisée par trois amis qui redonnent tous les bénéfices à l’œuvre caritative « Barncancerfonden » contre le cancer chez les enfants. Le prix d’inscription est minimum de 300krona, environ 30€, mais les participants sont encouragés à donner plus. Cette année la course a collecté environ 1800€ avec 49 compétiteurs courageux. Une très bonne initiative pour une œuvre caritative. Et il faut être courageux car si c’est un sprint, il ne faut pas avoir froid aux yeux pour se jeter à l’eau. Jean-christophe Bastiani a relevé le défi et nous fait partager son aventure.
Crédit photos Delphine Simon et Hellas Frostbite.

Journée classique de décembre en Suède -5°C dehors

8h00
Le réveil sonne… petit regard par la fenêtre. Ouille aie et re-ouille. Les organisateurs ont bien choisi. C’est prévu pour être la journée la plus froide et la moins ensoleillée de la semaine. Chouette !
« journée classique de décembre en Suède -5°C dehors avec bise du Nord -9 ressenti »
Un bon petit déjeuner avalé, sucré-salé et hop direction Slussen en Métro pour trouver le bus qui nous mènera à Hellasgården.

8h47 Slussen
Le timing est assez court donc il ne faut pas se tromper ….. Un grand bordel et après quelques aller-retours dans les halls, nous attrapons le bus. Petit moment d’hésitation mais ça y est l’aventure approche.

9h17 arrêt Hellasgården
L’air est sec et piquant mais pas de vent dans cette belle forêt parsemée de « mille »lacs. Et tout d’un coup fou rire en voyant un patineur tester la glace pour aller randonner…. OUI de la glace, bien épaisse et bien brillante avec le soleil qui perce et nous réchauffe. On avance vers Notre lac, Notre terrain de jeu et dans les sous-bois, il fait bon à marcher et tout d’un coup nous y voilà…

9h30 Hellasgården
15283929_1210061952420982_6179232871535818131_nJ’arrive et accueil de Philip très heureux de me voir. Ce sera le début de belles rencontres tout au long de la journée. Ça y est, je suis en Suède (pays que je connais depuis longtemps) mais pour faire un swimrun. Il me fait un briefing en anglais pour me donner les consignes et surtout que nous aurons uniquement 30-40m à nager vu l’épaisseur de glace et la température de l’eau proche de 0°C. Vestiaire dans les toilettes immenses et chauffées, j’adore ce pays, et direction la première boucle pour s’échauffer.

Jag talar svenska !!

10h38
Tout le monde écoute le briefing en suédois, j’applaudie comme tout le monde, je tourne la tête comme tout le monde et sourit au bon moment….. Jag talar svenska !!
Cette fois, décompte et ça sera le départ… moment d’excitation et j’ai bien envie de m’amuser.

10h48
15280989_10211294648752686_1346626738_nDépart au milieu des braseros, qui me rappelle samedi dernier au refuge de Combe Madame en Belledonne.
Deux groupes se forment au bout de 200m… et je prends le wagon du premier, je me sens bien, je suis heureux. Il y a quelques furieux devant mais à 900m, il n y a que 60s d’avance alors je reste tranquillement à ma vitesse avec le petit groupe. Le parcours va être exigeant, une succession de montées et descentes sur 5 km très cassant dans la forêt et de la glace par endroit. Premier tour à 15km/h, je suis bien, je pense à ma pose de pied, me relâcher. J’ouvre l’avant de ma combi pour réguler ma température. Je porte mes tenues NaturalPeak (t-shirt et legging) sous la combi en prévisions du swim. Excellente qualité de ventilation avec le tissu en Modal WoodWear.
frostbite-2016-2Le moment tant attendu arrive, la mise à l’eau sur le ponton glacé, 10s à palabrer et go, de la vélocité et 2 respirations après j’attrape l’échelle pour remonter. Le cardio est à 180 depuis le départ et il faut enchaîner. Une course folle et j’adooooooore.

Mes genoux commencent à subir le froid dans la dernière partie

15350580_1210061629087681_3647837357913630140_n.jpgTout trempé, je repars pour mon 2ème et 3ème tour qui seront un peu plus lent que le 1er.
La seule différence sera la mise à l’eau directe… pas de transition !! On n’est pas là pour acheter du Glogg et des pepparkakor

Mes genoux commencent à subir le froid dans la dernière partie, la plus vallonnée. Ma vitesse me permet de doubler 2 ou 3 swimrunners mais je suis obligé de marcher quelques secondes et perd au moins 60-90s. Peu importe, je suis dans le plaisir, il fait froid mais je me suis entrainé à pire en montagne.
15319225_1208902399203604_1237652382146106046_n.jpgEt voilà je finis cette belle course d’Hellas Frostbite Swimrun après 15km dont 100-120m de natation avec pleins d’encouragement en Français !! Un vrai gamin et un énorme sourire à l’arrivée malgré le froid qui commence à tomber en parallèle de la disparition du soleil mais la chaleur humaine de tous mes amis suédois était bien plus forte.
15320341_10211281310459237_1125237243_nTout heureux de ma 11eme place, je ferai beaucoup mieux l’an prochain, je découvre enfin toute l’équipe Swimrun World of Swimrun maintenant dans la vraie vie. Niklas, Philip, Daniel…. et tous les autres avec qui j’espère m’associer pour une ou plusieurs courses…. Michelle Nyström, j’attends ta réponse! lol

Multiples accolades et félicitations… Voilà ce que je retiendrais de cette « course ». Du bonheur partagé entre personnes simples qui aiment la nature et le dépassement de soi.