Swimrun Solina la première merit race OtillO Polonaise

Eric Visentin, frenchy expatrié en Pologne, nous raconte sa folle semaine de swimrun qui l’a vu enchainé les deux premiers swimrun longue distances créés cette année: Goswimrun à Wióry et le Swimrun Poland à Solina. Le récit de course de Goswimrun est paru ici.

Présentons Solina. C’est  aussi un grand lac de retenue, à la forme complexe, multiples méandres, péninsules, et iles. Sa digue est la plus grande de Pologne. Niché dans les premières ondulations des Bieszczady, fragment de la chaine des Carpates et montagnes les plus orientales en Pologne, frontalières avec l’Ukraine et la Slovaquie. La région, touristique mais relativement secrète, est magnifique, avec son folklore local haut en couleur et son architecture en bois. Les Bieszczady, à défaut d’être les plus hautes de Pologne, entretiennent une fascination au niveau national. Mystiques et sauvages, elles abritent ours, lynx, loups, et innombrables légendes de contrebandiers. Solina et son écrin bleu, apportent une touche aquatique un peu inattendue à ce décor de basse montagne fait de prairies, feuillues et résineuse.

Les jours suivants (NDLR, le Goswimrun à Wióry ), la fatigue se fait sentir, plus pesante que le reste du Dimanche. Inquiétude: je suis légèrement enroué, et la gorge pique. Rien de méchant pour l’instant, mais restons prudent. Aucun entrainement jusqu’au prochain swimrun (NDLR, swimrun poland à Solina comptant comme « merit race » pour l’ÖtillÖ), aucune prise de risque. Je profite de ces quelques jours pour méditer sur la question de la combi, qui sera indispensable.

Mes premières recherches s’orientent vers la combi Dare2Tri courte, mais la livraison avant le weekend n’est pas garantie, et sans certitude de choisir la taille adéquate. L’autre option consiste en une combi de swimrun intégrale, qui pourra me servir aussi en triathlon: celle que je possède actuellement ne me satisfait pas car trop petite. Le stand de la marque Head sera présent à Solina avec discount: je commande en ligne le modèle Swimrun Rough. Quelle efficacité aura cette combi en mode nage simple ? Je n’en ai encore aucune idée. Je vous le dirai le 23 septembre lors d’un petit triathlon.

Jacek, mon partenaire pour Swimrun Poland à Solina, a lui aussi fait comme Tomasz, en découpant une vielle combi de tri. Cette fois ci, les rôles sont inversés: autant c’est moi qui avais aidé Sam, autant une grosse galère arrive en perspective, car Jacek, c’est du lourd: il vient de se qualifier aux championnats de 1/2IM en Afrique du Sud en 4:32. Il est lui aussi sous les dix heures en IM, et la natation, c’est son point fort. La troupe présente à Wióry n’a d’ailleurs pas loupé de me chambrer le weekend précédent : « Eric, tu vas faire du ski nautique derrière Jacek ? »

J’ai néanmoins choisi de mettre tous les atouts de mon côté. Outre la combi, je me suis bricolé un système de rectangles découpés dans un vieux matelas de camping, et fixés aux lacets de mes chaussures, à l’image des plaquettes de flottaison de la marque NU. Et depuis Wióry et les entrainements précédents, mes épaules ont à force acquis une tonicité d’enfer. Il y a juste ce satané rhume, qui traine encore, et que tout le monde a par ailleurs attrapé à Wióry…

Jacek et moi partageons transport et hébergement avec deux autres participants de Wrocław, Paweł et Dominik, de l’équipe GTRAT. Nous avons loué un bungalow en bois à proximité du lac. Outre le matériel de sport, quelques bouteilles de liqueur font aussi partie des bagages… Un autre weekend phénoménal s’annonce. Et cette fois ci, il va faire grand soleil !

A cause des bouchons sur l’autoroute, nous arrivons plus tard que prévu sur le lieu de retrait des dossards, 10mn avant la fermeture. Plus stressant encore, je devais retirer la combinaison payée d’avance… Heureusement, les vendeurs de Head m’ont attendu. Nous achevons la soirée sur une pizza, en commentant mon achat certes un peu « aveugle »: n’aurais-je pas un peu trop chaud demain dans cette combi ? L’eau, comme pour Wióry, est au-dessus des normes saisonnières, avec 19°C.

Nous faisons connaissance avec les organisateurs, Kacper et Gabriella. Ensemble, ils animent et dirigent un groupe de course à pied sur Cracovie, Runonline.pl. Ils organisent aussi, et avec un certain succès, des compétitions, dont une par étape en montagne nommée Triada, qui a lieu une fois en été et en hiver. Kacper est un excellent coureur, cela se devine de suite à son gabarit sec et tonique. Il est l’ingénieur technique et sportif de la course. Gabriella, bavarde, dynamique, aussi très charmante, est sans nul doute la tête de proue du projet. Convaincre le maire de Solina, vaincre toute la bureaucratie locale, inscrire l’épreuve dans le circuit « merit race » du championnat ÖtillÖ… le volet marketing et organisationnel lui doit beaucoup.

« Eric, b…, t’est prêt ? On y va, on arrache ! ».

Le départ est prévu à six heures du matin, l’heure du lever de soleil, toutes distances confondues, ce qui donne un parfum d’ultra-running à l’évènement. Outre la distance marathon, il y a la distance sprint, sur 25km, et une distance « first steps » de 10km. Toutes en binôme. Les chasubles, très jolis, sont fait de motifs bleus et blanc; les bonnets jaunes fluo semblent faits comme pour être assortis aux combinaisons. Le compte à rebours a lieu dans la pelouse de l’Hôtel Skalny à Polanczyk, site de l’épreuve. Le départ est donné et nous dévalons la rue principale, qui mène au lac. L’excitation du départ donne lieu à de nombreuses manœuvres telles que dépassements, positionnements, mais toute cette débauche tactique semble soudain superflue lorsque l’entrée dans l’eau se dessine, et que chacun prend son temps.

Jacek, lui est déjà pressé, il a déjà arrangé bonnet, lunettes, sangles, paddles, et se jette dans l’eau sans préambule : « Eric, b…, t’est prêt ? On y va, on arrache ! ». Nous avions fait déjà un entrainement au lac de Mietków il y a quelques semaines, qui n’avait pas été entièrement satisfaisant, car la sangle me gênait beaucoup. Le scénario se répète… Nous avançons en « flux tendu », Jacek, en traction devant, exactement de la même manière dont je tractais Sam il y a une semaine. Dans la précipitation, sans doute aussi à cause du sommeil, je réalise soudain que j’ai tout bonnement oublié de placer le pullbuoy entre les jambes… L’eau de montagne, claire, est translucide, et je vois Jacek devant même sous la surface, ce qui est un avantage. Nous achevons ce premier kilomètre de nage dans le gros du peloton.

« des vapeurs magiques émanent de la surface, baignée dans le soleil levant »

La séquence de course qui s’ensuit est déjà la plus redoutée, c’est celle qui nous fait monter au point culminant, le petit sommet de Jawor, 741m, soit trois cent au-dessus du lac. Nous montons en trottinant, trouvant déjà qu’il fait chaud dans ces combis… La descente s’ensuit, par des sentiers rendus extrêmement boueux à cause de la pluie les jours précédents. Court en jambes, je n’ai jamais été très fort dans les descentes en course à pied. Jacek passe devant, refaisant régulièrement ses chaussures: il a choisi de vielles baskets « ironman » à fermeture velcro… Les 4 portions de nage suivantes sont toutes très courtes, très proches les unes des autres, séparées par des intervalles de course à pieds sur la « plage »: entendez par là la pente pierreuse laissée par le niveau du lac un peu bas. Nous sommes plus en aval dans la retenue d’eau, là où cette dernière reçoit l’apport de quelques rivières. L’eau est sensiblement plus froide, et des vapeurs magiques émanent de la surface, baignée dans le soleil levant. L’un des moments les plus magiques de l’épreuve.

Jacek et moi décidons de faire ces fragments non attachés, en restant proche. Je suis chaud, désormais dans mon rythme de croisière, j’envoie des bouillons dans l’eau avec mes paddles larges. Le pullbuoy est correctement calé, les carrés sur mes chaussures jouent parfaitement leur rôle, mes jambes flottent visiblement plus. La portance ce cette nouvelle combi semble aussi optimale. Je vais presque à l’allure de Jacek, doublant tous les concurrents partis juste avant nous. Mon coéquipier, qui semblait jusqu’à présent un peu exaspéré de ma lenteur en silence, commence à retrouver le sourire: « Ouah Eric ! T’as envoyé ! ». Cela me fait plaisir, même si Jacek a une fâcheuse tendance à ignorer la règle des 10m de séparation…

Une autre jolie portion de course, traversant village et pâturages, nous mène plus loin. Je commence à réaliser que le soleil tape, et qu’avec quatre ravitaillements sur toute la course, ce sera difficile. J’ai heureusement été prévoyant en prenant le départ avec une bouteille de trail vide, attachée à ma ceinture: je la remplis au buffet, et juste avant d’arriver aux nages suivantes, je l’ai presque bue en entier. Deux nouvelles petites portions arrivent: nous nageons vers une ile, « Wyspa Energetyk », et regagnons la berge principale. Il a beaucoup d’algues. Je termine la première en constatant que je me trainais un bouquet de trois mètres de long… Lors de la seconde, rebelote. Mais horreur et consternation en arrivant sur la berge: ma gourde a disparu ! T’inquiètes, dit Jacek, on arrive au prochain buffet…

Quelques collines franchies, et nous redescendons vers Polanczyk, où les touristes sont de plus en plus nombreux. Beaucoup nous encouragent, mais dans leur regard, nous lisons autant d’admiration que de points d’interrogation : « Dites-moi mon brave, c’est quel genre de course que vous faites ?! ». Nous regagnons le site de l’hôtel, point de la mi-course à 23km. Paweł et Dominik, qui ont fait la distance sprint, viennent juste d’arriver, et nous encouragent : « Eh ben les gars… encore une moitié comme ça… bon courage ! ». Du courage, il nous en faudra: cette seconde moitié comporte beaucoup moins de nage, et il commence à faire chaud. Ma combi longue me pèse un peu, et je commence à accuser le coup: Wióry la semaine dernière, je le sens encore dans les jambes, et mon rhume a un peu freiné ma récupération. A vrai dire, je ne suis pas inquiet sur mon tempo: je sais que je finirai l’épreuve. Je suis surtout inquiet pour l’eau. Il y a six kilomètres avant la prochaine portion de nage, 400m. Ensuite, et jusqu’au kilomètre de nage final, il y a presque un semi-marathon entier…

J’ai l’impression de courir comme un sapin de Noel

A l’issue de cette portion de course et des 400m dans l’eau, je décide que le moment est opportun pour me dévêtir le haut, je remets uniquement le chasuble. Mes manches pendent un peu, je fais un nœud. J’ai l’impression de courir comme un sapin de Noel. Mes forces baissent, je bois quelques gels. Toutes les montées, Jacek et moi les faisons désormais en marchant… Le buffet est là, et je bois jusqu’à satiété. Les 400m sont bienvenus pour me rafraichir un peu. La portion suivante fait presque 9km, essentiellement en descendant. Nous sommes en contrebas de la digue, en dessous de laquelle git un autre lac, étroit et tout petit, alimenté par les rejets d’eau du principal. L’eau de celui-ci est à 15°C, nous avions été avertis ! Beaucoup de binômes entrent avec précaution pour éviter un choc thermique. Je remets à la hâte le haut de la combi par-dessus le chasuble, et me jette dans l’eau avec Jacek. La fraicheur est une bonne motivation pour en finir vite ! Une fois de plus, la portion de nage est rapidement négociée, avec les félicitations de Jacek. S’ensuit une longue montée par des escaliers et sentiers abrupts, qui semble aussi jouer en notre faveur: les binômes dépassés sont distancés, et nous en rattrapons un nouveau: nous sommes désormais septièmes au classement général !

Les quelques équipes dépassées, comme irritées par notre opportunisme, semblent se regrouper comme pour s’entendre, et forment un peloton à notre poursuite. Le sentier parcourt une crête en dos d’ânes. Jacek les descend vite, ce qui m’oblige à forcer le tempo pour le rattraper. Cette portion est longue et usante. Les poursuivants semblent relégués de plus en plus loin. Nous constatons sur la droite que nous sommes à nouveau en surplomb du lac principal de Solina. Nous traversons une carrière de pierres, qui amorce la descente. Dernier ravitaillement. Je croyais que nous n’étions plus trop loin du lac, mais quelques kilomètres sur asphalte nous en séparent encore… le temps passe de plus en plus lentement. Jacek comme moi marchons désormais à chaque moindre ressaut. Nous parvenons néanmoins à rejoindre un nouveau binôme Suédois-Polonais avec qui nous bavardons brièvement.

Port-Solina arrive enfin, avec le kilomètre de nage final. Le vent contre souffle fort, il y a de la houle, cela ne va pas être facile. Je dois réenfiler ma combi, ce qui agace Jacek, qui vit visiblement la couse à fond. « Magne toi, ils arrivent tous ! ». En effet, les polono-suédois, et le binôme doublé dans la montée, ont anticipé la transition et sont déjà prêts à se jeter à l’eau… La bataille finale commence. De la bataille, à vrai dire, je n’en verrai pas grand-chose, à cause de la houle; c’est Jacek qui me la racontera par la suite, car il a eu le temps d’observer. Nous avons malheureusement été dépassés par ces deux équipes, mais en avons rattrapé une. Tout cela malgré les crampes qui ont soudainement tétanisé mes jambes à mi-parcours, au point que le bateau de police vienne à ma rencontre pour demander si tout allait. Arrivée sur la berge douloureuse, je suis incapable de courir. Jacek attache la sangle et me tracte. Nous trottinons toute la rue principale de Polanczyk qui nous ramène à l’arrivée. Sept heures trente de course ! Je n’ai pas vu le temps passer. Nous sommes septièmes au général, sixièmes dans la catégorie homme.

« Wióry et Solina actent la naissance du Swimrun en Pologne »

Paweł et Dominik nous attendent à l’arrivé, Kacper et Gabriella remettent les médailles et t-shirt finisher. Les médailles s’assemblent, tels des dominos, formant une poignée de mains qui s’entre-aident, idée originale. Le binôme qui arrive après nous n’est personne d’autre que Jędrek et son fidèle compère Rafał. Un peu avant nous, Marek et Dominka, Bartek, Joanna, tous ces gens qui ont testé l’édition zéro en 2016, cette grappe de passionnés, qui comme moi n’ont pas hésité à faire Wióry et Solina l’un après l’autre. La joie est lisible sur tous les visages, les photos de groupe s’enchainent. Plus qu’avoir fini une épreuve, le sentiment qui prédomine est d’avoir bâti quelque chose, d’avoir chacun posé une pierre à cet édifice inédit. Wióry et Solina actent la naissance du Swimrun en Pologne.

Le repas est offert, nous nous changeons, allons piquer un petit somme au bungalow, et revenons pour la cérémonie de remise des prix. S’ensuit une after-party, ou les bières, elles aussi offertes, s’accumulent aussi rapidement que les heures passées autour du lac de Solina. Les sujets de conversation ne manquent pas. La piste de danse est illuminée, mais curieusement peu de finishers dansent… Le lendemain matin, le déjeuner est lui aussi offert. A l’occasion, des photos de la course sont présentées par diaporama, ce sont celles présentes plus tard sur les réseaux sociaux. Je ne me souviens pas d’une épreuve proposant autant d’hospitalité aux compétiteurs. Nous terminons la journée par la visite du barrage, un lieu touristique, et une halte sur la route au centre historique de Tarnów.

Beaucoup d’épreuves sportives de masse, de manière générale, ont toujours lieu en Pologne. Il y a fort à parier que le swimrun suivra la tendance. Solina et Wióry auront lieu à nouveau, c’est une certitude, mais cette fois-ci a deux semaines d’intervalle (01/9/2018 et 15/09/218). Au moins une autre épreuve majeure viendra s’ajouter au printemps (28/5) à Stężyca, près de Gdańsk. Elle est déjà cochée sur mon calendrier! Sumin et Bydgoszcz, les deux épreuves en format mini qui ont eu lieu plus tôt, risquent de prendre du poil de la bête et présenter un parcours plus long et attrayant.

Ainsi se termine la « semaine swimrun », riche en émotions, enseignements, nouvelles connaissances et amitiés.  Rendez-vous en 2018 !

Eric Visentin

http://swimrunpoland.com/

Pologne nouvelle nation de Swimrun ?

Ma « carrière » de sportif a bel et bien débuté dans mon pays d’expatriation. En Pologne depuis une décennie, je pratique le VTT, la course à pieds et le triathlon depuis quelques années; j’ai ma « life » et mes potes désormais ici, dans le microcosme sportif de la ville de Wrocław. Ma rencontre avec le Swimrun se fit sur Youtube au hasard de déambulations, regardant des vidéos de triathlon, début 2016, et ou le fil conducteur me mena par hasard a un swimrun Xterra du Danemark….

« Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?! »

Je « googlais » aussitôt et en appris davantage, tout en visionnant de nouvelles vidéos de swimruns, en Scandinavie et ailleurs…Le concept m’avait tapé dans l’œil. Je mis la main aussi sur ce qui était à l’époque le calendrier international, encore restreint, de ce type d’épreuve. Pologne ? Néant. France ? Quasi néant. Le plus proche ? Rheinsberg, au Nord de Berlin. Curiosité aidant, et cherchant un bon plan pour un long weekend de Juillet avec ma femme et mon fils, c’est ainsi que je pris part à mon premier swimrun l’an passé, sur distance sprint, de manière un peu « anticipée sur mon temps ». L’épreuve me plut énormément.

Cherchant toujours sue internet de manière de plus en plus ciblée, je découvrais que malgré la méconnaissance totale de ce sport en Pologne, un petit groupe de personnes y avait déjà participé comme moi, à l’étranger. Un groupe Facebook vit le jour, « Swimrun Polska« . Fin 2016, j’eus le privilège d’apprendre qu’un swimrun Polonais était en préparation à Solina, et que j’étais invité à une « édition zéro », expérimentale. A laquelle, hélas, je ne pus prendre part, ne l’apprenant que sur le tard, et aussi la distance…

2017 marqua la vraie éclosion de ce sport en Pologne, avec non moins de 4 épreuves, deux petites a Sumin et Bydgoszcz, et deux sur longue distance, à Wióry dans les monts Świętokrzyskie, l’autre étant l’épreuve reine promise à Solina. Ayant avant même sa première édition, acquis le statut de  » ÖtillÖ merit race », c’est à dire course qualificative pour le championnat près de Stockholm !

Malheureusement, pour des aléas calendaires malchanceux (saison de la pêche à Wióry au printemps), il s’avéra que ces deux épreuves avaient lieu presque au même moment, à 6 jours d’intervalle. Je me dis au départ que je ne pourrais tout faire à la fois et que puisqu’il faudrait choisir, ce serait Solina, car j’en rêvais, et qu’un coéquipier était déjà trouvé.  Je changeai mes plans lorsque Jędrek, organisateur du « Goswimrun » à Wióry et l’un des swimrunners Polonais les plus expérimentés (Rockman, Hvar, 1000 lakes) me proposa une invitation gratuite.

Deux swimruns sur longue distance à six jours d’intervalle… Cela sentait le défi, mais j’aime les défis ! Je me mis à la recherche d’un partenaire pour Wióry, et je le trouvai en la personne de Sam, un Belge francophone habitant à Nysa et pratiquant lui aussi le triathlon, rencontré il y a deux ans au hasard d’une course; on a depuis gardé contact et nous voyons régulièrement lors d’épreuves diverses. Ayant des niveaux similaires en course et nage, l’occasion était trop belle pour ne pas représenter la francophonie au premier swimrun Polonais, et mettre notre amitié à la rude épreuve de ce sport exigeant, et a vrai dire inconnu.

Jędrek, qui a été par le passé présentateur télé, désormais auteur d’un blog « Od grubasa do ultrasa » (« D’obese à ultra »), plusieurs triathlons extrêmes et courses trail à son actif, est un personnage haut en couleur et charismatique, qui fait connaissance avec tout le monde. Comme le monde est petit, il a fait connaissance avec le président de notre club de triathlon, le « Triathlon Mietków Team » (TMT), lui a parlé de son projet, et l’a convaincu de participer. Chose que j’avais moi-même tenté moi en vain auparavant : « Quoi ? Swimrun ? Kezako ? Tu sais, je ne suis pas fan des courses d’obstacles, survival races et tous ces trucs…  » Mieux encore il entraina dans son sillage, une dizaine d’autres participants de TMT ! Le ton était donné.

Ainsi, voilà Tomasz, Wojtek, Ernest, Marcin, Andrzej, Tomek, Dagmara, Alicia, Sam et moi sur la route de Wióry le Samedi 2 Septembre. Wióry est un lac artificiel dans la région des « Monts Świętokrzyskie », région vallonnée faites de montagnes anciennes et peu élevées, et très rurale. Kielce, ville d’origine de Jędrek, est la plus proche agglomération.

Il a fait très chaud durant tout le mois d’Aout, et jusqu’à Vendredi il y avait canicule. Ce samedi, le ciel est bas, un vent frisquet souffle. Nous arrivons au site de l’épreuve, une rive herbeuse du lac à proximité de la digue; tentes et bannières bariolées sont sans ambiguïté, une épreuve outdoor a bien lieu ici ! Sam et moi retrouvons le reste de la troupe, et retirons notre paquet d’inscription, qui contient bonnet, badge électronique, et divers gadgets et pubs.

« Malgré tout, Sam et moi décidons de prendre le départ en simple tenue de triathlon »

Lors du briefing, nous apprenons une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que grâce à la canicule des jours précédents, l’eau est à 20’C, un niveau bien au-dessus des prévisions. La mauvaise, c’est qu’il va pleuvoir tout le Dimanche… Qu’importe, après tout le swimrun c’est fait pour être mouillé ! Nous faisons connaissances avec d’autres participants étrangers venus du « Varsovie International Triathlon Club », le WITC, respectivement un Allemand, une Danoise, un Japonais et un Russe.

Il y a un stand de location/achat de combis Dare2Tri. Je ne suis pas certain de vouloir en acheter une, n’ayant pas l’intention du moins à court terme de participer à des épreuves nordiques. 20’C, c’est pas la mort. J’ai pris une vieille combi courte de windsurfing, au cas où. Malgré tout, Sam et moi décidons de prendre le départ en simple tenue de triathlon. Avec un haut à manches longues en plus pour moi. Pied de nez amusant face à tous les Polonais de TMT qui, craintifs, ont tous choisi de louer ! Ou, comme Tomasz, raccourci une combi de nage usagée. Ce dernier a également enfilé des chaussettes de foot avec des mousses d’isolation pour tuyauterie. Le swimrun, c’est aussi les joies du bricolage en partant dans l’inconnu…

La soirée, dans un gite agrotouristique à proximité, est très festive et animée, comme on peut l’imaginer, regorgeant d’anecdotes sur le passé, mais aussi celles qui seront sans nul doute à venir dès le lendemain !

A 8h, le départ est donné, toutes distances confondues: il y a trois catégories: longues distance (33km dont 5.5 en nage sur 10 segments), une distance sprint d’environ la moitié; cette dernière est déclinée soit en binôme soit en solo, pour la découverte. Deux de nos équipes partent sur le mini, dont la féminine. Les bonnets sont respectivement jaunes, oranges et blancs. Les chasubles arborent le logo de Goswimrun sur fond orange.

Cette foule hétéroclite, première de la sorte en Pologne, dévale la route sous les acclamations, avant de se séparer déjà, suivant la distance, dans deux directions distinctes. Nous, les longues distances, nous dirigeons vers une colline ou le plus haut point de la course se situe déjà. Tous se plaignent déjà d’étouffer de chaleur dans la combi… Excepté Sam et moi…

La descente arrive, et apparaît le lac. Moment fatidique ! Tout le monde prend le temps d’entrer dans l’eau, non sans quelques appréhensions. Il y a un kilomètre entier devant. Mais les sensations sont bonnes, l’eau est tiède. Sam et moi commençons à nager, encordés, mais mon binôme, qui teste pour la première fois la nage en chaussures et plaquettes, rencontre quelques difficultés; je suis visiblement plus à l’aise que lui, et j’assure la navigation devant. Le drapeau blanc rive opposée arrive enfin ; cet épisode de nage a clairement joué en notre défaveur, beaucoup d’équipes nous sont passées devant, mais nous nous refaisons en course à pied. Autre désarroi, je constate que les poches dans mon dos ne sont pas le meilleur endroit pour stocker mes gels, qui se sont éparpillés partout dans ma tenue…

La course à pied de ce Goswimrun est hardcore. Non seulement vallonnée, elle nous fait passer dans des endroits boueux, broussailleux, rocailleux, au milieu des roseaux… fort heureusement le balisage est irréprochable. Nous en profitons pour parler un peu de la nage; Sam me dit que la sangle l’a un peu gêné. Lors des trois sections de nage suivantes, relativement courtes, nous décidons de ne pas nous attacher, en restant à la distance règlementaire. Sam me parait crispé, je lui dis d’allonger le mouvement; visiblement, ce n’est pas son style de crawl; nager en puissance avec les plaquettes ne semble pas à son avantage.

La course à pied, qui nous fait traverser des champs, des haies, des ressauts impromptus, nous mène à l’extrémité Sud-Est du lac. Il y a là, lors du cinquième fragment de nage, un nouveau kilomètre à franchir. L’eau est plus froide, car nous sommes à l’embouchure de l’une des deux rivières qui alimentent le lac. Nous démarrons correctement, mais je sens Sam à la peine vers la mi-distance. Encordés, je passe devant, et essaie de faire traction. A la sortie du lac, je commençais à me dire que l’eau n’était quand même pas si chaude, et qu’en y sortant, sous la pluie, on a carrément froid. Sam me dit la même chose et nous commençons vite à courir pour nous réchauffer.

« You don’t look very OK, you know… »

Hélas, la sixième nage arrive rapidement; elle est moins longue mais pas courte non plus, avec 400m. Nouvel épisode laborieux. Nous sortons de l’eau un peu plus transis que le précédent. Horreur, la septième nage arrive immédiatement après, sans que nous ayons eu suffisamment de temps pour réchauffer le moteur… Episode sans aucun doute le plus difficile, et ou la solidarité du binôme en swimrun prend toute sa dimension. Sam ressort de l’eau complètement transi, grelottant. J’ai moi aussi un peu souffert du froid, mais pas autant que lui.

Le bénévole aiguillant les participants jette un œil désapprobateur : « You don’t look very OK, you know… » Il n’y a de toute manière pas grand-chose d’autre à faire : « Cours, Sam, cours, fais quelque chose, ne reste pas sans bouger ! » Nous repartons sur un trot saccadé, Sam ne dit aucun mot, la parole sans doute aussi tétanisée que les jambes.

Heureusement, la portion de course suivante est longue, ce qui nous permet de retrouver des couleurs. Sam me dit qu’il ne va pas renoncer. Je lui propose d’enfiler mon haut à manches longues, ce qu’il refuse. De vrais guerriers ces Belges ! Cette portion de course est en boucle, et nous croisons en sens opposé ceux qui sont après nous, dont Tomek et Ernest, qui se sont égarés une fois et perdu un peu de temps.

La neuvième nage est anecdotique, mais la toute dernière était redoutée, car elle alignait un nouveau kilomètre. « Tu vas y arriver Sam ? » « C’est la fin, je vais pas me dégonfler maintenant ! ». Le temps ne passe pas vite mais la sortie de l’eau rêvée arrive enfin. Plus proche de la retenue, heureusement, l’eau était moins froide. Nous courons les derniers kilomètres et rallions la ligne d’arrivée, sous les acclamations des supporters, et participants de la distance sprint, déjà chaudement rhabillés.

Sam et moi sommes dixièmes sur 13, ce n’est pas forcément un résultat de rêve, mais la satisfaction est là au vu des difficultés rencontrées. Tous sont stupéfaits de notre tour de force d’avoir fait la distance longue sans combi… Tomasz, qui a fini troisième avec Wojtek (très fort duo, chacun 10h sur IM !), me chambre un peu « Eric, alors, tu vas faire Solina la semaine prochaine aussi sans combi ? » La question est pertinente, car « Swimrun Poland », qui a lieu dans six jours, est dans une région encore davantage montagneuse…

Ainsi se termine Goswimrun, sur la cérémonie de clôture, fort sympathique. Avec les prix sont également distribués des bières locales, ainsi que des bouteilles d’un vignoble à proximité, chose suffisamment rare en Pologne pour être soulignée. De l’avis de tous, Jędrek a fait du travail de pro. Seule la météo n’a pas voulu !

Les jours suivants, la fatigue se fait sentir, plus pesante que le reste du Dimanche. Inquiétude: je suis légèrement enroué, et la gorge pique. Rien de méchant pour l’instant, mais restons prudent. Aucun entrainement jusqu’au prochain swimrun, aucune prise de risque. Je profite de ces quelques jours pour méditer sur la question de la combi, qui sera indispensable.

Eric Visentin

crédit photo : Piotr Dymus / Eric Visentin

La suite de l’aventure polonaise continue pour Eric avec le Swimrun de Solina une semaine après (récit à venir)

http://www.goswimrun.pl/

Julien Valette, une vie de swimrunner à cent à l’heure

Témoignage de Julien Valette sur cette année 2017 de tous les superlatifs : organisateur d’une des plus grandes épreuves de Swimrun hexagonal, compétiteur aux championnats du monde de L’ÖtillÖ, acteur du circuit Swimrun National Tour, tout jeune papa et encore …étudiant, il répond à nos questions dans cette interview.

Swimrun France :  Bonjour Julien, tu as eu une saison 2017 bien remplie avec en tant qu’organisateur de la seconde édition du Swimrun Sang Pour Sang Vassivière le 18 juin 2017 et aussi ta participation au Championnats du monde de Swimrun à Stockholm (Suède) : l’ÖtillÖ avec Pierre André Anizan. Peux-tu revenir pour nous sur cette aventure suédoise ?

Julien Valette : Bonjour Akuna, je sors en effet d’une saison de swimrun bien remplie mais que demander de mieux que de s’épanouir dans un sport aussi riche ?!

Revenir sur l’ÖtillÖ, c’est revenir en janvier dernier ! Avec Pierre-André nous nous fixions comme objectif d’intégrer la finale ÖtillÖ en 2017 ou 2018. Etant tous deux étudiants nos budgets sont très limités, il nous faudra donc viser la bonne course qualificative si nous souhaitons être de la partie en septembre. Pierre-André a beaucoup de chance dans tous les jeux auxquels il participe sur les réseaux sociaux (tu sais le genre de jeu où il faut partager une publication et parmi les 2000 personnes qui partagent il y en a une qui gagne … et bien souvent c’est PA qui gagne !). Nous réfléchissons donc à nous engager sur Engadin et nous inscrivons à la loterie ÖtillÖ … sur un malentendu ça peut passer !

Le 26 janvier 2017 nous sommes tirés au sort pour participer à ÖtillÖ, s’en suivra une aventure unique et incroyable ! Le récit de notre course est à retrouver sur notre page Facebook (https://www.facebook.com/teamswimrunSPSS/).

SRF : Il y avait sans doute aussi beaucoup de personnalités présentes à l’ÖtillÖ, notamment des organisateurs, as-tu pu échanger avec quelques-unes à ce sujet ?

JV : Sur ÖtillÖ j’ai finalement rencontré beaucoup plus de français que d’étrangers (cela a peut-être un rapport avec mon aisance limité à l’oral en anglais). Je discute finalement beaucoup plus avec les organisateurs étrangers par mails interposés que de vive voix !

SRF : Concernant le Swimrun de Vassivière, peux-tu nous rappeler les chiffres marquant de l’année 2017 par rapport à l’année 2016 ?

JV : Bien entendu, 373, c’est le nombre de binôme que nous avons accueilli l’année dernière, nous avons ainsi plus que doublé le nombre d’inscrit par rapport à 2016.

16 et 68, ce sont les âges extrêmes des participants au SRV en 2017. 1000, c’est le nombre de personnes présent sur le site de l’évènement en comptant les familles et amis des athlètes.

4651, C’est en euros le bénéfice du SRV et donc la valeur du don à l’association Sang Pour Sang Sport.

38 906, le budget en euros du SRV 2017

1000, c’est le nombre d’heure que j’ai passé sur le projet avec ma femme Ophélie, il faut facilement en ajouter 400 de plus réalisées par l’équipe des bénévoles pour se rendre compte de l’investissement que représente l’organisation d’un swimrun en France.

SRF : Les inscriptions pour l’édition 2018 viennent tout juste de s’ouvrir mi-octobre, quelles sont tes ambitions pour la troisième édition ?

JV : Je vois que tu as travaillé le sujet 😉 Nos ambitions reprennent en effet ces 3 topics :

Nouveauté : il y aura cette année des courses pour les jeunes athlètes nés en 2006 et avant. Augmentation du nombre de participant : nous souhaiterions cette année passer la barre des 1000 participants. Invitation de VIP : les meilleurs français seront conviés à notre épreuve. Les team « BBrocket », « Brad Shark », et « Smart athlète Zone3 » ont déjà répondu positivement à notre invitation !

SRF : Je rappelle que ton épreuve fait partie du swimrun national tour pour la seconde année (circuit regroupant plusieurs courses emblématiques de leur région), quelles sont les nouveautés sur le circuit en 2018 ?

JV : Beaucoup de nouveautés sur le SNT en 2018 à commencer par l’intégration de nouvelles épreuves ! Nous nous rapprochons du style de format que nous souhaitions proposé au lancement du projet, la mise en place du circuit se passe bien mais prend un petit peu de temps, nous espérons être pleinement opérationnel dans les mois à venir.

SRF : La FF tri commence à communiquer sur sa stratégie à moyen terme pour le swimrun (réunion de tous les organisateurs prévue début novembre). Que peut apporter d’après toi et surtout que doit apporter une fédération pour les organisateurs de swimrun en France ?

JV : On peut tout d’abord souligner les efforts que fait la fédération française de triathlon pour venir à la rencontre des organisateurs et des swimrunner. Je suis par ailleurs très heureux d’avoir été convié pour une réunion à Paris avec l’ensemble des organisateurs de swimrun.

Pour moi, mais cela reste un avis personnel, une fédération doit permettre le développement du sport dont elle a la délégation. Cela passe à minima par une aide aux organisateurs qui en ont besoin, aide qui peut être logistique, organisationnelle, pécuniaire … Un excellent exemple s’est déroulé dans le nord dans le cas de l’organisation de l’Authieman où la fédération est venue appuyer le dossier de Jean-Marc Lamblin auprès des autorités locales.

Ce que je comprends moins, ce sont les sommes demandées pour obtenir une licence organisateur, le droit d’organiser une épreuve, les pass compétition à un prix, à mon avis, exorbitant (cela devrait être prochainement revu et harmoniser sur le plan national). En effet à quoi servent par exemple les assurances permettant de rembourser les athlètes en cas de casse matériel dans le parc à vélo en swimrun ?

Organiser un swimrun coûte extrêmement cher et prend énormément de temps, quand dans mes comptes j’inscris une ligne de coût il faut qu’il y ait une vrai plus-value pour mon épreuve, je ne l’ai pour l’instant pas trouvée avec la FF tri. Peut-être la réunion du mois prochain me fera-t-elle changer d’avis ?

SRF : Revenons sur Vassivière, tous les participants ont loué le site unique du lac de Vassivière pour faire du swimrun, mais aussi beaucoup d’entre eux ne connaissaient pas cet endroit touristique du Limousin. Le swimrun est-il un facteur intéressant pour faire la promotion d’un territoire ?

JV : J’en suis en tout cas intimement convaincu ! Lorsque l’on parle avec les athlètes et qu’ils nous disent qu’ils reviendront surement en stage de triathlon, ou en famille le temps d’un weekend, on se dit forcément qu’on participe au développement touristique du territoire. Mais si le swimrun fait la promotion du lac, il ne faut pas oublier qu’au départ c’est surtout grâce au lac et à ses acteurs locaux (Syndicat Mixte du lac de Vassivière et office de tourisme du lac de Vassivière) que le swimrun Vassivière existe et prospère !

SRF : Sang pour sang Sport Vassivière, que signifie ce « sang pour sang », c’est un appel viril de Sylvester Stallone, une promotion au don de sang ?

JV : Haha alors non pour Stallone, et si l’association n’a pas été créé pour la promotion du don de sang elle en fait tous de même la publicité par son nom et c’est tant mieux !

Pour revenir sur l’association « Sang Pour Sang Sport » elle a été créée en 2008, elle a pour but l’organisation d’évènements sportifs avec un double objectif : sensibiliser le monde du sport sur la maladie du lymphome (cancer du système lymphatique) et récolter des fonds par l’organisation d’évènement sportif afin de venir en aide aux patients atteints.  En effet chaque année près de 200 000 personnes meurent d’un lymphome dans le monde. Le lymphome est le 6ème cancer le plus répandu en France et touche toutes les tranches d’âge de la population

SRF : Julien, tu es un jeune organisateur avec une grande épreuve de swimrun déjà, quel conseil donnerais-tu à un organisateur qui voudrait se lancer dans l’aventure swimrun ?

JV : Lors de l’organisation de votre événement vous allez passer par beaucoup d’état différents, excitation, dégout, fatigue, émerveillement ! Les maîtres mots sont motivation, détermination et passion pour ce sport ! (Je te remets en fichier joint le petit guide que j’avais fait, [ndlr ci dessous cliquer sur l’image pour y accéder]).

La communauté des organisateurs est pour le moment assez restreinte en France et on communique pas mal entre nous pour se refiler les bons tuyaux ! J’arrive à être en relation avec un certain nombre d’organisateurs avant leur première épreuve, nous éprouvons à peu près tous les mêmes difficultés. Toutefois quelle récompense le jour de notre manifestation de voir tous ces sourires sur les visages des swimrunners !

SRF : Merci Julien

Les inscriptions pour le swimrun de Vassivière 2018 sont ouvertes depuis mi octobre. N’attendez pas trop pour vous inscrire au vu du succès de l’édition 2017.

https://www.swimrun-sangpoursangsport.com/

https://www.facebook.com/teamswimrunSPSS/

(Interview réalisée entre le 19 et 23 octobre 2017)

Les Gravity Races, à la découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents

Swimrun France : Bonjour Marie, Raphael, on a dépassé la mi-saison sportive pour la discipline qui nous anime, vous n’avez pas chômé avec déjà les deux tiers de vos évènements réalisés. Pouvez-vous nous éclairer sur les épreuves 2017 réalisées déjà ?

Marie Croisille : Nous avons proposé deux Swimruns supplémentaires en 2017, une Gravity Race au Lac du Salagou et une Gravi’Découverte en Ile-de-France. Quasiment 900 coureurs ont été présents sur ces deux courses, ce qui est très satisfaisant pour de nouvelles épreuves !

Raphael Rieumal : L’enthousiasme et le retour des coureurs sont très gratifiant pour le travail de toute l’équipe bénévole. L’étape au Lac du Salagou sera reconduite en 2018 mais celle d’Ile-de-France est encore incertaine pour des questions financières : malheureusement la location de la base de loisirs de Jablines-Annet est très couteuse pour notre petite association (8000 euros). Nous espérons que les autorités publiques soutiendront le projet …

SRF : Vos swimruns en lac sont très différents les uns des autres (lac alpin, en région parisienne, le Salagou dans le sud), cette diversité est elle bien acceptée par les athlètes ?

MC : La découverte d’espace naturelle différent est la ligne directrice de la Gravity Race et est certainement la (notre) philosophie du Swimrun. Avant de proposer une épreuve sportive, les Gravity ce sont des découvertes de paysages, de cultures et patrimoines différents. Heureusement notre choix de proposer des Gravity très diversifiées est acceptée 🙂

RR : Au delà de la découverte d’environnement naturel, nous souhaitons aussi proposer d’un point de vue sportif, des niveaux de courses différents et surtout rendre accessible à TOUS la pratique du SwimRun.

SRF : Vous êtes le 1er circuit français (création en 2016) de swimrun, avez-vous vu une évolution dans le niveau, le nombre, le profil des swimrunners ?

RR : Le swimrun étant en pleine croissance, son public évolue forcément … Sur la Gravi’Découverte d’IDF nous avons vraiment ressenti cette évolution : le niveau était très élevé, l’approche et l’ambiance de la pratique très différente que sur les Gravity Race (l’IDF était une Gravi’Découverte = événement pour démocratiser le swimrun). La Gravity race du Salagou était quant à elle dans la continuité de celle d’Annecy sur le plan sportif et humain.

SRF : Le swimrun commence à être plus connu des institutions, notamment avec la délégation de ce sport à la FFTri en début d’année, avez-vous constaté moins de difficultés pour déposer un dossier à la préfecture, ou pour négocier avec les différents acteurs économiques, administratifs ?

MC : Il est vrai que de plus en plus d’acteurs publics et économiques entendent parler du swimrun, ce qui est positif pour le rayonnement de notre pratique sportive. Cette période de transition avec la délégation peut compliquer au contraire nos relations avec les préfectures …

RR : L’enjeu dans les mois à venir sera de trouver un juste milieu entre la préservation des valeurs du swimrun et la création de règles de sécurité fédérales propres au SwimRun (devant être respecter par tout organisateur).

SRF : De nombreux swimrunners se plaignent des prix pratiqués sur les courses en France et à l’étranger, que leur répondez vous en général ? (coût sécurité, ex à donner)

MC : Nous essayons de déterminer le prix le plus juste pour chaque Gravity afin d’au moins faire la balance sur chaque événement. Etant une association notre but premier est de proposer une expérience inoubliable aux swimrunners et de mettre en avant un patrimoine culturel et naturel. Si nous dégageons des bénéfices, ces derniers sont réinjectés dans l’organisation d’autres Gravity 🙂

RR : La sécurité explique en majorité le tarif de certains swimruns. Pour les Gravity nous avons voulu des cadeaux finishers très qualitatifs (Tee-shirt Compressport), ce qui a un coût … Il ne faut pas croire que les partenaires d’une course offrent tout ce que l’on peut voir sur l’événement. La difficulté de la course rentre également en compte car elle fera varier le temps de course, le nombre de secours, les ravitaillements, etc. Ce qui est compliqué aujourd’hui c’est que toutes les organisations n’ont pas les mêmes moyens humains, financiers et logistiques (et n’ont pas les mêmes intérêts et buts) ; il est donc très complexe de comparer le prix de telle ou telle course.

SRF : Ce sera la seconde édition de la gravity race Annecy le 14 octobre prochain, il y aura-t-il des nouveautés par rapport à 2016 ? 

MC : Nous essaierons toujours d’apporter quelques modifications à toutes les Gravity d’année en année. Pour nous c’est un gage de prise en considération des retours des coureurs et de qualité pour le label. Pour le 14 octobre à Annecy, nous avons rajouté des sections natation et modifié certaines zones de Trail 🙂

Petite nouveauté aussi, le « Challenge Natation 1,7 » (certains s’en rappelle je pense…). La dernière natation d’1,7km a été très difficile pour pas mal de Swimrunners, nous avons donc décidé d’en faire un challenge et d’intégrer une partie chronométrée sur cette portion : Les meilleurs nageurs seront ainsi récompensés !

RR : La structuration de nos villages d’arrivée sera vraiment différente à partir d’Annecy : nous souhaitons proposer de véritables villages culturelles, type « sieste musicale », jeunes artistes émergents toute la journée, live painting, activités familiales (initiation à l’escalade, volley, pétanques, food-truck, etc). Venant du secteur culturel, cette nouveauté me tenait à coeur pour essayer de créer un renouveau sur les villages « sportifs » … Nous espérons que cela plaira, dans tous les cas vous êtes tous les bienvenus que ce soit en tant que coureur ou bon vivant sur le village Gravity !

SRF : La saison 2018 se profile déjà, et je suppose que vous avez plein de projets, pourriez vous nous dire si la gravity race fera encore des petits ?

MC & RR : Nous doublons notre quantité de travail pour 2018, nous essaierons de pérenniser Salagou et Annecy et de rajouter d’autres destinations (pas forcement en France). Le projet est aussi d’élargir le label Gravity mais je n’en dirai pas plus, les annonces officielles se feront très rapidement. Dans tous les cas la Gravity restera synonyme de partage, dépassement, patrimoine, découverte et de fun pour 2018 🙂

SRF : Et vous en tant que swimrunner quelles courses vous font rêver ?

MC : J’aimerais franchement essayer chaque course qui existe en Europe ! Certaine sont dans des lieux fabuleux, d’autres avec une ambiance différente, je pense que chaque SwimRun est bon à faire (et fait rêver) !

RR : Ahah beaucoup, mais le temps et le budget nous manque 😉 Nous aimerions vraiment prendre part au swimrun organisée par Marina Ivanova en Russie (Lake to Lake) et un autre dans le sud de l’Europe (course non définie pour l’instant).

SRF : Merci à tous deux

www.gravity-race.com

https://www.facebook.com/gravityraces/

https://www.instagram.com/gravity_race/

 

Dernière préparation pour Cédric Fleureton au Swimrunman de Grenoble avant ÖtillÖ

Dans un peu plus d’une semaine, les championnats du monde de Swimrun vont se dérouler dans l’archipel de Stockholm ( lundi 4 septembre). Dans quelques jours va se dérouler pour la première fois le SwimRunMan de Grenoble (dimanche 27 septembre, Lac de Laffrey), le point commun c’est l’athlète de haut niveau le plus polyvalent du moment : Cédric Fleureton.

Swimrun France : Bonjour Cédric, d’habitude on demande aux personnes de se présenter sportivement mais dans ton cas, les activités dans lesquelles tu excelles sont pléthoriques et tu es déjà bien connu dans le monde de l’endurance. Du coup peut être en introduction, peux tu nous parler de l’année 2017 où tu t’es lancé dans plusieurs championnats du monde ?

Cédric Fleureton : Après 15 ans de triathlon à haut niveau, j’ai ressentie l’envie de couper avec la compétition et le triathlon, mon corps et mon esprit étaient fatigués. J’ai stoppé 3 ans toutes sortes de compétitions et j’ai replongé dans le trail un peu par hasard et sans prétentions. Rapidement j’ai eu de bons résultats mais surtout j’ai repris plaisir à me ré entrainer et faire des courses. J’ai été champion de France trail court 2014, 2015 et 2016, et fin 2016 j’apprenais que j’étais retenu en équipe de France pour les championnats du monde 2017 de trail. Durant l’hiver j’ai eu une blessure à l’ischio-jambier, la marque BIANCHI m’a prêté un bon vtt et j’ai donc fait quelques sorties vtt pour compenser le manque de course et jouer sur les transferts. Les sensations étant bonnes, l’idée de refaire un peu de triathlon version Xterra (nat/vtt/trail) en 2ème partie de saison a germé dans ma tête et je me suis fixé comme objectif de refaire les championnats du monde Xterra à Hawaï en octobre prochain. Course que j’ai faite 10 ans plus tôt mais qui s’est mal terminée puisque j’ai cassé ma chaine alors que j’étais en tête de course. J’ai fait l’annonce de mon retour au triathlon sur les réseaux sociaux et quelques semaines après mon ami David Hauss me proposait de prendre part à l’aventure Ötillo avec lui. Je n’ai pas réfléchi longtemps et c’est devenu mon 3ème objectif de la saison.

SRF : Comment as-tu connu le swimrun et qu’aimes tu dans ce sport ?

CF : Avec un certain Jean-Marie et François Xavier ;-). Une invitation informelle dans les calanques de Cassis un été de 2015. J’ai adoré de suite ce sport, jouer avec les éléments et être au plus près de la nature ça me fait kiffer. Ça faisait longtemps que j’imaginais dans ma tête une formule où je pouvais parcourir une distance en traversant des étendues d’eau, et là je le concrétisais c’était fantastique !

SRF : Avec David Hauss vous faites une équipe très compétitive, il reste à accumuler de l’expérience, comment vous y prenez vous ?

CF : Sur le papier en effet on a tout pour être très compétitif, après il faut rester humble par rapport au fait que ce sport requière beaucoup d’expérience. Je pense qu’il faut le prendre comme un sport à part entière et non comme l’enchainement de portions de course et de natation. Pour l’expérience c’est simple on est au niveau 0. Omis de nombreuses années de pratique en sports d’endurance et enchaînés, associé à une solide connaissance de nous-même on part de rien. ÖtillÖ sera notre baptême du feu.

SRF : Avez-vous le temps de vous entrainer ensemble malgré vos emplois du temps surchargés ?


CF : La seule chose qu’on a pu faire ensemble c’est un test matériel et quelques images en action pour France 2. David étant encore engagé dans pas mal de triathlon et trail, moi en trail et bossant en temps plein on n’a pas eu l’occasion de se tester ensemble sur la discipline.

SRF : C’est bientôt l’OtillO (4 septembre), quelle va être votre état d’esprit à l’abord de cette première participation ?

CF : On est tous deux compétiteurs dans l’âme, on prendra le départ pour représenter au mieux nos couleurs comme on l’a toujours fait mais il est vrai qu’on part un en terrain inconnu, ce sera excitant 😉

SRF : Le Swimrunman de Grenoble est pour toi un vrai test de matériel, sur quelle distance t’es tu engagé ?

CF : Je fais le format sprint, ce sera un test et une prise de repères.

SRF: merci Cédric

http://www.swimrunman.fr/grenoble/

http://otilloswimrun.com/races/otillo/

Crédit photo : Akunamatata (extraites de la traversée Cassis Luminy aout 2015)

Stéphane et Jean Nicolas les vieux neptuniens sur le toit du monde – ROTW

Stéphane et Jean Nicolas ont vécu une aventure hors du commun dans le monde du swimrun en allant au « Roof of the world » swimrun, littéralement « le toit du monde ». Un swimrun situé à une altitude de près de 3900 m au Lac Karakul, Tadjikistan. Conditions extraordinaires évidemment, mais ce ROTW c’est aussi un voyage qui va bien au delà du sport. Si la géographie façonne la course, elle polie la culture et charpente les peuples, c’est aussi cela qui a fait briller des yeux de nos deux frenchies.

Swimrun France: Bonjour Stéphane et Jean-Nicolas dit les « vieux Neptuniens », tout d’abord pouvez vous nous faire une courte présentation ? Et surtout pourquoi les « vieux Neptuniens » ?

Jean-Nicolas Mehr : je fais de la natation depuis que j’ai 5 ans et de la compétition depuis que j’ai 10 ans. Mon père était militaire donc j’ai beaucoup voyagé en France et à l’étranger ce qui m’a fait découvrir d’autres sports, j’ai même joué au rugby à 7 à Mayotte. Après un diplôme d’ingénieur et un master en finance, je suis monté à Paris pour travailler. C’est pourquoi depuis 2010, je nage au Neptune Club de France et depuis 2011 je participe aux compétitions Masters. Le nom de notre équipe vient de là, en 2016 avec Stéphane nous avons participé à l’Otillo Engadin et il fallait trouver un nom d’équipe. Vieux pour masters et Neptuniens pour Neptune Club de France.

Stéphane Jay : Je suis nageur au Neptune Club de France depuis 7 saisons, au départ pour me perfectionner aux longues distances eau libre du triathlon mais j’ai vite été piqué au jeu des championnats Masters. J’ai pratiqué par ailleurs la CàP et le triathlon amateur pendant de  nombreuses années (semis et marathons, ironmans). J’ai découvert plus récemment le trail et l’ultratrail, un peu marre de l’asphalte et surtout goût prononcé de la nature sauvage et des nouveaux défis. J’ai deux Diagonales des fous à mon actif (2015,2016 et je prépare ma troisième édition en ce moment dans les Pyrénées, après les cîmes Tadjiques. Avec la natation Eau-Libre et le Trail quoi de plus logique que de pratiquer le Swimrun, nouvelle discipline à partager entre amis, et que nous pratiquons dans des endroits toujours superbes.

SRF : Vous avez participé à l’épopée du swimrun ROTW (Lac Karakul, Tadjikistan) qui a eu lieu entre le 24 et 29 juillet, quel est le dosage entre aventure, performance, inconscience qu’il faut pour s’y lancer ?

JNM : Épopée c’est le bon mot! Pour moi le dosage c’était 80% aventure, 20% performance et 0% inconscience. Ma principale motivation pour aller à Karakul était de couper complètement avec le quotidien, de sortir de ma zone de confort. Le swimrun n’a été qu’un prétexte pour l’aventure. Je n’avais jamais été aussi haut de ma vie donc pour moi la performance se situait là, voir si j’étais capable de m’adapter, de tester mes limites aussi. Je n’y suis pas allé pour battre des records mais pour prendre du plaisir. Je ne pense pas que l’on puisse parler d’inconscience, certes l’aventure est unique et sort des sentiers battus mais que ce soit d’un point de vue de la sécurité ou de la faisabilité de l’épreuve nous avions des garanties et Tony nous avait prévenu donc nous savions dans quoi nous nous lancions.

SJ : Aventure magnifique, inattendue, inouïe avec  0% inconscience, c’est évident. Après, il est vrai que l’Aventure à 100% a été composée de belles découvertes, de rencontres, de la préparation de notre swimrun jusqu’à l’épreuve.

SRF : Le coté logistique est déjà un entreprise en elle-même d’après votre récit, auriez vous des conseils à donner aux frenchies qui souhaitent s’y rendre ?

JNM : la première chose est de contacter Tony, il connaît très bien la région et organise les voyages parfaitement. Ensuite il faut savoir que le voyage prend du temps pour arriver à 3900m à Karakul. Il y a deux possibilités : en 14j depuis Douchanbe ou en 4/5j depuis Bishkek. L’acclimatation est vraiment importante, pour ne pas être malade pendant une semaine une fois à Karakul. Nous avions pris Pegasus Airlines pour nos voyages en avion et ils ont de bons appareil même en vol intérieur (ma principale crainte était d’avoir un Antonov à hélices de l’aire soviétique pour les vols intérieurs). Un conseil aussi si vous avez le temps, apprenez quelques bases de Russe, ça facilitera énormément la communication sur place.

SJ : Le voyage est très facile malgré tout, sauf peut-être si vous n’êtes jamais sortis de nos frontières européennes. C’est un grand voyage, dans des paysages superbes, hors zone de confort comme le dit JN. Apprendre quelques rudiments de Russe s’avèrera utile dans ces régions qui s’ouvrent au tourisme.

SRF : Outre la barrière de la langue se greffe la délicate question de l’acclimatation à l’altitude en mode trail et natation, le lac Karakul culmine tout de même à 3600 m, qu’avez-vous constaté à votre niveau ? (maux tête, essoufflement, insomnie etc..) Des conseils à donner ?

JNM : (3900m en fait pour le lac et le village de Karakul). En ce qui concerne l’acclimatation, nous avions choisi de faire deux nuits à 3600m avant d’aller à Karakul. Je n’ai pas ressenti de maux particuliers à part un essoufflement rapide à l’effort au début. Cependant au bout de 24h, l’essoufflement était moins important et même si je n’avais pas les mêmes capacités respiratoires je pouvais courir sans gêne. En ce qui concerne la natation, je n’ai ressenti aucune gêne particulière surtout que nous n’avons jamais fait de sprints dans l’eau donc pas d’essoufflement. Au cours du voyage, on nous a conseillé de boire du thé vert pour aider contre les maux de l’altitude et même si je n’étais pas spécialement convaincu, je l’ai fait et tout s’est très bien passé.

SJ : J’ai déjà voyagé à de telles altitudes, principalement dans l’Altiplano. Pour atteindre 4000m, il est préférable de monter par paliers pour éviter le mal des montagnes. Chacun réagit très différemment, certain y échappe, d’autres ont des violents maux de têtes, parfois même dangereux. J’ai eu une migraine au réveil à Sari Tash à 3600m, rien à la passe à 4200 en montagne, des petits flottements parfois à Karakul. Le thé est excellent, principalement pour l’hydratation, il faut beaucoup boire en altitude. Pendant l’effort de la course, j’ai eu quelques difficultés à reprendre mon souffle pendant les transitions après avoir nagé encordé avec mon binôme, aucun souci pour la course et marche rapide pour escalader les obstacles en revanche.

SRF : Vous y êtes allé pour le swimrun bien sûr, mais le ROTW c’est plus qu’un SR, n’est ce pas ? (une anecdote sur vos actions avec l’école)

        JNM : Effectivement nous sommes partis pour faire un swimrun mais finalement ce n’était qu’une demi-journée au milieu des 6 jours passés à Karakul. Nous avons découvert sur place que les bénévoles de l’organisation avaient mis en place un programme d’aide à la population locale à l’école du village et que nous étions les bienvenus pour aider également. Ce qui me revient à l’esprit en premier c’est le samedi, le lendemain du swimrun. Les organisateurs avaient prévu de faire un riz pilaf pour tout le village, nous nous sommes alors retrouvé à couper les légumes et trier le riz et tous les villageois sont venus nous voir faire car visiblement ils ne s’attendaient pas à nous voir là. Ça a été un très beau moment de partage.

SJ : Autre anecdote, notre participation au cours d’anglais où les petits villageois nous ont « adoptés » et considérés immédiatement comme des élèves lambdas, en nous posant des questions. Puis, il y a eu l’atelier de confection des « chevaux de bois » avec des chaussettes, de la laine, du fil et des aiguilles, des manches de pelles et nous étions parés pour un match de polo-basket dans la cours de l’école. Les petits moments d’apprentissage de quelques petits tours de magie a aussi été un bel instant.

SRF : Pendant la course, d’après votre compte rendu on a l’impression que le chrono cède la place à l’expérience du moment présent, à l’entraide ?

JNM : La course a été très particulière pour plusieurs raisons. Nous avions décidé de rester les deux équipes ensemble car les suédois n’étaient pas très bons nageurs et nous avaient demandé de les aider sur les parties nagées en s’encordant avec eux. De plus Stéphane et moi ne connaissions pas le parcours donc nous devions rester avec eux. En effet le parcours avait été établi sur carte et nous l’avons adapté au fur et à mesure de la course en particulier sur l’île où personne n’avait pu se rendre avant la course. Il n’a jamais été question de chrono mais uniquement de profiter des paysages magnifiques ensemble.

SJ : C’est dans l’esprit de notre sport : l’aventure à deux d’abord, mais aussi avec les autres binômes. Ici, il s’agissait d’une première. Nous étions deux binômes. Chris a préparé cette course « sur plan » pendant deux ans, a pu effectuer deux demi-journées de reconnaissance avec Maja pour définir au mieux la plus part de la course, mais des zones d’ombre persistaient, notamment le passage sur la grande île. Nous avons mélangé nos équipes pour ne plus en faire qu’une ! Nous avons encordés nos binômes, les nageurs devant, nous avons courus après Maja qui maintenait un bon rythme, mais avons surtout savouré cette aventure humaine à 4, 4 nouveaux amis pour longtemps.

SRF : Quel est l’aspect de la course qui vous a le plus marqué ?

JNM : L’environnement dans lequel nous avons eu la chance d’évoluer. Sur les parties course à pied, le paysage lunaire avec uniquement de la roche, les chaînes montagneuses enneigées en arrière plan, les différents bleus de l’eau du lac. Tout était magnifique. Pour la course en elle même, ce qui m’a le plus impressionné ce sont les ascensions avec des pentes vierges de tout chemin et dans lesquelles il faut inventer son propre tracé. Ça ajoute une complexité technique à laquelle je ne suis pas habitué.

SJ : Tout est dit dans les quelques sensations partagées de JN. On ne sent plus l’eau froide, on respire bien, on est dans un cadre majestueux qui fait pousser des ailes, l’excitation de réaliser quelque chose d’unique est là, c’est en train d’avoir lieu et on le fait, on l’a fait.

SRF : Quel est l’aspect hors de la course qui vous a le plus marqué ?

JNM : Sans aucun doute le rapport avec la population locale et en particulier les enfants. Nous avons passé beaucoup de temps avec eux en jouant au football, faisant voler des ailes de kites, participé à des ateliers à l’école avec eux. Beaucoup de moments de partage avec énormément de sourires qui nous ont fait le plus grand bien.

SJ : La communauté de Karakul nous a accueillis les bras ouverts. Avec leur cœur. Nous avons sympathisé et joué avec beaucoup d’enfants. L’un deux, à qui j’avais donné des biscuits chocolatés pour le remercier de nous avoir aidés à remonter le matériel de Polly de la plage à la guesthouse, m’a interpellé le lendemain matin pour m’offrir une petite pomme. Enorme cadeau, il n’y a pas un arbre à cette altitude et les fruits sont une denrée rare. Echange, sourires et bonheur partagé.

SRF : Après une telle course, avez-vous pensé déjà à d’autres Swimruns aventure exotiques ?

JNM : à vrai dire non pas pour le moment. Du moins pas concrètement car c’est sûr que je ferai d’autres aventures exotiques swimrun mais ça reste un concept pour l’instant. Déjà je fini de digérer tout ce que nous avons vécu à Karakul et j’aurai tout l’hiver pour réfléchir à l’avenir.

SJ : Nous ferons d’autres aventures et relèverons d’autres défis, c’est certain. C’est dans les gènes Les Vieux Neptuniens. Pour battre ce record de Swimrun en altitude il reste un lac navigable plus haut que Karakul. En plaisantant avec Chris, notre aventurier inventeur, nous avons déjà évoqué ensemble un challenge sur les îles du lac Titicaca… Qui sait ? …

https://www.facebook.com/ROTWSwimrun/

Le récit très complet des vieux neptuniens est ci dessous

http://www.mehr.fr/lesvieuxneptuniens/CR_ROTW2017.html

 

Le Swimrun dans Sportstratégies

Le décollage d’un sport en France est toujours un moment particulier, c’est à ce moment que se cimente les valeurs, les traditions d’un sport. Peggy Bergère (@pegbergere), journaliste et ancienne athlète de haut niveau s’intéresse de près à ce sport outdoor tendance puisqu’elle a même mouillé  le maillot sur le swimrun de la cote vermeille avec Stéphanie Cano (ancienne capitaine de l’équipe de France de Handball). Peggy est l’auteur déjà de plusieurs papiers dans l’équipe, et là elle décrypte pour nous le phénomène swimrun dans les pages de Sportstratégies.

Swimrun France : Bonjour Peggy, peux tu te présenter brièvement ?

Peggy Bergère : Je suis une ancienne sportive de haut niveau… de hockey sur gazon. Après une vingtaine d’années de carrière dont 10 en équipe nationale et un an en Hollande, LE pays du hockey,, j’ai stoppé net mon parcours sportif en 2006 pour me consacrer à ma carrière professionnelle de journaliste à L’Equipe.fr. Pendant une dizaine d’années, j’ai privilégié le travail au sport et quasiment stoppé toute activité sportive. Je ne m’y suis remise que très récemment en partant du niveau zéro. Pour moi, cela reste aujourd’hui très compliqué de me voir « ramer » en course à pied alors que j’avais un bon niveau étant plus jeune, mais le principal reste « de bouger et faire quelque chose ». Au niveau professionnel, je suis co fondatrice d’une agence de communication dédiée au sport qui s’appelle Plein Zoom (www.pleinzoom.com). Avec mon associé fondu de sport lui-aussi (Pascal Boutreau) et adepte des courses ultra (et ex Grand Reporter à L’Equipe), nous sommes spécialisés dans le sport et créons des contenus pour la presse, les événements, les fédérations… Nous intervenons notamment sur toute la partie stratégique et digitale avec des contenus allant de la rédaction aux supports vidéos. Tous les deux sommes amoureux du sport, de ses vertus, ses rencontres, ses émotions…

SRF: Tu as participé en tant que concurrente mais aussi en tant que journaliste au Swimrun de la Cote Vermeille 2017 (la moyenne distance). Comment cela s’est-il passé ? As-tu appris des choses que tu n’avais pas anticipées ?

PB : Pour commencer, cela a été une nouvelle expérience… géniale ! Je connaissais le Swimrun pour être allée accompagner des amis à Cadaquès l’an passé, mais sans plus… J’ai découvert un site, une discipline qui m’a donné envie, sans en connaître réellement les codes. Je m’y suis intéressée de plus près en rencontrant Jean Marie Gueye au Marathon des Sables en avril dernier, où je travaillais comme journaliste pour L’Equipe Ilosport, Sports Stratégies et le magazine les Sportives. Nous avons échangé, et voyant la discipline émerger de plus en plus en France, je me suis dit qu’il y avait des histoires à raconter, ne serait-ce que celle de l’arriver du Swimrun en France… Par rapport au Swimrun de la Côte Vermeille, j’ai été contactée par Hélène Tzara via Sylvain (Rousselat, un des co-organisateurs) pour rédiger des papiers. L’attrait croissant pour l’activité en France m’a offert la possibilité de rédiger des articles pour Ilosport… à condition d’y participer. J’ai eu la chance de pouvoir m’aligner en binôme avec une ex championne du monde de handball (en 2003, Stéphanie Cano), toujours en possession de réelles capacités physiques, aussi bien sur terre qu’en mer… Et heureusement ! Community Manager pendant le tournoi de tennis de Roland Garros, je n’ai pu m’entrainer pendant 3 semaines, et suis arrivée sur la Côte Vermeille avec pas grand chose dans les bras ni dans les jambes. La longe m’a sauvé la vie (et je n’exagère presque pas !). Elle a clairement permis de nous niveler : particulièrement adepte de l’effort physique, elle a pu « s’arracher » et se dépenser comme elle a voulu, là où moi j’ai misé sur mes « restes », bien insuffisants pour clore la distance imposée (24 km). Ce « détail » m’a particulièrement marquée. Avancer en binôme est un énorme plus, pendant et après la course… Ca a été génial de partager les galères et les bons moments ensemble, de franchir la ligne d’arrivée ensemble et encore aujourd’hui de reparler de cette aventure, car il s’agit d’une réelle aventure…

SRF: Quel potentiel vois tu dans ce sport très jeune encore ? En quoi se diffère t-il d’autres sports d’endurance outdoor ?

PB : Il y a tout un coté sport nature dans des endroits privilégiés qui est top ! Se retrouver à nager au dessus des poissons, dans de l’eau cristalline avec des fonds marins à couper le souffle relève du bonheur. Courir en milieu naturel avec des vues de malades est tout aussi prestigieux. La difficulté physique est remplacée par ce partage, cette beauté… La compétition existe, mais à son niveau. Je veux dire par là que vous pouvez autant vous aligner pour gagner, que juste pour les yeux. Que vous pouvez être amenés autant à côtoyer des athlètes olympiques (Carole Peon et Jessica Harrison sur la Côte Vermeille, victorieuse de la Moyenne), que des personnes lambda… Tout le monde se mélange et partage un truc dans un lieu unique. C’est une autre façon de découvrir des territoires, de profiter des lieux… Et avec une petite bière en passant la ligne d’arrivée, c’est encore meilleur. Pour tout cela, merci !

http://www.sportstrategies.com/

2017 Swimrun Equipment Test – les combinaisons

Les combinaisons sont incontestablement une pièce maitresse dans la panoplie d’un swimrunner tant à l’entrainement qu’en compétition. Elle doit pouvoir assurer une bonne flottaison, une isolation thermique dans l’eau mais aussi être adaptée à la course à pied en ouvrant les fermetures dorsales ou ventrales, voire carrément en baissant la partie supérieure  de celle-ci au niveau des hanches durant des conditions de chaleur importantes. C’est une différence majeure comparée aux combinaisons utilisées pour l’eau libre ou triathlon, elles, uniquement destinées à être portées en natation. Une bonne combinaison de swimrun doit s’ajuster au corps correctement, or nous avons tous différents besoins. Car nous sommes bâtis d’une certaine façon, c’est-à-dire en terme scientifique nous présentons des différences morphologiques : mésomorphe, endomorphe ou ectomorphe (voir graphique ci-dessous)

Fin mars World of Swimrun (WoS), Swimrun France (SRF) et Swimrun Germany (SRG) se sont réunis à Marseille, France pour réaliser le 1er test d’équipement à l’échelle internationale. Pendant 4 jours, l’équipe a testé et discuté de produits issus de près de 40 marques d’équipement sportif, parmi elles, 10 combinaisons différentes de swimrun. À l’inverse des conditions habituellement calmes de la Calanque de Sormiou, Marseille, le test s’est déroulé sous des conditions climatiques extrêmes, pluie, vents tempétueux, vagues importantes, fort courants puis enfin du soleil.

Puisque la plupart des courses ont un ratio de natation inférieur à 20%, la sensation à pied et les qualités de la combinaison en mode running sont vraiment essentielles. La difficulté de comparer les combinaisons entre différents modèles vient du fait que certaines sont livrées entières (couvrant l’extrémité de jambes) alors que d’autres sont à la base coupées au dessus du genou (e.g. shorty). Toutefois comme la majorité des swimrunners finissent par couper leur wetsuit, notre test a pris le parti de traiter tous les modèles comme s’ils avaient une version coupée au genou.

Chaque item a été testé par l’équipe et noté sur un score entre 1 (mauvais) à 5 (excellent), et s’il y avait une caractéristique ou une fonctionnalité notable, un commentaire écrit a été consigné lors du test.

glossaire:

Overall evaluation score : note globale

Brand : Marque, fournisseur

Year Launched : Année de sortie

Approximate price : Prix moyen

Material used : Matériau utilisé

Zipper placement : Position des fermetures zip

Pull-cord attachment : Point d’ancrage pour tractage

Whistle : Sifflet

Pocket displacement : position des poches

Reinforced buoyancy : flottabilité renforcée

Gender : Sexe

Vainqueur au général

Même si les modèles testés visent des marchés niches différents, le vainqueur au général s’est révélé être la combinaison 2017 Colting SR02. Sa souplesse, son hydrodynamisme et ses qualités en course à pied ont fait d’elle la combinaison favorite de l’équipe. La médaille d’argent revient à la nouvelle 2017 Orca RS1, coupée court aux jambes et un sentiment globalement positif en nage et en course à pied. La dernière à être sélectionnée dans le trio de tête est la nouvelle marque entrante sur le marché : l’Utter Pan. Néanmoins, ce choix s’est fait de très peu tant les autres combinaisons présentes dans le test avaient une note globale très proche.

 

 

 

 

 

 

Colting SR02 : la gagnante du test et la favorite de l’équipe des testeurs

Durant le weekend de test, la Colting SR02 est vite devenu l’élue de l’équipe. Elle était non seulement la plus rapide dans l’eau, mais elle était celle qui procurait les meilleures sensations en course à pied. Cette combinaison possède des panneaux de matériau à l’élasticité spécifique course à pied derrière les cuisses et au niveau des fessiers. Des panneaux de 1.5 mm sont situés sur le coté des cuisses afin de procurer un degré de liberté maximale aux jambes. L’ajustement général est excellent et la Colting SR02 fait presque office de seconde peau. Même si la conception de la Colting est destinée à toutes les corpulences, le morphotype endomorphe (voir schéma plus haut) aura la sensation d’être comprimé au niveau du torse étant donné que les 4 poches devant ont tendance à limiter la flexibilité du matériau. Toutefois, les fermetures avant et arrière autorisent facilement le pliage du haut de la combinaison autour des hanches pour une meilleure ventilation. La Colting a offert la meilleure flexibilité au niveau des épaules lors du test de nage et n’a pas engendré d’irritations au niveau du cou (un défaut assez commun pour de nombreuses combinaisons). Les panneaux d’épaisseur importante sur le devant des cuisses apportent une flottabilité accrue exemptant l’utilisation d’un pull-buoy. Les 4 poches antérieures nous ont semblé un poil petites, deux d’entre elles ne disposant pas de velcro de fermeture dans l’optique de faciliter la sortie ou entrée de matériel.

La Colting est vendue avec jambes longues, mais la plupart des gens vont en couper le bas,  et les garder comme manchons, voire les utiliser avec les Swimcalf Colting (chaussette longue avec coussinet antérieur intégré de 14 ou 15 mm d’épaisseur)

 

ORCA RS1 : un restyling 2017 à succès

La nouvelle Orca RS1 attire l’œil c’est certain, et l’équipe a apprécié son design et couleurs. Cette combinaison intègre des nouveautés par rapport au modèle 2016 qui comportait deux zips, jambes courtes, manches longues et un panneau de 6 mm sur le devant des cuisses pour accroitre la flottabilité. Le modèle 2017 Orca RS1 débarque avec jambes courtes, manches longues amovibles et sans fermeture zip arrière. À l’utilisation le retrait et enfilage des manches s’est bien passé, une fois les manches passées aucune entrée d’eau n’est à déplorer entre la combinaison et les manches amovibles. C’est une option très intéressante lors des passages en eau plus ou moins froide. La combinaison peut toutefois paraître serrée pour les personnes ayant des bras forts. Les désormais 10 mm de néoprène (au lieu des 6 mm de 2016) sur les cuisses engendrent une bonne flottabilité et position dans l’eau. La plupart des athlètes utilisant l’Orca pourront probablement se passer du pull-buoy tant la flottabilité est de celle-ci est notable. Le comportement de la Orca RS1 en mode running s’est révélé meilleur qu’anticipé,  la surépaisseur de néoprène ne nous a pas dérangé. L’équipe a néanmoins fait part de son manque de zip au niveau du dos. Sans ce zip arrière il est pratiquement impossible de se dévêtir,  replier la combinaison sans aide extérieure. Le zip avant a semblé un peu fragile à l’instar du modèle 2016. La taille de la poche arrière est bonne et nous avons apprécié le détail de la poche avant pour y placer le sifflet. Bien vu !

 

UTTER PAN : une nouvelle marque se lance dans le grand bain du Swimrun

Cette nouvelle marque française (Utter Pan) vient de lancer sa toute première combinaison de swimrun. L’équipe a eu le sentiment que c’est un bon produit d’entrée de gamme qui combine de nombreuses options habituellement présentes sur des produits haut de gamme. Lorsque l’on associe cette combinaison (fournie déjà coupée aux genoux) avec les manchons Utter Pan (vendus à part) la position et flottabilité  dans l’eau sont bonnes.

L’épaisseur plus fine de la combinaison au niveau des épaules forunie une flexibilité adéquate lors de la nage. Les panneaux bleus lui donnent aussi une esthétique et un touché distinctif. La partie renforcée inférieure, nous a semblé plus robuste et résistante à l’usure et au déchirement. Deux importante poches intérieures autorisent le stockage de matériel ou d’alimentation, néanmoins la poche extérieure à l’arrière pourrait être améliorée : le zip est un peu trop étroit pour un accès facile. Bien qu’elle possède un zip avant et arrière, l’Utter Pan n’est pas au même niveau en termes de ventilation que d’autres combinaisons avec deux zips. La partie supérieure est plus difficile à enlever prinicipalement dû à un zip arrière plus petit car bridé par la place tenue par la poche arrière. La combinaison est confortable en mode course à pied, toutefois combinée avec les manchons au mollets, nous avions la sensation qu’elle était un peu lourde.

Mako : nouvel entrant dans le marché du swimrun pour une marque renommée du triathlon

La marque Mako est plus connue pour ses combinaisons hyper rapides de triathlon. Elle vient de sortir sa première combinaison de swimrun qui a été vraiment appréciée par l’équipe comme un bon produit d’entrée de gamme. La combinaison comporte une majorité d’options que l’on trouve sur des produits haut de gamme. La combinaison vient avec les jambes courtes et manches longues, une configuration adaptée dans la plupart des cas. Durant la nage, la Mako procure une bonne sensation de glisse avec une bonne liberté de rotation des épaules. Les swimrunners débutants auront besoin probablement d’ajouter un pull-buoy pour plus de flottabilité et une position dans l’eau plus élevée.

La Mako présente des panneaux avec une élasticité importante dans des zones clés pour augmenter la flexibilité. Nos avons aimé la bonne répartition  de ceux-ci lors de la course à pied, permettant le mouvement de la foulée. Le matériau renforcé à l’arrière inférieur du dos devrait aider à la longévité. Les deux grands zips avant et arrière facilitent la ventilation et le pliage de la combinaison autour des hanches. La capacité des poches nous a semblé un peu limitée, une intérieure et une extérieure. La poche extérieure étant un peu trop dure à atteindre pour des swimrunners manquant de souplesse du haut du corps.

Huub Amphibia : une ancienne favorite

La Huub Amphibia, depuis longtemps, jouit d’une fameuse renommée et fut la combinaison favorite de nombre d’entre nous et ce fut encore le cas au cours du week end de test. L’Amphibia, lors de sa sortie en 2016, a eu un fort succès populaire et elle est encore très compétitive avec son design sobre, équilibré et ses nombreuses options. Même si cette combinaison n’était pas aussi rapide que certaines autres, elle avait une bonne sensation de nage et une bonne liberté de mouvement des bras. Cependant la plupart des athlètes auront besoin d’y ajouter un pull-buoy dans le but d’améliorer la flottabilité, surtout si on décide de couper l’Amphibia au dessus des genoux. La force de cette combinaison vient lors de la course à pied où sa flexibilité inférieure fait la différence. Courir avec la partie supérieure de la combinaison au niveau des hanches se révèle très bonne notamment en terrain technique. Quelques testeurs ont eu des irritations au niveau du cou, mais ce modèle de 2016 est encore compétitif et pertinent.

 

 

Camaro – La combinaison la plus flexible du marché

Quand Camaro a sorti l’Utö Pulsor 2.0, les concepteurs ont pris une direction très différente du reste de la compétition. Avec seulement un très grand zip en biais sur le devant, un type de néoprène extrêmement flexible, ce fut le premier wetsuit complet où l’on pouvait courir confortablement dedans. Cela a inspiré les développements actuels des autres combinaisons sur le marché avec l’intégration de matériaux élastiques sur les parties inférieures pour la course à pied. Ce fut aussi la première à proposer des poches au niveau du bas du dos. L’équipe a particulièrement apprécié la capacité de l’Utö Pulsor 2.0 en course à pied. Elle est hyper flexible et l’ajustement est très confortable aussi bien en course à pied que dans l’eau. C’est une combinaison que l’on n’a pas besoin de couper, le matériau apporte une bonne flottabilité, toutefois l’équipe a eu encore le sentiment d’avoir besoin d’y adjoindre un pull-buoy.

 Dans l’Utö Pulsor 2.0, on ne surchauffe pas autant comme les autres combinaisons. Néanmoins, nous avons eu des difficultés à la serrer complètement au niveau du cou lors de la natatation et l’aimant placé sur le devant n’a pas remplit sa fonction comme prévu. Les deux poches dans le dos se révèlent facilement accessible et disposent de suffisamment de poches pour stocker les besoins en hydratation et en alimentation.

 

 

Head Rough – La grande « tout terrain »

La Rough fut une des premières combinaisons sortie sur le marché. La seule amélioration apportée pour cette année 2017 fut une amélioration au niveau du cou afin d’éviter les irritations. L’équipe a particulièrement aimé la polyvalence de ce modèle Head, et surtout le sentiment de tenir une combinaison quasi indestructible. La combinaison offre une très bonne possibilité de ventilation lors de la course à pied mais le matériau robuste vient avec un impact négatif sur la vitesse de nage.  La combinaison est très facile à couper. Zip avant et arrière, flexibilité du matériau rend le déshabillage au niveau des hanches facile. Les deux petites poches intérieures sont assez grandes pour accueillir des flasques ou gels. Devant et derrière se trouvent un anneau pour y attacher une corde de traction. L’équipe a senti que ce modèle serait pertinent comme combinaison de rechange ou en back up lors de compétitions ou entrainements. Elle est très visible dans l’eau c’est pourquoi elle reste le meilleur choix en eau libre lorsqu’il y a beaucoup de circulation en mer ou lac. Vous avez là un produit très polyvalent et adapté pour tous types de sports aquatiques.

 

 

Head Race – la meilleure combinaison globale de la marque Head

À l’origine lorsque la Head Race fut lancée, elle était clairement destinée à occuper le tiers supérieur de la gamme des wetsuits. À l’époque c’était probablement la meilleure combinaison sur le marché. Cependant, avec les derniers développements, elle est devenue un choix privilégié dans la moitié supérieure du marché. L’équipe a reconnu qu’elle était globalement un bon produit, avec un bon ajustement à la fois en termes de running et de nage. Elle est assez flexible des épaules autorisant une bonne rotation des bras, avec des panneaux supplémentaires renforçant la flottabilité, elle maintient le corps dans une position haute dans l’eau. Toutefois, nous sommes tombés d’accord sur le fait qu’il faudrait couper la combinaison à hauteur de genoux pour bénéficier d’une meilleure flexibilité en course à pied. La Race constitue le meilleur compromis de la gamme Head, elle est censée satisfaire aussi bien les débutants que les plus expérimentés. Notons que plusieurs membres de l’équipe ont constaté des irritations au niveau du cou, et que le néoprène en surface nous a paru assez fragile lorsque nous descendions sur nos fesses dans les parties trails un peu techniques, ou autour de la cuisse, là où les cordes du pull-buoy de swimrun s’enroulent.

 

 

Head Aero – un vrai diamant pour certains

L’Aero a été une des favorites parmi de nombreux swimrunners depuis sa sortie sur le marché fin 2016. Avec une partie en matériau néoprène située sur la moitié supérieure du corps et une partie élastique « stretch » sur la moitié inférieure, cette combinaison apporte des sensations de swimrun à un autre niveau. Un autre choix fut l’option d’enlever la fermeture zip dorsale, laissant l’impression que l’on n’enlève pas cette combinaison, on ventile seulement avec l’ouverture frontale. C’est un choix attractif  pour des courses sprint. Ceci dit le compromis est que pour enlever le haut, il y a besoin de l’assistance de son partenaire, et que le matériau très élastique de la partie basse vient avec une perte d’une cruciale flottabilité. L’équipe fut obligée de compenser en utilisant des pull-buoy plus grands afin d’avoir une position adaptée dans l’eau. Néanmoins, l’impression globale de l’équipe de testeurs est positive, l’Aéro est probablement faite pour certains types de personnes avec certains types de course.  Plusieurs testeurs, s’ils reconnaissent un bon ajustement avec la partie supérieure en néoprène, ont été surpris par le manque d’ajustement au niveau des jambes, avec l’apparition de plis au niveau du genou et de la cheville, spécialement après avoir sauté dans l’eau les pieds d’abord auparavant.

 

Head Base – La combinaison de swimrun « historique »

La Head Base fut la 1ère vraie combinaison « historique » de swimrun à faire son apparition sur le marché, et les premiers batch de production ont eu souffert de soucis de matériau ou de couture. À l’heure actuelle, la Base est une bonne combinaison d’entrée de gamme pour débutant. Les testeurs ont trouvé le matériau utilisé par la Base un peu lourd. Les tailles ont semblé être choisies de manière  insuffisamment précise, et certains membres ont eu du mal à trouver la taille avec le bon ajustement. L’usage en course à pied et natation est ok, elle dispose d’un zip avant et arrière qui offre une bonne ventilation, c’est un produit suffisamment bon si vous débutez. Il y a eu quelques irritations au niveau du cou pour plusieurs membres de l’équipe, et le matériau, comme pour l’Aéro nous a paru fragile. Désormais, il y a plein de choix de combinaison dans la même gamme de prix sur le marché.

N’oubliez pas de ranger, pour du stockage longue durée, votre combinaison à l’envers (la partie extérieure lisse retournée à l’intérieure), pliée ou roulée dans une pièce au frais et  à l’ombre. Ne jamais la laisser trop longtemps sur un cintre, particulièrement exposée au soleil ou lumière vive. Faites particulièrement attention à l’effet de rétrécissement de la combinaison entre saisons.

Merci !

Nous tenons à remercier tous les fabricants qui nous ont aidés en nous fournissant l’équipement pour nos tests :

AquaShpere Bagheera * Barracuda * BrooksCamaro Colting Decathlon Garmin Glorify Gococo Head Huub Icebreaker Icebug

Inov-8

La Sportiva Malmsten Merell Mobi * Mugiro Nabaji New Wave Nike Nu Orca Pan Utter Racepaddle

Rando Running Marseille

Restube

Salomon Sony Speedo Strokemakers Suuntoo TYR Vivobarefoot Zoggs Zone3 www.swimrunshop.eu www.wiggle.co.uk

Nous voulons aussi remercier tout particulièrement www.randorunning.com Marseille (Alexandre Terral) de nous avoir aidé pour la logistique, les parents de Fix de nous avoir hébergé et finalement à vous tous swimrunners pour vos échanges et vos nombreuses intéressantes questions. Et n’oubliez pas de tester la combinaison dans des conditions réelles, puisque la seule façon d’ajuster proprement le produit c’est d’aller dans l’eau.

Par des swimrunners – Pour des swimrunners