Swimrun, qu’es aquo?

Création d’une discipline ou évolution de disciplines ?

Face à la nouveauté, la différence, nous avons tendance à classifier et amalgamer le nouveau venu avec quelque chose de connu et d’établi. C’est rassurant devant l’inconnu, c’est pratique pour avoir rapidement des références, mais c’est aussi une tactique de récupération pour ceux s’intéressant uniquement à capitaliser sur une activité qui a le vent en poupe. Le Swimrun, comme nouveau sport à forte croissance, n’échappe pas à ces tentatives. Une question se pose alors : le swimrun est-il simplement une version moderne d’autres activités plus anciennes ou est-ce un nouveau sport à part entière ?

Si l’on considère l’activité physique pure, il est tentant de la décrire comme une « activité enchaînée ». De prime abord, il semblerait que ce ne soit pas une activité unique mais une succession de sections de natation et de course-à-pied. Par conséquent, la grande famille des activités enchaînées, telles le Raid, le Triathlon et l’Aquathlon, serait  a priori une famille d’accueil naturelle. Voyons les similarités et différences de ces activités avec le swimrun.

« On ne voit pas en effet les aquathlètes nager avec leurs chaussures »

gravity-scan-17Certains suggèrent que le swimrun est une série d’aquathlons. Est-ce le cas ? Certes l’enchaînement de natation et de course à pied est commun aux deux activités. Cependant en y regardant de plus près des différences fondamentales apparaissent. Côté équipement, on ne transporte pas en aquathlon son matériel du début à la fin. On ne voit pas en effet les aquathlètes nager avec leurs chaussures, ou utiliser des plaquettes et pullbuoy.

« Une nature au centre de la discipline »

29555641104_ba3337ad11_hLa nature du terrain et la manière dont les sportifs et sportives y évoluent constituent une autre différence. Les distances en aquathlon sont très précisément prescrites par un règlement contraignant. Rien de cela en swimrun. Le swimrun se pratique en pleine nature, et si une île se trouve à 770 mètre du rivage, on ne va pas changer cela. C’est peut-être plus long que dans une autre épreuve, ou plus court.

“le swimrunner s’adapte au terrain”

gopro_scan-26-largeQu’importe, c’est le terrain de jeu que la nature propose. En fait, la distance n’est peut-être 770m que deux fois par jour s’il y a de la marée ; un concurrent peut potentiellement arriver deux heures après un autre et nager plus, ou moins, avec ou sans courant. Cela fait partie du jeu, la nature ne s’arrête pas pour le swimrunner : le swimrunner s’adapte au terrain et ses évolutions. Il en découle que l’on ne peut pas non plus prescrire exactement le pourcentage de natation et de course à pied.

Chaque organisateur trace un parcours en fonction du terrain qui l’entoure, en respectant l’environnement et en tenant compte des autorisations des instances locales et de la sécurité. Certaines courses comporteront plus de natation, d’autres moins, laissant l’initiative aux organisateurs. Le dénivelé n’est pas non plus prescrit comme en marathon : on peut avoir un parcours plat ou avec beaucoup de dénivelé ; c’est aussi cela le caractère d’une course.


Être swimrunner, être humble, solidaire et responsable de ses choix

2014 Rockman
En pleine nature, il faut être autonome et responsable

L’autonomie des participants est aussi un élément important du swimrun. La navigation fait partie du jeu : le parcours n’est pas manucuré avec des bouées et balisages tous les 200m. Il faut savoir naviguer et jouer dans et avec la nature en la respectant, pas en la modifiant pour en faire une autoroute. Il n’y a pas non plus de ravitaillement tous les 2 kilomètres et cela ne doit pas constituer une difficulté pour le swimrunner : si vous pensez avoir soif, emportez plus d’eau. Enfin il n’y a pas quelqu’un pour vous tenir la main tous les 100m: il faut savoir prendre ses responsabilités en pleine nature, et le premier secours c’est son binôme, que ce soit en natation ou à pied.

Le dernier point est que l’aquathlon, le triathlon ou encore le trail se pratiquent seuls, alors que le swimrun depuis son origine et dans la quasi-totalité des épreuves se déroule en binôme. C’est une différence fondamentale qui va bien au-delà du simple fait d’être seul ou non. L’association de deux personnes fait que les notions de partage et support mutuel sont essentielles.

Jesper et Mats Andersson
Jesper et Mats Andersson, deux des quatre premiers swimrunners © François-Xavier Li

L’esprit d’équipe n’est pas un vain mot en swimrun ; en cela le swimrun se démarque radicalement des épreuves individuelles. La performance est le fruit d’un effort et d’une expérience commune. Il suffit de lire le nombre de récits de course ou les relations entre binômes vont bien au-delà du simple fait de courir ou nager ensemble. Cette notion de partage et d’amour de la nature forment la clef de voûte du swimrun. Le swimrun et l’aquathlon partagent donc certaines caractéristiques, tout comme le penthatlon moderne, mais le swimrun n’est en aucun cas un patchwork de disciplines rapportées.

Swimrun et Raid aventure, cousins éloignés ?

otillo15-jakobedholm-_8100416-lr-small
L’autonomie c’est aussi transporter tout son matériel

Le swimrun est-il un raid aventure ? Plusieurs points communs existent. Les raids se pratiquent en pleine nature, souvent en équipes et les notions d’entraide, de partage et d’amour et respect de la nature sont au cœur de l‘activité. Les distances et les profils de courses varient en fonction du terrain et les règlements ne prescrivent pas de manière précise et contraignantes les distances, pourcentages, dénivelés etc. Tous ces aspects rapprochent le raid et le swimrun. Par contre les raids peuvent inclure une multitude d’activités telles que course à pied, kayak, VTT, équitation, plus rarement natation et une foule d’autres moyens de déplacements au bon vouloir des organisateurs et du terrain, alors qu’en swimrun deux et seulement deux activités sont enchaînées : course à pied et natation. En raid on a normalement le droit de changer d’équipement : on ne transporte pas son kayak en VTT ! Comme nous l’avons vu, le swimrun se démarque sur ce point et l’équipement choisi et/ou nécessaire est transporté du début à la fin de la course sans possibilité de prendre ou laisser le moindre accessoire. Le raid et le swimrun partagent donc plusieurs points communs, mais les différences sont cependant telles que le swimrun ne s’apparente pas un mini-raid.

Se déplacer et s’adapter au milieu naturel

ÖTILLÖ 2015Nous avons commencé en décrivant le swimrun comme une « activité enchaînée » succession de sections de natation et de course-à-pied. Cependant on peut se demander si c’est vraiment le cas. En effet le but du swimrun est de se déplacer en binôme dans la nature, et il se trouve qu’il faut pour cela passer du milieu aquatique au milieu terrestre. Et c’est bien comme cela que le concept est né en Suède : relier les îles d’Utö et Sandham en passant par un chapelet d’autres îles et bras de mer.

“les mammifères terrestres qui se déplacent sont confrontés à des espaces liquides”

otillo15-jakobedholm-_8100368-lr-smallLe but n’était pas de courir ou nager, ils auraient pu faire cela dans une piscine et autour d’un stade. Non, l’essence du sport est de se déplacer dans un environnement qui comporte une variété de topographies, de terrains, des bras de mers plus ou moins longs, des îles plus ou moins grandes. On se déplace dans le milieu naturel en s’adaptant à ses caractéristiques. S’il y a un tronc qui barre la route, on le contourne, passe par-dessus ou par-dessous. Le but n’est pas d’enchaîner des obstacles ; le swimrun n’est pas un steeple chase suivi d’une natation. S’il y a un rocher, on le grimpe ; le swimrun n’est pas de l’escalade suivi d’une natation. Si un lac est peu profond et boueux, on marche ; le swimrun n’est pas un parcours du combattant ou une course dans la boue. Fondamentalement en swimrun on ne change pas vraiment d’activité : on se déplace en binôme dans la nature par ses propres moyens avec l’équipement qu’on peut emporter avec soi. C’est ce que font tous les mammifères terrestres qui se déplacent et sont confrontés à des espaces liquides : les ours blancs en quête de phoques au pôle nord, les gnous migrant en Afrique, etc. Ils ne font pas des activités enchaînées, ils se déplacent dans la nature par leurs propres moyens.

“le swimrunner serait plus un amphibien”

Transition lac - terre

Dans ce sens le swimrun n’est pas une activité enchaînée mais un déplacement en milieu naturel. Nous redécouvrons peut-être ce que nos ancêtres préhistoriques ont dû faire quand ils se déplaçaient, traversant une rivière qui leur barrait la route, escaladant une montagne qui se trouvait sur leur parcours migratoire. Curieusement le swimrun pourrait être rapproché du Parcours (ou Parkour) en pleine nature, moins les figures de style. Donc si le besoin de classification et rapprochement persiste malgré tout, le swimrunner serait un amphibien, pas un « nageur + coureur ». C’est aussi pour cela que l’expression utilisée par certains « Swim & Run » est fausse.

Le swimrun est un sport unique

En conclusion, bien que des points communs évidents existent entre swimrun, aquathlon, raid et d’autres activités, le swimrun est un sport unique avec ses valeurs et caractéristiques propres. Il doit être reconnu comme tel. Le swimrun est un déplacement en binôme en milieu naturel. Il est important de bien comprendre ses principes fondateurs afin de les préserver durant l’évolution rapide du swimrun, tant en France qu’à l’étranger. Ce sont ces valeurs qui attirent des sportifs et sportives venus de background multiples, du nageur au coureur en passant par les triathlètes, raiders, traileur et bien d’autres encore. In fine, ils et elles, en binômes, se métamorphosent en swimrunners.

François-Xavier Li (Alias ‘Fix’)

Crédit Photo (Akunamatata / Jakob Edholm / Nadja Odenhage / Maryse Le Dantec / François-Xavier Li / Rockman)

Du Raid multisport au Swimrun… il faut se jeter à l’eau !

Simon Marchal vient de l’univers du Raid, avec son binôme Aurore, il nous livre son point de vue sur le Swimrun de la Gravity Race d’Annecy qui a eu lieu le 15 octobre dernier (41 km dont 6 km de natation en lac).

aku_5669-bis

Nager 6 bornes ?! Courir 35 bornes ?! En combi ?!…

C’est ce que j’entends quand je dis qu’en tant qu’adepte du raid multisport je vais m’essayer au Swimrun.

La Gravity race me semble être idéale pour se tester : pas assez plat et pas assez chaud, c’est   PAR… FAIT

 

1 mois avant la course un méli mélo de binômes défile et je finis enfin par trouver ma partenaire, Aurore. La surprise est à son comble, nouveau sport et binôme inconnu.

Après quelques semaines et quelques degrés de moins, je la rencontre enfin vendredi soir sur Annecy pour faire le point sur nos niveaux respectifs et le matériel. Nous sommes sur la même longueur d’onde (sauf que quand elle m’annonce que l’eau demain sera à 15°C j’hésite à la détester mais ce n’est pas de sa faute)

Samedi matin :  7 heures et 8 degrés, nous voilà sur le parking de la plage de départ.

« La plage prend alors une allure de banquise »

aku_5624-large aku_5612-large aku_5636-large

Premier réflexe : c’est quoi une eau à 15 degrés ?! Le bout des doigts trempés dans le lac en guise de thermomètre annonce rapidement le mauvais moment à passer quand il faudra s’y jeter malgré la combinaison et y passer quelques heures aujourd’hui.

Nous nous lançons dans les préparatifs, la doudoune est retirée au dernier moment !

A contrario, l’ambiance, elle, est chaleureuse. Tout le monde se regarde et observe les différentes façon dont certains ont bricolés leur matos pour optimiser les déplacements sur terre ou dans l’eau. Le speaker nous met la pêche et annonce alors 1 minute avant le départ…

La plage prend alors une allure de banquise, nous voilà tous la goutte au nez, serrés les uns contre les autres prêts à en découdre sur un départ en masse dans l’eau. Gooooo !!!!! Comment expliquer ce moment… ? Essayez d’imaginer 300 gugusses sur la même ligne d’un bassin de 25 mètres et armés de plaquettes… Voilà je vous laisse imaginer

aku_5647-large aku_5646-large

Au milieu du paquet il faut juste chercher à conserver sa place et laisser passer ces 800 mètres de machine à laver. Aurore et moi en avons profité pour se perdre de vue, c’est plus rigolo. .. À la sortie de l’eau je l’aperçois déboussolée, elle me cherche partout en combi orange et en bonnet rose…au milieu d’un débarquement de bonnets roses quasiment tous vêtus de combi oranges…

aku_5672-large aku_5671-large

« c’est le panard, le charme du lac d’Annecy opère »

Nous voilà parti pour une session trail de 1100 D+ à parcourir sur 10 kilomètres. Le terrain est technique autant en montée qu’en descente mais les réflexes de raideur sont là, plus c’est le chantier mieux c’est.

gravity-scan-31 gravity-scan-30 gravity-scan-25

La montée se fait dans le peloton, personne ne tente de doubler, les binômes restent groupés. Malgré le fond de l’air frais, l’ascension dans la forêt en combi me fait monter en température, j’en profite pour utiliser les spécificités du matos swimrun et ouvre la combi pour ventiler.

« voilà, la moitié du déniv total est faite ! »

Enfin le groupe s’étire, un belle descente technique nous donne l’occasion de gagner quelques places, alors je lâche les freins et attaque fort. Beaucoup de coureurs marchent sur des œufs et ne connaissant pas le niveau d’Aurore, je prévois de l’attendre en bas mais après quelques coups d’œil dans le rétro je la vois dans mes pas !

La partie fun terminée on réattaque la montée pour le mont Veyrier, la vue promet d’être splendide étant donné l’apparition du soleil en lisière de forêt. 4 km avec 1000 D+ et c’est le panard, le charme du lac d’Annecy opère… A ce moment de la course la même phrase se fait entendre dans le paquet : « voilà, la moitié du déniv total est faite ! »

gravity-scan-50 gravity-scan-63 gravity-scan-68

La descente est très très glissante, d’où l’intérêt de porter une combi renforcée aux fesses et enfin un  monotrace s’ouvre à nous dans l’entrée dans la forêt et laisse place au régal jusqu’au bord du lac.

gravity-scan-73 gravity-scan-78
Nous voici revenu à la plage de départ pour attaquer 1300 mètres de natation. La transition est longue nous prenons notre temps, comme en raid, nous gagnerons du temps sur les prochaines.

Une fois le bout des pieds dans l’eau (ce qui ne s’est pas confirmé longtemps, passée la ceinture…) j’entends encore Aurore me dire : « ah ça va mieux niveau température ! » Je suis saisi par le froid à tel point que j’oublie de baisser mes lunettes, je ferai donc cette nage avec un verre sur deux rempli d’eau glacée.

gravity-scan-94 gravity-scan-90 gravity-scan-89

La cadence est bonne nous nous calons sur un même rythme et sortons  »’frais » de l’eau. L’enchaînement des épreuves n’est pas si déroutant que ça. Courir avec la combi et l’attirail ne me perturbe pas outre mesure et ne semble pas déranger Aurore, preuve que nous avions bien étudié nos leçons de bricolage. C’est reparti pour 10 bornes de plus et environ 500 D+ avec un passage en contre bas des Dents de Lanfon le long d’une parois rocheuse. Comme prévu, c’est la descente qui commence à faire souffrir le cuisses, c’est casse gueule les appuis ont intérêt à être précis et rapides pour éviter aux chevilles de partir. Le ravitaillement de Talloires est le bienvenu. La natation est trompeuse en terme de consommation d’énergie, surtout quand l’eau est froide, le sentiment de faim est moins important que sur des transitions VTT Trail alors un état de fatigue général m’alerte et j’en profite pour m’alimenter en conséquence, voir même trop en misant sur un profil peu prononcé sur les 6 kms qui arrivent qui me laisseront le temps de digérer sans trop de peine.

gravity-scan-108

« je suis alors obsédé par l’envie de sortir de l’eau »

Les 3 premiers kilomètres sont partagés avec Akunamatata (Swimrun France) et sa Gopro. Depuis le temps que je suis ses péripéties sur Facebook et que je m’inspire de ses tuto Swimrun, c’est un honneur d’avoir un finisher de ö till ö avec nous. Pendant que nos cuisses commencent à chauffer et que Aurore prend discrètement son petit coup de barre, JM se fait plaisir et gambade à la recherche de belles images pour le film qui  résumera la GRAVITY race.

gravity-scan-135 gravity-scan-134 gravity-scan-133

Une barre de céréales plus tard, AURORE refait surface, nous avons parcouru plus de la moitié de la course, le moral est bon d’autant que nous croisons Delphine SIMON au ravitaillement qui nous hurle dessus pour nous encourager et nous accroche les ballons de signalisation pour la traversée de 800m d’une rive à l’autre du lac. Malgré un soleil d’enfer, la température de l’eau continue à rendre délicate la première trempette mais la couleur du lac est idyllique. Nous partons en ligne droite parfaite malgré le courant, tout va bien jusqu’à ce qu’au bout de 500m le froid envahisse mes jambes et me remonte dans le bas du dos, je suis alors obsédé par l’envie de sortir de l’eau, c’est un cauchemar. Au mental je termine cette portion et sors vite vite de l’eau en espérant me réchauffer rapidement surtout lorsqu’on m’annonce le ravitaillement aux boissons chaudes.

gravity-scan-138 gravity-scan-149 gravity-scan-143

Problème : je tremble de tous mes membres, impossible de tenir un verre et de le porter à la bouche.  Alors je dégoupille et ne trouve qu’une seule solution pour me réchauffer rapidement… je me verse des gobelets de thé chaud dessus… Voyant la scène Aurore n’en croit pas ses yeux (et oui en raid on apprend à survivre comme on peut.) et en arrive même à penser que je ne repartirais pas. J’ai pas fait tous ces kilomètres et me suis pas versé du thé bouillant dessus pour rien, je suis déterminé à finir et me fais violence pour dérouler les jambes et démarrer les 6kms de trail qui nous attendent au dénivelé loin d’être inquiétant vu ce qu’on vient de se faire. Et c’est comme prévu que cette dernière portion de course à pied se déroule. Pas d’accroc, pas de douleurs, un rythme super régulier et un moral brillant. Toutefois un doute s’installe… est-ce que le froid ne risque pas gâcher radicalement la fête sur 1700 derniers mètres de natation

En arrivant au bord du lac la surprise est de taille !  Les prétendus nageurs marchent dans une eau à hauteur des cuisses sur au moins 100 mètres, c’est l’occasion ou jamais de retarder le processus de cryothérapie… C’est pas très long mais ça fait du bien au moral malgré le fait que le bâtiment que nous devons viser pour débarquer semble loin. Pas le choix ! Plus vite tu nage plus vite tu sors de l’eau ! Alors je donne une cadence élevée et Aurore se cale à côté de moi, tout roule (ou tout baigne plutôt) pas de douleurs, pas de fatigue, pas de bruit, juste des images de ma petite famille en tête pour m’aider à avancer et la présence de ma binôme à coté de moi.

« allez !! on va se le torcher ce swim merde ?!

aku_5778-largeaku_5771-large

Nous doublons au moins 4 équipes, notre gestion de course paye mais incontournablement le froid revient et me glace, il me sort de mes pensées et me harcèle à tel point que je ne rêve que d’une chose, m’arrêter sur la berge non loin de moi pour pouvoir bouger et me réchauffer. Alors je brasse 3 ou 4 fois pour secouer tout ça puis Aurore sort la tête de l’eau et m’annonce la couleur : « je suis congelée ! »

Je commence à m’agacer, je ne vais pas me laisser dicter une fin de course par cet élément extérieur, je me suis promis de finir alors c’est moi qui annonce la couleur pour le coup : « allez !! on va se le torcher ce swim merde ?!

Nous remettons la tête à l’eau et je fais appel à toutes mes capacités pour glisser plus vite, mes épaules se transforment en pistons et tout mon corps est bien allongé, l’eau défile vite lorsque je sors la tête pour prendre mes respirations. Les 300 derniers mètres sont pour ainsi dire  »torchés ».

aku_5738-large aku_5737-large aku_5736-large

Le cerveau éteint… le dernier kilomètre de course à pieds se fera en rampant s’il le faut. L’adrénaline joue bien son rôle, et les 12 km/h sont atteints rapidement, nous ne nous ferons pas reprendre !

aku_5733

Dernier virage… l’arche d’arrivée… enfin…

« toujours ce sentiment de confiance, de bonheur et d’accomplissement de soi. »

aku_5726-large aku_5694-large

Ces 5 derniers pas avant de passer la ligne, peu, importe la course, le temps et le classement, nous procurent tous et toujours ce sentiment de confiance, de bonheur et d’accomplissement de soi.

Il y a du respect pour son binôme, comme en raid, sans lequel nous ne serions pas là ; de  »l’admiration » des derniers pour les premiers déjà réchauffés depuis des heures mais là pour applaudir et encourager les derniers. Nous nous sentons vivants.

aku_5821-large

 

Voilà… 8h47 se sont passés et il nous semble être parti il y a 1h. Du Raid multisport au swim and run rien ne change… si, pardon… il faut juste oser se jeter à l’eau.

Simon Marchal

1000 lakes, 1000 raisons de partager

Les JUJUs, alias Justine Lechien et Julien Brazy  se sont jetés à l’eau. Pour leur premier swimrun, ils n’avaient pas choisi le plus facile : 1000 Lakes au nord-est de l’Allemagne. Ils ont relevé les défis, celui de la course bien sûr, mais aussi celui de nous livrer indépendamment leurs impressions sur leur préparation, la course, mais aussi leurs moments difficiles et leur gestion, et finalement les leçons qu’ils ont retenu. C’est essentiel de faire des débriefings pour progresser ; mais si c’est parfois difficile de le faire en privé, c’est extrêmement courageux de le faire en publique. Alors merci JUJUs pour votre partage, honnêteté et bonne humeur, défis relevés avec succès ! Photos ©ÖtillÖ et ©JUJUs

Julien
J’ai 31 ans, je suis à la base Duathlète, je cours en D1 depuis 13ans pour le club des Tritons Meldois. Je me suis mis à nager pour participer a mon premier Xterra en 2013, où j’ai immédiatement obtenu ma qualification pour les mondiaux à Hawaï, ce qui m’a encouragé à nager un peu plus.
Je suis tombé sous le charme du Swimrun en visionnant le reportage de Canal+ « Intérieur sport » et j’ai immédiatement voulu le visionner avec ma copine Justine en espérant qu’elle tombe comme moi sous le charme. BINGO ! Un jour on y sera ! Mais quand !? …

Justine
Je m’appelle Justine alias « Ju, Gizmo, mon amour » et j’ai 29 ans au compteur. J’ai pratiqué l’athlétisme de 14 ans à 26 ans et je me suis tournée vers le triathlon après une légère blessure. Je ne ferai que des sprints  c’est à dire 750m, 20km à vélo, 5 km à pied et ce sera bien ! Trois ans plus tard, ce format reste mon format fétiche. Bref, les 33km à pied et les 10km de natation vont me paraître bien longs. Moi, j’aime quand cela va vite !

Julien
13319815_10154833329567388_8687377123943308959_nJe démarre plutôt bien la saison en finissant 2ème des championnats de France de cross pompier (ma profession) puis les bons résultats s’enchainent jusqu’en juin où l’euro de foot aura raison de ma forme ! Ma caserne étant située juste à côté du grand stade de Lille nous sommes très sollicités. Je tombe malade, résultat j’abandonne sur le Xterra de Gerardmer et l’Embrunman tombe à l’eau ! Le moral est au plus bas, mais Justine me lance alors l’idée du Swimrun pour retrouver un nouvel objectif pour la fin de saison, ce qui me laissera le temps récupérer. L’idée m’emballe immédiatement !

Justine
La saison 2016 sera un peu particulière. Avec un déménagement en février pour rejoindre mon chéri, un nouveau travail à temps plein et des nouvelles habitudes à prendre, je continue les triathlons sur des sprints. Une tendinite du tendon d’Achille m’empêchera de m’entraîner correctement à pied d’avril à fin juin mais j’arrive tout de même à enchaîner les compétitions. Très déçue et manquant alors d’objectif, je pense terminer ma saison par quelques triathlons régionaux et des courses sur route. Mais un soir mon Juju me montre la vidéo de l’ÖtillÖ et nous sommes captivés comme deux gosses devant un dessin animé. Ni une ni deux, c’est un sport de «  fous-fous  » comme nous !

Julien
Justine me propose l’ÖtillÖ des 1000 Lakes ; cela me paraît vraiment pas mal jusqu’à l’annonce des distances… 10km de nage pour 30km de course… Euh y’a comme un problème là ! Le ratio n’est vraiment pas à mon avantage de coureur ! Et pas du tout de nageur ! La préparation se fait difficilement par manque de temps car entre temps un projet immobilier commun est né !

Justine
Pêche aux infos : on regarde la page Swimrun France, la page des swimrunners français… Pour l’entrainement, nous ne changerons pas grand-chose à notre entraînement pour le court et nous serons motivés jusqu’en septembre. Au final, je m’imaginais une préparation spécifique et studieuse (enchaînement natation en lac- course à pied) mais nous ne l’avons pas fait.

Julien
Entrainement 1000 LakesNous arrivons finalement sur place le jeudi soir histoire de s’acclimater. En effet, on va vite s’acclimater, dès le vendredi matin en allant enchaîner totalement équipés cette fois ci ! Et là c’est le drame premier plongeon ! L’eau est très trop froide ! Nous faisons 10m et nous ressortons immédiatement… Nous partons chercher nos gants néoprène pour une nouvelle tentative mais pas beaucoup plus fructueuse ! À peine 100m et nous ressortons aussitôt congelés ! Nous nous posons immédiatement la question comment faire 10km, dans ces conditions !

Nous retournons se réchauffer très vite au logement  sous la couette heureusement très épaisse puis quelqu’un toque à la porte ! J’ouvre et là, stupéfaction ! Je connais ce mec je l’ai vu dans le reportage ! François-Xavier !! Alias Fix ! C’est un coup du destin ! La providence !! LOL nous ne sommes pas seuls ! Je lui raconte aussitôt notre matinée et notre grosse inquiétude ! Qu’il nous confirmera quelques heures plus tard ! Mais il a déjà vécu aussi froid c’est faisable, c’est un réconfort.

Justine

ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.com

Dimanche  Jour J comme JUJUS. Bien équipés contre le froid, nous sommes fin prêts à en découdre, c’est ma dernière compétition avant la coupure, je suis au taquet et pas là pour sucrer les fraises.
Comme d’habitude au départ, je me mets devant cela me rassure et c’est la Base ! Nous partons assez vite 3min50 au kilomètre sur les  4km qui n’en font que 3 au final. On se regarde tous les deux et on se comprend vite : mince si on commence à nous enlever de la course sur une compétition orientée nageurs ça va pas le faire… Bref, faut y aller et là c’est le 1er problème : la transition !  On se fait directement passer par 2 équipes mixtes.  Et ouai, on découvre les transitions swimrun…  Enfiler les bonnets, tourner le pull, remonter la combinaison et mettre les lunettes, je n’ai pas l’habitude … En triathlon tu es déjà prête avant … 1er point à retravailler pour l’avenir …

Julien
ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.comOn se jette enfin à l’eau ; les premiers coups de bras sont difficiles mais c’est mieux que vendredi ! Le dossard y est pour beaucoup ! On ne sent presque pas le froid. Enfin si quand même ! Les natations s’enchaînent, les doigts se font de plus en plus raides pour moi et je dois m’aider de mon menton pour mettre et défaire mes plaques et notre technique d’encordement sur les parties pédestres n’est pas au top ! On a beaucoup de mal à s’attacher et à se détacher à cause du froid. Nous sommes obligés de s’adapter face au froid pour trouver des techniques ; Ce froid est bien présent mais on s’y acclimate : le corps est bien fait ! Nous n’aurons pas besoin d’utiliser nos gants néoprène pourtant je suis très sensible des mains. Si je l’ai fait beaucoup peuvent le faire !! Mes pieds eux n’en souffrent pas je pense grâce à l’utilisation de mes five fingers qui limitent la circulation d’eau dans les pieds.

Justine
On enchaîne les course à pied où Juju me tracte, les caps côte à côte, les nats où je suis devant. Le seul problème majeur est donc que je dois l’attendre à chaque natation car il n’arrive pas à prendre mes pieds … Il y a vraiment une différence entre la piscine où il est devant et l’eau libre où je suis toujours meilleure. Il faudra que l’on travaille cette natation à deux car on perd de précieuses minutes à chaque natation … et sur 10 sections de natation cela n’est vraiment pas négligeable ! Les autres équipes mixtes elles, sont bien rodées car encordées et nous ne le sommes pas. Je ne me vois pas tracter Julien qui est pourtant « very slim »mais plus lourd que moi quand même.  Il faudra donc repenser à une autre stratégie !

 Julien

ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.com

Le moment le plus difficile pour moi est arrivé après la mi-course. J’ai passé les premiers ravitaillements trop rapidement ; j’avais emporté des gels avec moi mais pas de solide et c’est ce qu’il me manquera. Je sens que la fringale n’est pas loin, je me connais, alors je me gère je rassure Justine je reste cool jusqu’au prochain ravitaillement où cette fois-ci je ferai le plein ! Et ça repart, mais l’impact est là ! Les bras et jambes deviennent très raides ! Je me fais dépasser sur les 1200m de l’avant dernière natation par une équipe mixte et à ce moment je sais que c’est surement le dernier slot de qualification qui part avec eux ! Justine sortie devant moi de l’eau et me confirme l’état des choses : 2min de retard. Je peste un peu, je me suis senti seul sur cette longue portion et je sais qu’une nouvelle portion de 900m de natation s’enchaîne après 900m de course donc pas suffisant pour se refaire ! Je paye cash mon manque de préparation sur la partie natation. C’est le jeu… Le but maintenant est de garder cette position et surtout de finir.  Le but est proche !

Justine
ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.comLes  moments les plus difficiles de la course sont plutôt d’ordre moral et non physique.

1er moment : milieu de course, je vois passer la 3ème équipe mixte passer en mode hors-bord en natation. La stratégie est bien ficelée : lui devant pousse sur les plaquettes et elle bat des pieds. Pourtant à pied, nous étions plus forts mais ils font clairement la différence en natation.

2nd moment : Une natation est supprimée mais du coup nous entamons les 11km à pied sans le savoir or c’est là que nous devions faire l’effort et au final nous nous sommes posés beaucoup de questions : pénalités, erreur de parcours avant de comprendre le pourquoi du comment. Nous n’avons donc pas « envoyé » comme prévu ce qui laisse un petit goût amer…

3ème moment : fin de la dernière grosse natation. Juju a froid, moi aussi je ne nage plus beaucoup mais lui encore moins. Cette natation me paraît interminable. Je pense alors à ma maman, mon papa, Ludo mon meilleur pote, les parents de Juju. Je pense aussi à ce médecin qui m’avait dit il y a trois ans suite à un sérieux souci de santé que la compétition était terminée pour moi. Je vais le faire « sois forte, vois loin » « quand yen a plus yen a encore » merci papou pour ces phrases tant répétées !

Julienotillo-1000-lakes-2016-nadjaodenhage-img_1049lr
Mon meilleur moment c’est lorsque j’aperçois enfin un monument qui je le sais se situe à l’entrée de la dernière natation ! Je regarde Justine j’ai envie de pleurer comme un gosse ! Ça y est on va le faire c’est sûr ! On se relâche un peu sur le chemin où se trouve en son milieu une souche d’arbre et je vois notre encordée prête à s’y enrouler j’ai tout juste le temps de la soulever que je bute aussitôt sur une racine et j’offre à Justine un magnifique roulé boulé je jure et éclate aussi tôt de rire avec elle on repart et 20m plus loin c’est elle à son tour qui m’en offrira un tout aussi magnifique on explose a nouveau de rire !

Justine
Les meilleurs moments, il y en a eu plusieurs :

Tout d’abord, le début de course où je me suis dit on est bien  cela ne court pas trop vite. Ensuite, il y a aussi eu la partie natation supprimée car j’avais vraiment froid.

ÖTILLÖ 1000 Lakes - 2016. Foto: JakobEdholm.com

Enfin, les chutes respectives dans la dernière cap : Juju tombe il crie un juron et là je me marre, du coup il rigole également ; et bim 100m plus loin c’est moi qui chute et là c’est reparti on arrive plus à courir tellement on rit.  Genre « t’as fait la maligne quand je suis tombé maintenant c’est toi qui dévale la colline ! ».

Julien
Si je devais changer quelque choses ce serait notre technique d’encordement qui n’était pas au point sur les parties natation on utilisera un élastique pour le prochain et surtout on ira s’entrainer à nager avec !

Ce que je ne changerai pas c’est évidemment de partenaire ! C’est une magnifique aventure que nous avons vécu, on s’est prouvé beaucoup de choses et malgré les difficultés rencontrées on en redemande ! Nous avons déjà prévu le prochain. Cette fois ci il y aura moins de natation hein Justine !!

Un grand merci à tous les frenchies que nous avons rencontré là-bas c’était un formidable échange !

Justine

image2

Si je devais refaire la course, je changerai juste notre préparation antérieure : on ferait des vrais footings longs genre 1h30, 2h et on ferait des séances de natation 3x par semaine de 3000, 3500m et non pas 2 séances de 2000m …  On serait plus attentifs sur la natation de manière à optimiser nos points forts et faibles. Et surtout on choisirait une épreuve où il y a beaucoup plus de course à pied et moins de natation car là nous avons choisi la difficulté.

Je ne changerai mon partenaire pour rien au monde, il fera de la musculation d’ici là et beaucoup de piscine pour être devant moi !

Merci à toutes les personnes qui font le boulot derrière pour que je me sente bien et qui se reconnaîtront et que j’aime plus que tout au monde !

 

Marnaton 2016, première édition

Pour cette première édition du Marnaton swimrun Sébastien Bzinkiewicz nous livre ses impressions. Sebastien a un gros passé de nageur (13 ans dont 5 en sport étude), avant de s’essayer avec succès au triathlon. Après un épisode de trails et quelques raids, Sébastien retrouve l’élément liquide en se mettant au swimrun qui combine ses 2 disciplines de prédilection. Photos ©Marnaton

La genèse

Dès que l’annonce de la course parût sur le site Swimrun France, je me renseignai pour savoir où cela se situait et quand exactement par rapport aux vacances scolaires.

N’ayant pas encore de binôme avec les « mêmes caractéristiques » que moi (c’est mieux quand même d’après les compte-rendus que j’ai pu lire), je dois me contenter de swimruns en solo pour l’instant. Le Swimrun Marnaton Cap de Creus permet justement de participer en individuel et cela tombe bien. Aussitôt, je cale les vacances en famille et l’inscription à l’épreuve. La course a lieu le samedi 29 octobre, départ à 09h00 de Roses, l’arrivée à Cadaques, petit village aux allures grecques, le plus oriental d’Espagne qui a accueilli plusieurs personnalités dont Salvador Dali.

Avant course

preliminaireLa remise des dossards a lieu à Cadaques le vendredi soir. On nous fournit un sac d’ « après course » où mettre son change pour l’arrivée avec à l’intérieur le bonnet (jaune pour les individuels, orange pour les binômes), la puce chronométrage, le dossard, et divers « cadeaux » offerts par les sponsors. Un briefing a lieu à 20h30 (je n’ai pas pu y participer, logistique personnelle familiale oblige!) mais toutes les informations nécessaires sont dans le racebook envoyé par mail par les organisateurs quelques jours avant la course. Le samedi, un bus est prévu pour transporter les concurrents de Cadaques au départ à Roses. Personnellement, étant en famille, je me suis rendu directement au départ, mes supporters se rendant ensuite à l’arrivée pour m’accueillir.

parcoursLe parcours

On connait dès l’annonce de la course le parcours et les différentes sections. Tout cela est présent sur le site officiel de la course. 18km de course à pied et 5 km de natation répartis en 8 sections pour la course à pied, allant de 370m à 6400m, et 7 sections pour la natation, allant de 430m à 1000m. Ce que l’on apprend (pour moi en tout cas!) 3 jours avant, c’est qu’il y a quand même environ 1000m de dénivelé positif en course à pied.

Le jour J

Il fait un temps splendide en ce samedi 29 octobre, température idéale, que ce soit l’eau, 19°, ou bien l’air, environ 20° pendant la course.
J’arrive un peu après 8h sur le port de Roses, point de départ de la course. Une bonne partie des concurrents est déjà présente. On entend beaucoup de langues: espagnol, forcément, français, italien, anglais, allemand. Un petit stand pour boire un petit café est présent à proximité de la ligne départ (on a 2 tickets pour un café gratuit dans le sac remis avec le dossard).

H-5, les concurrents se pressent sous l’arche de départ. Il y a un peu moins de 120 inscrits sur la course individuelle et environ 100 équipes (à savoir qu’il y avait 150 places disponibles). Je me faufile tranquillement vers l’avant pour ne pas me retrouver coincé sur la première section course à pied. Celle-ci fait 2600m, 1000m sur route bloquée à la circulation pour ensuite bifurquer sur un chemin côtier aménagé d’environ 1500m tournant et montant/descendant comme on peut en trouver pas loin de chez moi sur la Côte d’Azur.

depart-2Justement, c’est l’heure!! 9h00, la corne de brume retentit, c’est parti! Ça part vite devant!! 3 ou 4 binômes et 4 ou 5 individuels devant moi, qui suis aussi parti rapidement pour ne pas me retrouver bloqué dans l’embouteillage une fois le petit chemin côtier emprunté.

On arrive très vite sur la plage de Canyelles. On rentre dans l’eau à mi-plage et c’est parti pour 450m de natation. Je double 2 ou 3 individuels et 2 binômes.

swim-3A la sortie de l’eau, petite montée d’escalier et on enchaîne avec 800m de course à pied sur un petit chemin assez plat mais qui tourne pas mal. Petite descente d’escalier et on se retrouve à la natation 2, 450m pour traverser l’anse d’Almadraba. Pas facile de visualiser la sortie de l’eau avec le soleil levant en pleine face quand on lève la tête. Je me repère avec un grand palmier sur la crête au niveau de la sortie de l’eau.

Swim 2 terminé, là on commence ensuite les choses sérieuses. Quasiment 3 km de trail avec 200m de D+. Heureusement, un premier petit ravitaillement est présent à la sortie de l’eau. J’avais fait le choix de partir avec juste une barre énergétique et de me servir des ravitaillements présents sur la course.

Cette partie course à pied est celle qui m’a le plus plu de par sa variété et ses paysages. Vraiment des points de vue magnifiques.

On arrive à Cala Murtra et on est partis pour 1000m de natation. En ce qui me concerne, j’arrive à peu près à me situer. Il y a 1 binôme et 2 individuels devant moi à environ 1 min 30. Je suis suivi à environ 45 secondes par un autre binôme, ensuite il y a un petit trou.

Sortie de l’eau à Cala Rustella et c’est parti pour un petit 900m de trail avec environ 100m de D+, ça monte, ça descend, ça remonte, ça pique les jambes!!

cap3On redescend au niveau de l’eau avec une main courante, et on regagne Cala Montjoi par 430m de natation où un 2ème ravitaillement nous attend.

De là, on emprunte un large chemin carrossable montant sur 1km pour ensuite prendre un petit sentier littoral qui redescend sur 600m environ pour rejoindre la mer. Les concurrents devant moi ont pris encore plus d’avance et le binôme qui était derrière moi s’est rapproché, il est sur mes talons.

On arrive à la natation 5, 450m le long de la côte pour rejoindre Cala Pelosa.

Run 6, 1500m, la première moitié est montante sur un large chemin carrossable, un peu comme la section précédente. Je me fais doubler par le binôme qui me suivait de près. Ça se rapproche doucement derrière mais j’ai encore de la marge. Arrivés au col, on redescend par un petit sentier sur la Cala Canadell.

transition-1bOn entame alors la 2ème grosse section natation de 1000m dont la première partie se fait dans une mer assez agitée, difficile de distinguer les bouées jaunes de l’organisation pour se fixer un cap. Je fais cette partie natation avec le binôme qui vient juste de me doubler. La deuxième partie de la section arrive dans la Cala Joncols, où la mer est beaucoup plus calme.

Le 3ème ravitaillement à la sortie de l’eau est le bienvenu. Les jambes commencent à se faire dures!! C’est parti pour la grosse section trail, 6400m avec 340m de D+. Tout ce D+ est dans les 2 premiers kilomètres. Ca grimpe bien. Je me fait rattraper par le 4ème individuel au col. On se ravitaille ensemble et on fait la descente vers Cadaques que l’on aperçoit au loin ensemble. Je lui dis en anglais que je pense que nous sommes 3ème et 4ème individuels. Il me propose, si on ne se fait pas rattraper, ce qui semble peu probable vu l’écart, de terminer ensemble à la 3ème place ex-aequo.

cap-1On descend à bonne allure. On se retourne régulièrement pour voir derrière. Personne pour nous rattraper vu le peu de distance qu’il reste avant l’arrivée. On admire aussi le paysage, la descente nous permet d’admirer la beauté de la baie de Cadaques avec au loin le Cap de Creus. En bas de la descente, nous sommes à l’entrée de Cadaques où une dernière section natation nous attend. 450m pour rejoindre la petite plage du village. Et là c’est le drame! Je n’avance plus, mes bras ne peuvent plus pousser l’eau, et je vois Robert me distancer indubitablement sans rien pouvoir faire. Tant pis, il mérite sa 3ème place, il a mieux géré sa course. Je sors de l’eau péniblement avec un début de crampe à l’aine.

Heureusement, il ne reste que 350m à parcourir avant la ligne d’arrivée. Beaucoup de public encourage les participants sur cette toute petite dernière section. Fin du swimrun! Presque 2h35’ et une quatrième place inespérée même si je nourris toujours quelques ambitions au départ d’une course sans savoir quel est mon niveau par rapport aux autres. Je suis content de moi. Peut être un peu présomptueux concernant l’alimentation, notamment en boisson.

En résumé

run-fouleUn superbe swimrun, autant d’un point de vue organisation, qu’au niveau des paysages. On sent que l’association Marnaton organise régulièrement des épreuves et « connait le job ». De nombreux bateaux et kayaks en mer pour assurer la sécurité, des bénévoles aux points « chichiteux » du parcours, un parcours balisé parfaitement du début à la fin avec de la rubalise, des ravitaillements judicieusement placés, bref, pas grand-chose à redire. En ce qui me concerne, après un premier swimrun solo plutôt réussi à Peyrolles en Provence en juin, je participais là à mon second swimrun en course. Ce fut une réussite aussi même si j’échoue au pied du podium.

Les prochaines échéances pour moi devraient être le swimrun Côte d’Azur Esterel en mars 2017 et le swimrun Riviera Nice-Monaco fin avril 2017 avec mon nouveau et premier binôme Benjamin.